MIXTUHE CONTRE LES GERÇURES
Les propriétés médicinales delà glycérine et du tannin sont connues de tout le monde ; mais ce qui Test moins, ce sont les doses auxquelles ces substances agissent. Comme elles sont inoffensives, on en abnse volontiers. Il est cependant bien désagréable d'avoir les mains imprégnées de glycérine. On est obligé de n'appliquér ce liquide poisseux que le soir en se couchant ; encore Ëiut-il avoir soin de se mettre des gants appropriés à cet usage. Depuis longtemps j'ai- aequiâ la certitude qu'il n'était pas nécessaire d'employer là glycérine h l'état de pureté pour que son action bienFaisanle se ffi sentir. Elle réussit tout aiissibien en solution étendue, pourvu que son emploi, qui alws n'est pas répugnant, soit suffisamment prolongé.
' Voici âne formule dont je' crois pouvoir garantir les plus heumn^ effets :
£au de rosu - 400 grammes
Glycérine 130 degrés 30 grammes
Tannin 50 ceetigrammes
Mêlez et flitrec.
Se frotter les mains a:rec quelques gouttes de ee fluide matin ei soir. On peut aussi en appliquer sur les lèvres et sur le visage.
Cette mixture adoucit la peau, la rend souple, dissipe les boutons, atténue un peu les rides, lutte avec avantage contre les pénibles impressions du vent et de ht chaleur, çnfin fait disparaître les gerçures des mains et des lèvres.
On voit qu'une très minime quantité de principes actifs suffit ; aussi celte particularité est-elle exploitée depuis longtemps par les parfumeurs. Il ne me convient pas de faire du tort ou de la réclame & personne ; sans cela, il me serait facile de démontrer an public que les préparations qu'il paye si cher aux parfumeurs anglo-parisiens, sous des noms aussi pompeux que bixarres, ne sont que de faibles variantes de celle qne je viens de citer.
Piwre Vicier.
TRAVAUX ORIGINAUX
Pktbvtogle Interne.
Des mAtmtbs coNsicuTiTEs aux injections otpodehmiqdes d'êtber, par H. le docteur Arnozan, professeur agrégé k la Faculté de médecine de Bordeaux.
Les injections hypodermiques d'étfaer sulfurique sont entrées depuis quelques années dans la pratique médicale.
Les lespns de M. Vemeuil, les recherches phTsiologiqaes de W Ocounkoff (1), les travaux cliniques de H. On Castel (2)^ de M. Barth (3), les études thérapeutiques de M. Lnton, ont montré quels avantages on peut en attendre et précisé leurs. effets généraux et leurs indications. Mais, parmi les accidents locaux auxquels elles exposent les malades, il en est un que Ton a trop complètement laissé dans l'ombre et qui mérite pourtant a'élre étudié au double point de vue de l'intérêt physiologique qn'il présente et des inconvénients qu'il entraîne, nous voulons parler des névrites qui peuvent succéder à ces injections étbérées.
La paralysie motrice et l'anesthésie qni peuvent frapper les membres au-dessous du point où Tinjection est pratiquée n'avaient pas échappé à H"' Ocounkoff-, mais, occupée surtout de l'état générai de ses sujets,, rexperimentatrice n'avait
Êaa accordé à ces phénomènes une grande attention. [. H. Barth et son maître, le professeur Peter, au milieu des succès que leur donnait la pratique des injections d'élher dans le traitement des pneumonies adynamiqoes, avaient bien remarqué les mêmes accidents et les avaient même attribués à une névrite ; mais ce résultat imprévu de la thérapeutique ne les préoccupe pas, et ils conseillent seulement de pratiquer les injections en des points où lesnerfis sont peu accessibles ou peu nombreux, tels que les membres inférieurs et le tronc. Malgré ces notions et malgré une commu> nicaiion très précise de M. Serres à l'Académie des sciences (4877), l'action de féthersur les nerfs n'a pas été complètement étudiée. Eli 1881, j'ai eu l'occasion, ft-rfaftpital Pellegrin, de Bordeaux, de provoquer inv^élontairetnent et d'ubserver quatre caç de paralysie museolMte,' conaéeatib à des injections d'éther; en 1883, j'en ai observé un cinauième avtic M. Salvat, à l'hôpital Sain'-André (service de M. le professeur Vergely). ËnGii, à la Sociélé'de médecine de Pai-is (séances du 10 novembre 1883 et du 32 mars 1884), MM. Charpentiet- et Barbier ont publié l'observation d'une névrite très élpnduedu scîalique, due à la même cause. Nous allons résumer les traits les plus Baillants de ces dUHrenIs faiU.
Obs. I (personnelle) (i). — Variokfûie. Injections profimde» d'èther à t avant'bras gattckê. lSiraty$ie det extenseurs éss
très intenses ;9 septembre' 1881).
Le 12, deux inieellons d'étiier sont pratiquées profendéoMnl dans la r^ion oimitale de ravaet4iras gaafcbe.
Le f3, la malade se 'plaint d'une vive douleur au niveau des
Soinls injectés et nous montre sa main gauche demi-paralysée, ans l'attitude de la paralysie radiale.
Elle sort le t octobre, guérie de sa variolofde, ne sonffirant plus d'aucune douleur locale dans l'avaitt-bras* mais présenttnt la paralysie ail même degré que le premier jour.
Après avoir snbi en vills quelques ftiances d'éleetrisation foradique, elle se présente à l'hApital Saint-André le 15 octobre ; je Texamine en présence de M. le professeur Pitres. La main gauche, lors(}ue l'avant-bras est étendu, reste pendante en flexion et en denii-pronation, les doigts fléchis dans la paume de la main, d'autant plus fonement qu'ils sont plus internes. Il n'y a pas la moindre contracture. L'extension des doigU et l'abduction du pouce sont impossibles ; tous les autres mouvements sont normaux. Les muscles paralysés sont iaexeitables aux courants fiîradiques, mais plus excitables que les muscles sains symétriques aux courants jjpalvaniques. L'applïcallon de courants induits on de courants continus sur le nerf radial ne détermine dans ces mêmes
Diugurale. Parii, 1877.
(«) TraiUmtnt dt te forlAte par te «MlMilM AWraf^fc, )■ Ml. St tMnftuh^iu, tSSl.
ktH.. 1881. ^ T
M Janvier 1885
muscles aucune contraciioii, alors que les autres maseles tribu* t'aires de ce nerf réagissent normalement. Pas de (roubles de la seBsihililé. Très léger amaigrissemËat de l'aTant-bnia.
Pendaat quinze Joivs^ des séances Quotidiennes d'âetilrisation galvanique sont faites à peu près régulièrement. Apràs ce ti'aitement, le mouTement volontaire est revenu, et la malade a pu repreodre son iravail de couturière; elle se plaint seulement d'une sensibilité exagérée au froid au niveau du nos de la main gauche.
Obs. h. — Variole hémorrkagigue. It^ection ^éiher. Parahaie presque instantanée des extenseurs de Vavant-bra*. — Nane P..,, vingt-quatre ans. entre i i'bdpital Pellegrin (Bordeaux) le 23 septembre 1882, au début de la période d'éruption d'une variole bémorrhagique. Elle est enceinte de sept mois; elle accouche prématurément dans la nuit.
Le 24 au malin, l'état est des plus graves. Injection profonde d'une seringue d'étber à la face dorsale -de i'avant-bras gauche. Quelques mmutes après, une paralysie partielle a déjà frappé les extenseurs; la malade est absolument incapable d'étendre le médius et l'annulaire. Le pouce et l'index ont, au contraire^ coifservé leurs mouTOments; l'extension du petit doigt est gênée t^|èremettt. La flexion de tous les doigis est normale. ■ M 85^ la matsdë meurt. L'autopsie n'a pu 6tre fiùte;
Obs. IIL — Variole confluente. Injections multiples d'étker. Paralysie des extenseurs aux deux avant-bras. Guérison spontanée. — > Marie D..., â^ée de trente-Urois ans, entre à ThApital le & septembre 1882, attemte de variole confluente.
Les 8, 9t 10, des injections d'étber profondes soiU pratiquées à la face dorsale' des deux avant-bras.
Le 19, seulement^ on constate des nar^ysies; mais la malade ayant présenté jusqu'à ee jour du délire et du coma, il est fort poMibie qu'elles aient existé depuis plusieurs jours saas avoir été observées. Elles portent sur les extenseurs de l'index, du médius et du petit doigt de la main droite et -sur les trots derniers doigts de la main gauche. On ne peut juger de l'état de l'annulaire droit ankylosé en flexion depuis de longues années.
Pendant quelques jours, un noyau dur et douloureux a existé au niveau des piqûres, puis s'est résorbé sans donner lieu à la formation d'un abcès.
Le 5 octobre, même état à gauche. Légère amélioration à droite.
Le 29, le mouvement volontaire est presque complètement revenu dans les doigts de la main droite. A gauche, l'état parait stationnaire. Les muscles paralysés sont à peine excitables aux courants induits. Ces mêmes courants, appliqués sur le nerf radial, ne déterminent aucune contraction dans les muscles paralysés, alors que les autres muscles tributaires du même nerf se contractent très bien.
