‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 31 sur 228 · SÉANCE DV 13 FÉVRIER 1885. — PRÉSIDENCE DE M. GUYOT · texte numérisé non relu

SÉANCE DV 13 FÉVRIER 1885. — PRÉSIDENCE DE M. GUYOT

De l'oroblte gontteuae : M. LetuUe. — Du ohanore Don Infaotant «t du bubon obanomx : M. MarUneau. — Oe la tii>VTe tayatérlqne : K- Debore. — La toberouloae sat-tfla tranamiaalbla par la Taodna : K, Strauaa. — Gommes oèrtbralee ayant donné lien A des symptAmea de paralyala a^Arsia : K. Damor. - AnèTrysme de l'aOTta : K. Rendn. — Traitement de la dlphthërle bronchique par le prooMé de Delthll : K. Xtajardln-Beanmets (Diaenaslon}. — Ëleotlons.

A l'occasion du procès-verbal H. Letulle lit une Note sur la goutte testiculatre, dans laquelle il rappelle que Hunter a décrit en termes courts mais précis l'orchîte goutteuse et que Gendrin a publié une observation de gonflement du testicule avec tophus crayeux chez un malade atteint de goutte. Cette seconde forme de goutte testicutaire serait plus incontestable encore que la première, puisqu'elle est caractérisée par l'élément pathognomonique de la goutte, le tophus, qui manque tians les exemples d'orchite goutteuse précédemment rapportés. Dans son livre sur < les maladies par ralentissement de nutrition », Bouchard parle de la prétendue orchite goutteusCt qu'il a vue deux fois se développer chez des goutteux atteints d'une forme particulière de blennorrhée; mais il refuse tout caractère goutteux à ces fitixions testiciUaires qui, pour lui, se rattachent toujours h un catarrhe uréthral préexistant.

M. Rendu insiste sur la différence qu'il convient d'établir entre rinfiltralion crayeuse du testicule et l'orchîte aiguë ^'outlcusc dont la réalité ne lui semble pas pouvoir être mise on doute. — 11 dépose sur le bureau une observation relative à un cas de ce genre, qui lui a été communiquée par M. Latil (d'Aix). 11 s'agit d'un homme de cinquante ans, manifestement goutteux, qui fut pris brusquement pendant un séjour au lit pour la consolidation d'une fracture de jambe, d'un ffonflement douloureux du testicule; quelques jours après, une poussée de goutte se montra sur le gros orteil. Le gonnrinent testiculaire. survenu en l'absence de tout ècoulemen t ui'étliral, disparut lentement dans l'espace de quatre mois.

M. Vallin remet une observation d'orchile goutteuse tout analogue qui lui a été adressée par le docteur Péchaud, mé- (locJn-major à Besançon.

— La correspondance manuscrite comprend également une lettre du docteur Halmagrand (d'Orléans), communiqiinnt une observation de fluxion goutteuse du testicule.

— M. Martineau offre à la Société, au nom de l'auteur, M. Latoucbe, une thèse ayant pour titre : Du chancre non infectant et du bubon chanertuXy considérés spécialement au point de vue de leur traitement. PoUr transfonner l'ulcé-

ration spécifique en un ulcère simple, selon le précepte de Ricord, le moyen le plus efficace consiste dans les cautérisations avec le thermocautère alternant avec le pansement à riodoforme. Cette méthode, applicable non seulement au chancre non infectant, mais aussi au bubon chancreux, donne des résultats préférables è ceux que fournit le traitement par les bains prolongés à 38 et 40 degrés. Une observation recueillie par H. Latouche vient démontrer, à rencontre de l'opinion défendue récemment par M. Strauss^ ï'inoculabilité du pus de l'adénite chancreuse ; quant au micro-organisme constituant le germe contage, il n'a pu encore être rais en évidence. M. Martineau se réserve de faire connaître ultérieurement le résultat de ses recherches sur ce sujet.

