SÉANCE DD 16 FÉVRIER 1885. — PRÉSIDENCE DE M. BOULET
Rien de médical dans cette séance.
Académie de médeelM.
SÉANCE DU il FÉVRIER 1885. — PRÉSIDENCE DE M. DERGERON.
M. le doctenr Gavog cnvoîo une Note manuicrile relilive âa c^rdbroloine qu'il a prdualé à la dernière 3<5*nc(!. — (dcnvol k HH. Luj* el Mslbiai DnnI.)
H. le SeerMaire perpétuel doposo ; l*«u nom Jei 33 médecins coproprlélairo de In Gaitlte midteale de Yanovie, un exemplaire d'un otivrage comm^monitif iKtiega Pamialkowa), publié par eux en l'honneur do la 25* année de professorat dn doctrur Hùger, profoiRcuT d'hUtoki|;îo et d'i-m bryologie à l'Université do Varsuiic ; 2° de 1j piirt de M. le ductcur Galtard, un mémoire imprimé tur lei avanlaget de l'amputation du col de la matrice par l'anie galvanique ; 3* au nom de H. Arloing, une brochure ayant pour litre: L'etueignement de la phj/aMogi4 dana le$ FaculUt dei «eùnee* ; i* de la part de H. le docteur ItaeM (de Toucy), la relation d'un COI de luicide par la dynamite ; 5* bu nom de M . le docteur Blaneard, ^cux brochures intitulées : Notice tur l'arronditiemenl de Sainte- Affrique et Quelque» réflexion» à l'oeea»i<m d'une épidémie de fièvre tsphaUe à Bnuque {Aveyrûn) tn 1884-188S ; 8* do la part de H. la docteur Vm Klein (de Dayton. États-Unie), un mémoire imprimé, ayant pour liire : Jewith hjfglene and ditt; 7* The year-bock of trealment for iSèi.
U. Léon Colin présente ; !■ le Bapporl adreué par M. le préfet de police à JfJf. Iti minittrei de l'intirieur et du commerce tur les meauree priiet contre l'épidémie ehMriqne de 1684 à Parie et dant le département de la Seine ; 2> de lu part do M. la docteur ijuivofrw, modecin-ui«ior de clatM an 16* régiment do dragons, un mémoire inatiutcrït in lit nié : La fièvre typhéUe dU quartier Dupleix.
H. Lunier fait hommnge, au nom de M, le doeleur Onirin*, de cinq mémoires SUT des questions d'hyf^lèno.
Jl. l'ujardin-Beaumets ilépo'e, do la part do H. le docteur BenOMy, an mémoire sur l'épidémie cholérique à i\anle3 en 1884.
Diminution d'accroissement de la population en France. — M. G. Lagneau répond aux orateurs qui ont pris la parole dans les séances précédentes. Les dépenses et les formalités exigées pourle mariage , surtout pourle mariage entre Françaises et étrangers, en faisant obstacle au mariage, semblent, dit-il, favoriser les naissances illégitimes, suivies généralement d'une mortalité considérable^ préjudiciable à l'accroissement de notre population. Par suite de cet obstacle, relativement considérable pour les personnes peu riches, beaucoup d'ouvriers reconnaissent leurs enfants et ne se marient
g as. A Paris, dans les arrondissement de ReuilW, des Butteshauinont, de Hénilmonlant (XII*, XIX* et X\' arrondissements) on compte 28, 39 et 32 reconnaissances sur 100 déclarations d'enfantsillégitimes.
La jeune fille est insuffisamment protégée, d'où.résultff^ une natalité illégitime considérable. La jeune fille doiLéirë
i.0 Février ISSri
efficacement protéf^ée par la loi jusqu'à vingt et un ans, ] époque de su majorité légale. j
Anciennement en France, actuellement dans la plupart des i Etats, la recherche de la paternité est autorisée. Le père est tenu de pourvoir aux besoins de son enfant naturel.
