L. Lerbbocllet
C»nirlbnil«a* ^ar«iMevtt«Meii.
ËAU OENTIFniCE ALCILIME.
L'usage des eaux dentifrices alcalines se répand de plus en plu^ ; il est vrai que leur emploi s'impose] souvent, les médecins et les dentistes se préoccupant plutôt de leur valeur médicamenteuse que de leur agrément; mais le public éprouve quelquefois de la répugnance à s'en servir, à cause du goût peu ^éable du bicarbonate de soude. Nous recommandons la préparation suivante comme une de celles où ce goût est le mieux masqué.
Bicarbonate de soude grammes.
Alcoolat de menthe SO —
Essence de menthe surfine. .. xx gouttes.
Cai lwnate de magnésie 2 grammes.
Eau distillée 980 —
Faites dissoudre le sel dans l'eau contenant l'alcoolat. Broyez le carbonate de magnésie avec l'essence; ajoutes-y petit à petit le liquide et filtrei jusqu'à ce que la solution soit très limpide. Pierre Yigikr.
TIIAVAUX ORIGINAUX
Sur les diffébences que paraissent présenter les diverses RÉGIONS DE l'ÊCORCE GRISE CÉRÉBRALE, DITES CENTRES « PSYCHO-MOTEnnS », SOUS LE RAPPORT DE
LEUR EXCITABILITÉ (1). Travail lu à l'Académie des sciences dans la séance du 20 avril, par M. le professeur Vulpiah.
Les physiologistes qui ont étudié sur des mammifères les effets des excitations électriques rie la surface du cerveau proprement dit, ont tous constaté que les divers points dont la faï adisation provoque des mouvements dans telle ou telle partie déterminée du corps paraissent ne pas posséder le le même degré d'excitabilité. Si Ton soumet successivement, par exemple, à la faradisation, sur un chien, la région cérébrale superficielle, où l'on a admis l'existence d'un centre moteur pour les muscles de la face, celle où l'on a localisé un centre moteur pour le membre antérieur et enfin celle
jOOQle
(1) Voy. U premitoe partit des mpMaaem a* 13, p MU O
%1i — N- 17 - GAZETTfi HEBDOMADAIRE DE
oà l'onplaee ua centre mpleiir du membre postérieur, on re< connaît farileroent que de ces trois régions, celle qui semble le plus excitable est la régionque j'appelerai cérébro-faciaie par abréviation, tandis que la réftion cérébro-brachiale et la région cérébro-crurale sont k peu prés semblables l'une à ràulre, ^ous le rapport de leur etcitabilité apparente; cependant il y a une légère dilTérence en faveur de la première de ces deux régions. Dans une expérience de ce genre, lorsque la bobine aU fil induit (appareil à cbarlot) avait pareouru 0'",185 sur la coulisse, on déterminait des mouvements de la joue et des paupières du côté droit en élecirisanl la région cérébro-faciale avec le courant induit et saccadé, obtenu dans ces conditions; mais ce courant était trop faible pour produire un elTet reconnaissable, quand on le faisait passer par la région cérébro- brachiale ou la région cérébro-crurale. Si l'on rapprochait d'un centimètre la bobine au fil Induit de la bobme au fil inducteur, c'est-à-dire lorsque la première de ces bobines était à 0',t7& do point ot elle recouvre entièrement l'autre bobine, on produisait, à l'aido du courant obtenu dans ces nouvelles conditions, un'léger mouvement dans le membre antérieur ou dans le membre inférieur, suivant que l'on faradisait la région cérébrd-brachiale ou la région cérébro-^rurale du gyrus sigmolde. Le mouvement était moins marqué dans le niembre postérieur que dans le membre antérieur, et si Ton augmentait un peu l'écartement des bobines, en te portant à (r,i%y on observait encore un très faible mouvement dans le membre antérieur, taiidis que la faradisation de la l'Agion tférëbro*crurale n'avait aucune action sur le membre posiérieur.
fiat-on en droit d'en conduire que la substanee griae des
régions exeito-molrices du Cefveau, bu la substance blanche sous-jacente, est réellement plus excitable dans certaines de ces région que dans d'autres? Sans nier absolument ces différences d'excitabilité des diverses régions excilo-inotrices du cerveau proprement dit, il me Semble qu'il faut tenir
frand compte de ta distance qui àépare les régions céréraies sur lesquelles portent les excitations électriques des foyers d'origine d'où émanent, Soit dans le bulbe rauhidien, soit dans la moelle épinière, les nerfs mis en Jeu par la faradisation de l'écorce grise du cerveau. Plus ces foyers sont éloignés de la ré^on cérébrale électrisée, plus l'extàtâtion de eette région doit être forte pour les atteindre.
