SÉANCE DU 14 AVRIL
AnAvrysme de l'aorte abdominale : compression dorant (faatre heures trois qoarta sous le oUorotorme ; gnirlson de l'anényame : mort par gangrène du Jéjunum le onslèsna Jour. — AnArrysme de raorte abdominale ayant detanniné la gangrène des membraa inférieur*. - Deux faits prouvant la localisation daa oentres moteurs dans le renflement brachial de la mceUe.
M. Parker, au nom de HM. Lunn et Benbam, communique le fait suivant. Un homme de trente-deux ans, cordonnier de son métier, est admis à l'infirmerie Harybbooe^ en octobre 1883, pour un volumineux anévrysme abdominal. Soldat pendant neuf ans, il a contracté la svbhllisùl-YadiM ans. On ne relève dans ses antédfilWiÈiï'cMfafiy^^W
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45 Mai 1885
L'urine contient des traces manifestes d'albumine. Le patient n'éprouve aucun soulagement de la médication employée en pareil cas, repos, régime sévère, narcotiques, etc. Son état 8*aggr»anl et le malade désirant qu'on lui fasse quelque opération, on accède à ses désirs après lui avoir eiposéles dangers qu'il courait. Le 31 octobre, le malade est chloroformé et on exerce la compression sur Taorte abdominale au niveau de Tombilic, et un peu à gauche, pendant quatre heures trois quarts, à l'aide d un tourniquet de Carte. Il y eut quelques vomissements le premier et le troisième jour après 1 opération (vomissements dus probablement à remploi oe la morphine et du chloroforme combinés), mais néanmoins le malade déclara se sentir mieux. La tumeur était plus petite, ptttâdure, moins pulsatile. Le patient continua à aller mieux encore pOiidaitt sept jours, mais le 8 novembre les vomissements devinrent constants; ils se composaient principalement de matières grumeleuses noirâtres. Le pouls petit battait 192, la soif était vive, pas de douleur ni de distension de l'abdomen ; face congestionnée, pieds clwiida. Les jours suivants l'état du malade empira et la mort survint le 11 novembre, douze jours après l'opération. A 1« nécropsie on constata que l'anévrysme était guéri, mais qu'il exîsUit «ne gangrène du jéjunum dans une longueur dfe deux pieds environ. L'artère mésentérique sopérieure était complètement oblitérée.
— H. Henrif Morris rapporte l'observation qui suit. Un homme exerçait son métier de charpentier avec toutes les apparences de la sanlé, et le matin du 26 décembre 1884 il ne se sentait d'aucun malaise ; dans la journée ayant été obligé de faire quelques efforts, il ressentit de grandes douleurs dans les iambes, spécialement dans les mollets, avec des sensations d'engourdissement. II ne pouvait pas se tenir debout et dut se traîner à la maison le mieux qu'ilput en s'aidanl des bras. On le mit sur son lit et on l'entoura de bouteilles d'eau chaude. Les deux jambes paraissaient également atteintes. Au bout de vingt-quatre heures la sensation d'engourdissemefll disparut. Le deuxième jour la jambe droite commença à devenir ooîre. Le 1" janvier 1885, cinq jours après le début des accidents, le malade fut transporté à Middlesex hospital et placé sous les soins de M. Morris. L'enquête (]U*on fit de ses antécédents révéla qu'il avait eu la syphilis huit ans auparavant, sans symptômes constitutionnels bien nombreux ; trois mois auparavant il avait éprouvé une très grande tendance & l'assoupissement avec des douleurs dans l'œil droiti La jambe droite, au moment de l'entrée du malade à rhèpital, était tuméfiée et œdémateuse et on ne pouvait pas retrouver les battements de l'artère fémorale. l<e pied du même côté était noirâtre et atteint de gangrène ; le pied gauche n'était pas gangrené. On agita la question de l'ampataf ion immédiate, mais on décida de la retarder jusqu'à ce que l'état général du malade se fût relevé et qu'il y eût quelque tendance au rétablissement d'une circulation collatérale. La température était élevée (102 à 104 Fahrenheit) et la gangrène gagnait de jour en jour. Le 14 janvier, le membre droit est amputé au niveau de la cuisse par la méthode circulaire. Une très petite quantité de sang s'écoule par le calibre de l'artère fémorale. L'état du malade ne fut ni aggravé ni amélioré à la suite de cette opération, et la mort survint huit jours aprèa^ A l'autopsie les tissus du tronc furent trouvés en imminence de gangrène ; il y avait environ deux onces do sérosité claire et fluide dans le péritoine ; le foie et les reins étaient farcis d'infarctus. La valvule mitrale offrait deux points d'iniiltration athéromateuse et la même infiltration se retrouvait dans presque toute l'étendue de l'aorte thoracique. Sur le côté droit de l'aorte, an niveao de son passage à travers le diaphragme, existait un anévrysme du volume d'une orange plein de caillots feuilletés. L'aorte était oblitérée au niveau de sa bifurcation par un caillot biftirqué s'étendant dans l'une et l'autre de ses divisions ; du
cèté droit ce caillot se prolongeait jusqu'au point où avait porté Taraputation et du cèté gauche il descendait au même niveau.