En novembre 1881 , après une convalescence des plus accidentées^ la malade quitte rhdpilal, où nous avions dA eeasèr notre service. Différentes personnes de son onlourage nous ont affirmé qu'elle avait A ce moment neonvré le libre usage de ses dtHgts.
Obs, IV, — Variole cohérente. Injections d'étker. Paralysies aux deux avant-bras. — Manuel S.-B..., âgé de dix-sept ans. Variole cohérente grave. Des injections d'éther profondes ont été faites aux points suivants : 1° à favant-bras gauche, deux fois lè U septembre 1881, deux fois le 15; 2* à l'avant-bras droit, une fois le lti; 3"à la partie supérieure et externe de la cuisse gauche, une fois le 17.
Toutes ces injections, faites profondément, ont été immédiatement suivies de douleurs très vives et persistantes. Aox deux avant-brai, il s'est même ultérieurement développé des abcès ; mais le malade en a présenté un grand nombre sur des points absolument indemnes de tout contact avec Péther.
Aux deux avant-bras surviennent des paralysies qui, d'abord un peu négligées, sont enflu bien constatées et peuvent être explorées au moyen de courants faradiques, environ un mois après leur débat (29 octobre 1881). A cette <Mte, on observe, du odté gauche, la paralysie des faisceaux extenseurs du médius et de l'annulaire, du cdié droit la paralysie des extenseurs des trois derniers doigts, paralysie dont 1 intensité va croissant du médius & l'auriculatre. Voici les résultats de l'exploration électrique.
1" Du cdté gauche, l'excitation du nerf radial dans la gouttière de torsion de Thumérus fait contracter tous les muscles auxquels se distribue ce nerf,sauf les muscles paralysés. Ceux-ci se contractent très faiblement lorsqu'ils sont directement oicttés par l'application des électrode» à leurs deux extrémités.
2° Du cétë droit, l'ocploration donne des résultats tout A fait analogues. 11 fout noter seulement gué les mouvements iTe^itteiision déterminés par l'excitation dfreeth des ntoselèa tOnt |das accentués qu'à gaucbé. La paralyue est d^allledn en voie de guérison de ce côté, et est beaucoup moins complète que du cAlé opposé.
Le malade est revu au mois de décembre 1881. La gnérîMin »>ontanée de ses paralysies est A ce moment un fait accompli. Celles de droite ont disparu longtemps avant celles de gauche.
V (Extraite du mémoire de fiartb sur l'utilité des iiyeetioos sons-lcutaaées d 'éther dam U pasaoumie à^namiqné, in Qaz . kebéomadaire, 1881^ — Une itqedioa d'étber, mahidroitement faite à ravant-braa, a produit un» paréaie des extoiseors do l'anaulaire et de rauricoTaire guadna, saoi tronUes de ta sensïbi* lité. Le mouvement d'extnuion dû deux derniers doigts sur le métacai^e est fotbie et géoé ; la conuactilité électrique persiste. Cette paralysie, d'abord traitée sans grand succès par ta faradi* sation, à dispani d'etle<méme au bout d'un mois environ.
On remarquera la parésie des extenseurs, de l'annalaire et du petit doigt qui a succédé A une injection mal faite. Cet accident, dont nous avons observé un second - exemple dans une antre droonslanee, n'a pas présenté de gravité réelle.
Obs. Vr. Paratysie du/ petit doigt gtauke consécutive à une injection tPéther^ par MM. Amosan et Salvat {Bulletiiu de la Société anatemique de Bordeaux, 1888). — Marie P..., Agée de trente-deux uis, domestique, entrée A I hémtal Saint- André (service de M. Vergely, suppléé par H. Verdalle) le 15 mars 1883, pour une broncho-pneumonie.
Le 17 mars, on nu fait, vers le nulien de la région interne de l'avant-lwas gauche, une injection d'étber (quantité : une seringue de Pravas). Deux heures après, an niveau de la piqûre, existe uoe tnméfection roag^ et donloarente. Cet état pbl^noneux disparaît au bout de buit jours.
I^e 28 avril, jhui de quraate jours après ces incidents; Hàrie P... fait observer que son petit doigt gauche est en partie paralysé; elle affirme que ce trouble moteur a été constate par elle le lendemain même ae l'Injection, qu'il était même, au début, beaucoup plus prononcé et plus étendu. Actuellement, le mouvement d'extension de la première pbahtoge de l'auriculaire sur le métacarpe est seul aboli ; l'extension des deux dernières phalanges de ce même doigt, l'opposition, la flexion sont conservées.; il en est de même de tons les mouvements des autres doigts et du poignet. Le faisceau extenseur paralysé et aussi celui de l'annulaire sont plus excitables aux courants galvaniques que les faisceaux symétriques du membre droit ou que les laisceaux destinés aux autres doigts de la main gauche. Ils sont, au contraire, inexcilablea aux courants faradiques. Le petit doigt et une surface alloi^ée le long du bord cubital, surtout A la fbce dorsale, forment une lone aneathésique, au niveau de laquelle les piqûres superflcielles ne sont
Sas perçues, mais où la malade a conservé cependant la sensation es contacts et surtout celle du passage des courants électriques. Cette même sone est le siège d'un léger trouble vaso-moteur que manifestent l'apparition et la persistance de petite* papules ronges sur les pomu piquéa de petits coups d'éiMngle Door l'expression de la sensibilité. Il n'y a pas d'antre altoration de la nutrition.
La malade est soumise régulièrement A des applications de courants galvaniques. Au bout de douze jours (11 mai^ elle sort guérie.
Kevenae A l'hôpital, le 26 juin suivant, pour des fièvres intermittentes, elle permet de Vérifier que sa guérison 1*081 maintenue
Obs. VH. - Variole simple. Ii^eelion $OH$-cutanée tCétker. Paralysie du men^re ii^érteur droit. Mal perforant (résumé),
Çar MM. Charpenuer et Barbier {Union médicale, 1884}. — âgé de quarante ans, journalier, est atteint de » variole en 1^, au mois de mars. Des injections d'étber sont pratiquées A la partie moyenne de la cuisse droite; les deux premières sontinof* lensives, mais la troisième est instantanément suivie d'une violente douleur iiTadiée de la piqûre vers les orteils, avec engourr dissement de la jambe et du pied. Ces douleurs persistent une quinxaine de jours et finissent par s'atténuer sous 1 influence d'injections de morphine. Quand le malade se leva, le membre inférieur droit était en partie paralysé et atrophié, en partie aoesthé* sique ; il présentait une coloration livide, (jui ne se produisait d'abord que pendant la marche ou la station verticalç^t qui
U Janvier 1885
devint bientôl permanenle', il était plus froid que le membre oppoE^; la sécrétion sudorale était abolie à la plante du pied.
A... se présente à H Charpenlier cinq mois après le début des accidents, an mois d'août 1883. De l'examen très complet fait par cet observateur et par M. Vigoureux, il résulte les faits suivants : 1' Itans les antécédents du malade, aucune diathèse, aucune maladie antérieure, aucan accident local autre que l'injection hypodermique d'éther ne peut expliquer la paralysie; 2» le membre inférieur droit présente des paralysies motrices caractérisées par l'abolition eompléie des mouTements des orteils et du pied. Le malade ne marche qu'en soulevant le membre inférieur par les eoBtractiom de la feue et en détachant dn sol, par cet artiQce, le pied, qui retombe bientAt lourdement. Le réflexe rotolien est aboli. Les muscles paralysés ne réagissent pas à l'électricité faradique ; sous l'application des courants galvaniques, ou bien ils ne réagissent pas (pédieux, extenseur commun des orteils), ou bien ils donuenl la réaction de dégénérescence de Erb (jumeaux, court péronier latéral). Ils ont subi une atrophie que démontrent la vue et la mensuration : au niveau du mollet, 36 centimètres à ^uche et 3i à droite. Le nerf sciatique poplité externe est inexcitable; 3° la jambe et le pied, moins une zone verticalement étendue à la partie interne de la jambe et occupant aussi la partie interne du tarse, du métatarse et du gros orteil, est absolument anesthéstque. Les contacts, les pincements, les piqûres, la traction des poils, le chaud et le froid ne donnent lieu à aucune sensation. La sensibilité aux courants faradiques est seule conservée. On ne signale pas de douleur spontanée, ni même d'autre sensation subjective que des fourmillements, des eneourdiasemenis provoqués par la station verticale ; i" outre l'atro^ie musculaire signalée, il existe des troubles divers de nutrition : coloration linde, refrnditsement, abolition de la sécrétion sndonûe & la plante du pied, léger œdème malléolaire.
A la suite des explorations électriques, les phénomènes se sont amendés au triple point de vue des mouvements, de la sensibilité et de la nutrition, mais le malade est bien loin d'être guéri.
Au mois de janvier 1884, il entre ft la Pitié, dans le service de H. Polaillon. La paralysie est restée limitée, peut-être même estelle un peu moins étendue. La zone uneslhésique s'est circonscrite, mais sur la partie interne ilu talon droit, il existe une ulcération en entonnoir, & bords induré, à parois boui^^eoonantes, dont le fond communique avec un point dénudé du caleanéum. C'est, en un mot, un nuil perforant, dont le début remonte à six semaines. Il n'y a pas d'autre trouble tropbique. Sous l'influence du reoos, cette ulcération se comble et cicatrise peu è peu. Le malade sort au mois de mars ; dans les derniers jours de son s^onr à l'hôpital, il s'est plaint de douleurs extrêmement vives dam tonte la portion paralysée de la jambe. Néanmoins sa paralysie semble en nue d'aroéliorMion. Il ravient d'nillenrg tous les jours se faire électriser méthodiquement.
