‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 78 sur 228 · Hasson, Propriétaire-Gérant · texte numérisé non relu

Hasson, Propriétaire-Gérant

TaBHTE-DBUIltllE AHHftE H» !? 24 AVRlL 1885

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GAZEnE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE

PARAISSANT TOUS LES VENDREDIS

COMITE DE RÉDACTION

I^iBSIDiNT : M. le docteur A. DEGHAMBRE

NKMBfttt : NM. les docteurs BLMIEZ. IEQR8ES DIEUUFOT. DRETFUS BRISU, FIUUIÇOIS.FMRCX, AUERT NÉNIkCQUE

L UREBOULLET, NUL RECLUS

idmttr «ont w qui coBcaroe la rUaeliM u iwfs ém ComUét ehei M. Dicufnc 91, nu rie LiUe («nnt le mirdl de pr««reaee).

Teir race « «• to.OMnrevtare l'MMMMi «ee AVWmm m U WAVmM,Vé ra Mé»iBmn M PAKIS

(Thèses, eiamens, eodrs, etc.) vmwmrn att^imu MéveeMU.ie vWMta M^jinel-

SMSMW. — P*»». AetflftlWie nirfdfecino. — Des plconi^cs hmnormhoiri^ c. .....

Des pleârésles hémorragiques.

A PROPOS D'tlK MALADE ACTUELLEMENT DANS NON SERVICE A L'HâPlTAL SAINT-ANTOINE. .

Dans l'étude que je vais entreprendre, je laisserai de côté l'hémotliorax chirurgical, c'est-à-dire l'hémorrhagie de la plèvre consécutive à un traumatisme (1), et je ne m'occuperai que de ia pleurésie hémorrhagique d'ordre médical.

Je ferai toutefois observer que sous cette dénomination de pleurésie hémorrhagique, il est d'usage d'englober des états morbides fort différents. Ainsi lés épanchements hémorrhagiques de la plèvre, consécutifs à des lésions tuberculeuses ou cancéreuses, n'ont que la valeur d'un symptéme, ils n'occupent que le second rang ; leur importance peut être grande, il est vrai, sarlout quand ils se présentent comme le signe avant-coureur de lésions encore cachées ; mais, Je le répète, ils n'ont en pareil cas que la valeur d'un symptôme, tandis que certains épanchements hémorrhagiques de la plèvre semblent résumer en eux toute la maladie et prennent toute l'importance d'une entité morbide (hématome simple de la plèvre).

Il n'y a donc pas « une pleurésie hémorrhagique », il y a c des pleurésies hémorrhagiques » ; le liquide hémorrhagique retiré de la plèvre est plus ou moins coloré, plus ou moins phlegmasique, plus ou moins riche en fibrine, en' hématine, en gîobules rouges, en éléments dissous; mais l'analyse de ce liquide ne peut suffire, du moins actuellement, à établir une classification des épanchements pletirauic hélogues fondés depuis quelques années à Paris et en province, \ raorrhagiques, et il n'est pas possible de dire, d'après l'analyse et sur les bienfaits réalisés par ces établissements, sont , do liquide : Ceci est une pleurésie tuberculeuse ou une pieude nature à provoquer un précieux encouragement au bien et . résie cancéreuse, ou bien ceci est un simple hématome un appel efficace k la charité active. pleural.

