‹ Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgieChapitre 98 sur 228 · L. UBEBBULLET, PAUL RECLUS · texte numérisé non relu

L. UBEBBULLET, PAUL RECLUS

Adrewer tout ee qui concerne ]» ré4aetio* m $ièg« du Comité, chu H. DuBAïuai, 91, rue de lÀUe (annt le mardi de préféreoce).

T*lr pm§» t «e I» CMiverCare l'lMI««Mra *tm AOVB» BB U PA«inLTB m» HBBBCUIB BB PABU (Thèses, examens, cours, etc.) et «i««ra irtfaew t le pwfcUo mtêammt.

SOMlumE. — Pakis. AeMMmiede mMedua : Stou uma^e. — BryiIpUs et aiitiMpsitf. — Dm pleuréties h^morrhagiquei. — TiuvAn ORiaiMAiix. Phy- ■ioJoEie aipttrimenlale : Notes pour aerrir de document aux recherche* lur h production artiScieDe des néoplasmes. — CoRREapoNOANCB. Goîire oxophlhainiqM me tremblement etaln^hle iniiscuUira (énéraliiéc. — Sociétés sa- TAMTES. Académie des iôenees. — Acadëaiie de médecine. — Société de biflogie. Société de Uiérapentique.— Revuic DIS JODRNaux. L'acide phéniqiM «t la lièvre typhoïde. — BiBLiooHAnnB. Leçons sur le pharnusologla. — ViRiÉtiB. Inaupinlioiide la ileiw de Brailland. — Fuillitom. Rlogé de CL Beniurd.

Paris, SI mai 1886.

ACADÉMIE DE MÉDECINE : SÉANCE ANNUELLE. — ÉRYSIPËLE ET ANTISEPSIE. — DES PLEURÉSIES UÉM0RRHA6IQUES.

Acméémie de médeelae i «éaBee anmKelle.

Après je ne sais plus quelle séance annuelle de l'Académie, nous écrivions : De tous tes Eloges dus à la plume de H. Béclard, celui d'aujourd'hui est le meilleur. Nous pourrions reporter cette phrase à l'Eloge de Cl. Bernard, prononcé mardi dernier. Le sujet était vaste et divers. Il y avait dans riltustre physiologiste deux hommes, marchant de pair dans la voie scientifique, s'aidanl et s'éclairant l'un l'autre, mais ayant chacun sa personnalité distincte : un Magendie perfectionné et un Bacon modernisé.

C'était une tâche difficile que de faire passer sous les

FEUILLETON

Ëloffe de «I. Berawd, par H. J. BéCLARD.

On a longtemps considéré l'être vivant comme quelque chose d'essentienement variable ; on a cru, on l'a même écrit, qu'il était affranchi de toute loi, qu'il n'obéissait à aucune règle. «La loi de la vie, disait un membre de cette Académie, dont la voix a souvent reteuti dans cette enceinte, c'est précisément qu'elle n'a pas de loi (1).» Mais si on pouvait dire que demain le phénomène d aujourd'hui ne sera plus le même, s'il était possible de croire qu'une propriété constatée dans un être vivant ne se montrera plus demain, la physiologie serait-elle une science digne de ce nom? C'est ainsi que Claude Bernard s'est trouvé conduit à formuler les règles de ce qu'il appelle le déterminisme des

41) M. Gerdy.

S* SAHE. T. xm.

yeux d'un public en partie extra-médical le tableau rapide, mais clair, de tant de découvertes scientifiques, de tant d'expériences sur les animaux. Elle a été remplie à souhait, grâce à un heureux choix et à l'arrangement méthodique des questions, grâce aussi à la sobriété des détails techniques et, si on peut le dire, à l'habile distribution des valeurs dans le tableau. L'orateur sentait le péril; il précipitait sa diction, sans pourtant rien lui laisser perdre de sa netteté et de son pittoresque habituel; et il avait compté, non sans raison, sur la détente qu'amènerait dans l'auditoire, l'agréable épisode, allongé peut-être à dessein, de celte petite maison d'Auteuil, dépendance de la maison de santé de M. Blanche, où Cl. Bernard rencontrait, avec Jean Bouley, l'hôte de la maison, E. Renan, Bertbelot, Henry Bonley, Petsse, Léon Renault, Armand Horeaa et l'orateur lui-même.

La seconde partie du panégyrique de H. Béclard est remarquable à un autre titre; elle est relative aux grands principes de philosophie qui ont inspiré toute l'œuvre de Cl. Ber^ nard et se sont affirmés de plus en plus â^mesure qu'elle s'étendait elle-même. Nous attendions l'orateur à la question du déterminisme. Ce nous a été une grande satisfaction de conslaterqu'Il l'entend comme nous, et dans sa définition, et dans sa valeur historique et dans sa portée philosophique (1).

(i) Article DiriRaiHUME de OiclIoitMire encyclopédique.

actes physiologiques, et comment il a fait de cette méthode de recnerches le lien de toutes ses conceptions scientifiques.

< On entend des médecins, dit Claude Bernard, qui raisonnent comme si les exceptions étaient nécessaires; ils semblent croire qu'il existe une puissance qui peut arbitrairement empêcher que les choses se passent toujours de la même manière, de sorte que les exceptions seraient les conséquences de celte puissance mystérieuse. L'exception est un terme antiscientifique; ce qu'on appelle ainsi n'est qu'un phénomène dont une ou plusieurs conditions sont inconnues. Si cesconditions étaient connuesetdéterminées, il n'y aurait point d'exception, pas plus en médecine que dans toute autre science. >

Cet axiome que les mêmes causes, dans les mêmes circonstances, produisent toujours les mêmes effets, il s'applique à démontrer qu'il est d'une égale évidence dans l'ordre des sciences physiques et dans l'ordre des 8cien|és^biqlogi0Hts«> Tout phénomène vital, de mém^fï^^âdiy^yta^^

à38 — !«• 2i — GAZBTTE HKUOOMADAtRB DE MÉDECINE Et DE GËtRÙRGtK 22 Mai 1885

Ce n'est pas pour ce motir, on voudra bien le croire, que nous reproduisons dans ce numéro (voy. au Feuilleton) cette partie du discours ; mais il nous a paru que, dans l'éclatante notoriété des découvertes du grand physiologiste, ce qu'il est le plus utile de rappeler à la génération moderne, ce sont les principes qui en ont été l'&me et qui en allaient enfanter d'autres, comme on le verra dans le texte reproduit, si la destinée eùl été moins impitoyable. Et ce sera une bonne fortune pour le lecteur de les voir exposés et commentés par le savant secrétaire perpétuel de 1 Académie.

Cl. Bernard s'est trompé quand il a cru avoir introduit pour la première fols le mot déterminime dans le langage philosophique ; it a eu tort aussi de s'emparer du vieux mot de fatalisme pour l'opposer au premier et tes séparer par une véritable antinomie, c Le Tatalisme, dit-il, suppose la manifestation nécessaire d'un phénomène indépendamment de ses conditions, tandis que U déterminisme n'est que la condition nécessaire d'un phénomène dont la manifestation n'est pas forcée. > Or, dans le domaine métaphysique comme dans le domaine des sciences concrètes, on était loin déjà de cette sorte de fatalisme, et le problème des rapports nécessaires des phénomènes avec leurs conditions de production était déjà posé devant le déterminisme. Le grand mérite du physiologiste français est d'avoir agrandi et approfondi la doctrine, de l'avoir soumise à la méthode expérimentale et d'avoir poussé la vérification jusqu'aux causes vraiment dE^t«rminant0s , c'est-à-dire jusqu'aux conditions sans lesquelles le phénomène ne se produirait pas, avec lesquelles le phénomène se produit nécessairement.

— Que le secrétaire perpétuel ne nous fasse pas oublier le secrétaire annuel. H. Proust avait ouvert la séance par un élégant rapport, simplement dit, sur les ouvrages présentés au concours pour les prix de l'Académie. Ce serait la plus ingrate des tâches qui incombent dans ces solennités aux dignitaires de la compagnie, n'était celte du président, qui est tenu de donner lecture des prix distribués. M. Proust s'en est heureusement tiré. Lui aussi a eu son épisode, qu'il a emprunté au choléra de Naples. Personne ne songera à le lui reprocher, d'autant plus qu'il renfermait une leçon contre l'akulement des populations en temps d'épidémie. On l'excusera aussi, dans sa situation particulière, d'avoir parlé de Fanvel plus longuement, non que le méritait l'éminent hygiéniste, mais que le comportait peut-être la circonstance.

