‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 84 sur 228 · I- Mai · texte numérisé non relu

I- Mai

«c«»ti«n, les trthro|Mithifts oa avaieat diipara, ou étaient notamement atténoées. Cette atténuation «ws doolrara eora* in«n«e quelquefois presque iroraédiatement, une k trois heures aprAs ta première prise du médicansent, quelqnrfois cinq fc 6fx heures aprto. Le lendemain toujwirB les douleua sont moindres ; les articulations sont moins sensibles on ne le sont plus à la pression, les moutremênts nnt redeveaus libres ; le gonOenent et la rougeur ont souvent diminué ; ils peuvent avoir disparu en deni ou trois jours; les épancbements arlîculaires devenus indolores peuvent persister plus longtemps. La fièvre cède, comme toujours, à l'antipyrme; mais l'action antirhumatismale n'est pas absolument liée 4 l'action antipyrétique; car, ainsi qu'on le Terra dans nos observations, le médicament neutralise l*arthropathie récente, alors que celle-ci est exempte de fièvre et sans que la température soit notablement modifiée par rantîpvrine.

Je ne puis dire avec certitude si la ourée de la maladie est abrégée. Dans tes cas snbai^us que j'ai traités, le plus souvent Tes arthropathies reparaissaient ajtrés deux ou trois jours. Une nouvelle administrationd'antipyrme,6à8 grammes par jour, et l'on peut, sans inconvénient, la continuer deux ou trois jours, en Aùsait de nouveau justice. Dans quelques cas, il a fallu revenir six, sept ou huit fois à l'antipyrine; mais jamais le médicament n'est resté sans influence.

D'après mes observations, et j'espère qu'elles seront cmi- Armées par d'autres, rantîpvrine doit prendra place dons la tbérapeullque à cMé du suieylate de soude ; mon expérience n'est pas suffisante encore pour que j'établisse un parallèle entre les deux. Ge qui est certain, c'est qu*elle est beaucoup plus fkeile à prendre, elle est mieax tolérée; dans la très grande majorité des cas, elle ne produit pas de vomissements; jamais de vertige, ni de b«*rdonnements d'oreille, ni d'ivresse, comme la quinine et le salicylate : chei un assez grand nombre les sueurs constituent le seul symptôme subjectif observé, et l'apparition des sueurs marche quelquefois de pair avec la disparition des douleurs. Le médicament peut être poussé à de fortes doses, sans qu'il y ait lieu de redouter, comme avec la quinine et le salicylate, de troubles cérébraux pouvant appeler sur l'encéphale les manifestations de la diathèse rhumatismale (1).

Obs. I. — Fucfas (Joseph), vingt-huîl aQs, garçon boulanger,

XI) fii «oHBnmlqië I« rAoltat de nM «bnmttoni k H SoéUté 4« médwiM NtMy toailMw.O«MltnèDaBn<raaa JHtnuHm SmUt» nHWKHuii, fA rdiU Mt MwnualMlioB, J'«i trmti aiw coBmkaUoa, k l'AcsiéMi* njala de BelsiipM, du profesMtir Haiin* (de Liè^e], qui a égalemcat conataibi l'eSîcecilé de l'entipjrine diiiii le rfaiinMiltme articahire vrai, al^ et nbalgn. Cette cominvnleathm esIdnSl Janvlvr, par «onéfMBt anlérieara i la aiinnie. il doia diM dto la 6 iamier, date 4b «a pmiitn obMmtioB, jippetaii ieiwMiweat raUeotàom dea éU»e« ds sa «Uaifiw aur «atte aetton «aiirluiroaliMDaia. mm cenuttn les abaemtiou eoafomws du dwtoar Uaaiu ; ma a*0M donc conataU, Taa à riaao de huM, le hiAm btlt.

entre à l'hépital le 4 janvier 1885, affecté de rbumatisme articulaire. 11 y a nuit jours, après une grande marche, il ressentit des douleurs diffuses dans les deux membres inftrîeurs et dut s'diler. Les jours suivants les deux pieds enflèrent. Depuis hier matin les deux poignets et les doigts se prirent. On l'amène en voiture.

Le 5 janvier on constate : tampèralure, 38*,6ï pouls. 100; respiration, 33. Tempérament lymphatique.langueun peu blandie, sueurs.

Le poignet droit est gonflé, non douloureux ila pression, suis ses mouvements sont douloureux. Articulation métacarpo-pbalangienne du médius gonflée et douloureuse. Genou gauche tnméflé [sans hydartfarose notable): ses mouvements sont possibles, mais douloureux. Cou-de-pied droit tnméfié, ronge, i mouvements doutooreux. Cou-de-^nied gauche sensible. Rougeur et ^nleneat des articulations phalangienues d« deux premiers orteils. Appareil digestif, cardiaque, pulmemire intaela. Orines, 1700 grammsa en TÎagt-quatre heures.

1.0 malade prend 6 grammes d'antipyrine (1 fframme par heure) depuU 8 heures i/2 : à9b.l/2. 37'',9; àîb. l/i,37',8;i 4h. 1/S, 37».3; à 5 h. 1/2. 38 degrés; à 8 h. 1/î. 38 degrés; à9 h. ift, 3S",5. Sueui-s abondantes dans la journée.

Le 6 janvier au matin : temp., 37%8; potds, 84: resp., Ci. Le

fioignet droit est encore tuméflé; la rougeur au niveau des maléoies a disparu; les mouvementt des articulation» tout liènM sons aucune donieHr.— Soir: temp., 38*,S; pouls, 0t; resp., 14. (Suppression de l'antipyrine.)

U 7 : temp.,37',6; pouls, 7t; mp., M.— SoiTi leoM»-» ***»3 i pouls, 96 ; resp., S4. Ne sent qu'au léger endolorisseneot dans las Gous-de-pied. ^ ^

Le 8 : lemp. , 38 degrés; ponts, 84 ; resp. 24.— Soir : lemp., 38*,t ; pouls, 90 ; resp., 58.

Le9: temp.. 38*,2; pouls, 90; resp., Accuse une légère douleur vers I articulation métacarpienne du médius droit et du pouce gauche. — Antïpyrine, 6 grammes, deuxième administration (1 par heure),de8h.l/{ « Ih. 1/3. Temp. : A9 h. 1/3, 37*,4; à lOh. 37«,2; i 11 h. 1^, 37 degrés; à 13 h. t/i, 37 degrés; i 4 h. 1/2, 30*,8; è 6 h. i/t 36*.8; i 7 h. 1/3, 37-,3; àS h. 1/3, 37',&; pools, 80. Sueurs depuis 9 heures du matin; aucun syinptéme subjectif.

Le 10, il n'accuse presque plus de douleurs. Temp., 38 d^és; pouls, 76; resp., 24. — Suppression de l'antipyrine.

Le 11 et le 12, la température varie de 38 degrés fc 38»,«. Le 12, légère douleur vers te tendon fléchisseur du poaoa gauebe.

I« 13 : temp., 38*,6; pouls, (08; resp., 34. te genou gancbe est de nounau un peu tuméfié et doulouroux au aivsMi de* oondytes. Douleurs vers les articulations da tarse.» Troiiiémê admU- «ùfnition ifoiil^pyriM, 6 gmmmes.-»Iie soir ; 37*,8ij peuh. 88 ; resp., 88. , — .

Le 14, les douleurs ont disparu par l'antipyrine. Temp., 38 degrés; pouls, 93; resp., 24- — Soir: temp., 39',4; pouls, 108; resp., 28.

Le 15 : temp., 3^,8; pouls, 100; resp., 28. Depuis minuit, douleur vive au poignet droit, qui est gonm ; depuis Msr l'aprèMuidi. douleur au genou droit; jias de gonflement notable ; pression sur la rotule diMMOureuse. Unues,850ceatimèires cubes, très troubles. —Quatrième adroinistralioa d'antipyrine, fi grammes de 8 h. è

drait la comparaison avec les sanetuafres en renom au moyen 1^. Sir James Paget a beau faire et chercher une explication rationnelle des cas deonés, les sotdata du Salut eroiroat toiqoars à Tintervention des puissances eélestas.

