L. Lereboollvt
Statue de Bouillaud. — L'inauguration de la statue de Bouillaud aura lieu le 16 mai àAngoulême. Seront représentées: l'Académie des sciences, par M. Vulpian, l'Académie de médecine, par M. L. Roger, la Faculté de médecine, par H. Laboulbène.
CoîSFÉRENCE SANITAIRE. — On Sait qu'uno Conférence sanitaire internationale doit s'ouvrir à Rome le 15 mai. HH. Brouardel, Proust et Rochurd vont partir pour assister notre ambassadeur comme délégués techniques. Noos tiendrons nos lecteurs au courant des choses.
M . LK PROFF.SSEUn BoYER. — Nous devons un souvenir tou l particulier à M. le docicur Boyer, professeur de pathologie externe à la Faculté de Montpellier, qui s'est éteint te 11 avril à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Boyer, comme Bouisson, avait fait à la Faculté de Strasbourg ses uremières armes dans le professorat et c'est le concours qui l'avait fait entrer dans celle de Montpellier. Les aptitudes propres de cet éminent confrère, jointes au mauvais état de sa vue, ne le portèrent pas vers la chirurgie active; mais doué d'une érudition très éiendue et très sûre, il connaissait à fond la science clîirumcale, et, comme soit espri était n&tufellement tourné aux idées générales, et qu'il ne perdait jamais de vue, en pathologie, les droits de la docirme lilologiqiuc et de la plivsiologie, il ne sortait guère plus de la médecine que de la chirurgie. C'est lui qui, à défaut du regretté Daremberg, empêché par sa compétition à la chaire qu'il a obtenue dans la Faculté de Paris, a réiiigé pour le Dictionnaire encyclopédique, et rédigé en trois mois, l'article sur l'Histoire de la médecine, comme il y a rédigé avec une compétence égale VHistoire de la chirurgie. Il a écrit aussi', en dehors de travau.\ scientifiques spéciaux, des pages très remarquées sur le rôle du médecin et sur les services que la médecine, mieux comprise et mieux appréciée, pouvait rendre à la société.
Panuh. — On annonce égaleiuenl la mort de M. le professeur Panum, qui a présidé, l'an dernier, le Congrus international de médecine et de chirurgie à Copenhague.
— M. le docteur Ëdwarii Ueylard, beau-frôre de M. Laillîer, noire si estimé confrère, vient de succomber aux suites d'une pleurésie double. 11 avait soivanle-un ans.
Vaccinations. — \a Société française d'Iiygiéne (service des vaccinations gratuites) reprendra les séances de vacciuations cl revaccinations gratuites à partir du mardi 5 mai (de midi à une heure), duns le local que In Société d'encouragement met gracieusement à la disposition de la Société, H, rue de ReoDCS. t.cs confrères de Paris trouveront à leur choix, tans rétribution nuctine, du vaccin de géuissc et du vaccin jconérîcn.
II6|'ITAL BiciiAT. — M. Huchard commencera ses conférences de clinique et de thérapeutique médicales le dimanche 10 mai i dix heures précises, et les continuera tes dimanches suivants k ta ménie heure. Les prcmitTcs leçons seront consacrées à l'étude clinique fartério sc'érose, hystérie gastrique, dilatation de l'estomac, vertiges, migraine, consitpRiion, etc.).
G. Masson. Propriélaire-Gérai^t.
BouHLOTOH. — Itnprinwrics reuittai. A, nui Higiwn, V^^n*.