A. Dechahbre.

sique, est invariablement déterminé par les conditions tj^ui permettent ou l'empêchent d'apparaître. Le véritable objet de la science consiste donc à acquérir la connaissance de ces conditions, à la fois déterminantes et invariables, à l'aide desquelles un phénomène se réalise nécessairement, et sans lesquelles il ne se produirait pas, et ces conditions étaiit celles de la certitude scientifique, la philosophie de la méthode expérimentale peut se résumer d un mot : le déterminisme.

Un jour Claude Bernard discutait avec M. Mageudie sur le suc pancréatique. «La matière organique de ce liquide est de l'albumine, car il se coagule par la chaleur, » disait Magendie. Ce liquide se coagule par la chaleur, disait Bernard, mais la matière organique qu'il contient n'est pas de l'aibumine ; elle a d'autres caractères et mérite un nom particulier. > M. Magendie ne larda pas à se rendre, c Je conviens que j'ai tort, dit-il ; si j'avais dit simplement : le suc pancréaiïque est un liquide coagulable par la chaleur, je serais inattaquable. > Claude fiernwd aimait à rappeler ce souvenir.

Nous avons étudié, dans un précédent article, le mode de contagion de l'érysîpèle et les litres qu'il possède à une origine microbienne. H. Cornil vient de prononcer à TAca- | démie de médecine un rapide et substantiel discours sur cette délicate question où, plus que tout autre, il pouvait apporter la lumière. Sa parole mesurée et claire, son exposition méthodique, la précision et la netteté de ses conclusions ont produit une impression vive, et le désir est devenu plus ardent de voir publier bientôt les recherches de rémineni professeur sur les microbes pathogènes.

H. Cornil rappelle d'abord les premières constatations faites par Huëter et Nepveu, Orth, Recklinghausen et Lukomsky. Depuis leurs travaux, l'existeuce d'un bacille dans les plaques érysîpélateuses est devenue incontestable el « les fragments de peau colorés au violet de métbyl montrent constamment une plus ou moins grande quantité de microbes ronds, habituellement associés deux par deux ou en chaînette sinueuse (diplococcus ou 8treploa>ccus); ils sont situés dans les interstices qui séparent les faisceaux du deijpie, dans tes cellules adipeuses et dans les vaisseaux lymphatiques >. On trouve encore des micro-organismes dans le sang de la circulation générale et même dans les urines; ils encombrent les viscères atteints de complications inflammatoires, les poumons et les méninges dans la pneumonie et la méningite, les reins dans la néphrite alburoineuse des érysipélateux.

Ces microbes, nous le savons, ont été cultivés par Febleisen et Rosenbach : après leur ensemencement dans la gélatine, il se forme des stries blanchâtres disposées en feuilles de fougères et, lorsqu'on inocule une parcelle de cette substance, il se développe un érysipèle au point d'inoculation. L'expérience a été tentée plusieurs fois et toujours on a vu apparaître l'érythéme fébrile avec ses caractères spécifii)ues. La démonstration est donc complète et l'origine parasitaire de l'érysipèle demeure acquise.

Ici commence la partie vraiment originale de la communication de M. Cornil. L'érysipèle k chirurgical » et l'érysipèle c médical » nous offrent l'un et l'autre le même slreptococcus pathogène; cependant le premier cause souvent la i mort ; le second au contraire est bénin ; il le reste retéine ! lorsque les microbes roulent, avec le sang, dans les vaisseaux 1 de la circulation générale. H. Cornil a vu c guérir plusieurs ' fois des malades atteints d'albuminurie avec des chaînettes

Le déterminisme a fait beaucoup de bruit, il en fait encore. L'expression pourtant n'est pas nouvelle ; non qu'elle appartienne à Leibnitz, comme on l'a dit, mais on la rencontre souvent dans les successeurs de Kant, avec une signification toutefois qui n'est pas la même, ainsi que l'a si justement fait observer H. Dechambre. Claude Bernard, avee la netteté de l'esprit français, écarte les causes éloignées plus ou moins sùsissables, et tout cet enchaînement de causes intermédiaires au milieu desquelles i test si facile de se perdre, pour s'attacher à ta cause déterminante seule, à la cause vraiment

ftrochaîne, de telle sorte que te phénomène qui est cause et e phénomène causé se trouvent dans une dépendance immé^ dîate el nécessaire l'un de l'autre.

Cette doctrine, sur laquelle it s'est complaisamment êlendu dans ses livres et dans son enseignement, Claude Bernard s'est toujours efforcé de lui conserver le cajracLèn d'une méthode circonscrite dans la sphère ^LrMnj&huigibl es. A diverses reprises il s'est défendu d'avoir vouli^onner plus

n Mai 1885

— H* il —

en quantité dans l'urine >. Gommeiit expliquer ces effets d'apparence contradictoire?

D'abord le terrain diffère dans les deux cas et les érjsipèles chirurgicaux se développent chez des individus affaiblis par un traumatisme, tarés peut-être par quelque déchéance viscérale, intoxiqués déjà par quelque suppuration lente ; Toi^nisme se défend mal et l'envahissement du microbe ne rencontre plus qu'une molle résistance. Ce n'est pas tout, et il faut admettre c que les germes de l'érysîpèle peuvent Atre mêlés, au moment où se fait la cachexie, avec ceux de suppuration et de la fièvre puerpérale ». Il en résulterait une sorte d'affection hybride beaucoup plus grave et qui prendrait l'allnre des maladies pyémîqnes on septicémiques.

Telle est justement l'hypothèse que nous proposions dans notre article et nous sommes très heureux de voir que nous l'empruntions à un homme de la compétence et de l'autorité de M. Cornil, qui l'a défendue avec des arguments de valeur et des observations personnelles. N'a^t-il pas vu les microorganismes d'un érystpèle devenu phlegmoneux donner naissance, dans une culture sur gélatine, non seulement an streptococcns de l'érysipèle, mais au staphylococcus de l'ostéomyélite? Les deux genres de microbes se sont développés dans la même éprouvette. H. Cornil admet donc l'existence de maladies complexes, à la fois érysipële et phlegmon, érysipèle et résorption purulente, érysipèle et septicémie.

N'est-ce pas, d'ailleurs, ce que prévoyait H. Trélat lorsqu'il insistait, avec tant de force sur la bénignité actuelle de l'érysipèle? L'érysipèle, même chirurgical, est beaucoup moins grave qu'autrefois, qu'avant la vulgarisation des pansements antiseptiques. Qu'est-ce à dire, sinon que la ouate de Guérin, l'acide phénique de Lister, la liqueur de Van Swieten, l'i&doforme peuvent bien ne pas arrêter toujours les germes de l'érysipèle, mains du moins qu'ils empêchent le développement du microbe pathogène des septicémies? Le streptococcns érysipélateux agit seal et ponr son propre compte et, comme, en définitive, son action isolée est assez modérée, le malade guérit.

R Cornil admet-il donc, d'une manière absolue, la spécificité du streptocoecus de l'érysipèle? Il penche évidemment vers cette opinion, sans ignorer cependant ses affinités avec le streptococcus pyogène. Il nous dit bien que Rosenbach aurait noté, entre les deux microbes, certaines différences; la culture sur la gélatine montrerait que la sirie d'inoculation du premier est comparable à une feuille de fougère, tandis

d'étendue à sa pensée et d'avoir cherché, en transportant sa méthode dans le domaine de la conscience, è lui imprimer les allures d'une doctrine philosophique complète. Claude Bernard sentait bien que, poussé dans ses conséquences logiques, le déterminisme des phil(»ophes«8e heurte inévitablement au problème de la liberté pour verser dans le fatalisme.

Il en est, il est vrai, qui voudraient fairede la psychologie un simple chapitre de la physiologie; mais leur démonstration n'est pas faite. En substituant la méthode expérimentale à la méditation solitaire et personnelle, a-t-on changé le fond des choses? Évidemment non. L'un des représentants les pluséminents de l'école philosophique anglaise de nos jours, M. Herbert Spencer, qui a tenté, chacun le sait, de faire rentrer la physiologie dans la psychologie, reconnaît luimême qu'il y a deux psychologies : l'objective, c'est-à-dire la physiologie nerveuse, et la subjective ou la psychologie des philosophes, et il a^out&f je me sers de ses propres exprès-

que celle du second rappelle une feuille d'acacia. Mais il lyonte que c ces différences ne sont pas très nettes ; l'examen des chaînettes au microscope ne révèle pas de distinction marquée. L'injection sous-cutanée chez les animaux donne, à peu de chose près, les mêmes effet8,[an noyau œdémateux ou des abcès peu graves >.

