‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 45 sur 228 · L. DnKVFus-BftisAc · texte numérisé non relu

L. DnKVFus-BftisAc

TRATAUX ORIGINAUX

ToxlMtoglfl.

Sun UN CAS D'iNTOXICATrON SATCRNI^'E 0CCASION!tËE 1*AH LA MANIPULATION ET l'BHPAQUETAGE DE LA BRAISE MTE

CHIMIQUE. Communication faite à la Société des hôpitaux dans la séance du 27 féTrler 1885, par M. Duguef, agrégé à la Faculté, médecin de l'hôpital Lariboisiëre.

Obs. —M... Adélaïde, âgée de vingt-sept ans, ouvrière dans un alelier de braise chimique, situé aux Pres-Saiat-tiervais, entre le 20 février dernier à l'hôpital Lariboisière, salle Sainie-Joscphiae, n<* 23, service de M. Duguet (1).

D'une pâleur générale lirani sur le jaune, avec flaccidité des chairs, elle se plaint de douleurs dans les membres inférieurs, aussi bien dans les jointures (arthralgies) que dans les muscles des cuisses et surtout des mollets; elle désigne ces dernières sous le nom de crampes. Elle se plaint davantage encore de coliques qu'elle a trouvé moyen de calmer elle-même par la pression ; ces coliques s'accompagnent parfois de vomissements verdâtres; la constipation, tiabituelle ctiez elle, est devenue bien plus diflîcile à vaincre. Son appétit est nul ; elle a une céphalalgie constante, et elle dort mal.

Les muqueuses sont devenues pâles également; oncoiislatR sa la sertissure de ses gencives* principalement en avant, à la mâchoire supérieure comme i fa mâchoire inférienre, nn liséré bleu très marqué, caractéristique de l'intoxication saturnine.

Ses règles, qu'elle a en ce moment, offrent un sang rare ut â peine rosé.

Notons l'inlcgrité parfaite de la seasibiUté générale etspéciale. celle des muscles extenseurs, des reins (urines non albumineusesï et de tous les autres organes on appareils.

(I) OtnemUon rédigée aur i«t boIm éo M. Fwlanl, Utwiio in Hrrice.

decin : le docteur John Smith, 5' rue, 3' avenue. Ccrtilit's après enquête, et déclaré par-devant notaire par les trois conseillers soussignés, Brown, Sharp, Beeves. >

— Mon collègue, le rédacteur de la Chronique de l'étrangery n'a pu qu'annoncer dans son dornier article ta longue discussion qui venait d'avoir lieu, k la Chambre des députés de Berlin, sur le cas du docteur Schwenninger, cl dont il ne connaissait pas encore le résultat. Je compatis, cher confrère, aux angoisses d'une curiosité suspendue pendant un grand mois sur une si singulière aventure et sur un personnage si considérable, et je veux vous apprendre toui de suite que te Landtag a voté, par appel nommai, à la majorité de 100 voix contre 140, le crédit demandé par le ministre de l'instmction publique pour la chaire récemmeiil octroyée â M. Schwenninger. En vain les membres les plus respectables de ta Chambre, les professeurs tes plus illustres de l'Université, avaient-il fait appel et au^spect de la

13 Mabs 1885

Inilépendamment de celte intoxication satuinine, la malade ofTre quelques gouttes lamelleuses, nacrées, de psoriasis, aux avant-bras et aux coudes; de plus, auA deux jambes, sur la partie médiane des crêtes tibiales, on trouve une bosselure eu dos d'àue, douloureuse au toucher, dont la malade aurait remarqué l'apparition il jr a quioxe jours seulement, mais dont il est dinicile de bien déterminer la nature, la syphilis n'étant ici ni démontrée ni même probable.

Voici maintenant ce qu'elle raconte de sa vie antérieure : Née â Pantin, de parents qui étaient cultivateurs, elle a perdu son père en 1870, victime des événemeals de la guerre. Sa mère. Agée de guaire-Tingts ans, se porte bien. Trois frores et une sœur vivent, également bien portants. Une sœur pourtant est morte tuberculeuse, mais après avoir perdu son mari de tuberculose pulmonaire.

Point de maladie à signaler dans son enfance.

Mise en apprentissage cliex une couturière, elle n'y voulut point rester; désirant gagner davantage, elle entra en i875 dans un atelier du voisinage, oh l'on fabrique de la braise dite chimique.

