SÉANCE DU HARDI 7 ATHIL (SOIR). — PRÉSIDENCE DE H. OLLIER
XUssotlon ds l'astragale: MM. Rerardln at OUiw. — Trépanation ItfèTmUTa : M. J. Bowdnl. — TlrApanatloii tardlva : M. XoUlèrs (da Iiyon). — Trépanation et locallBatlona oérébralaB: M. Démons fde Bordeaux). — NAvrite tramnatiqne: H. Tripler (ds Lyon). — Sature des nerfs: M. Nloalse. — Êtlologle et pathoffinle du mal peilorant: MM, Boursier et hagruag^ (de Bordeaux). — Opération da la oataraote: KM. Panas, Oalesowakl, Thomas,
H. Reverdin (de Genève) fait une communication sur un procédé de résection de l'astragale et de l'articulation tîbiotarsienne. Son procédé a ceci de particulier que si après l'ablation de l'astragale il parait nécessaire de laire une désarticulation tibio-tarbienne, cette opération est très facile. De même si le catcanéum est sain, on peut faire l'opération de Pasquier-Lefort.
Ce procédé consiste à faire une incision postéro<externe. On
Ê eut ménager le tendon d'Achille ou le sectionner à volonté, lans tous les cas, les vaisseaux et les nerfs sont respectés et le jour fourni par l'incision est suffisant pour extirper facilement et rapidement l'astragale. En terminant, H. Reverdin rappelle l'excellent travail de M. Robert (du Val-de-Gr&ce) sur Ta&Iation de Veutragale, travail qui démontre bien l'utilité de cette opération.
— M. OlUer. Dans la résection tibio-tarsienne, M. Ollier s'attachait autrefois à laisser l'astragale; il considère aujourd'hui comme très important de l'enlever. Cet os est peu vascutaire, vit faiblement, est d'habitude le siège de foyers tuberculeux disséminés ou confluents. Il est donc très important de l'extirper; aussi H. Ollier commence-t-il totyours la résection tibifr-tarsienneparcette ablation. Lorsque la chose est possible, il conserve les malléoles, qui sont très utiles à la solidité de l'articulation. Après l'ablation de l'astragale, il explore les malléoles, le plateau tibia). Le plus souvent il suffit de tunelliser ces extrémités osseuses ; les malléoles ainsi perforées se reproduisent intégralement plus tard et le résultat orthopédique est parfait.
Lorsque l'astragale est enlevé, le calcanéuro remonte et vient prendre sa place. Le pied est raccourci, mais très solide. ha résection de l'astragale doit être faite hâtivement; au premier signe de lésion tuberculeuse de l'articulation, il faut se décider à intervenir; cette opération n'est pas grave, surtout chez les jeunes gens et les adolescents. Chez les adultes, sauf cas exceptionnels, il vaut mieux amputer.
— M. /. Bœckel fait une communication sur la trépanation préventive dans les fractures du crâne. Il rappelle le mémoire que Séditlot écrivit sur ce sujet, en 1869, et s'attache à démontrer l'excellence de la trépanation préventive. La trépa-
47 Atail i88S
nation faite immédiatement après l'accident est en effet U plupart du temps suivie de succès ; la méthode antiseptique assure son innocuité ; on peut au besoin remplacer le trépan par la gouge et le maillet. En Allemagne, cette trépanation préventive, contre laquelle on & au début beaucoup protesté, est universellement acceptée.
M. Bœckel cite onze observations personnelles, suivies d'un résultat heureux. Les trépanations secondaires ont donné des résultats beaucoup moins satisfaisants, ce qui s'explique par les accidents cérébraux développés avant l'opération.
Après la (réoanation , la regénération osseuse peut faire complètement défaut, mais sans inconvénient pour le blessé.
~Vi.MolHère (de Lyon) partage l'opinion de H. Bœckel, touehantla trépanation préventive et communique au Congrès six faits personnels de trépanation tardive, qui démontrent
la nécessité de faire la trépanation le plus tôt possible et l'impossibilité d'avoir recours aux locahsations cérébrales dans le diagnostic de la lésion.
— H. Démons (de Bordeaux) s'attache au contraire à démontrer la grande importance des localisations cérébrales. Il cite à l'appui de sa manière de voir une remarouaUe observalioa, aans laquelle les notions fournies par la physiologie des centres nerveux Tont conduit, sans aucun indice extérieur, sur le siège même de la lésion. Son malade atteint d'hémiplégie gauche, d'épilepsie partielle, ne présentait au niveau du crâne ni cicatrice, ni saillie, ni dépression; rien d'apparent ne pouvait guider le chirurgien.
A l'aide des mensurations recommandées par Broca et Lucas Cham pionnière, H. Démons tomba mathématiquement sur la lésion cérébrale. Le malade est guéri depuis vingt-trois mois. Il a repris toutes ses forces et jouit d une florissante santé. M. Démons insiste sur la nécessité d'inciser la dure mère ; la lésion est souvent au-dessous ; dans le cas dont il rapporte l'histoire, il ne craignit pas d'extirper une partie de l'écorce cérébrale, et serait, i l'occasion, disposé à enfoncer profondément un trocart dans la substance blandie si les signes présentés par le malade indiquaient la présence d'une collection purulente à ce niveau. Le cas si remarquable de M. Démons est le plus bel exemple connu de trépanation guidée par les localisations cérébrales.
— H. Cauvy (de Béziers) lit un travail critique sur les indications et les contre-indicattons de la trépanation.
— H. Tripier (de Lyon) fait une communication sur deux i cas de névrite traumafique dans lesquels la transmission de
la douleur se faisait par les nerfs collatéraux. L'examen his- i lologique qu'il a pratiqué et l'étude clinique très détaillée dont il donne la relation, ne laissent aucun doute sur le r&le joué par les nerfs collatéraux dans la transmission des accidents douloureux. Les observations rapportées par H. Tripier méritent d'être lues, elles apportent avec elles une démonstration qui n'a pas besoin de commentaires.
— M. Nicaise lit une note sur la suture des nerfs. Cette opération lui parait d'une incontestable utilité. Elle facilite et hâle le travail de régénération. Dans un cas qu'il rapporte avec tous les détails q^ui s'y rattachent, M. Nicaise a obtenu des résultats très satisfaisants. Cette opération est absolument innocente lorsqu'elle est faite en suivamt les règles de l'antisepsie.
