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Choléra. — M. Laboulbène analyse des mémoires tiu'il a reçus sur l'apparition et le développement du choléra dans la Tallée d'Âspel (Haute Garonne) en 1884. L'épidémie a débuté au village de Milhas dans une maison habitée par des émigrants de Marseille, qui avaienr apporté avec eux des eOets provenant de cholériques; une femme de cette maison fut atteinte cl mourut en auelques heures; sa fille mourut dans un autre village où elle s était rendue ; ce dernier cas resta isolé. A Milhas, au contraire, l'épidémie se propagea de proche en proche et gi^na bientAt tous les hameaux situés en aval le long du Gers. Or Milhas est placé sur le bord d'un ruisseau qui se jette dans cette livière ; le village uii mourut la fille de la première personne atteinte et qui n'a pas de ruisseau, resta indemne, ainsi qu'un hameau, des plus insalubres, mais en amont de Milhas ; de plus, les habitants des parties basses des villages atteints, dont les maisons baignaient dans l'eau, ont fourni te plus grand nombre de victimes, tandis que ceux des parties hautes, qui buvaient de l'eau de source pour la plupart, n'ont presque pas été touchés. On compta pendant l'épidémie 22 cas, dont 16 décès. En résumé, l'épidémie d'Âspel est due à une impoi-tation d'origine marseillaise et l'influence des cours d'eau employés à l'alimentation a été, dans cette circonstance, incontestable.
Gastrostohie. — M. le docteur Terrillon présente un malade auquel il a pratiqué la gastrostomie pour un rétrécissement cicatriciel de l'œsophage. Il s'agit d un jeune homme, âgé de seize ans, qui, il y a trois ans, avala par mégarde de la potasse caustique ; après la guérison de la plaie oesophagienne, le passage des aliments, même liquides, devint de
S lus en plus difficile et finalement impossible. Lorsque [. Terrillon vît le malade, il n'avait pu prendre depuis trois jours que des lavements alimentaires; L'emaciation était considérable, la température au-dessous de 30 degrés. De nouveaux essais de cathétërisme ayant échoué, la gastrolomie fut résolue et acceptée. L'opération se fit suivant les règles indiquées par M. Léon Laobé pour l'extraction des corps étrangers de l'estomac; il fut difficile d'atteindre cet orçane, dont le volume était très diminué et qui était complètement recouvert par te foie ; il fut cependant attiré, fixé et ouvert au niveau de l'ouverture abdominale. Trois heures après l'opération, le malade put être alimenté par injection de lait; aujourd'hui il absorbe facilement de la viande crue hachée; il engraisse rapidement.
Un mois environ après l'opération le rétrécissement a laissé passer quelques liquides^ et actuellement ces derniers sont aval^ assez facilement, bien que la déglutition présente des intermittences curieuses qui semblent coïncider avec les changements atmosphériques ; elle devient alors impossible pendant nn ou deux jours. Le cathétérisme œsophagien a permis d'introduire un conducteur filiforme en baleine. Aussi M. Terrillon se propose-t-il de chercher à rendre la perméabilité au rétrécissement, soit par la dilatation graduelle, soit au moyen de l'électrolyse, soit même à l'aide de dilatation pratiquée par la voie stomacale. Il pose enfin la question de savoir s'il conviendra de tenter la guérison de la fistule stomacale lorsque le rétrécissement sera assez dilaté pour permettre une alimentation convenable du malade; on présence des succèset des insuccès obtenus à cetégai^, il est d'avis qu'il vaut mieux conserver le plus longtemps possible la fistule stomacale comme une sorte de soupape de sûreté.
(Le mémoire de M. Terrillon est renvoyé à l'examen d'une Commission composée de MM. Alphonse Guérin, Vemeuil et Panas.)
