L. lEREBOULLET, PAUL RECLUS
AdHHBr tMt M qaï eoneorM k nMieiieii aa tUf 4» Comttât diec M. DnauinRE, 91, rue d» LiUe (avant le aurdi de pr^«aee).
(llièseï, enmeni, coon, etc.) vt ««er* iiiiMiiwii ■■t*r>— ■< i» »mu« wméMumi.
SOHMAIHB. — Parib. Académi* de roMccim. — DiuusrioB sur l'érjBipêlfl.— Le rbiiKHwlérnnv. — La cMëra et la ftèvn Ijpbolde. — Coairibotioni phamacouli^MB. — TnAVAtn onciliAtx. ClinIqM nddieala : De la Mm danaTéi?!!pèla et do l'nnlld dM nriMs mddleatt et cliirorcicale.— Sm vn ca* dn^Kllerde monopl^e brachiale lanenae iii Jour* aprb» une chute sur l'^anle. — SO- CIÉTÉS savahtis. Académie de* actencM.— Acaddniie de mddecine. — Société médicale dea bftpiUu. ~ Société de ckirargie. — SociéttS de thêrapentiqiie. — Rkvoi dis jouhhadx. — BilLlMliAHllt. iDd» bibliographique. — ViMlirfs. L'agr^gatioii el le pnCeaaorat. — FIOILLITOR. Lea nwiiiB alidDialoi.
Paris, 2 avril 1885.
L'ËRYSIPtLB. — LE BBINOSGLËROHE. — LE CHOlARA Et LA FiftVBE nPHOlDE. — CONTRIBUTIONS PHARMACEUTIQUES.
Aca44Hil« ém aiAdflelM « lae—rf— aw réryslpèle. Le rMMwUrMM. — Le ehaléf el la Mm typhoïde.
L'important discours prononcé mardi dernier à TAca* demie de médecine par H. L. Le Fort, et qui a été suivi d'applaudissemenls, portait tout entier sur l'origine de l'érysipële, plus particulièrement de Térysipèle ditchirui^caL C'est devant cette question fondamentale qu'il a fait en quelque sorte comparaître les résultats des diverses méthodes de pansement. H. Le Foil introduit dans le débat une opinion particnlière, qui dirige sa pratique depuis un temps antérieur au mouvement lislérien et qui deviendra
certainement le thème principal de quelques-unes des argumentations futures. L'érysipèle est Iransmissible, au moyen d'un i^nl qui s'échappe de la plaie pour se déposer sur la peau plus ou moins ouverte d'un autre individu. Donc on a cent fois raison ou de recouvrir la plaie ou de la mettre en contact avec des substances antiseptiques. Seulement cet agent de transmission n'est pas uà germe ferment de l'air, ce n'est pas un mi(Tobe pastorien; c'est un contage^ un miasme jusqu'ici invisible, mais qu'on peut se représenter objectivement comme analogue à celui de la flèvre intermittente. En outre, ce miasme n'est pas un élément essentiel de Térysipèle ; tout au contraire, celui-ci peut être produit directement par l'irritation des bourgeons charnus, par l'action du froid et plusieurs autres causes accidentelles; mais une fois produit, il peut de lui-même, dans des conditions à déterminer, engendrer son contage, le fabriquer de toutes pièces; et c'est alors que se produisent dans les salles d'h6pital ou â la ville ces poussées d'érvsipèle qu'on rapportait toujours autrefois et que quelques-uns rapportent encore au génie épidémigue.
VoiU la question bien posée dans les termes que nous avions nous-mêmes souhaités, y compris celui de la constitution médicale. Nous ne ferons pour le moment que deux remarques destinées à mieux déterminer encore la position prise dans la discussion par M. Le Fort.
La doctrine de la création d'un a^ent de transmission au
FEUILLETON
Vtm rnMHW alléalstaa ■ I, Vm fiM, par U. Yves GUTOT.
Pour peu que tous vous teniez au courant des produits de notre littérature, vous avei dû constater, cher confrère, un fait assez curieux, c'est-à-dire l'intrusion de la pathologie et, en particulier, de la neuro-pathologie dans le roman, la chronique, voire même au théâtre. De ces trois genres littéraires, le premier est celui qui souffre le plus de cet envahissement. Vous ouvrez un roman et vous croyez y trouver les développements d'une passion, la peinture d'un caractère, la création d'un type ; vous vous trompez, tout cela est le vieux jeu, et comme sans doute il a produit assez de chefsd*(puvre, on a passé à un autre exercice. A propos des amours de H. X... et de H"" Y..., on parlera de In grande névrose, on trouvera le moyen de nous donner des descrip- S* StelE. T. xxu.
tiens (et quelles descriptions!) de telle ou telle maladie mentale ou nerveuse, on citera même Charcot, Luys, Uorean (de Tours), Le^rand du Saulle, ou tel autre spécialiste en renom : c est amsi que la fable du roman devient l'accessoire et laisse la place la plus lai^e & la médecine, c'est ainsi que H. Zola n'a écrit VAsiommoir que pour nous décrire l'alcoolisme, que M. J. Claretie ne nous raconte les Amours d'un interne que pour trouver l'occasion de nous faire, à sa façon, un traité de l'hystérie, etc.
Les maladies mentales avec leurs multiples conséquences, la législation sur les aliénés et les attaques violentes dont elle est l'objet, sont des sujets prêtant trop au romanesque
Eour ne pas tenter la plume de nos écrivains en renom. >ès 1868, H. Hector Halot avait mis la sienne au service de cette cause des aliénés et, dans Un beau-frère^ faisait une charge à fond contre la loi du 30 jnin 1838. M. Ach. Foville s'est, à l'époque, charcé de répondre aux cri|lq?pa^ikféi»1id^ romancier et, à notre humble avfô^lf ^ésl'iliwÏKnWawIllf'
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sein môme de la maladie el par la maladie a été plusieurs fois émise au sujet d'autres maladies infeciicuses, et la Gazette hebdomadaire àea quelqtiefois nceaaion de la rappeler. Elle pourrail èlre rejetée à priori si l'aitent élait microbien, cette sorte de génération spoutaoée et iutermittSBte'd'àtres vivants étant difficile à comprendre; elle est plus intelligible à l'égard de miasmes, d'effluves, et mérile d'être examinée; el, comme ces effluTes ne peuvent se voir, la seule manière d*en contester l'existence serait la démonstration du contraire, c'est-à-dire de l'existence réelle de microbes spécifiques. De plus, au point de vue pratique, la doctrine n'importe sérieusement que si la création de l'agent morbigène n'est que possible, accidentelle, el fait souvent défaut, comme le veut l'orateur ; car, miasme ou microbe, c'est toujours par l'intermédiaire de l'air qu'il passe d'un individu à un autre el réalise la contagion.
Notre seconde remarque est relative à ta cpustitutiaa médicale. En indiquant, dans le dernier numéro, le rôle qu'on pourrail être amené à lui attribuer dans la discussion, nous n'étions pas en opposition avec le jugement qu'en a porté l'orateur. Sans doute, hconsiUalionérysipélateuse s'évanouil devant le contage comme devant le ferment de l'érysipèle; mais cela n'empêcherait pas qu'une autre constitution médicale, une constitution saisonnière, par exemple, créât, comme nous l'avons expliqué, un milieu favorable, soit à la formation du contage,. soit à la culture du ferment (voy. p. 219).
— Avant la reprise de cette discussiou, M. le professeur Cornil avait lu un mémoire sur ces plaques ou tumeurs dures qui se développent lentement sur la cloison nasale, la lèvre supérieure, s'élendairt quelquefois jusqu'au pharynx et au larynx, el auxquelles on a donné le nom de rhinosclèromes. L'existence de micro-organismes spéciaux dans cette affection avait déjà été mise en évidence par différents observateurs; la description de H. Cornil et les dessins qu'il a présentés sont, à cet égard, des plus démonstratifs.
— M. Durand-Glaye, camliilal à la place vacante dans la section des associés libres, a présenté et commenté avec beaucoup d'entrain une série de grands tableaux destinés à montrer par des tracés l'influence de certaines conditions hygiéniques sur la marclie elle développement du choléra et de la fièvre typhoïde à Paris, à Marseille et à Toulon.
— Enfin M. Péan a présenté un nouveau cas de néphreetomie opérée avec succ-ès.
SDR LE SINAPISME EN FEUIÉLE.
Le succès du papier-moutarde aélé si grand que personne, même dans le monde médical, n'a prêté la moindre attention aux précurseurs de Rigoilot. L'opinion se fourvoyait devant cette découverte qui paraissait si primesautière. Gependanl, ceux qui avaient assisté à son long enfantement étaient nonibreu» et Rigoltot mieux que personne savait ce qu'il devait à ses devanciers; aussi triomphait-il avec modestie.
Je le voyais quelquefois, cet excellent confrère, dans la grande droguerie de Ménier qu'il dirigeait si bien; c'était précisément au moment où il cherchait un enduit propre à fixer la farine de moutarde sur le papier. Il me fiisait part de ses essais et je n'avais pas grand mérke « lui t>rédirp la plus complète réussite.
Je l'entends encore me recommandant la discrétion : « Vous le voyez, me disait-il, toute ma fortune repose sur ce flacon contenant une solution de caoutchouc dans du pétrole. Cette indication donnée par mégarde a Boggi>, cl mes espérances sont anéanties. — Vous pouvez être sans inquiétude, répondais-je; -Boggio, depuis qu'il a mis de la mousseline sur sa moutarde, croit son sinapisme parfait et ne s'en occupe plus. >
Ces paroles ne le rassuraient pas, parce qu'il savait bien, lui, avec quelle facilité il avait reudu très pratique le ï>inapisme de Boggio. Aussi, il travailla avec la plus gr.uide énergie et lança son produit avec un éclat incomparable.
Il sera peut-être agréable à nos lecteurs de connailre l'histoire de cette découverte importante et de pouvoir eu rendre justice à chacun.