La spécificité du microbe reste donc encore indécise ; mais du moins plusieurs points sont acquis et il reste démontré pour M. Cornil que l'érysipèle est toi^ours causé par un streptococcus dont on connaît le siège dans le tissu conjonctif, dans le plasma du sang et de la lymphe. Les différences de gravité notées ^souvent entre l'érysipèle médical et l'éry* sipèle chirui^ical sont dues à l'addition de bactéries d'un autreordredont l'action vient compliquer celle du streptococcus érysipélateux. — Telles sont les conclusions de H. Cornil ; elles nous paraissent fournir une base anatomique solide sur laquelle pourront prendre pied les futurs orateurs dans la discussion pendante A l'Académie de médecine.

Paul Reous.

9em plcHrAslM liteMnplM^q|«Mi.

A PB0P08 d'un XAL&DB ACTOBU.BHBNT DANS BON SEAVICB, A L'HênTAL SAINT-ANTOINK.

Après avoir sneeessivement passé en revue les diverses lésions qui peuvent engendrer la pleurésie hémorrhagjque, nous allons essayer d'établir le diagnestie de la lésion qui a déterminé la pleurésie hémorrhagique de notre malade. C'est du reste une question de pronostic autant qu'une question de diagnostic, car il n'est pas indifférent d'avoir un simple hématome de la plèvre, ou d'avoir une pleurésie hémorrhl^^que de nature tnberrâleuse on cancéreuse.

Je dirai d'abord que depuis le premier article concernant notre malade, c'est-à-dire depuis un mois, aucun symptôme nouveau n'est apparu ; la situation est sensiblement la même: le liquide pleural continue à se reformer, on a pratiqué trois nouvelles thoraeentèses, ce qui porte à 36 le nombre des ponctions faites jusqu'à ce jour, le liquide a toujours les mêmes caractères, le malade a le teint d'un homme qui a perdu beaucoup de sang, mais son état général n'apas empiré

sious : « Cette dernière est radicalement distincte du sujet de la biologie. * Nul, en effet, n'a encore découvert le lien qui rattache la sensibilité à la volonté, et le jour où l'on pénétrerait le mystère de cette transformation serait, sans contredit, l'un des plus grands dans l'histoire de l'esprit humain.

Au point de àè^axt de toutes les sciences, on rencontra certaines propositions qui, pour n'avoir jamais été démoa* trées, n'en sont pas moins le fondement nécessaire. Les vérités de l'ordre mathématique supposent un petit nombre d'affirmations premières ou d'axiomes irréductibles, et dans le monde physique lui-même, l'admirable ensemble des lois naturelles repose tout entier sur les vibrations innsibles d'une insaisissable matière.

De même, dans la fiëre et aventureuse pourauite de l'esprit humain à la recherche des vérités premières, ce qu'on ap- ^ pelle, dans le langage de l'école, les postulats d Aristote,! sont et resteront le fond même de la métaphysique. 11 esVde

22 Mai 1885

et il continue à maager avec quelque appétit une portion

d'alinaents.

Pour que le diagnostic de ta pleurésie liémorrhagique soit complet, il doit porter sur les deux points suivants : i" établir (avant la ponction) que la pleurésie est hémorrhagique ; 2** rechercher pourquoi la pleurésie est hémorrha^ique.

A. Etablir qu'une pleurésie est hémorrhagique me parait chose à peu près impossible. Et en effet, d'après quels signes, d'après quels symptômes pourrait-on porter ce diagnostic? Dans la grande majorité des cas, la pleurésie hémorrhagique a foutes les apparences d'une pleurésie séro fibrineuse; je ne vois entre elles aucun signe distinclif; à la palpation, mêmes modifications des vibrations Lhoraciques ; à la percussion, mêmes caractères de la malilé ; à l'auscultation, même souille et même égophonie; In pecloriloquie aphone, qui avait été donnée primitivement comme un signe distinctif entre les épanchements séro-fibrineux et les épanchements plus denses, purulents ou hémorrhagiques, celte pectbriloquie aphone, je la retrouve dans la plupart de mes observations, et elle était très nettement accusée dans un cas de pleurésie hémorrhagique qui a fait le sujet d'une leçon clinique de M. Jaccoud (1). Aussi la pleurésie hémorrhagique esl-elle souvent une surprise; on pratique la thoracenlèse croyant retirer de la plèvre un liquide séro-fibrineux, et on est fort étonné de trouver un liquide hémorrhagique.

Dans d'autres cas, la pleurésie hémorrhagique peut simuler une pleurésie purulente, ainsi qu'on l'a vu au sujet de la première observation du quatrième groupe concernant l'hématome pleural. Le malade est affaibli, il a le teint pâle et terreux, il présente de l'œdème aux membres inférieurs et un l^r œdème de la paroi thoracique, on pratique la thoracentèse croyant qu'on va retirer un liquide purulent et, ici encore, on est fort étonné de trouver un liquide hémorrhagique. On commet l'erreur, parce qu'on est trop habitué & considérer Fœdème de la paroi thoracique comme un signe de purulence ; c'est un signe précieux en effet, mais il | n'est pas exclusif aux épanchements purulents de la plèvre, : on le rencontre également dans les épanchements faémor- | rhagiques et même dans les épanchements séro-fibrineux (%). |

11 est cependant des cas où la pleurésie peut être diagnostiquée à l'avance; c'est lorsqu'une pleurésie se déclare | chei un individu manifestement cancéreux, que le cancer j

(I) Jucctnid, Ufont de clinique méMcaU. l'wii, 1885. I <ij Barbo, Œdime de ta ; «rot thoracique dam Icm ^uritia purulenU», Tliète de Parif, 18».

plcuro-pulmonaîre soit primitif ou secondaire, on peut en pareil cas avancer que l'épanchement pleural sera probablement hémorrhagique; je dis probablement, car il peut arriver que l'épanchement pleural, d'origine cancéreuse, soit séro-fibrineux.

En résumé, â moins de conditions tout à fait exceptionnelles, le diagnostic de la pleurésie hémorrhagique ne repose sur aucun signe certain, la nature hémorrhagique du liquide est habituellement méconnue; on peut en soupçonner Texistence, on peut faire ses réserves sur les qualités d'un épanchement qui s'annonce avec des caractères un peu insolites; mais quant à affirmer lu nature hémorrhagique de cet épanchement, c'est là un diagnostic qui oe repose sur aucnn signe certain.

Il n'est donc pas étonnant que mon interne, pratiquant d'urgence la thoracentèse chez notre malade, ait été surpris de la nature hémorrhagique du liquide.

B. Mais voici le moment de diagnostiquer la cause de la pleurésie hémorrhagique de notre malade; reportons-nous à la classification que nous avons établie, et voyons dans quel groupe il convient de faire rentrer cette pleurésie. Procédons par voie d'élimination.

Je rejette d'emblée et sans discussion l'hypothèse de l'une des pleurésies hémorrhagiques qui font partie du premier groupe, car notre malade n'est ni cirrhotique, ni forightiqne, et il n'apasd'anévrysme de l'aorte.

Je rejette également l'hypothèse d'un simple hématome pleural (qualrièmc groupe), car, en consultant les quelque*; observations bien authentiques, on voit qu'au cas d'hématome le liquide est plutôt rougeftire que brunfttre, il est librineux, il n'a qu'une assez faible tendance & se reproduire ; il cède parfois à une seule thoracenlèse, et rarement on est obligé de recommencer plus de trois ou quatre'fois la ponction; le soulagement qui suit la thoracentèse est notable et immédiat, et l'état général suit une amélioration parallèle et progressive. Or notre malade ne remplit aucune de ces conditions; son liquide pleural est très foncé, il n'est pas Gbrineux ou du moins il n'a été légèrement fibrineux qu'au début de la maladie, il se reproduit avec une telle ténacité et une telle rapidité qu*on a dû pratiquer 36 fois la ponction en six mois et retirer plus de 20 litres de liquide ; la dyspnée est constante et paroxystique, et l'amélioration qui suit la thoracentèse n'est ni notable, ni durable. Il faut donc éliminer l'hypothèse d'un hématome pleural, et rechercher ailleurs les causes de celte hémorrhagie pleurale.

faciles esprits qui font le tour des choses et qui croient ainsi les connaître, mais, il faut bien en convenir, un mouvement n'est rien de plus que quelque chose qui se meut, et ce quelque chose nous ne pouvons l'atteindre.