NËPHRECTOHiE. — M. Lfi Deutu présente un rein qu'il vient d'enlever sur un homme de trente-neuf ans, atteint de coliques néphrétiques des plus violentes et des plus graves. Les douleurs siégeaient particulièrement en arrière et en dehors, sous les quatre aernières côtes. La percussion ré-
vélait une augmentation de volume de l'organe malade, nui remontait très haut et débordait en dehors les muscles dorso-lombaircs. La résection de i centimètres de la douzième côte a été reconnue nécessaire dans le cours de l'opération. La portion excisée du rein a 16 centimètres de long; elle pèse 200 grammes, soit 60 grammes déplus
?|u'un rein d homme normal, privé de sang ; le tissu en est riable; les calices sont largement et irrégulièrement dilatés; dans une loge de l'extrémité supérieure existent plusieurs graviers d'un noir foncé, et de la portion du rein laissée en place pour soutenir le pédicule, un petit calcul en forme de corne recourbée, noir, très adhérent, a été extrait. Jusqu'ici le malade va bien ; sa température, montée le second jour à 39 degrés, était hier soir de SS^S et ce matin de 37", 9; tout permet donc d'espérer la guérison.— (Cette observation est renvoyée à l'examen de la Commission chai-gée d'examiner une observation de néphreclomie, suivie de guérison complète, présentée l'an dernier par M. Le Dentu.)
Sdture DBS KEHFS. — H. le docteur Surmay (du Havre) eut à soigner récemment un jeune homme, q«, à la suite d'une chute sur un tesson de bouteille, reçut une blessure au poignet, d'où résultait une perte de la sensibilité des trois
premiers doigts de lamain droite, et une diminution sensible dans les mouvements de l'index et du médius. Après avoir vainement essayé de traiter le malade par les moyens classitjues (électricité, frictions, etc.), il dut mettre à nu le nerf médian dans l'étendue de 4 à 5 centimètres, au niveau de la cicatrice résultant du traumatisme antérieur ; un épaississemenl du nerf à ce niveau fut réséqué, puis les deux bouts résultant de cette section furent suturés au catgut et la peau suturée b. l'aide de fils métalliques; pansement antiseptique. La cicatrisation se fil sans encombre ; l'examen de la tumeur enlevée permit de constater qu'elle était constituée surtout par une hypertrophie du névrilème.
Quant an résultat physiologique de l'opération, on constata, dès le lendemain, que la sensibilité commençait à reparaître ; celle-ci s'accentua de Jour en jour, et finalement elle se rétablit à peu près complètement dans tous ses modes. Toutefois le rétablissement de la sensibilité générale, de la sensibilité tactile, de la sensibilité à la température et à la douleur n'ont pas marché de front ; la sensibilité tactile était redevenue absolument parfaite alors que ta sensibilité générale ne l'était pas au même degré; la sensibilité à la douleur et à la température a été la dernière à reparaître. Les mouvements sont d'ailleurs complètement rétablis. — (Le mémoire de M. Surmay est renvoyé à l'examen d'une Commission composée de MU. Vulpian, Rochard etTillaux.)
Altérations dentaires chez les morphinomanes. — Les troubles trophiques consécutifs à l'usage immodéré de la morphine se montrent en particulier sur les dents qui présentent des altérations spéciales. M. le docteur Combe les décrit de la façon suivante : sur les grosses molaires, la surface triturante, les tubercules ne tardent pas à disparaître pour faire place à une cavité dont le fond est mou et facilement entamable ; plus rarement la carie débute par une dépression au niveau du bord gingival ; les bicuspides et los incisives se creusent d'un sillon qui contourne le collet de la dent; cette altération ne se produit en général que sur la face antérieure et les latérales; cette forme de cane estcoin-
(larable à celle des dyspeptiques dont la salive acide produit a carie dite en coup aongle; les canines sont attaquées au sommet du cône, qui se creuse en forme de cupule. L'ivoire est mou, se détache facilement par lamelles, qu'on soulève avec un excavateur. Après avoir noté l'état de la sensibilité des dents au cours de ces altérations,^l indique Jes divers modes de traitement qui lui pu'usKiUick miras £» pour arrâter le développeménr^imnt~tns pr^P^^s lisions observées. — (Le mémoire de M. Combe est renvoyé à
30 Mars 1886
l'examen d'une Commission composée de MM. Luys, Dujardin-Beau me t2 et Rochard.)
Hygiène de l'enfance. — M. De Villier^ lit un rapport sur les mémoires adressés en 1883 à la Commission permanente de l'hygiène de l'enfance. Ces mémoires se rapportent principalement au fonctionneœeiit des services créés en vue (ie l'exécution de la loi sur la protection des enfants du premier Age et en signalent les diflicultés et les avantages, tels que les a indiqués H. Théophile Roussel dans la dernière séance.
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