‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 28 sur 228 · L. LEREBOULin. PAUL RECLUS · texte numérisé non relu

L. LEREBOULin. PAUL RECLUS

Admwr tout ce qui concerne h rédaetUm tu tièg^ du Comité, ches H. Decbàiibu, 91, nu de LiUé. (avant le mardi de préf^eoee).

( Thèses, examens, cours, etc.) et «ivara oeo— ai» laSéraMut le pahUe mêëiM.

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SOmiAIRB. — Paris. AcB<l^i« dfl'nUcetin. — Sw la râleur allmeatalra cornparéo in ilmnts nb>ta«eM bydroentHmëes. — Travaux orisimaux. Hislologie : Hcdwrches sur l'ëttt du ivtg ul do !■ bile ilani le choléra. — Pbysio)oB>* «pcrimciitale : Oe ['action phjBlologiquQ de ta cocaïne. — CoRRESPONDAnCK. Paludisme hvrédîlaîre.— SociâtÉS SAVaHTBB. Acad^mw des «ciencea. — Aca- Mmie de nédectM. — Sociale mMicals des bApiUux. — Soci^tiS do chirurgie — SociAlé de biologie. — Société tl» IbàTapen tique. — Bisliosrapbii. Traîtô de pathologie exlerae. — VAtuiril. RMe du uédocin dans tôt wonnces sur la vie, — Lu ajndicala uiédleaux.

Paris, 19 février 1885.

ACADÉMIE DE MÉDECINE. — SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE : SUR LA VALEUR ALIMENTAIRE COMPARÉE DES DIVERSES SUBS- TANCES UYDROCARBONÉBS.

AmmMMÊAu dm

L.1 discussion sur la dépopulation de la France s'est continuée mardi dernier par un second discours de M. Lagneau et une note de H. L. Le Fort, lue par M. le secrétaire perpétuel. Le débat n'est pas encore clos.

M. le docteur Desnos a lu un mémoire instructif relatif aux expériences qu'il a faites sur l'emploi de la paraldéliyde, rapprochées de celles qu'on devait déjà à d'assez nombreux observateurs. Nos lecteurs n'ont pas oublié les articles publiés l'année dernière, dans ce journal, par un de nos collaborateurs. H- Hénocque.

Enfin nous signalons une note de M. Pamard sur l'ozone et le choléra.

Société deklolog^e I fthir la valcar idiHeMadre «m des dlveraM MbstaMcea bjAwoKmrhmmétm.

■parée

M. Duclaux, frappé de TinsuflSsance de la classification actuelle des aliments bydrocarbonés qui place au même rang des substances ayant une valeur alimentaire évidemment très différente et qui ne Uenl pas compte des composés hytJrocarbonés tels que l'alcool et les acides organiques, a cherché un moyen de tourner les difficultés que présente Télude de toutes ces substances au sein d'un organisme coml»lexe. 11 a eu l'idée de les mettre immédiatement en pré-

â* StRlE. T. XXII.

sence de cellules vivantes capables de se noumr à leurs dépens, et de supprimer tous les intermédiaires entre l'aliment et l'élément à nourrir : les spores de VAspergillus niger^ qui sont polyphages, se prêtaient, parfaitement à cette recherche; le liquide minéral de Raulin fournissait un milieu favorable, toujours identique à lui-même, dans lequel on pouvait faire varier à volonté la nature de la substance alimentaire, en substituant à la saccharos le sucre de lait ou la mannite, l'omidon, Talcflol ou tel ou tel acide oi^anique.

Rappelons sommairement lès intéressants résultats obtenus par M. Duclaux, dans les expériences comparatives, développés par lui à la Société de biologie (séance du 7 février 4885).