— H. Lagrange (de Bordeaux), au nom de H. Boursier et en son nom, communique un travail sur l'éliologie et la pathogénie du mal perforant. Ce travail s'appuie sur trois observations qui peuvent être résumées ainsi : la première concerne un jeune homme de dix-sept ans, colporteur, pieil bot équin, marchant sur la partie antérieure du pied et atteint d'un mal perforant de cause exclusivement mécanique. Le repos a sulTi pour guérir presque complètement ce malade,
2ui ne présentait aucune lésion vasculaire ou nerveuse, e deuxième fait est l'antithèse du premier. iH'igit d'an
11 Avjui, i885
homme qui, tombant du quatrième étage, se fil une lésion grave de la moelle. Paraplégie complète, qui guérit peu k peu; pendant que les accidenls médullaires évoluent sans compression d'aucune sorte, dans le lit même du malade, se produisent des ulcères perforants plantaires. Le mal est ici de cause exclusivement nerveuse. Le troisième malade est remarquable par la coïncidence d'un ulcère de jambe etd'un mal perforant plantaire. M. Lagrange discute les diverses théories imaginées pour expliquer le mal perforant. Il insiste sur la nécessité d'admettre des causes très diiférenles k cette affection unique par ses symptômes; il y a des maux perforants d'origine nerveuse en très grand nombre, mais il en est aussi qui ont uniquement pour cause la compression et dans lesquels les lésions nerveuses ne jouent aucun rôle pathogénique.
— M. Panas se propose de démontrer que l'extraction de la cataracte sans indectoroie constitue un procédé inliniment Bupérieurà la méthode de de Grsefe. Après avoir rappelé le véritable procédé de Daviei,doat le lambeau comprenait les deux tiers de la cornée, el fait l'historique des modiûcalions successives qui ont été apportées i l'extraction de la cataracte, Panas expose sa pratique actuelle et les brillants résultats qu'il a obtenus.
Il ne fait plus l'iridectomie ; l'iris n'étant pas traumatisé est moins disposé à s'enDammer ou à suppurer que lorsqu'on l'excise. La preuve en est dans la fréquence des iritis plastiques et des syoéchies consécutives à l'opération de la cataracte par la méthode de de ùneïc. Au contraire, dans l'extraction du cristallin sans plaie irienne, la pupille conserve une mobilité et une régularité ^rfailes. La conservation de l'iris a encore l'avantage de laisser une muraille, un rempart, qui protège Itrs parties profondes ; le vitriuin ne s'échappe pas.
Il importe de remarquer que l'opération de la cataracte avec iridectomie conserve encore ses indications pour certains cas particuliers, cataractes adhérentes, etc., etc.
H. Gaiezoœski vient défendre la même pratique. Il insiste sur les avantages immenses de la méthode antiseptique. La cocaïne, qu'il a adoptée comme tous les ophthalmologistes, lui a donné des déceptions. Elle a l'inconvénient d'insensibiliser trop longtemps la cornée et d'exposer aux nécroses partielles de cette membrane.
M. Panas eslime, au contraire, que l'action de la cocaïne n'a pas une lougue durée. S'il y a insensibilité partielle et prolongée de la cornée, c'est qu'en taillant le lambeau on sectionne forcément un ou plusieurs filets nerveux qui se rendent à cette membrane. L action de la cocaïne, est temporaire, et, quoi qu'en passe H. Galezowski, reste excellente.
M. Thomat (de Tours) appuie les opinions de H. Panas.
LjLOnANGE.
SOCIÉTÉS SAVÂiNTËS
séance du 13 avbil 1885. — présidence de m. boulet.
Inhalation du formène et do chlorure de méthyle. Note de MM. /. Regnault et Villejeaii. — Dans celle note les deux auteurs résument succinctement les principaux rémltats consignés dans leur mémoire sur cette double luestion.
A. Inhalation du formène. 1* Le formène inhalé en néme temps que l'oxygène dans des proportions variant tntre 3"i,5 et 5 volumes de formène pour 1 volume d'oxy- :ëue pendant des temps compris entre 1 heure et 3 h. 48 ie détermine aucun symptôme anesthésique } 3" les fonc-
tions des systèmes nerveux sensitif et moteur restent absolument normales pendant toute la durée de l'inhalation et dans le temps qui la suit; 3° les propriétés du formène ne sauraient éire assimilées à celles du protoxyde d'azote.
B. Inhalation du chlorure de méthyle ou formène monochloré, l" tes phénomènes consécutifs k ces inhalations offrent dans leur nature aussi bien que dans leur évolution successive une analogie frappante avec le chloroforme ; â** ils ne s'accompagnent pas de contractions permanentes, de mouvements cloniqnes ou choréioues, de nystagmus, ainsi que cela a lieu pour le chlorure ne méthylène ou formène bichloré; 3» l'élimination du chlorure de méthyle s'accomplit plus facilement que celle des autres dérivés chlorés du formène.
Des bacilles courbes ou racilles virgules. Note de M. Héricourt. — Les recherches de l'auteur l'ont conduit aux conclusions suivantes : 1" Dans toutes les eaux, quelles que soient leur qualité et leur origine, il existe des bacilles courbes de formes et de dimensions variables, parmi lesquels ceux du type décrit comme cholérigënese retrouvent constamment ; 2* les bacilles courbes n'existent pas dans les poussières atmosphériques sous leur forme caractéristique ; ils s'y trouvent à l'état de germes sous forme de spores; 3" la présence des bacilles courbes dans eaux et celle de leurs germes dans l'air expliquent comment on les rencontre partout où l'eau peut avoir accès, partout où l'air peut déposer ses poussières. Les déjections intestinales dans la diarrhée simple comme dans la dysenterie et la fièvre typhoïde, les sécrétions broncho-pulmonaires dans les maladies de poitrine les plus variées depuis le catarrhe simple jusqu'à la tuberculose cavitaire, le pus exposé à l'air, la salive de l'homme sain ou malade, toutes les substances enfin susceptibles de servir à la nutrition des germes de bactériens renferment des bacilles courbes et parfois en plus grand nombre que les autres bactériens auxquels ils lis sont associés dans ces différents miheux de culture; 4° ces micro-organismes sont énergiquement aérobies et c'est seulement à la surface des liquides qu'il faut les recueillir; 5" en résumé ils sont les mêmes que ceux qu^on rencontre dans toutes les sécrétions normales ou pathologiques, à la seule condition que celles-ci auront été en contact avec l'eau dont les bacilles courbes sont les hôtes habituels, ou avec l'air qui en transporte les germes.
SYSTiME NERVEUX ET CALORIFIGATION. Note de M. Ch.
Richet. — Les expériences de Tauteur sont relatives à l'influence du système nerveux sur la calorification. Elles prouvent que, si le système nerveux est le régulateur de la chaleur, c'est par une action sur la vie chimique bien plutôt que par uneinfiuence vaso-motrice. Dans la fièvre on prend plus de chaleur qu'à l'état normal ; dans l'algidité on perd plus de chaleur qu'à l'état normal, de sorte que la température, dans ces deux états, marche de pair avec la production de calorique.
Action pathogêne et prophylactique du sagille virgule. Note de M. J. Jî'erran (de Tortose). — Si l'on injecte à des cobayes une quantité de culture virulente ayant pour origine des germes qui procèdent directement des selles d'un cholérique, quantité moitié moindre que la dose nécessaire à les tuer, ces cobayes acquièrent une immunité qui les rend capables de résister à des doses qui, auparavant, les auraient infailliblement tués. Les mêmes expériences faites sur l'homme montrent la possibilité de la cholérisation chez lui comme chez les cobayes par la voie hypodermique; elles montrent aussi que la prophylaxie de la cholérisation s'obtient au moyen d'injections à virulence ou k doses graduées. Jl. R.
niniti7Pri hvC^OOQle
264 — N* 16 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE 17 Atml 1885
AcMlémle de MMeelae.
