SÉANCE DU 2 MABS 1885. — PRÉSIDENCE DE M. BOULET
Action du sulfate de cinchonamine sur la circulation ET LES SÉCRÉTIONS. Note de MM. G. Sée el Boche fontaine. ■ — Les deux savants phvsiologistes exposent tes résultats de leurs nouvelles recherches sur les enets physiologiques du sulfate de cinchonamine.
1" Ils ont constaté que le cœur de la grenouille arrêté par la cinchonamine ne reprend pas ses battements quand on donne de la digitaline à l'animal et réciproquement. Hais, si l'on donne à peu près en même temps, en deux points ditrérents du corps, de la cinchonamine et de la digitaline, le cœur ne s'arrête pas. Il n'y a donc pas un antagonisme vrai entre les deux substances.
2° Le sulfate de cinchonamine provoque une hypersécrétion abondante des glandes salivaires chez le chien, même après la section du nerf lingual — corde du tympan. Par conséquent, la cinchonamine agît directement sur la glande ellemême pour déterminer l'écoulement salivaire, et non par l'intermédiaire du système nerveax central.
3° L'ingestion stomacale du sulfate de cinchonamine k la dose de z5 centigrammes sur un chien de taille ordinaire produit des convulsions non mortelles, tétaniformes, avec des phénomènes hallucinatoires remarquables. Avec la quinine, la cinchonidine, la cinchonine introduites dans l'estomac, on obtient des vomissements et jamais de convulsions. Les alcaloïdes sont convulsivants quand on les introduit sous la peau ou dans les veines.
i' Lorsque les convulsions cincbonamiques surviennent, la pression sanguine n'augmente pas. C'est ce qui arrive avec la quinine, etc. Avec le poison convulsivant typique, la strychnine, la pression sanguine augmente considérablement au moment où l'accès convulsif survient. Avec la cinchonamine, si l'on prend un tracé hémodynamométrique, et que l'on fasse une injection intraveineuse, on voit que la diminution de la tension artérielle qui survient alors n'est pas modifiée par la crise convulsive.
Nature de la nëoforhation placentaire et unité de COMPOSITION DU PLACE."(TA. Note de M. Laulanié. — Celle Note a pour but de montrer Terreur de fait, et par conséquent l'erreur doctrinale, renfermée dans cette formule d'ËrcoIani : « Le placenta se constitue par les relations qui s'établissent entre les villosités ehoriales absorbantes et les villosités maternelles sécrétantes. > Elle conclut ainsi : la néoformalion maternelle du placenta est, dans tous les cas, le résultat d'un processus conjonctivo-vasculaire; 2* les surfaces maternelles sont constamment dépourvues de l'épithélium sécréteur que leur avait attribué Ercolani.
Mesure de la pression nécessaire pour déterminer la RUPTURE DES VAISSEAUX SANGUINS. Note de MM. Gréhant et Quinquaud. — Leurs expériences touchant les effets de l'insufHation des poumons par l'air comprimé ont conduit HH. Gréhant et Quinquami à rechercher quelle est la pression nécessaire pour déterminer la rupture des vaisseaux sanguins. Ils ont ainsi constaté que les pressions nécessaires pour rompre les artères sont beaucoup plus grandes que celles q ui existent normalement dans ces vaisseaux. Ainsi la pression du sang dans l'artère carotide d'un chien étant de 15 millimètres environ, ce vaisseau s'est rompu dans un cas à 7 atmosphères, dans un autre cas à il atmosphères, c'est-àdire sous des pressions de 5'",32 etS^'jSô de mercure, pressions 35 H 55 fois plus grandes que la normale.
Quant à la veine jugulaire, elle s'est rompue à 6*'",6 dans une expérience, et à Q"*'",^ une autre fois.
titre de la reine : emploi nouveau, comme on dit si souvent aujourd'hui, auquel était attribué un petit revenu. Mais un médecin dans la situation de Guénaut sentait bien qu'il y avait à faire plus encore. Pour rester dans son râle et sauver les apparences, il fallait imaginer un traitement, instituer une thérapeutique, inventer enfin quelque chose qui entretint Pespérance. Et qui sait? Le hasard peut beaucoup. Guénaut avait un frère à Gien- sur-Loire, médecin comme lui, qui, chaque année, faisait la saison de Bourbon-l'Archambault. Illui adressa son client.