I Je le dis même par avance, l'existence de la pleurésie L'Académie a encore entendu deux discours sur l'éry- ' hémorrhagique est presque toujours une surprise. On con- Mpèle : l'un de H. Hervieux, l'autre de M. Trélat : le pre- state un épanchcment pleural et on évalue la quantité du ■nier, empruntant quelques éléments de la question à la liquide épanché; la matilé, le souffle, l'égophonie, la pecpratique obstétricale, le second resté sur le terrain delà I toriloqnieaphone, toutpermet de conclureàl'existence d'une chirurgie et contenant sur la valeur relative des modes de | pleurésie que Ton croit séro-fibrineuse; on pratique la pansement et sur les avantages des pansements rares des thoracentèse et on retire un liquide franchement hémorvues dont nous aurons & tenir grand compte dans notre pro- rhagique. Dans d'autres cas, aux signes précédents vient se cliaîne appréciation. joindre de l*œdème de la par<ri thoracique, on se croit alors

». Denucé a été élu membre a»5«ié mUional. ^ï^"1ÏÏU'Ï.SSS^rC.'f,ÎS|?'3^*»«^^gl^

i* S£r». t. XXII. - ■ ' 17

- Dcf iTMblM de la nwtihtd la coara du ^aitre exophtbiil inique. — LVpidéiniR 4t dwUra dt Vanté» de PirU an 1884. — ConlribuUoas ptûarmauuUqiHa. — Turun oaïaiiiADZ. PliyritdoBle expdiimenUIe : Sur l«s dURnnc» que pa- TunatprfMoler lu diTcnes rëgwfit da rdeorca ftito cdrArale. — tlini-tue (Ururicale : lojeclioni inlerstitïolles d'arwnle dans lai cangliona luberçulet», SCiBNTiPiauis. Congtès français da chirurgie. — SocitrÉS safurTKi. — Aeaddnia de« Kleiicw. — Acaddniie de médecine. — Socii^tû de kMofMb — SocUtd da ihAspavliquc. — RivDi dis jou:i«aux. -~ Bibliocka- «E. ClU^e BiMieale. — Indat bibUo|[f aphique. — VAHiéris. Facultd do niddecine de Montpellier.

Pai-is, 23 avril 1885.

ACADÉMIE DE MÉDECINE. — DES PLEURÉSIES HÉMORRBA- GIQCES. — DES TROUBLES DE LV MOTILITÉ AU COURS DU liOlTRE BXOPHTHAUKQUE. ~ L'ÉPIDÉMIE DE CHOLÉRA DE L AHMÉE DE PARIS. — CONTRIBDTIOKS PHARMACEt^TIQDES.

M. le docteur Foville a fait un acte de justice et rendu DO service à la cause de l'assistance privée, en rappelant le point de départ et le développement progressif des dùpenmires pour enfants malades. On avait peut-être oublié que M. 1e docteur Gibert (du Havre), dont personne ne méconnall la féconde initiative dans tout ce qui concerne les questions d'ordre médical, est le vrai créateur des dispensaires pour enfants comme il est celui des bureaux d'hygiène de France. H. Foville a bien fait de le rappeler, et tous les détails dans lesquels il est eulré sur les dispensaires ana-

pO ' ^ y* „ GASiETtË ttEDDOMADAlftE ÙÊ MÉDECINE ËT DE CHmtJRGlE__ J4 Avril 1885

autorisé & annoncer la présence d'un épanchement purulent ou «ft^oie tfe ^HnilafiGe, on fail la ponction de la ptèfre, et eell« rois encore, on retire nn liquido franchemenl hémor-

rhagique.

Ce n'est pas tout. La présence du liquide Mmorrhfl*ïiqne peul^lie du moins nous éclairer sur la nature de la maladie qui lui a donné naissance? Nous verrons plus loin que ce di;ignoslic est souvent entouré des plus grandes difficullés ; et dans quelques cas obscurs, la recherclio des bacilles et les irioculHiions du liquide bémorrhagique ne suRUentpas toujours à lever tous les doutes.

Ces difficullés du diagnostic vont être, je pense, mises en évidence par Vobstrvatk» du malade qui fait le principal sujet de cet article.

Exposé dd fait clinique. — Le malade dont il s*agil est &;.'é de vii^-trois ans ; il est condié au n* 6 de la salle Andral ; il est entré da» mon serriee de rhftpilal Sainf- Anioine, le 20 novembre 1884, il y a par conséquent cinq mois.