1* En présence des différents Vaipergillus se comporte de façons très variées : avec le sucre candi la plante se développe rapidement ; on voit se produire un vigoureux feutrage de tubes mycéliens. Vient-on à substituer au sucre candi de la lactose ou de la mannite, la germination reste rudimentaire : la plante jeune, à l'état sporulairc, n'utilise qu'imparfaitement ces variétés de sucre, qui deviennent, au contraire, des aliments très actifs, si l'on a pris soin de provoquer au préalable la végétation par le sucre candi ; dans ces dernières conditions, la plante se contente de la lactose ou delà mannite, qu'elle consomme de la même façon qu'elle fait de la saccharose, en Eaïuant passer leur procès de combustion par les mêmes intermédiaires, dont le terme le plus intéressant est l'acide oxalique.

La différence de valeur alimentaire esl évidente ; elle peut s'exprimer en disant que, c si la lactose et la mannite ne sont pas des aliments de construction des tissus jeunes, ils sont des aliments d'entretien de la plante adulte ».

2o En présence des matières amylacées (empois d'amidon), l'aspergillus manifeste tout d'abord une cerlaine hésitation ; il pousse péniblement pendant un certain temp:i; puis, â partir du moment où son mycélium s'est étendu e( épaissi, il finit par donner une végétation aussi belle qu'avec le sucre candi.

Ici se place une importante observation de M. Duclaux : si, au début, la plante parait accepter aussi difficilement l'aliment amylacé, c'est qu'elle ne sécrète pas normalement la diastase nécessaire à la liquéfaction de l'empoiset À sa transformation en maltose alimentaire. Elle vit d'^rd à l*ai(|e des petites quantités de sucre que tout empois contient, et ce n'est que quand elle a ainsi v^élé quelque temps qu^etle

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devient apte à sécréter la diastase voulue et à liquéfier son substratnm. Déjà H. Duclaux avait sigaalé ces relations singulières entre le mode d'alimentation et la nature des diaslases sécrétées ; il saisit dans ce cas la production de diastase sur le fait, car (ainsi qu'il l'a fait remarquer à propos d'une observation de M. P. Bert), toute la diastase fournie par la plante n*esl pas employée à la liquéfaction de l'amidon. Il en reste un léger excès dans le liquide de Baulin, où les réactions permettent d'en déceler la présence.

L'amidon par conséquent, môme l'amidon cuit que la plante préfère à l'amidon cru, ne peut pas être considéré comme un aliment de cromanee : c'est, tout comme la lactose et la mannite, un aliment d'entretien.

3° En présence des alcools et de divers acides (laclique, acétique, tartrique), la plante se comporte de différentes façons, suivant le degré de complexité de la molécule de ces composés hydrocarbonés : avec les plus simples (alcool, acide acétique), elle refuse absolument de pousser, mais elle peut les brûler quand elle est à l'état adulte; avec les composés plus complexes (acides tartrique, citrique, etc.), la spore pousse et subit même son évolution complète jusqu'à fructification, mais péniblement et en donnant fréquemment des formes avortées.

Par suite, ces aliments, de valeur évidemment beaucoup moindre que le sucre candi, sont encore très inférieurs aux autres sucres.

Un fait curieux, que signale à ce propos H. Duclaux, consiste dans les préférences que manifeste la plante pour Taliment qui lui convient le mieux, dans le mélange de différents acides organiques; par exemple: elle va d'abord à celui qu'elle peut le plus facilement utiliser, et ne passe à l'autre que quand le premier se fait rare ou vient à manquer.

Ces études, qui portent la question si complexe du mode d'utilisation des matières alimentaires sur un terrain nouveau, ont le grand intérêt de supprimer tout intermédiaire entre l'aliment et la cellule qui doit s'en nourrir; elles écartent notamment la diniculté qui résulte d'une action préalable des micro-organismes gastriques et surtout intestinaux dans l'évolution subie par les aliments chez les animaux. Sur ce dernier point, du reste, la discussion est engagée ; tout récemment elle a été portée par' M. Gauthier devant la Société chimique ; nous aurons sans doute l'occasion d'y revenir.