C'est là que depuis dix ans elle a continuellement travaillé, sauf dans tes intervalles que voici.

L'ne première fois, il v a trois ans, elle en sortit pour une Ûèvre typhoïde suivie de recnute qui la retint pendant prés d'un an à rhôpital Tenon. r k

En 1883 elle se marie, devient bientôt enceinte; mais, au bout de quatre mois et demi, fait une fnussc couche qui partdt avoir été provoquée par une chute dans un escalier. £n tout cas l'avor* tement ne survml que neuf jours après cette chute.

Au mois de fôrrier 1884 elle rentre & l'h^piul Tenon, pâle, fatipiwe, souffrant de coliques^ de comitsementa verdâtres et de constipation; elle n'y reste que ciaq^ jours, puis retourne chez elle, où elle se soigne seule avec du lait et des purgations. En huit jours elle est remise de cette indisposition, mais se garde bien de retourner de suite à l'atelier ; elle reste chez elle jusqu'au mois d'octobre, s'occupant à la fabrication de cahiers de papier à cigarette.

Elle rentre alors à la fabrique de braise chimique, et ne cesse d'y travailler jusqu'au moment de son entrée^ le 20 février dernier, à l'hôpital Lariboisiére.

I^hose importante à noter, l'atelier où elle avait toujours travaillé était installé au troisième étage; i son retour elle le trouve, sans qu'elle sache pourquoi, transféré dans un sous-sol à peine aéré.

Bientôt elle se sent maigrir (elle aurait perdu 15 kilogrammes en quatre mois), elle p&lit de nouveau à vue d'œil; son visage, € dont les couleurs étaient si brillantes, dit-elle, qu'on l'accusait de se farder >, prend une teinte cireuse; ses règles deviennent insigniûantes; son appétit se perd; ses forces s en vont malgré l'excellente nourriture qu'elle s efforce de prendre et que luipermet son salaire relativement élevé (3 à 4 francs par jour). Ëntln les coliques, les vomissements, les douleurs et l'impotence douloureuse des membres inférieurs l'obligent de nouveau & s'arrêter; telles sont les conditions dans lesquelles elle rentre dernièrement d l'fadpital lAriboisière.

Voici, d'après noire malade, le mode de préparation de la braise dite chimique, destinée aux usages domestiques.

conscience publique, et à la dignité de la science, et à l'honneur du corps enseignant, et aux droits du vrai mérite et du travail, rien n'y a fait. La pléiade universitaire compte une étoile de plus ; Vulcaln, difforme et pas beau, est livré à la risée des dieux.

C'est une manière de parler. II y a, au contraire, des raisons de penser oue le nouveau professeur de dermatologie est d'agréable figure et de tournure avantageuse; car si Vulcftin en était réduit à fabriquer des filets pour surprendre son épouse en flagrant délit et l'envelopper avec sou soupirant, le protégé de H. de Bismarck cutun sort absolument contraire, et ce fui lui qui tomba un jour dans les lacets d'un nnari jaloux, pour être traîné lout droit devant le Iribunal correctionnel de Munich. Le seul trait de ressemblance qu'on puisse apercevoir entre tes deux histoires, c'est que la substitution de personne a eu lieu, d'un côté comme de l'autre, entre confrères; ici des dieux, là des médecins; dans l'Olympe, Mars à la place de Vulcain ; dans

La braise livrée par les boulanger-; est divisée d'abord en petits morceaux. Ces morceaux sont placés dans une bassine dont le foiid est percé de Irous, et celte bassine est ^empéeà son lour dans une bassine plus grande, contenant la solution ou le bain chimique, lequel est chauffé par des tuyaux remplis de vapeurs fournies par la chaudière de la machine.

Cette opération se pratique dans la pièce où se trouve la machine à vapeur, et c'est le chauffeur lui-même qui est chargé de ce travail.

Au bout d'une demi-heure environ de séjour dans la grande bassine, ta première bassine est retirée, les morceaux de charbon sont retirés à leur tour et séchés au four.

C'est alors que commence le travail des ouvrières. Elles rangent ces petits morceaux de braise bien séchée dans les bottes. Chaque boite contient environ cent morceaux, et colite, livrée au commerce, 15 à 20 centimes.

Ce travail d'empaquetage occasionne la production d'une abondante poussière noire qui couvre les mains et le visage des ouvrières, se fixe, sur leurs lèvres et pénètre par les narines et par la bouche; les ouvrières ont toutes remarqué la saveur sucrée de cette poussière.