TreNTE-DEUXIAsIB ARKtE
15 lUi i885
PARAISSANT TOUS LES VENDREDIS
COMITE DE RÉDACTION
Président : H. le docteor A. DEGHAHBRE
Heures : MM. les docteurs BUCHEZ, 8E0RBES DIEUUFfiT. DRETFUS BRISU, FUI60IS.FMIICK. ALBERT HtRMQUE
L LEREBfiULUT, MUL RECLUS
Admwr tout ea qui eoiwfnie li nMwtim an riége i» Ctmitét ehes N. DiGuinKB. M, nu UUê (amnt la mardi de prdifir«H*)>
(TUsM, «nmen, cours, etc.) «iw» teoueiMe iwiér—iMi le pvMto ■rf<ml ■
àê màéweim» l^le. — Dm jdMÏrMes MnorrlMgîqnM. — Coiilribmi«a| ji»^ , maceutiqiMt. — TitiVMIX OMOtNArx. ittt4» lor un m de py ë lo-nd pViB ehli^- ' )«ttso. — CM«lAs aeiKHTiriauBS. Conyrit ftmfala d« chirur^a/-X Socitris SAVAHTsa. AMdMe da méimoa. — Sad^ië niédrcale du bftpilMx. — SoflUtd do chlrarfio. ~ SoeiM biolofi*..— Royal médical and cbinrtVtuI Soeicqr- — Revue ses jourmaox. — HiBLiOBitAraii. IcoDUKraphie pathologique ds l'œuf bunnin ftSeoBdj. — V/MÈrU. — PniLLiTaN. Lottres nMIcaM* ■
Paris, l i mai 1885.
ACADÉMIE DE MÉDECINE : l'ËRYSIPÈLE. — L* ALCOOLISME ; QUESTION DE MÉDECINE LÉGALE, t- DES PLEURÉSIES HÉH0RRHA6IQUES. — CONmiBITTiONS PHARMAGBimQDES.
In de aiMeetac I t/érymlfète. — L'alcMllMiet
La question capitale sur quelque point que ce soit de la
pathologie, la question âtiologique, en dehors de laquelle la thérapeutique peut quelquefois faire des merveilles, mais qui n'en est pas moins l'instrument essentiel de ses progrès, vient d'élre abordée directenent dans ia discussion académique sur Pérysipèle, et elle fa été par le membre le plus autorisé à la traiter en connaîssSDce de cause. Le
FEUHLETON
Lettre* mMImIm,
tm mneemante et la moriaUt*. — CimUrmoa aeaitiilre de Boom.
- Le obolèra et Im rèoompenaaa.
Il est toujours intéressant, cher confrère, d'étudier l'évolution des doctrines m édico -chirurgical es, et de rechercher, dans l'enseignement des maîtres de l'Ecole, ce qu'il faut penser de certaines découvertes annoncées comme devant i^voluUonner la pratique nosocomiale. C'est dans le but de vous éclairer k cet égard que je vous signale un intéressant travail de H. le professeur Le Fort publié à l'occasion de l'ouverture dn cours de clinique chirurgicale de la Faculté (1). En faisant imprimer, avec tous les détails que
(1) Lti pamemenU et la morMM; épidémie tt etntagiom femtnU et mienbe». Lêfoa d'ouverture du coura dn eUniqae chlnr^calo, par lo profcaienr Woo U Port. Pari». 188&. F. Alun.
S* Staii. T. XIII.
Sscouri de H. le professeur Cornil a été écouté avec une ** profonde attention, et H. Trélat a immédiatement fait ressortir de quel poids les déclarations de son collègue, qu'il avait, paratl-il, provoquées, pourraient être dans te débat engagé. Nous nous proposons nous-méme d'y revenir.
L'Académie ne s'est pas montrée moins favorable à une lecture de H. le docteur Motet sur une des questions de médecine légale les plus délicates qui puissent se présenter : celle de la responsabilité criminelle dans ses rapports avec l'alcoolisme.' Nous n'oserions, pour notre part, admettre, sans y avoir mûrement réfléchi, les conclusions de notre distingué confrère; mais ce que nous reconnaissons sans peine, c'est qu'il était impossible de les motîver d'une manière plus séduisante dans la forme aussi bien que dans le fond.
9tm plMir4alc« héMorrha^^es.
A PROPOS d'un malade actoellbment dahs mon service, A l'hôpital baint-antoinb.
ni
Pour terminer la pathqgénia des pleurésies hémorrhagiqnes, nous avons à étudier la pleurésie cancérense et l'hématome pleural.