La cure de Bourbon n'amena point le résultat espéré. Elle valut seulement à notre malade de hanles protections parmi les baigneurs de sang royal qu'il y rencontra, c et dont tous les maux joints ensemble étaient peu de chose auprès des siens ». Pourtant, l'année suivante, il voulut essayer encore ; nul n'ignore que les eaux minérales ne réussissent qu'après deux saisons. Cette fois le désenchantement fut complet. Le retour à Paris fut marqué par des crises terribles. Alors, ne
sachant plus à qui croire (et il ne manque pas de gens pour donner d'excellents conseils aux incurables), Scarron se laissa persuader qu'un empirique, habitant vers l'hôpital de la Charité, le guérirait en peu de temps par de certains bains de tripes et de gélatine. Le pauvre mûrme, qui logeait au Marais, à deux pas de la place Royale, ne recula pas devant ce nouveau dé^acement. Il retint donc un petit appartement & rhdiel de Troyes, juste vis-à-vis la Charité, et s y fit trans-
fiorter en chaise par deux solides gaillards, dont il ne se assait de contempler, chemin faisant, les robustes jarrets. Dans celte pénible traversée de Paris (il était au plus fort d'une crise), ne trouva4-îl pas moyen d'improviser un impayable morceau : Le trajet au Maret au faux-bourg Saint- Germain? 1o\xs les jours, consciencieusement, pendant de longs mois, il se résigna à baigner c dans des tripes son très sec parchemin ». Inutile d'ajouter que cette repoussante thérapeutique (à la mode de Gi^fû^jyy^ujl(gj|C00i^i|^ les précédentes. ^ y ^
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AeatMoila de nuMeelae.
SÉANCE DU 3 HAUS 1885. — PHÉSIDENCE DE H. J. BEHGERON.
M. la minisira du conimercfl Iraosmet un rapport de H. le doctear G. Couiin nir 74 c» de ehoUra qu'il a obaervA ft Muneille en 1884. {CommiitUm du ipiiémUi.)
. il. le docteur A . Perrand te porte candidat h la pldce diicUrée vacante dans la section de thérapeutique ot d'hiatoiro naturelle nicdicale.
M. le Secrétaire perpétuel dépose : 1" au nom de M. te docteur Baneel, va mémoire iniprimii aur le mouvement de ta popalalioa en Seine-et~Mame en 1883; f des rapports do H. Lavergne sur le service dca Ënranla-aatiiléa et celui de la protection de* enfanta du premier ifa dana l'Allier en 1883.
H, Laboutàène présente : l» une llièse de H. le docteur Gervalt. snr YHtttoire de l'hdpildl Necker : 9* une thèse dr> M. lo docteur Colombe, sur la coea et tet telt de coeaine.
N. Ltmicr fail honmago d'un Rapport da U. le docteur Aug. Ollivier sur la rtugalê à Paria.
U. tagneau oSrt un onvr^ de H. le docteur Petit sur U tM$iage par le médecin.
H. Larrey fait hununage, an nom da M. lo docteur Hortelmip, de ton Éloge de
SédiUot.
U. Poiain duunu lecture d'une Noie do If . le doclour Bernheim (do Nanc>'), sur l'efficaciti de Vaatipyrirte contre le rhuniatime articalaire aigu.
U. Fériol préaeote, de la part de H. Ifoll Gueneaude Muug, lo tome IV de sa CUnUpte mÛAeal*.
Inclusion scrotale. — M. Comil vient de procéder à l'examen microscopit^ue d'une tumeur inirascrotale enlevée par H. Bei^er au mois de juillet 1884 sur un jeune garçon de onze ans. Il avait été possible de séparer par une sorte d'énucléation la paroi de cette tumeur kystique de l'albuginée & laquelle elle n'adhérait que par des tractus assez lâches, sauf sur un point où un pédicule vasculaire la rattachait au testicule. Ce pédicule une fois sectionné et les vaisseaux liés, la piaie avait été réunie par suture et elle guérit par première intention.