Dans ce même atelier, les ouvrières, au nombre de douze, n'étaient point autrefois soumises constamment au même travail ; depuis quelque temps elles sont chargées uniquement delà mise en paauets,ce qui les a plus ou moins toutes rendues malades, la plupart se plaignant de coliques.

Plus de soixante apprenties, au dire de notre malade, auraient passé par cet atelier sans pouvoir y rester.

Ce travail d'empaquetage est donc to'ujours fait par les mêmes femmes. Trois d'entre elles viennent d'entrer successivement, en quelques jours, à l'hôpital Lariboisiére; une

Sremière dans le service de M. Gérin-Roze, une seconde ans celui de H. Bouchard (1); une troisième, une des plus anciennes ouvrières de cet atelier, dans notre service. Elle a été intoxiquée malgré toutes les précautions dont elle s'entourait, mangeant, hors de l'atelier, des aliments préparés chez elle, après s*être préalablement et très souvent lavé les mains avant de tes porter à la bouche.

M. Choan, interne en pharmacie du service de H. Duguet, a étudié de la braise chimique oii le sel de plomb représentait 4,73 pour 100, et paraissait constitué principalement par du nitrate de plomb.

M. Aureille, chimiste à Paris, a présenté te 9 décembre 1884 au Conseil d'hygiène un travait intitulé : c Note sur la braise chimique et sur les dangers qu'elle présente èn raison

(f) Li nulailc de If. to profesieur BoHcturtl eUit une jeune ouvrière leiic >na, jotiiiMnl d'uiM parfaite udI4. Ella est entrée dans le lerrice pour des colf(|uoa de plumb. Cette jeuiio âllo prenait Mt repei daaf )a aalla de trnnil et avait peu do aoins de pn^prcto. Le débiil dei accidcnli a par» cuiiielder clMi elle avec le Imniferi de l'alclier au toa*-nAi pendant denz aaala malade avait iravailh! Mna Ineonv^nicHt an troiiième élag«.

la capitale de ta Bavière, H. Schwenninger à la place du docteur G....

« Bah I se sera dit dans son scepticisme bien connu, M. de Bismarctt, quel médecin, quel membre du Landtag ou du Reischtad,quel diplomate ou quel chancelier lui jettera ta première pierre? Les juges ont appelé la chose un outrage public à la pudeur parce qu'elle s'est passée en plein air et, circonstance aggravante, dans un cimetière, parmi les inscriptions qu'on sait : Au revoir^ épouse fidèle i — A mon mari, qui m a rendue si heureuse! etc.; et ils se sont montrés sévères, ces juges intègres! Mais, un Français l'a dit, le

crime fait la honte et non pas la prison. Tel qu'il est,

mon médecin fera encore très bien dans l'Université de Berlin. > Le ministre de l'instruction publique a docilement expliqué à la Chambre que le gouvernement subissait ta vo-, lonté de M. de Bismarcli, lequel subissait la volonté de M. Schwenninger. Une chaire à l'Université ou le départ de* Berlin, c'était à prendre ou à laisser, et le chancelier deJer '

13 Mars i885

de Tacélale de plomb qu*elle contient. » M. Aureille a trouvé

aue le sel de plomb emplové est surtout l'acétate de plomb ; en a consUté de 13 à l4 pour 100 dans les braises irisées qu'il a anatvsées.

H. Aureille, dans ses conclusions, signale les inconvénients qui peuvent résulter de l'emploi de ce produit, soit ponr les ouvrières qui font l'empaquetage, soit pour les personnes qui mangent des viandes cuites au-dessus de cette braise, soit pour les tailleurs qui s'en servent dans leurs fers creux.

SOCIÉTÉS SAVANTES

Acadéail« 4ca seleneca.

SfiANCB DU 9 MAKS 1885. — PRÉSIDENCE DE M. BOVLEY.

Rien de médical dans cette séance.

SftAMCE DU 40 MARS 1885.— PRÉSIDENCE DE H. J. BEHGERON.

M. la niiMn d* riadriietkui pabliqne el du beaux -arU truiiaet une brooliurB de U. BeUmotU, vélérliuira de rirmâe, lur la épiacoliet en Alférie. (Commit' jfm iaipiiàiM:)

H. le mlnirtra dn coiainerce wtrMM m rapport de U. la docteur CiaramtUi, MM> le ckeUn à ffapUt on IWl. (CovimUffM de» épidémie»,)

H. SehnUt. protawar k la Faculté libre de mideotne do Lille, adresio mic lettre de CHtdidalHn «u litre de eorreipondtnt national dana la quatrième dlviilon.