Si Claude Bernard se meut avec confiance dans ce domaine du relatif, dont la raison humaine a tracé elle-même les limites, il ne s'aventure guère hors de ses frontières. Non qu'il soit Indifférent pour tout ce que n'atteint pas l'expérimentation, mais parce qu'il l'a dit lui-même, c les questions de cet ordre n'ont pas de place en physiologie. >

C'est parce qu'il ne s'engage pas volontiers sur le terrain de la spéculation pure qu'on l'a quelquefois classé parmi les disciples, chaque jour moins nombreux, de cette philosophie iiiditl'érente, qui ignore volontairement tout ce qui n'est susceptible ni de constatation ni de mesure. Mais à moins de nier résolument tout ce qu'on ne peut nî voir ni toucher, ce qu'ont toi^ours évité de faire les adeptes les plus qualifiésdu positivisme, il faut bien admettre un domaine réservé, inac- -

cessible aux méthodes expérimentales des sciences objectives. Le savant est semblable au navigateur : à mesure qu'il avance à la recherche de l'inconnu, l'impénétrable horizon se reforme sans cesse devant lui. Sans doute on peut déclarer inacce8sible*toute autre réalité (jue la réalité 8ensibl<', mais c'est en vain qu'on prétend imposer pour limites à l'ensemble des choses les servitudes de notre sensibilité. Si personne n'a vu le pur esprit, personne non plus n'a ru In

fiure matière, c II importe, a dit Claude Bernard, de séparer a physiologie des grands problèmes qui tourmentent l'esprit humain; leur étude relève de méthodes absolument différentes», et sur un fragment manuscrit écrit de sa main, nous lisons encore : « La science ne saurait rien supprimer, le sentiment n'abdiquera jamais, il sera toujours le premier moteur des actes humains. »

A notre tour nous dirons : L'interventiou^iL|u^aturel dans l'ordre si admirablëméRtrégjé des^eofi^liuigibles n'est qu'une conception primitive et provisoire Sfui disparaît

23 Mai i885 GAZETTE HEBDOHADAIRB DE

Restent la tuberculose et le cancer. Si nous avions trouvé à l'auscultation quelques signes de tuberculose, si l'examen des crachats ou du liquide pleural nous avait révélé la présence du bacille toberculeui, nous mrioDs pu, malgré les apparences contraires du liquide, admettre la possibilité d'une pleurésie hémorrhagique tuberculeuse. Mais rien de tout cela n'existe; le poumon droit est absolument sain, ce malade ne tousse pas et ne crache pas, on ne trouve chez lui aucun organe (testicule, ganglion» lymphatiques, tissu osseux, etc.) qui puisse être soupçonné de tuberculose ancienne ou récente^ des examens plusieurs fois répétés n'ont permis de découvrir le bacille tuberculeux ni dans quelques crachats insignifiants qu'il rend parfois, ni dans son liquide pleural, et ce liquide pleural plusieurs fois inoculé à des cobayes n'a déterminé chez eux aucune lésion tuberculeuse.- J'ajouterai enfin que je n'ai jamais vu dans les cas de pleurésie tuberculeuse, le liquide hémorrhagique affecter les caractères que nous rencontrons dans le cas actuel. Pour ces différentes raisons je rejellc. l'idée d'mie pleurésie hémorrhagique tuberculeuse.

Nous sommes donc amenés par voie d'élimination à admettre l'existence d'une pleurésie cancéreuse. Je crois en effet que nous avons affaire à un de ces cas où la pleurésie cancéreuse hémorrhagique domine tellement la situation, que pendant quelque temps on ne peut rien découvrir derrière elle. Il se pourrait à la rigueur que, chez notre malade, le cancer fût limitéà la plèvre (1 ), car il ne manque pas d'observations où, le poumon et le médiastin étant respectés, le cancre était strictement limité à la plèvre, et deux des observations consignées dans le troisième groupe ont trait à cette variété de cancer pleural ; néanmoins je pense que dans le cas actuel le cancer pleural est associé à un cancer pulmonaire encore peu développé, et c'est par Fétude détaillée des signes et des symptdmes que j'arrive à formuler ce diagnostic. Voici cette élude détaillée qui me parait offrir quelque intérêt :

a. Dès le début de sa maladie, et sans qu'il y ait eu depuis lors une interruption notable, le malade s'est plaint de douleurs. Ces douleurs, vives et persistantes, ne ressemblent pas au c point de côté > de la pleurésie vulgaire, elles sont étalées sur toute la base du thorax du côté gauche, et elles irradient à l'épaule droite, à l'épaule gauche, dans le bras et dans le poignet droit; les douleurs de l'épaule et du bras ont même été si vives, que le malade se croyait atteint de

(I) L 'pin«, ciU dana li thèio de M. Araaul da U IMnanltèra.

peu à peu à mesure que l'humanité s'instruit et s'éclaire. Quant à l'idéal, qu'il ne faut pas confondre avec le surnaturel, il n'a de place nulle part dans la nature, et cependant il gouverne le monde : il est l'infiniment grand et l mfiniment petit, aussi insondables l'un que l'autre; il est l'infini de la durée, que nous ne pouvons concevoir qu'en l'ajustant à la mesure de notre vie et à la longueur de nos jours ; il est te >entinient de la mesure, de la proportion et de l'harmonie, c'est lui qui inspire les chefs-d'œuvre de l'art; il est l'amour, cet immortel magicien, qui égare aussi bien la raison du philosophe que l'imagination du poète ; il est ce que la nature humaine comprend, sent, admire et aime par-dessus tout, i) est le dévouement et le sacrifice ; c'est par l'idéal qne notre espèce s'élève au-dessus des êtres qui l'entourent, hiérarchie farouche et sans pitié, où la lutte pour la vie ne désarme jamais, aristocratie sauvage qui ne reconnaît d'autre loi que la force. La meilleure part de son existence, Claude Bernard l'a

HfiDEGINB ET DE CHIRURGIE — H' M — 341

rhumatisme. Or l'acuité et l'irradiation des douleurs sont des symptômes communs au cancer pieu ro- pulmonaire ; c'est une névralgie du plexus brachial qui était le symptôme dominant dans une observation de Béhier; un malade de M. Lancereaux accuse « une vive douleur dans le côté gauche du cou et dans l'épaule du même côté », et plus tard survient un gonflement des articulations du bras et du poignet gauches. La malade qui fait le sujet de la deuxième observation du troisième j/roupe avait été prise dès le début de son affection cancéreuse, de douleurs dans les jointures, de sorte que je me demande s'il n'existe pas un pseudo-rhumatisme associé aux manifestations du cancer. Quoi qu'il en soit, l'élément douloureux a présenté ches notre malade des caractères spéciaux ^ '

b. La dyspnée, quelle qu'en soit la cause, et ces causes sont multiples, la dyspnée est un des symptômes habituels du cancer pleuro-pulmonaire. Or notre malade a une dyspnée constante, avec paroxysmes ; cette dyspnée ressemble parfois à une véritable anhélation, elle est à peine soulagée par la thoracenlèse, et encore ce soulagement n*a-t-il qu'une courte durée. Cette dyspnée, avec les caractères que je viens de lui assigner, se retrouve dans la plupart des observations de pleurésie cancéreuse (1), tandis qu'elle n'existe pas au même degré, il s'en faut, dans l'hématose simple et dans la pleurésie tuberculeuse.

c. La déviation considérable et permanente du cœur est signalée dans la pleurésie cancéreuse gauche, parce qu'il est probable que la lésion cancéreuse de la plèvre et du poumon entre pour une part dans celte déviation de l'organe. Or, ches notre malade, avant comme après les thoracentèses, le cœur bat sous le mamelon droit et jamais il n'a quitté celte position. De plus, les battements cardiaques s'entendent dans toutes les régions de la poitrine, en avant et en arrière, du côté droit et du côtié gauche, comme si ces battements étaient transmis & l'oreille par un poumon densifié bon conducteur du son.

d. Uaccélévaiion du pouls est notable et constante chez notre malade; il a 120 à 130 pulsations par minute, et, comme il n'a pas de fièvre, on peut se demander si cette accélération ne tient pas & une action du cancer pleuropulmonaire sur le nerf pneumogastrique, ainsi que cela a été observé (S).

(1) G. S6», MaUdiia ipidfi^M du poimm, p. 470. (S) ThèM dBU. MouUrd-Martin, p. 64.

passée dans son laboratoire, dans l'intimité de ses élèves et de ses amis. Sa vie intérieure est restée cachée à tous les yeux ; mais on a pu deviner qu'elle avait été traversée par des épreuves morales, et qu'à ses souffrances physiques sont venues s'ajouter plus d'une fois des préoccupations douloureuses.