TRAYAIIX ORIGINAUX

■iBtologte.

Recherches sur l'état du sang et de la bile dans le CHOLÉnA, par H. Georges Hayeh, avec la collaboration, pour la partie chimique, de H. WiNTBR, préparateur du laboratoire de thérapeutique.

. J'avais l'intention de mettre à profit l'épidémie actuelle pour étudier un certain nombre de questions relatives aux altérations du sang et des humeurs ; mais elle a été de si courte durée, qu'il m'a été impossible d'élucider complètement les divers points dont j'at abordé l'examen. Il me parait cependant intéressant de faire connaître, à titre de renseignements à consulter, les documents que j'ai recueillis ; j'y joindrai les résultats obtenus par mou préparateur, M. Winler, qui a bien voulu se charger de la psurtie chimique de mes recherches.

I. Caractères histologiques du sang. — Examen du sang pur dans la cellule à rigole. — Il faut distinguer deux types de sang, celui de la période algide, celui de la période de réaction.

a. Sang de la période algide, — Lorsqu'on cherche à obtenir le sanç en piquant le bout du doigt, comme on est obligé de pratiquei* des pressions éneigiques sur la pulpe pour faire sourdre une gouttelette de sang, on observe en général dans les préparations des fragments de globules qui se présentent sous la forme de petites sphères colorées, plus ou moins abondantes. Ces fragments d'éléments font défaut lursque le sang est recueilli dans une veine mise à nu et ouverte à l'occasion d'une transfusion intraveineuse. Laissons donc de cûté cette particularité, qui est la conséquence de la stase du san^ dans les capillaires sous'cutanés.

Dans une préparation bien faite les globules rouges s'empilent comme à l'état normal ; mais, comme le plasma est relativement pauvre, les piles sont compactes, très étendues, tandis que les mers plasmatiques sont étroites et peu nombreuses. Les globules blancs sont en générai plus abondants qu'à l'état sain et les hématoblastes ne présealent rien de particulier.

Au bout de quinze à vingt minutes le sang est certainement coagulé ; cependant le réticulum fibrineux reste presque absolument invisible; c'est à peine si on aperçoit quelques rares fibrilles très fines. A cet égard le sang se comporte donc comme le sang normal.

Si, au bout de ce temps, on exerce une légère compression sur la lamelle à l'aide d'une aiguille mousse, afin de se rendre compte de la viscosité des globules rouges, on peut s'assurer que ces éléments ne se dessoudent pas aussi aisément que dans le sang sain, ils s'étirent en fuseau, puis reviennent sur eux-mêmes pour s'accoler de nouveau comme ils le font dans une préparation ordinaire avant la coagulation. Celte viscosité un peu anomale parait être surtout le résultat de Tépaississement du plasnfa.

On ne l'observe, en effet, que dans les préparations faites en se servant de vaseline pour relier la lamelle au corps de la lame. Lorsqu'on remplace la vaseline par un peu de salive, le sang absorbe de l'humidité et les globules rouges présentent alors des caractères absolument normaux. Avant et après la coagulation ils secomportenlcomuie des globules sains, et, si l'on conserve la préparation de manière à l'empêcher de se dessécher, on peut voir que pendant les jours suivants, les globules rouges ne présentent rien de particulier. Leur vulnérabilité n'est pas augmentée et ils se conservent intacts au moins aussi longtemps, sinon plus, que des éléments physiologiques. Les caractères histologiques du sang pendant la période du collapsus asphyxique sont donc à peu près négatifs : grande abondance d'hématies rendant les piles compactes, richesse assez grande de la préparation en globules blancs, telles sont les seules particularités qu'on puisse remarquer. Chez les malades transfusés qui retombent rapidement dans le collapsus, les caractères du sang sont les mêmes. Cependant on observe parfois dans les espaces plasmastiques quelques hémnties en voie de dissolution, et les globules blancs paraissent plus nombreux que chez les non-transfusés.

b. Sana de la période de réaction. — Lorsque la réaction est franche et rapide, le sang reprend rapidement des caractères complètement normaux.