S&AHCE DU 14 ATRIL 1885. — PRÉSIDBHCE DE M. BERGEROM.
U. lo docteur JV. LaugUr le porto candidit i la place dt^clarde vuut* dini la ftcllon d'bjKlfen« publique, mddocine légtlo et police médialû.
M. It Président préunte, au nom de H. le doclear nam (da Nice), na mémoire imprinrf mr tu voitaga m mer et tet foitrinûirea.
M. U Sterét^irt Fwpétuel dépow : 1<> do la part de H. lo doetenr Pauant, lo Rêppori tur U$ travMBX ié l'œuvre it FHoipUuUté dê mUt ett 1884 ; 2* aa nom da U. 1« doelour BouUlel (do Béliers), un momoiro imprimé mit VitUOogie de l'érytipèle; 3* do la part de M. le docienr Odo Bujwid {it> Vanorie), una brochure, en bipie polonaiae, inlitulée : MierouopU et microchimie det crachait iant tet maladAet det volet retpiratoiret.
M. de Quatrefagea offre : 1* la Iradution, en langiue anglaiso, d'un mémoire qu'il a publié daiu le Journal ie» «dMiita en 1881 et 1888 aur le» pggméee ; %• mu brochure de U. du ChéttttUr «or les Latimee tout Paneien et le notiwati T^gbne, de 1763 d 1830.
M. Larreg préaente : 1* un mémoire de U. le doclenr Bedoin sur un nouveau fatuemait antiteptique de campagne ; 2* de la part de H. le docteur Aug. IteverdiH (de Genève), une brochure intitulée : Voyage ehirurgicat à Cope/Utague tt en Mletaagne; 3< au nom de U. le docteur Sguire (d'Elmlra, Élats-tlnii), un mûmoirc, en langue aniflaiie, ntr U choléra ulaflftM.
H. Dujardin-Beaumett dépose : 1* un Rapport ùHleiel tur l'épUimie de choléra à M^nta en 186i par H. la doelmir Oiurtier (CommlMloit du eAoWrv) ; a* «le ittbtq da M. la doctoor Arduin avr fnUff yrfiu. (Conmiiiion dn prix Deaporte»,)
M. CfeoNn ddpow une Noie manuscrite do H. Crié (de Rennaa) sur l'eivel det eiumaeéBt detllei Oeéaniquei. (CommUiion : HM. Chatin, Baadrimont. PtanehoH.)
Prix Desportes. — M. Constantin Paul donne lecture d'un rapport sur le concours du prix Desportes en 1884; il analyse successivement les nombreux ouvrages et mémoires traitant presque tous de sujets différents, envoyés à ce concours, et dont la plupart ont déjà fait l'objet de bibliographies dans les journaux de médecine.
La TUBERCULOSE PULMONAIRE DANS LES FAMILLES. — SoUS
ce titre, H. le docteur Leudet (de Rouen), associé national de l'Académie, fait une communication des plus remarquables, très attentivement écoutée. Il a la bonne fortune d'avoir succédé à son père et d'exercer la médecine dans la même ville depuis longtemps, de sorte ou'il a pu recueillir des renseignements très précis non seulement sur ses malades actuels, mais encore sur leurs ascendants, pendant cinq générations pour quelques familles ; sa clientèle apparleiiaut à à la classe aisée d'une grande ville, il ne lui en a été que plus facile de connaître le terrain où se sont produites ses observations. C'est ainsi que, voulant étudier le développement et la propagation de la tuberculose, il a exercé ses recherches sur 143 familles comprenant 1485 personnes, sur lesfjuelles on trouve 312 tuberculeux.
Il faut tout d'abord, dit-il, diviser les familles dans lesquelles on observe des phlhisiques en familles qui n'ont présenté qu'un seul individu atteint de tubercules, et en familles qui eh ont présenté plusieurs. En ce qui concerne la tuberculose chez un seul membre d'une famille étudiée pendant plusieurs générations, tuberculose dite acquise, elle frappe de préférence les individus débilités, soit congénitalement, soit par des maladies antérieures, telles que les excès, les fatigues, la syphilis, le lymphalisme, la scrofule, la paralysie infantile: mais les pneumonies et les bronchites, contrairement à ropinion ae Koch, ne semblent pas y prédisposer d'une manière plus marquée. Quant aux personnes des mêmes familles, mdemnes de la tuberculose, elles succombent à un ftge avancé, à des affections le plus souvent étrangères aux orgnnes respiratoires.
La transmission héréditaire est plus fréquente dans la ligne maternelle que dans la ligne paternelle, et la tuberculose pulmonaire apparaît en général chez le descendant à rage maximum de 1 affection, c'est-à-dire de treize à trentecinq ans, quel que soit l'&ge auquel la pbthisie se manifeste chez l'ascendant; d'ailleurs la tuberculose héréditaire se manifeste à un âge moins avancé que la tuberculose acquise et sa transmission héréditaire existe dans pins de la moitié des cas; d'autre part, l'hérédité tuberculeuse des père et mère
aux enfants a été constatée dans 82 familles sur 132, taudis que l'hérédité transmise du père, de la mère, du grand-père et de la grand'mère, de l'oncle et de la tante aux descendants, a existé dans 108 familles sur 214; on ne trouva aucune trace d'hérédité dans 106 familles.
L'hérédité tuberculeuse des deux ascendants augmente les chances de transmission chez le descendant; il en est de même si un des ascendants tuberculeux est uni à une personne issue d'une famille tuberculeuse ; dans ces familles tuberculeuses une génération peut être indemne de la maladie, les autres en étant frappées. Aussi la tuberculose pulmonaire conslitue-l-elleen réalité quelquefoisune sélection morbidequi frappe de morldesfamillesdegénérées. L'extension de la maladie estpréparée, chez les ascendants, par la coexistence de la tuberculose et d'affections cachectiques : paralysie générale, folie, idiotie, etc.; pour les descendants, elle s'explique par la fréquence de la tuberculose pulmonaire osseuse chez les uns, et cnez les autres par des arrêts de développeinenL Car les maladies des os et des articulations se ren> contrent dans 20 pour 100 des familles tuberculeuses, l'affection des os ou des articulations précédant, le plus souvent la tuberculose du poumon. Il faut aussi remarquer que l'autoinoculalion est plus fréquente pendant la suppuration de l'ostéite tuberculeuse, que la coxalgie, l'ozène, l'otite semblent des lésions moins graves, plus susceptibles de guérison et qu'elles peuvent exister seules dans certaines branches de familles contaminées.
H. Leudet pense, d'autre part, que Talliance d'un conjoint sain ou issu d'une famille saine avec une personne tuberculeuse elle-même, ou issue de tuberculeux, môme pendant plusieurs générations, diminue les chances de tuberculose chez le descendant, mais ne l'éteint pas.