Claude Bernard portait sur son visage ce reflet particulier que donne le travail constant de la pensée- La maladie grave qu'il avait traversée avait encore accentué ta sévérité de ses traits. Dans les habitudes ordinaires de la vie, il se montrait le plus facile et le plus bienveillant des hommes. Les jouissances vulgaires ne l'ont jamais tenté : il n'a point connu celte maladie du siècle qui fait tant de victimes. Celui qui remplissait le monde de son nom menait l'existence la plus modeste et presque la plus étroite; son ambition était plus haute : il avait la passion de la gloire.

Vers la fin de t été de l'année 1877, il avijir^HupAiMéljU Saint-Julien une première série lâifiiN@IÏGfN!lWAi/Te!;^l^

22 Mai 1885

e. La nature du liquide plaide en faveur du cancer; il n'est pas fibrineux, el, bien que le liquide hémorrhagique du cancer pleural puisse contenir de Taibles proportions de fibrine, il est d'usage néanmoins-que la fibrine, qui existe habituellementdansl'héinatoniesiaiple et dans la pleurésie tuberculeuse, manque le plus souvent dans la pleurésie hémorrhagique cancéreuse.

/. Vabondancê et la persistance du liquide pleural sont encore un ai^ment en faveur de la pleurésie cancéreuse. Toutefois il ne faudrait pas donner à ce signe une trop grande valeur. Dans quelques cas le liquide hémorrhagique d'une pleurésie cancéreuse se tarit après cinq, six, sept ponctions; i) peut même, avant de disparaître, penlre sa teinte hémorrhagique et se rapprocher par ses caractères d'un épanchement séreux; en cela, on le voit, il ne diffère pas des pleurésies hémorrbagiques tuberculeuses qui, elles aussi, peuvent être taries après quelques ponctions. Mais ce qu'on ne voit pas dans une pleurésie hémorrhagique tuberculeuse, du moins ce que je n'ai jamais vu, c'est cette ténacité de l'épanobement qui se reforme presque indéfiniment pendant des mois entiers, au point que, pour lutter avec la dyspnée sans cesse eavaiiissante, ii faut pratiquer dix, vingt, trente ponctions.

g. Le jeune lige de noire malade, il n'a pas vingt-trois ans, n'est pas un argument à invoquer contre Tbyputhèse d'une pleurésie cancéreuse, car le cancer pleuro-pulmonaire a été trouvé chez des sujets aussi jeunes et plus jeunes que lui, à l'âge de vingt-huit ans, de vingt-quatre ans, de vingttrois ans (1), de vingt-deux ans (2), de dix ans (3).

Le diagnostic de pleurésie cancéreuse étant ainsi établi, noire dernier artide sera consacré au traitement des pleurésies hémorrbagiques et à diverses considérations générales concernant ces pleurésies.

DlBDLAPOT.

(1) OaroIlM, CciMStr jttettro-fwiMOMirv. TbkM d« Paria, 1877. p. 43. p. 80, p. 77.

(2) Hajem et Gnnx, Cancer ^«wV'pwImMtn, SocIM da biologie, 1874.

(3) Uplna dU par Ararat i» h Héaardiira.

TRAYACX ORIGINAUX

Note podr sertir de document aux hecbercbes sur la raoDucTiON artificielle des NftorLABHBS, par M. le docteur U. Jeahhel, professeur de clinique chirurgicale k

l'Ecole de médecine de Toulouse.

La production artificielle des néoplasmes et en particulier du carcinome est-elle une impossibilité ? J'ai la conviction du contraire ; voici pourtant la relation d'expériences nouvelles, faites d'après un programme original et logique du moins en apparence, mais qui sont restées sans succès. Pourq^uoi les publier alors, dira-t-on? Tout simplement dans l'espoir qu'en exposant les idées théoriques qui m'ont inspiré et tes procédés que j'ai mis en usage, quelque expérimentateur verra peut-être le point faible des Ihéràries et des procédés et fera mieux que moi (1).

Du reste à tout seigneur tout honneur; mon pn^ramme m*a été dicté par mon très honoré maître M. le professeur Verneuil. qui m'a aussi conseillé de livrer à la publiatë mes essais même infructueux.

Que j'eusse préféré réussir, personne n'en doute; mais, si j'ai pu contribuer an succès d'un autre chercheur, je n'aurai point perdu mon temps. La science et la vérité d*abord, l'amour-propre du succès ensuite.

Les idées qui ont inspiré mes expériences peuvent se résumer sous forme de quatre axiomes cliniques que voici :

1° Tous les néoplasiques et à fortiori tous les cancéreux sont des arthritiques ;

2 Tous les arthritiques ne sont pas néopla8i(^ues. Par conséquent, pour devenir néoplasique, un arthritique doit posséaer ou acquérir quelque chose ae plus que rarthrilisme, c'est-à-dire la diathèse néoplasique de M. le profésseur Verneuil ;

3" Dans la majorité des cas il faut une cause localisante pour que l'arthritique, même possesseur de la diathèse néoplasique, fasse un néoplasme ; cette cause localisante est un locus miMTU nsistentiœ tranmalique ou non.

4* Tous les arthritiques porteurs d*nn lociu minoris resistentia ne font pas forcément du néoplasme; preuve nouvelle de la nécessité de la possession (acquise ou oéréditaire) de la diathèse néoplasique comme troisième facteur indispens^le à la génération d'un néoplasme.

La diathèse néoplasique est-elle nne diathèse inoculable

(1) An moment où jo corrige les ipreuvea do calto note, je lia dana 1b Lfon WWeal dn iS nwra (f. 40&), qw HK. VMet, MaUiia «t Fatm. de rdeole vélérinaire de Ljoa, anraieat rdaUaé l'iaMulatioo d« «umri ja Irom du rc«M aneuD détail.

mentatîons ; à son retour, il les avait continuées quelque temps au Collège de France ; il se proposait de les poursuivre encore : sa sauté ne le lui permit pas.

Ce travail, qui devait rester inachevé, était le sujet constant de ses méditations; il en parlait souvent : < J'ai fait de belles choses ces vacances, disait-il à l'un de ses élèves, vous verrez. > A l'autre il disait : c Je puis faire maintenant des synthèses partielles. > Comme il sentait ses forces décliner : c C'est dommage, disait-il encore, c'eûtété bien finir. » Ce furent presque ses dernières paroles. Dès les premiers jours du mois de février 1878 son état s'aggrava subitement, et le 10 du même mois, vers le matin, il rendait le dernier soupir.

Ainsi disparut, à l'âge de soixante-quatre ans, le physiolo-

Siste dont le nom restera inscrit parmi les plus grands noms Qïi\ la France s'honore. Sa mort fut un deuil public. Certes il 'véc'ùt as^es peur sa gloire et pour la nètre. Hais que n'élait^il peiinis fl'jifpérer encore? Paas la pensée du vrai ssm

vant, (jue de choses auxquelles il réve toujours et dont il ne parle jamais I

Ce puissant esprit à marqué notre science d'une empreinte que nen n'effacera. Il a exercé et il exercera sur la médecine, sur ses méthodes, sur ses progrès et jusque sur son langage, une influence qui ne fera que granmr. « Nons vivons dans un temps oA il est bon de vivre quand on s'intéresse aux choses de la médecine, i disait dernièrement à l'ouverture du cours de pathologie générale un de nos plus éminenls collègues de la Faculté (1). Quel éloquent hommage, Messieurs, pour la mémoire de Claude Bernard I

Depuis le premier jour jusqu'au dernier, il a été dominé par une seufe et unique passion. Toujours en quête de voies nouvelles, sans cesse poussé en avant par cette flamme intérieure qui inspire et qui éclaire, àpeine avait-il un but qu'il voulait en atteindre un autre. VoloniietsJl^âLjëp^té ces Taillantes paroles de Le8sEh||i}i4:eSib9^4QtMtmm a^ehoisîr

(1) M. la profeuanr Ikmehard.

32 Màï 1885

comme la tuberculose est inoculable ? Tel est le problème que I expérimentation doit résoudre et dont j'ai cherché la solution en ce qui concerne le carcinome.

Avant de faire aucune tentative personnelle, j'ai analysé les b3 expériences d'inoculation, d'injection intraveineuse ou d ingestion qui ont été faites jusqu'ici. Or, sans refaire ici celte analyse qui donnerait à cetie note de trop amples proportions, j ai constoté que pas un expérimentaleur ne s était inspiré de données théoriques sur le néoplasisine et ne s'était eimuis de la capacité à faire du néoplasme des animaux inocules. Orcest là un point capital dont tout programme d expérience doit tenir compte sous peine de courir au-deyani d un échec assuré, ou tout au moins de marcher au hasard.

