‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 83 sur 228 · IS · texte numérisé non relu

IS

1" Mai i885

contrairement à la forme séro-fibrineuse qui, elle, est assez fréquente (i).

Je regarde également comme exceptionnelle la pleurésie hémorrhagique associée à la maladia de Bfight. Bien que le mal de Bright prédispose, d'une part, aux épanchements, et, d'autre part, aux hémorrhagies, il est extrêmement rare que la pleurésie revête la Forme hémorrhagique. Le cas çjt4 par Poulîn en est une remarquable exception (2).

Dans les phlegmasies pleuro-pulmonaires, à caractère grave, à forme infectieuse, le liquide pleural est parfois hémorrhagique, ce qui n'a du reste qu'une importance secondaire.

Dans les fièvres éruptives, à forme hémorrhagique, on rencontre parfois un épanchement pleural hémorrhagique; mais il s'agit ici d'une hémorrhagie de la plèvre plutôt que d'un état phlegmasique proprement dit.

L'épanchemenl hémorrhagique de la plèvre peut encore provenir de l'ouverture lente d'un anévrysme de Vaorte. On en a publié trois observations (3), et en voici une quatrième qui m'a été communiquée par mon interne, M. Rihail : Un homme de trente-cinq ans atteint de palpitations, d'essoufflement et d'angine de poitrine entre à l'hdpital Beaujon dans le service de M. Gombault. On diagnostique un anévrysme de l'aorte avec insuffisance aorlique. Un mois après, une vive douleur se déclare au côté gauche; on constate un épanchement de la plèvre, et on pratique successivement trois ponctions donnant issue, la première à 400 grammes, les deux autres h 500 grammes de liquide très sanguinolent. Plus tard le malade meurt subitement dans un accès d'angine de poitrine. A l'autopsie ou trouve la plèvre gauche tapissée par un caillot, et ce caillot se continuait par un petit orifice jusque dans la poche de l'anévrysnie.

Les épanchements hémorrbagiques de la plèvre réunis dans ce premier groupe sont, on le voit, rares et fort disparates, ils ne concernent en rien notre malade ; passons donc aux pleurésies hémorrhagiques du deuxième groupe.

Deuxième groupe. — Ici se trouvent réunies les pleurésies hémorrhagiques de nature tuberculeuse. J'ai dit que pour la facilité de la description, il est utile de les diviser en trois variétés. Dans une première variété, les lésions tuberculeuses qui ont provoqué ta pleurésie hémorrhagique

(1) Ldcorutii<, Eludas cHniqnei.

{i) Poulin, Société cltiiifue,

(3) Thëae de H. Moursrd-Hirtin, p. 01.

ont suivi une marche aigaS. Comme typ^i bO vffiçî 49iH observations dont je doBoe le réfiiiné :

Obs. I (1). — Chez un homme âgé de trente-deux ans, et ayant prétenté depqii un «Mis des symptAmes de diverse nature, on constate le 3 février 1884 un î^ier épanchement pleurétiqoe i droite, sans réaction générale appréciable. Le 13 février, le malade est en imminence d'asphyxie, on pratique la Ihoracentèse et on retire 1500 grammes d'un liquide hémorrhagique se prenant en caillot à la partie inférieure, après refroidissement. Le 17 février l'épaoehameet a repris les mêmes proportions, la température est très élevée, l'élat du malade est fort grave et la mort survient le 21 février.

A l'autopsie on constate une gramUie qui a enyahi U plèvre et le péritoine. Les poumons et les fausses membranes sont farcis de granuUtions grises.