Il se demande ensuite si la tuberculose par contagion existe dans les familles. Ses recherches personnelles lui donnent à cet égard les résultats suivants : 55 familles comprenant 415 individus n'ont pré<:enté qu'un tuberculeux ; 88 ramilles comprenant 1070 individus ont présenté plusieurs taberculeux; la contagion n'est dune pas la règle. Quant à la contagion maritale, elle est, quoi qu'on en ait dit, au moins assez rare; car elle n'a paru possible que dans 7 ménages sur 68, et dans 61 ménages, un des conjoints est reste indemne de la maladie. La contagion, d'un autre côté, semble trouver un appui dans ce fait que dans 33 familles, dont 15 étaient entachées de tuberculose héréditaire, 73 . enfants sur 124 furent atteints de tuberculose pulmonaire, dans un espace de temps variant de un à neuf ans; plus de la moitié des enfants atteints ainsi, à peu de dislance, de tuberculose, étaient débiles et d'une faible constitution.
Il Importe égalemenl de ne pas oublier, dan^ de telles recherches, que la marche de la tuberculose iHdlmonaire est beaucoup moins rapide dans la classe aisée que dans la classe ouvrière; elle évolue dans la classe riche en un temps variant de vingt à cinquante-cinq ans, tandis qu'elle ne dure jamais plus de seize ans chez les ouvriers et les malheureux; ceux-ci, lorsque la tuberculose s'arrête, meurent souvent d'affection viscérale dégénérative, consécutive; c'est là un fait que peuvent constater tous les médecins ayant des services hospitaliers.
Enfin, on doit admettre que la rapidité ou la lenteur de la tuberculose n'a aucun rapport avec l'hérédité ; quant & la guérison de la tuberculose pulmonaire, elle se rencontre aussi bien dans la phthisie héréditaire que dans la phthisîe ac(^uise; cette affection peut guérir à toutes les périodes j mais ce sont les tubercules crus ou ramollis, peu étendus, qui guérissent le plus souvent.
— L'Académie se forme en comité secret pour discuter et voter les conclusions du rapport de M. Constantin Paul sur le concours du prix Desportes de 1884 et entende la lecture d'un rapport de H. Empis sur les candidatures au titre d*as-
17 Avril 1885
socié national. La liste de présentation est ainsi fixée : en première ligne, M. Desgranges (de L^on); en deuxième ligne, M. Denucé (de Bordeaux) ; en troisième ligne, M. Tholoxan (de Téhéran). L'élection aura lieu mardi prochain.
Société . médicale 4m héyUMU.
SËAHCE DU 10 AVRIL 1885. — PRÉSIDENCE DE M. GUÏOT.
D* ta aaatnoEla : M. Uplna — X>« l'iotèrs grave oarable (H. Rondot] : K.IMbOT«. — AoUon ttairapantlctne de l'antlpyrln* : K. Huohard. — De l'atrophla des musolea da I'6pttul8 «t du thorax obez taa plaarètlqiieB (M. Desplats) : M. Haohard. — De la fièvre 6ph&mère (W. mener} : K. Kelsob.
M. hipine donne lecture d'une note sur la çastroxie. Ce oom (de yaaviot estomac , et èÇtî;, aigre) a été adopté par Loogaet pour désigner Taffection étudiée par Rossbacn sous la dénom^aation de gasiroxynsis : il s'agit d'une maladie nerrease de l'estomac caractérisée par des crises gastriques douloureuses, avec vomissements acides, sans symptômes de dt'spepsie dans Tintervalle des accès. M. Lépine rapporte une observation de ce genre recueillie chez uu malade qu'il observe depuis quatre ans. Il s'agit d'un homme de trente-deux ans, de bonne constitution, sans antécédents héréditaires diaihésiques, sobre, mais ayant abusé du café et du tabac, et qui fut pris, en 1882, de symptômes légers de dyspepsie, bientôt accompagnés d'envies de vomir et même d'un vomissement alimentaire. Le malade diminua son alimentation, mais les crampes et les nausées persistèrent; puis apparurent des vomissements bilieux. La langue était chaînée, la soif vive, l'anorexie complète; constipation, violentes douleurs & répigasire suivies de vomissements liquides ; pas de céphalalgie, insomnie pénible. Les accidents durèrent deux jours en dépii de l'opium et des boissons Traiches, puis cessèrent à la suite d'un vomitif et d'un purgatif salin. Toute dyspepsie avait disparu, line nouvelle crise, non précédée de dyspepsie, se montra trois mois plus tard : les vomissements furent très répétés, la douleur épigastriquc vive; l'accès duia tiois ^ours. Des crises analogues, parfois précédées de quelques jours d'état dyspeptique, se sontreproduitesdepuis lors, tous les trois mois environ. Toujours l'acidité des matières vomies, et surtout de certaines portions d'entre elles, a été très prononcée et remarquée par le malade. Les urines ont renfermé, pendant une des crises, un abondant sédiment uratique. Le traitement par l'eau tiède ingérée en abondance, qui a réussi entre les mains de Rossbach, n'a pas donné les mêmes résultats chez le malade de M. Lépine. Les injections de morphine additionnée d'un dixième de sulfate d'atropine ont procuré un soulagement marqué pendant les crises; une hygiène sévère et l'usage d^ eaux alcalines ont, en outre, réussi à éloigner le retour des accidents, qui sont du reste beaucoup moins intenses.
Il ne s'agit pas, en pareil cas, d'une simple dyspepsie, puisque, d'après Rossbach, l'intégrité des fonctions gastri-
2ues est précisément le caractère fondamental de la gastroxie. ependant, le malade de M. Lépine a présenté à certains moments des troubles dyspeptiques plus ou moins accentués. Les crises de gastroxie rappellent les crises gastriques du tabès, mais s'en distinguent par l'intensité moindre des douleurs et par l'acidilé excessive des vomissements, dans lesquels on a trouvé plus de 1 pour 100 d'acide clilorhydrique. La gastroxie, d'ailleurs, est une simple névrose. Longuet assimile cette affection à la migraine ; mais, si la marche des accidents est, comme pour celte dernière, nettement paroxystique, du moins la cépualalgie fait défaut ; et, d'autre part, aans certains cas de migraine avec céphalalgie très atténuée, l'état général de prostration domine el les svmptômes gastriques sont «foseptSy ce qui n'est pas observé chez les gastroxiques. tes symptômes gas^ques et les vomissements, loin aétre
chez eux accessoires, sont au contraire prédominants. Peutêtre, d'ailleurs, existe-t-il des cas mixtes établissant une transition entre les deux états morbides.
— M. Debove fait hommage & la Société, au nom de l'auteur, M. Rondot (de Bordeaux), d'une brochure sur Vietère grâce curable.
— H. ffuehard dépose sur le bureau un travail sur l'action thérapeutique de fantipyriney qu'il a déjà communiqué &Ja Société de thérapeutique.
— M. Huehard donne lecture, an nom de M. Desplats (de Lille), d'un mémoire ayant pour titre : De l'atrophie des muscles de Vépaule et, du thorax chez les pleurétiques. (Sera publié.)