Après nos premières observations, nous étions hésitanlsur la pathogénie de ces paral^^sies. Elles ne s'étaient pas accompagnées de troubles sensitifs, et nous nous demandions si elles devaient être attribnées k nne lésion des nerfs ou à une lésion des muscles eux-mêmes. C'est alors que nous avons commencé les expériences qui vont être rappelées plus bas; mais, avant même que nos expériences fussent complètes, réiude des observations cliniques ultérieures nous a tout ft fait éclairé. Ces paralysies sont les symptômes de névrites: t'inflammatioii, peut-être même la destruction des nerfs (l'anatooiie palJiologique nous le dira tout à l'heure), telle est la lésion primitive. On ne peut concevoir autrement la pathogénie de ces phénomènes complexes (|ui frappent à la fois le mouvement, la sensibilité et la nutrition, surtout lorsqu'ils se limitent k des portions de membres tributaires de filets nerveux bien connus et qui semblent^ comme dans l'observation VII, réaliser la section expérimentale du sciatique poplité externe. D'ailleurs les caractères individuels de chacun de ces troubles portent le cachet de leur origine. Les muscles paralysés s'atrophient ; ils présentent à l'exploration élecirique la réaction de dégénérescence de Erb on l'absence cotnplète de réaction. L'anesthésie est permanenle, sans variations ët guérit par le rétrécissement progressif des surfaces insensibles. Les troubles de nutrition, enfin, consistent en par.tlysies vaso-motrices, en disparition locale de la sueur, en mal perforant. En un mot, l'ensembïe de ces symptômes
réalise à son df^ré le plus parfait le tableau clinique de la névrite, telle qu elle était connue depuis longtemps à la suite des plaies des nerfs, telle surtout que les travaux de MM. Pitres et Vaillard nons l'ont montrée dans un grand nombre d'affections des centres nerveux.
(A sum-e.)
SOCIÉTÉS SAVANTES
SÉÂNCE DU 5 JANVIER 1885. — PRÉSIDENCE DB N. BOIILEY.
Élection. — Après le dépouillement de la correspondance, il est procédé à l'élection d'un vice-président en remplacement de H. Bouley^ qui pawe au utnteuil de la présidence, au lieu et place de M. Rolland, dont les pouvoirs ont pris An avec l'année 188i.
M. Jurien de la Grariëre est élu par 51 voix sur 58 votants.
Microbes et digestion. Note de M. E. Duelaux. — M. Pasteur fait suivre cette note sur la germination dans un sol exempt de microbes, de quelques observations relatives à des expériences à entreprendre.
Il voudrait, parexemple, que l'on nourrit, dès sa naissance et pendant un certain temps, un jeune animal avec des matières nutritives fiur^s, c'est-à-dire des produits alimentaires privés artificiellement et complètement des microbes communs. Sans vouloir, cependant, rien affirmer, il croit que la vie dans ces conditions deviendrait impossible.
M. Pasteur penseque l'on pourrait aussi tenter l'étude de la digestion en ajoutant systématiquement tel ou tel microbe simple ou divers microbesas80ciés,malsbjen déterminés, aux matières nutritives pures.
Le doundakê et la doundakine. Note de MM. Éd, Hecket et Fr. Schlagdenhauffen. — Ces d«ux auteura ont entrepris de nouvelles recherches sur le doundaké, c*est4i-dire sur l'écorce d'une rûbiacée, le Sarcocephalus esculentug, que Ton rencontre en très grande abonoance depuis la $énégambie jusqu'au Gabon, soit sur la côte, soit dans Tintérieur des terres.
Ils ont étudié le doundaké non seulement au point de vue botanique, mais encore au point de vue industriel comme nulière tinctoriale et surtout au point de vue thérapeutioue. Sous ce dernier chef, tls'ont constaté que le dounuaké était un astringent et un fébrifuge capable de remplacer le quinquina. Sou écorce renfermerait des principes de nature résinolde, de laglucose, des traces de tannin, ainsi qu'un autre principe sanssaveur, insoluble dans l'eau et solunle dans la potasse caustique.
L'action physiologique du doundaké avait déjà été, il y a dix-huit mois, l'objet d'une communication de MM. Bouiefontaine, Féris et Marciis.
ADDITION A LA SEANCE DD 30 DÊCEHBBE 1884. — PRÉSIDENCE DE M. A. GDÊRIN.
If . U Seeritaire ptrpétuel iU^m : 1* mm non 4a H. le doetear Sintt~Pirpméi {An Uamiile), Bit Rapport iur U lervicf méMeal 4e la Compi>$nie générale irctitallantiiitte pendanx U ckoUra de IRSi ; S* rie la jNrl de U. le doeloor A. THpifr, une brochure inUtulé? : l'ileetrieUi et U cheV.ra; 3*bu nom da M. le (torteiir Hft- 3iHt {A9 Slnckholm). le second volume de non ouvrage ajent pour iKrr: Da» fie~ Mrargmier WirMthxtre : k' de U panda M. le dortaur r64f<Mm(deCaUn<>i, une brochure intitulée: L'epaîUe euppuratin; 9^ au nom de.K. le docieur ZUgUr Philadelphie), un auvrase ayant f»pr liirr : Tkf èattCjalholùçH amë
9 Janvier i885 6AZBTTB HKBDOHAOAIRE OK
MftDBGINB BT DE GUIRURGIB
iqtetifie trealaunt »f iiphllieHm, lijtftiiùf, »ym4Hic, Meftic, teorlmtie and futret-
N. Biu^mof préMnU, de la part de M, te deeimir tfarfim (dHjKirM), uno hrothuro InthuWé : Fartin dinmCpte clu* l'homine.
M. A. Bouchariatttil bonwuge, lu non de 1* bmitle do fen Aiibergier, d'un mduolrc uir U> tnmmt concernant l'opium indigine.
M. B«ulef dë|M»e : 4* de li pirt de U. Gernuiin Sée, aon aouveaii volume inlituU : Dm maUdia ipéd/l^uei (mon tt^rcuUoiea) dm fWitmOR ; i* au nom de H. I« dttttêut Mtrkturf. deu obèerrations miniuerllea do gaérlaoat par tamé- MMhérapU d'un |M-bot Tarn par contnclion et d'un cai d'byilûric. — (Ces obMrvalioiu aent renvo^dea à l'eiamen d'une CommisiioD eompou^e de UH. VUlemin, Bentnm et fieraler.)
M. Ihvonlfw-SrawiiM» prdioote, an aom de M. le docteur Âloy, l'article DOUuuii, esinil ds OkHowMim ene^elofidique da t^ettea mddlealu.
VACCiif ATroN. — H. Blùi donne lecture da rapport officiel sur le service des vacciBations en FVance pendant l'année 1863. Il insiste tout particulièrement sur les excellents résnllals obtenus dans 1 année, depuis que la revaccination des recrues y est obligatoire ainsi que chez les enfants, pour leur entrée ft l'école et au collège, et à ce propos il rappelle qu'il y a d^à près de quatre ans que l'Académie, consultée par les pouvoirs publics, a émis un vœu en faveur de la vaccination obligatoire ; depuis cette époque, rien n'a été fait pour inscrire cette utile obligation dans la l^slation. '
H. BouJey appuie ce desideratum, que combat H. Jule» (7i«érin, en insistant pour que le rapport maintienne l'oppoailion faite, il y a quatre ans, par 19 membres de l'Académie à la vaccination obligatoire. Ii ne se refuse pas déclarer que la vaccine est le préservatif par excellence de la variole, mais il ne croit pas qu'on puisse légitimement établir une contrainte légale à cet égard. H. Blot fait observer qu'il s'est borné i rappeler le vœu que l'Académie a antérieurement émis par 46 voix contre 19.
Paralysies et gontractures hystëriqdes. — M. Charroi lit un rapport sur le concours du prix Civrieux de 1883; la question était : Des paralysies et contractures hystériques ; un seul mémoire a concouru, mais il est d'une importance considérable et a été jugé digne du prix. Il montre, en parculier, mieux qu'on ne l'avait fait jusqu'ici, qu'entre ces oeux cas extrêmes, la paralysie avec flaccidité fies muscles d*un c6té et la rigidité spasmodique de ces mêmes muscles de l'autre, il existe des états intermédiairea représentant en quelque sorte des formes de transition ; dans ces derniers cas, la contracture n'est pas encore réalisée sans doute, mais elle existe en germe et elle peut apparaître sous l'influence de causes accidentelles banales ou de certaines manœuvres expérimentales. C'est cette modalité fonctionnelle si spéciale du muscle qui a été désignée tour à tour sous les noms de diathèse de contracture, de contracture latente, d'état d'opportunité de contracture. Il démontre encore l'existence en clinique de deux grandes formes delà contracture hystérique, dont la différence fondée sur l'étude symptomatique se retrouve lorsqu'il s'agit du pronostic et du traitement.
