‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 42 sur 228 · PC · texte numérisé non relu

PC

cins du Bureau central, demandent à faire partie de la Société médicale des hApitaux.

— M. Labric déclare que le conseil de famille de la Société médicale des hôpitaux a accueilli favorablement la demande de H. Sernutz et lui a accordé le litre de membre honoraire de la Société.

— M. Richard donne lecture d'un cas de transmission de la tuberculose par la voie génitale. Il s'agit d'un jeune homme de vingt-deux ans sans tare héréditaire, sans antécédents personnels dignes d'être remarqués, qui entrait en octobre 4884 au Val-de-Grâce dans le service de M. Lubansky, alors suppléé par M . Richard.

En août 1883, le malade avait contracté une btennorrhagie avec une femme d'aspect vigoureux ; au quinzième jour il eut une orchile gauche et passa vingt jours à l'hôpital du Midi. L'écoulement persista trois mois. Sur ces entrefaites le malade tira au sort et fut incorporé dans un régiment d'infanterie. — Trois mois après son arrivée au corps il urina plus fréquemment, eut de l'hématurie, entra à l'hôpital de Lyon et vin! i Paris après deux mois de traitement. On porta le diagnostic de cystite chronique. Jamais il n'avait toussé ni avant ni depuis sa blennorrhagie; — il est très afTirmatif sur ce point. Eu novembre dernier il commença à tousser et à perdre de ses forces ; il n'a cependant jamais eu d'hémoptysie.

Aujourd'hui cet homme est au dernier degré de la cachexie tuberculeuse : la cystite primitive persiste. A chaque secousse de la toux, l'ùriae s'échappe par jet. Elle est épaisse et laisse déposer un sédiment blanchâtre composé de globules purulents dans lequel on n*a jamais trouvé rie bacilles tuberculeux. — Par le toucher rectal on trouve un noyau induré dans le lobe droit de la prostate ; il y a aussi quelques nodosités dans les vésicules séminales. Tout le reste est sain. En résumé blennorrîmgie qui dure trois mois, trois mois après tuberculose vésiculo-prostatique ; huit mois après tuberculose pulmonaire et laryngée. — Ici le poumon a été l'aboutissant du processus tuberculeux. La cysto-prostatite pour M. Richard est bien due à la blennorrhagie, et, s'il a fallu trois mois pour la voir se dévelop-

fier, c'est oue nous avons eu affaire à un de ces faits de atence si fréquents dans l:i tuberculose génito-urinaire.

Comment les bacilles ont-ils pénétré ? M. Richard conclut ainsi : La fille publique avait peut-être, malgré son aspect florissant, des granulations tuberculeuses du col ; — c'est là une hypothèse, mais ce qui ne peut être contesté, c'est que la blennorrhagie a préparé les voies au bacille tuberculeux comme la bronchite prépare les voies à la tuberculose puU monaire. Si les bacîlfes n'ont pas été déposés lors du coït, peut-être y sont-ils parvenus apportés par les mains sales

du malade ou par des effets ayant appartenu à des tuberculeux.

Une fois au méat le bacille a çagné la vessie et la prostate de la même manière qu'on voit des cystites pnrulentes amener des néphrites purulentes aussi; de même que H. Richard lui-même a vu à l'hôpital de PhilippeviUe, chez un Espagnol, une tuberculisation rénale suivre de près une cystite tuberculeuse.

— M. Tenneson présente, en son nom et au nom de M. Bègue, externe des hôpitaux, un mémoire relatif au traitement d'affections douloureuses diverses par le chlorure de méthyle.

(Voy. aux Travaux originaux.)

— M. Gérin-Roze lit une note sur une cause encore peu connue d'intoxication saturnine. — La malade qui fait le sujet de cette observation a présenté à différentes reprises et présente encore en ce moment des signes manifestes d'intoxication saturnine. Ën avril 1884 elle est entrée à Lariboisière pour une paralysie des extenseurs et elle en est sortie très améliorée au bout de deux mois de traitement par l'iodure de potassium, les bains sulfureux et les courants mterrompus.

Quatre mois après elle rentre à l'hôpital avec une nouvelle paralysie des extenseurs datant de quatre jours seulement. La sensibilité est intacte, mats il y a le liseré, la pâleur, la constipation, la cachexie : il s'agit bien de Tempoisonnement par le plomb. La malade dit alors qu'elle travaille dans une usine de braise chimique établie dans les Prés-Saint- Geîrvais. Elle met le charbon sec en paquet et l'enveloppe de papier.

