N° 47. (TOME II. — 14834.) SAMEDI 26 AVRIL
La GAZETTE MÉMICALE DE Pauis (Gazette dle santé et Clinique des hépitaux réunies } parait tous les samedis de chaque semaine; chaque numéro est composé de 16 pages in4*, 32 colonnes , et équivaut à 6 feuilles in-8". Le prix d'abonnement est pour Paris et les Départemens, de 40 fr. par an , 20 fr. pour 6 mois, et 40 fr. pour trois mois, Pour l'Étranger 44 fr, Les abonnemens ne peuvent dater que du commencement d'un trimestre, 4°’ Janvier, 4* Avril, 4° Juillet, 1% Octabre, — On s'abonte 3 Paris, au buresu du Journal, rue Paissonnicre , n° 5, et dans les départemens, chez tous les Directeurs des postes. — On ne reçoit que les lettres sffranchies |
je crois tenter, non-seulement de faire concourir votre expérience et vo- SOMMAIRE. tre sagesse au profit de la science et de l'humanité, en invoquant votre jugement et votre réponse sur ce sujet , mais aussi d'appeler l'attention Û er “tal: : i : L ?
Résultats des expériences faites à T'Hôtel-Diva dé Paris sur Le traiteusent des [race de mes confrères d ltalie ss gr gps da de chirurgie. J'entre turcs par l'appareil ianmnvible, — Notice sur de nouveaux baius d'eau salée È matière sans d'autre préambule.
et de vapeurs muritiques établis en Autriche, — Correspondance médicale : La méthude de sraiter Les fractures par re inamovible , parait
Amanrose et ramollissement très-étenlu du veveau cuusés por une tumeur f
ù AY « oi re Baie t - déjà assez aucicone, 1 y à maintenant plus de {o ans ge le kon Nanres de In dure-mère — Observsion d'invegination intedtinale. — Ob er-Sponi écrivait sur ce sujet comme d'une chose généralement en usage
valion d'empalement , chez une jeunc Bille, par les voies sexuelles, —— Analyse à dans ! + D ures senlions Immédi d d'en ouvrage intitulé : Dictionnaire de médecine, où Répertoire géocral des ans li pratique des crursIens Haïcns. & bull taterment au-dessus sciences médicales. — Concours pour la chaire de clinique d'accouchemeas. — 1? de la partie fracturée, dit cet excellent praticien, il est généralement Medecine pittoresque. ’ » reçu d'appliquer une mixture dont la base est formée par du blanc » d'œuf battu qu'on appelle chigrata, et dans laquelle sont trempés des » ps d'étoupe et des compresses qui doivent envelopper la partie ésée (1}.u Nannoni cependant désapprouve cette méthode de traiter
Iles fractures, sans dire pourqnor. 4
Deus antres chivurgens célthres italiens, Bertrandi de Turin et | Moscati de Milan, Brent de cette méthode rme application spéciale dans les fractures de l'extrémité supérieure de lhumérus, Le premier traita | : : L , lainsi plusieurs cas de décol:ement de l'épiphyse scapulaire de l'humé- PAREIL INAMOVINLE.—LCLtre du docteur Rocnerra Alrus (2); le secund guérissait de la sorte les 1 he du col de cet os (3. MM. Nanurs et Pernuxri, professeurs d'anatomie et {Le digne successeur de Moscati, Monteggia , qui a tant illustré la chide chirurgie à Naples, membres de l'Académie des! rurgie italicuse, à nou-seulement loué Îa méitiode de son collègue pour sciences , ete. | les fractures du col de l'humérns, mais aussi il sontait qu'on appliquät {un appareil analogue dans certaines fractures de la mâchoire inférieure (4). Daos plusieurs endroits de son ouvrage, Monteggia s'est étendu
0 L'histoire des fantes peut conduire aus i sûrumvut à la, » perfection que celle des sureès, n |
La Msnrisihse, Ménoires de l'Académe. de chirargie ‘ tx, p.248 , édit.m-12.) ! (1) Nannoni, Fratiato delle mallatiie chieurgithe, t 1, pag. 37, 2 édit. in-4°. | Pics, 4798.
Messieurs et anciens maitres, {2} Monteggis, Etit. chir.,t, FF, pag 287.
} “En vous adressant, par l'organe de la Gazsrre mébicarr de Paris | (3) Mém. de l'Acad, de chir. . &. ET. mes réflexions sur le traitement des fractures par l'appareil inamovible, | {4} Monteggis, ibid. , pag. 96.