Pour prévenir l'infanticide, une femme doit pouvoir, sans se faire connaître, accoucher dans une maternité, ou abandonner son enfantdans un asile dépositaire. Mais, pour éviter l'énorme mortalité des enfants abandonnés, parfois de 40 pour 100 dans le premier mois d'existence, il faut, autant que possible, prévenir l'abandon par des secours suffisants offerts aux mères, dont près des 99 cenlièmes ne sont amenées à abandonner leurs enfants que par suite de leur situation misérable, ou de leurs occupations s'opposanl à l'allaitement. Un bureau dépositaire, ouvert jour et nuit, peut { être tenu par une personne assermentée, astreinte au secret, , chargée de recevoir les enfants ou d'oSfrir aux mères indî- I gentes des secours suffisants pour leur permettre de devenir les nourrices payées de leurs propres enfants.
On a cru devoir attribuer à la foi religieuse, aux convictions catholiques plus profondes en Bretagne qu'en Normandie, d'une part ta natalité et l'accroissement très considérable de la population de nos départements bretons et d'autre part la natalité très minime et la décroissance considérable de la dépopulation de nos déparlements normands. Cette influence du catholicisme sur l'accroissement de la population, selon M. G. Lagneau, semble fort difficile à évaluer. Mais il rappelle que, d'après les recherches statistiques de M. Alexandre d'Œltinger, de 1851 à 1864 pour 123 625 050 catholiques, la plupart de l'Europe, l'accroissement annuel n'aurait été que de 0,48 sur 100, alors que pour 5321âG66 protestants îl était de 0,% sur 100; et que pour 1 301 285 juifs il était de 1,53 sur 100. Pareillement, M. Lagneau a reconnu qu'en France, de 1861 à 1866, 36490891 catholiques ont présenté un accroissement annuel de 0,33 sur 100, alors que 802 3^9 protestants s'accroissaient annuellement de 1,10 sur 100, et 79964 israéiltes de 2,27 sur 100.
Les gros contingents militaires ont p^ru être une cause de décroissance de la population. Durant les trois années de la guerre de Crimée le contingent fut de 140000 au lieu de 80000 les années précédentes. Or durant cette guerre à laquelle prirent part 302268 militaires, dont 95613 succombèrent, outre ce nombre énorme de décès, il y eut une dimi-' nution annuelle de 3440 mariages et 10075 naissances. Mais bien que, depuis la loi du 27 juillet 1872, la durée du service, plus généralisé, soit plus courte, les mariages et les naissances n'en diminuent pas moins de plus eu plus ; de 4 mai'iages et 10 naissances pour 10000 habitants.
Si l'émigration vers les colonies ou les pays étrangers, loin de nuire à l'accroissement de la population restée en France, le favorise en activant sa natalité et en augmentant par l'importation son bien-être ; si cette émigration vers des pays salubres comme le Canada, l'Algérie, est avantageuse aux émigrés eux-mêmes qui y vivent et s'y accroissent par une natalité de beaucoup supérieure à leur mortalité; contj-airement celte émigration vers les colonies insalubres, comme Madagascar, la Guyane, est trop souvent funeste pour les émigrés eux-mêmes. Dans ces pays insalubres l'impaludisme, le tellurisme pour l'individu, l'infécondité pour la race empêchent tout accroissement physiologique de la population européenne. Les Européens duNord, Anglais comme Français, y présentent une mortalité considérable. Leurs femmes, par suite d'une disposition métrorrha^ique, ne peuvent que rarement mener a bien leur gestation. Leurs enfants peu nombreux y succombent en énorme proportion. Les métis eux-mêmes, dans certains pays, ne jouissent que d'une fécondité limitée.
Après ces remarques relatives à certaines causes restrictives de l'accroissement de notre population, soit en France, suit dans nos colonies, M. Lagneau, répondant à M. Hardy,
fait remarquer que la contrainte morale de Malthus prescrit une chasteté absolue, en attendant, pour se marier, le moment souvent fort éloigné où l'homme aura obtenu une position lui permettant de subvenir aux besoins d'une nouvelle famille. Or le célibat masculin, prolongé jusqu'à l'jl^e de vingt-huit ans cinq mois en France, a pour conséquences la prostitution et la natalité illégitime. Nous avons 4077G3U garçons ou célibataires de plus de dix-huit ans, et nous enregistrons annuellement de 65 à 70000 enfants illégitimes, dont la mortalité est plus du double de celle des enfants légitimes.
Le manque de subsistances n'est nullement à redouter. Depuis le commencement du siècle, époque où écrivait Malthus, l'Angleterre (non compris l'Ecosse et l'Irlande) a vu sa population s'élever de 9060993 à 24547309 en 1877, avec un accroissement annuel moyen de 1,35 pour 100 habitants. En Angleterre, la densité de la population est de 132 habitants oar kilomètre carré ; en France elle est de 69; la moitié moindre. Aux produits de leur culture intensive, les Anglais ajoutent ceux aune importation considérable.