En cas de réaction traînante, on voit se dessiner d'une manière plus ou moins nette, au moment de la coagulation, un réticulum fibrineux à fibrilles assez volumineuses qui partent dans quelques cas de grands amas d'Iiémaloblastes; enfin les espaces plasmatiques contiennent un nombre exagéré de globules blancs.

Dans les réactions anomales, à forme adynamique ou alaxo-ailynauiique, les caractères phlegmasiques du saii}arrivent à leur apogée. En même temps le nomlnre des glu-

20 Février 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRUKGIE — N« 8 — 149

buies rouges ayant très sensiblemeot diminué, les espaces plasmaliques sont relalirement étendus et remplis de nombreux globules blancs.

Le reticulum fibrîneuz, visible partout, se forme plus vite

3ue dans le sang franchement phlegmasioue, il est composé e fibrilles épaissies, minces, en général moyennement nombreuses.

Dans le sang étudié à l'état sec, soit pendant la période al^'ide, soit pendant de celle de réaction, les éléments aoatoluiques ne présentent aucune moilificaliou appréciable.

11. Numération des éléments du sang. — Je n'ai pas il insister sur l'épaississement bien connu du sang des cholérianes. Cet epaississement m*a paru pouvoir être apprécié assez exactement à Taide do la numération des hématies.

Pendant la période algide, le nombre des globules rouges est toiyours très supérieur à la normale ; il dépasse en ciTtit 6 millions. Lorsque le collapsus algide est à son apogée, on peut trouver jusqu'à 6500000 globules rouges; mais souvent on n'en compte que 6 300000 à 6400000.

Pour savoir exactement ce que représentent ces chiffres, il aurait fallu connaître le nombre des globules rouges du sang avant l'attaqiie. Je n*ai pu, on le conçoit aisément, faire une semblaole observation. Mais je ne crois . pas m'écarter sensiblement de la vérité en disant que l'épaississement du sang se traduit par une augmentation de 1 500000 pour un sang qui compterait 5 millions d'hématies, ce qui l'ait un peu moins du quart, soit i/4,34. Si l'on suppose le poids (lu sang égal à 5 kilo^mmes, l'épaississement du sang représente donc une perte aqueuse de 1*^,155. Ces chiffres doivent être plutftl trop faibles qu'exagérés.

En même temps le nombre des globules blancs est très augmenté et celle augmentation, tout à fait hors de proportion avec l'épaississement du plasma, ne peut être rapportée qu'au retentissement du processus analomique sur le sang.

En effet, j'ai compté pendant la péiiode algide un nombre (le globules blancs qui a varié de âOOOO à 45000. 11 s'est élevé chez un malade transfusé, mais qui était retombé dans t'algidité, au chiffre de 55000.

D'ailleurs chez les transfusés qui sont repris au bout d'un temps variable de collapsus algide, le sang redevient aussi épais qu'après la transfusion. C'est là un fait important au point de vue des indications des injections intraveineuses. Chez les malades, au contraire, qui, après avoirélé transfusés, ont une réaction incomplète et asphyxique, le sang reste dilué. J'ai compté dans ces cas environ 4 millions (lo globules ronps et 40000 globules blancs.

£ii résumé le sang des cholériques n'est guère remarquable, au point devue analomique, que par son épaississenient et l'augmentation du nombre des globules blancs.

C'est un san^ phlegmasique à caractères atténués dans lequel, par suite probablement de conditions chimiques imrticulièpes, il ne se produit pas au moment du collapsus algide, de précipitation fibrineuse exagérée. Cependant dans les cas de réaction anomale, lors même qu'il n'existe au- 4!:une complication inflammatoire, les caractères phlegmasiques du sang s'accusent d'une manière plus ou moins nette.

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