‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 44 sur 228 · L. LEREBOULLET, PAUL RECLUS · texte numérisé non relu

L. LEREBOULLET, PAUL RECLUS

Adresser tout ce qui concerne la rédaction au nège du Comité, chei M. DECHAMBRE, 91, rue de Lille {avant le mardi de préférenee).

Tair pâse 9 «e la Cmw««i« l'lwUe««toB <m ACVM *B. U rACVI.TB MB M^BKCIUE BB VABU

( Thèses, eiamens, cours, etc.] et «itcn «mumbu mAmmuéS te prtUa mMimI.

â^NJUfRK. — Paris. Araitcniie ilo Inddcciiic : prolcclion de l'cnranco. Promicra, ilHtdliM. be b mivre dn l'^rythÈnie pnlymorpbo. — Travaux originaux. i'ttbotf^ie iulene : Sur nu cm d'intitxicalion faturnino occuionné* par la ma- ■ipulalioa et l'mipiiqiMUgo de la bralio dilo cliimiiiae. — Sociétés sayaiites. AeaiwM dH Kienees. — AcadAulo de médecine. — Suel^ld de cfairBrclo. — Société do tbérapeuUqna. — SociéUi de bioloKÏe. — l'iilbolotica] Suciely ot Londoo. — Soviél^ do médecine de Berlin. ~ Revue des jouiikaux. Travaux k cMjaller. — BiBLloenAl'lllK. Dei maUitlcs spéciGques non luberculeus» du l«aBoa. — VARiiris. Pre prier OongrM fïvitcns de chirargio. — FIUIU.BTOII. LeOm Médicale».

Paria, 12 mars 1885.

PHOnCTION DE l'KNFANGE. PREMIÈRE UEHTITION. DE LA NATDRE DE l'ÉRTTHËUE POLYMORPHE.

Acad^ml* 4e Miédeelnes PreleetiM de renffeBce. Première denCllloa.

L*appel fait à rAcadéinie, en si excellents termes, par M. Théophile Roussel, en faveur du contrôle et de l'étude des perfectioniieraenls à apportât- dans notre législation sur la protection de Tenfance, ne peut manquer d'être entendu. Il est en effet la conclusion la plus naturelle, et la seule pratique, des discussions que la savante Compagnie n'a pas craint d'entreprendre sur les mouvements actuels de la populatioti française et, laissant de côté les considérations d'économie sociale dans lesquelles les orateurs s'étaient un peu

trop complu peut-être jusqu'ici, il iK>se la quAstîon sur le véritattlê terrain prophylactique : celui dé la diminution de la mortalité infantile.

Nous avons déjà eu l'occasion d'indiquer à plusieurs reprises les excellents résultats obtenus par l'exécution de la loi qui porte si justement le nom du dévoué et persévérant hygiéniste et législation; aussi n'avons-nous nul besoin d'insister; il y a quelques semaines seulement, nous reproduisions les renseignements quMl nous avait été donné de recueillir à cet égard dans le dé partement du Calvados, où le service de protection- de la première enfance fonctionne avec une régularité et un soin tout par^ ticuliers. Il n'est pas douteux que l'inspection médicale ne soit, comme on l'a dit, la cheville ouvrière de la parfaite exécution du service et que la loi ne produise tous ses bienfaits que là où elle est rationnellement organisée. La commission de l'Académie ne tardera pas à s'en convaincre à son tour; nous pensons aussi qu'elle reconnaîtra que l'inspection médicale ne peut être complète et efficace qu'autant que son domaine comprenne tous les services sanitaires, dont l'hygiène de la première enfance ne forme qu'une partie, bien que la plus importante assurément. Dans toutes les administrations sanitaires locales qui se créent depuis quelques années en France, on le comprend toujours ainsi, notamment pour la création des bureaux d'hygiène du Havre, de Nancy, de Reims, d'Amiens, de Sainl-ÉUenne, de Pau, pour l'oif anisation de

FEUILLETON

Leitrr* médtcalce.

aecret prola—lonnel t l'alfalre Watalet, et nna liUe unArioalne. — H. 8(diw«tmln||«r, profaeeeur A l'OulTenltè de Berlin. — Ctnrpe ■xpédlUomwlra dtt Tonkia.

