SÉANCE DD <2 MAI 1885.— PRÉSIDENCE DE M. J. BERGERON
H. la doclwr HUuU M porte onidldat à la plaM <Mel>réo tmmiI« da«* la MCtion iThjSibu puUiqH», m^dMiM l^ffale et police mMicate.
II. le docteur MiUtt, iBcdecia-nujor dr pranilèra niasse, idrcite na Bappor manuscrit m let mceinationt tt rtvaeeiMtimt faite» ■« 36* rfï^menl d'iDfanterio en 18S4. — (CemmlMiM ée Mcdiw.)
H. A. Dominique envoie ua ouvrage sur le» épid^miei te choUn à To^nen IK», 1849, 18U. lEOS etlSSi. Q |P
U. te Seeritaxre perpétuel dépose : 1° «u nom de M. le docteur Fela^ynmmoire imprlaaj ayant pour titre Siilbi perctuaiMM 44 l'enfat»; S" de la part de
— N-âO-
15 Mai 1885
M. I* dootm HunUr (da Kewi^Yorfc), dm» m^moirai itoprim^*. inIHnU»: fV'll £MM of aUomituU §Êelieu, vUh r^marte on laparêtomy et Ottariotoniir-
II. Roehard pr^senle une note mauascrlte de M. Borie, phomMcian en chef de la marine wi roiraite, mr l'emploi lU la poudre d'iodoforme comme wtliwpftf u«.
M. CoMfofUffi Paul oOn, ui »om de M. le doeUnr Banjot, um broAnre inUmUe: Ùe lama$iire organi^iàôêt organUéê iea mm de Sourtoiite. — (CM-
H. tfoufar^-VarflR [û^eoate, d« U part de H. la doetanr Bntchin. l'irlicle GMPH, extrait dn DkHoiMain mcyel^ddfftM det Kieneet midiealtt.
M. Comfl tait hommage d'un Davrage ({ait vient da pubiitr, avec M. la docteur AaMa, tova )« tlln Mivait : Lu baelérlei et leur riiâ dOM FanatemU *t l'MHol4>gi« pathologiquet det maiadiet infectieuee».
Election. — Par 54 voîx sur 59 votants, M. le docteur RolUt (de Lyon) est élu correspondant national dans la division de médecine. M. Fellz (de Nancy) obtient 3 voix, H. Hanouvries (de Valencîennes), 1.
Eadx MiNÉiULES. — H. le docteur Bimt lit un mémoire relatif à l'influence des eaux de Saint-Honoré c sur la capacité vitale et sur la sécrétion urinaire >. Il s'eiïorce d'établir que ces eaux ont une action manifeste â cet égard dans les maladies des voies respiratoires.
M. le docteur Debout d'Estrées, médecin à Contrexévilie, dépose une note sur la goutte des glandes, c'est-à-dire sur l'existence d'accès de goutte siégeant dans le testicule et dans la parotide et alternant avec des accès franchement articulaires.
Ces deux mémoires sont renvoyés à l'examen de la Commission des eaux minérales.
HicnoBE DE l'ërtsipèle. — M. Cornil fait une importante communication sur l'étiologie de l'érysipèle, d'après les travaux de Hueter, Nepveu, Ortet, Orlh, Recklingnausen, Lukowsky, Febleisen et ses propres recherches. Les coupes de fragments de la peau recueillie sur le vivant ou aussitôt après la mort trun érysipélateux, colorées au violet de méthyl, montrent constamment une plus ou moins grande quantité de microbes ronds habituellement associés deux par deux (^Diplococci) on en chaînettes sinueuses {Streptoeoe€i)j situes dans les interstices qui séparent les faisceaux du derme, dans les vaisseaux lymphatiques, dans les cellules adipeuses du derme et du tissu coigonctif souscutané; ces micro-organismes peuvent être charriés à on moment donné dans le sang de la oirculation générale et passer dans les urines ; on les trouve dans les complications inflammatoires des organes^ dans les poumons atteints de congestion ou de pneumonie et dans les méninges, si les malades succombent à une pneumonie ou à une méningite ; enfin, lorsque les individus atteints d'érysipèle présentent pendant la vie de l'albumine dans les urines, ce qui est très commun, on trouve les mêmes micro-organismes dans l'urine, soit libre, soit à la surface des cellules rénales, soit sur les cylindres hyalins *, si les malades succombent après avoir été atteints de néphrite albumineuse, les vaîsseanx sangiuins du rein sont remplis par places des mêmes microbes. D'ailleurs, que l'éi^sipèle soit simple ou grave, traumatique ou chirurgical, on trouve toujours les mêmes microbes aisposés de la même façon, Pehieisen les a, d'autre part, cultivés et les cultures sur la gélatine inoculées Ik Thomme ont constamment reproduit l'érythème érysipélateux et les injections sous-cutanées du Streptococcus de l'érysipèle donnent à l'homme un érysipèle bien caractérisé. Aussi, s'il existe encore un doute relatif à l'Identité on la non-identité du Streptococcus provenant de l'érysipèle et de celui qui existe dans certains phlegmons, il n'en est pas moins démontré que l'érysipèle est toujours causé par un Streptococcus dont le siège dans te tissu conjonctif, dans les plasmas lymphatique et sanguin est parfaitement connu. H. Cornil ,croit aussi qu'on peut expliauer les variations du de^ é de gravité des érysij)èles par I addition de bactéries variées à celles de l'érysipèle ; dans cette catégorie se rangeraient les éruptions oui succèdent à certains traumatismes et les observations d'érysipèle puerpéral.