— Une Association nouvelle vient de se fonder ux Indes duis un but philanthropique ; elle est destinée à recmter des médecins da sexe féminin. Les mœurs s'opposent l'introduction d'un homme près des femmes indigènes, même lorsqu'elles sont gravement malades. Si des individus se décident h s'affranchir du préjugé et i introduire un pratfeien d'Ëurope dans leur gynécée, ils ont soin de placer préalatdement un rideau d'une opacité absolue, qui sépÀire la patiente du consultant. L'idée de rAssociatlQnMtdueànn Américain résidant k Bombay et é un Parsis ; la sottscriotion ouvert^ dans ce but, au commencement de 1883^ produisit en moins de deux mois 40000 roupies. On commença par ^der ufi dispe&sàiro, dont le service médieel éi«i| ftiif ptr

deux femmes ; ce qu'il y a de remarquable, c'est que la souseripUon avait été presque entièrement couverte par les doturels du pays, Hindous, MahométaaSi Parsis. Plus tard, deux gentlemen natifs vinrent faire des offres bien autremeot sérieuses. Un Parai, H. Peatoajer Gaosa, proposa 169000 roupies pour un hépiiiâ ; «ft mesulman, M. Jaffor Soliman, en donna iOOOO pour «n aetra dispensaire* A« mois de m- Teinbre 1 le dm do Goanaeçht peea la pranière pierre da premiw étabiissement, qui contient cinquante lits. Au mois de déounbre, la premièn femme docteer de l'Inde, à l'exception d'une dame de Madras, arriva à. Bombay. Le dispensaire ftet ouvert vers la fin do juillet et le succès de l'entreprise démontré. Neuf femmes indigènes vinrent réclamer les toins du docteur fiditb Pechey ; au bout de lasoauÙM il en vint trtus cents ; depuis lors, la moyeane s'est maioteaue à cent par Jour. Depuis le mois de noveratm, il y a i|b autre docteur, Charlotte Ellaby, ei le dispeesaire pot Duei|x Ibnetinaiier. On se^t t^ée bien aoieard'hqi q«e IVMiUeAcp

i" Mu im

&A2BTTB HEBDOMADAIRE DtK MÈDEGINB ET DE GHlRURfilE

ii h. du toatip. Teiop. : & 10 h., 37-»^: i 11 h., 37-,3; A 1 h,, 37 àegriA; à S ii.. 37^^; & 9 h. in ioîr,3&'.2. Soeurs aboadaïUw de 11 b.i2b.

Le 16 au malin : temp., 37%8; pouls, 96; reap., 26. Les douleur» articulaire* onl duaiiiaé aussitôt qje les sueurs ont comnUDCé. Le Doignel droit est peu saosible; reste un léger midoloriasemem du genou ; le malade le remue sans douleur. — Soir : temp., 39»,4; pouls, 84; resp., 32.

. 1^.17 : tem^, 38',4; ^uU, 88; resp. 38. Les mouvements uapnmes au poigoot moi eacare ua peu douloureux. La douleur existe sortoul au airauide la tdte du cubitus et i la partie externe du genou.- ■ Ciuquiéioe adrainistratioa d'autipyrioe i 9 h., 10 b.

1 4® ÇMMWS en loul). Temp. :411b.. â7%2 j à I h.. 3ti%6 ; à 6 h.. 37';%; à 9 h., 37 degrés; pouls, 80; resp.. 32. Sueirs abondantes.

Le 18 : leaip.. 37 degrés; pools, 80; resp., 32. N'accuse plus dedoulour — Soir : temp., 37",2; pouls, 80; resp.. 32.

U 19: temp., 37«,2; pouls, 7*»; resp., 26. Il o'existe qu'uub (foulear vers 1 extrémité inférieure do cubitus gauche. — Soir : tcmp.^8",5; pouls, 80; resp., 24.

Le 20 : temp., 37-,8j pouls, 92; resp., 28. Même douleur. De ptua, (fODleur h farticnlaiion aeromto-clariculalre gauche. — Soir : tenp., 37«,6; pools, 96 ; resp., 24.

u n : teoip., â7«,8; pouU, 84; resp., 28. Douleur dau l'arU- CQMUM d« U première afec la deoxiène phalange du médius gondie. ËBdokwissemeQt de l'articulation acromio-ctaviGulaire du même cAtë. — Soir : temp., 37»,6; pouls, 96; resp., 24.

, — pbahmge dv nédios et 4» l'ananhiire gauche, Uculation acromio-claTiculaire et scaputo-humérale gauche; )e malade ne peut soulever le bras rauche. — Sixième administration de lantipyrine (6 grammes de 9 h. & 11 h. du matin). La lexBpérature varie ootre 37 degrés et 37' ,5.

U23, au malin : temtp.,37',4; pouls, 116; resp., 24. Les douleurs ont beaucoupdiininué. Déjà, liier a midi, on pouvait toucher les articulations ae la main sans grande douleur. Ce matio, le niedius n'est plus douloureux; l'annulaire est encore un peu sensible. L'articulation scapulo-huraérale ne l'est plus. Légère sensibilité (sans douTeur) i l'articulation acromio-claricuTaire. l a mam peut exécuter tous les mouvements; le malade peut soulever le brasjus^'à angle aigu. — Septième admiaisiration de l'aoti-

Le 24, la tempèratoro reste ooroiale depuis hier. Ce matin il UKçuse pbu la nuHBdro saasibilité douloureuse; il lève le bras Terticaleneut.

Le malade reste j^èri. Le 29, i) accuse encore un point douloarenz sur le milieu du bord externe du péroné gauche h la mssion et quand il mardie. Ce point disparaît spontanément. Qwtloni^tall le3l. r- r p

En résumé, si )*on ne peut affirmer que radminislration de l'tntipyrine ait abrégé la durAe de ta maladie, il semble ïncralestaMe qne ebftcune des sept administrations du médicamenl a été suivie d'uoe dtminntion très notable el qoel-

Ïuefois de la cessatioa complète des douleurs arlicutaîres. a maladie a duré ea tout environ vingt-sept jours, et après bt première adiBÏniMratien d'antipyrine dix-aeuf jours.

Obs. II. — Domoulin ^Del|»hine), cinqnwite^goatre ans, femme de ménage, entre le 13 janvier k la clinique. Elle habite un rezde-chaaasée humide, et a depuis deux ans, de temps eu temps, des douleurs articulaires. Depuis huit jours elle en accuse : le genou gauche fut pris d'abord, resta enflé dt'ux à trois jours; en même temps le poignet gauche; puis le pied droit; depuis deux jours la main droite est prise. Il y a cinq ans, elle a eu une pr^ mière atteinte de rhumatisme articulaire subaigu, ce qui la tint alitée deux mois.

Le Ujauvier: temp., 37',3; pouls, 92. Gonflement el rougeur sur toul le dos de la main droite avec douleur à la pression. Les mouvements du poignet ne sont pas iloulourcux, mais la pression sur l'interligne articulaire est douloureuse. 1^ poignet gauche, presque désenflé, est encore un peu sensible. Gonflement diETus durou-de-piedavecendolorisseraent à droite. Souffle doux, mitral, systolique; volume du cœur normal; pouls assez ample, régulier. Submatité à droite depuis l'angle de I omoplate, et quelques râles sous-cré pilants flos à l'inspiration (congestion pulmonaire rhumatismale). — Antipyriiie, 6 grammes en potion.

Le 15, la douleur est moindre; la pression sur l'interligne articulaire du poignet et au cou-de-pîed est beaucoup moins douloureuse; la malade peut ouvrir la main, ce qu'elle faisait difflcilement hier. Le gonilement delà main semble diminué.

Le 17, douleur et rougeur vers le cubitus droit, au niveau du poignet. Un peu de douleur vers l'épicondyle gauche. Pieds d^agés. — Antipyrine, 2 grammes (deuxième administration).

Le 18. eUe a encore une douleur, mais beaucoup moindre, dans le poignet.

Le 20, léger gonflement avec douleur au poignet et aux articulations raétacarpo-phalangiennes droites. — Antipyrine, 6 grammes (troisième admmi si ration).

Le 21, les douleurs ont disparu. — Antipyrine, 6 grammes (quatrième administration).

Le 22, les douleurs ne sont pas revenues.

Le 27. Depuis avant-hier, nouvelles douleurs dans les trois dernières articulations métacarpo-phalangiennes, surtout celles du médius. Ne peut fermer les doigts. Douleur à l'olécrâne gauche; mouvements du coude libre. Douleur, tuméfaction et rougeur des articulations métacarpo-phalangiennes de l'index et du medios. — Antipyrine, 5 grammes (cinquième administration).

Le 28^ les douleurs ont beaucoup diminué : on peut presser les articulations sans provoquer des oouleurs; le gonflement existe encore ; elle peut plier la main & moitié. La douleur ^lécrftnlenne a aussi disparu. Les douleurs ont commencé à disparaître le soir. — Anlijpynne, 5 grammes (sixième administralioo).