Cher confrère,

Le tribunal de police correctionnelle vient de rendre son ngement dans 1 affaire Watclet, que la Gazette a racontée succinctement (voy. le dernier numéro, p. 168). Vous vous rappelez que notre honoré confrère, médecin et ami intime de Bastien Lepage, dont l'Art regrette la perle récente, éloigné de son client, affirme-t-il, par l'entourage, accusé d'avoir bàlé la mort par l'envoi du malade en Algérie, a cru devoir se défendre dans une lettre adressée au journal le Matin et dont le but spécial était d'aOïrmer la nature cancé- 2* StaiE. T. XXII.

reusc d'une tumeur testiculaire. Vous comprendrez, sans

3tt'il soit besoin d'insister, la délicate c|uestion de diagnostic ifférentiel qui se posait dans l'esprit du public, qui avait déjà été posée ailleurs et qui est revenue explicitement devant le tribunal, en présence de détails où l'on voyait passer à plusieurs reprises, dans les consultations, la figure caractéristique de H. le professeur A. Fournier. Le tribunal a condamné H. Watelet à 100 francs d'amende (Voy. aux Variétés).

On ne peut se dissimuler que ni le droit de défense contre des attaques proférées même en public, ainsi ou'il a été établi aux débats, m une intention évidemment louable envers le défunt, ne pouvaient faire fléchir la rigueur des termes de l'article 378 dn Code pénal (1). Il yaeu divulgation d'un secret

Il0 — N* Il — GAZEttE HËBt>OMAt)AltlË Dt HÉDEGlME Ët DË GHÎRtRGlE

13 Mahs i885

l'exceilent service sanitaire du département des Vosges, etc. C'est au pouvoir central à faciliter l'extension de pareilles o^nisatlons et l'Académie va ainsi se trouver une fois de plus engagée, en examinant de plus près la question de la protection administrative des enfants du premier Age, à solliciter des pouvoirs publics la création de celte administration sanitaire autonome, compétente et responsable, qu'elle a déjà tant de fois réclamée.

L'hygiène ne s'obtient malheureusement pas par persuasion, il lui faut une réglementation autorisée et unifiée dans son principe, sinon dans ses détails d'exécution.

— L'Académie a pris grand plaisir & écouter, après le discours de M. Théophile Roussel, un élégant et substantiel rapport de M. Henri Roger, sur la question posée pour le concours pour 1883 du prix sur l'hygiène de Teofance; l'influence du travail de la première dentition sur la pathologie infantile est un sujet de controverses pour lequel le sage est tout disposé à adopter l'éclectisme éclairé du savant rapporteur, en tenant compte, comme lui, beaucoup plus des prédispositions individnelles et des circonstances de milieu que des vues théoriques.

— Un remarquable rapport de H. Mathias JDuval, sur les mémoires envoyés au concours du prix Orfîla, de 1884, lui a permis d'exposer avec une grande précision les propriétés chimiques et physiologiques de la vératrine, telles qu'elles rassortent des études très complètes auxquelles se sont livrés les auteurs du mémoire couronné. Ce mémoire fait honneur à la fois à ceux-ci et an centre d'enseignement dans lequel il a pu être mené h bonne fin.

Ile In HRCare de rérythéme polymorplie.

Si, malgré les innombrables travaux consacrés aux érythèmes noneux et papnleux, bien des points de leur histoire restent encore obscurs, il n'en est pas moins avéré qu'il existe un processus morbide caractérisé à la fois par des phénomènes généraux d'une intensité très variable et des manifestations érythémaleoses dont le polymorphisme constitue la note dominante. Cet érythème polymorphe, auquel il serait juste de donner, avec Fabre(deCommentry),Ienomde maladie ou mieux de syndrome d'Hébra, on le rencontre, soit