TroinièmiB groupé, ^ Leji..plsttrésT8r-Yiu'on observe dans
- .,11 - P- ^— n — ti \n D'il ' .
comporte un sujet aussi controversable, sa 1e(;on sur les pan$etMnt8 et la mortalité, M. L. Le Fort n'a point dû se dissimuler qu'il provoauerait ^e la part des chirurgiens, ses collègues, dont u publie et commente les statistiques, cerlaincs controverses dont je n'ai pas à indiquer le sens ou Is portée. Hais la partie doctrinale et la partie anecdotique de celte étude paraissent bien convenir à un habitant au rezde-chaussée de la Gazette, et je ne puis résister au plaisir de vous en dire quelques mots. Rappelant ses travaux antérieurs, poursuivis non seulement en France, mais encore et surtout par des recherches faites à l'étranger, notre savant confrère établit de nouveau et avec une conviction inébranlable le rftle que joue la contagion directe dans la plupart des maladies chirurgicales. U nous fait voir que la pourriture d'hôpital, qui, en 1870 encore, a causé tant de désastres, parait définitivement supprimée, qiie rinreclion puerpérale est réduite dans des pRMportions Notables, ea(|tt> que les opérations chirurgicales reiusëâentf resque tou^fâ^
su
15 Mu 1885
le cours du cancer pleuro-pulmonaire ne sont pas toujours hémorrhagiques; d'après tes statistiques, elles seraient même séro-flbrinenses dans la moitié des cas, mais la forme hémorrha^que doit seule nous occuper actuellement. La pleurésie hémorrhagique cancéreuse éclate tantftt brusquement, comme une pleurésie franchement aigué, tantôt elle s'installe insidieusement, à l'insu du malade, qui peut difficitement en préciser le début. Ces différentes modalités se retrooTent, du reste, dans toutes les pleurésies, qu'elles soient simples, hémorrhagiques, purulentes, tuberculeuses ou cancéreuses.
Au point de vue clinique; il est bon de diviser la pleurésie hémorrhagique en deux variétés.
Dana une première variété^ la pleurésie se déclare chez un individu qui était déjà manifestement cancéreux. Ainsi, tel malade a un cancer de l'estomac, de l'œsophage, de l'intestin, du rectum, de l'épiploon, du foie, du rein, de la vessie, de la prostate, du testicule, de Tceil, de la peau, d'un os, des vertèbres; telle malade a un cancer de l'utérus ou du sein ; dans le cours de l'évolution cancéreuse, apparaissent des symptômes pleuro*pul menai res, tels que la toux, les douleurs thoraciques, la dyspnée, l'expectoration sanguinolente; un épanchement pleural se déclare, et la thoracentèse donne issue & un liquide hémorrhagique; en pareil cas, le diagnostic pathogénique s'impose, et on peut affirmer que cette pleurésie hémorrhagique est d'origine cancéreuse.
Parfois on n'assiste pas à l'évolution du cancer, mais on ionstale chez un plenrétique les traces d'une cicatrice plus bu moins récente, cicatrice qui témoigne de l'ablation du sein, du testicule, ou de l'ampulation d*un ostéo-sarcome, la thoracentèse donne issue à un liquide hémorrhagique ; ici encore il est certain que la pleurésie est d'origine cancéreuse, la plèvre ou le poumon ayant 'été atteints de carcinome secondaire.
Hais il s'en faut que le diagnostic soit toujours aussi
simples ; ce sont les cas qui constituent la deuxième variété, où la pleurésie se déclare sans avoir été précédée de lésions cancéreuses appréciables; ainsi le cancer peut envahir primitivement Je médiastin ou le poumon, et se propager à la plèvre, ou même se localiser primitivement à la plèvre, sans révéler sa présence autrement que par l'épanchement pleural. C'est alors que le diagnostic est difficile.