M. Cornil, après avoir décrit les éléments analomiques entrant dans cette tumeur d'une nature très complexe, rappelle ({ue ce n'est pas la première fois qu'on a signalé dans les inclusions scrolales l'existence d'o^anes nerveux et de cavités mucjaeuses, rudiment du tube digestif. Hais il ajoute que ce fait est le premier ou les tissas osseux ou cartilagineux n'aient pas été représentés dans la tumeur, ce qui ne doit pas empêcher de les ranger dans la classe des monstruosités par inclusion, c'est-à-dire dans une véritable tribu de l'ordre des parasitaires. Sa constitution complexe où tous les autres systèmes anatomiques sont représentés, où se retrouvent des formations dérivées des divers feuillets du blastoderme, le degré d'organisation relativement élevé de tous les éléments qui prennent part à sa composition ne permettent pas d'autre hypothèse. De plus, ce cas confirme l'opinion de M. Verneuil sur l'indépendance du testicule et du produit tératologique. D'oii résulte la possibilité d'extirper les tumeurs de ce genre
La maladie durait depuis six aos déjà, et les membres supérieurs étaient encore à peu près libres. En 1643, l'amaigrissement des jambes avait pris d'effrayantes proportions : leurs jointures étaient disloquées : les épiphyses proeminaient en tous sens; c déjà l'os la peau lui perce >. Quelques mois de plus, et Scarron ressent dans les mains des douleurs qu'il ne reconnaît que trop bien, car il les a jadis éprouvées aux
Ïieds et aux chevilles. Elles lui sont d'un sombre présage, nsqu'à présent il n'était que cul-de-jatte; il va devenir manchot; et il se désespère, mais rit encore à travers ses larmes :
t Je suis un recueil d'accidents
> Qui n'ay plus rien que le courage
> Et quelque force encore aux dents
> Que souvent je grince de rage. >
La date de ce rhumatisme tardif des poignets et des métacarpes est nettement indiquée dans une requête au roi, bien scandée et d'une lai^e tournure :
en conservant le testicule, comme on l'a fait cette fois avfr intention ; mais il faut tenter cette opération avant que l'accroissement de la tumeur ait compromis le développement et les fonctions de l'oi^ane mâle. Enfin, le diagnostic des inclusions scrolales, fondé sur l'origine congénitale, le développement très lent des caractères physiques de la tumeur, confirmé par la ponction exploratrice, peut donc être établi avec certitude.
Dépopulation de la France. — Assurément la c contrainte morale » ou c restriction volontaire i est aujourd'hui l'une des causes les plus puissantes de la diminution de
l'accroissement de la population en France, mais c'est aussi l'une des plus difficiles à modifier, tant les mœurs s'y opposent; l'inîécondité volontaire est en effet devenue de bon goût dans un certain monde, dans la classe bourgeoise plutôt que dans la classe ouvrière, et bien plus souvent dans la clientèle privée que dans te milieu hospitalier. H. Fournier^ qui constate une fois de plus cette situation, fait, en outre, remarquer que la dépopulation relative que subit en ce mo> ment notre pays tient à la fois à une natalité insuffisante et à une mortalité excessive des enfatlts en bas âge ; d'où il suit qu'il faut relever le taux de la première et abaisser celui de la seconde. Or parmi les causes de la mortalité infantile la syphilis est l'une des plus puissantes et des plus fréquentes. En voici des preuves : i" sur 403 grossesses, alors que le
fière seul était syphilitique, H. Fournier a compté 280 enanls survivants et 115 morts, soit 1 mort sur 4 nouveau-nés; â" sur 44 femmes devenues enceintes au cours d'une syphilis récente, il a noté 43 enfants morts et 1 seul survivant; d'autre part, 100 femmes syphilitiques ayant eu ^8 grossesses, ont fourni 60 enfants survivants et 148 morts, soit une mortalité de 71 pour 100; de même, en consultant les statistiques hospitalières, recueillies dans un grand nombre de pays étrangers, M. Fournier a pu réunir 1500 observations recueillies de sources diverses, et desquelles il résulte une moyenne de 68 morts sur 100 enfants de familles syphilitiques.
