SÉANCE DO 4 MARS 1885. — PRÉSIDENCE DE H. DUPLAY
Condalta A twalr dana 1m m do oonuuton profonde de l'abdomen, rapport : BX. dtauvel. — SuHaa èlotontos de la dtaortloalaUon du OODOu 1 H. Hepvea. — OvBiio>byeMreQtoiiile : M. Onèna. —Prèwatatlon de malade : H. I>uoaa-Cl»uiqitonnttre.
M. Chauvel lit un rapport sur un mémoire de M. Ghavasse relatif à la conduite à tenir dans les cas de contusion de l'abdomen sans lésion des parois. Cette question, commence par rappeler le rapporteur, a été l'objet d'un excellent travail de M. Bouilly, que M. Berger a remarquablement commenté derant la Société de chirui:gie. A cette époque la mqorité
qui ont pris Kélung seraient réduits à GOO par la fièvre typhoïde, tîOO hommes n ayant l'air cadavres ».
Dois-je ajouter que la Gazette a reçu, elle aussi, et cette fois d'un médecin du corps expéditionnaire, une lettre qui ne représente pas les choses sous de riantes couleurs, mais où les plaintes ne sont pas assez circonstanciées pour que je croie pouvoir m'en faire l'écho f Une matière si grave et qui engage si terriblement tes responsabilités commande la réserve ; mais se taire absolument en présence des révélations qui ont déjà Oltré à travers l'optimisme officiel, serait une autre manière de manquer à son devoir.
— N' il — .
13 Mars 1885
des membres de la Société s'est rangée à l'opinion qu'on devait intervenir dans de semblables circonstances. Peu après H. Chavasse a réuni 150 faits de contusions de l'abdomen et est arrivé, après les avoir analvsés avec soin, à cette conclusion que la régie de conduite devait être Tîntervention,
Suisque dans les cas de non-intervcnlion la mortalité était e 96 pour 100. Ce travail était à peine terminé que son auteur eut occasion de mettre en pratique te précepte qu'il venait de poser.
Un dragon est atteint de deux coups de pied de cheval dans la région de l'abdomen. Le lendemain de l'accident il n'a pas encore été à la selle, le faciès est tiré, ie pouls est petit, filiforme, 70 pulsations, température 37'',5; on craint le développement d'une péritonite et on institue sou traitement, opium à l'intérieur, glace sur le ventre, immobilisation absolue au lit. Les choses restent sensiblement dans le même état penilant trois jours, sans garderobes; ce troisième jour le thermomètre indique 38',6, le pouls est petit et fréquent, la respiration se fait 46 fois par minute, nausées, vomissements incoercibles. M. Chavasse songe alors à intervenir et après avoir pris conseil de HM. Chauvel eL Poullet, il pratiùjije.la laparotomie antiseptique. Il existe une petite quantité de sérosité claire dans U cavité du péritoine; la séreuse ne présente ni adhérences ni fausses membranes; l'intestin grêle est sain, mais le c6lon transverse présente des traces manifestes de contusion; le mésocôlon est injecté, ecchymotique. Après ces constatations la plaie abdominale est fermée par deux rangs de sutures étagées. Le soir et la nuit suivante le malade va mieux, mais le lendemain il offre des signes non douteux de péritonite et te surlendemain il succombe. A l'autopsie on trouve une péritonite presque totale prononcée surtout dans les parties profondes; les tissus prévertébraux ont été contusionnés très fortement; la séreuse qui recouvre la rate est très injectée ; le pancréas et le rein gauche sont contus.
H. Chevasse fait d'abord une première réflexion relative à la façon dont l'incision de la paroi abdominale a été faite : suivant lui elle a été pratiquée trop haut pour permettre une exploration suffisante de la cavité de l'abdomen, mais en se rappelant'le point d'application du coup de pied de cheval, il n'était guère possible de ne pas être condfuit à la faire en ce point. lin second lieu l'auteur pense que l'existence de la péritonite dans ces cas n'est pas une contre -indication à l'opération ; cette dernière pourrait peut-être même arrêter le processus inflammatoire de la séreuse. Le rapporteur émet quelque doute sur cette assertion, mais il se range tout à fait à l'avis de M. Chavasse, lorsqu'il pose le principe qu'il faut intervenir te plus Idl possible ; si l'on est appelé a opérer en pleine péritonite, il veut mieux s'abstenir.