Oh, si la pleurésie hémorrhagique consécottre à an cancer médiaslino*pnlmonaîre était accompagnée de quelques symptômes spéciaux, tels que dysphagie, aphonie, œdème do bnis ou de la face, apparition de circulation collatérale, sym-
qnand elles sont pratiquées avec les précautions voulues pour éviter la contamination directe des plaies et des appareils de pansement. Je ne pais entrer dans le détail des considérations développées à ce sujet par M. Le Fort, ni, par conséquent, faire remarquer que, pour apprécier la valeur et l'utilité dn pansement de Lrster, il importerait, au point de vue statistique, de tenir compte des grandes opérations pratiquées sur l'abdomen plutôt encore que des amputations de jambe ou de caisse. Mais, puisque le savant professeur a dit quelques mots de rorariotomie, laissez-moi vous citer ses paroles h ce sujet, et rappeler la pratique déjà ancienne d'an de ses collègues, qui approuvera certainement un grand nombre des conclusions de ce mémoire. « En 1863, dit M. Le fort, lorsque Ton commença à pratiquer i Paris Tovariotomie avec assez peu de succès, on crut à l'influence dn mauvais air parisien, car on croyait encore au malin génif» épidémique. On obtint de l'administration la location, dans l'avenue de Hendon, d'une petite maison transformée en hôpital
ptômes de compression habituels aux tumeurs du médiastin; si encore le malade atteint de pleurésie hémorrhagique présentait des ganglions sns-claviculaires, une expectoration gelée de groseille, de violents aecès de dyspnée, symptômes habituels au cancer du poumon, le diagnostic pathogénique de la pleurésie serait singulièrement simplifié, mais il est des cas où rien ne peut faire supposer l'existence d'un cancer du médiastin ou du poumon; tantôt le cancer de la plèvre est primitif, tantôt il est associé à nn cancer du poumon si peu développé que celui-ci passe inaperçu, et on se trouve en face d'une pleurésie hémorrhagique dont le diagnostic pathogénique offre les plus sérieuses difficultés. On jugera du reste de la difficulté de ce diagnosUc par les trois observations suivantes :
Obs. I. — Gallier (Louis), trente-denx ans, roécanîden, entre dans mon service, à l'faôpit^d Saint-Antoine, le 15 février IStQ, salle Andral, lit n* 26.
Le père et la mire de cet homme sont morts d'une atketwa pulmonaire qui parait avoir été nne pleurésie. Lut-néme joaisiaii habituellement d'une bonne santé, mais îl était adonné à des habitudes alcooliques et faisait abus d'absinthe. Depuis quelques mois il a commencé à se fatiguer plus vite, à maigrir un peu; puis il a été pris d'une petite toux sèche et quintease sans hémoptysies. La respiration est devenue plus courte, l'halénatioD rapide. Tous ces phénomènes s'aggravant de plus en plus, il se présente àrhôpititi le 15 juin.
A son «itrée, dyspnée intense. Matité complète k gauche à la percussion en avant et en arrière; pas de skodisme soos-elavîculaire. Absence de vibrations. Souffle rude à timbre amphorique aux deux temps de la respiration, avec -quelques rfties simulant le tintement métallique. Bronehopfaonie. Coonr dévié au bord droit du sternum. L'épanchement est évaluéi 2 litres environ; on relire d'emblée 1 litre de liquide qui est hémorrhagique. Pas de fibrine dans le liquide. Légères quintes de toux après la thoracentèse; aoulageineni immédiat de la dyspnée. Le lendemain (16 juin), le cœur est revenu près du bord gauche du sternum. Le sonfDe n'a plus (ju'un timlffe légèrement bronchique. La malité renM>ale en arrière jusqu'à l'aigle de l'omeplate; aa-desras, submalité et frottements. Il doit rester environ 1 litre de liquide dans la plèvre. Le 18, le liquide s'est reproduit et remplit de nouveau la plèvre; le cœur est revenu au bord droit du sternum. Deuxième ponction de 1 litre de liquide hémorrhagique et toujours sans fibrine. Le liquide se reforme encore avec lés mêmes caractères. Le 26, on pratique une troisième ponction de 1 litre; le 9 joillel, une quatrième; le 13, une cinquième et le 23 une sixième.
Chaque fois que la thoracentèse a été faite, l'épanchemeDl rpmplissait presqne la plèvre et était évaluée à environ î litres ; chaque
spécial pour l'ovariotoroie. A de certains jours, on voyait s arrêter devant la maison une voiture de laquelle on descendait une malade. Le lendemain, d'autres voitures y amenaient des messieurs qu'on pouvait reconnaître pour des médecins; après nne ou deux heures, ils en sortaient; après un ou deux jours, on en voyait sortir un cercueil. Seize fois le même spectacle se reproduisit, car les seize opérées y moururent toutes; la maison reçut des habitants de Sainl- Gloud le nom énergique de « maison du crime », et l'attitude de la population devint si hostile, qu'il parut prudent de renoncer à se servir de l'hôpital improvisé. Pourquoi cea insuccès constants? C'est que nous étions encore aux beaux temps de l'infection purulente en permanence dans les salles ;
Sue personne alors ne croyait à la contagiosité de la malaie; que, si l'on opérait dans l'air relativement pur de l'avenue de Saint-Cloud, le chirurgicn^ses aides,^ 1rs infirmiers, les éponges, les compresses, les objets de pansement venaient des hôpitaux de Paris. » Celte histoire, que Ton
15 Mai 1885
fols le liquide retiré se montre fraDchameirt hémoirhafpqiie «t priré de fibrine.