à titre secondaire au cours des affections les plus diverses, des maladies infectieuses en particulier, soil isolé, survenant en dehors de tonte évolution pathologique primitive. Dans quelle classe morbide le nosographe doit-il placer cet érythème polymorphe primitif, c'est une question encore indécise. A cet égard deux théories pathogéniques se partagent les esprits : les uns n'y voient qu'une affection rhumatismale, rentrant dans le groupe si vaste des arlhritîdes de Bazin ; les autres en font une maladie générale, spécifique, comparable aux fièvres éruptives. De cette seconde conception à l'hypothèse d'un substratum infectieux, il n'y avait, dans l'état actuel de la science surtout, qu'un pas à franchir; timidement émise jusqu'à ce Jour, la doctrine de l'infection de l'érythème polymorphe vient d'être formulée en termes explicites par un interne distingué de H. Besaier, de Molènes-Mahon, dans sa thèse dont le titre dit assez l'idée dominante : Contribution à Vétude des maladies infectieuses. De VérythèiM polymorphe (Paris, 1884). Consacré avant tout à mettre en relief les caractères étiologiques et cliniques qui militent en faveur de la théorie infectieuse, à défaut de recherches expérimentales ou mierobiologiques, cet intéressant travail appelle pour le moins la discussion, si, comme nous allons le voir, il ne ferme pas l'ère des controverses.

De tous temps, le débat a particulièrement porté sur les relations qui existent entre cette dermopathîe et la diathèse ou la dyscrasie rhumatismale. Existence d'antécédents arthritiques personnels ou héréditaires, concomitance habituelle de douleurs articulaires ou musculaires, d'une véritable attaque de rhumatisme subaigu qui peut même atteindre les séreuses et l'endocarde, avec pâleur des t^uments, sueurs abondantes, coloration foncée des urines, enfin influence favorable de certains médicaments comme le sulfate de quinine et le salicylate de soude, tels sont les principaux ai^uments invoqués en faveur de la théorie rhnmatismale. Qu'il aient une réelle valeur, la popularité de cette théorie, surtout dans notre pays, en témoigne ; mais qu'ils soient absolument démonstratifs, il est permis d'en douter. De tous ceu\ qui les ont battus en brèche, nul ne l'a fait avec plus de succès que Lewin dans son remarquable mémoire des CAartto-ANnalen de 1876 (Berlin, 1878). Ainsi, dans ce travail riche en documents inédits, le Jermatologisle allemand a montré que les antécédents arthritiques

professionnel, donl l'obligation n'avait pas été levée par le client. Mais si jamais les circonstances ont été atténuantes, c'est dans l'espèce. Un journal politique avait déjà commenté les consultations en nommant les consultants et en formulant d'injurieuses accusations contre M. Watelet. Dans la lettre incriminée, l'hypothèse d'une maladie spécifique n'apparaît pas plus clairement que dans l'article du Voltaire. uà elle se montre sans voile, où il était impossible qu'elle n'apparût pas, c'est à l'audience. « Qn'aviez-vous besoin, dit H. le président à rinculpé, de parler d'opération chirurgicale et de la nature de m tumeur, puisque vous ne vouliez que re'pousser l'allé^tion d'avoir envoré Lepage mourir en Algérie? > Sur quoi H. Watelet a été amené à expliquer comment la nature du mal, Hant cancéreuse et non sifpkilitiquef conduisait le malade à une mort inévitable. C'est donc là qu'a eu lieu avec le plus de gravité la révélation de ce qui eut dù rester absolument secret; car la simple mention d'une hypothèse de ce genre, faite en public, ne diffère

uëre de la révélation du fait supposé réel, et un pareil déat n'était pas pour flatter beancoup Lepage dans sa tombe. Ce qu'il y a de plus fâcheux en tout ceci, ce n'est pas gu'un homme ait été déclaré cancéreux au lieu d'être syphilitique : il n'a rien perdu au change; c'e^t que la nécessité de porter de pareilles rectifications devant la presse puisse naître des écarts de la presse elle-même. Des mœurs se sont malheureusement établies depuis quelque temps dans le journalisme, qui livrent per{)étuellement les affaires privées et jus-