Obs. U. — Le SO novembre 1883, je suis appelé me Hontmarire pour pratiquer la ihoracentèse chex une femme de quarante-deux ans. La médeeio de la landUe me raconte qae Is

maladie a débuté il y a un mois comme une broncho-paeomonïo aiguë, l'en de jomrs après la malade a eu quelques légères bèmoptysies, 1» fièvre a toujours «té très «levée at la dyspnée a toujours été très intense. L'espeeteratioR est na«»^ruteote, l'amaigrissemeot est déjà considérable. K l'auscultation on constate en arrière et à gauche du gargouillemeut et du souffle caverneux, et du «été droit existe uu épattohwnaot «t*** j'évalue i an litre environ. Nous sommes en face d'nne broaehf>-pBcamome aiguë tuberculeuse, à marche très rapide, avee épanchement pleural du côté droit. La dyspnée a pris depuis deux jours de telles proportions, qu'on réclame la thoracentèse. Je pratique la ponction, je retire un liquide très bémoniiagique et je suis obligé d'arrêter l'évacualion après 850 grammes.

L'opération apfMirte |teu 4fi StfilagMneiit, U phtbùie pneumonique fait de rapides progrès et la malade succombe quatorae jours plus tard.

Voilà donc deux cas où la pleurésie hémorrhagique a été associée aux formes aiguës de la tuberculose, forme granuleuse dans le premier cas, forme pneumonique dans le second cas.

Dans une deuxième variété, nous trouvons la pleurésie hémorrhagique associée aux formes «AnmtfttM, valgsiree,

de la phthisie pulmonaire, et je suis fort surpris que M. Moutard -Martin, dans son remarquable et consciencieux travail sur la pleurésie hémorrhagique, ait avancé que la pleurésie hémorrhagique ne coïncide jamais avec ta tubeiv

(1) Ndlala, «(Hihf mr Ks j^nwMw kémirhaHtm, ikta* àa fvUt, IWu

nécessaires à l'entretien du laboratoire. En 1885, une circulaire émanée de l'Université protestait avec beaucoup d'énergie contre l'établissement d'un centre de vivisection, c Celte publication, dit le British médical Journal, dowM lieu à uue contre-protestation d'un grand nombre d'hommes éiuioents de l'Université d'Oxford; en règle générale les professeurs de science s'abstinrent. Le doyen de Chrîstchurch, le professeur royal de théologie, le professeur Max Miiller, et plusieurs autres maîtres également distingués firent partie des signataires. » La campagne des anlivivisectioanistes a été malheureuse et les crédits ont été votés à une très grande maiorité.

A Londres on s'occupe également avec activité des affaires universitaires; une des branches de l'Association médicale britannique a mis à l'étude la question des examens. Le caractère encyclopédique qu'on leur a conservé jusqu'à ce j^our décourage stnguUèremeut les jeunes geas. L'Univ^sité de Londres fut créée dans le but de favoriser

les travailleurs et d'empêcher la prépondérance de tel ou tel groupe toujours dispose à ntettrela main sur le monopole de l'enseignement. A 1 époque de sa fondation, le Collège des chirurgiens formait une petite église se recrutant elle-même

fia Ai les amis ou les paraate des manibrea en eacrace; c O^ll^c des médecins était un club de gradité^ d'Oxford et et de Oamj>ridge. L'Université brisa la routioe cl releva le niveau de l'instruction. Depuis «luelqttefi anaAtu mt ciractère a changé et les seieoees iMelofflqaee est prit um irapcrlance à laquelle on ne se serait guère attendu, c 11 y avait autrefois, dit le jounal que omis «vos» citéi m ^refeséeur d'aaatomie et de physiologie et un professeur d'iustoire oa- Lurelle; maintenant en regarde cauiae ineon^jA&e toute école qui ne possède pas de cours compileU d'aïutoBue, de f^tysiologie, d'embryologie, de botanique théorique et firatique. L'étudiaat doU Oure des expérieucw de pliysioloi(ie et de diimie ; il doit avoir suivi des cours ihéer^ue* «t pratiques sur la physique, la chaleur, la Iniiûèiie, la jH&eavque.

{- Mai f885 GAZETTE BeBDOttADAtRB DE

WÎDEGmE Et DE CHÎRÙRGiE

culosQ chroBique.Xai réuni plusieurs observations qui prouvent «u contraire qie les formes chroniques de U tubercu- Um UHsi bien qoe sea formée aigute peavani être «ne eavs» de pleuréne kémonbagique. Veisî la vésuni de étm obsarvaiioBs.