D'abord, honneur à Hurant, le pharmacien de la rue de la MonlAgne-Sainle-Geneviève (c'est lui qui donna à sou ami Dorvault l'idée de l'Officine et l'aurait également signé-', i*! la mort ne fût veime le surprendre dans la force de Tégc^. Hurant trouva qu'en privant la farine de moutarde, gqit par la prc&se, soit par le sulfure de carbone, des 18 pour liX) environ d'buile fixe qu'elle ceulienl, cette fu ri ne se conservait presque indéfiniment et prenait une activité prodigieuse. Qfl carul, un mamenty<|U6 c'en était fait de la vieille farine tle, moutarde si incertaine dans son action, tapi la dér couverte de Hurant était saisissante. Ou comptait sans la routine. Pour la vaincra, il n'y arien de mieux que les réclames et les annonces et personne n'en-fit eu faveur de la
de cette tâche (Les aliénés, étude pratique lur la légi$latmn, etc. Paris, 1870, p. 65 et suiv.).
Voici aujourd'hui un autre écrivain, plus connu comme économiste et pnbliciste que comme romancier, qui veut, à son tour, faire connaître, sons la forme d'une nction, les actes abominables ^ui se commettent sous le couvert de cette loi sur les aliénés et, sans ambages, il intitule son oeuvre : Un fou.
11 s'agit d'un jeune banquier, H. Labat, dont la mère est morte folle el la graod'mère épileplique. Il se marie avec une jeune fille pauvre mais remarquablement belle, etde celle union naissent deux enfants qui meurent successivement de convulsions dans la première année de leur iiaissancci La jeune M*^ Labat, alterrêe par cette double catastrophe, se rend, accompagnée de sa mère, qui désire — et pour cause — un héritier à sa fille, chez le docteur Ragot, leur médecin. Celui-ci, avec une franchise brutale, ne trouve à la situation ^u'un remède : ]iour ne plus risquer .d'avoir des enfants des-
tinés à mourir d'éclampsie, refuser de cohabiter avec son mari, et faire jouer à ce diîrnier le rûle de Georges Dandin, si l'on désire avoir des enfants ijien portants. Après quelques jours de réflexion, c'est à, ce dernier conseil qye se ren.d la jeune mère éplorée ; elle s'aijresse ai} docteur lui-même, ([ui, dans son cabinet de consultations, ne ntel aucune ^ésitalion à jouer le rôle de Ctitandre. Il est même bien étonna^t,ce docteur Ragot; par la seule force de la volonté et«n s'iniprégnant fortement ' des idées émises par le professeur Ch. Robin dans son article sur la ficondalim^ il arrive à procréer un garçon. Mais ce garçon une fois né, j» père — is quem nuptiœ demonstrant — ne le trouva guère h son goût; il lui parut, à mesure qu'il grandissait, ressembler trop à son mi'niecin; de là, des soupçotii, des scènes avec s.t femme, des menaces même. On voit d'ici la suite. Ce pauvre Georges Dandin est dûment convaincu de folie, et sur un c-rtilicat de Clitandre et d'un autre confrèiT^ enfermé dans un établissement d'aliéné;. Làg>^j|^^pJ;t]u£^'i0O^^:^. on
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nouvflle Tariiie. Seul, un pliarmacieii ilc Paris, Dogpio, la lira lie l'oubli et cherch» à l'exploiler.
B(^gio, frappé de la petite quantité de moutarde sèçhe qu'il fallait pour obtenir un révulsif énergique, résolut de tirer parti de cette précieuse propriété.
Il couvrit une feuille de papier d'une solution très concentrce de gomme, la saupoudra d'ane forte couche de farine de inoutanle privée d'huile et très sèche, lit passer cette feuille au laminoir pour égaliser la surface et compléter l'adhérence, et la recouvrit enfin d'une mousseline (rës claire destinée à retenir la moutarde qui ne pouvait manquer de se séparer du papier dès que la gomme se trouverait en présence de l'eau. Voilà le véritable inventeur du papier moutarde. Son sinapisme n'était pas parfait, c'est vrai, mais bien facile à perfectionner.
Si Boggio eût eu le goût ou les moyens d'exploiter son Invention, il eût obtenu, sans aucun doute, les succès que RigoUot a remportés plus lard.
Il avait été forcé de mettre de la mousseline; il se serait vile vu forcé de changer son vernis, la gomme étant la substance la moins propre à cet usage. Il est bien surprenant qu'il n'uit pas tourné ses essais du cèté des corps insolubles dans Teau. Rigollot a compris la faute et n'a pas tardé à trouver dans les enduits hydrofuges si communs dans l'industrie, le vernis nécessaire à la bonne confection du papier sinapisme. Rigollot a donc simplement remplacé la solution !:oiii)neuse par une solution de caoutchouc dans du pétrole.
C'est bien quelque chose, puisque le sinapisme, par lui, e$t devenu pratique ; mais ce n'est pas ce que tout le monde .s'iuta^ine. Rendons à chacun ce qui lui est dû. Tous les Ims, ils ont bien leur mérite respectif. Aujourd'hui, nous avons non seulement le sinapisme ou moutarde en feuilles, mais encore la moutarde sèche privée d'huile. Cette poudre d'une violence extrême ne s'emploie que dans l'art vétérinaire. C'est dommage, parce que c'est un produit de bonne con- >orv;tlion sur lequel on peut compter; seulement il faut ■iavnir la manier. Son prix est élevé, mais là encore ce n'est |u'un petit inconvénient ; car il en faut si peu pour un sinalisnie uu pour un pédiluve I
En terminant, qu'on me permette de vous mettre sous les . eux la formule d'un révulsif liquide, qui dans cei-tains cas loiirra vous être utile :
Alcool à 96* 20 grammes. ~
Essence de moutarde 1 —
.^lélez et conservez dans un flacon bouché.
On badigeonne ta peau avec un pinceau trempé dans cette solution et on obtiendra une révulsion d'autant plus forte qu'on en applique davantage. Ce remède se conserve indéfiniment et a toujours été en usage en Angleterre.
Pierre Vicier.
TRAVAUX ORIGINAUX
Clinique médicale.
De la FiËvns dans l'érysipële et de l'unicité des vauiétés
MÉDICALE ET CHinURGICALE, par le doCtCUr F. SOREL.
A l'occasion de la discussion engagée actuellement à l'Académie de médecine, el qu'il serait désirable de voir s'étendre aux principales f|ueslions afférentes à l'histoire de l'érysipèle, nous voudrions tirer de l'existence d'un cycle fébrile identique dans les deux variétés médicale et chirurgicale un argument nouveau en faveur de leur unité, et chercher dans l'intervention d'une cause étrangère l'explication de la gravité plus grande des érysipèlcs chirurgicaux.
Nos recherches sont basées sur 83 cas portant, déduction faite des récidives: sur 75 malades recueillis dans un service de médecine, 77 apparlienneul à la variété médicale et 6 seulement à la variété chirurgicale.
Mais le petit nombre de ces derniers esl racheté parce fait que, survenus consécutivement à des traumatismes légers ou peu étendus, tels que : plaie confuse à l'occiput, plaie opératoire à la suite de l'ablation d'une loupe du cuir chevelu par le caustique de Vienne, pelite fistule ganglionnaire post-auriculaire, bubon chancreux de l'aine, dénudations superficielles du tronc résultant de l'applicaliou d'un vésicaloire dans un cas et de teinture d'iode dans un autre; ils participent du caractère des érysipèles médicaux, et peuvent servir de trait d'union pour arriver à la démonstration de l'unité d'origine et de nature de tous les érysipèles.
Et, en effet, celte origine nVst-elle pas aussi bien pour les érysipèles médicaux une lacune dans le revélcmenl cutané ou muqueux; seulement la porte d'enlréc n'est souvent qii'une éraillure légère que son siège reml difficile à reconnaître, surtout qgand l'afiection n'est pas tout à fait récente, par suite du gonflement des tissus, uu plus encore parce que la guérison de ta petite érosion s'accomplit pendant tnéme que l*érysipèle progresse.
Le point de départ de 1 éi^sipèle a été huit fois sur dix les excoriations si communes des narines qu'irritent encore
[> tii;ilu-ailc, on lui fait subir toutes les tortures qui onl été écrili's avec tant de bonne foi, il y a quelques années, dans tic série d'articles de \a Lanterne, sous la signature d'f/ft ii'il infirmier.
.M.iis M. Labat qui, dans les premiers temps de sa séques- ,iii<H), lirolostail avec conviction qu'il n'était pas fou et (Ml recevait que plus de douches, finit par changer son sil (l'êjiaule; il reconnaît qu'il s'était trompé, qu'aucun >u|> dft canif n'avait été donné dans son contrai de n^&que son fils enfin était bien de lui. Le médecin de Té- (liisseinent d'aliénés, le docteur Borda-BIancard-, heureux un Ici succès, remet son malade en liberté. Celui-ci, ivre ■ joÏR, ivre d'amour, veut recommencer une nouvelle lune ! iiiitîl; c il s'en croit capable, après une longue priva- >ri ....... Alais sa femme oppose on énergique non pos-
mns. Plein de fureur et de rage, H. Labat s'empare d'un iiie.'tii de cuisine et égorge son fils, en s'écriant: < Voilà
|ii'lit Rngot parti pour rejoindre les petits Labat! Bon
vovngc! » Puis il s'élance dans la campagne, droit devant lui, en brandissant son couteau et en poussant des cris de triomphe. Saisi par des paysans, qui le ligotent, il est conduit dans un asile d'aliénés voisin, d'où il est tranféré à la Sûreté de Bicétre, en sa qualité d'aliéné criminel. Api-ès expertise médico-légale et ordonnance de non-lieu, il esl réintégré dans la maison de santé du docteur Borda-Blancard, où il Onil par mourir dans une baignoire, cuit en quelque sorte au bain-marie par l'imprudence d'un surveillant. Pour titre complet, n'oublions pas d'ajouter qu'à la suite de la scène violente avec son mari et de l'assassinat de son fils, M"" Labat devient folle à son tour.
Nous ne chercherons pas à faire ressortir l'invraisemblance d'un tel récit, mais nous avons le droit de nous demander en qu'a bien voulu prouver M. Yves Guyot par celle histoire mélodramatique, flont nous avons encore ailén^é certaine côtés sombres. A-t-il cherché h démonlrer S>i(^^rV<^j i que le produit des asiles -d'aIicnel^3n^^rVnedichisHi@-
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les attouchements répétés avec les doigts, supports possibips du contage.