Le plan de M. le professeur Verneuil n'était point passible Tan" "^^^^ * comme on peut en juger par l'exposé sui-

t i* Prendre des animaux ayant la diathése néoplasique spontanée. ^

» Les chiens ont facilement du cancer vers la ûn de leur ne. J'ai perdu, m'écrit M. Verneuil, d'un cancer de la mamelle une doguine et une autre doguine d'un cancer du foie. Le fils de cette dernière vient de mourir d'un cancer du testicule.

» 2° Ces trois animaux ont été atteints vers la fin habituelle de leur vie (dix ou onse ans). Il faudrait doue choisir de préférence des animaux un peu vieux.

> 3" Ces trois animaux étaient bien nourris ; il conviendrait donc pendant la durée de l'expérience de les nourrir d'une façon succulente, de façon à les disposer à l'arthritisme, qui n est pas rare chez le chien.

* *• Enfin il faudrait encore choisir une région favorable. La région mammaire chez une vieille chienne serait favorable, le cancer se développant facilement chez les chiennes en ce point.

1 5' Comme on aurait déjà réalisé en prenant une vieille chienne et la région mammaire, les conditions de dialhèse, d'âge et de localisation, il resterait à chercher la cause déterminante.

* Or voici ce qu'on pouirait faire :

» Injecter dans le parenchyme mammaire nne substance assez irritante pour amener l'induration inflammatoire sans provoquer la suppuration;

> 2* Introduire un corps étranger facilement tolérable : la poudre de caoutchouc par exemple pour servir de prétexte à la néoplasie ;

> 3 Faire avec un ténotome des sections sous-cutanées avec épanchement sanguin ;

> 4' Enfin faire des insertions, des greffes interstitielles de cancer; le beau idéal serait évidemment le cancer d'un

entre la possession et la recherche de la vérité, je choisirais la recherche. >

Sans doule, les chemins qui conduisent à la vérité sont longs et difficiles; mais, confiante dans la sûreié de ses méthodes, la science a le pressentiment que l'avenir lui apparlîent ; elje est patiente, car elle a le temps pour elle. Un siècle à peine nous sépare de l'époque mémorable où s'est ouverte la voie féconde qu'elle parcourt aujourd'hui, et les découvertes ue cessent de succéder aux découvertes; tout progrès accompli enfante un progrès nouveau, et chaque jour voit édore d'éclatantes merveilles. Domptées et disci-

Êlinees par le gi^ie de l'homme, les forces aveugles de 1 nature ont été mises au service de la raison; les germes de mort qui nous entourent et nous pénèlreni sont devenus des germes de vie ; éclairée par la science, défendue et prot^ce par elle, la vie de l'homme devient plus longue, plus douce, plus heureuse; la loi se fait plus juste et plus numaine ; la s^encç es( l'fme mfme du çorps social.

autre chien, mais à son défaut une autre variété, soit par exemple le cancer mammaire de la femme.

» On a déjà fait ces expériences, maïs très mal suivant moi. Ainsi on a broyé du cancer pour injecter le suc dans les veines ; c'était une manière de necrobioser la cellule et de la rendre impropre à vivr« et à proliférer.

> Je crois qu'il faudrait insérer sous la peau ou dans le péritoine une tranche mince prise au centre de la tnmeur immédiatement après rextirputlon de celle-ci. » (M. le professeur Verneuil, lettre du 25 août 1884.)

En résumé il s'agissait de :

1" Prendre de vieux chiens ou des vieilles chiennes; 2° Les nourrir d'une façon succulente; 3° Leur créer un hou minons remtentiœ; 4° Leur greffer du carcinome soit sous la peau, soit dans le péritoine.

Or j'ai exécuté ce programme de point en point sur quatre chiens : 1" deux chiennes de cinq à six ans (n'ayant pu m'en procurer de plus vieilles); 2' deux chiens l'un et l'autre de dix à douze ans ; c'est, sur trois de ces animaux, du carcinome de chien, dont l'idenlité histologique a été vérifiée au microscope, que j'ai inséré dans le péritoine, alors que le néoplasme vivait, puisqu'il n'était point encore séparé de l'animal qui le portait; mais j'ai écnoué. J'ai de plus inséré de l'épithélioma de la conjonctive fraîchement enlevé dans le péritoine de deux lapins ; j'ai également échoué. Pourquoi? je chercherai à le savoir après avoir donné un résumé de mes expériences.

Un mot cependant, avant tout, sur l'instrument dont je me suis servi pour pratiquer mes insertions dans le péritoine.

Pour insérer dans la cavité péritonéale une portion du néoplasme eu respectant le tissu néoplasique, c'est-à-dire en évitant de la broyer et de lui faire subir des traumatismes incompatibles avec sa vitalité, il y avait deux procédés : 1° la laparatomie ordinaire avec tous ses dangers, sur un chien à qui on ne saurait appliquer un pansement suffisant ; 2** la ponction de l'abdomen avec un trocart pouvant servir de seringue, seringue à injections solides. L'opération ainsi pratiquée devenait sûrement bénigne par elle-même, le traumatisme expérimental ne compliquait plus l'expérience; mais l'instrument manquait; un trocart ordinaire ne pouvait en effet servir au risque de laisser pénétrer l'air extérieur dans l'abdomen et par conséquent au risque d'une péritonite.

Hais pour les chirurçiens, comme pour les expérimentateurs, en quête d'un instrument remplissant des conditions doniiées, il y a une providence. Je me suis donc adressé à H. Collin, qui a bien voulu me confectionner un trocart qui est absolument parfait. C'est un trocart à robinet, avec frottements semblables à ceux de l'appareil aspirateur Potain, pour éviter la pénétration de l'air; une double canule fc pis-

Synoicat des élèves en PHARHACiB. — L'assemblée des élèves en pharmacie a ndopté à l'unanimité le principe d'une caisse de retraite et chargé une commission, composée de MM. pHrisot, Bardary, Gripon, Gaby, Lecoq, Rémond, Ferréol et de Capot, d'éludiiirles voies et moyens pour arriver à cette fondation.

A l'issue de la séance, une trentaine d'élèves cl d'aides pharmaciens «e sont fait inscrire comme adhérents.

Cas db nullité on hariagb. — La commission sénatoriale du divorce a cru devoir examiner un cas spéiiat de □iillité, fornmlé en ces lermes : c II y a erreur dans la personne lorsqu'elle porle sur l'existence, chez l'un des coojoinis, d'une conformation permanente externe et apparente a opposant aux fonetions de U génération, j

Barèges. — 1|. le jdocteur C^rimaqd vient d'être réinsullé confine inspecteur des thermes.

22 Mai 1885

Ion, destinée à recevoir le fragment de tumeiir, peut être [ substituée au poinçon une fois ta ponction faite. Le jeu très facile du robinet et des frottements évite absolument l'introduction de l'air dans la cavité péritonéale.

Pour faire des expériences sur les animaux il est nécessaire d'avoir au préalable trois choses : 1° un programme ; 2 une bonne instrumentation; 3° un bon chenil et des animaux. Or, si je dois mon programme à M. le professeur Verneuil, mon instrument à M. Collin, je dois I organisation in Mo de*mon chenil au bon génie de l'Ecole de médecine de Toulouse, j'ai nommé son directeur, M. le professeur Caubet ; je ne saurais trop l'en remercier.

1" Expériences sur des lapins. — Je ne les cite que pour mémoire, le lapin étant, à mon avis, un très mauvais terrain d'expérience pour le sujet qui nous intéresse. Les vétérinaires n'ont pu en effet m'afïlnner que le lapin soîl susceptible de devenir cancéreux.

Quoi qu'il en soit, le 5 septembre 1884, n'ayant pas encore de chien convenablement préparé pour l'expérimentation et ayant à ma disposition un épithélioma ae la conjonctive enlevé le malin même, je pris deux lapins, je leur pratiquai une sorte de laparatomie sous-culanée, c'esl-A-dire, après avoir fait un pli à la peau, une incision de la cavité abdominale longue de i centimètre ou 1 centimètre et demi (je ne possédais pas encore de trocarl); puis je leur insérai dans le péritoine une tranche mince (1 centimètre carré environ) de néoplasme prise au centre de celui-ci. Je lâchai le pli cutané et suturai la place de la peau. Les deux animaux supportèrent l'opération sans le moindre accident.

Le 1 7 septembre^ je leur pratiquai à tous les deux une forte contusion de la région mammaire par pincement vigoureux.