Ûas. U. — H,„ (PienraX trentMrab wH, ehaîaMr.aBtre 4ans ■oa aanictt le 16 aaytemWe I88S.

i>t iMMBoie n'a paa d'antécédmts tubercoUux itana u fiamiUe « ioaiasaii d'iuw htia» gaaté» lorsqu'à j a trois ans, à la suite d'QDe quinte de toux, il wit «aa himaptyiia ahwwkuU qai ne ae nautveU pas. H ealra atev» i Saint-Antoioe, où il reaia dcoi wia. Depuis Ifia la aaaiA Maft rereaae s pioa de tou, ai d'bèmoptjsies.

Uae qvaaaiaa da jeun «vaat >en «atrte il est pris de frissons lépétés et d'ua point de oM riotenl 4 droite ; il eontiaue cepsoilaal à vaqnar à asa affurea et sa Mde eafin i veoir coa- Eidter, à cause de la persistaM» d'vae tua quiateose et d'un pea de |èaa da la respiration. On trouve alors un grand épancbement à droite : oiatité complète en avant et en arrière avec abolition des vibrations thoraciques^ pas de skodisme sonsclavicoiaire. Souille rude aux deux temps ; pas d'égophonie, ni pectoriloquie aphone. Respiration gênée ; température, 39 degrés. Oa pratique immédiatement la ponction et on relire un lilre de liqoide Ir^ hémorrbag^qae. Le surlendemain (i9 septembre) la tcmpëratare s'élève à 40 degrés. Le liquide se reforme et, le W, la pléTre est de nonrean remplîe. Demiètue penetron d'un Ktre de HqirMe héwepi^agiqae. Le Rtfuîda diis^e or peu, puis il se relbrae encore, et une troisième ponction est prati^Bée le »; p«ia «ae quairto ka 4 ■leiiei^ mm ràwpritwM W U et m» mmàim te Mais ee liqpd», qui jaequ'alors avaii étd Iraaffcpi^t héaaorrbagiqiie^ le pidiwte phia 4 la aiiièma ponctieu ^'uue teinte légèfcnwnt rosée. Le maladea maigri, s'est aAàibli.

Le SS^ septième ponction; le liquide est absolument séreux. Oês lora rëpaoebement eiOre en résolution» au commencement de novembre, la respiration s'entend dans fe poumon. Pltas de souffle, pas d'égophonie; quelques râles (fissérainés dee deux cMs. Kaîs A Is pcrensawn ea trouve- toe^rs m peu de matité i la base dreke, en arrlAre. Ch» pratique à ce niveau des ^plicMiaM r«itMa da peialea de feu. Vers le I&, ka tM|aMle parait avoir rn^iliiiiaaiiÉ dispara, m entend de gree fretteoivits & la base droite. Cependant la température reste élevée» la malade s'aflaibUt de plâa eu pins, il maigrit et se plaint de sueurs noctnrnes. En décembre il persiste de la subniatilé dans toute la hauteur à droite, en arrière ; su sommet droit, la respiration, d'abord rude et soufflante, prend bientôt un timbre caverneux. Des râles sons-crépitants s'entendent aux denx sommeb ; A là base droite, on perçoit toujours des frottements. L'état cachectique se prononce de plus en plus et la mort arrive A la fin de janvier.

San» 4«ild Q esl facile de démontra que^ pour bien cornpnndie une acience^U faut feire certaines excursions dans le domaine (Tiuie ou de plusieurs autres. Aujourd'luii, rétu- (fiant en médecine n^est pas interrogé en astronomie ; peutélre réparera-l-ott cet oubli dans raveair. Kst-ce qu'un médecin n est pas ajipeté tous les jours à donner son avis A un malade sur fe cboîx d'un climat? Ëst-ce que la cUmatoiogîe est îodépendante de la météorologie et par conséqoeut de Pastronomie ? (Test du pédautisme aussi ridicule de prétendre qa'U est indispensable^ qu'il faut commeocer par étudier la netocborde de l'ampbioxus pour comprendre fa colonne vertébrale de l'homme, ou qu U faut être édifié sur l'organe rénal des ^stéropodes pour traiter le mal de Br^ht. »