La fièvre, dans les cas nombreux où nous avons pu observer le début de l'affection, a toujours été contemporaine de Tapparition de la petite tache érysipélateuse autour du point d'origine; d'autre part, la desquamation n'est qu'un épiphénomène d'une durée variable, et si la rougeur survit plus de douze fc vingt-quatre heures à la chute de la lièvre, c'est qu'une eitension nouvelle ou la régression sur les mêmes pointa sont imminentes. C'est pourquoi nous prendrons le cycle fébrile lui-même comme appréciation de la durce de l'érysipcle.
Les tracés des températures que nous avons recueillis permettent d'apporter un peu plus de .précision dans un sujet qui constitue un des chapitres hs plus incomplets du Traité de la température dans les maladies de Wunterlich, est absent des études malheureusement inachevées de Lorain sUrla température du corps humain et de ses variations dans les diverses maladies, et n'a été abordé qu'accessoirement pai*> le professeur laeeoud dans des Leçons de clinique médicale faites à VhÔpital Lariboisiére.
La fièvre, dans rérysipële, présente une marche cyclique déterminée à l'égal des fièvres éruplives, et les courbes thermiques répondent à trois lyjies fondamentaux auxquels il est facile de rattacher les variétés plus ou moins dégradées sous l'influence de particularités cliniques ou dune tentative thérapeutique.
L'érysipèle limité au nez et aux pommettes, dont nous avons rencontré dix-neuf cas, et qui constitue une véritable forme abortive, ne s'est présenté absolument apyrétique que dans trois cas; dans les autres, la fièvre modérée a offert sur les tracés la réduction de deux des types que nous allons signaler, le type n" 1 et plus rarement le type n* 3; l'apyrezie était complète au quatrième jour.
Type n" 1. — L'ascension fébrile rapide a lieu suivant une ligne thermique continue; le fastigium, qui est environ de 41 degrés, se trouve atteint dans la soirée du deuxième jour au plus tard ; il présente au plus deux sommets, et il n'y a pas à proprement parler de période d'état; la dûfervesccnce suit de près Tacmé fébrile, s'accomplit par lysis et est achevée du cinquième an huitième jour, plus souvent les septième et huitième jours.
Noos avons rencontré ce type fébrile dans quatorze cas d'érysipëies bornés à la face, et dans trois des érysipètes chirurgicaux, à savoir :
Dans un premier cas, l'érysipèle né d'un bubon suppuré de l'aine ne s'étendit pas au delà de la fesse voisine, maïs une poussée légère et tout à fait fugace se fit sur les bords
nistes ? On le croirait volontiers ; son héros, en effet, n'est pas fou lorsqu'on l'enferme, il ne le devient réellement que par suite des traitements qu'il subit dans la maison de santé. Cependant, quelque loin qu'on puisse porter te paradoxe ou la passion, il nous est difncile de croire que telle soit ia manière de voir d'un écrivain qui passe pour un esprit distingué dans les questions de sa compétence.
Ce qui ressort plus clairement de la lecture de ce livre, c'est la haine que porte l'auteur à la loi du 30 juin 1838 et aux médecins chaînés de l'appliquer. Lorsqu'il s'agit de ces derniers, le mot haine n'est pas trop fort. HoHère se contentait de tourner les médecins en ridicule, H. Yves Guvot les diffame. Est-il possible de trouver dans une corporation une collection plus choisie de gredins et de grotesques que celle qu'il nous présente ? Gredin, en eFfet, ce Ragot, professeur à ta Faculté de médecine de Paris, où il enseigne le darwinisme et la sélection qu'il pratique dans la vie privée.. . et dans son cabinet de consultations. Mais n'est-il pas aussi
ulcérés d'un bubon situé dans Paine opposée, la veille de ta dcfervescence complète le sixième jour (1).
Dans le second cas, l'érysipèle, parti d'une plaie à l*épaule, résultat de l'application de teinture d'iode, gagna quelque peu le bras attenant, et tout était fini au septième jour.
Le troisième malade eut un érysipèle de la tète consécutif à une plaie confuse de l'occiput, la défervescence eut lieu au neuvième jour, mais le lendemain il se fit une répression sur les mêmes points, et la gnérison fut retardée jusqu'au treizième jour.
Type W 2. - L'ascension est la même que précédemment; elle fait place à une période d'état caractérisée par des oscillations rémittentes plus ou moins stationnaires et d*ainplitude variable; puis du sixième au onzième jour, et qnelauefoia plus t^rd, fa défervescence s'opère d'après ud des modes qui suivent :
a. Par crise.
La défervescence, et c'est le cas le plus fréquent, peut èire complète du soir au lendemain matin. Elle est suivie
Quelquefois d'une ou deux grandes oscillations intermittentes, n plus grand nombre indiquerait la persistance de l'érysipèle avec un changement dans le rythme fébrile.
La défervescence peut être incomplète et la température subir une légère recrudescence dans la journée, pour n'arriver & la normale que le lendemain matin ou, la défervescence commencée dans la soirée se fait encore rapidement, mais avec progression, suivant une ligne de descente continue^ et devient complète on douze ou dii-huit heures.
b. Par lysis prolongée, suivant un mode déjà signalé par le professeur Jaccoud (Clinique de Lariboisiére, p. 786).
Nous n'avons obfervc que deux cas de ce genre. Dans le plus net d'entre eux, la défervescence, commencée au septième jour, n'était achevée que le douzième. L'érysipèle ne présenta d'autre phénomène qu'une marche plus lente, et resta borné dans les deux cas à la léle.
Parmi les érysipèles suivis d'une défervescence critique, nous comptons : érysipèle de la face, 4, avec apyrezie du sixième au huitième jour; érysipèle partiel de la tête, 2, avec apyrexie les ceplième et huitième jours; érysipèle de la téte, 20, avec apyrexie du huitième au treizième jour, et plus généralement le onzième ; érysipèle de la tète propagé au pharynx^ 2, avec ap^exie les vingtième et vinçt-sixième jours ; le premier fut suivi d'une paralysie temporaire de la portion droite du voile du palais; érysipèle de la tète propagé au dos, 1, avec apyrexie au quinzième jour.
Et parmi les érysipèles chirurgicaux, deux cas : l'un consécutif à la fistule de la région auriculaire postérieure, qui
(I) Nous avons obserrë on Ml iiuloguc clici m de doi naladei alMial d'ërjiîpvlc de 1b Uto, qui présenta un pou mvml la iéttnetetnea une pOVMë» iégin cl fii^ace nr 1m bradi' f un abcfei inppwint de l'afMel<e.
I grotesque, lorsque, devant sa femme, ses enfants et ses domestiques, il s'écrie, en voyant la bonne santé de ses deux petites filles : t Continuez, mes enfants. Soyez reconnais- 1 sants à votre mère et à moi. C'est une question de séléfe-
» lion et puis on ne fait de- bon ouvrage qu'en s'appli-
» quant ; et nous nous sommes appliqués, n'est-ce pas, José- » phine? » Grotesques aussi, cet autre professeur, ce docteur Biboux, qui ne voit partout que de la manie raisonnante, et ce docteur Nachard, < médecin aliéniste clérical, célèbre sans qu'il eût jamais fait un travail de quelque valeur scîentifiqiie >, mais quia fait un riche mariage parce qu'il pratiquait < le baptême du fœtus, à l'aide d^une seringue, dans les accouchements difficiles». Etl'ïnspecteur général Duprat, « ce séraphin en chevenx blancs, qui colore d'un vernis de science des idées omnibus », et ce médecin légiste Hermet qui jouit d'une grande notoriété scientifique, mais dont la toilette est négligée... Tous ces gens-là, les uns consciemment, comme Kagot, les antres inconsciemment, «^entendent
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se limita parliellemeiil h la tôle, ol avait pris fin le septième jour; l'autre, survenu à la suite d'une plaie de vésicatoire au dos, qui se généralisa au tronc et aux membres, et avait terminé son cycle au Ireixième jour.
T^pe n" 3. — Même période d'ascension rapide ; puis, dès le second ou le troisième jour, le tracé présente de grandes oscillations intermittentes à maxima élevés le soir et le plus souvent avec apyrexie le malin. Nous relevons ce type fébrile dans Us cas suivants : érysipèle de la face, 1, avec apyrexie au sixième jour; érysipèle de la tète, 4, avec apyrexie du onzième au treizième jour; érysipèle de la lôte propagé au dos, â, avec apyrexie les douzième et vingt et unième jours.
Et enfin dans le cas d'érysipële opératoire consécutif à l'ahlation d'une loupe du cuir cbevelu qui envahit la tète, le dos en partie, et la racine du membre supérieur droit; la lièvre était tombée te vingtième jour.
Dans l'un des cas d'érysipèle de la tète, après une durée pleine de dix jours, il y eut une rechute quatre jours après, qui dura elle-même dix jours et évolua avec le même rvtfame fèbrile. ,
Parmi les principaux incidents qui peuvent modifier les tracés dans quelques-unes de leurs parties, nous citerons : Les tentatives tbérapeutiqttes un peu actives; c'est ainsi rjue, dans un cas, radminislration au sulfate de quinine et du salicylate de soude eurent pour résultat d'inverser les grandes oscillations du type n" 3, de sorte que le malade apyrétique le soir présentait l'acmé fébrile le matin.
La régression sur partie ou totalité des points primitivement envahis dès le ^our même ou le lendemain que l'érysipèle a paru prendre fm. Cette poussée nouvelle est marquée par l'élévation brusque de la température, suivie d'an fastigium à deux sommets et d'une chute rapide. Au quatrième jour tout est terminé. Nous l'avons observé dans cinq cas, dont nn d'érysipèle chirurgical.
L'existence a'un temps d'arrêt dans la progression de l'érysipèle. Dans deux cas, la tache érysipélateuse développée autour de l'érosion d'origine est restée slationnaire pendant une journée, la température est revenue momentanément à la normale, pour subir une nouvelle ascension quand l'érysipèle eut repris sa marche extensive.
Dans quelques cas, une chute passagère delà température traduit une accalmie momentanée dans l'extension ae l'érysipèle, cela se remarque principalement quand il envahit successivement des régionsdifférentes. La progression a lieu dans ces faits par poussées successives.