RER ER ER RE D EE = TS Les livraicons d'un traité de mathématiques sont portée: sur Les mémes registres
! éûté des halles de sine et du noir d'ivoire, M x a des manufactures d'évrits
comme des manufactures de draps ; 3l y à des cntreprenrars de scicacr comme des
|entreprenerirs de maçonnerie; ce sont les capitalistes qui traccnt le plan des ou-
. vrages, ct distribuent le travail aux SVans, MIN artistes et aux hommes de let-
fe lit [leton Ltres ; ceux-ci sont des ouvriers enrigimentés ct payés tant la pièce, suivant Le prix
, courant Je la main d'œuvre. La divin du travail produit en cvei, comme en
tonte autre branche d'industrie, des merveilles, Les produits sont plus abandsns
Let à meilleur marché, et ka concurrence est a forte qu'on à vraiment la scene et
nm | l'esprit pour non, Les avantages du principe d'association sont st manifestes que
dix écrivains réunis foot à présent en une scmoine ce qu'au seul n'enrait pu faire
| jadis dans une année. SR maintéensot vous livrve une tragédie, uw roman,
en trois jours ; an teaité d'astronomie où d'agricultére en un mois; et le tout à
| très-bon compte, He s'agit que de s'adresser au. meilleures Fabriques. La compo.
LA MÉDECINE PITTORESQUE (11. | sition d'un ouvrage de littérature exige un personnel aussi sormbreux que l'exploi-
. | tation d'une mine, Î ne manque encore à ce genre d'industrie que l'emploi de la
vapeur; mais il ne faut pas désespérer. De mime qu'on taille avec mne machine un
million de plumes à la fois , on pourra un jour faire écrire à ces plumes on mil-
La littieature, la scivnce, kesbeaux-artssont derenns aujourd'hui une hrauclre de Mioo de lignes, Ce m'est pas trop présumer de l'esprit humaiu ct de la civilisation
commerce. On ne classe de les produits de l'esprit d'après leue merite, mais d'a! pres leur valcor sur la place: où cotte an livre comme un coupon de rentes , et |!
avec complaisance sur la manière de bien construire un appareil inamovible , et il a longuement discuté les avantages et les inconvéniens que cette méthode peut présenter dans la pratique. Il ajoute que, pour rendre l'étoupade ou la chiarata plus consistante , quelques chiruriens avaient l'habitude d'y mêler de la farine de a et de l'esprit vin. Ces chirurgiens, dit cet auteur , couvraient, ou plutôt enveloppaient ainsi d'étoupade tout le membre fracturé, et lui formaient à l'aide de ee mastic une espèce d’étui solide ou de boite {1}.
La méthode de Moscati et de Bertrandi pour les fractures du col de l'humérus n'avait cependant pas été suffisamment goñtée en France ; elle était même tombée dans l'oubli depuis que Ledran et Desault ont remis en Li ve le coussinet axillaire dont faisaient usage tous les chirurgiens arabes (2).
plus célèbre des chirurgiens militaires dont s'honore actuellement la Frauce, M. le baron Larrey, a néanmoins su apprécier les avantages que l'appareil inamovible pouvait offrir dans certains cas de fractures, Aussi at-il enrichi la chirurgie française en l'important dans son pays et en l'adoptant dans sa pratique particulière, Il élait tout naturel ke s'attendre à des modifications importantes sur l'appareil inamovible par les mains habiles de ce chirurgien. M. Larrey, en effet, a police en quelque sorte l'application de cet appareil, et il l'a véritab'ement réduit en méthode.
Presqu'en même temps que M, Larrey en France, le docteur Eaton,
en Angleterre , s’occapait aussi à expérimenter les effets de l'appareil ioamovible dans le traitement des fractu.es des membres inférieurs. Ce chirurgien anglais est même allé plus loin dans ses essais, car il a remplacé l'étoupade par du plâtre (3). L'on prétend cependant de nos jours que cette inéthode du plâtre, qui est actuellement en si grande vogue en Allemagne, nous vienne de l'Orient (4). L'idée fondamentale pourtant de quelques-uns des procédés dont on fait usage de nos jours en Allemagne pour traiter les fractures compliquées, se trouve trésnettement exprimée dans J.-L. Peut, « J'ai vu, dit ce célèbre chirurgien, réussir dans les fractures avec plaie au bras, à l'avant-bras et à la mâchoire , une espèce de cuirasse inoulée sur la partie et garnie de compresses, à laquelle on pratiquait une petite porte, jointe par une où deux charnières, qui se ferine par un crochet et qui s'ouvre à l'endroit de la plaie, afin de la panser. Quoique je l'aie vu pratiquer à la jambe et à l'avant-bras, elles n’y ont pas eu le même succes (5). »
Le digne héritier du chirurgien en chef de l'hôtel des Invalides , M. Hippolyte Larrey, a si bien compris l'importance de l'appareil inamovible dans certains cas de fractures, qu'il y a quelques aunées il en a fait le sujet de sa thèse doctorale.