Le 29, elle ferme presque complètement la main gauche. Encore un peu de gonflement au dos de la main droite et dans les articulations métacarpo-phalangiennes, sans douleur; ne peut fermer coiriplètemeut la main droite. — Antipyrine, 6 grammes (septième administration).

Le 30, elle ferme très bien les deux mains; il n'y a plus qu'une légère tuméfaction sur le dos de la main.

fiera pas tMjaur» donnée par des étrangers. Il v a dans les conuDunaulés de Parsis et même parmi les ilindous, des femmes parfaitement préparées à recevoir l'inslruclion médicale. EUe leur e»t aiùourd'bui acceesible ; le Grant médical Coikge leur ouvre ses portes ; aujourd'hui dou2e jeuoea fiUes guèbres ou anglaises, nées aux Indes, ont fiai leur jMremière année d'étude ; enfin, depuis 1883, l'Uni- Yersité de Bombay admet des ébulianles, qui pourront prendre leurs grades. Le gouverueotent de Bombaj a promis tU aeulMkir i'bftpital ; la municipalité «ibvienl dèa aiyourd'faiû aox dépenses du dispensaire.

U Thomas.

SstvicB M 8uni «lUTAlHB. ~ Lo mÙMtre de la guerre a déodé q«e, derénavant, les docteurs en médecine et les pharmaciens diplémés de première çlasse qui gffiiifiM 4 étrftif«9U#»

aides-majors dans la réserve de l'armé active ou de la territoriale, devront subir un examen d'aptitude dont le programme a été lixé par décret do 10 janvier Imt. Toutes les fois qu'il aura été procédé A on examen, les généraux commandant les corps d'armée enverront au ministre la liste des candidats admis. Il reste entendu que cette disposition n'aura pas d'effet rétroactif.

HERBORtSATioN. — M. Ghatio, professeur de botaniqae à l'École supérieure de pharmacie de Paris, membre de l'Académie des sciences, fera une herborisation publique le dimanche 3 mai, dans le$ forêts du Vésinet et de Saint-Germain- Le départ s'effectuera de la gare Saint-Lazare à dix heures et demie, pour la station de Ckatou.

NicnoLoaii, — Nous avens le regret d'amwneer la mort de M. le docteur J.-H.-A. Charrier, ancien inieroe des hépitaux de Paris, ancien chef de clinique i ta Faculté, memlMre de la Société de naédecine, qui a succombé k une longue et douloureuse maladie, le 28 avril 1886, à l'ftae de einouante-lHrfubuw ^^T^ ^ Digi^izedbyVJOOQlC

i-'Mii 1885

Le S février. Depais aTant-hier la main gauche est de nouveau enflée au niveau des articulations mëtacarpo-phalai^iennes de l'index, du médias et de l'annulaire. Hier les arriculatbns étaient an peu douloureuses : la douleur a disparu hier soir, après 6 flraninies d'antipyrine (huitième administration).

La guérison se maintient.

En résumé, l'affection a duré environ vingt-huit jours. L'admiiiislralion de l'antipyrine a commencé vers le neuvième jour; il a fallu y recourir neuf fois; chaque fois les arlhropathies ont été notablemeot calmées; mais la maladie n*a disparu que dix-neuf jours après le début du traitement.

Obs. m. — Lotz (François), vingt-six ans, domestique, entre à la Clinique te 13 décembre 1884. Il v a quinze jours^ il fut pris de flévre avec douleur au talou gauche, qui l'obligea à s'aliter. Après deux jours, la douleur gagna le pied droit, qu'elle occupa aussi pendant deux jours; puis if se leva pendant un jour. Le lendemain les genoux étaient gonflés et douloureux- Il y a dix jours, élancements douloureux à la partie postérieure des deux cuisses pendant quatre jours. Il yacinq jours, les épaules. Le 12, les poignets se prirent. Il n'a pas eu de maladies antérieures. Les autres fonctions restèrent normales, lia température, i SS^.S le 13 au soir, descendit à 38 degrés le lendemain, et redevint normale à parlir do 16. — Prend le H et le 15, chaque jour, 5 grammes de salicylate de soude.

On note le 16 : légère douleur à l'articulation carpo-métacarienne gauche; sensibilité au pouce droit. Sensibilité sur lescdtés u genou droit, sans gonflement ni épanchement; flexion incomplète; le genou gauche est encore un peu gonflé et douloureux, et ne peut se fléchir qu'à angle très obtus. — Continuation du salicylate de soude : 5 grammes le 17; 3 grammes le 18. Il n'accuse plus qu'un peu de douleur dans le genou gauche.

Le 20 janvier. Il a été repris hier après midi de douleurs dans le poi^et droit, qui est tuméfié et rouge sur sa face palmaire. — Antipyrine, 6 grammes en potion.

Le 21, la douleur a commencé à diminuer une heure après la potion prise. Ce matin il çeut remuer les doigts et les poignets, ce qu'il ne pouvait faire hier; tuméfaction moindre. — Antipyrine, 6 grammes (deuxième administration).

Le il ne reste qu'une légère sensibilité ; plus de tuméfiiclion ni de rougeur.

Le £3, plus rien.

Le 38. Depuis hier matin, la face palmaire du poignet droit, surtout dans sa moitié externe, est douloureuse. Gonflement dans la gaine du fléchisseur du pouce. — Antipyrine, 6 grammes : à dix heures, onze heures, midi (troisième adminislration).

Le 19, la* douleur a déjà diminué après le premier paquet et a complètement disparu la nuit; le gonflement a diminué, les mouvements sont possibles ; la pression n'est presque plus douloureuse.

Le 30, le poignet est complètement désenflé et indolore.

Sorti de 1 hépilal. Lotz rentre le 20 février. Depuis six jours il a été repris de gonflement avec douleur dans le pied droit; il ne peut plus marcher depuis trois jours.

On constate, le 21 : gonflement avec rougeur au niveau et autour de la malléole interne droite; douleur très vive au niveau de ce gonflement. Les mouvements imprimés au cou-de-picd sont très douloureux. Douleur avec léger gonflement des articulations mélatarso'phalangiennes du gros orteil, des premier, deuxième et troisième orteils. — Antipyrine, 6 grammes : 2 grammes à midi, deux heures et quatre heures.

Le 22, après la deuxième prise, la douleur a diminué; il a pu remuer le pied et dormir ta nuit, ce qu'il ne pouvait faire depuis plusieurs nuits. Le gonflement et fa rougeur out diminué; il n'existe plus qu'une légère sensibilité au-dessous de la malléole interne droite. Mouvements du cou-de-pied tout à fait libres. Remue très bien et spontanément les orteils, ce qu'il ne pouvait faire hier; ne sent plus qu'un léger picotement à la face palmaire des orteils. — Antipyrine, 6 grammes (deuxième administration).

Le S3, gonflement et rougeur ont disparu.

25, il continue à bien aller; il a encore une sensibilité douloureuse A la face inférieure du talon, et, quand il marche, de la sensibilité à la face plantaire de l'articulation mélatarso-phalan-

r'enne du gros orteil et du deuxième orteil droits. — Antipyrine, grammes (troisième administration).

Le 26, il a pris 2 grammes à midi, à une heure i/i et à trois heures. ],a sensibilité plantaire a disparu vers trois heures; il a pu marcher sans aucune gêne douloureuse.

Le 2 mars. Depuis la nuit d'avant-hier, il accuse de nouveau de

la sensibilité à la face plantaire des articalations méCatano-pha^ langiennes du gros orteil, de l'index etdn médins droit et une sensation de géne en marchant. (Antipyrine, 6 gnnunes, qnfttrième administration).

Le 3, la sensibilité plantaire a disparu au niveau du gros orteil et de l'index ; existe encore au médius, i^e malade dit ressentir chaque fois que la deuxième prise du médicameut enlève la douleur.

Le i, douleur A ta pression de la face plantaire de l'articulation métatarso-phalangienne du gros orteil droit. Encore on peu d'épanchement sans douleur dans la gaine du tendon rotulien gancbe. Sensibilité dans ta région interscapulaire gauche. Prend un bain de vapeur tous les jours ei ces douleurs di^jiarussent gradudlement.

Notre malade a eu deux atteintes saccessîves de rhumatisme subaigu : la première a duré environ quarante-cinq jours: traitée successivement par le salicylate etrantipjrine, elle s'est prolongée neuf jours après la première administration de l'antipyrine : chacune a atténué ou fait disparaître les arthropathies, sans prévenir les rechutes; la seconde atteinte localisée aux articnlations d'un pied survenue après un intervalle de quinze jours, a duré environ vùgt-aenx jours* seize jours après la première administraUon noureUe de l'antipyrine, bien que chacune eàt de nouveau produit son effet.