D'autres fois la progression de Vérysipéle de la tête au tronc est accompagnée d'un changement dans te rythme fébrile ; ainsi dans un cas le type ii" 3 succéda au type n" 2 et
Bn quelque sorte pour certifierqoe M. Labat est fou, lorsqu'il ne 1 est pas. Quelle confiance peut-on avoir dans les mwleïins? Est-ce d'ailleurs à eux a juger dans des cas pareils f St peut-on admettre que sur le diagnos'i*^ de tels gredins et le tels grotesques, on puisse devenir pensionnaire de la naison de santé du docteur Borda-Blancard, de cet autre àntoche, ancien médecin de marine, médecin aliéoiste par léritage avunculaire, et qui. c habitué à la médecine énerique et rudimentaire du bord et des colonies, avait la coniction que les hommes, en général, ne peuvent être meés qu'à coup de garcettes, et les aliénés qu'à coups de ouches > ?
Nous ne savons ce q^u'ont pu faire les médecins à M. Yves iuyot, il dirait volontiers, parodiant un mot célèbre : c Le nédecin, voilà l'ennemi !» Et de fait, voici ce qui se lit ers la fiu de son livre et ce qui en constitue en quelque orle la moralité : c Certains hommes se sont toiiyours arogé le droit de disposer des autres : le conquérant, au
rupyre.\ic fui cotistiitcc au vingt et unième jour; dans le second terminé au quatorzième jour les oscillations rémittentes du lyjic D" 2, primitivement fixées au-dessus de 40 degrés, se rnainliiirent à ce moment au dessous de 39 degrés.
Les vÉcidirês survenues après nn intervalle ayant varié de un mois à deux ans no présciilaient pas nécessairement le même type fébrile ni la même durée que l'érysipèle primitif, inéme quand ils occupaient le même siège.
Les températures élevées sont de règle danâ l'érysipèle et n'aggravent en rien le pronostic mèm?. dans les cas où les minîma se mainiiennent autour de 40 degrés. On les rencontre presque toujuuri dans les érysipèles étendus de la lêle, et dans huit cas où survint uu dcliru actif les malades étaient des aluooliquej certains.
La défervescence fébrile est assez souvent suivie d'un abaissement momentané de la température cu-dessous de la normale et d'un ralentissement notable du pouls. Nous avons constaté, dans un cas, une température de Si'.S, et dans un autre, 32 pulsations à la minute, bien que la température ne soit pas^scendue au-rfeisaus de S&nogcéa.
L'érysipèle n'a pas été chex nos malades l'origine de lésions organiques du cœur.
Dans six cas nous avons observé l'envahissement du tronc consécutivement à la tète, l'extension s'est faite par la nuque et dans quatre cas futlimiléeàla partie poslérieuredutborax, dans un cas occupa en plus les lombes ut partie des membres supérieurs; une seule fois l'érysipèle descendu jus qu'aux plis fessiers atteignit les régions antérieures en envoyant sous forme de traînées des irradiations vers tes mamelons et les aines. Maurice Raynaud, dans l'excellent article : Erysipèle, du Dictionnaire de médecine et chirurgie pratiques, avait noté déjà que le menton reste en général indemne.
L'érysipèle ne progresse pas toujours d'une seule venue et ne s étend pas nécessairemênt dans la continuité ; nous l'avons vu, sur le tronc et les membres, procéder par placards isolés que séparaient des espaces où la peau restait, du moins à la surface, momentanément saine.
Comme d'autre part tout tend à faire de l'érysipèle une maladie générale infedo-contagieuse, nous croyons qu il y a lieu d'imiter la même réserve que pour les fièvres éruptives où nul ne songe à circonscrire l'éruplion; ces tentatives probablement tout aussi stériles n'étant pas, certaines au moins, sans inconvénients.
Ervsipèle secondaire. — L'érysipèle contracté pendant la convalescence d'une pneumonie, d'une fièvre typhoïde, d'une variole, a snivi sa marche normale. Greffé sur des ihidadies
préexistantes, il a eu une influence variable.
nom de la force; le prêtre, nu nom de la foi; aujourd'hui, c'est le médecin, au nom de la science..... Le conquérant tuait et torturait l'esclave ; le prêtre brûlait l'infidèle et l'hérétique ; le médecin expérimente sur le sujet. Le conquérant, le prêtre étaient les tyrans d'hier; le médecin est le danger cle demain. Prenons garde de substituer à l'oppression de César et de Jébovah, l'oppression de Diafoirus I *
Pour ce passage, nous accorderons à M. Yves Guyot le prix de rhétorique; mais son livre en contient beaucoup d'autres pour lesquelsil mérite celui d'anatomie. Il n'est aucun jeu ae physionomie de ses personnages, dbnt il ne s'applique à expliquer le mécanisme, en indiquant les muscles mis en jeu. Ainsi voulez-vous cotm&lire les signes caractéristiques du désespoir, ouvrez ]fi livre à la page 12, vous y lirez : « La brisure des sourcils, le gonfiement de leur partie > interne déterminant des proéminences frontales, l'abaïsse- » ment des commissures labiales par la eontriiétBa-di|hlnai}v> » gulaire des lèvres, le pinoemearW^ilâlé^H^VaUBff^d^
GâZKTTË HEÛDOMADAIRE Dë médecine et UË GHIKURGIE
a A?ita 1885
Taniftt les deux affections u'onl exercé aucune aclion | Tune sur l'autre et l'érysipèle s'est comporté comme précèdeuimont ; ainsi dans deux cas de tuberculose pulmonaire, un cas d'adécllon orgauique du cœur, un cas d'ictère, un cas de cirrhose alrophique dii foie, et pour un cas cliirurgical où le malade était paludéen et atteint d'anthracosts pulmonaire.
Tantôt l'érysipèle survenu à la période ultime de maladies graves est resté limité, peu actif, et n'a été qu'un épiphénomène élrangtii- k l'issue fatale; ainsi dans un cas de pneumonie grise et dans un cas d'alcoolisme aTec complications pulmonaires.
Tsnidt enfm il est devenu la cause de la mort comme dans deux cas de Aèvre typhoïde, l'un succombant à la prop.igalidn de l'érysipèle ft rarriëre-goi^e avec glossitc énorme, sans que des plaques de sphacète à la face et la gravité de l'état primitif aient permis une opération ; l'autre à l'infection putride consécutive à la gangrène des pai'ties frappées.
Ainsi dans nos cas d'érysipèlcs sim[jlcs, qu'ils appartiennent à la variété médicale ou chirurgicale, nous avons constaté la même nécessité d'une effraction dans le tégument au point d'origine ; la même variabilité dans l'extension qui peut être très limitée ; la même durée variable sans rapport direct avec l'étendue des surfaces atteintes; la même tendance h occuper les régions postérieures du tronc, postérienres et externes des membres ; la même évolution fébrile suivant des types déterminés ; et enfm nous avons pu porter le même pronostic favorable.
La septicémie a lué le malade atteint d'érysipèle secondaire, au déclin d'une fièvre typhoïde de moyenne intensité; ce sont les mêmes complications seplicemîques qui, croyons-nous, font le danger des érysipèles qui surviennent i la suite des grands traumatismes. Le malade succombe à l'infection putride et non à l'érysipèle, mais (»lui ci a favorisé Téclosion des germes septiques et a créé un milieu
[iropice à leur pullulation, cela d'autant plus facilement que a plaie est étendue, anfractueuse et profonde.
La discussion actuelle viendra sans doute prochainement décider s'il y a lieu de compter sur la méthode antiseplique pour s'opposer à l'érysipèle; mais, quoi qu'il en soit, elle paraîtrait encore indiquée pour s'opposer aux complications septicémiques ou en atténuer les eOets redoutables.
Conclusions. — L'érysipèle simple est une maladie sans gravité, de courte durée, qui ne devient que très exception-
nellement par lui-même l'occasion de complications sérieuses.
Il évolue & la façon des fièvres éruplives suivant une marche cyclique déterminée.
Les courbes fébriles répondent à trois types fondamentaux dont les variétés facilement reeonnaissables sont en rapport avec des circonstances souvent appréciables.
Greffé sur des maladies préexistantes, rérjrpipile P<^ut ajouter ou non à leur gravite propre ou devenir la cauae de la mort. Le danger n'est pas en rapport avec l'étendue, souvent limitée dans ces cas, de l'crysipèle; il parait provenir soit de la propagation aux voies respiratoires, soit plus encore de complications septicémiques.
L'érysipèle chirurgical ne présente aucune dilTérence essentielle avec l'érysipèle médical, ce sont deux variétés d'ime même maladie infecto-cont.-igieuse.
Mais l'érysipèle chirurgical naissiinl le plus souvent de plaies étenclues, profondes ou anfractueuses, donne un accès facile aux complications septicémiques et constitue un terrain éminemment favorable à la germinalioh et à la pullulation de leurs éléments. De Ifi sa gravité frèi|uente.
Ce sont les formes écourtées ou ébauchées des maladies qui font le succès passager de médications presque aussit6l abandonnées que vantées, el le grand nombre de nos cas abortifs ou qui se sont peu étendus au delà du point de départ engage à user d'une grande réserve avant de juger favorablement une méthode de traitement donnée.
La méthode antiseptique doit être appliquée en vue des complications septicémiques toujours à craindre. Dans la variété médicale il suffira de soulager localement par des topiques émollients, et de soutenir l?s forces par des laissons alimentaires.
Sua UN CAS SINGULIER DE MONOPLÉGIE BBAGHIALE SI It-
VENUE SIX JOURS APRÈS UNE ciii TE SUR l'épaulk. Communication faite à la Société médicale des hôpitaux dans la séance du %1 mars 1885, par M. le docteur Troisier, agrégé, médecin de l'hôpit^ Tenon.
J'ai reçu dans mon service, il y a bientôt trois mois, un malade atteint d'une paralysie du membre supérieur droit qui présente une certaine difficulté d'interprétation et sur la nature de laquelle on peut, il me semble, émettre différentes hypothèses. JVi voulu le soumettre à voire examen, afin que vous puissiez m'éclaïrer. Voici le fait :
Cet liomme est cocher de fiacre; il est petit, peu vi^ou-
» de la lèvre inférieure, el en même temps les rides tran»-
> versales du front, le vague de l'ceil, largement ouvert, in- » diquaient une stupéfaction profonde. » Et ainsi en cent
fiassages divers, on voit avec quel soin l'auteur a étudié le ivre de Darwin, sur ^Expression des émotions chez V homme et les animaux, et les recherches de Duchenne (de Boulogne), sur le mécanisme de la physionomie humaine. Pour votre édification, cher confrère, je ne vous en citerai plus qu'un exemple.