Enfin , M. Bérard jeune s’est dernicrement aussi déclaré partisan de cette méthode, et 1l a publié, dans les Ærchives générales de medecine de Paris, le résultat de son expérience sur ce sujet,
ÉYE SE S 5
(15 Monteggr, Istit. chirurg. 1. IV, p. 51.
(2) Léveillé, Nouvelle doctrine chirurgicale , t. IL, pag. 258 et suiv. (33 Medical comment. of Edinb. , 2° decad. , vol. #.
(4) Archives générales de médecine de Paris, février 1834, pag. 334, (5) 3.-L. Petit, Maladies des os, t. XI, pag. 280, 2° édition.
se
struire l'appareil inamovible : tout le monde la connaît. Je dirai seulement qu'en expérimentant la méthode en question, M, Bérard y a
albumine et forme un mélange très-collant et très-dur en se dessé- |chant (1); a® il a eu l'idée de faire marcher les fracturés quelques jours après L'application de leur appareil.
Tel était l'état de la science à cet égard, lorsque, depuis le mois de décembre dernier, nous avons voulu aussi à notre tour mettre la main à l'œuvre des appareils inamovibles , et en expérimenter les effets sur les malades, C’est pour vous faire part de ces résultats, mes chers professeurs, que je vous écris. Je serai à mon ordinaire, ainsi que vous me connaissez déjà, franc, impartial et véridique dans ma narration. On aurait tort de supposer en moi, dans ces détails, de la prevention ou de la malveillance contre qui que ce soit. Si je me trouve iquelquefois en contradietion avec quelques-uns de mes confrères, ce n'est pus ma faute, Ceux qui se sont conduits ignoblement à mun égard, je les oublie.
Je dois à la bienveillance de M. Breschet la permission d'avoir pu expérimenter cette méthode sur trois de ses malades à l'Hôtel-Dieu. Aussi Jui dois-je exprimer ici toute na reconnaissance. Ces appareils ont été cousiruits et posés par M. Breschet et moi en présence d'un grand nombre d'élèves.
Le premier appareil inamovible que nous avons 2e a été sur un charretier âgé de 54 ans, de bonne constitution et habituellement bien portant, Get homme avait une fracture oblique des deux os de la jambe gauche avec ecchymose très-considérable de la peau de ce membre, mais sans plaie ni autre complication. L'apyareil a été posé le 18 decembre , cinquième jour de l'accident.
Le second a été appliqué, quelques jours après le précédent, sur nn homme âgé de 50 et quelques années, de bonne constitution aussi, ayant une fracture très-oblique , mais simple, du corps du fémur.
Le troisième , enfiu, a éte mis dans un cas de fracture de jambe avec complication grave. Je vais vous dire ce qui s'est passé sur chacun * de ces malades.
La construction de l'appareil a été presque identique à celle qnej'avais vu mettre en pratique à l'hôpital Saint-Antoine. Voici, du reste, en quoi cÎle à cunsisté,
Pour La jambe. J'ai pris 1° quarante blanes d'œufs , je les ai fait bien écumer dans un vase, puis j'ai ajouté 4 onces d'acétate de plomb liquide et 4 à 5 onces d’eau-de.vie camphrée, ee qni a produit une espèce de crème blaache et cuulante, à peu près comme de la pâte de meringues ; 2° nous avons disposé le membre sur un appareil ordinaire de Scultet ; seulement, cet appareil était en quelque sorte double , car il contenait dans son intérieur plusieurs compresses longuettes qui devaient envelopper le membre avant les bandelettes de Seultet ; 3° une
mn -
(1) Dans un cas de fracture simple du cubites, que M. Bérard pansa en ma pré sence , où employa 40 blancs d'œuls, 4 vuces d'acétate de plowub et autant d'eande-vie camphrée.