Cette critiqtw» îosle eu Angleterre» ne serait pas non |lns abstlaneat déplacée chez nous. I^es rapporte des icîeaces lornaiU le sujet de pTusieurs examens de fin d*étade avec Texercke de la médecine soat sî éloignés» qu^on les reconnaît difficiTement à l'œil nu ; ces examens sont sur-

Af^utoïwie on trouve une toberenlose plenro-pnhnonaire. La plèvf» droite est très épaissie^ 1» feuillet eoeW aMeht i tmh tiBètre et qnart d'épaiasear et sa OMStn IbmU de aaMfcea 4a Ittsa eonjenetif îolUtrées de calhdas enbeyaMairr*, s«Mt mtour des vaitseatt. Gmumî aent wtrèraensi aambrow, parti- Mlièreaaeat A la b«a aadotbéliale, oit ib présentant dai parois tr^ minces, fruités, qu même paraissent ataoquw sur fisrtains points. Nombreuses granulations tuberculeuses dans son épaiaseur et A la face costale (l).

OMU(l>.L...,eimierflM«aB,t«Aita liunlé-sapt am^ est ■uafeslement tubereulen depuis ua a» et aenbèa awir pris la tuberenlose auprès de son frère qu'il a soigné jour et nuit et qui est aaort pbthisïqae il ; a quatre ans. Après quelques bronehites datant de plusieurs années, le malade eut deux hémoptysies en janvier et juillet iB&i. Amaigrissement et perte deTappétit.

Le 8 février 1885, cet homme éproure une douleur violente au côté droit avec frissons et fièvre. Cet état pandt avoir dté provoqué par un refroidissement pris la veiïlfr. Le « Kvriisr, on constate an sommet du poamea gauebe des craquesaets secs et Wntdeseldu »M« droit an épancbemant AusM ft iSOO ftSMaios •ttviron. La 13 février, fépaiMfaemeatl ayaat augmemék IL Nichaud pratique la thoracentèse et retire un litre d'un liquide hémorrhagique. Le soulagement est asseï notable, mais l'épandieawat se reforme rapidement, et le 19 février il faut pratiquer une nouvelle ponction, tnlitre de liquide est retiré, il n'est plos que très légèrement héoiorrhagtque. Le ti février, une troisième ponction est nécessaire, et on retire 880 grammes d^n liquide qui cette fois est séro-flhrineux.

Le KquMe pleural ne s'est phn Mpreduit, nieis les sjwptfaws de phthisie ont coBUmiè, plus tard est apponse la diarrhée et la fièvre hectique, et le 1 1 avril le malade a aBsaaaAA.

YeilA donc deux observations de pleiurisitt héniMThagique annenuea dans le cear» d'uM pbthisie chrwique valgaire. La liquide a été lari cbei le preniar Mftladft après sept poK-

tien, ches le deuxîèn» malade après trvw ponelioiis, et le Hqttide a graduellement perdu sa teinte héaoMrfaî^iqttt pour prendre les caractères d'an épanchement sêreur.

Dans une troisième variété, et j'appelle tout spéciatement ratteution sur ce noint^ ta pleurésie hémorrhagique apparaît cooune U révéUtiau i&itiaie de la tuberculose, elle est le réanltol d'une taUnul<»e loçak de la plifcwe ou dn uaina d'une tnbereulose pimnUf^ pirimitiw. Ce cMé de la i|«oMie« est à l'étude, car la coMOissanea des tnlwfcuteae» kocales dMe d%îer. La inbetariM» part débvter par h. plène et y

(t) Observation tirée itu m^imrfh) de If. Binet : PTeurtftlea ■ven épaOcSuMat obsô'vdefl dans le senke de M. Dieulafoy, hApilal Saint- Antoine, Bonée 1887. (9) Jo (lois cette obiervalion a l'obligeance de ST. lo cbcteur RTchiud.