Quel remède faut-il donc apporter à ce danger, comment empêcher que la syphilis puisse jouer un rêle aussi imper* tant dans la dépopulation de la France ? Il importe d'abord de mieux défendre la société qu'elle ne l'est contre la syphilis ; notre système prophylactique est à cet égard des plus insuffisants, mais il subsiste malgré tout; il y a quelques années, le Conseil municipal de Paris a paru vouloir le ri!— former et il a prié M. Fournier de déposer à ce sujet devant une commission spéciale ; toutefois le projet qu'il a rédigé et déposé à cette occasion n'est pas encore sorli des cartons administratifs. S'occupe-t-on (railleurs avec assez d'attention de la vérole? Les statistiques officielles de la mortalité la passent sous silence, le Comité et les Qonaeils A'hy-
< Depuis que je languis sous des maux si pressens > Le soleil a six fois vu l'un et l'autre monde. >
A mesure que l'arlbropathie progressait, l'atrophie musculaire des bras et de l avant-bras faisait son œuvre. Seuleinvut les doigts étaient épargnés. Notre « pauvret très maigret »
ftouvait donc tenir encore la plume et ne s'en faisait pas àute.
c La main dont j'écris cette ^iatre » Tient au bout du plomb d'une vilre : 1 Je ne puis, sans mon bras flatter, > Autrement le représenter, j Ha poitrine est tonte convexe ; B EnuD je suis tout circonflexe. >
M"* de Haulefort appuya la requête de Scarron. c Sa paralysie bien déclarée dans les brasjet dai^ lesJaml}es en avait fait un homme sans conséquenlDç,HLqRM4s)Éum» pouvaient témoigner une extrême amitié sans risquehfeurrépu-
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(riène ne sout iamais consultés à cet égard ; dans les grands traités d'hygiène la question est à peine abordée; si bien qu'un étranger, consultant les documents officiels, pourrait croire qu'en Fiance on ne meurt plus de la vérule et que tout est pour le mieux, puisque les règlements ne s occupent même pas du sujet. Or on peut cependant afûrmer que la syphilis ne décroît pas plus de fréquence que d'intensité et il ne saurait en être autrement, étant donnée ta licence de plus eu plus grande de la prostitution et de la provocation publique. Il faut aussi reconnatlre que la syphilis n'est pas d'ordinaire aussi bien traitée qu'il le faudrait : si l'on consulte les observations où figurent des avortements multiples, on voit queles malades ont été traités insuffisamment et surtout trop peu de temps; le traitement doit être continué pendant plusieurs années et, de plus, les malades doivent être instruits, éclairés sur les dangers qui découlent de leur mal pour eux et pour les autres ; il faut qu'ils sachent que la syphilis exige un traitement méthodique prolongé et qu'elle est'contagieuse par ses manifestations les pJtis légères en apparence. La dignité médicale a besoin enfin qu'on ne puisse rejeter sur le médecin la responsabilité des acc idents ultérieurs, et il importe d'être plus sévère qu'on ne l'est d'ordinaire contre le mariage des syphilitiques; beaucoup de ceux-ci assurément se marient sans consulter le niéaeuin; mais, dans le cas contraire, on ne saurait oublier, ce qui arrive trop fréquemment, qu'il faut au moins un stage de trois à quatre ans utilement employés avant de permetu% le mariage.
En résumé, 1" la syphilis constitue ane cause active et puissante de mortalité infantile, que l'on peut apprécier à 08 pour 100 de mort parmi les enfants des familles syphilitiques ; 2° les remèdes propres à diminuer cette mortalité sont, à ta fois, d'ordre médical — ce sont les seuls (|ui soient à la disposition des médecins, — et d'ordre administratif; il faut les demander aux progrès de l'hygiène publique, individuelle et générale.
M. le Président fait remarquer que, si le Comité consultatif d'hygiène publiaue de France n'a pas eu à s'occuper jusqu'ici de la prophylaxie de la syphilis, il faut reconnaître qu'il n'a qu'un rôle purement consultatif et qu'il est dépourvu de tout droit d'initiative. L'Académie peut, par contre, évoquer une lette question. Il est décidé que la réglementation de la prostitution sera mise prochainement k l'ordre du
i'our des séances de l'Académie; le projet qu'avait proposé L Foumier au Conseil municipal servira de base à la discussion.
M. Lun tient tout d'abord à bien dégager la part de l'immigration, qui ne peut être considérée comme un bienfait que dans les payB,où comme aux Etals-Unis les immigrants devien-
tation. » Ce ne fut toutefois qu'après des démarches réitérées et pressantes que l'abbé devint chanoine. Il comptait trente-six ans d'âge et huit ans de maladie.