commu acent à rivaliser avec les siens sur 1ous les marchés de l'Europe. Parmi des procédés qu'on Jui doit, il Gnt compter au premier rang la découverte du péteresque. Les Anaïs ont créé la chose, mais le mot est d'invention française. Lest fort joe, comme vuvs voyez, mois je ne vous dirai pas ce qu'il signifie. Je sais seulement qu'il s'applique à une infnité de choses différentes, et que l'imagination né peut Pen CONCEFAC , Ja science rien découvrir, la littérature rien ioventer , qui puisse étre hvré à La consommution sans celte étiquette, Un ae vrage. quel qu'il suit, ne peut étre vendu, oi méme offert, s'il n'est pitloresque, Dans Le siècle dernier on se servait du mat plalosophiqne ; llustoire , la mêdecine, da phisiologie, la poésie, La musique , la pemture , la politique et des almanachs , les trogeiics et les chansons, tout était philosophique; Volisire , sans cute épithète , n'aurait pas ji faire sccepler son dichonnaire ; Rayaal son Hatoire da commerce des Indes ; Pincl sa nosologie. Un peu plus tard ot adopta l'adjectif œrar/y tique; mais il eut moins de succés, Aujourd'hui 1 ne s'agit plas de philosophie, ni d'analyse , il s'agit de pittoresque. Pittoresque explique tout , répond à tout, suffit a tout, Un livre dont le titre ne coutiendrait pas le mot pitto- 2, serait dans le méme cas qu'un vorageur sans passeport, où un soldat sans feuille de route ; et si la Ganetie mémicale n'a pas encore mis celte enseigne, c'est, 11 frut le dire. qu'elle n'est pas peut-être à Ja hauteur du siècle et qu'elle radote, Si le jouraal à 6 fr, veut suivre nôtre cons il, 11 allongera son titre dejà fort respectable de ces onze letires, bors desquelles il n'y 3 pas de salut, Ses planches sont aussi belles que celles de Scarps, nous les croyons mème plus belles, a parler francheawat, quo-que s3 modestie repoa:ec cel éloge, mais elles ne sont as pittoresques. Qu'il mette ce mot sur sa couveriure, ct nous lui garantissons Es 16,000 abonnés cent il à besoin,
| I est en effet de l'essence du pittoresque d'aller avec le bon marché. Pittores-
que et bon marché sont synonymes. Qui dit l'un dit l'autre; et c'est sans doute por celle raison que la Gazkiré MÉGICALE, qui aencore la prétention de vendre la science à un prix exorbitant, n'a pes alupté le pittoresque. Le premier modèle du pittoresque en médecine, le uns medical mngezine, état une feuille à 2 sols. Les prix ont baissé depuis, mais c'était beaucoup pour un essai, Le Magasin pittoresque français qui se vend à plus de cent mille exemplaires, ne coûte que 5 franrs par an. ;
Hi y a à peine une sanée que la littérature française est entrée dans la voiedu rt rcsque et déjà presque toutes les divisions de l'arbre encyclopédique de ont été exploitées par le nouveau procédé, Un homme enfin s'est rencontré, qui a conçu l'audacieux projet d'absorber dans un ouvrage gigantesque tous les ouvrages passés, présens et possibles, c'est l'autear, quoi qu'il soit , de l'univers pit toresgne, L'univers comprenant tout ce qui existe, il est clair qu'il ne laisse plus rien à faire à nue.
Deux spécialités avaient jusqu'ici résité au pittoresque, la philosophie et la méderine, A parait difbele en effet de mettre en vignelies Les abstractions de la métaphysique , les axiomes de Ja marale et Les formules de la logique, mais l'esprit durosimerce est si inventé qu'on trouvera quelque moyen de résoudre ce problème, On imaginera , sil le faut, des s gnes vléagraphiques comme ceux des Égyptiens et des Mesicains:; on donnera des attributs allrgoriques au 5) Iogisme , et à l'euthyméme , et le philosophie entière sera Ggurée ru rebus. Je ne serais pas surpris que cette idee (üt prise an sérieux par quelque industriel phile-ophu ; tt avec de l'imagination on pourrait sur ce thème faire quelque chose de très-bouffun et de prodigiusement pittoresque, Quant à la médecrme, nous raici en pos-
lsnde ordinaire de |
pes orteils, et re
re la compression égale dans tout le membre ;
“enfin, deux fanons de paille en place d'attelles de bois, ainsi que
le vent M. Larrey. Les choses étant ainsi disposées, nous avons versé pe petit sur chaque bandelette de l'appareil une certaine quantité
e mastic, de manitre à les enduire exactement à leurs deux faces et les faire coller au membre fracturé, La bande elle-même qui nous a servi d'abord à bander le pied et le talon a également été trempée dans le même melange. Nous avons de la sorte fait à la jambe, depuis le | mr jusqu'au pied, une espèce de cuirasse emplastique qui en se
esséchant est devenne dure comme une planche. Enfin, les deux fa. nons de paille , roulés dans leur faux fanon, ont été adaptés et retenus sur les parties latérales du membre par les lacs ordinaires. Nous n'avons rien mis sur la face antérieure du membre ; seulement, en place de l'attelle moyenne nous y avons versé tout le reste du mastic, ho de bien pénétrer le tout de ce mélange.