Ce pauvre Labnt, au moment de sortir de la maison de santé avec: sa fïmme, lui dit : c Je t'aime, comme à la veille de notre mariage. — Et moi comme une sœur, > loi répond-elle. Sur ce l'auteur ajoute : t Elle avait remar- » qué alors un mouvement de ses sourcils. Si elle eût » connu le mécanisme de la physionomie humaine, elle eilt » vu quf 1 était provoqué parla contraction du pyramidal du
> nés, le muscle de l'agression. »
Ainsi voyez, si H""> Labat avait eu les connaissances de
If. Yves Guyot sur la physiologie des muscles de la face, elle aurait lu dans la pensée de son m»ri, lui aurait cédé en temps opportun, n'anrait pas vu tuer son enfant sous ses yeux et ne serait pas devenue folle. El voilà comment, à la manière du professeur Pangloss, l'auteur d'^n fou prouve admirablement qu'il n'y a pas d'effet sans cause.
Pour moi, cher confrère, je tirerai du livre dont je viens de parler — trop longuement peut-être — une dernière moralité : c'est qu'il est indispensable d'apprendre aux jeunes filles les théories de Darwin elde Duchenne(de Boulogne) sur l'expression des émotions et des sentiments ; elles seront ainsi mieux préparées pour le combat de la vie, et, une fois mariées, elles liront sur les muscles de la face comme dans un livre, les moindres pensées, bonnes ou mauvaises, qui germeront dans le cerveau de leur mari. A renvoyer au Conseil supérieurde l'instnicUon publitjn^, seul jugecompétenten la matière. ^.^.^.^^^ by V^Q^l^
B AviRiL 1885
GAZETTE HEBDOMADAIRE DE IWËDECINË £T DE CHIROaGIE
Tcux, stfrv thorat est déformé par le racliitis. Le 24 iIp- >cemJire dernier, son eheTel s'étant emporté rue La Fayeite, 'il fol projeté à terre du haut de son siège ; il lomba dti c6té "droit, et, d'après ce qu*il racontfr, l'épaule aurait porté la Ifiremière sur le sol pnr sa partie postérieure. II ne perdit point connaissaiu»; U pois» relever, aller dans une pliai'macie voisine et remonter bientôt sur le âiège de sa voiture.- Immédiatement après, l'accident i) éprouva dans l'épaule droite une douleur assez vive, qui persista pendant quelques heures ; les mouvements du bras étaient gênés, mais non abolis. D'ailfeurtMl' coîilin"ua' son 'travail pendant cinf] heures, se . servant, i| . est vrai, djc Ja main gauche pour cônduire. Le lehilemain il alla consulter le mt^decin de la compagnie et obtint (fuelnuce jours, de repos. Xes choses en étaient là quand le 30 décembre-au matin, . c'esl-à-itij'e sKt jours après sa eluite, il s'aptrput à srin réveil qu'il était comptètement paralysé du membre sup^-ieur
Le 8 janvier 1885, -se rupelant que Je. l'avais soigné au- 'trefois, il vînt me trouver a l'bôpital: Town. Uon premier: .sQÎn tilt de, m'aasurer qu'il œ préseiilait m fracture de l'ex- IréiBÏtô supérieure de rhumérus, oi lusalion acapulo-ltumcrale;..et chose siikgulîère, je ne .vis sur .répaule aucune tcace de coulusioa.
Ce ne Tut pas sans une certaine surprise que constatai (une ■ paralyse absolumeol complète ou membre supérieur droit ; je soupçonnai même tout d'abord une simulation plus ou moins habile, mais- je reconnus bientôt qu'il n'en était riep.: hck bras était inerte et retombait avec flaccidité lorsqu'on ie .souLevaÂt; mouvements de raTanlHbras et de la main étaîei^ égajenunt abolis, les doigts seuls pouvaient exécuter un faible mouvement de fleiion.
Il y avftU.UBeabolition de la sensibilité dans presque toute rétendue du membre. paralysé^ à rexceplîon:deâ doigts et •de la face palmain de la maio. Sur la fiice dorsak de ht main, à l'avant-hras, au bras, à Tépaule, le shnple contact, >la piqûre, Je. pincement de'la peau, l'applicatipn d*im corps froid ou chaud, le courant électrique notaient perçus à aucua degré; cette anesthésie dépassait méine le moignon de l'épaule, elle s'étendait à la partie inférieure et latérale.du cou, à la région pectorale aulérieure jusqu'au mamelon et à la paroi postérieure de l'aisselle.
Le malade n'épfeuvait tùtlouleur ni engourdissement dans le membre paralysé. La pression faite avec le doigt sur le ^xus hrocbial, immédiatement au^essus de la clavicule, elait un peu douloureuse, ce qui n'exisiait point du cèté opposé.
J'ajoute immédiatement qu^il n'y avait ni hémiplégie faciale, ni paralysie 4n Riembre inférieur; la paralysie était bien .entament limitée au membre supérieur dnut.
fDeMÎs^ lors la sttuaiioD s'est feu. modifiée. Le membre >apalysé reste, comme vous le voyez, flasque et înevle-le pn^du corps. Le: bras et l'avant-hras ne peuvent, exécuter aucun mouvement volontaire; les mouvements de la main sont également impossibles. Cependant les mouvements des doigts, qui du reste u'oot jamais été tout à fait abolis, sont devenus plus forts et plus étendus ; l'opposition du pouce se fait asse2 facilement, ainsi que l'écarleoientet le rapprochement des doigts, lorsque la main repose sur un plan résislaiH ; le malade peift mime tenir un objet, et le sernw faiblement, mais il ne peut faire uMOiToir l'aiguille du dynamomètre, il existe donc encore une paralysie de presque tous les muscles du membre supérieur, y compris les muscles de l'épaule; seuls les fléchisseurs des doigts et les muscles de la main (interosseux, adducteur du pouce, etc.) ont recouvré en partie leurs fonctions. Il n'y a pas de contracture.
Quant & l'aucsthésie^. elle reste ce qu'elle était au dëlut dans les limites que J'ai signalées.
Quelle est la nature de cette monoplégie brachiale ? J'avais
d'abord pensé qu'il s'agissait là d'une paralysie Iraumatique par contusion du plexus. Des cas de' ce genre ont déjà été signalés. On trouve dans' Duchenne (de Boulogne) deux observations île paralysie causée par une chute sur répauli*. En voici les titres :
Chute îfiir l'épaulti droite contre If^ pavé et paralysie immédiate de tous les mouvements tlu bras sur l'épaule, el de flexion de l'nvant-ljr.is sur le' bras-. Pas de douleurs; seulement un pou treiisoimiisseniont de la main. — Deux mois après riicciiJont, consl.H.-iiîon tle la paralysie du deltoïde, du trapèze, des muscles de.* Tusses sus et sous-épineuses, du grand dentelé, des flécliisscnrs de l'avant-bras sur le bras, du bug supinaleur, el abolition de leur contractilité électrique. Perte de la sensibilité électrique. Longue persistance ne la paralysie et atrophie rapide et couinlètc des muscles prives de coniractilité électrique, malgré la oautérisatioa ponctuée, pratiquée au niveim du plexus brachial et malgré la faradisation localisée , appliquée {Wusieurs .fois par semaine {i)ê l'éltetrisation loealùtée. Obs. XX de .la 2* édition, XXXI de la 3*).
Chute sur l'épaule droite du la hauteur d'un wagon; .douleur vive et i^uméfaction du moignon de cette épaule; paralysie consécutive du deltoidu, îles rotateurs de l'Iiumé- .rus en dehors et de^ fléchisseurs de l'avant-bras sur le bras, persistant six semaines après Tacridont. Intégrité du la contractîlité ttectrique dans les muscles paraly.sés. Guérison rapide par la faradisation localisée (Obs. X!if de la 9' édition, XXXÎTdelaS').
Le mémoire de M. Krb {Sur une locattmtion 'pdhim- Hère de paralysie dans le plexus brachial, in Contres des naturaltstes de Heidelberg, 1874) contient deiix cas oû cette paralysie est d'origine IranmatInue.On sait que la paralysie, traumaliqueDu s)>ontanée, sur laquelle M. Krb a attiré l'attenfton, porte Sur un groupe de muscle, ef systématiquement sur les mêmes muscles {le deltoïde, le biceps, le cof^cb-brachiàl, presque toujours le long supinateur, plus rarement b court supihateur et les muscles animés par le médian). Ilyalà non point une paralysie limitée à tel ou tel nerf du bras, puisque les muscles atteints sont innervés par des nerfs différents, mais une paralysie dissociée qui, pour l'auteur, serait déterminée par la lésion de certaines racines du plexus (probablement le cinquième el le sixième nerf cervical). Mais je ne veux pas m'êtendre sur celte forme de paralysie, pnrore peu connue en France, et je renvoie à une note de M. Straus publiée 'dans la Gazette' hebdomadaire {Sur un cas de paralysie sptintanée du plexus brachial, avec intégrité du nerf médian, et sur quelques hcalitations rares de paralysie duplexas brachial jimO^ p. où le mémoire de H. Erb est Hnemeut analysé.
La note de H. Straus contient encore le résumé d'une communication faite par M. Ernest Remak à ta Société de. médecine de Berlin à propos de' faits analogues {Berl. klinische Wochenschr., 1877, n* 9). '
La thèse de M. Sarrade {Sur certaines formes rares de paralysie du plexus brachial, Paris, 1880) relaie, en dehors des travaux précédents, un mémoire tie M. Hœdemaker publié sur ce sujet dans les Archires de Psychiatrie (t. IX, p. 738). ■ ■
Enfin je méiitionnerait quoique ce fait s'éloigne du précédent par la violt^nce du traumatisme, l'observation publiée par M. Lellaive (jVo(e sï*r un cas de contusioti du' plexus brachial avec oblitération de l'artère ancillitire, par suite d'un traumatime de Vépaulef in Union médicale^ 1884, n» 147).
Eh bien, sommeS-nons en présence d'une paralysie d'origine périphérique? L'hypothèse d'une coutilsion du plexus brachial ne doit pas être écartée par ce seui fait qn& la paralysie s'est montrée cinq k six jours après l'accident] en sait en effet C|ue la perte des mouvements volontai^lr'nB suit pas toujours immédiatement la contusion ' des nerfs
MÉDECINE £T DE CHIRURGIE
3 Avril 1885
mixtes, et, lorsqu'elle se produit tardivement, clic est pcutfttre la conséquence d'une périnévrite secondaire. C'est ainsi que la paralysie radiale se montre quelquefois plusieurs jours après la compression du nerf.