tout destinés à montrer le degré de cnltare screntifiqne du candidat et ses aptitudes. Beanconp de gens pensent que cette culture est un hixe, brillant sans doute, mats acquis parfois aux dépens du nécessaire. L'Association médicale brîtaunîque s*est occupée de la question dans cet esprit. K. Bristowe croit pouvoir reméoier à tout en réclamant des connaissances prétimfnaires plus étendues que celles, d'aujourd'hui et en laissant au candidat pour tes examens définitifs Te choix d'une branche des sciences qnl't étudierait d'une manière approfondie. Ce sont là des demimesures, peut-être sout-eiles appKcables en Angleterre; elles le seraient difficilement en France. Quelle culture scientîtque peut-on exiger d'un jeune homme de dix-buitft TÎngt ans T Les notions qu'il possède, îl les a trouvées toutes ftites et retenues. Rien n'est plus opposé à l'esprit de recherches nue rinstruelion encyclopédique rappsant sur, ht mémoire. Les pédagogues modenies^ont uiuomme OBrUai» pères de famille dont Te but «Ifilil^ VéTîR^tr Flï^age

i*' Mai 1885

rester cantonnée avant d'atteindre le poumon, de même qu'elle peut débuter par une synoviale, par un testicule, par la prostate, par l'œil, par la peau, par le péricarde, etc., et y rester cantonnée, plus ou moins longtemps, à l'état de tuberculose locale sans se généraliser au poumon.

II nous arrive assez souvent de faire le diagnostic de pleurésie simple chez un individu qui guérit de sa pleurésie et qui six mois, un an, deux ans plus tard, présente des signes de tuberculose pulmonaire ; it est probable que chez ce malade, la pleurésie, simple d'apparence, n'était que le résultat d'une tuberculose pleurale qui s'est manifestée par un épanchement et qui s'est ensuite généralisée au poumon. Dans son remarquable ouvrage, M. Jaccoud (1) parle de cas observés par lui, dans lesquels la tuberculose pulmonaire était consécutive aux lésions pleurales, et il nomme ces pleurésies ( phlhisiogènes >. Dans un article sur les tuberculoses locales (2), M. Brissaud a rapporté une observation concernant un malade du service de H. Millard qui mourut brusquement d'un pneumothorax survenu dans le cours d'une santé excellente, et chez lequel existait une tuberculose pleurale primitive.

Eh bien, la pleurésie hémorrhagique peut annoncer, elle aussi, une tuberculose locale ou initiale de la plèvre; on pratique trois, quatre, cinq fois la thoracentëse, on tarit le liquide, on guérit la pleurésie, on croit avoir affaire à un hématome simple de la plèvre, et quelques mois plus lard, des signes de tuberculose pulmonaire éclatent chez le malade et témoignent de l'erreur de dii^nostic.

En voici une observation :

M.L..., âgé de cinquante ans, est alteiiit iCune pleurésie gauche. Les débuts de la maladie ont été fort insidieux. U n'y a eu ni frissons, ni points de rUté, ni fièvre vive ; graduellement l'appétit a diminué, les forces ont décliné et l'oppression a fait quelques progrès. La pleurésie ayant été constatée trois semaines après ce débat insidieux, on a successivement appliqué trois vésicaloires qui n'ont amené aucun soulagement.

Je vois le malade deux mois après le début des accidents. La matité est considérable au cêté gauche de la poitrine, lu coeur est dévié jusqu'au bord droit du sternum. A Pauscultation on ne constate ni souffle, ni égophonîc, ni pectoriloquie aphone, et le murmure vésiculatre a complètement disparu. 11 y a un peu d'œdème dans la région thoracique gauche.

V Le 7 juin 1883. la thoracentèse étant urgente, je pratique l'aa-

H) iKcoai, CWttbiiUé et Iraittiaent de ta phthitU pulmonaire. Parif, 1881, i>. 83.