Pour la cuisse, l'appareil a été construit absolument de la même manière, si ce n'est que nous avons dté obligés d'employer le double de mélange plastique, afin d'en avoir assez pour bander le membre depuis l'aine jusqu'au pied.
Dans l'un et l'autre cas, des aides exerçaient les extensions ordinaires du membre durant la pose du bandage. Tel est l'ensemble de l'appareil que nous avons mis en usage sur les trois malades que je vieos de citer, On voit bien, par la description qui précède, que nous n'avons dans cet appareil négligé que la seule pièce que M. Larrey appelle talonnière , et qui cunsiste dans une espèce & coussinet {riangulaire qu'on pose derrière le tendon d'achille du membre blessé; mais nous arons cru devoir remplacer celte pièce par un peu de char- Pie, par les raisons assignces par de Lamotte à ce sujet (1).
Ons. [. — Le premier de ces malades a été assez docile. Après la première qu, vous arons essayé de le faire lever un peu et de le faire marcher sur es béquilles , sans appuyer Le pied malade par terre; mais il a fallu le coucher € Site : uu second el un troisième essais de ce gonte n'ont pas nieux réussi, Dès lors il s'est contenté de garder Le repos au lit jusqu'à l'époque de la levée de l'apdarvil. Deux mois après son application , Faso autéôlé, cn motisnt be malade dans un bain chaud , afin que les pièces fussent bien trempées et rarnallies. “ À notre grand élonpement , nous avons trenvé qu'à cette époque, là fracture » n'était pas encore consolidée et que Les fragmens chevauchaient l'an sur l'autre. » Nous uous consolimes facilement d'abord de cette non-réunion , en en accusant l'intervention de quelque vice interne inconnu, ben que d'adieurs l'homme m'eût ee eu de maladie diathésique et qu'à la fracture près, il jonissait de La meil - Mure santé. Du reste, ce malade n'a jamais souffert durant ce traitement, On a alors été obligé de mettre le membre dans un oppsril ordinaire à fracture,
Ons. 11.—Le second malade, celui de la fracture delacuisse, aêté iles vrai, moins docile que le précédent, miais il resta aussi deux mois et quelques jours dans l'appareil au lit, Une seule fois , durant ce temps, cous avons essaye de le lever et de le faire marcher sur des bequilles , mais il a fallu le recoucher en toute hâte, Au bout de cet espace de temps, nous avons ôté l'appareil après l'avoir bien fait lemiper dans un bain chaud. # Mais. quel a été notre élonnement de voir qu'aci aëssi, La facture n'éjait guère consolidée , et que les fragmens chevauchaient considérablement l'un sur l'autre, » Le membre fracturé a été, par conséquent, remis
os un apjareil ordinaire à fracture.
Aujourd hui, 4° avril, trois mois et demi après l'accident, la fracture de ces deux malades n'est pas encore consolidée.
Quant au troisième malide qui avait une facture compliquée de plaie, d'hé-
(1) Lamotte, obs. #78.
session d'un ouvrage qui réunit toutes les conditions de rigueur ; il est à bon marché et il a pour titre , Lu Méilecine pittoresque; mais nous devons ajouter qu'il mériterait d'être vendu plus cher et qu'il pourrait se passer de l'étiquette à La mode. En conséquéner nous prérenons nos lecteurs que rien dans notre préambale ne s'adresse à cette publication, qui n'a d'autre défaut que de porter ua titre déja déconsidiré par les abus da rharlatanisme, mais qui d'ailleurs offre tous les caractères d'un véritable ouvrage eg ed ne |
Sans partager entiérement l'opinion da docteur Lardat, qui croit que l'icouograag es indispensable dans les études Médicales; sans croire encore moins, comme ai, qu'on pu sse apprendre tonte la science mélicale dans les rstampes de |2 Bibothèque du roi, et trouver un traité de physiologie dans le tablean de l'£eale d'Athènes de Raphaël, nous pensons que des planches biva entendues et hien exécutées peuvent être d'un grand secours dans l'étude de certaines partses de la médecine, Le besoin de Egurer aux yeux une foule d'objets dont la description est toujours obseure, mème sous La phume du nuilleur écrivain, à été senti de tout temps; et si aujourd'hui le perfectionnement des arts du dessin et les progrès de l'industrie permettent de faire mieux et à moins de frais qu'antrefuis, l'enseignement de La médecine ne peut qu'y gagner. ; y