— M. Beevêr rapporte deux observations tendant à prouver l'existence de centres moteurs dans le renflement brachial de
la moelle.
1*^ Cas. — Une atrophie musculaire progressive était survenue chez un batteur d'or, à^é de trente-huit ans. Le début de l'affection remontait à trois ans. peu à peu le malade avait vu s'affaiblir les muscles de la région postérieure de l'avant-bras droit, ceux de la main et parmi eux les interosseux et successivement les autres muscles du bras droit. LiO membre gauche fut pris à son tour un an après ; de ce côté le malade éprouva de la difficulté à effectuer les mouvements de supination, de flexion du coude et d'abduction du bras. Les membres inférieurs étaient pris d'affaiblissement depuis six mois.
2* Cas. — C'est celui d'un jeune homme de dix^oll ans, ayant été atteint de paralysie infantile. L'affection avait débuté alors que le malade n'était encore ftgé que d'un an ; i cette époque les quatre membres avaient été frappés de paralysie, les membres inférieurs et le bras droit recouvrèreot peu à peu leur puissance musculaire, mais le bras gauche r«sta manifestement paralysé.
Il a*]rariende bien remarquable dans l'évolution de ces deux faits pathologiques; mais ils contribuent k démontrer cliniquement Tesistence de ces groupes musculaires que les professeurs Ferw et ¥eo ont découverls par la faradisation du bout péripbêriwe des racines motrices antérieures du [ilexus brachial préalaUeme&t divisées. Ces groupes musculaires sont Inscnfs dans des tableaux et en regard sont placés les muscles trouvés affectés dans ces deux cas. Quelques-uns de ces muscles innervés par deux ou plus de ces nerfs, par exemple, le grand dentelé, qui est à la fois innervé par le cinquième et le sixième nerf cervieal, ont leurs noms répétés. En comparant ces deux cas on vok que dans le fait d atrophie musculaire progressive, les gron^ des muscles sévèrement on complètement affectés appartiasMat surtout aux quatrième, cinquième, huitième branches cervicales et à la première dorsale du côté droit, et principalement aux quatrième et cinquième branches cervicales du côlé gauche. Dans le fait de paralysie infantile les colonnes opposées concordent, car du côté droit les seuls muscles affectés fie triceps, le ^rand dorsal et le grand pectoral) sont innerves d'après Femer et Yeo par les sixième et septième branches cervicales, tandis que les autres groupes musculaires innervés par les autres branches restent indemnes; du côté i^auche tes sixième et septième branches cervicales étaient surtout atteintes et quelques muscles innervés par les quatrième et cinquième branches cervicales étaient partiellement paralysés. On doit remarquer que les expériences de Terrier et de Yeo ont été faites sur les racines motrices; mais il faut considérer que les groupes de muscles ainsi c-onstitués répondent également aux cellules des cornes antérieures d'où émanent ces nerfs, et l'on sait que ces cellules sont affectées dans l'atrophie musculaire progressive et la paralysie infkntile.
RETUS DES JOUaMAUX
Va««4*-rluHM<lMte émmm Um omUImm, par MM. les
docteurs M. Laknois et G. Lbhoine. — Les oreillons s'accompagnent parfois de manifestations articulaires (les auteurs ont réuni cinq faits de ce genre), qui apparaissent soit en même temps que la tuméfaction parotidienne, soit plutôt au déclin de la maladie. Elles peuvent atteindre les gaines synoviales, sont en général neu intenses, mais récidivent facilement et prolongent ia durée de la maladie.<Ge pseudo-
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rhumatisme ourlien doit être rangé à côté des pseudo-rhumatismes des maladies infectieuses. {Rev. de mèd.j 21 mars 1885.)