(X nUvre.)

rmtMogl* lasene.

De la pyëlo-nëphrite primitive, par H. le docteur Albert Robin, agrégé, médecin de l'hospice des Méns^^. Communicalion faite à la Société méolcale des hôpitauXi dus

la séance du 24 avril 1885.

La pyélo-néphriie est ordinairement considérée comme une maladie secondaire qui reconnaît parmi ses causes habituelles d'abord et en premier Ueu la présence de corps étrangers, de calculs dans le bassinet, puis l'extension d'une inflammation delà vessie ou des voies urinaires inférieures, la rétention d'une urine décomposée par slagnation et fermentation, la blennorrhagie, etc. On aécrit aussi U pyélite consécutive aux fièvres graves et l'on ne reconnaît guère le caractère primitif qu'aux pyélites qui suivent parfoîsTéli mination par le rein de substances irritantes, telles que la cantharidine et certains médicaments diurétiques ou balsamiques.

Mais la pyélile spontanée, se développant subitement cfaei un individu en panait état de santé, parait n'avoir attiré que fort peu l'attention des auteurs, de sorte qu'il n'est pas exagéré de dire qu'il est peu de sujets médicaux dont la littérature soit aussi peu documentée.

Rayer, qui créa la pyélite, ne laisse entendre nulle part qu'elle puisse être primitive. Grisolle avance qu'elle est rarement spontanée. Rosenstein dit qu'il existe oes cas rares où la maladie se présente d'une façon spontanée et sans cause appréciable. Il croit cependant qu'on pourrait mettre en ligne de compte certaines conditions atmosphériques et peut-être l'influence particulière d'un climat humide. Roberts écrit dans son article Ptëlitb que celle-ci peut élre causée par le froid et diverses causes inconnues, et il cite une observation à laquelle il attribue une origine c probablement a frigore ». Enfin, il existe deux travaux portant le titre de : pyélite spontanée^ mais ils ne renferment aucun renseignement utilisable, sauf l'un d'eux dû à M. Amstein, qui rapporte un fait intéressant d'une observation de pyélite primi* mitive, recueillie par M. Le Dentu. Quant aux grands recueils français et étrangers, leur défrot^UanmCiie^i» a paafourni un seul fait qui B^ifiga^sMlaAUlpdA4j»yétonéphriUprimitÎM, ^

l*' Mai i885

gazëttë hebdomadaire d£ Médecine et de chirurgie

Or j'ai eu Toccasioa d'observer et de diaguostiquer un cas fort précis de pjfélite primitive dont Thistoire sera publiée d'ici quelques jours dans la Gazette médicale de Paris. Eu rapprochant ce cas de ceux de Roberts et de Le Dentu et de deux autres faits que j'ai été à même d'étudier depuis, il est possible, Je crois, de tracer le cadre de celte variété depyélite dont le diagnostic présente habituellement de grandes difficultés.

Le surmenage et le refroidissement sont les deux causes les plus actives. Dans mon observation type, il s'agissait d'un robuste garçon épicier qui, par une tornde chaleur du mois d'août, passa sa journée à pousser une lourdecbarrette remplie de denrées qu'il allait livrer chez des clienU de son patron. Quand il revint à la boutique, baigné de sueurs, on lui fit descendre le reste de ses marchandises dans une cave très froide. Là il fut pris, après quelques instants, d'une sensation de réfrigération totale qui précède presque immédiatement un grand frisson.

Le début de la mtUadie est donc marqué par un grand frisson; bientôt survient comme phénomène dominant une rachialgie intense, puis de la fièvre, de la céphalalgie, des vomissements bilieux. En même temps l'urine émise apparaît rouge et chargée; la miction est assez cuisante parfois pour provoquer une dyspnée plus ou moins accentuée.

A partir de celte invasion du mal, les symptômes se groupent de manière à constituer comme des périodes dans révolution successive des accidents.

Dans une première période, les dominants sont la rachialgie spontanée, exaspérée par les mouvements, une dyspnée assez marquée sans signes physiques Ihoraciques et pulmonaires, une nèvre à 38%5-39 degrés,avec sécheresse de la langue, soif vive, l^ëre prostration, de la constipation, enfin une urine jaune foncé, diminuée faiblement de quantité et renfermant de 5 à 10 grammes d'albumine par htre. L'œdème fait totalement défaut, et cependant l'impression clinique est celle que donne la maladie de Bright au début de la forme aiguë.

Vient la seconde période. Au bout d'un temps que le petit nombre de nos observations ne permet pas de préciser, mais nui dans Tune d'elles a été d'une huitaine de jours environ, I albuminurie diminue rapidement et finit par ne plus exister qu'à l'état de traces. En même temps l'urine qui depuis quelques jours tend à augmenter de volume, laisse déposer un sédiment formé essentiellement de globules blancs, ut fièvre redouble alors, la prostration s'accentue, la langue se sèche, le ventre devient douloureux à la pression; le malade prend l'aspect d'un typhique.

La troisième phase est caractérisée par l'apparition d'une tumeur dans Tua des flancs et par l'augmentation marquée du sédiment purulent de l'urine, lequel peut atteindre un cinquième du volume total de celle-ci. Cette émission d'urioe très purulente coïncide généralement avec un retrait notable de la tumeur.

Une résolution générale de tous les symptômes constitue la quatrième période^Aonl l'intérêt réside principalement en ce que la maladie sommeille encore sous Vapparence d'une complète guérison, et aue de temps à autre, sous l'inQuence de la cause occasionnelle la plus légère, elle se réveille et détermine des accès fébriles passagers, a'intensilé variable, et suivis ordinairement d'une émission purulente.

On peut confondre cette pfélo-népfante k son début avec une néphrite aiguë; mais trois faits insolites mettront le clinicien sur ses gardes. C'est d'abord l'absence totale d'œdème, puis la coloration jaune foncé de Turine, coloration bien différente de celle des urines brightiques; c'est enfin i'abseace de cylindres ou de globules rouges dans le sédiment. Plus tard, la disparition rapide d'une albuminurie aussi considérable, la présence de la tumeur du flanc, les globules blancs du sédiment ne laissent prise à aucun doute.

La congestion rénale primitive à forme typhoïde^ dont j'ai SumtinMT.

donné récemment la description, ne saurait non plus prêter à ta confusion. S'il y a quelque analogie dans l'etiologie, le mode rapide du début, la réaction générale d'apparence typhique, l'albuminurie considérable des premiers jours diminue rapidement ensuite, enfin l'absence d'œdème, d'un autre côte la présence de sang et de cylindres dans l'urine de la congestion rénale, la résolution rapide et définitive de celle-ci, la séparent nettement de lapyélo-néphrite où l'urine se charge bientôt de produits d'une suppuration persistante. Il n'insiste pas sur la présence si caractéristique de la tumeur, qui suffit à elle seule pour établir le diagnostic.

Vhydronéphroêe et les kystes rénaux auxquels pourront faire songer cette tumeur abdominale accompagnée de troubles urinaux, seront éliminés par le seul fait qu'il s'agit ici d'une maladie aiguë, frappant subitement un individu jeune et bien portant. Un kyste hydatique peut, il est vrai, s'enflammer et suppurer ; mais pour soulever cette hypothèse, au moins faudrait-il avoir quelque indice de l'existence antérieure d'un kyste rénal, ou trouver dans l'urine quelque preuve, comme les crochets, par exemple, qui mit sous les yeux le corps du délit.

La néphrite suppurée, avec abcès du rein, débute aussi par des frissons, de la fièvre, des douleurs lombaires, des vomissements; mais le rein prend rarement un assez grand volume pour venir donner l'apparence d'une tumeur abdominale. L'urine est rare, haute en couleur, avec peu d'albumine, à moins qu'elle ne renferme du sang. Enfin elle ne contient de pus que tardivement, quand l'aocès est ouvert dans le bassinet. Dans la pyélo-népnrite spontanée, au contraire, on trouve au début une grande alouminurie qui se dissipe rapidement; la quantité d'urine se maintient entre 1250 et 3000, le pus apparaît de très bonne heure avant la période réellement inquiétante de la maladie et la constatation de la tumeur.

Le début brutal par un frisson, les douleurs rénales saisissant le sujet après un refroidissement, la tumeur, la purulence et les autres caractères de l'urine, l'absence de taches rosées et de diarrhée, sont autant de motifs pour mettre la fièvre typhoide hors de pair.

Reste \dL nérittéphritey qu'on écartera également en s'appuyant sur l'absence de douleurs provoquées et de tuméfaction dans la région lombaire, sur l'albuminurie d^emblée et sur la présence des globules blancs dans l'urine à nne époque rapprochée du début de la maladie.