A part une fièvre typhoïde contractée îl y a trois ans, là santé de ce jeune homme était excellente, lorsque quelques mois avftnl son entrée i l'IiOpital, vers le moi» de juin de l'an dernier, il fui pris de deux syinpiâmea domluanls, des hémoptysies légères et une douleur au cftté gauche. Les Uémoptysies dnrèi-eiit trois mois environ ; elles consistaient en quelques crachats sanguinolents que ce jmine gurçon rendait liréquemment le matin. Une fois arrêtées, c'est-à-dire depuis si^ mois, ces petites bémoplysies n'ont plus jamais reparu. La dou^eurduc^tégauelleaé(é vive et tenace; elle s'étendait aux derniers espaces iuiercoslaux du c6té gauche, et semblait pins diffusé que ce qu^on nomme vulgairement le point de c6lé,

ipendant celte premlSre phase, en quelque sorte préparatoire, les forces diminuaient; mais néanmoins ce garçon pat continuer son travail, jusqu'au moment oà survint une ph.ise plus aigné. A la suite d^ quelques frissons, le malade éprouve up peu d'oppression el prend le lit. Quelques jours après il se décide à entrer à Th^pilal, mais à ce moment, sa dyspnée n'élail pas grande, car il put faire, à pied, sans fatigue, en vingt minutes, le trajet de la Roquette à l'hApîtal Saint- Antoine.

Hon interne, M. Barbe, qui vit le malade le soir de son entrée, le 20 novembre, constata un épanchement de la plèvre gauche, qui fut évalué à 2400 grammes. La matité remontait en avant jusqu'à ta clavicule, I auscultation décelait du soutHe, de Tégophonie et de ta pecio'iloqnie aphone, et le cœur, très dévié, battait entre le bord droit du sternum et le mamelon droit.

Suivant Pusage établi dans mou service, dés qu'un épanchement pleural dépasse deux litres, l'ur^tence de la thoracenlèse est déclarée. C'est en agissant ainsi, c'est en ne renvoyant pas au lendemain une Ihoracentèse qu'on aurait dû foire la veille, qu'on évite la mort subite dans les épaiichemenis pleuraux. L'aspiration fut donc pratiquée séance tenante, avec l'aiguille iv" 2, et la surprise fut grande quand apparut un liquide fortement hémorrhagique. On ne retira qu'un iitre de liquide, ainsi que je ne cesse de le recommander, car c'est le moyen d'éviter tnute espèce d'accident etd'îocidentj telsque quintes de toux, congestion pulmonaire, expecioràlioQ albumineuse^ etc. Le malade fut notablement soulagé.

Ce liquide hémorrhagique. passé | travers un linge, laissa comme réaida un cftillol fibnueux et sanguinolent, qui, des-

séché à i'étuve, donna un poids de 80 rentigrammes, tandis que U résktu d'une égale quadlité de nijuids d'une pleurésie sifo-libriiiense atteint à peine 35 à 40 centigrammes. La numération des globules faite à plusieurs reprises, après d'autres ponctions, donna comme résultat une proportion de douze à quinze mille globules rouges par millimètre cube du liquide, mais la cotnration du l-quide était surtout due à la présence d'une abondante quantité de fiang dissous, et dans l'analyse détaillée, faite par M. Yvon, on voit que le sang entre pour un dixième dans la composition .de ce liquide pleural.

Quand je vis le malade, le lendemain de son entrée, k la visite du malin, je conslalai que t'épanchement devait atteindre encore 1600 à 1700 grammes; mais l'examen le plus minutieux ne me permit pas de me prononcer* sur la nature do cette pteur^e hcmorrhagiqoe.

Avions-nous affiiire » on héinalome -simple de la plèvre, à une pleurésie tuberculeuse, k une pleiA^sie cancéreuse? On va voir que la réserve était permise, puisque plusieurs mois après, et malgré une observatîun janruUèm» la diagaosUc restait encore en suspens.