Recherches espérlméntaleii et erUlqaes mmr l'exelta- MIIM ilea hénl^hèrea eér«braax, {lar MM. les docteurS
FttAHÇois-FiUNCK et PiTAES. — Travail très intéressant au point de vue critique et expérimental, dont nous ne poov<in« donner que les conclusions* La sabstanee grise corticale de la zone motrice est excitable : f éeoree retarde, élabore et modifie les excitations, comme le prouvent les formes touteii spéciales dd tétanos cortico-musculaire et l'explosion d'accès épileptiformes qui ne s'observent jamais à la suite d*e)£cilation de la substance blanche sous-jacente. Hais l'écorce n'est pas seule excitable : au-dessous d'elle il existe d'autres centres nerveux dont rinterventlon active est nécessaire ft la production des mouvements. L'appareil nerveax qal pré'sine aux fonctions motrices est constitué par des centres* superposés reliés par des fibres conductrices, et dans une certaine mesure solidaires, bien qw chacun des organes de cet appareil compliqué ait ml roIe distinct et une fonction spéciale. {Àrch. dêphfs, norm* et path., 1985, n«* i et 2.)
te eueer, «Mladle p*raal(»lret pAi* M. A. L%hOVt-
Lebaai». — Ledoux-Lebard s'attache à démontrer que par ses caractères cliniques, étiologiques et anatomo-pathologioues, le cancer présente une étroite affinité avec la tnbercntose et qu'on est en droit de lui attribuer une origine parasitaire. Il s'appuie également sor les travaux qui ont prouvé qoe l'actmomjcose, aflection qu'il considère comme étant de nature cancéreuse, a pour origine un parasite. {Arch. gên. de méd., avril 1885.)
BiBLIOGRAPUIfi
■«•aegniphl« ^lMlar(l4«« 4m l'oraff haaMin témwmié ea rapport ave« ré«lalo||fle 4e r**«r4eMea«, par H. G.-J.
MARTiif-SAiNT-ANQK. Volumo ïn-Â' de 188 pagee avec 19 planches coloriées. Paris, J.-B. BailHère et fiU, 1884.
De tontes les branches de la biologie, l'embryologie est peut'èlre celle qui fait actuellement les progrès les plus rapides. Ce sont surtout les premiers phénomènes du développement des animaux, l'origine des éléments sexuels, œuf et spermatozoïde, qui ont été l'objet des nombreux et remar-
3uables travaux nui se sont succédé depuis une vingtaine 'années. Mais, si nos connaissances en embryologie normale se sont considérablement étendues, il faut reconnaître que la pathologie du produit de la conception est encore très mal connue. Nous ne possédons sur les airérations de l'œuf fécondé que quelques faits isolés, trop peu nombreux et trop peu étudiés pour être ^oupés d'une façon méthodique; une monographie pathologique de l'œuf est encore à faire. Aussi sommes-nous heureux de signaler aujourd'hui le bel ouvrage de M. Martin-Snint-Ange qui vient combler en partie celte lacune.
L'iconographie de M. Marlin-Sainl-AQge est une œuvre ide longue haleine: c'est en 1833 que l'auteur a commencé à recueillir les matériaux qui loi ont servi à composer son traratl. Celui-ci est dîtisé en quatre chapitres comprenant, le premier: l'étude de l'œuf humain au point de vue cTe sa formation et de son évolution physiologique dans l'ovaire, jusqu'au moment de la dchiscence du follicule; le second, les modifî* cations que l'œuf fécondé subit dans son évolution physiologique depuis sa sortie de l'ovaire jusqu'au moment de son arrivée dans l'utérus; le troisième, les maladies principales de l'œuf pendant la gestation et l'étiologie de l'nvorlement ; le quatrième, un résumé général des faits contenns dans les
précédents. Hâtons-nous de dire que la troisième partie, œuvre personnelle de l'auteur, est de beaucoup la plus importante et renferme seule des faits nouveaux et intéressants.
Les deuk premiers chapitres, qu'on nous pardonne l'expression, font en effet taohe dans Tonvrage de M. Martin- Saint-Ange. L'auteur, dont les belles recherches embryogéniques publiées de 1830 à 1854 ont fait époque dans Ift science, semble fkire bon marché de tons les travaux récents sur la structure de l'ovaire et sur l'origine de l'œuf. Son exposé de cette partie de l'ovolo^e, qu'il déclare lui-mémesi intéressante à connaître et qu'il considère comme sufflsam* ment étudiée aujourd'hui, n'est gu'im histâriqM ée laqse»tion arrêté bmsqueioMl en 1800* On peut cependant dire, sans risqrcr d'être taxé d'exagératiott, que no« connaissuces un peu précises en ovologîe ne datent que des travaux de Pflflger (18t>3) et de Waldeter(4870) pour ne Citer que les deux plus importants. Or c est en vain que l'on cherche les noms de ces deux auteurs, devenus tout a fait classiques, dans le premier chapitre de M. Hartin'Sainl-Ange. C'est en vain aussi que l'on cherche dans le deuitème chapitre un exposé des déconvertes récentes sur la malaration et la fécondation de Tœuf ; l'anteur en est encore ûut travanx de Coste, embryologiste éininent assurément, mais auquel les méthodes d'investigation employées de son temps n'ontpaa permis d'élucider beaucoup de phénomènes bien connus aujOord'hul.