Mais chez mon malade la paralysie présente- t-elle les caractères des paralysies traumattques? Voyons ce que donne l'examen électrique des muscles paralyses. Pour cette recherche, j'ai voulu m'entourer des plus grandes garanties d'exactitude. Je fis un premier examen avec l'aide de notre collè^ïue M. JofTroy dont on connaît la compétence en cette matière. Nous avons reconnu qu'il n'y avait pas trace de réaction de dégénérescence. Un second examen fût pratiqué le 14 mars dans le lahoraloire de M. le professeur Vulpian, par M. Vulpian lui-même et par M. Déjerine. Ce sont les résultats de ce dernier examen, conformes du reste avec ceux du précédent, que je vais indiquer sommairement.
A. La contraclilité farado-musculaire a été explorée avec l'appareil à chariot de Dubois-Reymond. Le minimum d'excitation des muscles est le môme du c6té paralysé que du càté sain ; il correspond à un écartemenl de bobines de 13 cenliinélres.
B. La conlractilité galvano-musculaire du côté malade présente la formule absolument normale, à savoir : elle n'est ni augmentée ni diminuée; le p6te négatif détermine une contraction plus forte que le p6le positif, et 3* la plus forte contraction se fait à la fermeture du courant.
C. Qoant i l'excitation faradique des nerbj elle donne les mêmes résultats du cAlé malade et du cAté sain. L'excitation a porté sur le point de Eri> fpoint du plexus brachial qui correspond à Porigine des branches antérieures des cmquième et sixième paires cervicales) ; sur le radial dans le plexus, dans l'aisselle et au bras; sur le médian dans l'aisselle, rt le minimum d'excitation des deux côtés est à 10 centimètres d'écarlement des bobines.
Il résulte de cette exploration électrique que ni les nerfs ni les muscles ne sont altérés dans leur structure, comme cela s'observe d'habitude dans les paralysies d'origine traumatique un peu anciennes; d'ailleurs, il n'y a point d'atrophie musculaire appréciable.
Nous nous trouvons donc en présence d'une paralysie qui n'offre aucun des caractères propres aux paralysies graves d'origine périphérique (diminution de la contractilité faradomusculaire, réaction de dégénérescence, atrophie musculaire) et malgré tontes les apparences il semble bien difficile de la rattacher à une contusion du plexus brachial. Pour H. Vulpian, avec lequel je me suis longuement entretenu de ce cas, l'absence des caractères que je viens de rappeler suffirait, si l'on ne connaissait les commémoratifs, pour faire rejeter immédiatement une paralysie tranmatique.
il faudrait en outre admettre, dans l'hypothèse d'une paralysie Irauroatique, que la contusion aurait également porté sur une partie du plexus cervical, car l'anesthésie dépasse les limites cutanées du plexus brachial et s'étend sur des régions innervées par les branches descendantes du plexus cervical.
Une deniière difficulté se présente. Comment expliquer, si le plexus brachial a été atteint dans sa totalité, que les doigts et la face palmaire de la main aient conservé leur sensibilité ?
Quelle est donc la cause de cette monoplégie brachiale ? Faut-il admettre une lésion très circonscrite de la circonvolution frontale ascendante? Mais quelle serait cette lésion? Le malade, je le fais remarquer ici, n'offre aucun signe d'affection cardiaque. — S'agirait-il d'une paralysie névi-opalliique, plus ou moins comparable aux paralysies hystériques? Je n'oserais l'a^rmer.
Tel est le cas embarrassant que je désirais mettre sous vos yeux. Pour ma part, je renonce a me prononcer aujour-
d'hui. La marche de t'ulTection nous renseignera peut-être tôt ou tard ; je tiendrai la Société au courant des modifications qui pourront se produire ches mon malade. (Voy. la discussion qui a suivi, p. 000.)
SOCIÉTÉS SAYâNTES
SfiAHCB DO 20 MARS 1885. — PntSIDBMCE DE M. BOOLET.
Phénomènes de la vie organique penuant les attaques d'êpilepsie. Note de H. Vulpian. — Dans ce nouveau travail, l'auteur fait connaître les résultats des recherches expérimentales qu'il a entreprises touchant l'influence des attaques d'épilepste : 1° sur les fonctions sécréloires; 2"anr les fonctions cardiaques et respiratoires.
Voici ces résultats :
1° Tous les effets par lesquels se traduisent, chei un chieD curarisé, les attaques épileptiques sans convulsioiu Aks muscles de la vie aninrale, n'aptnraissent que quelques secondes après la fin de Pexcitation épileptique, quana caUe-ci ne dure que deux à trois secondes.
2" Il y a un flux salivaire abondant qui peut durer plus d'une minute.
3° Les pupilles s'élai^ssent considérablement et restent larges pendant dix, quinze, vingt secondes, puis elles se resserrent, deviennent plus petites qu'elles n étaient avant l'excitation, et reprennent leur diamètre premier après être restées resserrées pendant quelques secondes.
4' Les mouvements du cœur se modifient, comme on peut en juger facilement en prenant des tracés du mouvement du sang dans une carotide; ils se ralentissent et deviennent irréguliers. Les collines respiralmres du tracé offrent plus d'élévation. Les modifications des mouvements du cceor peuvent durer plus d'une minute.
5* La pression intra-carotidienne du sang s'élève beaucoup ; elle peut monter de 9 i 20 centimètres, et probablement plus haut encore, lorsqu'on évalue cette pression A l'aide de l'hémodynamomètre k mesurer. Cette élévation, comme les autres symptômes précédemment indiqués, ne se produit
Sue deux ou trois secondes après que 1 on a électrise. penant deux secondes environ, un des points excitables au cerveau, et elle dure plus d'une minute, puis la pression s'abaisse et revient à son degré primitif.
&' Les reins pâlissent un peu.
7° La rate se contracte très visiblement. 8° La vessie, lors de chaque attaque, entre en contraction et expulse une certaine quantité de son contenu par le canal de l'urèthre.
9° Il n'existe rien de bien net, sauf peut-être son peu de congestion du cêté de l'estomae, de Pintestin pUe et de la partie supérieure du gros intestin.
Les expériences du savant professeur de la Faculté de médecine de Paris montrent, en résumé, que l'on peut, chez un animal curarisé, provoquer des atlai^ues épileptiques confinées dans le domaine de la vie organique, et leurs résultats paraissent pouvoir s'appliquer très exactemeot à ce
2ui se passe dans ce domaine dans les attaques ordinaires 'épilepsie.
3 Avril 1885
SÉANCE DU 31 MAns 1885.— PRÉSIDENCE DE H. J. BERGERON.
U.lB docteur Ugnmd Awlto m porte nodUat à !■ place dfeludB «Murte dans la Mction d'tay^M pubUqae, da mMecino 14galo el de police m&Ucale.
11. to dociour Laurent infonoo quB U Sociëlé Dorioande d'lij|[ièa« pratique vient d'iaaufurcr à Rouen le premier court publie at gratuit do cuiaina bysî^nîqae ; eo cours a nn trta yruDd atMcèa.
H. U AerAajra «uuMl iMpoee : I* n naïade M. la doctenr ÀnuuU là Saiiti- Gillcs. Ganl), une brodiare inlilul^ : De l'ûMph)^» iei tiua» m eaétû^gxie: i? de la pari de U. le docteur Oavid. un mémoire iraprlmd, ajani poor litre : L'anesthéiU et le$ dentitta ; 3* au nom de M. la docteur Yan im Corput (de Bruxellea), dcua braebma inUtuliSea : Ua âitinfeclaiU* it Ut antùtpU^ues su point *t vvtt 4ê U pnrkglaxic de ^uef^iut mUatUu «t ia«rAMH«»; 4* dala part de H. le doctegr Dememe, le Compte rendit de l'hôpital Jenaer li Berne en 1883.
H. Rocflard prétenle : 1* aa nom de M. le docteur Aubert, médecin -major de prcBiii>re claw. un Rapport maniiBcrlt anr le> vaccinatiena el revaceinationa qu'M a praliiuées en 1884 au 93* riijpnieni de ligne (ConHnission de vaccina); 3* de la part «le M. le docteur Couttpux, un mémoire maiiuicrit, ajrani poor li're : fi»aia du iraitemtnl de la phthitU par lt$ vaporiaatiw eoiUinma ét tiito fane» médiimmtetute> <■ ■'-■.
il. Dujardin-Bêaiimet% ottn, dekt part de M. le docteur flaym, un ouvraigaaur le IraitemetU du choUrn.
U. Larreji présente, au nom de H. le docleur Thelotan, un mémoire sur tet venu du nord de la Peree.
Lymphadénome. — H. Cornil donne lecture d'un Rap-
f»ort sur le concours du Prix. Daudet en 18^4. L'étude duymphadénome était le stypt de ce concours, lequel n'a donné lieu qu a l'envoi d'un ^eul mémoire. H. Cornil fait remarquer que l'étude clinique, hislologique et thérapeutique de ces tumeurs est encore des plus obscures.
Rhinosclérohb. — H. Cemil a eu l'occasien, avec M. Alvarex, d'examiner an mïcroKope quatre tumeurs pro> venant d'individus atteints de rhinoscléroine; cette maladie, assez fréquente dans TAmérique du Sud, consiste en un épaississement, sous forme de plaques et de tumeurs, qui siège dans la cloison nasale, sur la lèvre supérieure, les nari nés, Les fosses nasales et qui s'étend aux parties voisines, à la lèvre inférieure, au pharyn.T, au larynx, en produisant une sténose de cet organe, qui nécessite souvent la trachéotomie; c'est n ne maladie à évolution très lente, difTératit absolument j)ar ses lésions, ses symptômes et son traitement, de syphilis et de la scrofule. MM. Cornil et Alvarez ont reconnu l'existence de micro-organismes spéciaux à celte affection ; à l'aide de procédés dont ils décrivent les détails, ils ont trouvé des bactéries ayant une capsule hyaline, réfringente, dure et colorable, surtout dans les voies lymphatii]ues et quelquefois dans les vaisseaux sanguins de la tumeur; ces bactéries forment le plus souvent une bordure le long de li-^or, ett contact ^veC les cellules'endolhéftales, où elles ^onï très nombreuses; de plus, dans les grandes cellules, on rencontre des globes colorés, dont il est difltcile de connaître les relations avec la capsule des bactéries. Quant aux tumeurs elles-mêmes, elles récidivent habituellement; toutefois, en combinant les ablations partielles (lu tissu scl^rd^ifî avec dvs- ciMérisations par le cautère actuel, M. Alvarez a réussi à provoauer la formation du tissu cicatriciel et amélioré ainsi rélat des malades ; mais TafTec- (ion n'en dure pas moins un temps très long.
