No
3 Avril 1885
iasen^blemeat et sans secousse le plus grand diamètre transventU de roUve à franchir le. point sténosé de l'œsophage.
— La séance est levée à cinq heures et demie.
André PEnr.
Société «le ehirarfle.
SËJLKCE pu 18 UAKS 1885. — PRÉSIDENCE H. DUPLAY.
CSorp* Atrattgen d« la v«Mle (Rapport mr J» xftAinolre d« K. Benrtat) : M. Monod (IHaoualon : HH. TenUlon, GtUstte).— Znolslon* exploratrice* ap^lqaàes an dlagnosUc jlps tumears abdoiginBlefi : K. Tàrrinon (DlrcuBsloa : HM. Honod/Terriar, Z.uoa«-Champlonnièra, Polamon, Maro 8Aa. Trélat).
M. JfànotfdonAe lecture de son rapport sur le mémoire de-M.'HVkiriet, relatif à la sitdation ^ue pretiifeRt dans la vessie les corps étrangers longs et rigides. Les corps de cette nature sont soumis, dans la vessie, à une sorte de loi d'accommodation, et se placent .suivant le diamètre transversal du réservoir, moyennement distendu, au voisinage du col. Dans une vessie en état de répiétion, ils ont une mobilité beaucoup plus grande et n'affectent pas' une situation déterminée; aussi faut-il hicn se garder, pour aller à la recherche de ces corps étrangers, de distendre la vesne par une injection abondante de liquide.
La situation constante qu'affectent les corps étrangers longs et rigides est déterminée par la prédominance du diamètre transverse de la vessie en état de moyenne dilatation : on comprend aisément que ce soit ce diamètre que vienne occuper le corps étranger. On peut donc profiter de la moindre mobilité et de la position connue du corps étranger pour le saisir avec le mors de l'instrument; mais il est, dès lors, évident qu'on te saisira par son milieu, et que l'extraction en serait impossible si l'on ne parvenait à en opérer le redressement, de façon à le placer dans la directmn même de l'in^rument et à ne maintenir entre les mors qu'ane de ses extrémités. Sans parler des nombreux instruments inventés
eonr atteindre ce ont, il est une manœuvre préconisée par 1. Gnyon comme Ini ayant souvent rendu service ; il s'agit, au moyen du toucher rectal chez l'homme, et vannai chez la femme, d'exercer des pressions méthodiques sur le corps étranger, dont on peut apprécier ainsi la direction, et de favoriser par là son redressement complet avant de procéder à soir 'extraction. Il est bien évident qull faut, pendant cette manœuvre, desserrer légèrement les mors de l'instrument pour permettre une certaine mobilité au corps étranger.
H. Terrillon a été appelé à retirer de la vessie d'un homme de trente-huit ans un crayon de sent à huit centimètres de longueur ayant été introduit par Turèthre. Peu de jours après, le malade succombait à un phlegmon urineux du petit bassin. On constata, à l'autopsie, les traces sur la muqueuse vésicale de la place occupée par le crayon pendant la vie : une ulcération au niveau de l'extrémité mousse; une perforation du cété de la pointe. Cette dernière rendait suffisamment compte de rinfiltraiion urineuse. En joignant les deux points lésés de la muqueuse vésicale on pouvait constater que le crayon occupait, comme l'indique H. Hennet, le diamètre transversal du bas-fond de la vessie.
H. Gtl/ettd croit que, si cette situation est fréquente, du moins elle n'est pas constante. Il a, en effet, opéré au moyen de la taille sus-pubienne, un individu qui s était introduit par l'urëthre, jusque dans la vessie, des nervures de feuilles de six à sept centimètres de longueur. Ces . nervures, incrustées de sels calcaires, formaient des calculs occupant dans le réservoir urinaire une direction antéro-postérieure.
M. SioHod fait remarquer que l'observation de M. Terril- Ion est très démonstrative ; c'est uue véritable expérience réalisée sur l'homme. Quant aux nervures de feuilles dont parle M. Gillette, elles ne peuvent être considérées comme des corps rtj^id^; il est donc assez naturel qu'elles aient échappé à la loi formulée par M. Henriet.