— M. Kelsch lit une note adressée par M. Kiener et intitulée : Obset^ations de fièvre éphémère recueillies i l'hôpital Saint-Eloi de Montpellier. A c6té des grandes pyrexies infectieuses se rencontrent, sous tous les climats^ des pyrexies de moindre durée, bien plus bénignes, pour lesquelles la détermination anatomo-pathologique fait ordinairement défaut, et qui sont encore le sujet de discussions fréquentes, les uns voulant y voir une forme abortive de la pyrexie infectieuse régnante, les autres une maladie sui generis engendrée par les conditions météorologiques. On peut les diviser en deux groupes. Le premier comprend des pyrexies d'une durée de 1 à 2 septénaires et qui ont reçu, suivant les époques et les pays, les dénominations de fièvre synoque, gastrique simple ou bilieuse, catairhe gastrique fébrile, fièvre herpétique. M. Kiener a établi que le trace graphique de la marche épîdémique de ces pyrexies est constamment parallèle à celui de la fièvre typhoïde, pour ta garnison de Montpellier, pendant les dix dernières années. Dans les pays clwuds, cette pyrexie climatérique reçoit les noms de fièvre gastro-rhumatique, rémittente simple, fièvre inflammatoire des Antilles, ardente continue, etc. Un deuxième groupe est constitué par les fièvres éphémères, à vive allure, à invasion et défervescence brusques, d'une durée de un à trois jours, et qui ont donné lieu aux mêmes divergences d'interprétation nosologique. M. Kiener rapporte six observations de fièvre éphémère avec tracés thermométriques ; les cinq premiers cas se sont produits aux mois de juin et d'août et le dernier au mois de février, ce qui semble démontrer que la grande chaleur n'est pas laconmtion éliologique nécessaire et qu'elle doit être considérée seulement comme une cause prédisposante, de même que le surmenage noté dans l'une des observations. D'autre part, il est impossible de rattacher ces six cas de fièvre épnémère à une pyrexie régnante plus sévère, dont ils représenteraient la forme atténuée ; l'état sanitaire de Montpellier au même moment n'ayant offert rien de particuliér qui pût autoriser une semblable interprétation. Dans tous les cas, on a noté des symptômes communs: brusquerie du début, haut degré de la fièvre dans son acmé, fréquence et force du pouls et des battements cardiaques, vultuositê de la face, intensité des phénomènes nerveux, céphalée, courbature, rêvasseries; évolution cyclique dans une période de deux à trois jours. Chez cinq des malades observés par M. Kiener, se sont en outre montrés des symptômes accessoires divers, surajoutés aux phénomènes fondamentaux : chez l'un, des doufeurs rhumaliques, chez les autres, des accidents gastriques, bilieux, typhoïdes, d'une intensité et d'une brièveté remarquables. Les conditions somatiques ou climatériques au milieu desquelles chaque cas s'est développé rendent suffisamment compte de ces modifications des réactions individuelles ou de l'activité du poison morbide, sans qu'il soit nécessaire d'invoquer la constitution médicale des anciens auteurs, ni ta théorie complexe de F. Jacquot suppo» sant l'union d'une fièvre climatérique et d'une nëyte •nw matique proportionnées entre elles. £d îCintne iMfiunH croit devoir maintenir l'unité du groupe des faits ottsemsdtf
- H- le -
il knii 1885
fièvre éphémère, et est amené à voir dans ces courtes pyrexies les manifestations spéciGques d*une cause encore inconnue, probablement infectieuse.
— La séance est levée à cinq heures.
André Petit.
■o^Mé de cblmrfle.
— Il n'y a pas eu de séance cette semaine, les membres étant retenus par le Congrès.
SmIM de fcMogle.
SfiANCE DU li AVRIL 1885. — PRtSlDEMCE DEM. HANOT, TICE- PRÉSIDEMT.
FUirM arolformw hèmUphéTlquss : ;H. Gavoy. — PsthoffAnie de riotèra des cardiaques aayatollqaea : M. LApina. — Taoolnatloii rabiqu» : K. CUblar. - CsoUlatlons de la rigldiM cadaTtolque : K. Brown-Béguard. — Fwmsntatlon aloocdique : M. Boarqnelot.
— PhosphoNWMao» des polMone : M. Dnbols. — Influence peyohlqua aur l'ènergla mnaoulalre : M. FèrA. — Polaons ouraiiaanta : K. Ralmtean. — Compreeaeur hlatologlG[a« : M. Fruoant. — £leotlott d'un mambrs tltnlaire : K. Daolaux.
Après avoir fait connaître qu'il n'accepte pas les descriptions généralement émises sur la direction des libres convergentes et commissuranles, M. Gavoy, annonce qu'il existe dans la substance médullaire un troisième système de fibres en anses, qu'il appelle am/lorme^, que les auteurs n'auraient pas décrit, tout au moins sur le cerveau de l'homme.
En outre du faisceau connu sous ie nom àe/ibrœ propriœ de Graliolet, il existerait par conséquent dans chaque hémisphère : 1° des fibres arciformes frontales, réunissant la partie antérieure et inférieure du lobe frontal à la partie supérieure du lobe pariétal ; 2° des fibres arciformes occipitales, reliant le lobulus extremus de l'occipital au lobule pariétal supérieur; 3* un faisceau longitudittoi supérieur, allant, près du bord médian, des régions antérieures et inférieures du lobe frontal aux lobules paracentral et quadrilatère ; 4° un faisceau longitudinal inférieur qui pénètre du lobe occipital dans le lobe sphénoldal, où il s'épanouit, etprobêlement aussi vers l'insula; 5" des fibres arciformes moyennes décrivant une courbe, dont la concavité embrasse les circonvolutions de l'insula, traverse l'avant-mur, forme une partie de la substance innominée et conjugue les régions postérieures du lobe frontal aux régions antérieures et supérieures du lobe sohénoidal (circonvolutions temporales).
L'existence et la direction de ces fibres en anses auraient été constatées par des coupes minces successives sur des cerveaux frais et à t'aide de pièces durcies par une méthode qui permet de décliver la totalité de la substance médullaire, aussi facilement qu'un faisceau de fibres ligneuses, comme le prouve la démonstration faite devant la Société de biologie sur un hémisphère préparé par ce procédé.
— M. Lépine, ayant quelquefois observé un léger ictère chez des malades en état d'asystolie, a cherché si cet accident ne pouvait être attribué à une congestion veineuse du foie. Dans ce but il a soumis des chiens i des expériences directes en introduisant dans la veine cave inférieure une ampoule de caoutchouc mince «ju'on distendait de l'extérieur par une pression d'eau salée : il a tu en effet que, quelques minutes après le début de cet essai, Turine commençait k présenter les réactions du pigment biliaire. Dans une autre série la congestion hépatiaue a été obtenue en tuant les animaux par l'injection d!e set de potasse dans les veines ; on a observé aînsi^ non pas le passade du pigment biliaire dans l'urine, mais la distension des voies biliaires, conséquence indirecte de la stase veineuse hépatique.