M. Dv/tow, netalre h Puia, envoi» une «ipMitian de daaaûum, faite par If. le comte Hnfo, de la nue propriété d'ano rente de 300 flraocB, donl l'uiufruit appartient à U— veuve Woillei, à l'elkt de [ouder un prix quinquenual de 1000 fraoct qui len ddcemé per l'Académiii, tous le* cinq ani, à l'auieur du meilleur travail iMnuaertl on Imprimé, eur tut ée l'hUtoira du $eienea médiêala.

M. lo doctatr f9umi*r tdnaan le compte rendu manuscrit de* épidémies dans l'arrondiaMment de Siriswni en iSSé. (Comminion det épidémUi.)

H- le docteur CorHet envoie un mémoire sur le cboléra à Saint-Remèie (Aj dédie) en 1884. (Même Commisiien. )

If. le doctenr Gimrfùt (à Nonlmn) aéreaie niw broclmre ur ta médecine et !• sUnirfia du «Hc^tffiiu, pour la eoueom dn Prix Bvlfut de 4855. (Inscrit MMiB le n> i.)

H. la docteur Dhotte envoie les étals des vaceinationt pratiquées en 1883 et en 1884, k Karikal. (Commi««iott de vtfeeiiw.)

U. (e Sieritçire perpétuel dépose : 4* en nom de U. le docteur Uariiu-SaMittiff , une Iconographie pathologique de l'auf humai» fécondé, avec l'élioiogie de PavorUmenl; 2* de U part de l'Université d'Edimbourg, un ouvrage intitulé : Roeorét of ike Tercentenart Fettivai of the Vnwertilg o( Bdinkurgh, ceUtraUd im tpijl 1884; > nu nom do H. le docteur Bar, la traduction sur U ^ édition idlemande, du TrQtlé de gynécologie opératoire de liH. les professeurs Higar cl Kaltenbach (de Pflbourg-cn-Brisgau] ; 4" de la part de H. le docteur Th- David, un mémoire imprimé, ajrant pour titre : L'antithéite et les detitietei; 5* au nom de U. le docteur Roeha», uue bmcbure Intitulée : Uë Hftlaopkvfei, paratitet de Phomme et des anlm«M;; 0" de la part de H. le docteur Albert Deiehampe (de

a cédé, et la Chambre a cédé avec le ministre. On voit d'ici M. de Bismarck en robe de chambre à fleurs et en bonnet de coton, menacé de tomber de bradypepsie en dyspepsie I

La décision avec laquelle la Gazette hebdomoMiire a antr^ois signalé rïnsaflQsance et le désarroi du service sani taire de la guerre de la Tunisie la met & l'abri du reproche de timidité dans les circonstances analogues qu'ont créées l'expédition du Tonkin. Cependant, en reproduisant récemment (n' 6, p. 100) des informations envoyées de Formose k VUniOn médicale par un offlcierde marine, elle a cru juste de faire remarquer que ces inrormalions, en ce qui touche les services médicaux, n'émanaient pas, comme celles de Tunisie, des membres du service de santé. Le devoir de ta Gazette est donc de publier aujourd'hui l'extrait d'un rapport en date du 10 février, inséré dans les Archives de médecine militairej sons la signature de M. Gzernicki, secrétaire du Conseil de santé des armées, et qui se rapporte, il est vrai, au Tonkin, et non à Formose.

Rlom), sa Uièu inougurale sur U dldytiMfift ci ie traittwmt du ettuer de l'etiémae: 7> au nom de H. le docteur Hughee (do Salut-Lonla, BUb-Unis). un mémoire imprimé, ayant pour titr« : The hggiene of the fwnww qwMm *nd mini.

If. le Secrétaire annuel présente, de U part de H. le docteur J. CMky, fUmaienra néowirei imprimés sur lei malaâiee de l'enfauee.

M. aecUrd olBre, h ma de M. Jhirtnd Ct§at. u ANtrufa mt raMetete*meni de U Seine.

H. VA» présenta la Ibkse inaugurale de H. le doetaur JbiiveiMiic, mt la eenee de» «Mlidra grauee dane Vvriue, pour le eoncem du PrU Gadanl de

less.