Quel piteux chanoine il dut être ! Et peu propre à justifier la comparaison proverbîalel Décharné, contrefait, ankylosé des quatre memhres à l'exception des phalanges, réduit à la plus douloureuse inertie,
c Hêpital allant et venant,
» Des jambes d'autrai cheminant, *
il ne peut plus rien par lui-même, sinon rimer. Ainsi, dans une épltre à la comtesse de Fiesque, il se plaint d'nne mouche établie sur son nez et qu'il ne peut faire déloger
ftarce que ses gens viennent de sortir. Il s'ingénie à élargir e champ d'action de ses doigts encore valides. Il invente ces petits b&tons dont se servent couramment les infirmes (le la Saipôtrîère affligées du même mal que lui. Mais ce qui l'exaspère, c'est l'obligation de rester toujours assis :
nent presque tous, en quelques années, citoyens de leur nouvelle patrie. Il en est tout autrement en France, oûle nombre des étrangers naturalisés représente à peine 2 pour 1000 de notre population. Lorsque nous n'aurons plus d'autre ressource c|ue l'immigration pour combler le déficit de notre population, nous serons oien près de déchoir. II convient donc de laisser de côté l'immigration et de rechercher ce que donne l'excédent des naissances sur les décès; c'est le seul facteur sur lequel il soit rationnel de compter. A cet effet, M. Lunier a dressé une série de tableaux et de diagrammes qui embrassent la période 1801-1883.11 en résulte que la proportion des naissances, qui était de 33,1 sur 1000 habitants de 1801 à 1805, est descendue progressivement à24,8 en 1883. Le diagramme qui représente la proportion annuelle des décès est beaucoup plus accidenté que celui des naissances à cause des oscillations relativement très fortes qui correspondent aux années de guerre ou de choléra; mais ces oscillations s'atténuent beaucoup quand on étudie le phénomène par périodes quinquennales. Quoi qu'il en soit, depuis 1806 la proportion des naissances par rapport à la population qui tes fournit a diminué de 21,2 pour 100, tandis que la proportion des décès n'a diminué que de 15 pour 100; de telle sorte que, si aucun changement n'était apporté à la situation actuelle, les deux lignes droites qui réunissent les limites extrêmes de chacune des lignes brisées représentant les naissances et tes décès ne tarderaient pas à se rejoindre.
Quant à l'excédent des naissances sur les décès depuis 1806, il est descendu progressivement do 53,2 (lour 10 000 habitants à 25,6: il a donc diminué de plus de moitié, et, si on étudie la marche du phénomène dans les dernières années, on reconnaît que cette diminution de l'excédent des naissances tend à s'accentuer de jour en jour. D'ailleurs les périodes de doublement étudiées sans discernement ne donnent qu'une idée fort imparfaite des mouvements de la population d'un pays, et tous les statisticiens sont d'accord pour déclarer que le taux d'accroissement de notre pays diminue de jour en jour, tandis que celui de la plupart des pays voisins augmente incessamment.
M. Rochard répond aux discours prononcés dans les dernières séances par BIM. Léon Le Fort et Hardy. Le premier des orateurs avait déclaré que les Français n étant pas colonisateurs de leur nature, il n'y a pas à déplorer le défaut en France de ce trop plein de population qu'on envie aux nations voisines; l'exemple du passé, la constitution de notre empire des Indes au dix-huitième siècle, et les ten- «danccs de la politiaue actuelle ne montrent-ils pas, au contraire, que le peuple français n'est pas aussi casanier qu'on veut bien le dire, et que, si on n'émigre pas de France, c'est qu'on n'y a pas d'ordinaire de quoi émigrer. Quant à la théorie malthusienne défendue par H. Hardy, il était peut-
c Non que s'asseoir sur le derrière
> Soit laide situation;
» Car parmi toute nation
> On s assied en cette manière, >
mais parce que < son derrière pointu, qui n'a plus d'embonpoint >, lui transperce les chairs. A mainte reprise il revient sur l'atrophie de ses muscles fessiers et sur le rataUneinent de cette partie intermédiaire dont M"* de Sévigné n'a pas dédaigné d'écrire le nom.