La partie originale de Touvrage de H. Martin-Saint- Ange se compose d'un atlas de dix>neuf belles planches dessinées et coloriées par l'auteur d'après des pièces pathologiques, œufs à différents état!) de développement, immédiatement après Uur expulsion, et qui forment une série de tableaux pathologiques, pour ainsi dire vivants, exécutés avec un grand sentiment ariistique. Chaque planche est accompagnée d'une description détaillée des pièces qu'elle représente et d'un résumé des observations relatives à ces pièces. L'étude de ces planches est des plus instructives, car elles renferment un certain nombre de unta démonstratifii pour l'étiologie de l'avortenoent.
Pour M. Martin-Saint-Ange, la caduque utérine joue un rftie capital dans le développement de l'œuf } c elle constitue une sorte de périoste ovulaire, lequel, par suite d'une évolution normale prématurée ou maladive^ périostite ovnlaire, busee Suocessivemeot il nu la surbce du chorion, qui, alors, se nferose à l'instar de l'os qui est sous-jacent au périoste malade* fi'après wla, la caduque est k l'œuf ce que le périoste est à l'os, > En dehors d'un b^nmatisme quelconque^ c'est toujours à l'altération de la caduque qu'est dd l'avorte* ment, uette membrane devient impropre à nourrir l'œuf, soit qu'elle s'arrête dans son développement^ ce qui permet alors à iVuf de s'échapper de la cavité, utérine sans entraîner avec lui des débns ou la totalité de la cadtique, soit qu'elle devienne le siège d'une congestion par irritation ou par étal fluxionnaire, congestion qui s'accompagne sauvent de ruptures de vaisseaux ; Vépanchement sanguin comprime alors les villosités. choriales, en abolit les lonctions et tue l'embryon. La nécrose ovulaire est centripète; elle envahit le chorion etl'amnios; la vésicule ombilicale et le cordon ombilical peuvent disparaître^ enfin l'embrvon macéré se trouve souvent mutilé et finit par être résorbé s'il n'est pas très développé.
L'expulsion dé l'œuf peut se faire longtemps après la mort de l'embryon ; cette retenue du produitde la conception, qui constitue le part ou le travail manque de Stollz, le missed labour des Anglais, ne dépasserait pas d'après la plupari des auteurs le terme normal de la gestation. Cependant Lempereur, Praél, Schrœder, Mac Glintock ont rapporté des cas de rétention de fœtus pendant un temps indéterminé. M. Mariin-Saint-Ange a rencontré également plusieurs faits de ce genre; il a même observé on œuf de douze raoisï fistule amnio-uférine, dont .le fœtus était expulsé depuis dix
GAZfim UKBUOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
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mois; les enveloppes en pleine voie de régression ont pu ainsi séjourner pendant longtemps dans la matrice sans provoquer aucun accident. Le même fait se rencontre dans certaines grossesses gémellaires; l'un des jumeaux placé dans son amnios peut s'arrêter dans son évolution, cesser de vivre, tandis que l'autre continue à bien se développer jusqu'au terme de la grossesse.
L'ouvrage de H. Martin-Saint-Ange renferme aussi des observations intéressantes d'anomalies assez rares, telles que l'absence d'une des artères ombilicales sur un fœtus de
aualre mois; l'existence d'un ou de plusieurs nœuds du coron amenant la mort de l'embryon par arrêt de la circulation ; et, fait peut-être unique dans la science, la constriction du cordon exercée par les deux jambes du fœtus appliquées convulsivement l'une sur l'autre.
Bien que l'œuvre de H. Marti n-Saint-Ânge ne renferme que quelques-unes des altérations dont l'œuf fécondé peut être lésine, bien que l'auteur dans ses observations se soit contenté de décrire et de figurer les lésions au point de vue macroscopique sans aborder l'étude liistologique des pièces qu'il a eu ta bonne fortune de se procurer, son iconographie sera très appréciée et consultée avec proflt par les praticiens et les médecins légistes, qui. bien souvent embarrassés pour déterminer l'âge d'an produit d'avortement, y Uwuveront un certain nombre de types bien établis et fidèlement représenté-s. Cet ouvrage^ comme les recherches antérieures sur le Développement du fœtus en collaboration avec Baudrimont et l'Etude de l'appareil reproducteur dans les cinq classes d'animauso vertéoréSf iait honneur à son auteur, l'un des doyens des embryologisies français.