M. Duplay fait remarquer que d'une façon générale l'indication de la laparotomie dans les lésions traumaliques de l'abdomen est admise II cite une observation, publiée tout récemment dans le New-York mdiceU Journal^ dans laquelle l'intestin ayant été blessé par une balle en cinq ou six endroits, fut après ia laparatomie suturé en chaque point avec succès.
— M. Nepveu lit un travail sur les suites éloignées de la désarticulation du genou, à propos de deux malades ayant subi cette opération, qu'il a observés dans le service de H. Verneuil. L'un d'eux a été désarticulé il y a dix ans par H. Désormeaux; il n'a jamais pu se servir de son moignon,
Suiaétéà diverses reprises atteint d'ulcérations; aujour- 'hui ces ulcérations persistent encore, la ^eau est amincie, adhérente à l'os; l'application d'un appareil prothéiique est impossible. Le second malade a été opéré par M. Pingault, après les affaires de Gravelotte; la cicatrisation s'est fait attendre plus de dix mois, mais aepuls la cicatrice s'est fréquemment ulcérée; il est entré pour cela plusieurs fois dans tes hôpitaux et c'est encore la raison qui l'amène à l'hôpital
de la Pitié. De ces faits H. Nepveu conclut que la désariiculalion du genou est une très mauvaise opération; le moignon qui en résulte ne peut être d'aucune utilité et les appareils prothêliques qu'elle exige, outre qu'ils sont défectueux, ont encore cet inconvénient de coûter fort cher.
— M. Verneuil accentue encore les désavantages des amputations dans la contiguïté pour le genou et le coude. Pour lui, il n'a jamais désarticulé le genou; une fois il a désarticulé le coude, mais il s'est bien promis de ne plus recommencer, tant le résultat a été mauvais. Cependant il doit à la vérité de dire qu'il a vu, chez Guersant, un malade amputé au niveau du genou, ayant un très beau moignon, mais c'était un enfant et on avait pn chez lui tailler un lambeau épais et bien nourri. Dans toutes autres circonstenees on doit préférer l'amputation dans la continuité à la désarticnlation.
M. Berger se demande pourquoi M. Verneuil proscrit l'amputation du coude. Elle semble au contraire à M. Berger une bonne opération. 11 a eu occasion de la pratiquer il y a (juelques années dans un cas de tétanos Iraumatique à la suite d une blessure à la main ; le malade a guéri; vu un an et demi après, il se servait parfaitement de son moignon. Une précaution sage et que n*a pas négligée U. Berger doit être prise : elle consiste à réséquer les nerfs autour de la jointure, afin que leurs extrémités ne soient pas prises dans la cicatrice.
La désarticulation du genou par contre ne vaut pas grand' chose; ici on n'a pas de parties molles suffisantes pour recouvrir l'énorme sgueletle de l'extrémité inférieure de la cuisse. M. Verneuil a dit que chez l'enfant la désarticulation du genou pouvait être pratiquée, mais n'y a-t-il pasf à craindre chez les jeunes sujets l'accroissement du squelette par les cartilages de conjugaison d'après le mécanisme qui produit la eonicité physiologique des moignons?
— M. Quénu lit l'observation d'une très remarquable opération d'ovario-hyslérectomie. Il la fait suivre de considérations intéressantes sur la pathogénie de l'ascite accompagnant les diverses dégénérescences de l'ovaire.
— M. Lucas-Championnière présente un malade auquel il a pratiqué d'abord une trépanation du tibia gauche pour une ostéomyélite, puis une arthrotomie du mAme côté pour une arthrite purulente consécutive; en troisième lieu enfin une section du fémur au-dessous du grand trochanter (opération de Wolkman) pour ankylose.
Alfred Podsson.
8*elAM de théra^alMime.