Lavages de l'articulation. — M. le D** Dêlen» lit une Note sur Ja ponction suivie de lavages phéniqués dans les épanchements du genou, dans laquelle il rapfiorte huit observalions, dont sept d'hydarlhrose de date variable, mais peu ancienne et une d'épanchement sanfniin d'origine traumatique; il a obtenu sept fois la guérison dans des conditions paraissant supérieures à celles qui suivent les injections iodées pour les mêmes cas. — Le Mémoire de M. Delens est renvoyé à l'examen d'une Gommiasion composée de MM. Vemeuil, Trétat et Cusco.
s£ancs du 6 iANViER 1885. — pRÉsiDiifCis successives
DE MM. ALPHONSE GUËRIN BT BBRGERON.
M. le Secrétaire perpétuel dépose : 1<> an nom do H. le docteur Gibert (da Havre), nn miSoioiroin^rînid «Hf* U cAoUrff d fport ; 2° de la paH de H. le docteur Grande (do Napl e*^ et CMlêni (de Naplea), ditrriea broekures tur U rkoUm et WN MUfliMill.
3t. Ciavarrel préMal».d« la part de M. le dmleir Caiùnai (do Naple*), dm»
nh^DHiirpa impriméa tur l'opéntion de la eataraele et U tnilemnl de l'eetropion.
M. Larrey fait homaase, w» um de M. le doclaiir Lanadittt de iMekiêe. d'une
élude intItuMe : TaratMi»,
H. Bnmariel pr^nte, de la part de U. la docicur Édouard Randot (de Bordeaux), un mémoire imprimé Mur l'ictère grave iporadique curable.
Installation du bureau pour 1885. — H. Alphonse Guérin^ président sortant, expose à l'Académie l'état de ses travaux pendant l'année qui vient de flnir; il rappelle les discussions auxquelles elle s'est livrée sur l'importation des viandes américaines de porc salées, sur l'épidémie de choléra, sur la mobilité du cerveau, sur la physiologie de la locomotion, etc.; U apporte son éloquent tribut de regrets à la mémoire des académiciens décédés au cours de cette année, MM. Dumas, Wurtz, Fauvel el Oulmont, souhaite la bienvenue aux nouveaux élus, MM. Charpentier, Cornil, Siredcy et Schutzenberger, et, après avoir tracé un élégant résumé des devoii-s qu'il a eu à remplir dans l'exercice de ses fonctions, il remercie de nouveau ses collègues de l'honneur qu'ils lui ont fait.
H. Bergeron, président pour 1885, adresse les remerciemenls de l'Académie i son prédécesseur, ainsi qu'aux divera membres du Bureau «i prend place au fauteuil.
PrixVbrnois. — Le concours pour le prix Vernois (prix d'hygiène) à décerner en 1884 a réuni trois mémoires, qu'examine successivement M. Ernest Besnier dans son rapport. Le premier est de M. le docteur Guinard ; il traite de la syphilis des verriers et de sa prophylaxie. Le second est le rapport officiel de M. Charles Girard sur les travaux du Laboratoire municipal de chimie t^u'il dirige; il fournit à M. Besnier Toccasion de rappeler l'importance des résultats obtenus par cette utile institution ; pour preuve, il en résume les passages consacrés aux falsifications, et notamment au montliagé, du lait à Paris et aux moyens employés pour reconnaître ces falsifications. Le troisième est une étude de M . Decroix sur l'usage de la viande de cheval dans l'alimentation, ainsi que des viandes provenant d'animaux atteints d'affection contagieuses; M. Decroix, on le sait, est le promoteur des boucheries de cheval, dont il existe plus de 80 maintenant à Paris; de plus, il déclare avoir ing^éré sans aucun inconvénient, des viandes d'animaux atteints de rage, de morve, etc.; il pense que ces viandes sont sans danger lorsqu'on les fait bien cuire au préalable.
Pansement permanent des plaies. ~ Depuis la mise en
firatique de la méthode antiseptique, les chirurgiens s'ef- Orcent de recouvrir les plaies d'un pansement qui puisse être rarement renouvelé; l'idéal serait d'employer un mode de pansement qui resterait en place jusqu'à guérison complète. C'est ainsi que Neuber (de Kiel) a proposé récemment de laisser un pansement de Lister pendnnt tout le temps nécessaire à la guérison, en ayant soin, soit de rem->
S lacer les tubes en caoutchouc par des tubes en os décalciés, soit de faire à l'emporte-piece de pertes de substances dans la peau de la région blessée. Ces moyens n*onl pas trouvé beaucoup d'imitateura en France; mais dans le même but, M. Marc Sée vient d'essayer le pansement suivant: lorsque la plaie est sur le point d'être suturée, il arrête te sang d'abord au moyen de ligatures en catgut, puis â l'aiHe d'une légère insufflation de poudre de sous-nitrate de bismuth ; puis, tout suintement ayant disparu, il fait au catgut des sutures profondes enchevillées et des sutures superficielles à points séparés. Pour assurer l'écoulement des liquides, il se sert de tubes en caoutchouc rouge, aussi courts que possible, munis au dehors d'une épingle anglaise destinée a les empêcher de s'enfoncer dans la plaie, et d'un long fil, qui sort en dehora du pansement. La plaie est ebfia saupoudrée de bismuth et recouverte d'un s^het allongé de cellulose phéniquée, enveloppée de gaze '^[emeojrflfo^^^ quée ; les bandelettes de gaae, le coton, lit^ftftnnMgMinA-
9 Janviea
Une sont alors placées comme d'habitude et le ftansemeot est entouré d'une bande de caoutchouc, destiné à maintenir le pansement en le comprimant légèrement. Au bout de trois à quatre jours, des tractions sont laites sur les ffls qu^ retiennent les drains; le pansement peut n'être levé qu'au bout du temps néces^ire pour la, cicatrisalion complète. Marc Sée vient d'opérer un certain nombre de tumeurs du sein et de se serrir dans ces opérations, avec nn plein succès, de ce mode de pansement pennanent.
Choléra. — M. le docteur Po^nwisitj/ (de Saint-Pélershoui^) a eu l'occasion de soigner, à différentes reprises,
filusieurs grandes agglomérations d'hommes placés au miieu de foyers de choiera ; il a eu t'idée d'examiner le pouls de ces hommes et il a constaté que tous ceux qui avaient été atteints par la maladie, bien que paraissant jouir auiiaravant d'une excellente santé, avaient tout d'abord un ralentissement considérable du nombre des pulsations. Il ferait de ce signe pathogonomique un symptôme bien plus important que la diarrhée prémonitoire, très contestée et très tïontestanle. Il pense, en outre, qu'un tel phénomène expliquerait les différents sjmptdmes présentés par le choiera, symptômes qui, suivant lui, sont Ions liés k une certaine stase sanguine, portant en premier lieu sur le système où la circulation est le moins active, c'est-à-dire sur le système porte (d'où la période diarrhéique qui marque le début de la maladie); puis sur la circulation de la peau et dos muscles (la période algide en est la manifestation) ; enfin sur le système où la circulation est la plus active, c'est-à-dire sur le système cardio-pulmonaire (le choléra revêt alors le caractère asphyxique).
De cette théorie il résulterait ijue, puisque le choléra est lié à un ralentissement prémonitoire du pouls, les traitements curatif et prophylactique doivent consister à activer la circulation générale : M. Poznensky préconise dans ce but l'emploi dé l'acide cyanhydrique médicinal (à 10 pour 100) à la dose de 1/2 goutte à -i gouttes, que l'on renouvelle aussi fréquemment que possible, ou delà vératriae;il recommande aussi de saturer avec de l'ammoniaiue l'air environnant les malades. — Le mémoire de H.- Poznensky e^t renvoyé à l'examen de la Commission du choléra.
•mMM «b «Unnrgla.
stAKGE &D 28 DfiaBMBnE 1884.— prAsidingb de N. IURG sèk,
Tftllle bypogMtrlcine. Rupture de la vetete. DUfloalt6 de la talUe hypogeetrlque cham V anlaiit. DoU-eUe être prtfèr6e à la taUle p6rlntale? Sapport : K. Ptelar. OlaoaMlon : MH. Tlllaox, Le De&tn. Bbmod. — Elongatlon do» nerfa du plexus brachial dana un cas d'tpUepate apinale d'origine tranmatlqua. Sangera de ruongatlon. BéaaeUo& nwTaaaa. Hèanltata. Rap|iort : 11. Clmvel. Dtaensaion : iai.T«nimU,X«Dai^Btraer,nilBiix,Pérlar.llanod,a*e,P(»i. — OpAratloB paUfattve dana on oaa de hemlo rolomlneoee tnooàrolbla. Fréaantatton ûa malade : M. Boollly.
H. Périer Ut un -rapport sur deux observations de taille hypogastrique pratiquées, l'une par H. Houzel, l'autre par M. de Lannois (de Roulogne-sur-Mer).
Dans le cas de H. Houzel, l'opération fut bien simple ; tout allait bien quand, trois semaines après l'opération, le malade fut pris de douleurs de reins, de diarrhée. La température tomba peu à peu à 34%5, et le malade mourut six jours plus tard. L état de la plaie était excellent; elle avait continué à se cicatriser iusau à la mort, attribuée par Tauteur à l'état trop avancé des lésions rénales.