La pyélo-néphrite spontanée est une maladie d'un pronostic sérieux qui présente non seulement des dangers dans la période aiguë, mais qui peut passer rapidement k l'état chronique. Le malade est alors exposé à des retours KbrUes

flus ou moins fréouents, dont il est difflcilede prévoir l'issue. 1 importe aussi de ne pas oublier que les conditions nouvelles dans lesquelles se trouve l'urine favorisent sa fermen* tation et le dépôt de cristaux de phosphates tribasiques qui peuvent devenir l'origine de calculs secondaires. On ne doit proclamer la guérison définitive que lorsque toute trace d'alouminurie et de globules blancs aura disparu de t'urine.

En dehors de quelques indications, le traitement de la période aiguë est purement symptomalique. Ventouses scarifiées sur la région lombaire, laxatifs, régime lacté, sulfate de quinine le résument à peu près complètement. Les alcoo- Iiques associés au sulfate de quinine sont indiqués quand la maladie prend une apparence Ivpholde.

La période chronique ou des retours fébriles réclame comme prescriptions d'ordre général, le régime lacté mixte, une saine hygiène ayant çour but d'éviter tout refroidissement et d'activer les fonctions de la peau, enfin l'usage de la médication tonique.

Trois grandes indications dominent la thérapeutique; il faut modifier l'urine pour qu'elle ne soit plus par elle-même une cause d'irritation; rendre cette urine aussi antiseptique^ ^ que possible pour retarder la fermentation ammoniacab qui

m — N- 18 — GAZETTE HEBDOMADAIRE DE

HÉDEGfNE ËT DE CHIRURGIE

l** Mai 1885

deviendrait une cause secondaire d'irritation du bassinet et une condition du: déreioppenient de calculs phosphatiques ; se servir de l'urine pour transporter des agents médicamenteux sur le bHssinet.

La régime lacté déjà cité répond à la première indication. Les acides benzolque, toluique, cinnamique, salicylique, quîni(|ue et les baumes qui en contiennent, la térébenthine, le copahu, le baume de Canada, le styrax, l'encalypto), employés dans une sage mesure, forment la base du traitement qui doit remplir la seconde indication. Deux médicaments anciens d^à, mais un peu oubliés, figureront avec succès sur cette Itste: c'est l'eau balsamique de Soultznalt d'une part, rhuile de Haarlem, assoerée au baume de Canada, d'autre part(l).

La troisième indication, que les balsamiques visent déjà en partie, sera complétée par l'administration des astringents et, en particulier, par les lanniques associés à l'iode et à l'iodure de potassium.

La révulsion continue par la teinture d'iode ou les pointes de feu superficielles, est aussi d'une extrême utilité.

Quant aux eaux minérales qui rendront, dans les cas rebelles, de fort grands services, leurs indications sont trop connues pour qu'il soit besoin d'insister. Je ne ferai d'exception que pour Wildemgen, dont les deux sources, Hélène et Georges-Victor, méritent une mention spéciale, parce qu'elles sont plus immédiatement applicables, la première, aux malades dont les urines sont acides, la seconde à ceux dont les urines sont alcalines.

Je conclus, en affirmant l'existence de la pyélo- néphrite primitive, la possibilité d^arriver à son diagnostic et, en hasardant cette hrpothèse, que cette pyéto-néphrite, en raison des difficultés de sa recherche et de la formation possible de calculs' phosphatiques secondaires, a peut-être été quelquefois méconnue et que sa rareté serait ainsi moins grande

?[ue ne le ferait supposer te silence des auteurs. Plusieurs aits anàtomo-pathotogiques recueillis depuis trois mois à l'hospice des Ménages et dans lesquels j'ai trouvé les hassinels dilatés, épaissis, vascularisés et remplis de liquide purulent, sans que les voies urinaires présentassent d'autres altérations qui pussent être considérées comme primitives, ces faits, dis-je, viendraient déjà à l'appui de l'opinion que je crois devoir soutenir.

CONGRÈS scratirmQiiES

(Suite, — Voy. les numéros 15, t6 et 17.)

SÉANOR DU JEUDI 9 AVRIL 1885 (hATIK). — PRiïsmEIfCF: DE H. ROCHARD.

Puisemsiit oaatè : K. A. Qaérln. ''— PansèmMit antlMptigoa ét tralteminmt Am pmm marU dwinp d« iMtalIte : mc. Bouâfnett, ■■aotn. Antf»'-, IMonBft 'Cbwuiral.

Dans cette séance est venue l'importante question des pansements en chirurgie d'armée. Les auteurs qui ont successivement pris la parole, ont entretenute Congrès des modifications qu'il y avait lieu d'apportef aux 'préceptes classiques, et des transformations que la méthode antiseptique doit entraîner dans l'approvisionnement du matériel d ambulance.

M. A. Gufrin défend son pansement ouaté et rappelle les principes qui l'ont guidé dans sa conception. Sans avoir les notions aujourd'hui si bien établies sur lapalhogénie des infections chimrgicalp-s, il connaissait l'action nocive de

(1 ) le liuntt de M. le docteur Cuko qu'il emirioîs defluis lungleiupt, nao BuecÙ!. rhuile de Haarlem dai» la luppnratioii nriaiin.

l'air, et c'est pour le débarrasser de ses impuretés qu'il a eu l'idée de le filtrer à travers une épaisse couche de ouate. La science est venue démontrer plus tard la justesse absolue de

celte idée.

Tout le monde sait en quoi consiste ce pansement ouaté aussi connu, et dans bon nombre de cas plus utile même que le pansement de Lister. Mais il mérite une mention spéciale en chirurgie d'armée, car il présente des avantages qui le rendent

{tarticuliërement précieux pour le traitement et l'évacuation àcile des grands blessés. Un membre fracturé, enveloppé selon les règles dans un pansement ouaté, peut être remué, transporté sans la moindre douleur et avec la plus grande commodité, dernier avantage que ne doit pas dédai^er l'opérateur pressé, encombre, surmené comme on Test forcément le jour d'une bataille. Les fragments osseux sont emprisonnés solidement et moelleusement maintenus ; la compression élastique de la ouate latte avec avantage contre la contraclilité des muscles-, la plate est dans les meilleures conditions antiseptiques, la fracture disposée le mieux du monde pour se réparer. Ce pansement a d'ailleurs fait ses

fireuves entre les mains de quelques chirurgiens militaires rançais. Maunoury et Bazy s en sont servis avec avantage pendant la guerre des Balkans, et personne lie met en doute les services qu'il peut rendre.

Cependant de graves objections lui ont été faites; H. Vedrènes, inspecteur de l'armée, lui a notamment adressé des critiques qui ne sont pas sans valeur. Il faut beaucoup de ouate; cette ouate, entassée dans les magasins de la guerre ou abandonnée quelque temps dans les ambulances, peut perdre ses propriétés essentielles; se couvrir de champignons, devenir incapable de stériliser l'air. Hais il ne . faut pas autant de ouate qu'on l'enseigne généralement et que M. Guérin l'a enseigne et écrit lui-même ; il suffit d'en placer autour du membre une couche épaisse, après tassement, de quelques centimètres ; de plus, les chirurgiens militaires ont eu l'ingénieuse idée de l'enfermer dans des poches en taffetas gommé qui la conservent longtemps inaltérée, à l'abri des germes et de l'humidité. La ouate, ainsi préparée, tient moins de place et peut arriver sur le champ de bataille en quantité suffisante et avec toutes ses qualités.

M. fious^twf estime que M. Guérin vient de démontrer une fois de plus une vérité depuis longtemps acquise, Texcellence de son pansement; c'est le meilleur pour le transport du blessé et le pansement de la blessure. Malheureusement,

les nécessités de la guerre gênent au plus haut degré la pratique chirurgicale et il faut, avant tout, tenir compte des difficultés de l'approvisionnement, du petit nombre de voitures atTectées au transport du matériel et du temps dont peuvent disposer les chirurgiens pour chaque pansement. Si la ouate est tassée dans des enveloppes p;ommees, elle ne filtre plus l'air ; si elle n'est pas tassée, elle tient trop de place, et, dans les deux cas, elle pèse beaucoup trop. Le pansement de M. Guérin est long, pénible à appliquer ; le temps et peutêtre les forces nécessaires manqueraient rapidement au chi rurgien, qui se doit à tous. A coup sûr, si parmi les blessés il en est qui paraissent pins dignes d'intérêt et d'attention pour une raison quelconque, H. Bousquet s'empressera, s il Ip peut, de les panser à h ouate ; mais on ne peut ainsi raisonner sur des exceptions; il faut une méthode générale. Cette méthode, c'est celle de Lister: Tous les chirureiens sont maintenant d'accord, et, si la chirurgie d'armée irétait pour mille raisons plus difficile à bien pratiquer que la chirurgie ordinaire, la question serait résolue. Mais, les circonstances étant différentes, il convient d'avoirs recours à des moyens particuliers pour réaliser l'antisepsie et se tenir autant que possible dans les règles listériennes.