Pour qu'une représealation iconag aphique médicale quelconque soit réellement utile, it faut qu'elle s'applique à des sujets convenables, Toute ls scieace médicale ne saurait être rendu: sensible à l'œil; la médecine ne peut dane être entièrement traduite en pittoresque. Dans le ressort direct et légitime du pittoresque se tonve seulement l'anatomie normale, pathologique el chirurgicale; à laquelle on peut joindre la représ nlation dés opérations , considérées sous le rap-
ueur suffisante pour bander le pied entier jus-
morrhagie et de la sortie au dehors d'un des fragmens du tihia, son cas était si grare dès le commencement, et il a été accompagné de circonstances si extraordinaires à ne crois pas devoir en parler ici. Je dirai seulement , que jusqu'au 43° jour l'accident, cet bomme avait si bien supporté l'appareil inamovihle (sais aucune
e d'accident, sans fièvre, sans douleur , sans refroidissement où eagourdis sement du pd, etc.}, qu'à celte époque je le croyais hors de tout danger ; lorsque, Lout à coup, une nuit, sans Canse suffisante, ce malade a cru devoir défaire
lni-mème toutes les bandes de son appareil inamovible , et rester ainsi avec Le membre nu jusqu'au lendemain, Cet acte de démence lui à coûté la vie; car, bien qu'il n'y eût ancune lrace d'escarre sur le membre par effct de l'appareil, aussitôt que celui-ci a été té et que la jambe est restée pendant 6 à 8 beures sans com pression aucune, il s'est formé une fluxion siconsidérable d'humeurs sur Ja partie qu'il a fallu venir à l'ampuiation de la cuisse, dont il est mort. Cette observation étant exceptionnelle pour l'appareil insmorible, je ne La comprendrai pas dans les réflexions que je vais faire,
Réflexions.—N'est-ce pas assez singulier, je dirais mème assez bizar. re, que de deux malades de bonne constitution traités par M. Breschet
ct moi, avec la plus grande exactitude, parl'appareilionmovible , aucune de leurs fractures n'ait, au bout de plus de denx mois, présenté de consolidation ! Je le demande, est-ce par défaut inhérent à la méthode que nous avons suivie, ou lien la non-consolidation dépend-clle d'un vice
constitutionnel incounu ? Mais observez bien. 1] y à quelques mais , M. Bérard jeune a en la bonté de m'inviter pour ‘aller à l'hôpital Se- Antoine, et y voir les malades fracturés qu'il traitait par l'appareil inamovible. M. Bérard a bien voulu ôter en ma présence un apparcil inamovible de la jambe d'une jeune femme qui avait cu une fracture simple depuis deux mois, je crois, ct qi croyait deja consolidée, Les pièces de l'appareil ont été fendues longitudinalement à l'aide d'une sonde et d'un histouri, suivant le précepte de M. Larrey. FA bien ! à la levée de cet appareil, iln'y avait pas eu de consolidation non plus : les fragmens de la fracture de celte femme étaient encore trés-mobiles ! Aujourd'hui, quatrième ou cinquième mois après l’accident , la malade en question se trouve encore à l'hôpital, M. Bérard pense qu'il faut avoir recours à une cause occulte pour expliquer la non-consolidation de ces fractures. C'est possible : libre à Fm de penser ce qu'il voudra , voici quelle est ma croyance à l'égard des malades que je viens de citer.
L'appareil inamovible, appliqué de 11 manière que je viens de décrire. laisse , en se détail ua espace de quelques lignes entre Le surface du membre facturé et les premières bandes de l'appareil. Cet espace permet à l'action musculaire de s'y exercer, et par conséquent de produire le déplacement et le chevauchement des fragmens. De [à résnlte 1° que la consolidation , quand elle à lieu , exige plus de temps qu'à l'ordinaire pour s'accomplir, car, les fragmens n'étant pas en rapport convenable , la nature a besoin de plus d'efforts et ar conséquent de plus de temps pour affermir Les deux os qui chevauchent ; 2° que ce même manque d’assujétissement suffisant des fragmens est une cause de von - consolidation , aissi qu'on l'avait déjà remarqué ( Boyer }; 5° que l'avantage de la possibilité de faire promener Îes fracturés
dans les salles après quelques jours de l'application de l'appareil , ne
nous a point paru réel sur les malades que nous avons traités à l'Hè-
tel Dieu,
Tels sont les résultats que nous avons obtenus, et les observations que nous avons eu occasion de faire sur les malades dont nous venons de
rendre compte.