Dans l'observaUon de H. de Lannois, l'opération fut pratiquée le 1*' mars 1884. Après avoir vidé la vessie, on y injecta zOO grammes d'eau boriquée. On mit dans le rectum le ballon de Petersen, et on y injecta 400 grammes d'eau ordinaire. Après avoir fait une incision de 10 centimètres à la
paroi abdominale, H. de Lannois fut très étonné de rencontrer de l'eau boriquée baignant le péritoine^ Il y avait eu rupture de la vessie, mais on ne put s assurer de son siège.
Après avoir extrait un calcul phosphatique pesant 25 gram mes, H. de Lannois mit deux tubes dans la pkiîe et fît cinq ou six sutures métalliques.
Le soir de l'opération, la température fut de 39 degrés, mais elle baissa aussitôt et pour toujours.
Le lendemain les urines étaient purulentes ; néanmoins il : ne se passa rien d'alarmant. Les sutures et les tubes firent enlevés quelques jours plus tard. Au bout de treize jours le malade urinait seul par la vei^e, et au bout de quinze jours son état général était excellent, il se levait toute la journée.
M. Périer fait quelques remarques à propos de la rupture de la vessie, survenue sans cause appréciable, et dont on n'a pu trouver le siège. Il insiste sur l'absence ae complication due au contact d'un mélange d'acide borique et d'urine avec ' la séreuse périlonéale.
H. Tillaux dit que, pnisque la, taille hypogastrique est maintenant à l'étude, il est important: d'examiner en détail toutes les observations qui sont produites. Bien qu'il n'ï encore aucune r^le pour la longueur de l'incision, M. Tillaux trouve qu'une incision de lu centimètres pour la paroi abdominale et de 7 à 8 centimèlrespour la vessie lui parait trop grande. A propos d'une opération de taille hypogastrique
i qu'il a pratiquée il ^ a quinze jours sur un enfant de quinze ans fUleittt de coxalne, il a remarqué que la tAille hypogastrique était moins ucile chei l'enfant que chez l'adulte, et
I perdait alors l'un de ses principaux avantages, tandis qu'au contraire la taille périnéaV est facile chez l'enfant.
M. Monod demande quelle a été l'issue de l'opération.
H. Tillaux répond que l'enfant guérit très bien.
M. Monod cite deux cas de taille hypogastrique chez les enfants suivie de ^uérison : l'un, dù à M. Giroux (d'Aurillac), date d'une quiozame d'années; l'autre, plus récent, est dù à ItH. de Saint-Gerinain et Monod.
M. Lê Ûentu r^ipelle qu'en 1879, an congrès de chïru^ie d'Amsterdam, il a été rapporté de nombreux cas de taille hypogastrique chei dea enfants, avec un grand nombre do résultats heureux. CommeM. Tillaux, il trouve la taille hypogastrique plus dilKcile chez l'enfanL
M. Tillaux dit que la laille hypogastrique perd chez l'enfant son principal avantage, sa grande simplicité; la taille périnéale doit pent-élre lui être préférée.
— H. Chautel lit un rapport sur une observation de H. le docteur Poulet (du Val-de-uràce) à propos de l'éloogalioit I de plusieurs branches dn plexus bracoiai dans un cas d'épi- I lepsie spinale consécutive à un traumatisme.
Il s'uit d'un tirailleur algérien à qui une balle blessa l'artère numérale, le nerf médian et le nerf cubilal. Aussitôt après l'accident, te bras fut atteint de tremblement et de paralysie.
L'électricité, les eaux minérales ne donnèrent aucun résultat. Le 10 septembre 1884, il entrait au Val-de-Gràce.
Les cicatrices étaient encore douloureuses; le bms, solidement- Axé dans une écharpe, était soumis à des mouvements fibrillaires qiii se tranuormaient en secousses violentes et douloureuses dès. qu'on remuait le membre ; les muscles n'obéissaient plus à la volonté.
On distinguait une zone de paralysie (la main), une zone de trépidation (avaotrbrss), et une xone où la mobilité était intacte, mais ou la sensibilité avait disparu (pli du coude).
H. Poulet découvrit les nerfs dans la région axillaîre et exerça sur le radial une traction de 6i<e^500, sur le médian une traction de 4'Mr,300, et sur le cubital une traction de 5 kilogrammes. Aussitôt les contractions cessèrent: mais le malade ne remue encore son bras que par saccades, et la
9 Janvibr 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE — N* 3 ~ 31
main est toiijoars dans le mâme état ; la sensibilité 'n*a pïis reura.
H. Poulët fait suivre son observalion de quelque considérations de i>hysiologie pathologique ; il essajre d'expliquer par la distribution des branches du plexus brachial la topographie de l'afTectioa.
Il s'est livré à des recherches pour savoir quels résultats on a obrenus dans les cas d'élongatiun des ^os troncs nerveux.
Dans une première série, sur 15 cas il a trouvé 12 guérisons et 3 insuccès.
Dans une deuxième série, sur 25 cas il y a 11 guérisons, 13 améliorations et 1 insuccès.
H. Chauvel se demande comment agit l'élongation; il rappelle les expériences de traction de M. Gilette sor te grand seiatique, et observe qu'il y a éplement une action produite du côté de l'axe médullaire, d'où l'intérêt de se rapprocher de la moelle le plus possible.
fiien que M. Poulet attribue son insuccès à ce qu'il n'a p»8 employé de traction asseK forte, M. Ghauvd pense que Ion ne doit pas dépasser 6 à 8 kilogrammes.
M. Berger pense que, s'il est très agréable d'entendre raconter les succès dus à l'élongation des nerfs, il est encore plus intéressant de cdnnaltre les cas d'insnccès, ceux qui ont eu une terminaison fatale.
Dans son service, à Bicétre, pour remédier à des convulsions épileptoïdes du membre inférieur, M. Bei^er a fait l'élongation du nerf scîalique gauche en exerçant une traction avec les doigts aussi forte que possible, et qu'il évalue à environ 8 à 9 kilogrammes. Le nerf résista très bien. M. Berger sutura I» plaie, y mit un drain, et fut très étonné le lendemain de trouver le malade dans un état très grave, avec une teinpérature très élevée. Toute la région opératoire était te siège d'un phlegmon diffus bronzé, mliltre Âe gax; le soir le malade était dans le coma et mourait cinquante heures après Topéralion.
L'autopsie montra un phl^mon diffus avec infiltration de gai, et une suppuration qui s étendait jusqu'à la moelle, le rang de la gaine dn nerf seiatique.
M. Bei^er croit dcme qu'il fautètre trèsréswrè sur le pronostic quand on pratique l'élongation nerveuse, et, pour sa part, il ne fera celle opération que la main forcée.
. M. Vemeuil demande également que l'on établisse la va* leur et les dangers de cette opération, qu'il a Juî-méme pratiquée deux fois. Au lieu de tirer sur le nerf, H. Verneuil le roiDpt en le pressant avec la pulpe du doigt sur l'aréte tranchante d'une sonde cannelée. 11 croit que ce procédé (la neurotri[»sie) offre plus de précision nue l'élongation. En tout cas, il a eu ainsi des snccès merveilleux.
M. Le Dentu n'a pas pratiqué l'élongation pour de gros troncs nerveux, mais simplement pour les herf^ de la face. Dans un cas de tic doutoureux de la face s'élendant k tontes les branches du trijumeau, et particulièrement au nerf lingual, H. Le Dentu vit disparaître les douleurs après t'élon-^ gation du lingual. La gaérison ne dura que trots mois. Les douleurs avaient disparu du cûté do lingual, mais elles étaient revenues dn côté des autres branches du tryumeau. H. Le Dentu pratiqua l'élongation du nerf sous-oitilaire, et la malade fut encore guérie inur quelque temps; maintenant elle est dans le service de 11. Périer. Dans un autre cas, le résultat de l'élongation fut nul. H. Le Dentu ne sait pas si les douleurs cessèrent même pendant quarante-huit heures.
Il y a trois ans, il pratiqua une élongation du nerf sousorbitaire; le nerf se rompit en partie. 11 a eu des nouvelles du malade il y a quinze jours; la guérison se maintient toujours.
Pour remédiçr à des douleurs telles que le malade ne pouvait manger, M. Le Dentu réséqua 1 centimètre du nerf auriculo-temporal, en avant da tragus. Le résultat fut relativement satisfaisant; la récidive ne se fit qu'au bout de dix-
huit mois. Le malade sueeomba plus tard à nné affiaclioR
cardiaque.
H. Lp Dentu croit son cas unique, bien qull sache que H. Michel (de Nancy) et Letiévant ont pratique la section de l'auriculo-temporalen même temps que eelle au sous-orbitaire.
M. /'^rter complète l'ifistoire de la malade de M. Le Dentu. Par des applications de teinture de colchique il obtint une
{ireniière guérison de un mois à six semâmes. Piiis, par 'ignipuncture filiforme, une deuxième de cinq à six mois. Enfin, en ce moment, il la traite par lé chlorure de rhétbjle. Il a constaté une amélioration après (rois séances; il bontinuera le traitement.