Pour un chinirgien militaire, un bon pansement antiseptique doit être d'un transport facile, d'une application simple, d'un prix modéré. Tout ce qui n'est pas indispensable doit

1* Mai «885

être proscrit; le catgut sera remplacé par un fil de soie, les drains décalcifiés par le tube en caoutchouc, on y ajoutera un antiseptique et une enveloppe imperméable. Le choix de l'antiseptique mérite quelque attention ; Tacide phéntque, le chlorure de zinc, le sublimé méritent le premier rang ; on doit rejeter la poudre de charbon, de craie, de plàlre ou de bismuth ; à plus forte raison, la charpie sera sévèrement proscrite ; c'est une substance dangereuse, réceptacle d'impuretés et de microbes. Après avoir Ué au fil de soie, lavé à l'acide phénique, an sublimé oa au chlorure, suturé et drainé, on recouvre les parties malades avec de Tétoupe ou de la jute. Ces dernières matières sont celles qui convionnent le mieux à la modicité du prix, à la rapidité de Texécution. Le puisement sera complété par une enveloppe imperméable, mackinlosh ou gutta-percna. Bien que ces m^ilières de pansement soient aussi simplifiées que possible, elles pourront faire défaut ; l'ambulance sera trop éloignée, on le blessé n'aura pu s'y rendre; il importe qu'un premier pansement puisse être appliqué sur-le champ, par le chirurgien de première ligne ou ses aides. C'est pour cela qu'il faut avoir recours au paquet antiseptique porté par le soldat lui-mén» et par conséquent toujours sous la main de l'opérateur.

Avec le professeur Chauvel, H. Bousquet défend le paguet du soldai et s'attache, dans une argumentation élégante et serrée, k détruire les objections de ses adversaires. Ce paquet est nécessaire parce que l'antisepsie ne saurait être faite trop t6t ; il rendra le plus grand service au ehinir* gien, qui trop souvent n'aura pas son matériel sous la main ; son poids est négligeable et son prix ne saurait entrer en ligne de compte lorsqu'il s'agit de secourir nos blessés.

M. Bedoin, persuadé comme ses collègues de l'armée de la nécessite de la méthode de Lister, et, comme eux, pénétré des difficultés qu'entraîne son application eHlcace, s'est efforcé de tourner ces difficultés et de trouver un pansement convenable.

Avec M. Legouest, il tient pour impossible de se servir du coton parce ((ue le coton pèse trop, tient trop de place et que son application exige une main-a œuvre an-dessus de nos ressources. U est indispensable de recourir au paquet antiseptique. Geini qu'il propose a le grand avantage de pouvoir servir à la fois sur le champ de bataille, à la place de secours et aux ambulances. Dans ce pansement vraiment original, l'excipient de l'agent antiseptique n'est autre chose que du paf)ier non collé, à filtrer, ou a cigarette, préalablement imprégné, par immersion, de chlorure de zinc, de sublimé, etc. Pour faire un pansement, on applique sur la plaie six ou huit feuilles de ce papier antiseptique ; on y ajoute une feuille de gutta-percha assez grande pour les recouvrir. Pour maintenir le tout, on pourrait utiliser les bandes ordinaires, mais il vaut mieux se servir d'une bande de caoutchouc très mince, faisant une contention très exacte et continue. Celte bande peut servir un grand nombre de fois, pourvu qu'on la nettoie dans une solution de sublimé après chaque pansement. Avec quelques fenilles de papier, une enveloppe de gutta, une bande en caoutchouc, on peut composer un paquet antiseptique peu coûteux, facile è lo^er dans une pocne quelconque. Tel est le pansement ingénieux de M. Bedoin, qui n'a pu l'appliquer à la chirurgie d'armée, mais qui s'en est servi avec succès pour le traitement de Iraumatismes comparables aux blessures par armes à feu.

H. Audet communique au Congrès le mémoire qu'il a publié tout récemment dans les Ârmives de médecine militaire. L'antisepsie est loin d'être indispensable au succès; une bonne hygiène chirurgicale, une bonne direction sanitaire, sont les principaux facteurs des résultats heureux. La méthode antiseptique doit simplement servir à améliorer les conditions de détail; mais les conditions générales sont toujours les mêmes. Les trois points suivants ont tomours, dans la question, une ImpwUnce capitale: 1* quand raut-il pra-

tiquer une opération?^ comment faut-il la pratiquer? 3* qnel pansement faut-il appliquer? Le pansement doit être antiseptique, mais on ne peut faire d'antisepsie qu'à l'ambulance divisionnaire, gr&ce au personnel et au matériel des hôpitaux de campagne. Le paquet du soldat est un moyen infidèle et inapplicable. On peut faire de l'antisepsie non seulement par les lavages appropriés, mais encore à l'aide d'un pansement par occlusion. Pour les ftoetures, l'occlnsion se fera au moyen de la oaate, etc.

H. Delorme est, avant tout, un éclectique et considère que les théories et les principes, les plus solidement établis sont d'un poids léger en presence des difficultés accumulées sur le champ de bataille.

Pour raisonner avec fruit sur la question, il importe de bien connaître l'organisation du service de santé en campagne, et, au point de vue chirurgical, une grande distinction s'impose tout d'abord : i" le service de l'avant; t celui de l'an'ière. Dans les hêpitaux de l'arrière, la chirurgie antiseptique ne doit en aucune façon différer de celle qu'on met en œuvre en temps de paix ; mais pour le service de l'avant, pour les premiers pansements, la coose est malheureusement plus difficile.

Déjà, dans un article tnea connu, des Ârekwt» de médecine militaire, H. Delorme a éner^iqnement combattu le

paquet antiseptique ; ce paquet constitue une surcharge pour . le soldat ; l'État gaspillerait, pour en approvisionner l'armée, une énorme somme d'ai^ent. Il est, de plus, inutile, parce que sur le champ de bataille les deux tiers des blessés peuvent gagner l'ambiilance et que les autres n'arriveraient jamais à se panser eux-mêmes. Pourquoi d'ailleurs se panseraient-ils, puisque à quelques centaines de mètres ce premier pansement sera remplacé? Quant à ceux qui sont ^vemeut blessés et qui restent couchés sur le terrain, il importe surtout de les enlever le plus tôt possible et, avant de les panser, de les opérer et de porter remède à leurs douleurs. Or ceci ne peut se &ire qu'à l'ambalance. Il faut donc laisser là ce rêve creux et irréalisable du paquet da sddat et savoir se passer des rafllnemenls de l'antisepsie quand ils sont inapplicables.

M. Delorme est trop chirurgien pour ne pas reconnaître les bienfaits de l'antisepsie; mais c'est seulement à l'ambulance qu'on pourra mettre en œuvre les pratiques de la chinii^e listénenne, les succès opératoires ne seront nullement compromis par un séjour de quelques heures sur le champ de bataille ; nos sofdats seront dans les conditions de ces grands mutilés de l'industrie qni Attendent souvent assez longtemps leur premier pansement et gnérisseni pourtant très bien.

A l'ambulance, les blessés doivent être divisés en deux catégories : celle des Iransportables et celle des non transportables. Les premiers, c'est-à-dire les deux tiers, sont évacués à de très grandes distances ; un pansement à l'iodoforme simple, léger, peut suffire pour eux. Le même pansement peut encore suffire aux fractureis, pourvu qu'on ait soin denettoyerantiseptiquement le foyer de la ft-acture, d'enlever les esquilles, les corps étrangers, d'injecter une solution de sublimé, (rappliquer un pansement qui continue l'action bienfaisante des antiseptiques, d'immobiliser avec soin afinde permettre un transport facile et sans douleurs. Le pansement de Guérin est ici extrêmement précieux ; il faudra se munir de ouate et s'en servir, non point comme on le dit dans tous les cas, mais pour les nloa graves, poorles fractures des membres inférieurs, c est-à-dIre pour un nombre restnint de blessés. Telle est, dégage de toute chimère, la pratique que doit s'appliquer à suivre le ehirui^en d'armto.