3u'aux secrets domestiques eu pâture à la cunosité maligne es oisifs. Et comme la justice n y a que voir ; comme elle ne peut se mettre d'elle-même en mouvement, même eo cas (l'outrage ou de calomnie, à plus forte raison de médisances ; comme les victimes, de leurcêté, ne peuvent, le plus souvent, se plaindre publiquement d'un bruit malveillant sait» le renforcer en quelque sorte, les artisans de scandale ont tous les avantages. Je n'applique pas ces lyemarques parliralièrement aux attaques dir^^ ggi^^c(ll,(^^^l0f((^ mot

13 Mars 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE HÉDEClNE ET DM CMIRORGIE — NMl — 1?1

sont beaucoup moins fréquents qu'on ne l'a prétendu. Sur 126 malades, 34 seulement avaient eu des manifestations de cet ordre, myopathies dans 18 cas, arthropathies dans 9 : chiffres qui autorisent à admettre aussi bien une coïncidence qu'une relation directe, et qui induisent à penser que Tarthriiisme joue le rôle d'une cause prédisposante, et non efficiente.

D'autre part la coexistence des douleurs artîculures ou musculaires avec l'érythëme polymorphe, constatée par Lewin dans la moitié des cas environ, ne saurait être considérée comme un argument décisif; car il s'agit là, le plus souvent, de phénomènes douloureux vagues, sans localisation précise, très fugaces, tels qu'on les observe dans maints états morbides, qui n'ont rien à voir avec la dyscrasie rhumatismale. Nous verrons d'ailleurs plus loiu que ces symptômes sont passibles d'une interprétation palhogénique différente.

Pareilles remarques s'appliquent aux manifestations viscérales, et même, à un examen approfondi, on s'assure qu'elles pourraient plutôt être invoquées par les adversaires de la théorie rhumatismale. En effet, de toutes ces complications les plus fréquentes après l'endocardite sont la conjonctivite, qui n'est qu'une localisation de l'érythèroe, et les accidents gastro-intestinanz bien plus accusés ici que dans le rhumatisme vrai. Reste la lésion cardiaque, dont la fréquence relative évoque naturellement l'idée d'un processus rhumatismal. Hais il est à remarquer que d'ordinaire les manifestations du côté du cœur se bornent & un soufOe valvulaire léger, surtout aortique, qui d'habitude ne survit pas à It maladie; que, de plus, le péricarde n'est presque jamais atteint (Lewin n'a pu réunir dans la littérature que trois cas de péricardite, sans jama.is en observer pour son compte). N'est-on pas dès lors en droit de se demander, avec KapoErï, si parfois on n'a pas indûment rapporté à une lésion cardiaque, imaginaire nn souffle fébrile ou anémique, comme cela s'est vu pour l'êrysipèle et la diphthérie? Cette interprétation semble d'autant plus plausible que le faciès, l'aspect extérieur des malades rappelle bien plus, quoi qu'en ait dit Begbie, celui des débilités et des surmenés que celui des rhumatisants.

Quant irinfluence favorable du sulfate de quinine (Watson) et du salicjlate de soude (Hollière, Boucard) sur l'évolution de la maladie, fût-elle démontrée, que prouve-l'Olle, puisqu'il est impossible de considérer ces médicaments comme des spécifiques du rhumatisme?

Enfia rappelons, et ce fait a «ne importance majeure, que rérylhéme polymorphe ne se voit qu'à titre tout à fait

exceptionnel au cours de la polyarthrite fébrile aiguë, de l'affection rhumatismale la plus franchement accusée : donnée qui cadre bien mal avec la doctrine que nous discutons.

En résumé, sans contester que certains érythèmes noueux ou papuloux, que même certaines éruptions multiformes dépendent du rhumatisme, on ne saurait mettre à son actif la généralité des cas d'érythème polymorphe primitif. De par les enseignements de la clinique, ceux-ci doivent être eottsidêrés comme l'expression cutanée d'un processus général dont la nature reste & déterminer. I^a plupart des auteurs qui adoptent cette manière de voir évitent de se prononcer à cet égard, et se bornent k le rapprocher des flèvres éruptives. Si l'on veut creuser davantage le problème patbo* génique, il ne se présente à l'esprit que deux hypothèses : celles d'une intoxication ou d'une infection de l'économie; chacune d'elles semble, comme nous allons essayer de le démontrer, devoir s'appliquer i im certain nombre de foits.