Dès \on, répaneheiiMDt entre dans une période stalionnaire et oscille autour d*an litre. Hais A la te du mois appart^ssent des troubles nerTM» grafea. G» sttnt qnelttoes donlesrs ooeipilalca aecompaf nées d'nae raidenr de la nuque qol detieol bienlM de l'epistbotoies eenical, pais une paréne des membres inférieurs lalîe que )e malade peut à peine se tenir debout. Puis dfsphajpe, constipatioa opiniâtre, rertige, bourdonnements d'oreilles. Depuis le 8 joillet, survient de Is rétention d'urine; il faut sonder le ma* lade matin et soir.
Le i% mori rapide dans une altaqne apopleetiforme.
A l'autopsie, on trouve dans la plèvre gauche 1 litre et demi de liquide bémorrhagique- Le potimOn gauche est tassé eontre la colonne veriébrele, A laquelle il adhère fortement; il est trans* formé en nn bloc grisftlre, Infiltré de grenulatlona dures, eaneérenses. Les ganglions broncbiqaes sont rolamlnen, eareinoma* teni, dors et enant tous le scalpeL La plèvre gauebe est tapissée de fausses meMbranea épaisses et parsemée de granulations cancérenses d'an gris terdâlre. Le ponnion droit présente dans son épaisseur quelques noyaux caacéreu.T durs, da volume d'nne pièce de eeni so«.
Le lobe droit du cervelet est envahi par un gros noyau carcinomateux. Le cerveau, la moelle et la colonne vertébrale ne sont pas atteints. Pas de dégénéi^scence cancéreuse dans
les organes abdominaux (i).
Obs. II. ^ Une femme, âgée de sotxante-quaire nt», entre le 16 mars 1885 à l'bépital Sahit'Autoine, dans le service de H. Landrieox. Cette malade sans antécédents héréditaires a tm^^owa eu une bonne santé, excepté an mois de déeeinbre dernier, vh elle a eu, dit'Olle, des douleurs rhumatismales dans 1a bras et dans les jambes. Depuis le 15 janvier, perte de l'appétit et ballonnement du ventre. La faiblesse croissante n'empêche pas cette femme de continuer son métier de concierge.
Elle prend le lit le SO février, la respiration devient pénible et on applique successivement plusieurs vésicaloitvs sur le dhé droit de la poitrine.
A son entrée à Vhépital, )e 16 mars, on constate une matité qui occupe les trois quaru inférienrs de la poitrine du eété droit; & l'aosoiillation on entend du souffle, mais pas d'égophonia. La dyspnée est inleose.
On pratique une première thoraeentèse, et on retire un litre et demi de liquide sanguinolent.
Les jours suivants on constate un début d'ascite. Les urines sont légèremeot albumineuses.
Le SO man, le liquide pleural s'étant reformé^ M retire 1 litre de liquide DranebemMit sanguinolent.
(t) ObMnatton (Ma dn miauAn de H. OinsL
30 mars, l'aaeife ayant pris nn dévaloppMMnt asaeseonridérabte, on retire du périloîm 3 litres d'un Uqnlde eitrin.
Le i avril, le liquide pleural s'est reformé et la dyspnée s'aecenlue. On retire 1 litre de liquide bémorrhagique.
Le 9 avril, on pratique la quatrième Uioracenléae et on retire encore 1 litre de liquide bémorrhagique.
Les joars suivants la faiblesse devint eicessive et la mdade succombe le 13 avril.
M. Landrieux ayant en l'extrême obligeance de me confier les pièces analomiques, voici le résultat de l'autopsie: on tronve nn cancer peu étendu de l'épiploon et un cancer diffus de la plèvre droite, l^e poumon n'est pas cancéreux, mais la plèvre, surtout le fenillel pariétal, est considérablement épaissie et Infiltrée de productions cancéreuses. 11 est probable que le eancer a débuté par* l'épiploon et a gagné la plèvre consécdliTemeDl ; sur une des prépantlons faites par mon Interne, M. Hibail, on sai^ très nettement la propagation dn cancer de la cavité abdominale, A la cavité tfaoracique, par les espaces lymphatiques A travers le diaphragme.