M. Berthetot fait hommage de son livre sur les origine» de ValcMmlf. M. Brouardel présent» le Rapport de H. Laget sur ie ierviee de la raedne à Bordeaux on 1884. (Cemmissfo» de vaeeine.)

Déclaration de vacance. — Une place est déclarée vacante dans la section d'hygiène publique, de médecine légale et de police médicale, en remplacement de M. Fauvet, décédé.

CoHMissiON. — MM. Bucauoy et Le Roy de Héricourt sont désignés pour remplacer MH. Oulmont et Pauvel dans la commission d'examen des candidatures aux titres de correspondants nationaux et étrangers dans la première division.

Protection de l'enfance. — Au cours de la discussion pendante devant l'Académie sur la diminution de l'accroissement de U population française depuis quelques années, M. Lunier n'avait pas manqué de faire allusion aux résultats obtenus par la loi du 23 décembre 1874 sur la protection de l'enfance. H. Théophile Roussel, le persévérant auteur de cette loi, tient à son tour à faire ressortir les progrès dont l'exécution du service de protection de l'enfance est encore susceptible et quelles sont les causes principales de ses excellents résultats dans un certain nombre de départements. Après s'être élevé contre l'application des doctrines malthusiennes aux mœurs françaises et avoir montré quelle minime influence elles avaient eue en réalité en Angleterre, il affirme, d'après les preuves de l'histoire, que notre race, comparée à ses rivales dans le monde, n*est pas aussi vouée à l'infécondité, par conséquent à Tinfériorité, qu'on Ta prétendu; toutefois, s'il est difâcile aux médecins d'exercer une action efficace sur les multiples causes, dépendantes des mœurs, des lois, de l'état social, qui concourent à la décroissance de la population dans un certain nombre de départements, il leur est plus aisé de s'efforcer de diminuer la mortalité des nouveau-nés.

L'Académie, qui représente le corps médical, a en effet, suivant l'expression ne H. Lunier, charge diroes à cet égard, H. Roussel se plaît à rappeler que la loi de 1874 lui doit son extrait de naissance : elle a été la conséquence directe des longues et mémorables discussions auxquelles elle s'est livrée de 1866 à 1870 sur la mortalité des nourrissons; l'un de ses membres la représente directement au sein du Comité supérieur ; trois autres de ses membres en

Le rapport, qui embrasse la période du l*' mars au 31 octobre 1884, constate que, dans cet espace de temps, sur un chiffre moyen de 7600 hommes présents, le total des raoris a été de 375, dont 82 tués è l'ennemi, 17 noyés et 8 suicidés. Les décès par maladies se réparussent de la manière suivante :

Fièvre typhoïde 77

Fièvre întermiLteiite 46

Fièvre rémittente 37

Dysenterie , 60

Hépatite : 3

Insolations 40

Tuberctilose 8

Haladiei organiques 13

Biais malheureusement, la presse continue aenregistrer

13 Mars 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE . NMl — 175

font ë^lement partie & divers titres. De plas il importe de reconnaître que le rouage le plus essentiel des services ad- I ministratifs chàTgés de l'exécution de cette loi consiste dans rinspection conûée aux médecins ; c'est dans les dépnrte- ' ments où cette inspection médicale a été établie et fonctionne avec le plus de régularité, aue les résultats obtenus , sont le plus Tavorables, ainsi qu en témoignent tous les rapports locaux et mieux encore les rapports généraux que le ministre de l'Intérieur adresse chaque année à H. le Président de la République. Il en est ainsi, par exemple, dans le Calvados, où la mortalité des nourrissons s'est ' abaissée de 18 pour 100 en 1860 à 6,30 en 188B; dans la Seine, où elle n*est plus que de 9,30 pour 100. La comptabilité des nourrissons, la surveillance locale du service ont beau être faites avec soin, nulle part on ne peut suppléer à l'inspection médicale, tant le médecin peut en cette circonstance avoir d'autorité et faire bénéficier les populations de ses connaissances spéciales. Or personne n'ignore, d'après les résultats partiellement obtenus, que si la loi Roussel était convenablement exécutée surtout le territoire, nous y gagnerions la conservation de 80000 enfants, doublant ainsi notre accroissement annuel provenant de l'excédent des naissances sur tes décès. Aussi M. Roussel propose- t-il à l'Académie de charger une de ses Commissions de lui rendre compte des résultats i)ositifs, présentement acquis, du fonctionnement de la loi du 23 décembre 1874, d'examiner les modifications qui sont demandées et de tracer un programme des mesures qui lui paraissent propres à assurer et à étendre les bons effets de cette loi, et parmi ces modifications et mesures il indique quelquesunes de celles qui ont été proposées dans divers rapports locaux, telles que l'extension de la surveillance instituée par la loi aux enfant élevés sans salaire, aux enfant âgés de plus de deux ans, aux enfants repris par leurs parents oans certaines conditions ; la suppression de la déclaration de placement imposée aux parents ; la simplification des démarches imposées aux nourrices; la fixation de l'àge du lait de la nourrice; l'obligation à l'égard des parents et des nourrices, à l'aide d'une sanction pénale, des décisions prises par les maires et les commissions locales ; l'inlerdictioa du double allaitement; la délivrance exclusive du certificat médical des nourrices par le médecin inspecteur ; l'interdiction de l'élevage au biberon pendant les grandes chiUears ; l'octroi d'un privilège spécial pour le recouvrement de ses honoraires à tout médecin qui aura donné des soins à un enfant placé en nourrice, etc.