Chaque année, le retour du froid ravive ce genre d'onglée intolérable... Alors il lui vient une idée, une idée fixe : passer en Amérique, où le ciel plus clément lui évitera le supplice des hivers. « Il n'y aura là, dit-il, ni faux béats, ni filous de dévotion, ni inquisition, ni d'hyver qui m'assassine, ni de défluxion qui m'estropie, x II apprend sur ces entrefaites qu'une vieille dame et sa nièce, revenant d'Amérique, se sont récemment installées dans une maison toute proche* de la sienne, et il les fait prier aussitôt de lui donner quelques
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élre vrai autrefois, alors que les conimunicalions étalent j rares et difficiles et qu'il lallaît vivre avec ce qu'on avait j sous la main, de dire que la population s'accrott suivant une progression géométrique et ses ressources suivant une
Jtrogression arithmétique; mais aujourd'hui il s'agit surtout le pouvoir payer ce que les autres ont produit. Qu'on songe
?[ue l'Allemagne dépense par an plus d'un milliard pour aire face à l'excès de sa population et qu'il ne nous en coûterait que 250 millions environ par an pour pouvoir économiser par an tes 130 000 enfants que nous perdons en trop et pour notre plus grand danger.
H. Léon Le Fort se borne, afm de défendre son opinion, à rappeler l'exemple de l'Algérie, terre devenue française, tout près de nous, et dans laquelle l'élément français compte encore pour une si faible proportion. Nous avons peut-être été colonisateurs à une certaine époque ; mais ce temps parait bien loin de nous.
BMiété mMleals dea hApItau.
SfiANCE DU 37 FÉVRIER iH85. — PRÉSIDENCE DE H: GUYOT.
MauTRisa qaaUU dn vaooln pria de bras & braa aw daa aaiets qui < ont déjà ètè vacoinèaune fois : BC Bacquoy. - DiecuBEion : MH.ZUcbard. Daanos. — TranamlBaion de la tal>eroal08« par la vola gé- ! nltala : H. Blohard. — Sur la otalorura da mèthyla oontra l'616mant doulaar, daua daa afleoUona dlTwaaa : MH. Tannaaon et Bègna- — Nota sor nna oavaa anoora pan oonnue d'intoztoatlon satumfna : H. 06rln-Boie, M. lAlibè (Dtaonaalon). — Caa d'intmleaUon satarnlna oooaatoanèe par la tnanlpulatton et l'empaqnatafla da la bralaa dite ohtmique : M. Dngnat. — Anèvryame du OGsnr : M. Constantin Paul (Dlaovaalon : MK. Bnoquoy, Bartta, Laaomba].
AToccasion du procès-verbal, H. Bucquoy tait remarquer qu'il est regrettable de voir dans l'armée prendre du vaccin au bras de soldats déjà vaccinés autrefois. Même dans le cas où la pustule s'est bien développée, c'est une mauvaise chose ; le terrain sur lequel on prend le virus est un mauvais terrain. On peut avoir dans ces circonstances-là des résultats négatifs sans qu'on puisse légitimement incriminer la vaccine. — M. Bucquoy rappelle le fait suivant : M. Daniau, chirurgien de la Maternité, se piqua par mégarde au visage avec la lancette dont il se servait pour vacciner les enfants de son service : dans les délais ordinaires il se développa au point piqué une superbe pustule. Ayant inoculé à un enfant, sur un bras, du virus pris dans sa propre pustule etsur l'autre bras du vaccin pris d'un autre enfuit qu'on, vaccinait pour la première fois, il vit que son vaccin & lui n'avaitrien produit, tandis que le virus du vaccinifère inoculé pour la première fois avait très bien pris.
Conclusion : Le vaccin pris chez un adulte déjà vacciné
une première fois, ne donne que des résultats douteux; il vaut donc mieux utiliser le vaccin de la génisse ou bien s'adresser à des sujets à qui on inocule la vaccine pour la première fois.
H. Richard dit qu'autrefois on ne se servait dans Tarmée comme vaccinifères que de sujets vaccinés pour la première fois : il n'y a que deux ans qu'une circulaire de 1882 a autorisé à prendre le vaccin de bras à bras ; aujourd'hui au Valde-Gràce on n'a guère recours qu'au vaccin animal. Un Allemand pense avoir démontré qu il nV a aucune différenre entre le vaccin pris à un enfant ou celui qui est pris â un adulte, pourvu que le vaccin ait pris chez Vun comme chez l'autre.
M. Bucquoy insiste pour savoir si Tauteur allemand a fait la distinction entre l'adulte qu'on vaccine pour la première fois et l'adulte qui a déjà été vacciné antérieurement.