Obs. m. — Je ne donne que le résumé anceinet da cette intéressante observation (1), concernant une jenne femme de trente et un ansi entrée dans le service de M. Desnos, pour une pleurésie bémorrhagique dn cété gauche. Pendant les aix mois qu'a
duré la mnladie, du 15 novembre au 15 mai, on a pratiqué trente fois la thoracentèse et on a retiré plus de iO litres de liquide bémorrhagique.
A i'aulopsie on trouve un cancer de la plèvre gauche. La plèvre avait lue épaisseur de 1 A 3 centimètres, elle él^ cancéreuse dans toutes ses parties, plèvre pariétale, plèvre viscérale, plèvre ioterlobaire ; les ganglions bronchiques étaient canoérdox, mais le poumon était respecté, ce caueer de la plèvre était Qonsécuiif A des tumeurs (Abro-saroorae) que la malade portait depuis douxe ana A la région deltoIdienMfet depuis quatre ans A la partie siipérieure de la cuisse gauche.
Quatrième groupe. — Vhématome simple de la pl&vre constitue le quatrième groupe des pleurésies oéinorrhagiques. Sous cette dénomination d'hématome pleural, il faut comprendre les pleurésies hémorrhagiques, non tuberculeuses, non cancéreuses, et dont le processus anatomique est en quelques points comparable à la vaginalilé chronique «t A la paehyméningltfl ; c'est une paehypleorile héiiiorrhagîqae(3). Plosfetirs observations ont été publiées; en voici deux qui me sont personnelles.
Obs. I. — Joufd..-., Jaequra, soixante-trois aas,joaffiialier, sans
(1) Aitanit dt ta IMasidltN, MawifMatlMê nntifMM éê U fidm. Mm
Choi4>|w, GiuetI» AeMonodsW, 1874, Montard-llarlln, Soetdld ïaMkiils du bSpiUux, Il Memhn 1883, at (hhH da doelorat, Uc tU.
aimerait à voir démentir, me rappelle la pratique du docteur Kfcberlé, qui, le premier en France, sut raire accepter et stit réussir l'opération de l'ovariotomie. C'était, s'il m'en souvient bien, deux ou trois ans au plusaprës l'expérience de Meudon. A rbftpital de Strasbourg l'ovariotomie échouait comme dans les faùpitsut de Paris. H. Kceberlé s'installa A l'établissement de la Toussaint, où, depais vingt ans, il obtient de st brillants succès opératoires. Hais il eut le soin de préparer Ini-méme tous les détails des opérations qu'il oratiqualt, de ne se servir jamais que dlnstrumenis neufs et a'apparells de pansement bien désinfeclés. Jamais il ne fit usage ni do pansement de Lister, ni même d'antiseptiques spéciaux. C'est dans de l'eau claire, mais dans de l'eau pure, qu'il lavait ses mains et ses Instruments; c'est à l'aide cfe serviettes, mais de linges bien lavés et bien desséchés, et, je liens à le dire, c'est dans un milieu Ambiant parraitement sain qu'il opérait ses malades. Avec M. L. Le Fort, M. Kœberlé considère les prescriptions absolues et exclusives de
la méthode listérienne comme inutiles, mais il met lant de soins A pratiquer les lavages, les sutures, les pansements de ses opérées, qu'il réalise l'antisepsie sans antiseptiques, ou du moins avec des antiseptiques non irritants et non malodorants. Il me suffit d'ailleurs d'avoir signalé cette nouvelle publication qui, sans doute, fera auelque bruit Iliacos intra muras et extra, et d'avoir rappelé ce que l'on doit A un chl" rui^en qui tient A rester toujours classé parmi les chl'm^ens français.. La partie technique de la leçon que je recommande A vos lectures métHe plas et mleax qu'une simple mention dans une de ces correspondances mensuelles.