11 est vrai que cette interprétai ion est en désaccord avec une théorie qui a fnit fortune en physiologie et qui, aujourd'hui encore, peut être consiilérée comme classique. Je veux parler de la théoriede M. PÛuger, d'après laquelle les excitations électriques lancées dans un nerf moteur, deviendraient de plus en plus foiles en parcourant ce nerf, du point excité vers la terminaison périphérique. M. Pâûger comparaît cette augmentation progressive de force avec ce qui a lieu pour les avalanches, de telle sorte nue l'on a parfois nommé cette théorie : théorie de l'avalanche.
Si les choses se passaient ainsi en réalité, il est visible qu'une okcilation eleetrique, d'intensité constante, portant sur un nerf moteur, devrait produire une contraction musculaire d'autant plus énergique qu'elle ajgiraît sur un point plus éloigné des muscles : il est tout aussi clair que, d'après cette théorie, un courant trop faible pour donner lieu à une contraction musculaire, lorsqu'il porte sur un point d'un nerf moteur voisin de ses extrémités périphériques, pourrait provoquer cette contraction torq^u'on le ferait passer par un point éloigné de ces extrémités. En appliquant cette donnée aux effets des électnsations des régions excito-motrices du cerveau, on voit que, si les mouvements produits par ces é'ectrisalions sont dus à une excitation, non de la substance grise elle-même, mais des Ûbres nerveuses qui en parleuli.^vs choses devraient se passer non comme on les observe, mais en sens inverse; c'est-à-dire que l'on devrait tenir des conlnetioai des muscles du membre postérieur,
HÉDEGINE ET DE CHIRURGIE M Avril tSfô
en faradtsant la région eérébro-crunle avec nu coarani
plus faible que celui qui serait nécessaire pour déterminer des contractions des muscles de la face, quand on agit sur la région cérébro-faciale.
Nous avons vu, et en cela nous sommes d'accord avec tous les expérimentateurs, qu'il en est tout autrement. SI la théorie dite de Vacalanehe est exacte, on pourrait donc se croire aulorlsé k repousser l'interprétation que Je proposais tout à l'heure pour expliquer comment, pour provoquer ua mouvement du membre postérieur on liusditant la r^ gion cérébro-crurale, il est nécrasaire d'employer un courant plus fort que lorsque l'on veut faire contracter les mW" ciea oe la face, eniigissant sur le centre cérébro-facial.
Hais la théorie de H. FflOger est-elle exacte?
Disons tout d'abord qu'elle parait en contradiction complète avec certains résultats expérimentaux qui ne sont pu contestés. On sait que, dans tous les membres dont la eirculalion artérielle est brusquement interrompue, lea nerfs moteurs, au bout d'un certain temps, perdent leur acUon sur les muscles et que leurs rameaux périphériques conaervent encore un certain degré de motricité, à un moment où leurs troncs peuvent subir les excitations les plus intenses, sans qu'il en résulte la moindre contraction musculaire. 11 en est ne même dans l'intoxication par le curare. Si Ton explore d'instant en instant la motricité sur un animal curarisé, dès
3ue l'action des nerfs moteurs sur les muscles commence à iminuer, il arrive aussi un moment oA les eieitations mécaniques ou électriques des troncs nerveux ne uroduisent plus de mouvements, tandis que les mêmes exeitatimu, répéiéei sur des rameaux ou des filels nerveux au voisinage des muselés qu'ils innervent, y déterminent encore des coutractiona tarée nettes. Ce sont là des faits bien connus et qu'où explique par une hypothèse entièrement en opposition avec celle de M. Pdûger, c'est-à-dire en admettant que les excitations se tranàinettent aux muscles d'autant moins affaiblies qu'elles ont parcouru un trajet plus court dans les nerfs excités. Que ce soit la contractilité musculaire qui dimitiue, comme dans le cas de l'interception de la circulation artérielle dans un membre, ou que ce soit un obstacle apporté au passage des excitations des fibres nerveuses à la substance musculaire des laisceaux primitifs, comme dans le cas de la curarisation, il faut, au fur et k mesure de l'accroissement des dillicultés de la mise en Jeu des faisceaux musculaires par les fibres nerveuses, que les excitants expérimentaux, pour être efficaces, portent sur des points de plus en plus rapprochés des extrémités lertninales de ces flbres nerveuses.
En fait, la théorie de M. Pflflger, qoi est repoussée par plusieurs physiologistes, parmi lesquels je citerai M. Rosenthal et M. Marey, s'appuie sur des expériences qui ne sont pas décisives, et, si Ton se place danad'autres conditions expérimentales, plus simples, on obtient des résultats tout UilTérents de ceux qu'il a mt connaître. C'est ce que J'ai pu constater de la façon la plus nette sur des chiens.