M. Richard dit que l'auteur qu'il a cité n'a pas fait cette distinction. Pour lui, il a fait avec quelques-uns de ses collègues de Lyon, des vaccinations avec du virus tantôt pris à un enfant, tantdt pris àun adulte : les résulfats ont été sensiblement les mêmes.
H. Desnos est de l'avis de M. Bucquov. Trousseau blâmait les praticiens qui prenaient du vaccin à des sujets déjà vaccinés et chez qui une seconde vaccination avait produit des pustules inap:nifiques. H. Desnos se rappelle un fait qui confirme la manière de voir de Trousseau à ce sujet. En 1870, une personne de sa clientèle le pria de vacciner sa fille et lui demanda de prendre son vaccin au bras du frère, qui venait d'être vacciné au lycée. Malgré la beauté des pustules du vaccinifère, M. Desnos ne vit pas prendre le vaccin. Bien plus, quelques mois après la jeune fille fut atteinte d'une varioloïde qui évoluait sans accidents sérieux.
M. Richard a été victime d'une vaccination de ce genre. A l'école de Strasbourg on vaccina tous les élèves avec du virus pris à des sujets plus ou moins vaccinés dans leur enfance ; or sur huit de ces élèves qui disséquèrent le cadavre d'un homme morl de la variole cinq prirent la variole euxmêmes.
M. Bucquoy fait remarquer combien il est important d'avoir du vaccin actif aujourd'hui où la vaccination est pratiquée sur une vaste échelle.
— La correspondance manuscrite comprend une lettre du docteur Gaillard, médecin de ta marine, communiquant une observation de prostatite suppurée que l'auteur rapporte à la goutte ; le malade est mort dans une crise d'angine de poitrine. — Cette observation a été renvoyée k une commission composée de MM. Legroux, Letulle et Rendu.
MM. Talamon, Ballet etBraud, nommés récemment méde-
renseignements sur le bienheureux pays de ses rêves. Une intimité de bon voiùnage s'établit entre Scarron et les nouvelles venues. La vieille dame s'appelait M*" de Neuillant, et la jeune filte, âgée de quinze ans, n'était autre que Françoise d'Aubigné, la future M"* de Maintenon. La première fois que M"' d'Aubigné vint chez Scarron, elle fut ooligée de se baisser pour apercevoir son visage. A cette époque, en effet, l'arthropalhic vertébrale du pauvre infirme faisait de rapides progrès. < Son dos s'arrondissait en ddme », et, pour regarder autour de lui, il inclinait très légèrement la téte à droite ou à gauche, comme font les oiseaux. 11 ne nous appartient pas de rechercher quel genre de séduction notre chanoine fut en état d'exercer sur la € belle Indienne ». Qu'il nous suffise de dire que, vers la fin de 16-49, peu de mois après la première entrevue, le mariage était consommé.
Consommé n'est pas cependant le mot de la situation. Si la psychologie de cette union bizarre est encore un problème
d'histoire ou de philosophie, ta physiologie en est assez limpide. Assurément le mariage de Scarron et de Françoise d'Aubigné fut une communion blanche. Les pathologistes ont beau nous dire que les fonctions conjugales, chez les rhumatisants chroniques, restent longtemps intactes; dans le cas particulier, les déclarations des intéressés l'emportent sur les règles générales. Ninon de Lenctos trouvait M"' Scarron € trop gauche pour l'amour ». Que pensait-elle donc du mari? Celui-ci d'ailleurs ne semble pas s'être fait à l'avance la moindre illusion sur ses aptitudes personnelles. Qu'on en juge par ce passage d'une lettre qu'il écrivait à sa fiancée : f Quelle apparence y avait-il qu'une jeune ftlle dût troubler l'esprit d'un vieil garçon, et qui l'eût soupçonnée jamais de me faire assez de mal pour me faire regretter de n'être plus en état de me remmener? » Une autre fois, parlant d'elle à. son ami Serrais, il lui disait : c Je neJui ferai point de sottises, mais je lui en apprendrai beaucoup. » Et Segrais s'ennpresse d'ajouter que, dans ce même temps, S<^on n'avaîi
6 Mars 1885
GAZETTE HEBDOHADAIRB DB HË^ECmE ET DE CHIRURGIE