— Les hygiénistes européens sont en émoi depuis plusieurs semaines, dans les divers pa^s de la vieille Europe et chez les peuples des jeunes Amériques \ dans quelques jours, un certain nombre d entre eux vont en eflet se trouver auprès d'un ' tapis vert sur le Monte-Gitorio, A Rome, sous la prëBidenerde
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aotécédenls héréditaires, a joui d'une bonne santé jusqu'en mars dernier. A celte époque, il commence à tousser. Il n'a pas eu de point de cdté, mais seulement de la douleur entre les épaules. Expectoration spumeuse difficile. 11 continue à travailler jusqu'au mois de mai. Hais la faiblesse augmente, la respiration est courte, inappétence; il s'àlite vers le 10.
Le S6, il entre à Saint-Antoine, chez M. Mesnet. On constate alore une congestion pulmonaire intense et un grand épanchement pleural à gauche. Le malade est très amaigri, bible, d'une teinte terreuse; œdème des membres inférieurs et léger œdème de la paroi tboracique. En pi^sence de ces signes, rêpanehement est considéré comme probaldement purulent, et grâce à l'obligeance de M. Mesmet, le malade passe le 11 juin dans mon service (Andral, â). Les signes présentés alors sont les snivanls : i gauche, matité complèle et absolue; en arrière, absence de vibrations ; en avant, matilé jusqu'à deux travers de doigt environ de la clavicule ; pas de skodisme. Absence du souffle et d'égophonie, abolition du murmure vésiculaire. La pointe du cœur bat sur le bord droit du sternum. L'épanchement dépasse donc deux litres, la thoracentèse est urgente. Ponction avec l'aiguitle n'^; on retire 800 grammes d'un liquide franchement hémorrhagique; on s'arrête à cause des quintes de toux. Le liquide hématique de la ponction renferme environ 5 à 6(M)0 globules rouges par millimètre cube et 52 grammes de flbrine.
Les jours snivants, grande amélioration dans l'état du malade. Puis le liquide augmente un peu et l'état général s'en ressent. Nouvelle ponction le 18 ; on retire 500 centimètres cubes d'un liquide moins hématique : Ûbrine, 39 grammes ; des quintes de toux obligent encore à suspendre l'écoulement. Dès lors, l'amélioration s'accentue; le liquide décroît et a complètement disparu à la tin du mois. Pendant le mois de juillet, on perçoit seulement des frottements à la base gauche avec obscurité du son k la percussion. Les forces, l'embonpoint et l'appétit sont complètement revenus.
Exeat. Guéri le 26 juillet. Noua avons revu ce malade au mois d'octobre; il était très bien portant et présentait encore quelques frottements à la base gauche.
Obs. IL — Auguste G..., quarante-neuf ans, jounialier, entre le 13 août, dans mon service, salle Andral, n* 15. Pas d'antécédents; bonne santé habituelle.
Le 26 juillet, à la suite d'un refroidissement, frissons, point de côté à gauche, toux, fièvre. Le malade s'alite pendant un ou deux jours, puis reprend son travail. Il vient à l'hôpital consulter pour la persistance d'une toux sèche et quinteuse.
A son entrée, à gauche, en arrière : matité complète jusqu'à l'épaule de l'omoplate avec absence de vibrations; pas de souffle, égophonteel pectoriloquie aphone; en avant, skodisme sous-elaviculaire dans le premier espace, la pointe du cœur bat au bord droit du sternum. La cavité pleurale est rutnplie, la ponction est
l'habile ministre des affaires étrangères de la monarchie italienne. Que sortira-t-il de la Conférence sanitaire internationale qui va s'ouvrir le 20 mai, dans des conditions particulières^ exceptionnelles, qu'il ne me semble pas inutile de vous mdiquer?