M. Trélat faitremarquer combien les recherches rappelées par M. Cornil éclairent l'étiologie de l'érysipèle;^ elles sont toutes en faveur des pansements rares, afin de s opposer le plus possible à la transmission des micro-orgausmes spécifiques.
Délibb alcoolique homicide. — La fréouence de l'alcoolisme, surtout depuis que les alcools d'industrie entrent pour une large part dans la consommation, met de jplus en plus le médecin légiste en présence de cas de délires impulsifs, ayant conduit à des crimes accompagnés de circonstances toutes spéciales, tels que des assassinats commis sans cause appréciable ou tout au moins sans cause sérieuse et accompagnés de circonstances révélant de la pari du meurtrier une férocité que rien n'explique. Quelle doit être la conduite de l'expert, alors que de pareils cas déroulent complètement les magistrats appelés à les juger et que c'est au médecin le plus souvent qu'ils s'adressent, leur demandant si des faits de cette nature ne s'expliquent que par la pathologie? M. le docteur Motet, candidat dans la section d'hygiène publique, médecine légale et police médicale, rapporte à ce sujet deux observations intéressantes.
Il y a dix-huit mois, une femme couvei-te de sang était rencontrée dans une rue de Paris ; à son adresse, on trouve son amant criblé de blessures et à cdlé de lui une bêche et un rasoir ouvert. Tout démontrait que l'assassinat avait été commis par cette femme et cependant, lorsqu'elle revint à elle le lendemain seulement, elle niait énergiquemenl sa culpabilité. Son passé ayant été examiné jour par jour, on y retrouva des preuves manifestes d'intoxication alcoolique ; elle buvait à une certaine époque jusqu'à huit à dix verres d'absinthe par jour; la veille du crime, elle avait eu une attaque convulsive épilepliforme ; elle éprouvait des hallucinalions de la vue, son intelligence était engourdie, sa mémoire infidèle. On dut conclure que cette femme éuit une aliénée, et nue son aliénation était la conséquence d'une intoxicalionalcoolique préparée, entretenuedepuislongtemps,
qu'elle était enfin irresponsable d'un meurtre accompli arec une violence, un acharnement tout pathologique, an plein d'un paroxysme de délire impulsif, qu'elle n'avait pas eu conscience de ses actes, qu'elle pouvait n'en pas conserverie souvenir. Une ordonnance de non-lieu est intervenue, et U femme a été internée d'office.
Dans la seconde observation, il s'agit d'un jeune ouvrier laborieux de vingt-six ans, travaillant dans l'air comprimé à des fondations de piles de pont, et n'ayant, comme antécédents pathologiques, que des malaises imputables à sa profession. Une nuit il se livra à des excès de boisson, et, comme il rentrait chez lui complètement ivre, tout d'un coup il rencontre un groupe de plusieurs personnes et se jette sur elles^ sans motif, le couteau à la main; en quelques instants, il frappe dix-sept coups avec une férocité inouïe. Il est conduit au poste, où il s'endort profondément ; à son réveil, il se voit couvert de sang et demande ce qui lui est survenu pendant la nuit ; il n'avait conservé aucun souvenir de la lutte ; depuis, il a toujours persisté dans ses dénégations, sans varier une minute dans ses discours. Il avait donc agi sous l'influence d'un accès de fureur avec impulsion, accès de fureur alcoolique à l'occasion d'une débauche accidentelle. Seule, la profession de cet homme pouvait expliquer ce trouble mental passager ; les ouvriers travaillant dans l'air comprimé éprouvent en efl'et des accidents cérébraux, qui peuvent les rendre particulièrement disposés à subir l'action toxique de l'alcool. Mais il n'en était pas moins impossible de conclure à son irresponsabilité complète devant la justice, car il est parfaitementsain d'esprit et, en le laissant libre, on se serait exposé à le voir tomber dans un nouvel accès de fureur impulsive. H. Motet s'efforga de bien faire saisir q^imuj^UatsIràroment il fallait comprendre wltP^Ml WuVâ^tlh4g«^apte de l'état cérébral particulier du sijet. Le jury n'admit pas de
i5 Hii 1885 6AZBTTB HBBDOMADAIRB OB MÉDKGINE ET DE GHIRUftaiE - 20 - 831
cireoDStaoces attéDuanles, mais la Cour abaissa la peine au minimum possible, se readant aux coDiidérations présentées par 11. Motet.
La séance est levée fa cinq heures.