FiÈVKB TYPHOÏDE ET CHOLÉRA A Paris. — M. A. Durand- Cl£iy^i ingénieur en chef des ponts et chaussées, candidat laiis la section des associés libres, place sous les yeux de 'Académie une série de diagrammes et de plans relatifs aux épidémies de fièvre typhoïde et de choléra (jui ont sévi à ^aris depuis quelques années. — Quelle que soit l'épidémie, 1 est remarquable que les quartiers les plus sérieusement itteints ont toujours été les moins salubres ; d'autre part, on >eut, parmi les circonstances qui ont paru avoir unecerai ne influenee sur l'apparition et sur la marche des épidénies, signaler les suivantes, ne fût-ce qu'à titre de simple ïonstatation, et sans rien préjuger de leur influence réelle : Sopnjbmt.
'{"la fièvre typhoïde a paru succéer à de grandes pluies, colocidant avec une température élevée de l'atmosphère ; l'épidémie a atteint son maximum au moment où ces mêmes pluies ont cessé, la température restant toujours élevée ; z" l'apparition du choléra a coïncidé avec de forts vents du sud, qui ont eu pour conséauenco une élévation de température insolite, surtout si I on considère le mois pendant lequel elle s'est produite, le mois de novembre; la cessation de l'épidémie a coïncidé avec l'apparition de forts vent du nord; 3* la densité de la population des quartiers atteints ne parait pas avoir eu une grande influence sur l'apparition du fléau, puisque ce dernier a sévi dans les quartiers pauvres, \ où les maisons sont clairsemées et ta population peu dense ; 4° les choses «ont tout autres si l'on considère la densité de la population dans une même maison ; la mortalité a été plus grande dans les maisons très peuplées, notamment oans les garnis, que dans les maisons peu habitées; 3° en ce qui, concerne l'eau à Paris, il faut remarquer que, si l'alimentation en eau y est aujourd'hui portée à 180 litres par jour, et par habitant, il n en entre ^ue 21 litres d'eau potable dans les maisons^ les propriétaires mettant peu d'empressement à distribuer Teau aux habitants ; de plus les eâqx de Paris n'ont pas toutes la même valeur et les eaux de, rOurcq, en particulier, méritent bien les accusations dont, elles sont 1 objet, car sur le canal où elles sont puisées, vivent 1500 mariniers, et ce canal sert aussi aux biateaux qui portent les vidanges à Bondy ; aussi les statistiques montrent-elles que la mortalité par fièvre typhoïde et par choléra a été proportionnelle à la quantité d'eau de l'Ourcq, qui a été consommée dans les quartiers; 6; dans chaque quartier la mortalité parait avoir été d'autant moindre que le nombre d'égouts est plus grand ; 1' elle a également été moindre dans les quartiers où les cabinets d'aisances, au lieu d'être pourvus de fosses fixes, sont pourvus de tinettes filtrantes.
Enfin, si l'on compare la mortalité par choléra à Paris et dans les grandes villes où. le fléau a sévi l'aimée der-' nière, on trouve que l'épidémie a atteint, en un jour, les proportions suivantes de mortalité maxîma par 100 000 habitanU : à Toulon, 7â,72; àHarseille, 18,3; àNaples,9i,8 et à Paris, 4,28.
NâPBiiECTOMiE. — M. le docteur P.éan présente une malade à laquelle il a enlevé, il y a quatorze mois, une énorme tumeur cancéreuse attenant au rein droit, ainsi que cet organe, par la voie abdominale, & Taide de sa méthode de
morcellement des tumeurs. La guérison est parfaite.
ERYSiPfeLE ET ANTISEPSIE. — M. Léon Le Forty intervenant dans la discussion sur l'érysipèle et la méthode antiseptique dans les hôpitaux, constate, comme les précédents orateurs, (^oe l'infection purulente a disparu dans tes salles de chirurgie et que rérvsipèle y a considérablement diminué ; mais peut-on attribuer ces deux faits incontestables à une cause unique, telle que l'emploi du pansement ouaté de H. Alphonse Guérin ou du pansement de Lister? If. Le Fort ne le croit pas. U fait d'abord remarquer combien sont difl'érentes les méthodes anciennes de pansement de celles qui sont en usa^e aujourd'hui; la propreté la plus minutieuse règne maintenant, aussi bien pour les instruments et les linges que pour les matières elles-mêmes employées dans les pansements. De plus, les doctrines admises autrefois faisaient de l'érysipèle la manifestation d'un génie épidémique de nature inconnue contre lequel il n'y avait nen ^ entreprendre, tandis que, depuis, le caractère esseo tiellement contagieux de cette maladie a été nettement démontré.
Aussi les pansements actuels, quoique différant suivant
3 ÂvBiL 1S85
germes ferments ou de germes contages. M. Le Fort a proscrit depuis longtemos les procédés déplorables de Fancienne chirurgie, et il donne la préférence au pansement humide avec de l'alconl camphré, tout en exigeant une propreté rigoureuse; grâce à ces précautions, ses amputations de cuisse el de jambe, par exemple, ont été suivies d'une mortalité bien moins élevée que celle do Lister lui-même. D'ailleurs, il faut reconnaître que les conséquences prophylactiques diffèrent, suivant qu'on admet l'influence de germes ferments ou celle de germes contages : M. Verneuit, lorsqu'il parle de pansements antiseptiques et de ihéorie des germes, ne peut s'appuyer sur l'autorité de M. Lister, puisque celui-ci fait reposer sa théorie et sa pratique sur la nécessité de réunir les plaies par première intention, tandis que H. Vernedil laisse les plaies tapement ouvertes.
M. Léon Le Fort ne croit pas, ()uant à lui, que l'on puisse expliquer l'apparition de lérysipèle, dans les cas isolés,
f»ar la théorie des germes ferments; mais dans la pratique a théorie importe moins. Persuadé que l'érysipèle a besoin pour se développer de circonstances adjuvantes, il s'est surtout efforcé d'éviter l'irritation des plaies, la stagnation du pus, les fréquentes explorations, surtout pour les plaies de tète, et dans ces conditions il est parvenu à n'avoir depuis dix-sept ans, dans ses divers services, que vingt décès par érysipèle, dont cinq en deux mois pendant l'un de ses con^jés. Ën somme, tous les chirurgiens qui ont accepté la nouvelle méthode, ont obtenu des résultats sensiblement équivalents et quel c|ue soit le procédé particulier qu'ils ont employé. La révolution qui s'accomplit en médecine, comme l'a dit M. Veroeuil, n'est pas l'œuvre d'un homme, mais la résultante des notions acquises par toutes les générations précédentes ; nous ne savons pas plus guérir les grandes épidémies que ne le faisaient ceux qui nous ont précédés, mais nous savons que ces fléaux sont contagieux, et nous pouvons préserver de leurs atteintes les individus et les populations.
— L'j^cadémie se forme en comité secret pour entendre la lecture d'un rapport de M. Peter sur les candidats au titre de correspondant national dans la première division. La commission a classé les candidats dans Tordre suivant: en première ligne, H. Mignot (de Chantelle) ; en deuxième lianey H. Roliet (de Lyon); en troisième ligne, H. Feltz (de Nancy). Sur la demande de trente membres, l'Académie a désigné, comme candidat adjoint, H. Oré (de Bordeaux). L'élection aura lieu mardi prochain.
s£jLNCB du 27 MARS 1885. —présidence de h. guyot.
D« la ▼Blanr du ponla nwllal oomnw «lane diaBDostique daa ané- «TTsmes lat«nU de la oroue aorUqoe : H. Benda. — Treltemsat dn oroup par le prooèdA de DelthU (BC- Karaaohal) : M. Rlohard.— Un oaa de ladierle (présentation de ntalade); monoplègle braohlale rarrenne aprèenne <dmta mirl'«]ianle (prAaentaUon de malade) : M. Itoletar. (Dleouaalon : m. JoUroy, Ilendu, FérAol, DAjarlnet. — NoQvean dUatataar rneopliaglen (prtaeutatim d'iastra- Bun^: K. Dogoat.
H. Aefldu complète la communication qu'il a faite dans une précédente séance ^voy. le n" du 20 février) relative k un cas d'anévrysme de 1 aorte méconnu pendant la vie chez un homme de soixante ans, qui était entré à rhôpital avec une congestion pulmonaire bilatérale, une pleurésie gauche avec épanchement minime et une péricardite, toutes lésions reconnaissant pour origine commune un refroidissement. On avait constaté, en même temps, une absence totale des battements artériels dans la carotide gauche et dans tout l'arbre artériel du membre supérieur du même cété, à partir de la sous-clavière. H. Rendu avait cru à une oblitération
des orifices de la carotide et de la sous-clavière gauches, à leur origine aortique, par une plaque d'alhèrome, et n'avait pu songer à l'existence d'un anévryame de la crosse en l'absence de toute voussure, de tout trouble pupiltaire ou laryngé, enfin de tout signe d'auscultation : les battements du cœur étaient seulement assourdis. Par contre, l'autopsie révéla une énonne dilatation anévrysmatique comprenant l'aorte ascendante, la crosse, et s'éteiidant jusqu'à la première portion de l'aorte descendante. Cette pocbe était divisée en deux cavités secondaires par une sorte de bride transversale ; la première où s'aboucliait le tronc brachio-céphalique était vide de tout coagulum fibrineui, mais la seconde, sur laquelle s'implantaient la carotide gauche el la scusclavière, était presque entièrement oblitérée par des slratificalions épaisses de fibrine, supprimant en grande partie la lumière du vaisseau et ayant complètement obturé les orifices des artères collatérales. M. Rendu pense que cette formation de caillots fibrineux et cette oblitération arlcrielle ont dû être singulièrement favorisées, chei son malade, par la diminution de l'impulsion systolique cardiaque résultant d'une symphyse péricardique totale, constatée seulement k l'autopsie. Il croit, en résumé, que l'absence du pouls radial et cnrotidien coïncidant avec une augmentation de la matité précordiale, et avec une absence de souffles cardiaques el aortiques doit mettre sur la voie d'un anévrysme latent de la crosse en partie oblitérée par des caillots fibrÎMux épais.