Le 28 octobre, l'un de ces lapins est sacrifié, il est absolument indemne de néoplasie soit dans le péritoine, soit sur la cicatrice de la laparatomie, soit dans la région mammaire, soil partout ailleurs.

L'autre lapin vit encore en fort bon état et sans trace de néoplasme.

â° Expériences sur les chiens. — Mes essais ont porté sur deux chiens et deux chietmes, tous âgés de plus de cinq ans; Tune des chiennes est morte, au cours de rexpérimentalion, de rage conflrmée. Lorsque sa rage aéclaté, elle était inoculée depuis quelque temps déjà. J'en tiendrai compte par conséquent.

ËXPÉRICNCE i. — Le chien n" 1 est un vieux chien d'arrêt, âgé de douze à quinze ans, évidemment arthritique, puisqu'il a une affection cutanée étendue à toute la peau du dos. 11 est entré au chenil le 10 septembre. Il est évident qu'il n'est pas atteint de carcinose spontanée.

Il est nourri avec de la viande de cheval à satiété, du pain et du sucre. Arrivé maigre, il engraisse rapidement et reprend de la vivacité.

Ijb septembre, il reçoit une piqûre du testicule gauche avec un trocarl que Je promène dans la glande de façon à y produire une hémorrnagie. Aucun accident.

I.e SI octobre, je pratique une premièi-e insertion dans le péritoine de fragments d'un carcinome du testicule enlevé la veille à l'hôpital, mais qui m'avait été remis trop tard pour que je puisse opérer le jour de l'extirpation. Le tube de mon trocart est chargé dans plus de la moitié de sa longueur.

Le fi octobre, aucune réaction.

Le 10 novembre, rien d'appréciable.

Le 11 novembre, M. Cadéac, rèprliteur à l'Ecole de médecine vétérinaire, veut bien me convoquer à une opération où il doit extirper un carcinome récidivé de la mamelle a une chienne gi'iffonoe d'environ dix ans. La tumeur est extirpée à l'aide de l'écraseur. Alors que la tumeur attenait encore à l'animal opéré, l'écraseur étant en train de fonctionner, je charge en entier le tube de mon trocart à insertion et j'insère ainsi des portions de carcinome encore vivantes : l' dans le péritoine ; 2° aans le testicule droit de mon chien n*> 1.

iiC carcinome enlevé fut l'objet d*nn examen liistologique qui vérifla entièrement le diagnostic.

Le 12 novembre, rien de nouveau; le chien se porte comme s'il n'avait rien subi.

Le 23 novembre, les deux testicules semblent un peu gros et durs.

Le 8 décembre, le testicule ou plutôt l'épididyme droit semble

plus gros que le gauche, mais celui-ci semble aussi un peu gros. Point de douleur, point de déformation.

Le 16 décembre, même état toujours net, mais point d'augmentation.

Le 4 janvier, le testicule droit est toigours gros.

Le 20 janvier, diminution du testicule droit, c'est le gauche qui

semble le plus gros.

Le 2 février, castration du testicule gauche.

L'examen macroscopique n'y révèle rien; l'examen hislologique du testicule et de l'épididyme pratiqué par M. l'aulanié, professeur à l'Ecole vétérinaire, reste absolument négatif.

Expérience IL - Le chien n" 2 est un vieux petit chien bâtard, à incisives usées, aveugle (cataracte^, qui boit énormément et urine de même ; il a dix à douze ans. Il subit exactement le même régime succulent et le même traitement que le chien n*" I, moins l'insertion cancéreuse intratesticulaire et plus une troisième insertion intrapéritonéale faite avec un encéphaloldc du sein enlevé à une femme le malin du jour où l'insertion fui pratiquée. Il suint donc au cours d'une alimentation très azotée et très aliondante :

1" Une blessure du testicule gauche le 28 septembre;

2° Une insertion intrapéritonéale, faite au trocart, d'un carcinome du testicule, le 21 octobre ;

3° Une insertion intrapéritonale, faite au trocart, d uo carcinome encore vivant de la mamelle d'une chienne, le 11 novembre;

i" Une insertion intrapéritonéale, faite au trocarl, d'un carcinome encéphalolda delà mamelle (femme opérée le malin même), le 5 décembre. Aucune de ces opérations n'a été suivie de réaction générale. L'animal malgré son alimentation resta maigre. Le testicule blessé augmenta notablement de volume, mais il ne s'indura pas, il sembla même se ramollir en un point et, en Gn de compte, revint à l'état normal.

Je ne jugeai pas utile de pratiquer la castration et je oontinne d'ailleurs i^xpérimentation sur cet animal en en variant les conditions (1).

ExpÉRiBNCB ilL — La chienne n" 3 est une grosse divine noire, chienne de boucher ; elle a cinq à six ans, est très vigoureuse, elle a eu plusieurs portées et est pleine. (11 m'a Mé impossible de me procurer une chienne plus âgée.)

Elle est soumise au même régime de la viande, du pain et du sucre à satiété^ elle subit des traitements analogues à ceux du chien n" 1 , mais son histoire est accidentée de deux érénemenls ; en voici le résumé :

10 Le 22 septembre, blessure de la mamelle postérieure droite avec un bistouri, hémorrhagie interstitielle.

2<* Le 14 octobre, avortement provoqué artificiellement par une injection intraveineuse de 1 gramme de liquide putride (quatre jours de putridité).

3" Le 21 octobre, insertion intrapéritonéale, faite au trocart, d'une portion de carcinome du testicule. Nouvelle ponction avec dilacération profonde dans la mamelle droite, qui sécrète du lait et est par conséquent en activité foni^ionnelle.

4° Le 10 novembre, induration de la mamelle postérieure droite.

5* Le 11 novembre, insertion intn^péritonéafe, faite an trocarl, d'une bonne portion de carcinome de la mamelle d'one chienne, recueillie pendant l'extirpation.

6** Le 27 novembre, forte déchirure accidentelle de la peau, arer dénudation tendineuse à la partie postérieure de l'avanl-bras de la patte droite.

7° Le 2 décembre, épouvantable bataille dans le chenil, qni coûte la vie à une chienne en cours d'expérience; la chienne ifS atonie la face abîmée de morsures, qui donnent Heu les jours suivants à un gonflement énorme ; mais le tout guérit rapidement.

Aucune réaction générale n'a suivi les manœuvres expérinnentaies, mais il y eut de la fièvre à la suite de l'injection putride intraveineuse et de la blessure de la face. Les plaies accidentelles guérirent viteet bien. L'induration mammaire droite prit un certain volume, puis elle diminua et resta stationnaire. Aujourd'hui, on la constate encore, mais elle n'est évidemment le siège d'aucun néoplasme^ pas plus du reste que la cicatrice de la patte antérieure droUe.

La chienne est sacrifiée le 13 mars. Rien de cancéreux ni dans le péritoine ni dans les mamelles.

ExpÉBiKNCE IV. — La chienne n" 4 est une petite chienne loulou d'environ cinq ans; elle est soumise au même régime alimentaire que les chiens précédents. Elle subit le»traitemeots^Bif^is :

(i) Jo a'ai pu faute de etfe »w ekm pmfr y char-

ciMrla iuci«.

22 Mai 1885

1* Le 23 seplembre, blessure aa bistouri et dilacératïon profoode de la mamelle droile.

3" 1^ H octobre, insertion inlrapéritonéale, faite au Irocart, d'nne portion de carcinome du testicule.

3" L« 31 octobre, symptômes de rage; le t novembre, mort. Autopsie, épanchement sanguin dans la mamelle primitivement blessée. Rien absolument dans l'abdomen ou nulle part ailleurs.

Je ne me dissimule nullement gu'il est quelque peu téméraire de publier ainsi des expériences malheureuses à la duile, sinon à l'appui, de conceptions théoriques qu'il s'ag^sait justeiDent dfo vérilier. Aussi veux-je me h&ter d'invoquer, pour mon excuse, d*abord la justesse des faits cliniques qui m'ont servi de point de départ, en second lieu les défauts de mes expériences ; ces dérants sont au nombre de 'trois. Je crois d'abord que mes chiennes étaient trop jeunes, or les chiennes ont plus facilement la carcinose que les chiens. Je crains, en outre, que les locits minorïs resist^ntÙE que j\ii produits sur mes deux vieux chiens n'aient été insnmsants, en ce sens qu'ils n'ont produit qu'une irritation trop faible pour localiser la néoplasie.

Je me demande enfin si, pour produire un carcinome du testicule, il n'aurait pas fallu inoculer du carcinome de testicule de chien et pour produire du carcinome de la mamelle, inoculer du carcinome mammaire de chien. L'avenir me permettra peut-être de répondre à cette question.