Peodant deux mois l'état du malade fut à peu prèsstationnsire; le pouls était accéléré, et, quoique la fièvre fût bain* luelleinent nulle, le thermomètre monUiit parfois à 38 el 39 degrés. L'oppression était si vive, et répnnchement se rcfor* maît avec nue telle persistance et une telle raju'dilé, que pendant les deux premiers mois on dut pratiquer sept fuis la tlioracenlèse. Le malade ne toussait pas, ne crachait pas, l'appétit était as<-ez capricieux, mais rien de nouveau n'apparaissait qui pût donner quelque indice sur la nature de cette pleurésie hémorrhagique. Je dois dire cependant que mon opi nion commençait À se former dans le sens que J'indiquerai plus loin.

'A dttter do celle époque, le malade se plaignit fréquemment d'une vive donlenr dans les épaules, surtout k l'épaule droite et à la main, TopiTession devint plus constante, le malade réclamait hji-mém« la Ihowceuttot comme on réclame une piqûre de morphine, si bien que pendant les dix semaines suivantes on dut pratiquer vingt-cinq fois la tboracentëse. II est vraî qu'on ne relirait chaque fois que 3 ou 400 grammes de liquide, parce que le malade éprouvait dans là poitrine des douleurs et des tiraillements qui forcwenl à suspendre l'écoulement.

Néanmoins depuis trois semaines Tétat du malade s'est légèrement amélioré ; la dyspnée est moins vive, la tboracenlèse n'a été pratiquée que deux fois, l'appétit est plus réfutier, le liquide est toujours abondant dans la plèvre gauche', le cœur bat toujours sous le mamelon droit, mais rien de nouveau n'est apparn ; on ne perçoit rien d'anormal dans le cMé droit de la poitrine et tous les organes paraissent sains.

Disciissioif DU FAIT CLINIQUE. — Telle est l'observation de ce malade, que nous avons depuis cinq mois dans notre service. Jusqu'ici, on a pratiqué trente-trois fois la Ihoracentèse et on a retiré environ dix-neuf litres de liquide; par conséquent, presque deux litres de snng, puisque le sang entre pour un dixième dans la composition de ce liquide Iiémorihjgique.

Pour aborder la question du diagnostic concernant la nature de cette pleurésie hémorrhagique, îl est bon d'avoir présents à l'esprit les différents cas dans lesquels peut se présenter la pleurésie hémorrhagique. Aussi ces différents cas vont-ils être passés en revue et je les classerai^^|i^iUté de la description en quatre groupes distincts. ^

U AvuL 1885

Mmt^ groupe. — Pleurésies hémorrfaagiquet rares ou même exceptionnelles survenant dans le cours de la cirrhose héputique et du mal de Bright, ou bien apparaissant à titre d'faéniorrha^e pleurale dans le cours des 0ëvres graves, flè* TTM émptives, ou encore associées & un anévrjrsme aortique. Ce groupe, on le toH, contient les variétés les plus dÎ8pa>rates.

Deuxième groupe. — Ici prennent place les pleurésies liémorrhafiques tnbercnleuses. Biais trois variétés doivent être nettement distinguées. Dans la première variété, la pieu» résie héinorrhagique fait partie d'une tuberculose pleuropulmonaire à forme aigtùfy tuberculose alguS, ou phthisle aiguè. Dans une deuxième variété, la pleurésie hémorniagique surviMt à tilre d'éplphénomène dans le cours d'une lubereelese eArenifue commune. Dans une Iroirième variété, la pleurésie bémorrhagique apparaît comme la révélation initiale de la tubfretifoie, elle est te résultat d'une tuberculose locale de la plèvre, ou da moins d'une tubereiUote pleurale primitive.

Troisième groupe. — A cette catégorie appartiennent les pleurésies eancéreutes.