M. Pozzi croit la réseotM>n préférable à l'élongation ; mais le succès ne lui parait pas définitif. Dans un cas dé lie douloureux de la face, il r^équa 1 centimètre du nerf sous^rbitaire : les douleurs cessèrent pour reparaître au bout d'un an. La malade ayant demandé une deuxième ppération, H. Pozzi a pu constater la conlinuité parfaite du nerf- Depuis huit mois ta guérison se maintient. M. Pozzi a fait la même opération, il y a six mois,pour uoépithélioma ulcéré et atrocement douloureux : les douleurs ont. disparu.
H. Monod dit que parmi toiits les cas d'élongation dii nerf dentaire infériéuf qu'il a pU rassembler, ît ne connaît qu'un' seul succès définitif, le cas de M- Marc Sée.
M. Sée observe que sa malade a été, en effet, guérie pendant dix7huit mois. Malheureusement les douleurs sont revenues; très faibles d'abord, el'eà ont repris leur intensité première.
Dans une deuxiètne opération, il a ouvert le canal dentaire inférieur avec le thermo-cautère; i.t a cautérisé ti^ loin et a détruii toute la substance dn canal dentaire. Depuis ce temps la malade est de nouveau guérie.
M. Terrillon rapporte due, après avoir réséqué 3 centimètres du nerf sôus-orbi taire, il a vu la récidive douloureuse se faire au bout de trois ans, au niveau de la lèvre supérieure.
M. Chauvel constate que la discussion s'est écartée de son ftpint de départ. Si l'on veut établir jjes dangers de Téloiif»tion, il est bon de faire une différence entre une op&ralion qui porte sur le nerf seiatique on un neif de la Âce, sur un nerf mixte ou sur un nerf uniquement sensitif ou moteur.
On a plus raroment pratiqué l'élongation pourobvier à des troubles musculaires, tandis qu'on y a souvent eu recours dans rhyperlinéste, sans parler de Télongation du nerf optique contre l'atrophie papillaire, qui a été tentée à Saint- Pétersbourg, à l'étranger et k Paris.
M. TillaKC a fait deux fois l'élongation du seiatique et une fois celle du médian et du cubital.
Dans deux cas de tétanos le résultat fut défavorable ( mais il n'y eut pas d'accident local. Dans le troisième cas, il s'agissait d'une névralgie du pied et de la jambe, qui fut très améliorée.
M. Jfonod a fait une fois l'élongation nerveuse sans produire d'accidents locaux ni généraux. Il a eu aussi un cas de mort au bout de plusieurs jours.
— M. BouiUy présente un malade d'une cinquantaine d'années qu'il a opéré pour une liernie inguino-scrotale double,
volummeuse, incoercible, descendant è 25 centimètres audessous du pubis, et ayant 40 à 45 centimètres de circonférence. La hernie ne se réduisait dans le décubitus que par le taxis, et se reproduisait dès qu'on le cessait. A droite il y avait entre les puiers un écartement de trois travers de doigt, et à gauche un écartement de deux travers de doigt.
Pensant pouvoir obtenir la cure radicale, M. Bouilly songea à mettre le malade en état de porter un bandage et de contenir sa hernie. Digitizci,
îl décembrie 1884. Ouverture Wjge du cAté droit, infision
GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE GHIRURGiB
9 Janvier 1885
du sac mis à nu. Réduction facile des intestins. Suture en bourse du sac derrière l'orifice externe, en prenant d'abord la demi-circonférence supérieure, puis la demi-circonférence inférieure. Constriction rigoureuse de la ligature en laissant en dehors les veine» du cordon et le canal déférent. Persistance d'une communication entre l'abdomen et les bourses laissant passer une sonde cannelée.
Ne voulant faire la décortication complète du sac, M. Bouilly fit la résection des trois quarts antérieurs, la suture de la poclie par le procédé de Reverdin dans l'hydrocèle^ c'est-àdire en adossant les surfaces péritonéales. Drain dans la profondeur; sutures superficielles; drain superficiel.
Ensuite il fit par le même procédé une deuxième opération à gauche : le font dura environ une heure et dix minutes. Le deuxième jour il fit le premier pansement. Le malade était dans le meilleur état possible, mais on ne put réintroduire le drain profond qu'on avait enlevé pour le laver. Rétention purulente. Phlegmon des bourses. Température à 40 degrés pendant six ou sept jours. Il n'y eut pas de retentissement péritonéal, et au bout de quinze jours tout était cicatrisé.
Aujourd'hui il y a encore un peu de suppuration au niveau d'un crin de Florence. Le résultat recherché a été obtenu. Le malade porte un bandage, et sa hernie ne s'est pas reproduite. M. Bouilly croit qu'on parerait aux accidents i\a\ sont survenus en ne se mettant pas dans les mêmes conditions. Il propose de laisser largement à nu ces grandes plaies, et de ne rechercher qu'une cicatrisation par seconde intention, qui est plus résistante et plus forte que la cicatrisation par première intention.
Au cours de la discussion on a élu deux commissions : l'pour l'examen des titres des correspondants nationaux: MH. Trétat, Berger, BouiUy, TerrithnyHwrteloup; 2* pour l'examen des titres des correspondants étrangers : MM. Niraixf, Tillaux, Guétiiot, M&nod.
Hovtéié 4e biol*cle.
SËANCl! DU 27 DÉCEMBRE 1884. — PRfiSIDBNCB DE H.P.BERT.
8yMttai« noTTCux das polypes hydndres ; H. de Varenne. — SegmnttatloD M aoyaax Ubree dn vlteUtu : K. Xathias DutsI. — Aotlon dirtou da la oocatne mr 1m MBtrw oMhrtxut t K. Charpeotlarl — CoirMUau à la mMtaeda ealorlsaètrlqiia : M. d'Ar- •ooTal. — X>a oeoolne et aea m<ia : M. Xhiqiwanel. — ParatfUea 4m l'aptiryx : M. J. Chattn. — InooalabllUè du pua do babon obanoreux : M. Olbler- — Ëleotlon dn Bnrean pcnir 1885.
M. de Varenne communique les résultats de ses recherches sur le système nerveux des polypes hydraires. Il a observé, par la méthode des dissociations, chez plusieurs polypes, chez la Campanuiaria flexuosa,p&r exem[)le,un plexus formant un réseau à mailles assez larges, constitué par des cellules nerveuses bipolaires ou tripulaires et situé au-dessous de l'ecloderme. Les prolongements des cellules nerveuses les relient les unes aux autres, de façon à constituer quelqurfois la réalisation du schéma de l'arc réflexe : une cellule nerveuse envoie l'un de ses prolongemcuits à une cellule tactile et par l'autre se met en rapport avec une fibrille musculaire.
- M. Mathias Duvaî résume ses études sur la segmentation, la cavité de segmentation et les noyaux libres du jaune de l'œuf d'oiseau, et énonce un certain nombre de conclusions dont les principales sont les suivantes : 1" il n'y a pas, avant comme pendant la segmentation, de limite absolue entre le germe proprement dit et le vitellus blanc, pas plus qu'il n'y en a entre le vitellus blanc et levitellas janne; 7* la segmen* tation est excentrique, c'est-à-dire comntenceen un point qui ne correspond pas au centre du futur disque blastodermique, et elle se poursuit pliu activement qu'ailleurs dans cette région excentrioue où elle a commencé; 3* pendant la segmentation, l'œnf d*oiseau présente, comme celui des ver-
tébrés inférieurs, une véritable cavité de segmentation, affectant la forme de fente, souvent difficile à reconnaîtra et qui marque dès lors la séparation de l'ectoderme d'avec les éléments sous-jacents.
— M. Charpentier (de Nancy) adresse une Note sur l'action locale du chlorhydrate de cocaïne sur les fonctions cérébrales (M. Franck avait déjà, dans une précédente séance,
présenté les résultats de ses propres expériences à ce sujet, mais il en avait réservé l'exposé détaillé, poursuivant ses recherches sur cette question). D'après M. Charpentier, la cocaïne exerce une action suspensive sur le fonctionnement de la partie touchée, hes expériences ont été faites sur des grenouilles.
— M. d'Arsonval complète l'exposé de sa méthode calo* rimétrique en insistant sur les dispositions nécessaires à prendre pour éviter les causes d'erreur. Il supprime tout d'abord l'influence des variations extérieures de la température en opposant l'un à l'autre deux calorimètres de même volume et de même surface, de telle façon que les changements de la température ambiante, agissant avec la même intensité sur chacun d'eux, laissent immobile la colonne du manomètre différentiel interposé. Pour réduire autant que possible le pouvoir émissif, on enduit le calorimètre de blanc de céruse (Tyndall); enfin on doit chercher à apprécier la valeur absolue des calories dégagées en faisant au préalable une sorte d'étalonnage de l'instrument. Cette étude comporte une critique raisonnée de l'appareil employé par H. Richet.
— H. Duquesnel adresse un travail d'ensemble sur « la cocaïne et ses sels ». (Voy. aux Mémoire» de la Société.)
— M. A. Robin donne quelques détails complémentaires sur les résultats des examens spectroscopiques qu'il a pratiqués sur la partie sous-unguéale du pouce, ainsi que l'a fait M. HéDocque; il insiste sur la difficulté d'apprécier le moment du « virage » (Hénocque^, tout en reconnaissant la supériorité de la méthode employée par M. Hénocque sur celle de Yierordl, etc.