Voilà au moins deux ans que l'Italie a lancé ses invitations pour cette conférence ; c'était au cours de l'épidémie de choléra qui dévastait l'Egypte, grâce à la coupable et égoïste incurie de sa puissante protectrice, la Grande-Bretagne. Le service sanitaire international que l'Europe avait à grand' peine organisé sur les bords de la mer Rouge et sur les rives du Nil ne fonctionnait plus, et aussitôt le choléra asiatique y avait réapparu ; aussi paraissait-il légitime qu'une nouvelle entente s'établit pour donner à ce service une organisation différente, en harmonie avec les nécessités qui venaient d'être si cruellement et si publiquement démontrées. Mais l'Angleterre s'empressa d'user de toutes les fmesses de sa diplomatie pour empêcher la Conférence proposée de se
urgente (2000 à 2100 grammes). On retire 1000 grammes de liquide hémorrhagique Gbrineuz. Le lendemain la ligne de niveau est à l'angle de l'omoplate avec frottements dans la fosse sousépineuse. Souffle doux à l'expiration à l'angle de l'omoplate, avec égophonie et pectoriloquie aphone. Le cœur bat sous le sternum. Il reste probablement 1000 à 1100 grammes de liquide dans la plèvre. Les jours suivants le liquide augmente un peu. I« 16, la ligne de niveau est à deux travers de doigt au-dessus de l'angle de l'omaplate. Le 17, elle s'élève encore et la pointe du cœur se rapproche du bord droit du sternum. J^e 18 au soir, la cavité pleurale est de nouveau remplie ; on pratique une deuxième ponction de 1000 grammes. Liquide hémorrhagique libriaeax, un peu moins rouge que celui de la première ponction.
Le lendemain la ligne de niveau est i un travers de doigt andessus de l'angle de l'omoplate. Souffle doux, égophonie et pectoriloquie. Le liquide s'immobilise jusqu'au 30 août. Couslataot qu'il n'a aucune tendance à décroître, on pratique une dernière ponction de 1000 grammes. Liquide faiblement hémorrhagique, encore moins teinté que celui de la dernière ponction.
Pendant quelques jours, il reste encore un peu de liquide dans la plèvre {ÏOO à 300 grammes).
Le 10 septembre, on entend encore un très léger souffle expiralj)ire tout à fait à la base. Puis on ne constate plus que des frottements, et le malade sort guéri le 27 septembre(l).
Voilà des types d^hématome simple de la plèvre. Un malade a une pleurésie hémorrhagique; l'asped. du maLide et les symptômes généraux font redouter parfois une pleurésie tuberculeuse ou cancéreuse ; on pratique une première, une deuxième ponction ; le soulagement consécutif à la thoracentèse est d'habitude très notable, le liquide se tarit ordinairement après un petit nombre de ponctions, l'état général se modifie assez rapidement, et la guérison est le résultat du traitement.
Toutefois, il ne faut pas se hâter de porter le diagnostic d'hématome simple, alors même que la pleurésie hémorrhagique a cédé à la thoracentèse, une ou plusieurs fois répétée. Il y a des cas, je l'ai dit au courant de ceUe étude, où la pleurésie hémorrhagique est le seul phénomène révélateur d'une tuberculose locale ou primitive de la plèvre; on porte un pronostic favorable, on croit avoir guéri un hématome pleural, et quelques semunes ou quelques mois plus tard on reconnaît Terreur, quand éclatent des signes non douteux de tuberculose.
Je crois avoir épuisé les différentes causes qui peuvent
(I) Cet observations sont comifcD^i dana la mémoire do M, Bincl.
réunir et l'Italie, alors en coquetteries r^lées avec elle à l'occasion des affaires anglo-égyptiennes,acquiesçaàse8désirs, plus ou moins avoués, avec une parfaite obéissance. Vint ensuite l'épidémie cholérique de 1884, en France, en Italie, en Espagne; nouvelle invitation de la part de ritalie à ladite conférence, et comme dans l'intervalle les armes italiennes se sont montrées sur les bords de la mer Rouge, conjointement avec les soldats de la reine Victoria, il est à présumer que les délibérations de cette conférence devront difficilement dépasser les limites d'une entente préalable entre l'Italie et la Grande-Bretagne.
De fait, il parait avéré que la c question égyptienne >, comme on dit en style de chancellerie, ne sera pas examinée par cet aréopage sanitaire et que l'on devra s'y borner, en prenant pour bases les conclusions de ta Conférence de Vienne en juillet 1874, à voir si ces conclusions peuvent être modifiées; il y sera enfin question, d'apr|s cerlû^^di^îgnemenls dont le caractère ofilii9!ilwiw6mrt^«ln^^
15 Mai 1885
GAZETTE HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE GflIRURGlE
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engendrer la pleurésie hémorrhagique, c'est le moment d'aborder le diagnostic pathogénique de la pleurésie liémorrha- ^que du jeune malade qui est le principal objet de cette étude.
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