UriMBnd, Arehivea giniralei de médecine, août 1880.

piration et je relire un lilre d'uu liquide fraDcfaement hêroorrhagique; après quoi, selon mon haÛtudë, j'arrête l'écoidemenL Le liquide retiré de la plèvre forme un caillot asses volumïnoai.

M. L... éprouve un soulagement notable, mais le liquide se reforme, et je pratique, le 29 juin, le 13 juillet et le SO joiltet. trois nouvelles ponctions. Cette dernière fois le liquide * pnrdn en partie sa teinte hémorrhagique.

l.'état du malade s'améliore sensiblemenl, mais le liquide se reforme encore et je pratique, le 37 juillet, le 3 août et le 10 août de nouvelles ponctions. Celle du 10 août est la dernière, le liquide était du reste de bonne nature et la plèvre n'eu contenait plus que quelques centaines de grammes.

A dater de cette époque le liquide ne s'est plus reproduit, l'amélioration s'est déclarée firandiement et H. L... a repris en partie ses occupations.

Je pensais donc avoir guéri un hématome sinqrftf de la plèvre, mais sept mois plus tu^, des craquements sees sont i^parus au sommet du poumon droit et une tubercnlose pulmonaire est actuellement en voie d'évolution.

DiEULAFOT.

Voici la saison des asperges. L'omelette aux aspu^es offre un excellent moyen, quoique peu connu, d'administrer la viande crue.

En pharmacie, nous obtenons la pulpe de viande crne

avec le pilon et la pulpoire ; maïs ce procédé est impraticable dans les ménages. Celui qui consiste à racler la tranche de viande jusqu'à ce qu'il ne reste que les aponévroses, est bien plus commode et donne une pulpe tout aussi bonne et d'aussi facile administration que ceUe que nous pouvons faire.

Quand la viande est ainsi préparée, on la mélange avec les œufs et les pointes d'asperges et on fait cuire rapidement. La température n'a pas été suffisante pour modifier la pulpe de viande et Ton ne s'aperçoit pas qu'on mange de la viande crue.

Pierre Vigikr.

qu'ils transmettro:.t h leurs enfanls. Le jour où ceux-ci devront le gérer eux-mêmes, ils n'auront ni les ai)titudes, ni les instruments de travail nécessaires pour en tirer parti. Les instruments du travail scientifique, ce sont la curiosité et l'esprit critique, deux manières d'être du jugement. Le meilleur moyen de les développer, ce n'est pas de les enfouir dès l'enfance sous un inextricable amas de faits, d'hypoléses et de calculs. .

Malgré tout, le nombre des médecins augmente en Angleterre ; les débuts dans la carrière deviennent de plus en plus laborieux, la réussite de plus en plus aléatoire. On se garderait bien dans nos Sociétés médicales de toucher à des questions de celte nature. Entre la réalité devant laquelle le médecin est un citoyen ayant les mêmes obligations de famille ou de société que tout le monde et l'idéal se dresse en France une sorte de voile déontologique ; ce qui touche aux intérêts matériels et courants doit être toujours laissé à l'arrière-plan. Les Anglais ne connaissent

pas cè sentiment, leurs associations supposent qu'elles ne peuvent jamais regarder ce qui touche à l'intérêt de leurs membres comme quelque chose d'étrange. Une question assez difficile a été touchée de différents côtés, celle des consultations hospitalières : les jeunes médecins se plaignent énergiqueineut que beaucoup de gens capables de payer, sont traités gratuitement aux consultations externes des hêpitaux. Un journal publie même sur ce siyet deux articles de fond, dont l'nn porte un titre d'une singulière énerffie : Le vol aux dépens des jeunes praticiens.