— M. GiôfVr présente un chien inoculé avec du virus rabique très actif^ et qui a présenté une immunité à peu près complète après avoir subi l'inoculation préalable d'éléments virulents atténués par leur passage i travers des gallinacés (poule et coq).
— U. Brown-Séquard décrit les singuliers phénomènes que présentent les muscles d'animaux morts depuis plusieurs jours et atteints de rigidité cadavérique. Cette ngidité a offert de nombreuses oscillations en plus et en moins, si bien que, quand on avait obtenu l'extension d'un segment de membre sur te segment voisin jusqu'à un certain degré, le leDdemain, par exemple, on trouvait beaucoup plus accentuée la flexion du membre et il devenait impossible de |}roduire le même degré d'extension à moins de déployer un violent effort. Dans Tintervalle les muscles morts s'étaient donc rétractés plus qu'ils ne l'étaient avant le premier essai. On a pu ainsi observer des alternatives d'augmentation et de diminution de la rigidité musculaire, fait qui montre que la rigidité ^o$t morlem n'est point un phénomène réellement, cadavérioue, fixe et définitif, comme celui qui résulterait de la coagulation de la myosine ou de la mise en jeu de l'élasticité musculaire seule. t
— M. Bourguelot, poursuivant ses recherches sur la fermentation alcoolique c élective >, indique aujourd'hui le résultat de ses expériences sur la fermentation d un mélange de glucose et de lévulose. Il montre 1° que les deux sucres sont simultanément et inégalement consommés à toutes les températures; 2° que le glucose est toujours consommé en plus forte proportion quela lévulose, au moins dans les premiers temps de la fermentation; 3* que ta plus forte différence se produit à la température la plus bas^.
— H. Dubois dépose une note sur la phosphorescence des poissons; il a étudié les propriétés pnysico-chîiDi^ues du mucus phosphorescent d'un esturgeon en état de rigidité cadavénque.
— M. Féré a cherché à mettre en évidence le rôle de l'influence psychique sur l'énergie des efforts volontaires, mesurée au dynamomètre. Il rappelle que déjà des observations anciennes de Péron, de Broca, celles plus récentes de Hanouvriez avaient montré le sens des ptiénomènes; mais les recherches manauaîent de la précision que M. Féré leur apporte aujourd hui. Il montre que le travail intellectuel exagère momentanément la puissance musculaire, et que des excitations psychiques variées produisent le même effet (suggestion, imitation). Il ajoute que, par réciproque, les mouvements volontaires peuvent aussi avoir une influence sur l'activité psychique. Toutes ses observations montrent que chaque fois qu'un centre cérébral entre en action, il détermine une excitation de tout l'appareil, remarque, qui permet de concevoir l'utilité de l'exercice du plus grand nombre do fonctions possible dans l'intérêt dn développement de l'ensemble ou de cette fonction en particulier.
— H. Babuteau continue Texposé de ses recherches sur
les poisons curarisants de l'ordre des ammoniums quaternaires; il étudie aujourd'hui les iodures et oxydes de phényldiméthylpropylaramonium et de phényldiméthylisobutylaniraonium. (Yoy. le détail aux Comptes rendus officiels de la Société.)
— H. Froment décrit un nouveau compresscar pour let
études microscopiques.
— Le dépouillement du scrutin pour l'élection d'un membre titulaire se termine par la nomination, au second tour, de H. Duclaux par fi voix, contre 8 données à M. Kémy. *
17 Aru& 1885 GAZETTE HEBD(WADAIRE OE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE - NM6 ^ «7
REVUE DES JOURNAUX
nimelpes «etifii d« mélgt» ergvM i «onntbie «( «r-
goiiM, par H. Tanrgt. — Nous avons, dans le n° 14 de la Gazette nebdomadaire 231)^ donné l'analyse d'un travail de H. Kobert sur les principes actifs du seigle ergoté, daas lequel il émet des doutes sur la véritable composition de la eornutine, sur ses rapports chimiques avec 1 ereotinine, et conteste l'action de rergotinine sur l'utérus. Nous devons si^aler aujourd'hui la ivponse qne H. Tanret a faite aux assertions de fauteur.
Si, dit H. Tanret, pourse mettre dam les concKlions de la préparation de la comutine, on expose plus on moins longtemps à l'air une solnlioe addnlée d'e^lioîne (à chaud la Innsfonnalioa est pin rapide), on la voit se colorer de plus en j^os, «t ffadement le produit qu'elle contient répond aux qno^aes réactions que 1 auteur allemand a attribuées à la «omuline. Donc, la cornutine n'est que de l'ergotinine plus wmoins profondément altérée. Cette substance n'a été expérimentée que sur des animaux, tandis que, depuis plusieurs années déjà, Tergûtinine est entrée dans la pratique médicale. On connaît son action physiologiqne surVhomme ; on sait qu'elle abaisse la température, qu'elle diminue la fréquence du pouls, et qu'elle fait contracter les vaisseaux en agissant sur la fibre musculaire. Sans être extrêmement toxique, l'ergotinine n'en a pas moins provoqué, entre les mains de H. Dujardin-Beaumetz, des coliques, des nausées et des vomissements, quand, au début de son emploi, il en administrait A la fois^Tà 5 milligrammes en injections souscutanées. Ches les parturientes, dont la susceptibilité à l'endroit de l'ergot est souvent exagérée, H. Budin a vu aussi quelquefois I ergotinine, à la dose d'un milligramme seulement, provoquer des vomissements et des accidents plus ou moins toxiques. Ce n'est donc pas précisément un alcaloïde inerte.
Quant à l'action sur l'utérus, M. Tanret rappelle que, dans le traitement des héraorrhagies post pwrlutn, un quart de milligramme d'ergolinine (représentant 25 centigrammes d'ergot) suffit pour obtenir une benne et forte contraction ; ^ue reflet de 1 ei^otioine est immédiat et que, dans les cas justiciables du seigle ergoté, la cessation de l'hémorrhagie est très rapide (Cbahbazian, Sodéti obstétricale de Londres ^ 1882, et Ârchivet de tocologie, 1883). M. Auvard {Bulletin de thérapeutique, ib imy'ier 1884) a confirmé de tout point le dire de M. Cbabbazian et attesté les excellents résultats obtenus avec l'ei^otinine à la Haternilé de Paris, dans le service de H. Tarnier, où, avant l'emploi des injections d'eau chaude, l'ergotine avait été abandonnée pour faire
rIace & l'ergotinine. {Bulletin de thérapeutique, 15 mars 885.)