— M. Hénocque a employé comme moyen le contrôle de r^préciation de la durée de la réduction de l'hémc^lobine, l'examen simultané dos deux pouces. Dans dix-huit observations faites sur les deux pouces, il a constaté dans cinq cas une durée égale, dans sept cas une différence de deux à cinq secondes, dans cinq 'cas une différence de dix secondes e( dans un seul cas la différence a été de vingt secondes, mais l'éclairage était défavorable.
La durée de la réduction est ordinairement plus longue dans le pouce droit que dans le gauche, et elle varie d'ailleurs suivant qu'on a lié un pouce l'un avant l'autre. H. Hénocque conclut de ces recherches que dans l'examen simultané des deux pouces, des différences de xéro à cinq secondes sont négligeables; lorsque la différence est de dix secondes, il est utile de faire plusieurs examens si les notations sont extrêmes, soit au-dessous de trente secondes ou au delà de quatre-vingts secondes. Enfin, lorsque la différence est de viugl secondes, il existe une condition d'erreur nécessitant un nouvel examen, et celui-ci doit être pratiqué au moins dix minutes après le précédent, afin d^êviter l'aiigmenlation de la durée de réduction qui est constante lorsqu'on pratique des ligatures consécutives.
— M. J. Chatin adresse une Note sur les Parasiter th V aptéryx.
— M. Gibier revient sur la question de l'inoculabililé du virus du bubon chancreux, non pour ap^iorter de nouveaux faits, mais pour affirmer éLnouveau l^vateuD-d» résultats positifs d'inocnlalion qu'il «m'ëpp(KlésNAS'^M^^mgalifs de M. Straus.
9 Janvikh 1885
— L'élection du Bureau de la Société pour Tannée 1885 tlonDe les résultats suivants : vice-présidents : }i1iL. Hanoi et t^Anonml. — Secrétaires annuels: MU. Henneguy^ Vitjnai, Blanchard^ Bloch.
— La Société s'ajourne au samedi 11 janvier 1885.
REVUE DES JOURNAUX
ProdMCltoH de tanMink e»ncéreu«a aecondalrea par
iHMnUUoa, par M. p. KRàSKE. — 11 s'agit là d'une autoinoculation, car on n'a jamais constaté le transport d'un carcinome d*un individu à uu autre. Virchow a déjà observé, dans un cas de carcinome de l'estomac qui avait {jénéti'e jusqu'à la séreuse, une carcinose disséminée du péritoine, surtout dans les parties que des matériaux détaches peuvent facilement atteindre, en glissant sur la surface polie de la séreuse, c'est-à-dire dans la région des ligaments latéraux de la vessie, dans les culs-de-sac recto-vésical, recto-ulérin et utéro-vésical. Des faits analogues ont été signalés par Kaufmann, Ktebs, etc., dans d'autres régions. L'auteur a observé r^mment deux cas de cancer du rectum dans lesquels, outre la tumeur principale, on trouvait plus près du sphincter une seconde tumeur ou deux petites tumeurs plus petites que la première, mais exactement de môme nature; il explique leur développement par l'imnlantation dans cette région d'éléments cancéreux détachés de la tumeur principale. Gomme conséquence pratique, il fait observer que le plus souvent, dans l'extirpation du cancer rectal, la récidive est due à une inoculation opératoire, et par suite qu'il faut, même, si le cancer est situé très haut dans le rectum, extirper tout l'oi^e en respectant autant que possible le sphincter externe. {Centralbl, f. Chirurgie, 1884, n« 48.)
Appendice eudalehea l'homme, par H. Rud. VlRCHOW.
— Dans ce mémoire fort intéressant, lu à la Société de médecine de Berlin (séance du 29 octobre 1884), Virchow distingue trois sortes d'appendices caudiformes chez l'homme : les queues complètes, c'est-à-dire renfermant des vertèbres et un prolongement de l'axe médullaire, dont l'existence n'est justifiée par aucuue observation récente; les queues incomplètes ou imparfaites, ou queues molles f en continuité avec la colonne vertébrale, qui ne se trouve plus représentée que par du tissu Gbreux, des vaisseaux nombreux etquelques celliues adipeuses ; on en connaît des exemples authentiques ; enfin les appendices cutanés caudiformes, qui se présentent non seulement dans la région cocc^gienne. mais encore sur d'autres parties du tégument, et doivent être rapportés à des processus adhésifs qui se sont produits pendant la vie embryonnaire, à des dermatites ayant eu pour conséquence des adhérences anormales entre la peau et les enveloppes de l'œuf. Les faits de ce genre sont nombreux. Virchow rattache ici les productions piteuses qu'on remarque souvent à la partie inférieure du tronc, dans la région lombaire, et qui se rapportent toujours à l'existence d'un spina bifida occulte. {Berliner klin. Woekensehriftj 1884, n« 47.)
Seléroae en plaines nvce atrophie Mintérale dn nerf opciqne d'orifftne Inflammatoire, par H. A. EuLENBURG.
— L'atrophie totale du nerf optique, avec amaurose complète, est relativement rare dans la sclérose en plaques; néanmoins, lorsqu'elle existe, elle est d'une importance capitale pour le diagnostic. Le cas qui fait l'objet de ce mémoire est le seul peut-être dans son genre; il s'agit d'une atrophie due & de la névrite optique, et ayant précédé de plusieurs années l'explosion des symptAmes caractéristiques de la maladie. {Neurologisehes Centramatt, 1884, n»^.)
BIBUOGRAPHIB
Traité emnplet d'ophthidaÉOlbffle, par MM. L. DE WeckE»
et E. Landolt, tome 11, 3* fascicule : Maladies du tractus uvéal, du corps vitré, de la sclérotique, glaucome, par L. DE Wecker. — Paris, A. Delahaye et E. Lecrosnier.
Malgré les lenteurs qu'entraîne nécessairement la publication d'une œuvre aussi étendue, le Traité complet aopk~ thalmologie de Wecker et Landolt aura bientôt paru en entier. Le second fîucicule du tome II est consacre aux maladies de rirîs, de la choroïde, du corps vitré, de la sclérotique, et au glaucome. Aprà une description anatomique minutieuse du tractus uvéal par Iwanoif, qui insiste avec raison sur la disposition des fibres du muscle ciliaire et sur leur rôle physiologique, de V^ecker aborde l'histoire des affections de l'iris. Anatomiquement il reconnaît trois formes d'inflammation de la membrane irienne : lesiritis simple ou plastique, séreuse et parenchymateuse ; mais en clinique, il étudie, suivant leur origine, des iritis syphilitique ou çommeuse, rhumatismale ou arthritique et blennorrhagique. C'est qu'en effet le traitement est plus dirigé par l'étiologie de l'afTection que par les lésions anatomo -pathologiques. Dans l'étude de Viriao-choroldite ou irido-cyclito, nous retrouvons les mêmes distinctions anatouiques en plastique, séreuse et parenchymateuse ou suppurative ; puis, au point de vue étiologiqne, en primitive, secondaire et sympbatique ou traumati<|ue. Dana le développement de cette aemière, tout aussi bien que dans l'iritis séreuse, l'auteur fkit jouer un grand rôle aux voies, lymphatiques de l'cBil. Pour lui, l'iritis séreuse est une lymphangite antérieure de l'œil avec infiltration cellulaire de I iris; pour lui, l'ophthalmie sympathique ne se transmet ni parle nerf optique, ni par les nerfs ciliaires, mais par les canaux lymphatiques qui charrient d'un œil à l'autre des produits plus ou moins infectieux.
Contre cette redoutable affeclioa, cause si fréquente de cécité dans les camjiagnes, l'énucléation du ^obe lésé se montre encore amourd'hui comme le neilleor traitement préventif. L'enervation, l'abrasion cic^cielle. et nerveuse peuvent suffire dans quelques cas; mais, si Tœil est imté, douloureux, enflammé, s'il contient un corps étranger, nulle hésitation n'est possible, il faut enlever le globe.
Les blessures, les tumeurs, les troubles fonctionnels, les anomalies congénitales de l'iris forment le sujet d'autant de chapitres. N'admettant pas qu'il soit possible de distinguer un tubercule développé dans l'iris, d'une gomme de cette membrane, de Wecker se montre absolument opposé i l'énucléation de l'œil, proposée à ta Société de chirurgie. Nombre de ces petites tumeurs guérissent par un traitement approprié, et d'un autre côté, il est douteux que l'ablation de l'organe puisse empêcher l'infection de l'économie, s'il s'agit en réalité de nodules tuberculeux. Les opérations qui se pratiquent sur l'iris terminent cette partie du fascicule.
Les maladies de la choroïde sont étudiées avec le mêmesoin. De la scléro-choroidite antérieure, l'auteur passe & la sdéro-choroldite postérieure, staphilôme postérieur, progressif ou stationnaire, suivant son origine congénitale ou acquise. Pour de Wecker, la formation de l'ectasie et son si^e spécial résultent des contractions fréquentes du muscle ciliaire longitudinal pour détendre V accommodation, rendue excessive par la convergence exagérée des yeux. Aussi préconise-t-il l'avancement capsulaire et la ténotomie avec ou sans suture, pour remédier à l'insuffisance des droits internes, cause de la myopie progressive.