Les animaux sur lesquels ont été faites mes expériences étaient chloralisés par injection intraveineuse^ jusqu'à abolition complète des phénomènes réflexes d'origine médullaire. On mettait à découvert le tterf sciatique et ses branches. Le nerfsclatique poplité externe était séparé àvee soin da tissu cellulaire environnant, à la partie supérieure de la cuisse» et on le soulevait, en celte région, sans lu couper, sur une baguette de verre; on isolait de même le nerf tibial antérieur, immédiatement au-dessus du point oûil s'enfonce entre les muscles de la région jambière au téro-ex terne. Ou faisait ensuite passer un courant faradique extrêmement faible par les parties isolées des deux nerfs susdits. Je citerai les résultats de deux expériences, comme exemples. Sur un chien, on obtenait encore un mouvement assez fort de flexion du
fûed sur la jambe en faradisant le neif tibia! antérieur arec e courant que donnait la bobine aii AirWMimi^>^e deO-,51 du point oâ elle rtitoii«V»iémMk&i4^^i^^ a«
U Avait 1885 GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE OIinURGIE — W 17 — «5
fil iflducteur. Le nerf scialique poplilé e\tern<>, èleetriaé par le même couraul, ne provoij •ait aucun inouveint'nt du pied ; il fAlliiilrdpprecjier la bobine au AI induit de 0",0I5 pour dplttrmtner ainsi un inouveinftnt. Chez un autre clnen« le tibial antérieur suscitait un mouveineut bien net du pied lomiuela boltine qui rournissail le courant induii Âlaît écartée sur la coulisse de 0",&3 ; le iirrf sciaiiqne poplité e\terne ne répoi)(l-iît que linsqu*^ la bobine au fil indu t éta l à O'.ôl de 80ii|iointde dépun Chez eus deux auiin-iux Jadislnoue enln; id iMiiiit excité ilu nfif scialtipie poplilé etieriie et le point excité du nisii lihi;il imtÂiieur élait de O'.IOj. L'6<(|iéi ieni:e a été faite au$>i en faisant i assor le cmiranl par le tronc du nerf sciutique on pur le scialique poplité externe d'une pait, et parle niTl'iuusculo cutané, dWre part; les résuiutsunl toujours ét^ dans le même sens.
La théorie de H. FnOftsrnie parait donc inarneptable. Les escilationa expérimentales d«8 nerl's inoteurs^loi» d'actpiérir une iaieiisllé de plus en pluA ^candt^ à m>*.sure qu'elles parcourent les fibrfs aervi'US*-8, du point excité vers les ezirémilés terminales in.triiinuscuUires, perdent pmgressiveiu.'nt, au contraire, de leur éneriiie pendant ce parcours, et celte diminution de force pi'ut empécber l'excMation, si elle porte sur un point du neri clotjjné de la péripliérie, du donner lieu à une contrantloi).
Je me crois donc autorisé à admettre, comme je Pai dit, que si les excitations éleclriq>ips doivent être plus furies pour proiluire un mouvement du membre postérieur, en passant par la surface de la région cérébro-crurale, que pour provoquer un mouvement de la face, en passant par la réj$ion cérébro-facial»*, cela ne lient pas à une différence réelle de l'excitabiiilé de ces deux régions, mais simplement à la différence des distances qui Tes séparent des foyers d'origine des nerfs qne l'on met ainsi en activité.
C'est de la même façnn que Ton duïl expliquer comment, chez un t-hien anesthé^ié par îles doses successivemeat croissantes de chlordl liydr.ité, la région rérébro-faciiile semble conser.er son excit;ibililé «lorsque celle des régions cér.ilirobracbiule et cérebro-cruraie sitiit déjà iibolies. Le clil'ir.il a^it certainement avec la n.éme Intem-ité et la même rapidité sur ce» diverses réi^ions, comme aussi snriesfiyers d'origine du nei-f l'acial, des nerfs dn membre antérieur et de ceux ilu membre inléiieur; mais, lorsque ces fovers d'origine sont enjjourdis à un cerlain degré par le chloral, des exciti ions portant su CCI- s^ï veulent sur les diverses pnr ies de l'écurce cérébrale, uites centres ffiotfurs, sont encore «s^ez fortes lorsqu'elles arrivent au noyau d'origine du nerf facial pour provoquer des niouvements de la tace, tandis qne^ à cause delà plus longue distmce à parcourir, elles ne parviennent aux noyaux d'urigiuR ties nera des membres que Irup affaiblies pour les mettre en aclivilé.