BlBLlOftRAPHIE
MMlce Mr Ica CiTBVMX pli3r»l«l«ffUl«M de L«««toler, pav
H. H iLMB Edwards. Brochure in-8* de 38 pages — Paris, 4885. Gauthier-Tillars.
Nous appelons vivement l'attention de nos lecteurs sur cette brocnure qui se recommande & un double titre : par sa destination et par sa valeur intrinsèque. Elle se vend au
Crofit de VAssoeiation acientiâque de France, fondée par everrier, et dont H. Milne Euwards est le président; elle renferme un exposé général des travaux de Lavoisier en 3hvsiologie, par un savant dont le grand ouvrage sur la phylioioeie et l anatomie comparée lui a valu un hommage pécial de la pari de ses confrères de l'Institut. L'intérêt de ïctte Notice, qui serait déjà grand s'il résidait tout entier dans 'a-pprécialion des vues et des recherches scientifiques
propres à Lavoisier, est augmenté encore par une revue critique très complète et très judicieuse de celles qui les avaient précédées sur les mômes sujets. D'assez nombreux travaux avaient ouvert plus ou moins largement les voies où le grand chimiste s'est engagé, mais où il a eu autant à déblayer la science de théories hasardées qu'à l'enrichir de théories expérimentales, pour établir enfin, et de la manière la plus positive, le rftle des réactions chimiques dans le travail vital. En lisant cette étude de H. Milne Edwards on sait exactement d'où est parti Lavoisier, par où il a passé et où il est arrivé. C'est» en vérité, un beau spectacle à se procurer, sans compter le plaiar d'être utile à une œuvre importante d'encouragement scientifique.
TrattemeHi ûm choléra, par le professeur G. Haysh. — Paris, 1885. G. Masson.
Nous ne voulons apprécier, dans cet élégant petit volume, que la méthode des injections intraveineuses que H. Hayem a perfectionnée et souvent employée durant la dernière épidémie cholérique, et qu'il préconise aujourd'hui. La transfusion d'un sérum artificiei bien préparé est, dit-il, toujours inoffensive ; jamais elle n'a aggravé la situation des malades; elle parait constituer le moyen le plus sûr et le plus prompt de provoquer une réaction francne. Ce sont là des assertions que chacun serait heureux d'enregistrer d'une manière définitive et de metire à l'actif de la thérapeutique du choléra. Malheureusement elles ne s'appuient point encore sur un assez grand nombre d'observations favoraoles, c'est-àdire démontrant que ramélîoration et surtout ta guérison de la maladie — lorsque la guérison a été obtenue — sont bien le résultat de l'injection intraveineuse. Ce que l'on peut constater, c'est qu une injection de la solution chlorurée et sulfatée sodique a pu réveiller des malades atteints de collapsus atgide. Ce que l'on est en droit de soutenir, c'est que, l'ii^ection ayant paré à un danger imminent, d'autres médications ont contribné à guérir Te malade. M. Ha^em, qui a toujours employé concurremment avec les injections intraveineuses l'opium, le salicylate de bismuth, la caféine, la potion de Todd, ou tes piqûres d^éther ou d'autres agents non moins efficaces, reconnaîtra lui-même ce que nous nous contentons d'indiquer ici. Continuons donc à auîrmer que la transfusion d'un sérum înoffensif — et à ce point de vue celui que M. Hayem recommande mérite ce nom — est une médication svmptomatique utile dans certains cas déterminés, héroïque si 1 on veut au début de la période algide, mais non pas applicable toujours, à tous les cas sans distinction, à tontes les formes de la maladie. Nous resterons donc partisans de la méthode des indiceUionSt à laquelle M. Hayem parait vouloir opposer ce qu'il appelle la méthode des médications, et nous regretterons aussi que, dans la partie historique de son ouvrage, notre savant confère ait cru devoir citer certaines observations de Scoutetten afïirmant que 238 cholériques sur 240 ont pu être guéris par les frictions camphrées, alliacées ou alcooliques, et paru accepter la singulière théorie qui consiste à admettre qu'une muqueuse
?ui n'absorbe ptus peut recouvrer ses fonctions lorsque estomac et l'intestin sont distendus par l'ingurgitation de volumes d'eau très considérables (p. 31). Hais, nous le répétons, la nouvelle publication de M. Hayem ne devant être considérée que comme un exposé précis et sincère des expériences qu'ila tentées à l'hôpital Saint-Antoine, nous n'avons plus qu*a louer le zèle de notre confrère et le dévouement dont il a fait preuve durant la dernière épidémie. ^ ^
GAZETTE flBBDQHADAIRE DB MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
17 Atul 1885
Assemblée générale des médecins de France. — L'assemblée a eu lieu dimanche deniier, avec le concourB d*nn très grand nombre de délégués des dépnrlemeDts, sons la présidence de M. H. Roger. Après l'allocution traditionnelle et toujours très goûtée du président, N. Brun a ta Vexposé de lasituatton financière, et H. Durand-Fardelle rapport sur lespensiont viagères; U..fo\i\le, enfin, le compte générât sur la situation et let actes 4e' V Association pendant Fannée 1884. Voici ce qui résulte de ces divers documents :
L'Association générale s'est enrichie en 18Si de i\9 membres. Ses capitaux sont : pour la caisse générale, de 8^4 000 fr. 18 ; pour la caisse des pensions viagères, de 891 154 fr. SS; pour la Société centrale et les Sociétés locales, de 885^266 fr. 54. Total, 1822 419 fr. 94; sans compter un titre de rentes de 2771 francs, la Société générale et les Sociétés locales des titres s'élevant à 4218 francs.
Les secours alloués par l'Associalion se sont élevési la somme do 81 898 francs, dont 32 700franc5 pour pensions viagères à 72 pensionnaires. Le chiffre correspondant, en 1875 n'était que de 5100.
Dans la séance du lundi a été lu le rapport de MM. Foville et Vannessou sur les syndicats médicaux, qui n'a donné lieu qu'à de courtes observations (voy. au Feuitleton). On s'y est occupû aussi de la proposition d'un Conseil de l'ordre des médecins, faite par M. Je docteur Surmay. Une commission a été nomméo et la discosBÎOn renvoyée à la prochaine réunion générale.
Association des médecins de la Ssine. — L'assemblée générale annuelle des médecins de la Seine aura lieu le dimanche 19 avril, à dix heures très précises, dans le grand amphithélitre de la Faculté, sous la présidence de H. le professeur Béclard, président. Cette assemblée a pour objet : . 1* La lecture du compte rendu de l'année 1884, par M. le docleur Henri Bartb, secrétaire général adjoint;
2* L'élection d'un président et de deuï vice-présidents. Les candidats proposés aux suffraires de l'assemblée par la commission générale sont : président, H. Béclard ; viee-présidents, SIM. Richet et Blaocbe;
3* Le tirage au sort de vingt-deux membres titulaires do la commission générale et de quarante-quatre suppléants.
Us recettes pour l'année 1B84 s'élèvent à 52234 fr. 50. Il a été distribué en secours 30875 francs. Une somme de 18463 fr. 35 a été placée en rente 3 pour 100.
Le compte particulier de la caisse des pensions viagères ressort comme il suit : — Receltes . report de I année 1883, 221 fr. 15; intérêt des sommes placées, 392 fr. 70. Total, 613 fr. 85. — Dépenses et emploi : une pension viagère, 600 francs.— Balance : recette», 613 fr. 85; dépenses, 600 francs. Reste, 13 fr. 85.