La nomination de la commission à laquelle cette étude sera renvoyée sera faite dans la prochaine séance.

Vératrihe. — M. Mathias Duval donne lecture d'un rapport su^ le coneoars du prix Orfita de 4884, dans lequel

des doléances dont quelques-unes ont tous les caractères de la véracité. Telles sont notamment celles d'un passager tlu transport le iVonfes, portant des renforts et des munitions au Tonkin ; le bateau ne tient pas la mer ; on met dix-huit jours (au lieu de neuO pour arriver à Port-Saïd ; les munitions sont sous l'eau ; trois chaudières sur six sont hors de service. A ceci le corps médical ne pouvait peut-être rien, mais voici qui le regarde très positivement. Un homme se casse la jambe; le médecin qui avait été embarqué à Alger se précipite et ouvre la boite de chirurgie ; pas de linge, pas de charpie ; en revanche, deux daviers et des forceps I La boite renfermait encore, il est vrai,, deux bistouris et une .scie; mais le hasard faisait que l'homme n'avait pas besoin d'avoir la jambe coupée... J'écrivais ceci quand m est arrivé le n' 35 de VJJnion médicale, où je trouve une seconde lettre de H. Bouloumié, reproduisant une correspondance en date du 12 janvier (vient-elle d'un médecin du corps expéditionnaire?), d'après laquelle c les 1500 hommes

il rend compte en particulier d'un très remarquable mémoire sur les propriétés chimiques et physiologiques de la vératrine.

Maladies du la prehière oentitiom. — Quel rôle joue, dans la pathologie infantile, la première dentition? Telle était la question posée pour le concours, en 1883, du prix de la Commission de l'hygiène de l'enfance. On sait combien les avis sont partagés à cet égard, et H. Henri Roger^ dans son rapport sur ce concours, en fait avec esprit le dénombrement. Les uns, avec Hunier, Ashburner, Joseph Franck, pensent que la dentition n'est pas seulement une condition d'opportunité pathologique, mais qu'elle constitue une maladie véritable qui commence presque avec la vie, et dont tes manifestations diverses, récentes et éloignées, seraient innombrables; d'autres, à l'exemple de Stein et de Magitot, nient de la façon la plus formelle que l'évolution dentaire ait la moindre influence sur la genèse des affections de la première enfance. M. Roger croit, quant à lui, que la réalite de cette influence est incontestable, mais qu'elle est assurément minime; c'est l'opinion exprimée par un grand nombre de cliniciens, parmi lesquels Guersant, Blache, Trousseau, Bergeron, Barthez. Si les indispositions qui proviennent de la dentition sont asseï fréquentes, les véritables maladies «ont tout k fait exceptionnelles, et dans la majorité des cas l'éruption des dents commence et s'achève d'une façon toute spécifique, sans que l'enfant paraisse en éprouveraucun mal, sans que l'œil même d'une mère y aperçoive aucun danger.

Eaux minérales. — Siu* le rapport de H. Gustave BoU' chardatf l'Académie exprime un avis favorable en ce qui concerne l'exploitation : l" de la source Mallel, à Saint-Yorre (Allier); 2* aes sources d'Hammam-Melouan, en Algérie; 3* des sources Henry, Etienne, Auguste, des Etuvea et de Gréoulx, à Digne et Gréoulx; 4* des eaux de table puisées aux sources Mufuerite, Amici et Laure, à Ghirols (Arnècfae).

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