M. Gérin-Roxe, voulant trouver la cause du saturnisme, fît analyser par son pharmacien la braise et le papier d'enveloppe; le résultat fut négatif, mais H. Gérin-noze a lieu de croire l'analyse mal faite.

Il chercha dans les livres, et ne vit pas que la braise chimique fût incriminée. C'est alors qu'il pensa à prévenir hygiénistes et consommateurs du danger qu'il y a manipuler la braise chimique; les cuisinières et les ménagères peuvent être atteintes en se servant de ce produit pour allumer leur feu.

L'industrie rend ta braise plus inflammable en la trempant dans une solution d'azotate de plomb ; pourquoi n'emploierait-elle pas un azotate alcalin pour le même usage?

lIparaltqu'auxPrés-Saint'Gervaison emploie un procédé autre que celui qui est signalé par M. Riche. — Au lieu d'azotate de plomb seul on se sert d'une solution d'acétate de

Elomb. Il semble donc bon de prévenir les médecins, le pulic et l'administration, des dangers que fait courir la fabrication et même le simple maniement de la braise chimique.

— M. Duguet rapporte deux observations semblables i

d'autre mouvement libre que celui des doigts, de la langue et des yeux.

La nouvelle, aussitôt ébruitée, fît jaser, comme on pense. A la cour on s'en amusa beaucoup. La reine s'écria : « Que Tera Scarron de U"^d'Aubiené? sera le meuble le plus inutile de sa maison! » La reine avait tort et raison. M"* Scarron ne fut point inutile en toutes choses, attendu ]ue « la première nuit fut marquée par de violentes douleurs qu'éprouva le mari >; et la nouvelle épouse débuta, sans }lus tarder, dans son premier rôle de garde-malade. Sans iul doute, celui qu'elle joua plus tard, non plus sous le 'ègne de Scarron, mais sous celui de Louis aIV, lui fut >eaucoup plus à chaîne. Elle l'a presque avoué elle-même.

Quelques jours après le manage du poète, ses anciens iniis le vinrent visiter, et, comme il leur racontait les me- ;ures qu'il avait prises pour arranger ses petites aHinires, segrais, qui était de la compagnie, lui dit que ce n'était pas tssez que de s'être marié, qu'il fallait avoir au moins un en-

fant ; et là-dessus il lui demanda s'il croyait être en état de le

faire. « Est-ce, lui répondit-il en riant, que vous prétendez me faire ce plaisir-là? J'ai ici, ^outa-t-il, Maugin, qui me fera cet office à point nommé. > Ce Maugin était son valet de chambre, bon garçon, et qui était fait à son badinage. c Maugin, lui dit-il en présence de la compagnie, ne feras-tu pas bien un enfant à ma femme?» Haugin lui répondit avec un air de simplicité : « Oui-dà, monsieur, s'il plaît à Dieu. » — Vers la fin de sa vie, quand il rédigea ce fameux testament, la plus enjouée de ses œuvres, Scarron supputait la possibilité qu'après sa mort il lui vint un c posthume »; et il ajoutait : c Ce que pourtant je ne crois pas. > N'était-ce pas se vanter un peu? En tout cas, mieux que personne, il savait à quoi s'en tenir. Le bon Loret, l'auteur de la ifuw Atsloriffue, parlant du ménage Scarron, a exprimé sous ce rapport 1 opinion générale des contemporains : ^ .

< G'étoient deux beaux Esprits, cnsemblgÏTOOQLC » Hais pour la grâce et les apas, ^ o

6 Mars 4885

celte qu'a signalée M. Gérin-Roze. Les malades ont travaillé aussi à la fabrication de la braise chimique aux Prés-Saint- Gervais. Celle qui est entrée dans le service de M. Duguet a présenté les accidents les plus variés de saturnisme et cela à différentes reprises (aspect caehecti(^ue} pAleur^ artbralgie, crampes dans les membres inférieurs, vomissements verdàtres, constipation, céphalalgie, insomnie, troubles menstruels, fausse couche de quatre mois, etc.). Cette malade, qui travaillait habituellement dans un atelier situé sous les combles et assez aéré, retrouva, après une absence nécessitée par sa maladie, son atelier transporté dans un sous-sol mal aéré. Au dire de la malade soixante apprenties n'avaient pu v résister. A partir du moment où elle travailla dans cet atelier, la santé s'altéra rapidement, le poids total du corps diminua de 15 kilop:rammes en quatre mois; les vomissements, la perte d'appélil, amenèrent une tachexie rapide, qui fit venir la malade à Lariboisière.