NOMINATIONS DANS L'OHDRE DB LA LÉGION D'HONNEUR, ET HÉCOMPENSES POUR SERVICES RENDUS PENDANT L'ÉPIDÉMIE CHOLÉRIOUB.
l. LÉGION d'honneur. — 1* Au grade de commandeur : M. le docteur Brouardel.
2° Au grade d'officier : MM. les docteurs Proust, inspecteur
f'énéral des services sanitaires; Combalat (Marseille); Queirel Marseille); Hétaxas (Marseille); Benoit (Montpellier); Pamard (Avignon).
3" Au grade de chevalier : HM. les docteurs Benoit (['rivas); Labrot (Saint-Germain, Ardèche); Mayet (Lyon); Nicolas- Duranty (Marseille); Rampai (Marseille); Villard (Marseille); Trastour (Marseille); Mireur (Marseille); Gny (Arles); Bourguet (Aix); Giustiniani (Corse); Laurens (Nyons); Uussaud (IVimes); Cambassédès (le Vigan); André (Toulouse); Hamelin (Montpellier); Hossé (If ontpellier) ; Marie (Prades); Fodéré (Marie-Adrien) (Paris); Long (Toulon); Perreymond (Toulon); Hcy-Escudier (Toulon); Can^gna (Montdevergues); Fonteneau (Oran); Ressiguier fAude); Mouilleron (Bdoe); Jette (Bdne). En outre, une sœur de charité, H"" Breysse, en religion sœur Saint-Paulin, attachée à l'hdpital civil d'Oran, a reçu la croix de chevalier. Ces décrets sont contresignés par les membres du ministère récemment tombé.
J|. Récompenses. — Ces récompenses, comprenant beaucoup de médecins, sont trop nombreuses pour que nous puissions les enumérer. Le cblITre en est de 600 environ, que \c Journal officiel classe par dépanemenis. Elles consistent en médailles d'or et médailles d'argent,les unes et les autres de première ou de deuxième classe ; mentions konondtles et lettres de félicitations.
Annuaire de l'internat des hApitaux de Paris. — La commission chargée de la publitation d'une nouvelle éditbn de VAnnuaire de Fintemat prie les internes ou anciens internes des hépilaux qui auraient à signaler quelques erreurs on modiScalions survenues depuis la dernière railion, de bien vouloir en nformer H. le docteur Savcsire, 7, rue Scribe, à Paris.
Souscription pubu<icb pour la statue de Pierre Béi.on (du Mans). — Indépendamment d'un comiU d'honneur dans lequel ûgurent MM. J. Béclard, P. Bert, Chatin, A. Milne-Edwards, Ranvier, etc., un comilé d'organisation a été constitué, oui a potr président d'honneur M. Cné, professeur de bolanique à la Faculit de médecine de Rennes, et pour président M. le docteur Gamin-, président de la Société de médeane de la Sartbe. Pierre lîéloo, à connu par ses recherches sur les oiseaux, sur les poissons, sar l'agriculture, sur les monuments de l'antiquité, sur l'emlMiiineraent é^yplien^ peut passer pour un des génies les pins iareatià du seitième siècle. Il est né vers 1517 A la SonluéiT, &toMsa dépendant du bou» de Cerranl-Foulletourte, daoi Ai Suths. Il était doeteur en mMeeine de l'Université de Paris.
HéPiTAL Saint-Antoine. — H. le docteur Dienlafoy, médeôn de rhèpilal Saint-Antoine, commencera des conKrenees cliniques i l'hèpital Saint-Antoine le samedi 18avril,à dix heures, et les continuera les mardis et samedis suivants, à la même heure.
HÔPITAL DES Enfants malades (149, rue de Sèvres). — M. le docteur Descroisilles commence aiùonrd'hui 17 avril ses leçoos de pathologie et de clinique in&nmes, A dix heures, à l'amphi- (héfltre, et les conlinnera les vendredis suivanls, i la mèiue heure. — Visite A neuf heures, salles Sainl-Angnstin et Saint- Ferdinand. Consultation le mardi.
HÔPITAL Saint-Louis. —Cours clinique des maladies eutawti et syphilitiques. — H. le professeur A. Fournier reprendra ce cours le vendredi avril, i neuf heures, et le continuera les mardis et vendredis suivants.
Cours complet d'accouchements en 41 leçons. ^ IW. fiir ri Aavard recommenceront leur cours d'accouchements le lundi
S7 avril, à quatre heures et demie du soir. S, rue du Pont-de-Lodi. MM. les étudiants seront exercés au diagnoetic des présenistioas et positions, au diagnostic des rétrécissements du bassin, ûdù qu'aux manœuvres obsléirieales. Pour les renseiffnemeats et pour se faire inscrire s'adresser, soit à H. le docteur Bar, 4, me Saint- Florentin, soit à M. le docteur Aavard, 21, rue de Lille, les lundis mercredis et vendredis, & une heure et demie.
Nécrologie. — Le corps de saaté militaire vient de perdre N. le docteur Edme-Jules-François Périer, ancien médecin inspecteur et membre du conseil de santé des armées. M. Périer avait, durant une carrière longué et bien remplie, publié un asset grand nombre de mémoir(>s d'épidémiologie, entre autres une nouvelle édition du livre de Pringle, et quelques travaux sur la roi^eoh épidémique, l'occlusion intestinale, les polypes du cœur, etc,
— Le docteur Devay, de Chaponost, vient de succomber, dau la force de l'Age, A une pneumonie. — On annonce aussi le décèt de H. le docteur Paquean, de Toncy (Yonne). i
HoRTAUTÉ A Paris (15* semaine, du 5 an H avril (883 ' — Fièvre typhoïde, 15. — Variole, 3. — Rougeole, 6i. - Scarlatine, 8. — Coqueluche, i. — Diphtbérie, croup, il.- Choléra, 0. — Dysentérie, i. — Ervsipèle, 10. - Infetoioai puerpérales, 5. — Autres affections epiaémiques, 0. — Méningite, 66. — Phthisie pulmonaire, 3i6. — Autres tuberculoses, 29. — Autres aOections générales, 72. — Halformaiietf et débilité des Ages extrêmes, 77. — Bronchite aiguë, 56. ' Pneumonie, 135.— Athrepsie (gastro-entérite) des eafants oourrii, au biberon et autrement, 25; au sein et mixte, 32; incouon, 1--* Autres maladies de l'appareil cérébro-spinal, 110; de l'appareil circulatoire, 73; de l'appareil respiratoire, lOS; de l'appareS digestif, 42; de Pappareil génito-urinaire, 25; de la peau tt du tissu lamineux, 2; des os, articulations et muscles. 6. — Morts violentes, iS. ~ Causes non classées, 15. — Total : 13il)-
G. tfAssoN. Propriétairt'Gérant.
BoDiooTeiL — InfrUwriei rtenîw, A, rm HifBVV** Pwu.
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CeittMliflICATIONS PHARMACEUTIQUES ET BIBLIOGRAPHIQUES