— M. Terrillon, ayant eu occasion de pratiquer trois fois l'incision exploratrice des parois de l'abdomen pour s'assurer de la possibilité d'une opération plus radicale, a été amené à faire quelques recherches statistiques propres k déterminer le degré de gravité des incisions de ce genre : sqr 179 cas, il a relevé 39 décès et 140 guérisons, soit une morlaUli de 21 pour 100. En examinant les observations en détail, il a reconnu que le danger qu'on fait courir aux malades est d'autant moindre, que Ton a affaire à des tumeurs abdominales moins malignes et menaçant, par elles-mêmes, moins directement l'existence : sur 19 cas de tumeurs malignes, il y a eu 6 morts et 13 guérisons", tandis que- 9 kystes dte l'ovaire inopérables ont donné l' raoM et 8 guérisons, A que 18 fibromes, dans des conditions analogues, ont fourni seulement 2 morls. La guérison a été constante dans 6 cas, où l'incision exploratrice a révélé l'absence d« toute tumeur. C'est donc, en résumé, une opération moins grave qu'on ne le pense généralement ; mais qui; cependant, n'est pas tellement innocente qu'on doive la pratiquer sans être guidé oar l'intérêt même dë. la malade, et l'espoir de pouvoir faire oénélicier celle-ci, au moyen d'une opération plus con)i)tète, de la précision des notions diagnostiques et pronostiques que l'incision permet au chirurgien d'acquéTir.
En un mot, elle doit toujours être considérée comme le premier temps d'une laparotomie et ne jamais être entreprise dans le seul but d'assurer un diagnostic douteux. Il est certain^d'ailleurs, qu'un grand nombre de malades oiU été, grâce anx renseignements fournis par Hncision exjiloratrice, débarrassées de tumeurs tout d'abord considérées comme inopérables. C'est donc une opéra.tion rationnelle, que le chirurgien est autorisé à entreprendre, lorsque, après avoir épuisé tous les autres moyens de diagnostic, il m trouve dans la nécessité d'être plus complètement édifié avant de pratiquer une opération radicale. Les dangers seront, du reste, moins grands si l'incision est faite de bonne heure, avant que les forces et le courage des malades ne soient trop affaiblis. M. Terrillon déclare cependant que la ponction exploratrice, sagement pratiquée, doit encore passer avant l'incision ; elle fournit ae précieux renseignements ^ offre cerjtainement une moindre gravité.
M. MùHod a pratiqué récemment Fineision Abdominale en vue d'une ovariotomie chez une femme de trente-six ans, dont les règles étaient supprimées depuis deux mois, et qui présentait une tumeur abdominale du volume d'un utérus gravide au sixième ou septième mois. Il avait agité l'hypothèse d'une grossesse, mais je palper uni ai^^tpuoher vi^nal, l'auscultation et l'exàmen minutieux' de la malade n'avaient fourni aucun renseignement en fàveiir de celte opinion, et le diagnostic de kyste ovarique avait été maintenu. Une courte incision delà paroi abdominale conduisit sur l'utérus; la suture fut faite aussitôt: la malade guérit cl la grossesse évolua normalement. C'est là une opération qui peut rentrer dans la catégorie des incisions exploratiices. Elle n'a eu aucun résultat fôcheux.
M. Terrier fait observer qu'ordinairement les incisions dites exploratrices sont suivies de manœuvres plus ou moins longues, propres à fixer le diî^nostic incertain, et constituent un commencement d'opération, souvent plus grave qu'une opération complète. Le chirurgien se décide à refermer l'abdomen lorsqu'il reconnaltqu'il ne peut termina' l'opération commencée. On devra dq(fîc^é«tM J«d ii|cisioos eiploratrices si l'on u'esl^ipit^NUlhiV^ndM^diËl^
3 AvaiL 1885
GAZETTE HEBDOMADAIRE DE HfiDfiGINE ET DE GHIRUHGIB