— H. Richard communique, au nom de H. Hareschal, médecin-major d'artillerie, une observation de guérison d'un enfant de cinq ans atteint de croup, au moyeu des fumigations de goudron et d'essence de térébenthine employées conjointement avec les vomitifs. La disparition des symptômes alarmants a nettement coïncidé avec la mise en œuvre du traitement; de plus, le frère du petit malade, âgé de deux ans, qui n'avait pu être éloi|j;nc, n a pas été atteint.
— M. Troisier présente un malade atteint de ladrerie. C'est un homme de cinquante-neuf ans, qui porte, en divers points de ta peau, environ quarante petites tumeurs, plus ou ii;oins saillantes, mobiles sous le doigt, un peu élastiques, ayant à peu près i centimètre dans leur plus grand diamètre; quelques-unes, de la grosseur d'un grain d'avoine, ont une consistance pierreuse. Le diagnostic de ladrerie fut confirmé par l'examen du contenu d'un des petits kystes, situé au niveau de l'omoplalc sous l'aponévroso du grand dorsal, et dont l'ablation avait été pratiquée avec le consentement du malade. L'examen en fut t'ait par HM. Slraus et Rendu, qui constatèrent, dans le liquide aqueux de la poclie,
auelques crochets et des corpuscules calcaires. Il n'y a ^>as e cysticerques sous la muqueuse du plancher buccal et rien ne fait supposer qu'il en existe dans les viscères. On sait que le cysticerque de l'homme est le même que celui du porc, et provient d'œuts de tîenia solium qui ont été ingérés, ou qui, contenus dans des proglottis de cet helminthe fixé tUiis l'intestin, ont été mis en liberté chez l'individu même <|iii en est porteur, par une véritable digestion de ces pr»»glotlis ayant remonté jusque dans l'estomac. Le inalail<< de M. Troisier n'ayant pas de lœnia, il fallait recbercher comment il avait pu ingérer des œufs ayant fourni les embryons hexacanthes. Or une enquête mmutleuse révéU ue la femme de ce malade est atteinte depuis sept afl^ u ver solitaire, pour lequel on l'a traitée plusieurs fois sans résultat Que faut-il penser de cette coïncidence? — M. Troisier présente de nouveau le malade qu'il a ameiMdéjà en 1882 ; chez cet homme, qui a eu le ver solitaire, un certain nombre de cj^sticerques se sont encore montrés depuis trois ans, mais ils ont presque tous disparu spontanément; il n'en resie plus que deux ou trois. Il a oITert dea accès épileptifurmes, dus sans doute à des cystiM^es de la pie-mère. Tout accident a aujourd'hui disparut
3 Atril 1885
fi. Laboulbine se demande si, en dépit de ropinion de Mégfiin et de Colin, rbomme ne saurait être inreclé par ingestion d'œufs du taenia inerme du bœuf ou du veau? Dans le cas actuel il s'agit bien du cysticerque du porc, puisqu'il eiisle des crochets.
M. Betuhi pense qu'il est peut-être un caractère différentiel autre que la présence des crochets. M. Périer lui a fait voir des cysticerques de petites dimensions qui pourraient bien être ceux du lœnia inerme chez l'homme.
U. Troiêier fait remarquer que son malade est porteur de kjsCes de volumes très différents ; les plus petits n'ont pas la même consistance qup les autres.
— M. Troisier lit une note intitulée : Sur un cas singuiur fie monoptégie brachiale survenue six jours après une ckvtte iur i'épmie. Il présente le malade. (Voy. p. m.)
ï. inffro^f ne peut accepter, dans ce cas, le diagnostic de commotion du plexus brachial ou de ses origines spinales sans allèrations consécutives des nerfs et des muscles, car ïs /laraJjsic et l'anesthésie^ auraient disparu depuis longtemps, tandis qu'elles persfstent depuis trois mois. L'Iiypotbése de névrite plus ou moins généralisée du plexus brachial est inadmissible, puisque les réactions électriques des nerfs et des muscles témoignent de l'absence de lésions appréciables dans ces organes ; de même l'idée de monoplégie d'origine cérébrale est contredite par la lenteur du début, l'absence d'ictus, de troubles intellectuels, d'aphasie, de paralysie de la langue et de la face, par la topographie de l'aneslbésie, enfmpar l'absence de toute contracture ou exa-
féralion des réflexes tendineux après tivis mois de date. De examen do malade et de la comparaison du cas avec les faits mmlognes connus, dont il rapporte plusieurs exemples, M. JolTroy croit pouvoir conclure, non à ce que l'on a appelé ane paLrafysie traumalique. mais à une paralysie hystérique déternninée par le traumatisme. En effet, la mère du malade avait des pertes de connaissance lorsqu'elle était contrariée, une de ses sœurs a des attaques d'hystérie, enfTn lui-même, bien qu'il n'ait pas d'attaques, ni de points hystérogènes, présente, outre l'anesthésie cprvicu-bracniale, objet de ladis- (Dssion, une anesthésie marquée du pharynx. Il faudrait compléter l'examen par la reclierche du champ visuel, de la perception des couleurs, du sens musculaire, etc. La véritable nature de semblables paralysies est trop souvent méconnue.
M. Rendu désire formu!er, contre rinterprétation de M. Joflxnif» quelques objections. Il lui semble difûcile d'admettre l'eclosion d'une des manifestations les plus rares de l'hystérie chez un homme de cet âge dépourvu de tout antécédent net de nervosisme. Le traumatisme paraît bien, d'ailleurs, être ta cause de la monoplégie qui a débuté aussilèt açrès l'accident. H. Joffrojinvoque la persistance de la contractilité faradiqde e1 'galvanique normales, ainsi que l'anesthésie du bras et de Tavant-bras, respectant le dos de la main dans une région circonscrite ; il est certain que, le plus souvent, la névrite traumalique s'accompagne de la suppression de la contractilité faradique^ et d'un certain degré d'atrophie musculaire, mais il reste bien des inconnues dans l'histoire des traumatismes, et, en particulier, de la commotion des nerfs. Les élongalions du sciatique, par exemple, ne sont pas nécessairement suivies de troubles moteurs ou d'atrophie des muscles. Quant à l'anesthésie, elle est ordinairement plus diffuse dans l'hystérie ; et, d'autre part, les recherches de J. Ross ont confirmé, l'an dernier encore, cette notion que les troubles de la sensibilité, lors de contusion d'un nerf périphérique ne sont pas toujours exactement répartis comme le ferait théoriquement prévoir la distribution anatomique du nerf lésé. En somme, M. Rendu persiste à croire que, dans le fait de M. Troisier, il s'agit d'une paralysie
traumalique des nerfs périphériques, en dépit des quelques anomalies qu'il ne cherche pas à contester.
M. F^r^ot a observé, eal881,àBeaujon, un casanalogue; U s'agissait d'un homme de vingt ans environ, qui offrait une monoplégie bradiiale droite, avec anesthésie, et attaques épileptiformes. M. Féréol diagnostiqua une tumeur cérébrale, sans doute un tubercule, et emmena le malade à la Charité, lorsqu'il changea de service. Il apprit alors que la monoplégie était survenue peu de temps après une contusion de l'épaule par un sac de farine : pourquoi le malade avait-il caché ce fait ? n'y avail-il pas chez lui quelque simulation ? De nouveaux accidents apparurent : polyurieavec hypoazoturie ; troubles irophiques à forme héra'iplégique droite, furoncles, anihrax, etc.; attaques épileptiformes plus fréquentes; hébétude; coma menaçant. Mais bientôt tous ces phénomènes graves disparurent, et, au bout de dix-huit mois, la guérîson était complète ; le malade put être militaire. Le diagnostic reste donc fort incertain, bien que la tumeur cérébrMe, un tubercule sans doute, demeure l'hypothèse la plus probable; ces rémissions de longue durée si> mutant une guérison complète ne sont pas absolument rares. Mais quel a été le rôle de la contusion dans le développement de la paralysie? Ce point reste très obscur. — H. Féréol a, depuis lors, observé, à la Charité, cbez une jeune blanchisseuse, une monoplégie brachiale consécutive à une contusion ; mais cette femme était manifestement hystérique, et le diagnostic s'imposait. Du reste, elle a guéri rapidement, tandis que le malade de M. Troisier est paralysé depuis trois mois et rien n'annonce que sa monoplégie soit près de finir.
M. D^erine rappelle que M. Yulpian et lui ont examiné le malade de H. Troisier. L'excito-motricité des nerfs, ainsi nue la contractilité faradique et galvanique, étaient normales. En faradisant au pinceau, avec un courant fort (5 centimètres d'écartement des bobines de Dubols-Reymond) les téguments de l'avant-bras paralysé on obtenait facilement un rappel de la sensibilité à la douleur; or M. Vulpian a montré que ce phénomène plaide en faveur d'une lésion centrale ou de l'hystérie, et tend au contraire à infirmer l'hypothèse d'une altération des nerfs périphériques.
— M. Duguet présente un nouveau dilatateur oesophagien qu il a fait construire par M. Aubry afin d'éviter les difficultés que l'on éprouve parfois à ramener l'olive du dilatateur de Trousseau introduite au delà d'une sténose œsophagienne. Ces difficultés tiennent à ce que la tige de l'ancien dilatateur l'orme avec le pAle de l'olive, sur lequel elle est vissée, un angle rentrant brusque, et que le rétrécissement du conduit œsophagien s'insinue dans cet angle, au retour de l'olive, comme une sorte de cravate plus ou moins serrée. En employant la force pour vaincre cette résistance, on produit des ébranlements, des décollements ou des déchirures. L'appareil de M. Duguet (voy.la flgure)n'offre pas ces inconvénients, l'extrémité inférieure de la tige et le p6le supérieur de l'olive se prolongeant insensiblement, lorsqu'on les a vissés bout à bout, sous forme d un cdne à base inférieure, représentée par l'olive elle-même. On comucçnd qu'après avoir franchi le rétréussement^loiwiu*qii HUre le dîlau> teur, l'évasement conique de sa'poSt^ilnr^nrérieure ^t^e^