OtMtrième groupe. — Vhématotne simple de la plèvre forme ce dernier groupe. Ici la pleurésie bémorrhagique n'est plus un sjmpième, elle parait résumer en elle toute la maladie.

Dans quel groupe fauMI classer ta pleurésie hémorrliagique de notre malade T

DtEULAFCT.

•m tràvMM de -l* HMitIté mm m»mwm ém gmUrm

L^isl^eettnicftteda goitre «xophthalmtque s'est enrichie, dans ces dernières années, de quelques recherches intéressaMM qui ont porté, non sur la triade symptomatique classique de ce complexus morbide, mais sur certaines manifestations nerveuses qui n'avaient guère, jusqu'à ce jour, attiré l'attention. Les plus imporlauts de ces travaux sont dus fc f École de la Stipétrtère ; tejt est le cas pour la thèse de Mirie {Des formes frustes de la maladie de Batedow, Paris, 1888) quf renferme une étude très complète du tremblement s|>écîal à celte affection, et pour le mémoire de Oîtbert Ballet, relatif à certains troubles dépendant du système nerwax eeninil (Rffl. de mid.^ 188S, p. 254). De même, c'est k la clinique des maladies nerveuses que Gros a emprunté les élémeiriede aatlièse, en sont réunis et sucrinctement codifiée les faits nouveaux (Paris, 1884). D'autre part, dans le dernier volume de sa Clinigne médicale^ M. Oueneau de Mussf a consacré un chapitre fort instructif à la maladie de Parry Graves, et en particulier aux troubles de llnnervallon cérébro-spinale qui coexistent avec elle. Citons encore deux travaux, dont la Repue des scieneei médicales a donné une analyse socclncle : le premier, de Cardarelli (Naples, 1883), et le second de HObius {Betz'e Memorabit.f 1883). Ces diverses recherches nous apportent la preuve qu'il est fréquent d'observer, concurremment avec le goitre exophthalmique, des troubles wriès de la motilité, les uns de nature spasmodique, les autres d'ordre paralytique, qui, au point de vue théorique, ont un certain intérêt; car on peut les iuvoq uer à l'appui de ta doctrine qui rattache cette maladie à une altération, eifaniqae ou fonctionnelle, du système nerveux O0iitral.

Au premier rang des troubles moteurs de nature spasmodiqoè llffara le fr«mMMi<nr. Biea qu'il eiit été nlevé dan^ diverses obsehràtioal aneienues (Charcol, Tessier, Nothnagel, etc.), et «otamihent dans celle de H. F^réol (Bull. 8oa. médie. des.hép^t 1874), ce phénomène n'en était pas rooifts relégué au aecond plau dau lee deseriptiens eliniques. Or tout porta à érelre, àvae Marie el M . Gueneat de Mnssy, qu'il est A peu prés constant dans la maladie de Bascdew; c'est ainsi qu'il n'a fait déhut^^ipi! aueun des quinxe mdades observés par Marie k la Salpéirière : ee qui lui a permis d'en faire une étude très précise et très détaillée, qui mérite d'être résumée i«i.

Dans les easlea plus intenses, c>il somble que le malade se trpuve dans un état de vibration perpétuflle. Qu'H soit debout ou assis, tout son corps est agité d'une trémula* tion continuelle... Presque tous les muscles sont animés de mouvements fibrillaires e[ tonte la surface du corps est le siège d'une sorte de palpitation générale d'un caractère des plus singuliers». D'autres fois, Je plus souvent même, le tremblement est ))eaucoup moins accusé, ou ne se produit qu'& la suite des mouvements. Fréquemment ?ussi H reste localisé aux extrémités, p'oû une gène parfois ti'ès prononcée de la motilité ; ainsi l'écriture est altérée quand les membres supérieurs sont pris, ainsi ta marche est incertaine, titubante, quand les membres inférieurs sont atteints.