En même temps que ces deux malades étaient à l'hôpital, une jeune fille de seize ans, travaillant dans ce même atelier du sous-sol, était obligée d'entrer à Lariboisière dans le service de M. le professeur Bouchard. M. Dugnet rapporte en détail cette observation. (Nous la publierons prochainement.)

— M. Constantin Paul lit à la Société Tobservatiou d'un malade qui est mort dans son service d'un anévrysme du cœur. Cet homme, &gé de quarante-neuf ans, est entré à l'hôpital pour une attaque d'asthme; il parait aue^depuis Tàf^e de aouce ans il a presque toujours toussé. Voilà nuit mois qu'il a des palpitations très pénibles. L'examen du cœur révèle une tiyperlrophie assez considérable des parois du ventricule gauche. Le cœur droit, qui a un peu abaissé le foie, semble aussi hypertrophié.

A l'auscultation on entend à la pointe du cœur un souffle du premier temps, gui n'occupe qu'une petite surface, oui est systolique et qui se prolonge un peu pendant la diastole.

D'un côté, ne pouvant attribuer ce souffle à uue insuflisance aortique, de l'autre, ne pouvant le considérer comme celui auquel il a donné le nom <ie souffle paradoxal ou de prolongement paradoxal, M. Paul s'attendit à une surprise d'autopsie, qui eut lieu en elfel.

L'autopsie, en elfut, démontra l'existence d'un anévrysme du cœur; la valvule initrale élait saine, l'orifice aortii^ue n'iHait pas altéré non plus. Le bruit dîastoliqae de la pointe était expliqué par la présence de l'auévrysme, tumeur grosse comme un petit œuf de poule, adhérent au diaphragme, ayant perforé le péricarde. La tumeur communique avec le ventricule gauche par un orifice qui permet rintroduction de l'index. Le myocarde est un peu scléreux. Dans l'épaisseur des parois venlriculaires gauches, prés de l'anévrysme, on trouve une masse calcaire analogue à celle des artères, qui

sont très alhéromateuses, et qui constitue un vénUble calcul de la paroi.

Conclusion : quand on entendra un souffle au premier temps à la pointe, avec prolongement pendant la diastole,

3uand on n aura pas pour l'expliquer de lésion mitrale ou e lésion aortique, on devra penser à l'anévrysme du cœur.

M. C. Paul fait remarquer Tinlérôt de cette observation : c'est bien là un anévrysme classique avec sac, caillots et disposition spéciale de caillots actifs. La concrétion calcaire du cœur pourrait bien être de même nature que les concrétions artérielles. Enfin au point de vue de la sémiotique des affections du cœur, cette observation a pour M. Paul une importance ronsidérable. Comme il n'y a gue deux cas dans lesquels il peut y avoir un souffle diastolique de la pointe : 1° le cas d'une insuffisance aortique ; 2" le cas d'uu bruit systolique prolongé (souffle paradoxal) dans uue lésion mitrale; comme les signes de ces maladies manquaient, il ne me restait plus le choix : il ne pouvait s'agir que d'un anévrysme du cœur.

M. Bucquoy trouve l'observation de M. Constantin Paul très intéressante. Pour lui le caillot athérom«leiix des parois du cœur n'est qu'un caillot infiltré de sels calcaires qui a bien pu amener une altération scléreuse des fibres du myocarde et aider au développement de la tumeur anévrysmale. Quant à l'auscultation, M. Bucquoy est étonné de voir que M. C. Paul n'admette pas qu'une lésion mitrale puisse donner naissance à un souffle diastolique.

On sait cependant que le roulement diastolique est un phénomène fréquent dans le rétrécissement mitnl. Il n'y a

Sas de signps certains d'anévrysme du cœur; cependant [. Bucquoy a va avec M. Hanot, aui était alors son interne, trois anévrvsmes du cœur dans la même année. Dans les trois cas les malades avaient une attitude particulière, ils s'inclinaient la facR en avant, de telle façon que le front semblait vouloir toucher les genoux. Peut-être était-ce pour faciliter l'afflux du sang au cerveau.