Considéions maintenant l'appareil inamovible d'une manière plus
pari de Ja position de l'opérateur, et de l'opéré, et de La pose des instrumens , et si l'on veut encore les bandages et spparrils, le dessin des intrumens de chiror. gie et même la botanique médicale, Le prospectus de la Aédecire pittoresque indique toutes ces spécialités et l'auteur aura bien cénçn sa tâche s'il s'y tient rigonreuvment, Mais ces spécialités même veulent être traitées avec intelligeare ; et L'application de l'iconngraphie ne doit pas dépaseer certaines limites sous peine de nianquer son but, Prenons pour exemple l'anatomie normale ct l'anatomie pathologique, On s'exposerait à d'immenses difficultés ct on s'épuiserait en de vains ef. forts si on prétendait rendre sensibles par le dessin et la esvleur tous les dé. laits de fine anatomie que la disscetion, la macération et les procédés chimiques font apercevoir sur La usure, Ain vouluir donner uve idée des tissus primitifs est une chose impnesihle, car indépendamment de La divéraité des mañièris de voir des anstonrstes, nous ne croyons pos qu'il + ait des préparateurs ascez hnlules pour isoler ces élémens micruscopiques de nas organes, ni d'artistes assez adrauts pour Bgurer des nuances si smperceptihles, Une faut pas vouloir imiter ces circonstances de airucture si compliquées qu'elles peuvent à peine être saisies sur le nature , et l'artiste qui croirait pouvoir, par exemple, figurer les cellubes sériennes du pormon, rempli d'air, me produirait qu'un image essentiellement fausse. Toutes cvs dhfiieultés se rencontrent surtout dans les détails l'anatomie qui sant liés 3 La physiologie. Qui rent trop proutie he prouve ren; ct les iconngraphes tombent souvent dans celte faute. Dans un ouvrage d'anatomie récent
Pauteur voulant représenter le mécanisme de la circulation, et désespérant sans doute d'y rénstir en figurant les organes si compliqués de cetie fonction, à imaginé l'exemple de dieux corps de pompes d'où parti ni ct où aboutissent une in6-
énérale que nous ne l'avous fait jusqu'ici. Il nous sewble impossible que Fsppareit inamovible w'ait son application utile dans la pratique, puis. que tant de chirurgiens distingués en ont fait l'éloge d'après leur propre expérience. M. le baron Larrey , dont dr aise chirurgicale est immense, ne traite autrement toutes les espèces de fractures des membres inférieurs, que par l'appareil en question. Les fractures du col du fcmur et celles du col de l'humérus, sont également traitées par l'appareil inamovible par ce chirurgien. H y a quelques juurs encore , M. Larrey à bien voulu m'inviter à voir de mes propres yeux, à l'hôpital des fnva
lides, plusieurs fractures qu'il traite de la sorte. J'y at observé ectre autres un jeune homme qui avait eu une fracture comninutive , mais sans plaie, de l'extrémité inférieure des os de la jambe, depuis 61 jours, et dont M. Larrey a ôté l'appareil inomovible en ma présence. La consolidation de cette fracture était complète, nrais él y avait chevauchement considérable des fragmens , el par censéquent raccourcissement assez notable du membre, On m'a assuré cependant que ce malade avait été très-indocile, Quoi qu'il en soit, ce résultat n'a paru satisfaisant pour un cas de fracture aussi grave, Certes, dans certains cas de fractures compliquées, le raceourcissement ne serait qu'un très-faible inconvénient, si nous pouvions réussir Lujours à conserver la vie et Le membre à ces sortes D walades.
Plusieurs points ont attiré mon attention dans l'examen de ce malade : 1° L'exactitude , la précision, et, dirai-je inème, l'élégance avec lesquelles l'appareil inamovihle avait été construit par M. à Le mélange plastique dont ce praticien se sert est beaucoup plus délayé que celui que nous avons mis en usage, et que j'avais vu employer à l'hôpital Saint-Antoine, Quatre à cing blancs d'œufs battus et délayés dans une ceriaine quantité de vinaigre camphré, suflissent à M. Larre pour unbiber les linges de son anpareil. Cette circonstance n’aurait-elle pas quclque influence sur la bonté de l'appareil même? Je conçois en cifet que les pièces trempées dans un melange albuminoso-spiritueux très-Jiquide peuvent, en se desséchant, s'éloigeer moins de la surface du membre que lorsqu'elles sont pénétrées et boursoufflées en quelque sorte par un mastic beaucoup plus épais comme celui qui a été emyloyé dans les autres hôpitaux ; 2° la réunion solide de la fracture du malade de M, Larrey; 3" le chevauchement tès-visible des fragmens de la même frarture, avec difformité et raccourcissement du membre. Ce dérmier inconvénient ne doit-il pas accompagner très-souventla méthode en question ? Si l'on considère cependant que dans les ras de fractures compliquées, graves, faites par coups d'armes à feu, où M. Larrey à le plus souvent eu l'occasion d'expérimenter cet appareil avec avantage, le raccourcissement et la difformité ne sont , ainsi que nous l'avons déjà dit, que detres-légers imconvéniens; la méthode en question ne mérite
as moins l'attention des chirurgiens qui exercent dans les armées , que
e ceux qui exercent dans les campagnes. Voici maintenant quelles sont les idées que je ne suis furmées sur l'appareil inamovible, et les conclusions que je crois devoir élablir dans cette note.