M. le professeur Chauvel reconnaît avec tous les grandes difficultés qui hérissent la question, et la Meilleure pr^ve^ en est dans le désaccord ou seUrpikvcntil^j^auteura mal» sont, au Congrès ou aîlleura, occupés de ce sujet. Ûn prlroipe

GAZETTE UEBDOHADAïaE DE UÉDEGiNE ET DE CUmURGlG

1*' Haï 1885

doit cependant tout dominer, c'est l'importance de l'antisepsie, et ce n est que sur le choix des moyens qu'il faut discuter. Le professeur Chauvel fait la critique des diverses opinions ; il ne peut regarder le pansement ouaté comme étant d'une application générale ; les raisons invoquées par M. Bousquet lui paraissent justes ; il adopte encore les opinions de ce dernier chirurgien en ce qui concerne la valeur du sublimé, mais moins exclusif que lui, il ne veut proscrire ni la toile ni la charpie. Le coton sera avantageusement remplacé par la jute. Les bandes de caoutchouc sont précieuses, mais les bandes en toile peuvent être paiement utilisées. Sur le champ de bataille, on ne pourra jamais appliquer qu'un pansement sec. Ce pansement, sous forme de paquet, peut facilement âlre porté par te soldai lui-même, et, quoi qu'on en dise, les avantages sont incontestables ; connaissant son importance, les soldats le conserveront précieusement, avec lui on pourra panser la plaie d'une façon convenable, recouvrir les parties blessées, élancher le sang, supprimer l'action des germes,obtenir une asepsie primitive qui ne sera pas sans importance pour le résultat final. Ëo résumé, il faut admettre les conclusions suivantes : 1° les pansements employés dans la chirurgie d'armée doivent être antiseptiques ; aux ambulances de première ligne, aux postes de secours, sur le champ de bataille, les pansements secs sont presque seuls utilisables, ils doivent être préférés ; 3° les meilleurs antiseptiques pour la chirurgie d'armée en campagne sont la gaze, la ouate^ la jute ; mais surtout l'étoupe préparée, dont le prix est moins élevé j 4° il est utile que chaque soldat soit pourvu d'un paquet de pansement antiseptique ; il est indis-

S ensable que des pansements préparés a 1 avance existent ans rapprovîsionnement des sacs, cantines et voitures d'am bulance ; 5" dans les ambulances el h6pîtaux de seconde ligne, où les ressources sont plus grandes, il est juste de laisser au chirurgien toute latitude dans le choix des pansements, à la condition qu'il ne s'écarte pas d'une antisBjisie rigoureuse.

— M. Aragon, dans la môme séance. Ut un travail sur l'emploi de la valériane en chirni^ie d'armée.

Lagrancr.

SOCIÉTÉS SAVANTES

SÉANCE DU 27 AVRIL 4885.— PRËSIDEHCE DE H. fiOULEY.

Des FOHHftNEs CHLORÉS. Noto de MH. J. Regnavit et Villejean. — De l'ensemble de leurs recherches ces deux auteurs croient pouvoir tirer les conclusions snivantes :

1* Le formëne C'H* mélangé à l'air ou à l'oxygène en proportions convenables est dépourvu de toute propriété anesthésique. L'inertie complète de ce gaz se maintient dans le cas même où l'inhalation s'exécute sons une pression telle que la tension du formène dans le mélange devient égale ou supérieure à celle de l'atmosphère. Il n'y a donc aucune assimilation possible entre ce carbure d'hydrogène et le protoxyde d'azote. (Cette analogie est admise par quelques physiologistes.)

2° La substitution de 1,2, 3, 4 équivalents de chlore à l'hydrogène dans le groupe C^H* fait naître le pouvoir analgésique dans les quatre dérivés chlorés. (Confirmation d'un fait connu à Taide de produits purs.)

H' Contrairement à ropioion généralement reçue, les propriétés anesthésiques ne croissent pas d'une façon progressive avec ces substitutions. Les dérivés chlorés du formëne manifestent une remarquable discontinuité et appartiennent à doux types physiologiques distincts : IMe type chloroforme qui comprend le formène monocfaloré et le formène

trichloré; 2° le type perchlorure de carbone qui comprend , le formène bichloré et le formène tétrachloré. I 4° Le premier type correspondant aux substitutions de I > et 3 équivalents de chlore, est relativement inolTensif (cAlo- I rure de méthyle tt chloroforme). Le second type correspon

dant aux substitutions de 2 et 4 équivalents de chlore, coiii> I prend deux agents extrêmement dangereux {cMorurt 4e I méthylène et tétrachlorwre de carbone).

Effets pnoDiTrrs chez l'hohhe et les animaux par t'a-

i GESTION STOMACALE ET l'INJECTION HYPODERMIQUE DE Q'L- I TDRES DES MICROBES DIT LIQUIDE DIARRHËIQOE SU CHOLÉRA.

I Note de M. Boche fontaine. — Les expériences ont été faites par l'auteur sur nés cobayes et sur lui-même ; elles démonj Irent que :

1" L'ingestion stomacale des cultures de microbes du choléra peut ne déterminer chez l'homme aucun symplfiine morbide ;

2* L'injection hypodermique de ces cultures, chez l'homme et les animaux, peut, si elle est faite à dose relativement considérable, déterminer des phénomènes inOammatoires plus ou moins graves;

S"'^!, au contraire, la proportion de culture microbiquè e$l faible, l'injection ne produit aucun résultat',

4' Le sang de l'homme et des nnîmaux, à l'état normal, i la propriété de détruire les microbes de la diarrhée liquide du choléra cultivés dans la gélatine peptonisée.

I Recherches expérimentales concernant 1* les atta-

I QUES ÉPILEPTIFORMES PROVOQUÉES PAR L'ÉLECTRISATiOA' DES I RÉGIONS EXCITO-MOTRICES DU CERVEAU PROPBEIIEMT DÎT; S" LA DURÉE DE l' EXCITABILITÉ MOTRICE DU CERVEAU PKO-

pREHKNT DIT APRÈS LA MORT. Note de M. Vulptau. — (Sera publié.)

1 A««déaU« de méd«elM.

' SÉAMCB DU 38 AVRIL 1885.— PRÉSIDENCE DE M. J. BERGMKC.

M- le docteur BettetU, prc«idonl du ComUii ;lo U «Inluc qui doit iirr ëlp<t> ' ; H. la profeiwnr Bo lillaud, Infonne l'Acadâoie l'iMnEnnUon de criu tW*' ) itm lion le 16 mai praeliain k AnfonUna ; M. Henri Ropr j ropréfeaien TAcMUinie,

H~* veuve Fnuvel fait don à l'Académie du bnile de fon Miri.

MM. les dncteun Charpeniitr (de Nancy) et Va<Ua (d'Ange») ae porteal andidnl) au litre de corretpondant nation*!.

M. le docteur Senut, médecin-major de i" cUma au 144* da tîffne. mmïc m mémoire manuurit aur Ut vocdiutioiu et rcMccinaliMe tpt'Ua prmtiqttéa n lesi et aar lee ohervaiiatu partieuliérei ^h'U a fàitet m têtu «eewïM. [Camffliiifon de vaeeine,)

U. U Secrétaire perpétuel déposa : !• au nom db M. la doctenr FmntOi,»nidorairu inpriinë, njant pour litre : Recherche» tur lee enMioma afMifwi dynam'iquet de la «talion bipide çbe» l'homme; 8* de la part de M- le duruar Biot, une Étude imprimée mr la tiutrehe tt te* cautu de tépiâémle de fthtt typhoïde qui a régné iUdeon entSSt (Cemmferien éet épidéatift); 3*aBaM de H. lo docteur Va»lin |d'An;en), pluiiean onTracw de cbinyfin.

M. Gottelin préteate, au nom do M. lo docteur itellfMt, km farooliiiK rn>J |iotii- litre : Fiilulet urétkralet non winairet.

H. Brouordcl fuit hommage ira Document» publié» par U L§k»r*iaire ■»>'• cipal de cMmie de Pari» pendant le» année* 1882-18KS.

M. LoQHea* o(n« son Rapport au Conaell d'hjKitea aur Im ipkéémdÊê éamt 5eti:e m 18v3.

U. Dajariin-Beaumett présenlc, de la part de M. le doctear Brochin. l'irtKl! DVRPBPitii, extrait dn Oietiùnnairt enegclopédique de» teicneea médicale».

U. Pana» fait liommase, de U part de H le docieor S. Bamdrjf {4» LiUe), <1'b«broctiurc sur \'ane»thé»ie en chirurgie vemlaire.

H. Colin (d'Atrort) dépoae, de la part de M. Laskfw, vritérinaini k Lyon, ■ii' brocliure tnr le terviee de la vaccâtation antmolr daw celln «iUa at nn apr-rcil aspirateur de M. iirunel pour la rdeolto de gr^ndea quantité dt nrcin la ^nisM. {Commiitian de vaccine.)

