‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 26 sur 228 · L. DREïFUS-BaisAc · texte numérisé non relu

L. DREïFUS-BaisAc

ÈMémemim p««lioto|to •hliwgl— U «éHANto, par

M. Félix Terrier. — Félix Alcan.

M. Félix Terrier vient de publier la première partie de ses Eléments de pathologie générale chirurgicale ; elle comprend les lésions traumatiques et leurs complications. Nous ne saurions trop recommander la lecture de ce livre. On y retrouve les qualités de l'autenr, une forme sinon toujours élégante, du moins absolument précise, une grande neUeté d'exposition, un extrême souci de l'exactitude, un sens clinique aiguise et une indépendance d'esprit que rien ne déconcerte.

Cette lecture permettra de juger ^ cbeitthi^|Miru par .notre science depuis uiw^inPamiè o^ne^^*^^ et de l'importance oes problèmes qui ont surgi, disons même

13 Février 1885

de la révolution qui a renouTelé la chirurgie contemporaine. Que l'on compare au livre de H. Terrier le remarquable Traité de Billroth, qui Iui-m6me consacrait une ère noavelle, TaTèDement d'une anatomie pathologique précise, et l'on verra qu'à celte heure, la palhc^énie est devenue la grande préoccupation et la suprême espérance. N'est-ce pas la connaissance exacte des conditions étiologiques qui nous donnera la thérapeutique rationnelle? Ne lui devons-nous f>as déjà les c immenses bienfaits de la chirurgie antiseptique *?

Il suffitd'un coup d'œil sur la table des matière» pour voir le changement dans 1 axe de nos recherches. On n'y trouve plus de longs chapitres sur le microscope, la théorie cellulaire, les blastèmes èt la structure des tîssuf ; ces points sont jugés définitivement et sans méconnaître les services considérables que ces études nous ont rendus et nous rendront encore, on poursuit maintenant une voie plus féconde. Sur quatre cents pages que eonlient ce pramter fascicule, plus de cent sont consacrées c au terrain > sur lequel Ta évoluer le trauma- (isine et un nombre à peu près égal aux pansements qui pourront coigurer les aangers créés par chacun des différents milieux. Trouverions-nous dans mllrolh dix lignes sur ces questions capitales?

H. Terrier est le premier qui ail fait entrer cette étude dans la littérature classique et nous ne pouvons que l'en féliciter. Il a eu le plaisir d'analyser des travaux d origine surtout française. Nesl-ce pas verneuil qui a créé ce grand chapitre de pathologie générale sur les rapports des maladies ët des diathèses avec le traumatisme? Les découvertes de Pasteur ne sont-elles pas la base de toutes les recherches sur l'antisepsie? Et si Lister a été le premier à trouver le type de nos pansements actuels, ne partage-t-il

Ëas un peu cette gloire avec notre compatriote Alphonse uérin?

Ce livre arrive à son heure : nos Traités de pathologie générale ont vieilli ; les plus jeunes ont près de vingt ans d'existence et, à notre époque, la science marche d'un pas si rapide qu'un livre nouveau était nécessaire. Pour le mener à bonne fin, nul n'a plus que H. Teirier l'autorité et la compétence.

Paal Rkclos.

TAEUÉTÉ8

Assurances contre les accidents. Cas d'ertrëe a l'hAi'i- TAL. Visite du blessé far le médecin délégdé de la Compagnie. Consuliaxjon de M. Brodardel.

Je soussigné Paul Brouardel, professeur de médecine légale à la Faculté de médecine de Pans, ai été prié par la Compagnie contre les accidents la &mfiane9 (4, rue Favart), de donner mon avis sur les questions suivantes:

1" Lea Compagnies d'assurances contre les accidents sont*ril«s jn droit de demander que leur médecin puisse aller dans un idpîifti ou hospice ctvit, constater l'état des blessés qui sont leurs tssurés et apprécier ainsi la durée probable de leur iacapaeilé de ravail ?

12° Les admialstrattoos hospitalières H les médecins de ces idpitaux ou hospices civils sont'ils en droit de s'opposer i cette îsite alors même que le médecin de la Compagnie s engagerail à e toacheràaucnnpansementetiseborneravoiretà mterroger

î blessé?

3° En cas de conflit entre les médecins ries hépitaux et les méocins des Compagnies d'assurances, quel recours auraient oeiut-

pour obtenir qu'ils puissent remplir les fonctions dont ils sont largés ?