— M. Debove donne lecture d'un mémoire sur la fièvre Amtériqu€t dont l'existence, admise par les auteurs anciens, aeté contestée par la plupart des auteurs modernes. On ne peut conserver de doute sur la nature des accès fébriles lorsqu'on les observe chez des malades nerveuses que Ton soigne pendant plusieurs années et chez lesquelles on est certain d éviter toute erreur d'interprétation tenant à un diagnostic incomplet. C'est ainsi que, chez une femme de vingt-quatre ans, à laquelle M. Debove donne ses soins depuis cinq années et qui a présenté de multiples accidents hystériques du côté des divers appareils, un premier accès fébrile s'est montré il y a trois ans, et a été suivi d'une élévation permanente de la température, toujours supérieure à 38 degrés. A des intervalles très irréguliers se sont produits des accès plus violents simulant plus ou moins ceux de la fièvre intermittente et s'accompagnant d'une température de 39 à 40 degrés. Le diagnostic de fièvre paludéenne, auquel pouvaient faire songer la forme des accès fébriles et la connaissance d'un séjour en Italie, dut être abandonné à cause de rineffîcacité de la quinine, du faible volume de la rate et de l'absence de toute cachexie palustre. De même, on ne pouvait admettre bien longtemps l'hypothèse d'une tuberculose latente, et M. Debove, après s'être prémuni contre toute simulation possible de la part de ta malade, formula le diagnostic de fièvre hystérique. Au mois de novembre, un nouvel accès très intense se montra et dura quatorze jours; la température atteignit 10 et 41 degrés; le pouls, 130 pulsations. En l'absence de toute lésion d'un organe quelconque, M. Millard appelé en consultation se rattacha également nu diagnostic porté par M. Debove. Le sulfate de quinine échoua de nouveau complètement; mais, avec 5 grammes d'antipyrine administrés le treizième jour, on put avoir raison de la hèvre et la malade retomba dans l'élal où elle se trouvait auparavant; la température se maintient au-dessous de 38 degrés; l'état général est satisfaisant. H. Debove a observé un certain nombre d'antres f^its analogues, mais dontles caractères sont moins tranchés et Tinterprétation moins nette. Il ne voit d'ailleurs aucune objection théorique à opposer à l'existence de la fièvre hystérique, puisque la pliysiologie et la pathologie s'accordent à considérer le système nerveux (si profondément troublé chez les hystériqxies) comme l'appareil de ta régulation thermique. Ënfln M. Debove a réussi a produire par suggestion, pendant le sommeil somnambulique, une élévation de température variant de cinq dixièmes de degré à Les expériences d'abaissement de la température par suggestion ont donné des résultats moins nets, la température centrale restant invariable ou s'élevant même d'un à deux degrés; mais H. Debove pense que, dans ce cas, l'élévation thermique centrale est due à la contraction des vaisseaux périphériques, sous l'influence de la sensation de froid suggérée, et à la diminution de la perte de calorique à la surface de la peau qui en est la conséquence.

— M. Strauss lit un travailayant pour titre : Latuberculose est-elle transmissible par la vaccine f {Ce tnMÎÏ sera publié.)

M. Vallin croit en effet que le dapser deTtî^nsmissioa]»^ été singulièrement exagéré; cepend!â^t^n^e^partagcr

m - N' 8 * GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE GHIKURGIE 20 Pévribr 1885

plètenient la sécurité de M. Strauss : eu effet, il faut peutêtre faire quelques réserves relativement à la tuberculose de l'enfant qui peut être atteint de poussées aiguës de granulations; enfin, pour les revaccînations en masse, on prend bien fréquemment, principalement dans l'armée, du vaccin sur un adulte revacciné. Le vaccin animal semble mettre bien plus complètement à l'abri, car la tuberculose est inconnue chez le veau de six semaines.

M. VaiUard a fait au Val-de-Grâce des expériences analogues à celles de M. Strauss et elles lui ont également donné des résultats rassurants : aucun bacille dans ta sérosité des pustules vaccinales chez quatre tuberculeux; inoculation négative chez le cobaye.

M. Legroux pense qu'il peut y avoir des inconvénients sérieux à ce que tous les malades soient revaccinés au moment de leur entrée à l'hôpital, ainsi que cela se pratique aujourd'hui, quelle que soit l'affection dont ils sont atteints.