Injections irterstitielles d'arsenic uans les ganouone
TCBEnccLEUX, par le docteur Paul Reclus.
Au dernier Congrès di*s chirurgiens allemands» Volkmaiin dtl « que l'action de l'arsenic sur les ganglions tuberculeux a b*-soiii d'âire démontrée de nnnveau >. Nous avons en recours aux injections mlerslilielles de hqueurde Fowler dans une masse sons-maxi'laire d'origine slrumense; le réBultat en a été si rapide et le succès si remar.tuable, que nous voulons publier ce ^as sans allendre que de nouvelles observations personnelles viennent afljiblir ou coasacrsr la valeur de etitù pratique.
Au mois d'octobre 1884, une Anglaise de vingt-quatre ans vint eonsulter le docteur Paquetin : ton ét|U gé«éra|
était mauvais; Ips digpstions étaient difficiles, la constipation opiniâtre; lesexlrémitéa éuûeut toujours froides, la débilité fort grande et l'anémie profonde. La peixussion et l'auscultation révélaiiînt une m:itité du sommet du poumon droit et quelques i.Mes mu[|ueux. Les amygtjales sont hypertrophiées el s'enflammenl facilement. Ajoutons (|uela sœur jninetle île la malade est d'une santé précaire et qu'une nuire sœur est menacée de plitliiâîe.
Notre An-'liiise s'ini[uiéiaii surtout d'une tnméraclion volumineuse de la région sus-hyui< tienne droite déformée par une sndlie qui déborde en arrière l'Hu^le de la hiftrhoire et sHinb e s'eni'uncer sons le slerno-mastoldîen ; la lua-tse se dé' uinpose en deux lobes, dont l'interne, assez diflioile à i-oler, ne dépasse guère la grosseur d une noisette, la idis
Sue l'externe atteint les dimensions d*un bel œuf de poule, n dntgl appliipié sons la mâchiure et un autre tlotgt sur te plancher ■ e la honche permettant de bien explora la tumeur bosselée, d'unn dureté ligneuse, comme encapsulée et assez mobile ail milieu des tissus. II ^ avait eu déjà cependant un commencement de 8nppni*»ltun et nn abcès s'était môme ouvert, doni la fistule était oblitérée loi-sque nous lûmes consulté.
L'extirpation avait été décidée par des confrères de Londres et nous pensions devoir la pralii|uer. Cependant avant d'en venir la, je ponseillal les injections interstitielles de liqueur de Fonler d tus la masse ganglionnaire. Le docteur Paquelin, qui m'avait amené la malade, se chargea du traitement; il Ht prendre à sa cliente d'abord 3, puis 4, puis 6 milligrammes d'acide arsénieux en vingt-
auatre heures et commença, en même temps, une série de onze injections de liqueur de Fowler. Avec une seringue de Pravas, huit gouttes Ibrent d'abord iiiHilléeS, puis douze que. unes Jours après; on demeura h cette dose pend ml les sept injections suivantes, espacées dé quatre ou cinq jours charune; la dixième et 11 onzième furent rie vingt gouttes. A ce moment un abcès se développe dans l'amygdde droite qui s'ouvra et donne issue & une petite quantité de uiaiîëre purulente.
Dès lors la diminution de volume de la masse ganglionnaire s'ei-centne de plus en plus; aussi l'on se conlente, dix-huit jours après cette onzième injection, d'en pratiquer une douiièiiiede huit gouttes seulement. Ce fut la dernière; lorsque la malade vint nous revoir, la région sons-maxillaire pa^ai^9alt absolument débarrassée; elle a repris sa forme normale et il faut une palpation atteulÏTR uour retrouver, au lit-u et plice de l'ancienne tumeur saillante et bosselée, un novau dur, indolore, de la grosseur d'un pois. Ceci se passait an commenCtiinent de mars; le traitement complet n'avait pas duré deux mois. Depuis, la guërîson ne s'est pas déineatie ; une lettre d'Angleterre nous l'apprend.
Toilà le fait tri que nous l'avons observé; il nous a frappé par la sim,ilirité e. la rapidité de la gnériso.i plus prompte qu'îivec les injections interslilietles pratiqm-t's av--c d'autres substances, par exemple la teinture d'iode et I huile créosolée préconisée par le profes<eur Boucliard. Nous nous proposons de recourir encnre à Tai senic, non seulement contre les ganglions tuberculeux, mais aussi pour combattre les noyaux caséeux déposés dans quelipies parenchymes, et nous visons particulièrement ceux qui ont l'épididynie pour siftge.
U Avril 1885
CONGRÈS SCIENTIFIQUES
Congres français die ehimrgle.
(Suite. — Voy. les numéros 15 et 16.)