Pour répondre aux questions qui me sont posées, Il me semble dispensante de préciser la position faite a un malade on i un lessé par son admission dans un hôpital. Elle ne diffère de celle le le blessé aurait ches lui que par les ré^es que l'administration ,

est obligée d'imposer dans l'intérêt de tous et dans celui de Tordre. Sur ces points, la liberté da malade peut être soumise à quelques restrictions. Mais on ne saurait admettre que ces régies puissent porter atteinte aux intérêts matériels du blessé. 11 importe d'établir dés le débat que l'Assistance n'intervient que pour être utile au malade, que son action ne doit à aucun moment lui porter préjudice. L'administration u'a la tutelle de ses administres que lorsque ceux-ci ont été déclarés par certificat médical et suivant les rormalilés légales ne plus posséder leur libre arbitre. Tant

Su'un individu quelconque n'est pas ainsi dépossédé légalement e sa liberté d'action, il a le droit de foire dans son intérêt, étant & rtiêpitat, ce qu'il ferait s'il était dans son domicile.

Or supposons que le blessé soit dans son domicile, quelles sont les régln ou les habitudes qui régissent les relations dn client, de son médecin et du médecin de m Compagnie d'assurances?

Lorsque le médecin traitant est prévenu que son blessé a contracté une assurance contre les accidents, et que le médecin de la Compagnie doit le visiier, son devoir est d'autoriser, ce dernier k visiter son client, parce qu'il |)eut être de l'intérêt dé celui-ci que celle visite et les constatations nécessaires soient faites. I^e blessé, il est vrai, peut se refuser i recevoir cette visite; mais le médecin traitant n'a pas à substituer ses appréciations aux siennes, à dire s'il lui sera utile ou nuisible que les constatations jugées nécessaires par la Compagnies soient faites. Le médecin ne peut opposer un veto formel que s'il juge — et le cas est bien rare — que la visite d'un tiers, habitué aux choses de la médecine, peut être préjudiciable à la vie ou à la santé de son client. Cette appréciation d'ordre médical appartient seule au médecin ; sur tous les autres points le blessé conserve sa volonté pleine et entière.

D'autre part, le médecin délégué par la Compagnie doit ne rien faire de ce qui pourrait être nuisible aux intérats du malade. Il

traitait, t

ou des lésions, ti ce dermer jute qu'il peut en être ainsi sans nuire à son client. En règle générale, tant qu'un malade est en traitement, le médecin de la Compaj^ie ne doit intervenir qu'en présence du médecin traitant.

En résumé, sauf les cas cités plus haut, le blessé est seul libre de décider qu'il recevra ou ne recevra pas ta visite du médecin de la Compagnie; le médecin traitant doit faciliter toutes tes constatations nécessaires, carellespenvent être utiles aux intérêts de son malade ; te médecin de la Compagnie ne doit rien faire gui puisse être considéré comme capable de nuire an blessé, et ici il vaut mieux qu'à son appréciation personnelle soit substituée celle dn médecin traitant.

A l'hêpital les choses doivent s'accomplir autant que possible comme dans la clientèle de la ville. C'est l'intérêt du malade, ou ce que celui-ci juge tel, qui prime toutes les autres considérations. L'iulministration et le corps médical hospitalier doivent au malado de fiidliter toutes les constatations qtt'ÏI juge utiles.

L'intérêt du blessé doit donc seul diriger la conduite des antoriiés admimstnttives et médicales de l'Mpital: eompromeltre ces intérêts par des raisons tirées des relations confraternelles peu sf mimlhiques, ou de tout autre ordre, serait de la part du médecin manquer à son devoir professionnel, plus étroit encore à l'hépital qu'en ville ; car, une fois hospitalisé, le blessé subit, par son isolement même, bien plus puissamment l'influence des personnes qui l'entourent et lui donnent leurs soins.

Lorsque le directeur d'un bêpital ou te médecin traitant à l'hdpital est prévenu que le médecin d'une Compagnie d'assurances contre les accidents désire voir un blessé, j'estime donc que le devoir étroit de l'un et de l'autre est de demander au blessé luimême s'il consent i voir ce médecin, et une fois qu'il a exprimé sa volonté, de s'y conformer absolument. A l'hêpital, comme en ville, le médecin de la Compagnie prendra auprès de son confrère les renseignements nécessaires, et constatera l'existence et la nature des léuons en sa présence et de façon que l'on ne

Înisse ^us tard invoquer, même à tort, que son intervention a pu Ire nnirible.

Dana la pratique, et lorsque les deux médecins ont des relations amicales, cee eiqterliaes se Uml sans aucune difficulté ; mais il est toiijours bon de se conformer aux règles ci-dessus indiquées.

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