L'immigration étrangère ne supplée que fort imparfaitement à notre nalalité insufïlsante. Sur 36670248 habitants, nous avons 1 001 090 étrangers, soit 1 étranger pour 35 nationaux. Mais de ces étrangers 7704G seulement se sont fait naturaliser Français: un treizième.
L'infécondité des Normands est volontaire. Les Scandinaves, immigrés en Neustrie, différaient peu, au point de vue cthni(]ue, des Anglo-Saxons. Aussi civilisés que uous, les Anglais de 1841 à 1876 ont vu leur natalité s accroître de 32,2 à 3G,6 naissances annuelles pour 1000 habitants. En France, de 1801 à 1881, notre natalité a décru de 32,9 à 25,5 naissances annuelles pour 1000 habitants.
M. le Secrétaire perpétuel lit une lettre que lui a envoyée M.L. Le Fort.
Celui-ci reconnaît comme absolument fondée la rectiGcation que M. Lunier a faite dans la dernière séance des chiffres qu'il avait donnés comme représentant la totalité de la population française en 1872; mais il répète que notre situation au point de vue de l'augmentation de la population, loin de s'aggraver, est, pour la période presque di'cennale 1872-1881, meilleure qu'elle ne Ta jamais été depuis 1846. L'augmentation moyenne annuelle de notre population, de 1872 à 1881, a été, pour 10000 habitants, de iC. Elle est, il est vrai, inférieure à l'augmentation annuelle des périodes quinquennales se terminant en 1836,1811, 1846, périodes très favorables, exemptes de guerres et d'épidémies; elle est de beaucoup intérieure àla période 1821-1826, ia plus favorable de toutes, car l'augmentation a été de 92, mais elle est de beaucoup supérieure aux pi-riodes quinquennales comprises entre 1846 et 1871, puisque cette augmentation n'a été successivement que de 22,7, 27, 36, 13, tandis que pour la période 1872-1876 elle a été de 49, et pour 1876-1884, de 42. Sans doute, il faut tenir compte de l'immigration, car pour la période 1872-1875 l'immigration entre pour 25 pour 100 dans l'augmentation totale et l'excédent des naissances sur les décès pour 75 pour 100. Pour la période 1870-81, l'immigration entre pour un chiffre plus considérable encore, 34 contre 66.
La question de la mortalité dea enfants appelle quelques observations. Cette mortalité ne peut être appréciée que de la naissance à un an; vouloir l'apprécier de la naissance à deux ans, est s'exposer à l'erreur, puisque les relevés officiels ne sont faits que de la naissance à un an, et de un an à cinq ans. Elle était de 17,80 pour 100 de 1858 à 1802 ; elle n'a été, de 1878 à 1882, que de 16,76 pour 100. La mortalité est un peu plus élevée pour les garçons que pour les filles. Elle a été de 1873 à 1877 de 17,92 pour 100, de 1877 à 1882 de 18,17 pour 100 pour les garçons; dans ces deux périodes elle n a été pour les filles que de 13,:2r*
âO Février 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MEDECINE ET DE CHIRURGIE — N* 8 — 123
et de 15,i8 pour 100. La mortalité, plus faible par rapport 41858-1862, a donc un peu augmenté par rapport k 1883- 1877. Hais ce qui domine tout, c'est la mortalité très élevée
La mortalité des enfants légitimes, de 1873 à 1882, a été de 15 pour 100 de la naissance à un an ; elle a été du double pour les enfants naturels, 30 pour 100.
Ozone et choléra. — M. Proust lit une note de M. Pamard (d'Avignon), relative aux relations qui ont été signalées entre le nombre de? décès cholériques et la quantité d'ozone contenue dans l'air. Il résulte des recherches statistiques faites sur ce sujet par M. Pamard, que la relation signalée n'a pu être constatée dans la ville d'Avignon au moment de la dernière épidémie. Tout ce que l'on peut dire, c'est qu'à un abaissement notable de la quantité d'ozone correspond une grande sécheresse et une forte élévation de la température.
SMiéM néAle«l« des hôpItMU.