Souvent le tremblement n'est que passager et disparaUau bout d'un certain temps; dans Quelques cas aussi, il se produit avant toute autre maoifestation morbide, comme dans le bit de HObius {Belz*s Hfemorab., 1883), ou dans l'observation que nous rapportons plgs loin. Aussi devra-t-îl être recherché avec soin dans les cas, d'une interprétation si délicate, où l'on est autorisé à soupçonner un goitre exophthalmique fruste.

H. Marie a e» l'heureuse idée d'étudier le tremblement par la méthode graphique ; il a pu ainsi constater que si, à un examen saporftîciel, il se rapproche parfois du tremblement alcoolique, il s'en di;j(ingue, en réalité, par la r^ularité de son rythme. Chaque série d'oscillations est séuarée par des iniervalles égaux de celle qui la précède et de celle qui la suit ; dans chaque série les ostillaltons alTectent une forme prt^ressivement croissante, puis décroissante, de teije sorte que la figure ainsi produite est celle d'un fuseau, D'autre part, le nombre des oscillations est de 8 & 10 par seconde, plus considérable que dans le tremblement sénile et dans )a paralysie ^tante, o& il ne s'élève pas au-dessus da cinq par seconde.

Dans le même ordre faits rentrent les accidents choriiformes^ caractérisés par des mouvements brusques, saccadés, Irréguliers, que H. Gueoeau de Mussy a notes daos deux observations.

Quant aux manifestations convulsîves, d'allure épileptiforme^ qu'a particulièrement étudiées G. Ballet, elles sont d'uue interprétation parUculièrement délicate. Arec noire distingué collègue, on peut classer les faits de cegenre,d 'ailleurs très peu nombreux jusqu'aujourd'hui, ep deux catégories. A la première appartiennent ceux oè les crises convulsîves paraissent relever (lu mal comitial lui-même, où fl ne semble y avoir que coïncidence et non relation manifeste de <^u^è eilet entre le goitre e^opJuhalMiîque ji^t l'éml^p^, coffîJolM^unC pour l'hystérie, la chorée, et même la paralysie agitanter

24 Avril 1885

Dans la seconde catégorie de faits, il s*agil d'accidents non |ilus épileptiques, mais épileptiformes, que l'on peut considérer comme des épiphénomènes de la maladie de Basedow «Ile-même. M. Ballet en rapporte deux observations, dont la plus probante est celle de Merklen {Bull. Soc. c/iniç., 1882) où les convulsions, apparaissant dans les périodes d'intermittence cardiaque, cessaient dès que le rythme du . cœur était régularisé par le bromure de potassium et la digitale. Aassi, suivant toute vraisemblance, les crises, dans ce cas, reconnaissaient pour cause une perturbation de la circulation encéphalique, consécutive elle-inême à l'arythmie cardiaque, el peut-être pourrait-on les rapprocher de ces fttils d'épilepsie congeslive qu'a étudiés le professeur Lépine (Rev. de médecine, 1881). On ne saurait donc faire servir ces crises épiloptiformes, d'ailleurs d'une extrême rareté, à éUyer ladoc- Uiii« qui met le goitre exophthalmique sous la dépendance d'une lésion . hulbo-protnbérantielle, ou de n'importe quelle altération céréhrAle.

' En ce qui concerne les phénomènes paralytiques obsei vés au cours de ta maladie de Basedovr, qui pourraient être d'un grand poids dans Tes discassions relatives à la pathogénie de celte affecliou, les travaux récents ne nous ont guère apporté de données nouvelles. Tantôt il s'agit d'hémiplégie plus ou moins fugace comme dans les cas deTessier, de Cheadie, Chrvoslek, ét tout récemment de Cardarelli ; tantôt c'est une paraplégie incomplète des membres inférieurs que peut aggraver un tremblement intense; tantôtenfin ce sont des parésies limitées à certains muscles, à ceux de la face, par exemple (ISrtain, Rosenthal) ou du membre supérieur (Cardarelli). Souvent aux troubles moteurs sejoignent desperturbaiionsde la sensibilité, comme de raneslhésie,ou des lésions de naturé trophique, comme l'atrophie de certains segments du corps. ■