Quand on parcourt les observations réunies par de Molènes à l'appui de la thèse qu'il défend, on en trouve quelques-unes ou l'érythème polymorphe a présenté une note d'infectiosité indéniable : période prodromique rappelant celle de la fièvre typhoïde; période d'état caractérisée par une fièvre intense, une adynamie profonde, de l'albuminurie; complications viscérales multiples, telles que bronchio-pneumonie, pleurésie, endocardite, angine, entérite, ictère, qui toutes ne peuvent pas s'expliquer par l'hypothèse séduisante d'un érythëme interne; enfin convalescence parfois lente avec rechute. En présence d'une pareille évolution morbide, on ne saurait nier l'origine infectieuse du processus.

Hûs ces faits graves, souvent mortels, sont trop disparates pour que, par une simple vue de l'esprit et sans aucun contrôle expérimental, on puisse les attribuer à une même cause, à un agent infectieux spécifîque. D'ailleurs, dans la plupart de ces cas, il s'agit d'éruptions huileuses ou pemphi< goldes, dont l'assimilation avec l'érythème polymorphe n'est pas encore, malgré les efforts de de Molènes, chose démontrée.

En tout cas, si la théorie infectieuse est applicable à ces cas véritablement exceptionnels, elle ne Test plus à ceux» beaucoup plus nombreux, où la maladie, apyrétique ou à peine fébrile, ne s'accuse que par une certaine dépression des forces et des phénomènes d'embarras gastrique, sans rappeler en quoi que ce soit les affections symotiques.

scandale serait un peu sévère; je dis seulement que si ces attaques, au sujet d'un cas de pratique médicale, ne s'étaient pas produites dans un journal politique, notre confrère n'aurait pas eu à en entretenir le public, et n'aurait pas été exposé par conséquent à se heurter contre une loi pénale dans les explications que sa justification rendait nécessaires.

— Celle mésaventure de M. Watelet ne diminuera en rion sa considération. 11 a accroché le Code dans un faux mouvemeiit, mais non la loi morale. Que s'il s'en atlrîslait néanmoins, je l'engagerais volontiers à secouer de ses sandales la <*® France pour aller habiter un coin de la terre où le secret professionnel ftll chose absolument ignorée. Or il y en a un ; c'est la petite ville de West-Middlebury, dans le Connecticut. Les seleetmen ou conseillers municilîaux de cette localité ont eul'ingénieuse idée de transformer I ^inietière en bureau de stastitique, les bulletins de statis-

tique étant représentés par les inscriptions funéraires; et ce, conformément à un moaèle encadré sous verre dans un endroit apparent de la tombe. Ces impayables bulletins, savezvous ce qu'ils doivent contenir? D'abord l'indication du sexe, de l'&ge, dn domicile, de la profession du mort; puis la mentioa de \Acaust du décès; puis encore celle du traitement suivi ; enfin le nom du médecin. Sur ces deux derniers

S oints, je soupçonne fort MM. les seleetmen d'avoir eu vent es procédés de Mirés à ses débuts dans cette vie de bascule qui le portait tantôt de bas en haut et tantôt de haut en bas. Ce Marseillais avait imaginé de donner dans son journal la liste des décès survenus dans la ville, ornée du nom des médecins traitants. On a fait beaucoup de commentaires sur le but de cette innovation et sur les avantages qui en sont résultés pour le journal. Mais à West^Miildleburv, il n'y aura

four nos infortunés confrères aucun moven de capituler, ts devront comparaître devant la po8térlte,/^et' in^pig^t^ une aggravation de peine que n*i^p4ti»dti (wsVïfciMufi^àfc-

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C'est ici que nous invoquerions volontiers une aulreinlerprcUlion palhogénique, celle d'une auto-intoxication de l'or^ ganisme, en nous appuyant sur les données élVoIogiques, qui sont, dans l'espèce, des plus précises et des plus significatives.