GORRËSPONDANCË

Monsieur le directeur,

Dans le numéro du 24 avril dernier de la Gazette hebdomadaire, M. Drevfus-Brisac, en dénonçant l'obscurité qui règne encore surlapathogénîe du goitre exophtalmique, appelle l'attention sur les cas, assez rares du reste, ou la trilobé classique des symptômes de fa maladie de Basedow est complicfuee de troubles de la motilité qui pourraient peut-être aider à résoudre ce difficile problème. A ce point de vue l'observation ci-jointe m'a paru intéressante, et peutêtre jugerex-voas à propos de la publier.

0b9. — M** fi..., ftgée de cinquante-trois ans, a été mariée deux fois. Elle a eu de son premier mariage une petite flile emportée, à l'ftge de cinq ans, par une méningite.

M" B..., avant sa maladie, était très forte et avait surtout,

Kratt-il, les membres inférieurs reman^ablement développés, ar toute maladie antérieure, elle a été atteinte en 1870 d'un lona qui a duré un mois. Si elle s'est toujours bien portée, elle accuse en revanche de très nombreux et très grands chagrins.

1^ maladie actuelle a débuté, il y a un an, à la suite de perles très abondantes qui durèrent plusieurs mois, par une lassitude extrême et que rien n'expliquait. La malade ne pouvait rester debout et éprouvait un irrésistible besoin d'être toujours ou afôise ou couchée. Dans le même temps elle présentait des vomisseo:ieDts qui durèrent tout uu mois, sans que rien pût les modérer, et un tremblement des membres qui la gênait beaucoup dans tous ses meuvements. Cette faiblesse générale s'accentua rapidement, en même temps que l'amaigrissement se produisait à vue d'œil, ei, moins de deux mois apràs son début, la malade était dans l'impossibilité de se tenir debout; si elle cherchait i le fiure, ses ïambes se repliaient sous elle en se croisant. Elle fut alors obligée de prendre le lit qu'elle n'a pas quitté depuis dix mois.

A ane époque à peu près contemporaine des faits que je viens de rapiy>rter, apparurent tes premiers signes de la trilogie symptomatiqne de la maladie de Basedow : ataxie cardiaque, goitre et exophthalmie.

Etat aeUul : En approchant de la malade, on est tout d'abord

frappé de la maigreur squelettique de la face : tous tes muscles sont atrophiés i ce point que la minceur des lèvres et la'msigrevr des joues font paraître les dents longues et saillantes.

Mais en poussant l'investigalion plus loin, on s'aperçoit nue celte atrophie musculaire n'est pas limitée à la face, mais qu au contraire elle est absolument généralisée; il n'y a pas un seul groupe musculaire qui y ait échappé : muscles du dos, du thorax, des membres supérieurs et inférieurs, tous ont disparu.

Si l'on cherche à mettre la malade debout, ce qui ne peut se faire qu'en la soutenant, ses jambes se dérobent et fuient littéralement sous elle ; tout son corps est pris d'un tremblement convulsif; elle éprouve une angoisse extrême et supplie qu'on la remette dans son lit.

Le cœur bat violemment et de 1 10 à 120 fois à la minute; cependant la malade ne s'est jamais plainte de palpitations propre^ ment dites. Elle a très souvent des bouffées de chaleur qui lui montent i la tête, et le cœur alors bat plus rapidement ; une émotion, même légère, sufBt à provoquer les mêmes phénomènes.

Le corps thyroïde est te siège d'une hypertrophie qui est beaucoup plus prononcée dans Te lobe médian que dans les lobes latéraux. En appliquant ta main sur la tumeur thyroïdienne, ou perçoit un tbrill très énergique; l'auscultaiiou y fait entendre on souffle qui se transmet dans les vaisseaux du cou.

La malade se plaint d'être très gênée par ce goitre, qui, en particulier, détermine fréquemment, dit-elle, des phénomènes d'étranglement des plus pénibles.

Enfin on constate un certain degré d'exophlhalmie.

La sensibilité est partout intaciç.

Le tremblement signalé plus haut, et qui s'est montré dés le début des accidents, a à peu prés disparu aepuis environ un mois.

Les fonctions digestives, qui ont été troublées au début, sont aujourd'hui parfaites.

Les oi^anes respiratoires ne présentent rien d'anormal ; mais il y a quelquefois de véritables crises de toux nerveuse qui sont très rapidement camées par le bromure de polsssinm.

De temps en temps, il se produit des espèces de poussées aiguës, que je n'ai observées qu une fois depuis un mois que je donne mes soins à cette malade, et qui me paraissent ne pouvoir être expliquées que par des congestions cérébro-spinales ; la malade se plaint alors de douleurs très violentes dans la tête et le long du rachis; la température s'élève de un degré à un de^ré et demi, et 11 se produit des vomissements. Celte dernière crise n'a du reste pas duré plus de quarante*huit heures.

Chez cette malade, il a donc ezi.sté et il existe encore trois ordres de phénomènes que d'habitude on n'observe pas ainsi réunis : atrophie musculaire, tremblement et goitre exophthalmique avec sa trilogie symptomatique au grand complet.

Or le problème se pose encore aiijourd'hai tel que H. Féréot le posait il y a onxe ans devant la Société médicale des hôpitiux.

€ Les symptômes d'ataiie cardîo-vasculaire et les symplêmes de parésie sont-ils dus à deux maladies juxtaposées sur le même sujel? Existe-t-il une cachexie exophthalmique et, à côté, une lésion des centres nerveux? Ces deux maladies sont-elles indépendantes l'une de l'autre? ou bien sont-elles liées entre elles à titre de maladie initiale et de complication? Ët dans ce cas quelle est la maladie qui joue le rôle de complication?

> Au contraire les deux ordres de symptômes, ataxie vasculaire et parésie, sont-ils sous la dépendance d'une même cause ? Ët, dans ce cas, la cachexie exophthalmique a-l-elle entraîné des lésions dans les centres nerveux? ou biens'agit-il d'unelcsion primitive des centres nerveux, qui, entre autres symptômes, produirait la cachexie exophthalmique?

> Enfin, s'il existe une lésion des centres nerveux, quel est le siège précis de cette lésion? Est-ce la moelle, le bulbe, le cervelet, la protubérance? Faut-il admettre des lésions multiples, disséminées? De quelle nature sont ces lésions? Faut-il les rapprocher de l'ordre des tumeurs, des ramollissements, des dilatations anévrysmatiques, ou des scléroses? »

Comme le constate M. Dreyfus-Brisac dans le remarquable article qu'il a publié sur ce sujet dans la Gaxette

3^ — N* ai — GAZETTE HEBOOHADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE n Mai \m

hêbiomadaire du 14 avril dernier, ce problème pathogénique n'a pas encore reçu sa soluiion.

Dans le cas particulier, il est dirficile d'admettre que tous les phénomènes ne se soient pas développés sous l'influence d'une seule et même cause, puisqu'ils ont été contemporains. Il me parait également dimcile de croire que nous n'ayons affaire qu'à unenévrose, puisque, pour l'un au moins des ordres de sjfmptômes observés, l'atrophie musculaire, nous savons qu'il existe toujours une lésion des grandes cellules des cornes antérieures.

Il me parait bien plus probable que c'est cetle lésion (sans doute une sclérose) qui s'est étendue à la région Dulbo-protobérantielle pour déterminer la maladie de Basedow.

Un mot de thérapeutique en terminant : Suivant l'exemple de M. Huchard, j'ai, depuis un mois que je la vois, administré à cette malade Tantipyrine à la dose quotidienne d'un gramme. Je dois À la vérité de déclarer qu'elle en a tiré un très grand bénéfice. « De tous les remèdes que j'ai pris, dit-elle, c'est te seul qui m'ait fait du bien. > Aussi le réclame-t-elle et le prt^nd-elle avec grand plaisir- Et de fait, sous son influence, la tumeiir tbyroldieune a légèrement diminué de volume, le thrill est devenu moins énergique et les phénomènes de strangulation, dont j'ai parlé plus haut, ont disparu complètement.

Au moment de la poussée caneestive avec fièvre, dont il t été également question, la malade a pris 5 grammes d'antipjrine dans les vingt-quabv heures. Est-ce simple coïncidence? Est-ce action inérapeuUque? Je l'ienore, n'ayant

Ceu l'occasion de refaire I expérience ; !e fait est que le lemain, céphalalgie, rachialgie, fièvre et vomissements, toat avait disparu.

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