Quelle interprétation donner de ces faits, décrits pour la plupart en termes insuffisamment explicites ? Il en est sans doute des (roubles paréliques comme des manifestations convulsives ; dans bien des cas c'est l'hystérie qui doit être mise en cause; dans d'antres, au contraire, pareille hypothèse n'est plus de mise et force nous est de mettre les phénomènes paralytiques sur le compte de la maladie de Baseduw ellemême.

Mais alors n'est-un pas conduit à considérer avec M. le professeur Charcot, ce syndrome comme une des modalités de la diathèse nerveuse, comme une névrose, évoluant isolément ou liée à d'aulres syndrômes d'ordre analogue, comme l'hystérie, l'épilepsie, la chorée, peut-être même la paralysie agitante? Doit-on, au contraire, à l'exemple de Cheadie et de M. Panas, admettre une altération bulbn-protubérantielle, en se fiijidantsur la coexistence non exceptionnelle de l'albuminurie, de ta glycosurie, de la polyurie et de certaines parésies? Entre ces deux lliéories, s'en place une troisième, de transaction, que Ballet émet, d'ailleurs .«tous toutes réserves, et qui est assez séduisante. La maladie de Basedovr serait tantôt une névrose, tantôt au contraire, l'expression clinique de lésions bulbo-protubéranlielles. c II en serait dans ce cas du complexus goitre exophthalmique comme du complexus hémianesthésie, par exemple, qui pour être le plus SDuventl'une des manifestations banales de l'hystérie, traduit cependant dans quelques cas une altération matérielle localisée, on le sait, au niveau du tiers postérieur de la capsule interne. >

A ces questions de pathogénie, il est impossible d'appM'ler aujourd'hui une solution ; seule, une enqiiéte clinique approfondie reposant sur un grand nombre de faits étudiés à ce point de vue pourra peut-être les élucider. C'est à ce litre que nous donnons ici la relation résumée d'une observation que nous avons recueillie au cours de notre internat chez M. le professeur Hayem, où, à.cAlé du goitre exophthalmique, des manifestations nerveuses d'ordres très diversont été constatées.

Il s'agit d'une femme de quarante-huit ans, toujours bien portante, qui, à la suite d'une vive frayeur au moment de ses règles, ressentit des battements de cœur, puis des tremblements de tout le corps.

Quinze jours après, elle s*apèrt;ut que son cou devenait gros, puis vinrent des troubles de la vue, mouches volantes, voile devant les yeux, avec battements dans l'œil gauche, qui fit une saillie manifeste.

Depuis ce moment, vomissements assez fréquents, bouffées de chaleur, palpitations d'intensité variable, parésie du hrcs droit, tremblement presque continu, attaques de contracture au niveau des deux mains. On constate en outre une atrophie très nette de l'avant-bras droit, des éminences ihénar et hypothénar et des interosseux à droite, d'où une incapacitéde travail presque absolue. La sensibilité dans tousses modes estdiminuée le long des branches du cubital ; les muscles innervés par ce nerf réagissent moins au courant galvanique.

Cet état resta stationnaire pendant le séjour de la malade àl'hôpitàLquiduracinq semaines; cependant, sous l'influence des antispasmodiques, les palpitations s'atténuèrent, l'exuphthalmie disparut complètement du côté droit eL devint moins prononcée du côté gauche.

En résumé, chez une femme qui n'avait aucun antécédent hystérique, on nota, avec les trois phénomènes classiques de la maladie de Graves, de la parésie motrice eCsensilive d'un bras, une atrophie notable, un tremblemwt prononcé ; enfin des accè^de tétanie.

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