Les auteurs sont unanimes â reconnaître que l'érythème polymorphe ne se voit guère que chez des individus débilités, surmenés. Or, c'est au surmenage que nous serions enclin k rapporter le processus morbide. Chez un individu soumis à des fatigues répétées, la nutrition se fait d'une manière anormale; les déchets de la combustion organique s'accumulent dans l'économie et finissent par produire une véritable intoxication. D'habitude celle^ïi ne se révèle que par un embarras gastrique, lorsque les voies digestives seules sont atteintes, ou par des douleurs rhumatismales quand le système nerveux l'est également. Bien souvent, comme le dit M. Besnier dans son remarquable article Rhumatisme du Dictionnaire encyclopédiquej bien souvent on confond avec le rhumatisme articulaire subaigu certaines formes d'irritation spinale encore mal étudiées, succédant à des excès fonctionnels. C'est dans cet ordre de faits que rentrent, suivant nous, la majorité des soi-disanls rhumatismes subaigus. Le rAle du surmenage ne se borne pas toujours, comme dans les cas qui ont fourni à Mathieu le sujet d'un excellent travail {Archives générales de médecine, juillet 1884), à réveiller la dialhèse rhumatismale; il peut à lui seul, et en dehors de toute influence diathésique, produire un syndrome morbide qui, à un examen superficiel, ressemble aux formes atténuées du rhumatisme, mais en diffère par la prédominance des manifestations saburrales, l'extrême rareté des complications viscérales, et rineftîcacîté des préparations salicylées.

Celte influence du surmenage sur le système nerveux central explique tout aussi bien l'éruption cutanée, si l'on veut y voir, avec Lewin et Breda, une angioneurose, c'est-à-dire une affection caractérisée par un trouble de l'innervation vaso-motrice. A ce titre, l'érythème polymorphe se rapprocherait de certains purpuras soi-disant rhumatismaux et en réalité myélopalhiques.

Ce n'est évidemment qu'une hypothèse; mais qui l'admet s'explique diverses particularités étiologiques universellement admises; il comprend pourquoi l'érythème polymorphe se rencontre surtout chez la femme, pourquoi il coexiste souvent avec des troubles menstruels, pourquoi enfm il succède parfois & des émotions morales vives. Enfin en faveur de cette interprétation milite la plus grande flréquence de celte affec-

seillais : avec une sorte d'écrileau indiquant le traitement qui a ouvert au malade les portes de l'autre monde. Pour ce qui concerne l'intérêt scientifique, comme on ne peut, après tout, coucher en bière que des trépassés, vous comprenez tout de suite, cher confrère, ce qu'aura d'original et d'instructif un état authentique et officiel des moyens thérapeutiques qui ne guérissent pas.

Au cas où vous seriez tenté de proposer au Conseil muni-' cipal de votre localité l'essai de ce procédé économique, je voos envoie un spécimen de bulletin. C'est celui par lequel a été inauguré le nouveau bureau de statistique médicialc : < Jabez Shedley, né à Goncord le 27 avril 1821, décédé à Wesl-Middlebury-centre le 10 janvier 1885. Pro/lî«sion : charpentier et courtier en grains. Domicile: 9" rue, 4* avenue. Tempérament : bilioso-sanguin. Maladies antérieures : rougeole, fièvres paludéennes, fracture du cubitus gauche. Maladie finale: pleurésie double. Traitement: aconit, tartre stibié, vésicaloire à la hase du poumon. Mé~

Won chez les lymphatiques et les arthritiques, tous individus qui, par suite du ralentissement ou de la perversion diathésiques de leurs échanges nutritifs, périclitent parfois sous l'influence des moindres excès fonctionnels.

Il faudrait donc considérer l'érythème polymorphe comme la manifestation du côté de la peau d'un étal morbide général appartenant à la classe des intox Icalions, que la matière nocive vienne du dehors ou reconnaisse pour origine une évolution anormale des processus nutritifs. Preuve nouvelle, s'il en était encore besoin, qu'infection et auto-intoxicatiou se partagent en quelque sorte la pathologie au point de vue des doctrines pathogéniques, et, corollaire naturel, des indications thérapeutiques.

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