Élection. — Par 42 voix sur 58 votants, U. le docteur Mignot (de Chantelle, Allier) est élu correspondant national dans la première division (médecine); H. Rollel (deLvoo ' obtient \ 1 voix ; H. Feit^;j[jdQ{|^g^)h,4^ii0ii^^^^en *pW^ 1 bulletin blanc. O

i*' Mai 1885

Cocaïne en oPHTHALMOLOflaE.» Dans une précédente communicatioD M. Panât a appelé l'attention de l'Académie sur Faction anesthésiante et mydrtaUque du dilorhjrdrate de cocaïne; depuis cette époque il a été très surpris de voir que le médicament qui lui était fourni par la pharmacie des hôpitaux déterminait, au contraire, une dilatation large et

{•ersistante de la pupille. Des recherches auxquelles il s'est ivré à ce sujet, il résulte que la cocaïne avant atteint dans ces derniers temps un prix très élevé, les fabricants, après avoir épuisé une première fois les feuilles de la coca, les épuisent une seconde fois et qu'alors ta cocaïne se trouve mélangée avec une autre substance. H. Calmels croit qu'il s'agit d'an dérivé de l'hygrine, probablement un éther d'hjrgrine; or ce produit, tout en déterminant une dilatation pour le moins égale & celle de l'atropine, exerce une action beuicou^ moins longue, à peine vingt-quatre heures au lieu de plusieurs jours ; il n'est nullement anesthésique et, tandis que l'ésérine n'éteint que temporairement l'action de V'^ropine, sans diminuer en nen la dfurée de cette action, elle détroit complètement, au contraire, celle de l'éther dlijgrioe. D convient donc de se mettre en garde contre la cocaïne actuellement livrée au commerce pharmaceutique.

AltCeations dentaires chez les morphinomanes. — H. le doelMir CoH^e avait indiqué, il y a plusieurs semaines, un e^ain BMnbre d'altérations dentaires spéaales chez les morphinomanes. M. Boekard, chargé de foire un rapport sur le mémoire de M. Combe, rappelle que ces altérations consistent dans le creusement de l'extrémité conique en forme de cupule des dents, d'abord parles grosses molaires et ensuite jusqu'aux canines; l'ivoire est le siège de cette altération, qui est presque indolore, ne s'accompagne pas de périostite et marche avec une très grande rapidité; de plus, la destruction des dents coïncide le plus souvent avec celle des cheveux. Il y a là certainement 1 effet d'un trouble profond de la nutrition générale sous l'influence de l'abus de la morphine et sans doute d'une altération spéciale de la salive, par suite peut-être des troubles gastriques si fréquents chez les morphinomanes. L'état local de la oouche doit être snrreillé avec soin, les cavités dentaires obturées promptemeat, des lotions bicarbonatés iodiques fréquemment faites; il faudrait enfin supprimer peu k peu les injections de morphine en ayant recours à l'hydrothérapie.

Contagion de la tubercclose. — Deux cas présumés de transmission de la tuberculose par la contagion respiratoire sont cités par H. le docteur Â. OUivier, candidat dans la section d'hwiène publioue, de médecine lénie et de police médicale. ïï croit d'ailleurs que de pareils faits ne sont pas rares et il en prend prétexte pour recommander l'isolement des enfants tubwculeux et les mesures d'hygiène ordinaires contre les affections transmissibles, désinfection des matières expectorées, pratiques d'hygiène privée, assainissement des pièces huutées par de tels malades.

~ L'Académie se forme en comité secret pour entendre la lecture d'un rapport de M. Vidal sur les titres des candidats à la place déclarée vacante dans la section de thérapeutiq^ue et d'histoire naturelle médicale. La liste de présentation est ainsi fixée : en première ligne {ex œ^uo), MM. Desnos et A. Hilne-Edvards ; en deuxième ligne, M. Damontpaltier; en troisième ligne {ex œquo), MM. Blaehes, Ferrand et Hallopeau. L'élection aura lieu mardi prochain.

— La séance publique annuelle pour la distribution des récompenses des années 1883 et 1884 aura lieu le mardi 19 mai. M. le Secrétain perpétuel y prononcera l'éloge de Claude Bernard.

8&ANCE DU 2i AVRIL 1885. — PRÉSIDENCE DE M. VIDAL.

aKUnètartana d* l'oMophaga mjmat déUnaaaé Im mort : M. Onjrot. D* la p7«lo-n6iÂrita prlmlUva : K. A. Roblii.

M. Guyot donne lecture d'une note intitulée : Cath&tériême de Vœtofhage ayant déterminé la mort. Il s'agit d'un homme de cinquante-deux ans, près duquel H. Guyot fut appelé an mois de mai 1882, et qui présentait A ce moment un teint pàle, jaune, avec fréquence du pouls, malaise général, frissons erratiques suivis de fièvre. Ce malade avait eu, jusque-là, une bonne santé et n'avait souffert que de spasmes du pharynx occasionnés par une |)rocidence excessive de la luette, dont M. Guyot avait en vain ftroposé l'excision à plusieurs reprises. Le malade en était arrivé à se persuader qu'il était atteint d'un rétrécissement de l'œsophage, bien que la déglutition se flt normalement, et, sans en prévenir sa famille, il avait été consulter le docteor Krishaber, qui chercha en vain à passer une sonde, et dans l'un de ces cathétérismes répétés, détermina une érosion suivie d'expuition sanguine et d'un sentiment général de malaise. A partir de ce moment la santé de cet homme avait été ébranlée, et, lorsque M. Guyot l'examina, les symplAmes généraux décelaient une affection grave, sans doute quelque suppuration profonde. Jnstnuent inquiet, H. Guyot demanda à M. Krishaber de le renseigner sur ce qu'il avait observé, et sur les manœuvres qu'il avait pratiquées chez ce malade. M. Krishaber répondit qu'il avait constaté un rétrécissement extrême de l'œsophage, n'ayant pu être franchi qu'avec une sonde filiforme, et que, le premier jour, le cathétraisme avait donné lieu à un léger suintement sanguin ; il ajoutait que depuis ce moment le malade avait eu de la fièvre, fait qu'il avait observé plusieurs fois déj& à la suite d'une semblable exploration avec quelque douceur qu'elle ait été conduite. Il ne pouvait, du reste, se prononcer sur la nature spasmodique on organique de robstacle.

H. Guyot prescrivit un régime tonique, de l'alcool, du sulfate de quinine, et le repos absolu ; mais le malade, confirmé par l'insuccès du cathétérisme dans la conviction qu'il était atteint d'un rétrécissement œsophagien, et persuadé qu'il succomberait bientM d'inanition, ne voulut pas suivre ces conseils et refusa toute consultation. Le 12 mai, après un court séjour k la campagne, le malade se trouvait dans un état plus alarmant : le faciès était terreux ; de la dyspnée, du délire et de violents maux de tête s'étaient montrés depuis la veille; l'urine renfermait une quantité énorme d'albumine, et l'on ne pouvait douter de l'existence d'une néphrite infectieuse. manifestation de la pyohémie. Bien que M. Guyot se f&t efforcé de rassurer le malade en lui iàisant avaler, sans boire, une assez grande quantité de pain, il n'avait pu parvenir à le dissuader de ses sombres pressentiments. L état général s'a^ravant, la dvspnée devenant continue et l'auscultation révélant des rUes muqueux en grande abondance, M. Lasègue fut appelé en consultation ; il confirma le diagnostic de néphrite infectieuse, ainsi que le pronostic sévère porté par M. Guyot, et approuva la proposition de pratiquer une large saignée dans le but de diminuer la dyspnée et de calmer l'excitation cérébrale. Hais, en dépit des fortes doses de sulfate de quinine, des iigections de bromhydrate de quinine, de l'alcool et de tous les moyens mis en œuvre, le malade succomba le jour suivant. L'autopsie n'ayant pu être faite, il faut se contenter d'une hypothèse ; mais la plus vraiseiiûilaUe est que la mort a été le résultat d'une néphrite infectieuse consécutive au catiiétériHue de l'œsophage. Ce diagnostic ne laisse encan donte dans l'esprit de H. Guyot, bien que ses recherches ne lui aient pas f!ut trouver d'obser^ vations de fièvre consécutive au cathétérisme œsophagien.^ Attcim symptAme, malgré l'examen le plus attentif, n'^^on-

m ^ If- 4» GAZBm lEBDOIADÀlES Dt

HtOBCUK IT DE CHlRimSU

Page 1