1° Dans l'état actuel de la science , l'apparcil inamovible duit rester en chirurgie pour des cas exceptionnels de fractures des membres ;
2° Les cas où l'appareil inamovible me paraît convenable, sont : 1° lorsqu'on se trouve sur un théâtre militaire, qu'on a beaucoup de fractures à panser, et que les circonstances impérieuses de la guerre obligent les malades à voyager d'un endroit dans un autre, durant leur
rat
avantages inappréciables; car les malades, ainsi ponsés, peuvent impunément supporter les cahots de la voitur. M. Larrey m'a raconté que des militaires, gravement Llessés anx os des inembres, ont pu, à l'aide de l'appareil inamovible, non-sculement faire, sans inconvénient, de très-longs voyages en voiture, mais aussi se sauver de leurs ambu. lances à pied , et se soustraire ains: à l'ennemi. On dirait que, dans ces cas, l'appareil inamovible sur une jambre fracturéce, remplit presque le même office qu'uce jambe de bois sur nn moignon deja cicatrisé ; 2° Lorsqu'un accident de ce genre arrive en voyage à une personne dont les circonstances ne lui permettent pas de s'arrêter pour se faire traiter de la fracture dans l'endroit mème où cela serait arrivé. Dans ce cas, le lendemain ou le surlendemain de l'accident , le malade est en état de reprendre sa ronte en voiture sans de grands inconvéniens , si la fracture est simple; 3° Lorsqu'on à à soigner des fracturés dans des campagnes, el que fire du 1palade et celle du médecin ne permettent pas à celui-ci d'aller Le panser aussi souvent qu'il serait nécessaire; 4" Dans les cas de fracture chez les enfans indociles, Dans ces cas, disje, l'appareil inamovible nous parait pouvoir être d’une utilité non-médiucre.
3 Quant à la manitre de construire l'appareil insmovible , je prefère celle de M, le baron Larrey à toute autre, par des raisons que j'ai déjà exposées.
4° Dans la pratique civile, et surtout en ville, dans les grandes cités où le nombre | 2h médecins abonde, et où les malades peuvent exécuter toutes les ordonnances du chirurgien, on aurait tort de se servir de l'appareil inamovible , à moins de circonstances particulières.
5° Je ne crois pas que , dans les fractures du col du fémar , l'aprpareil inamovible puisse offrir de grands ‘avantages. Dans la pratique civile , dans les fractures non compliquées de plaies , ete. , les appareils ordinaires , et surtout ceux dont MM. les professeurs Dupuytren et Roux se servent avec tant de succès dans leurs hôpitaux , nous paraissent préférables à l'appareil inamovible, par plusieurs raisons : 1° par. ce qu'on guérit avec moins de chances de difformité, et peut-être aussi
lus vite qu'avec l'appareil inamovible ; 2° parce que vous pœuvez tou- Jours, avec l'appareil ordinaire , visiter à nu l'état du membre, vous assurer de la position des fragmens , et y porter remède à temps s'ils sont déplacés, ou si d'autres accidens compliquent la fracture ; 3° parve qu'avec l'appareil ordinaire vous siurez généralement , après le trentième jour de l'accident, si le malade gnérira avec ou sans raccourcissement ; et par conséquent votre pronosiic et votre réputation seront plus assurés dans la fumille du malade ; tandis qu'avec l'appareil inamovible, vous devez attendre l'époque de l'ouverture de la jar + poar vous assurer de l'état des parties. Or, à cette époque, s'il y a chevanchement consolide , que pourrait-on faire? et s'il n'y à pas encore de consolulation, comme dans les cas ci-dessus relatés, comment se eonduira-t-0n2 refera-t-en l'appareil inamovible, ou bien metyra-t-on le mombre dans un rapareil ordinaire? Dans tous ces cas la réputation du chirurgien ne se ait elle pas compromise? On voit bien : d'après tout ce qui précède, que, dans l'état actuel de nos connaissances, .1en , dans la pratique civile, ne nous oblige encore à changer de bonne fui la méthode ordinatre de traiter les fractures simples.
Mais une question importante se présente ici à notre examen. Lorsqu'on à à traîter une fracture compliquée de plaie, l'appareil ina-
traitement. Dans cette circonstance , l'appareil inomevible offre des ! movible n'est-il pas préférable à nos appareils ordinaires ? Dans les