M. Constantin Paul attribue la position inclinée des malades à ce que les poumons congestionnés supportent mal le poids du cœur ; dans l'attitude décrite par M. Bucquuy il y a un grand soulagement grâce à la position nouvelle que prend le cœur appuyé sur la paroi thoracique. Quant au souffle diastolique à la pointe dans le cas de rétrécissement mitral, il nie absolument son existence.

M. Bucquoy ne veut pas s'engager dans celte discussion ; pour lui, il en appelle àses confrères et àses anciens élèves, qui ont été témoins de faits absolument indéniables.

M. Barth, sans vouloir discuter la théorie qu'expose M. C. Paul, théorie qui lui est mal connue, pense que les

» Le reste ne ressembloit |ias; 1 L'Epouxe avoil grand avantage, » Et je croy que leur mariage t S'entretenoit par les acords

> Bien mieux de l'Esprit que du corps. »

Bref, M"' d'Âubigné ne fut pour « son pauvre estropié » que ce qu'où appelle une camarade, et le modèle des camarades; et Scarrou put être le prédécesseur du grand roi, sans être pour cela son précurseur.

Il vécut encore onze années misérables, les plus productives au point de vue de ses œuvres. Les douleursayant banni le sommeil, il veillait, jusqu'à une heure avancée de la nuit. Ses serviteurs s'en plaignaient fort. Mais il fallait bien que quelqu'un fût là pour modifier son attitude de temps à autre et selon son gré; car il souffrait de l'immobilité prolongée :

c J'ai beau quitter place pour place, t Je ne quitte pas mes douleurs I

> Partout je me souhaite ailleurs. >

L'opium n'agissait même plus, c sinon pourl'hébéler >.

Nous avons vu comment les arthropathies s'étaient successivement développées. Par bonheur, les phalanges restaient saines. Leur tour vint cependant peu de jours avant la fin. Nous le savons exactement par un petit libelle devenu Tort rare, mais qui se trouve à la réserve de la Bibliothèque nationale. Le public de Paris, qui était, il y a deux cents ans, aussi parisien qu'aujoura'hui, s'intéressait beaucoup à Scarron et à sa maladie, c mal dangereux puisqu'il est inconnu ». Or, vers le milieu de l'année 1660, ou criait par les rues : « Demandez Le Burlesque maladetOU les Colporteurs affligés de la griève et périlleuse maladie de M. Scav' ron f » L est ce factum qui nous apprend

c Qu'en effet depuis quelques mois

> Il est entrepris de ses doigts

> Et qu'il glt en son lit malade. 9 i

C'était complet. Le pai^É^te^WQ^j^l^ourir.

6 Mars 1885

GAZETTE HEBDOMADAIRE DE HÉDECmE ËT|DË CHIRURGIE

faits cliniques ne sont pas d'accord avec ses conclusions. L'année dernière, suppléant M. le professeur Bouchard à l'hôpital Lariboisière, il a observe quatre malades qui offraient tous les signes classiques du rétrécissement mitral. On peut même dire qu'aujourd'hui le rétrécissement mitral est un des types cliniques les mieux démontrés.

Dans les cas de rétrécissements extrêmes, quand les valvules sont liées par leur bo^ libre, se rapprocnent sans peiae, mais s'écartent difficilement, toutes les conditions sont remplies pour qu'il y ait production d'une yeim iluide vibrante. Le souffle qui se produit alors commence pendant la diastole etse renforce peu à peu. Voiliez l'appelait le souffle du grand silence en opposition avec le souffle presque systolique du rétrécissement aortique. Ce souffle se termme par un bruit rude et bref au moment où commence le premier bruit. Ce dernier soufllc est expliqué par le

fiassage à travers Toriflce rétréci du sang que chasse Toreilette hypertrophiée. Toutes ces déductions sont des plus logiques.

M. Constantin Paul dit qu'il conserve sa manière de voir ; pour lui le ventricule seul pe^t par la force de ses contractions produire un souffle, l'oreiUetle en est incapable. Alors ce souffle dans le cas où l'insuffisance accompagne le rétrécissement est au premier temps. Il y a une particularité qui explique l'apparence présystolique de ce souffle : souvent dans les lésions mitrales, la systole ventriculaire est ralentie et le choc précordial qui en marque le point culminant n'est perçu que dans la seconde moitié de la systole, car le souffle se produit dès le début de cette dernière, il précède le choc précordial et semble précéder la systole : en réalité il appartient au premier temps, et on peut établir en principe que les lésions mitrales se traauisent toujours par des souffles au premier temps.

Paul Bkrbez.

Société d« ehlrargle.

Page 1