— M. Desnos montre les pièces anatomiques recueillies chez un individu de quarante ans qui avait présenté pendant la vie les symptômes de la paralysie générale des aliénés : hésitation oe la parole, délire ambitieux, attaques épileptiformes ou comateuses, faiblesse musculaire sans paralysies localisées. On n'avait pu obtenir aucun renseignement certain relatif à l'existence de la syphilis, mais la destruction de la cloison du nez rendait le fait probable. L'autopsie révéla deux tumeurs cérébrales situées, l'une dans le lobe frontal droit au niveau de la troisième circonvolution frontale, en avant de la frontale ascendante, au-dessus de la première temporale ; l'autre à la face externe du lobe temporal, à l'union de ses deux tiers antérieurs et du tiers postérieur. La première a A centimètres de hauteur, sur 2 centimètres de diamètre; la seconde est h peu près du volume d'uno noisette. L'examen hîstologique pratiqué par M. Rémy a montré qu'il s'agit de gommes. On trouvait en outre des plaques méningitiques au niveau des tumeurs et dans les deux scissures (le Sylvius.

— M. iï^ffu présente des pièces anatomiques provenant d'un homme de soixante ans qui offrait un anévrysme énorme de l'aorte et une péricardite avec symphyse cardiaque. On constatait pendant la vie une suppression du pouls radial gauche, et l'autopsie démontra l'oblitération totale de la sous-clavière de ce côté. Il n'existait pas de troubles trophiques au niveau du bras et M. Rendu pense que la circulation s'était en partie rétablie par l'intercostale supérieure.

— M. Dujardin Beaumetz a essayédernièrement le procédé de M. Delthil pour traiter une enfant de quatre ans atteinte de diphthcrie bronchique. Dès le lendemain, l'enfant était très améliorée; elle avait expulsé, pendant les efforts déterminés par un vomitif, des fausses membranes offrant le moule des bronches et colorées en noir par la fumée de goudron et de térébenthine. Celte vapeur charbonneuse pénètre donc dans l'arbre respiratoire, et, si elle ne dissout pas les fausses membranes, peut-être s'oppose-t-elle à leur reproduction lorsqu'elles ont élé expulsées. En tout cas, le procédé n'offre aucun danger et semble avoir quelques avant^s. Il est surprenant de constater la facilité avec laquelle on respire dans cette atmosphère épaisse qui recouvre tout d'une couche de noir de fumée.

H. Féréol ne doute pas de la pénétration des vapeurs dans les bronches, car elles s'insinuent jusque dans les tiroirs les

Elus hermétiquement clos de l'appartement. Il se joint à [. Dujardin-Beaumetz pour affirmer l'innocuité du procédé et engager ses collègues â l'expérimenter k nouveau. Il faut se prémunir contre les dangers d'incendie, et pour cela faire brûler le mélange de goudron et de térébenthine dans un vase de fer-blanc un peu profond, placé au milieu de la chambre sur du sable.

M. Dujardin-Beaumetx sait que Ton a signalé des faits de

guérison spontanée de diphthérie bronchique; mais dans le cas qu'il rapporte les vomitifs et les injections d'élher n'avaient rien produit, et la terminaison fatale semblait inévitable. Il recommande d'employer le goudron de houille et non le goudron végétal.

M. Dumontpatlier croit que la diphtbérie bronchique peut guérir dans certains cas avec un traitement quelconque et que le procédé de M. Delthil n'a pas, sans doute, une action plus efiicace que les pulvérisations phéniquées auxquelles on doit un certain nombre de succès.

M. E. Lahbé est d'avis que, si les fausses membranes trachéo-bronchiques ne se reproduisent pas après leur expulsion, c'est que la muqueuse n'a pu être cautérisée dans ces points ainsi que cela se pratique, à tort, pour la gorge. Plus on détruit Tepithélium, plus on irrite la muqueuse, et plus les fausses membranes se reproduisent facilement.

— Elections. MM. Lailler, Siredey et Labric sont désignés par la Société pour être proposés à la nomination du Directeur général de l'Assistance publique comme membres de la Commission administraUve o'hygiene.

— La séance esl levée à cinq heures el quart.

André Petit.

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