< Le médecin qui s'établit, dit Tarticle, est conduit fatalement à cette idée lorsqu'il voit qu'un grand nombre d'individus qui pourraient devenir ses clients, trouvent aux hêpitaux des consultations et un traitement gratuits. »

Les administrateurs s'en plaignent eux-mêmes, car leurs ressources sont diminuées par suite de la réception d'un grand nombre de personnes qui pourraienlseipassûdc P^sirt^ médicale gratuite. C'est en(BitofitfaËdaeH«t:llé3JU9ra qui

1" Haï 1885

TRAVAUX ORIGINAUX

De l'efficacité de l'antiptrine dans le rhumatisme arncuLAiRE AIGU ET SUBAIGU, par H. le docteur Bbrnheih, professeur & la Faculté de médecine de Nancy.

En 1842, Briquet appelai! l'attention des médecins sur les effets dn sulfate de quinine à haute dose dans le rhumatisme articulaire aigu. « D'après ce que j'ai observé, dit-il, à l'Académie de médecine, le sulfate de quinine à haute dose (5 ou 6 grammes en douxe heures) arrête une attaque de rhumatisme aigu d'une manière nette et aussi tranchée que ce sulfate à petite dose arrête un accès de fièvre intermittente, t

Expéiimentée sur plus de cinquante malades, cette médieab'ou n'aurait donne à Briquet aucun accident grave ; mais i la Société de medècin'e'dé Pàris ffî on dta des faits dans k«|uds sous l'influence du sulfate ne nuinine les douleurs artïealaïres avaient disparu, pour faire place à une pleurésie, i une péricardite, k une méningite. La Gazette des hôpitaux

Kablia aussi deux observations prises aux services (2) de écamier et de Hnsson, où des accidents cérébraux mortels succédèrent à l'administration de la quinine.

Briquet traita d'autres malades par des doses moins élevées que dans ses premières expériences : 2 à 4 grammes par jour; les résultats, bien que moins rapides, furent cependant encore très satisfaisants. Sur 27 rhumatisants, 15 après vingt-quatre heures de traitement furent noiablement soulages, mais aucun n'avait cessé complètement de souffiir. Après quarante-huit heures, â malades n'avaient |rius ni douleurs, ni gonflement, ni fièvre. Dans le courant de la troisième journée 5 malades étaient guéris. Chez 11 il ne restait plus que quelques douleurs sur une seule partie; chez 3 il y avait une amélioration notable ; chez 3 l'amélioration était peu prononcée. Enfin 5 malades t|ui se trouvaient dans des conditions désavantageuses n'avaient éprouvé aucun bénéfice du traitement.

L'efficacité de la méthode de Briquet ne fut nullement contestée ; mais l'attention appelée sur les manifestations du rhumatisme cérébral et la crainte plus ou moins fondée de favoriser par la c^uinine celte redoutable complication imposèreot aux praticiens une grande réserve. On ne donna plus la quinine qu*à doses modérées et les résultats théra-

(1) Journal rit ■MctfMCfifeekfrwvtefnMffiiM, »U,1.XIV, p.ii8. (I) «n«lf« te Mj^ilMM^ «H, 8 MnbIm

peutiques ne furent plus assez frappants pour assurer la supénorilé à la quinine sur les autres médications.

£n 1877, Germain Sée vulgarisa en France l'usage du salicylate de soude et confirma son efficacité contre le rhumatisme articulaire, déjà reconnue en Amérique et en Allemagne. Sous l'infiuencede ce médicament à doses suffisantes (8 à 10 grammes suivant H. Sée le premier jour^, les douleurs articulaires diminuent et cessent puelqueiois déjà en douze ou dix-huit heures ; la fluxion aHiculaire et la fièvre cèdent ensemble, et en trois ou quatre Jours en général, toute douleur a cessé, les mouvements sont redevenus faciles et libres; le rhumatisme est terminé. Si l'on cesse le traitement, la rechute est presque inévitable. Les nouvelles arthropathies guérissent de nouveau par la même médication; pour assurer la guérison, il faut continuer l'usage du saticylale à doses décroissantes pendant plusieurs jours apn's la disparition des symptômes.