La classification des cjioroidites est la même que celle des iritis; nous y retrouvons tes trois grandes formes anatomîues : plastique, séreuse et parenchymatei^ ^W^nïl^ ivisioiis. L'auteur passe sucdâsiiiNÈfbllX MM^h^
GA^KTtE HËfibOHAbAlKÊ DE HÉbËGINE Et DE CHlRtlRGtE
9 jAKviBn 1885
roïdite disséminée simple, la choroïdite aréolaire, localisée au pourtour de la macula et fréguenle chez les instituteurs; la cnoroldite maculaire; la chorio-rétinite spécifique. C'est à révolution de celte dernière que doit se rapporter la lésion décrite par Hani soujs le nom erroqé de rétinite proliférante. OaiuréUide des tumeurs sont eomprises: les excroissances verruquéuses des vi«ilbirds; les taoercufes, les kyste«, ks granulomes, mjora^s, fibronies et sarcomes. Ces derniers sont lés plus importants, par leur iMquenee- et parla rapidité de lagenéralisatioQ surtout pour lessarcomes melaniqnes.Gomiiie signe patfaognomonique du décollement de la choroïde, de Wecker indique la translucidité de la choroïde à la surface de la tumeur qui forme un segment de sphère lisse et saillant, immobile, d'un rouge grisâtre. Cette lésion est rare, comparativement aux déchirures elanx ruptures, presque constantes dans les flraclures de l'orbite.
Sur la structure du corps vilré Schwalb partage l'opinion aujourd'hui généralement acceptée; iln'yadmet ni cloisons, ni membraneSfSauf le canal central hyaloidîen ; les fibres et leis cellules ^u'on y rencontre viennent toutes de corpuscules lymphoides immifprés. L*hyalitis auppurative est due à l'immixtion de quantité de ces cellules, et ces éléments sont l'origine d'un grand nombre desopadtés de laritrine. Certaines de ces opacités toutefws, et surtout les flocons, les vastes membranes qui cachent la rétine en partie, proviennent deroi]g:anisation de caillots sanguins. Jadis on pensait que les vaisseaux chwoldiens étaient la source de ces hémorrh^es. Pour de Wecker, le sang vient des vaisseaux de la papille ou des gaines du nerf opUque et se fraye un chemm dans les espaces préformés du corps vitré.
La liquéfaction de la vitrine ne se traduit que parla rapidité du déplacement des opacités dans toutes les directions. A cbtà du synchisia simple, se place le synchisis étincelant, altération sénile le plus souvent. Les autres états morbides du corps vitré sont : les corps étrangers laissant surtout par leur septicité pour provoquer la suppuration ; le cjsticerque peu fréquent en France et dont l'extraction comme la recherche des morceaux de métal avec une tige aimantée introduite dans l'œil, donne peut-être des résultats immédiats bien supérieurs aux suites élmgnées de ces opérations. Port délicat est le diagnostic des décollements deVhyaloIde, lésion trèsimportante cependant par la gravité des troubles nutritlTs qu'elle entraîne.
Les maladies de la sclérotique : hyperhémie, épiscléritis, sclérites purulente et gommeuse, taches mélanotiques, tumeurs forment la partie suivante du livre qui se termine par une étude très détaillée du glaucome. De Weckerdéfinit cette affection : une rupture d'équilibre entre la sécrétion et l'excrétion oculaires, amenant une augmentation de pression intra-oculaire, une accentuation de tension et une distension consécutives des parties les moins résistantes de la coque. Ce n'est pas, dit>il, une entité -morbide, c'est un symptôme. Cependant U en décrit quatre formes : 1* glaucome prodromiqne; 2" glaucome chronique simple; 3* glaucome chroni-
2ue irritatif ; A' glaucome aigu, foudroyant, hémorrhagique. lU point de vue de la nature de la maladie, rejetant les théories de la choroldide hypersécrétantedeGr9ere,etdela névrose des nerfs sécréteurs de l'œil de Donders, l'auteur admet que l'augmentation de pression est due k un accroissement du contenu, par entrave portée à l'excrétiou, à ta filtration ocu-, laire, à la sortie du grand courant nutritir, tantôt par les voies antérieures (canal de Schlemm, espace do Fontana, espaces trabéculaires péricornéens), tantôt par la voie postérieure (pourtour du nerf optique), les deux seuls points qui ne soient paspourms d'une membrane vitreuse. Laduretédelascléroti-
Sie dans la vieillesse explique la plus grande fréquence du „ aucome dans cette période de la vie. .Chez les myopes cette affection est exceptionnelle; presque tous les malades sont des hypermétropes. En s'i^puyant sur ces données, on comprend les avantages des myotiques, ésérine et pilocar-
pine ; on s'explique les succès de l'iridectomie et de la scierotomie.' Tout en reconnaissant les mérites de l'excistoit large de l'iris, telle que l'a conseillée de Grœfe, de Weckw n'hésite pas à dire que l'incision sclérale est parfois préférable, tant c(Hnme opération préparatoire que comme interrention définitive, et il soutient qu'une sclérotoiuie wrrecte vaut mieux qu'une irideclomie avec enclavement. Quant à l'élongation et à l'arrachement du nerf na^ externe préconisé par Badal, il lui parait que celte méthode, jusqu'ici peu employée, sera toujours moins active que ses devancières:
L'ouvrage se termine par une bibliographie étendue et complète. Elle absorbe seule soixante-cinq pages de ce volume dont nombre de figures augmentent encore la valeur.
J. Chautel.
lateK MMIofMpUww.
Agenda médical pour 1885. entièrement refondu, contenant : if Mémorial thérapeutique du médecin praticien^ par Trousseau et le doctntir Constantin Paul; S*" Mémorial ob$telrical, par H. le professeur ?tîoi\ 3" Formulaire magistrat^ par M. Delpech.
Ehannacien de 1" classe; i* Code médical elprofeisiomet, par 1 docteur L^and du Saultf>; h* Notice mr m êtatioms hiver mlet de la France et de Vétrauger, par le doetenr De Valeourt ; 6* Un Calendri0' A deux fourt par page, et un ^od nombre de renseignements ; médecius, pharmaciens et vélerinairea du déparlement de la Seine; médecins des hôpitaux civils et miliiaireb de Paris; médecins inspecteurs des eaux minérales, maisons de santé de Paris et des environs; journaux scientifiques; Facultés et Ecoles préparatoires de médecine de France; Ecoles de médecine militaire et navale; Académie de médecine; Sociétés médicales; modèles de rapports; rues de Paris, etc. In-i2. — Prix : broché, 1 fr. 7&; cartonné à l'anglaise, â francs; divisé en cinq cahiers et doré sur tranche, de façon à pouvoir être mis dans une trousse ou portefeuille, 3 Trancs. Rdiures diverses jusqu'à 9 francs. — Paris. Asselin et Houxean.
Transactions of tue anekican oi^ualmological socusty. Dix-neuvième meeting, New-York, 1883. — Celle publication annuelle renferme des travaux originaux très intéressants. Nous devons ciier plus particulièrement des observalions de tuberculose du corps citiaire et de l'iris, par MM. Wadsworlb, M. -G. Far^ land; une note sur l'emploi de l'acide hypogaslrique comme anesthésique, par H. Stevens ; une eontrimilioo du traitement chirurgical du glaucome, par M. Albot Heyl; un cas d'ossification de la choroïde, par le docteur Kipp ; et des observations de MM. Knopp, Holt, Bull, Cormalt, Howe, Hay, Grueiiing, Derby, Schell(sur le décollement de la rétine), et de MM. LiUle, Stevens, Heyl, Haye, Howe, Théobald, etc.
Les maladies chroniques de la gorge et de la voix. Hygiéme ET TRArrKHBNT, par le docteur P.-G. Farces. Paris, 1884. Félix Alcan. — Dans un premier chapitre, l'auteur étaiblit que les individus dont la muqueuse gutturale est granuleuse sont, pour la plupart, entachés d'un riee organique : ce sont des serofbleux ou des arthritiques, les premiers possédant des tissus aptes à la suppuration, les seconds, au contraire, des tissus qui suppurent dimcilemenL Le mélange ou métissage de ces deux servitudes pathologiauc& constitue, (lour l'auteur, l'herpéiisme; il trouve, dés lors, dans l'imprégnation, plus complète avec les progrès de l'âge, de tous les tissus par les sels uratiques, l'explication de ce fait que l'Iiomme, en général, commence en scrofaleux, évolue et finit en herpéliaue. Passant ensuite à l'étude même des affections chroniques ue la gorge et de ta voix, il les envisage au point de vue de l'étiologie et des symptOmes cliniques ; cVst ainsi qu'il décrit successivement les a0ectioos catarrhales en général, 1 angine et le catarrhe diffus, les processus amygdalins, l'herpès et 1 acné gutturale, la larjngite chronique simple. Enfin, dans une dernière partie, après avoir traité de la physiologie et de la pathologie de la voix, il s'attache aux complications et au pronostic des états coogestiis et granideu nuo^^ Le traite-
ment rationneTgénéral et locat,^ appne»le à ces divises affec-
« Janvier 1885 GAZETTE HEBDOttADAlHE DE iIË]>£GlNE ET DE CHIRURGIE — 2 — M
lions, tient ane large place justement méritée, et le chapitre relatif à la cnre par les eaux minérales renferme des reiueignemenls pratiques utiles à consulter.
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