Telle est l'action du salicylate coiitie le rhumatisme aitïculaire aigu. Quand elle fut découverte, la médication quinique était presque oubliée ; on ne paraît pas avoir soupçonné que la medicatiou salicylique ne faisait que la ressusciter pour ainsi dire; le salicylate de soude, vrai succédané de la quinine, agit comme elle ; antipyrétique de la même fiifon, analgésiuue aussi, déterminant comme elle des vertiges, des bourdonnements d'oreilles, de l'ivresse.

L'antipyrine, expérimentée dans ces derniers temps, est un antipyrétique à la façon de la quinine et de l'acide salicylique; elle agit d'une façon plus rapide et plus précise, j

Or l'idée que je me fais sur le mécanisme de cette action antipyrétique m'a amené à penser que l'antipyrine, de même que la quinine et le salicylate de soude, pourrait avoir une efficacité de même ordre contre le rhumatisme articulaire aigu fi subaigu.

Je l'ai donc expérimentée chez dix malades atteints de rhumatisme articulaire subaigu ; j'ai donné l'antipyrine à la dose de 6 grammes par jour, pris par paquets de z gramme.<t chaque heure. Si l'etTet désiré, soulagement des douleurs, n'était pas obtenu le soir, je faisais quelquefois prendre encore un paquet de 2 grammes, soit alors en tout 8 grammes par jour. Cette dose de 8 grammes peut être administrée sans crainte dans tous les cas de rhumatisme très aigu; elle produit peu ou point de symptémes subjectifs. Dans quelques cas rebelles, je crois qu on pourra la dépasser sans inconvénients. Je nai pas fait continuer l'administration du médicament tous les jours ; mais je suspendais, aussitôt l'effet produit, pour le reprendre, quand les douleurs réapparaissaient. J'ai ainsi administré l'antipyrine chez mes dix malades quarante-six fois (quarante-six doses de 6 à 8 grammes). Or j ai constaté que chaque fois, après chacun de ces quarante-six jours d'administration de Tantipyrine, sans aucune

a lu un mémoire sur ce sujet à la quatrième réunion générale de VHoipitaVs Association. D'après lui, le problème derient d'année en année plus ardu, à cause de 1 augmentation des demandes de secours et d'entrée ; il est nécessùre de prendre des mesures énergiques pour que les ressources de la eharilé publique ne reviennent qu'aux gens véritablement nécessiteux. H. Bristovre partage les opinions émises dans un mémoire publié en 1884, par M. Nixon, directeur dn London hospital. A Saint-Thomas, voici comment sont admis les malaaes de la consultation externe: on fait attendre doute heures ceux qui s'y présentent, puis un assistant en médecine ou en chirurgie choisit ceux qu'on recevra en traitement. Différentes autres mesures d'ordre intérieur rendent encore l'accès difficile ; leur but, c'est que les indigents seuls soient traités. Autrefois, les jeunes gens avaient une ressource : s'expatrier aux colonies. Elle n'existe plus aujourd'hui ; avec leur esprit d'initiative et les principes du Self- Qovernment, les colonies ne pouvaient rester longtemps

tributaires de la métropole pour les choses médicales ; Je Canada a ses écoles; Tlndouslan a les siennes; l'Australie fut longtemps la terre promise des médecins entreprenants; les voies sont encombrées en Australie comme ailleurs. Une grande Société agricole de la Nouvelle-Galle du Sud réclamait récemment un médecin par la voie des journaux, il y eut soixantfr'trois demandes ; la plupart des candidats avaient été formés dans les écoles locales, de sorte que les émigrants d'Europe ne peuvent plus espérer grand'chose.

— L'avenir, même en Océanie, appartient probablement à l'armée du Salut; celte admirable institution a fait beaucoup

{larler d'elle depuis quelques années. Ses processions sont égendaires, on dirait une édition moderne des pérégrinations des tlagellants. L'armée du Salut compte dans ses archives des pièces authentiques sur un certainjçimnh^ guérisons miraculeuses; c'était à prévoir. JlUfSpWw^ publié une sorte de relation ou de catalogue, qui soutien-

Page 1