‹ Gazette médicale de ParisChapitre 118 sur 394 · IH. JOURNAL HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE · texte numérisé non relu

IH. JOURNAL HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE

Les cinq numéros de mars contiennent : 1° une dissertation sur un fetus monstrueux, par M. Velpeau. C'est un rapport lu à l'Académie de médecine dans l'une des séances de février, et dont nous avons alors rendu compte ; 2° une lettre sur Les bruits du cœur , adressée à l'Aca. démie dessciences, par M. Bouillaud, séance du 24 février : elle a été aussi analysée ; 3° un cas d'opération césarienne vaginale, par M. Caffe; 4° la suite d’un article de doctrine sur l'humorisme rationnel, par M. Forget; 5° Des cas où il y a impossibilité de l'accouche . ment naturel, et nécessité d'appliquer le forceps dans les positions ocipito-postérieures du sommet de la téte, par M. Capuron : mémoire lu à l'Académie de médecine l'an dernier , et dont nous avons donné une analyse fort étendue , ainsi que de la discussion à laquelle il a donné lieu (Voy. Gazerre ménicae , 1833, p. 961 }; 6" mémoire sur la spigèle anthelmintique ou herbe à la Brinwilliers, par M. Noverre; 7° quelques considérations médico-chirurgicales sur les di. vers modes de terminaison de l'ovarite puerpérale , par M. Montault; 8° quelques comptes-rendus de clinique médicale.

DESTAUCTION DU COL DE LA MATRICE AVEC AUSENCE COMPLÈTE DE #0N ontFicE; opération césarienne vaginale , pratiquée par le docteur Carre. |

Les faits d'oblitération complète du col utérin au moment de l'accou. chement , sont fort rares dans la science ; et plusieurs des auteurs qui en ont observé paraissent avoir été induits en erreur par quelque deviation du museau de tanche. Il n'en est pas ainsi de celui qu'on va lire , et où l'oblitération a été constatée par de nombreux témoins dont on ne saurait récuser la compétence.

Ones. — Le 4 décembre 1853, l'auteur fut appelé chez madame Mouray, sagefemme, paur une dame arrivée de La veille et parvenue au terme di: ss géstation. Certe dame, âgée de 39 ans , de boune constitution , n'avait jamais eu que de pre indispositions , trois accouchemens naturels faciles , le deruice il ya

ruit ans. Cette dernière grossesse n'avait donné heu à aucun accident,

Les douleurs duraient depuis trente heures sans écoulement de sérosité , et la sage-femme n'avait pu reconnaitre La présence du col ni aucun orifice, À l'exa. men, M. Calle reroanat l'état suivant : le vagin présentait 5 pouces dans son diamètre vulvo-utérin; sa paroi supérieure , fortement tuméfée , produisait uge espèce de bouerelet remplissant une partie de la capacité du vagia resté rouge et sans mucos.tés ; le sommet du vagin se terminait brusquement ; il pourait se comparer à un cylindre fermé sans saillie surune dans son intérieur et sais aucune trace du col utéin. Près de la paroi recto-vaginale, presque sur le raphé médian , aa Louchaïit ua repli d'ufe ligne de dimension , donvant la sensation d'une petite corde tendue ; sur les côtés de ce repli et ailleurs, on ne pouvait distinguer le moindre cribce atérin , soit avec le do gt, soit en guidant sue ce dernier un stylet boutonné ; pendant les contractions violentes, la pulpe du doigt éprouvait un mouvement communique, mais saus que l'utérus vint à proémiarr su sommet du vagin. .

MM. Hatin, Velpeau, Lenoir, Larcher, furent appelés, et recoanurent une oblitération complète, L'opération fut décidée, La femme placée sur le bord de sou lit, comme pour l'opération de la tulle, M. Calle introduisit sue l'index

che et à plat un histouri droit à lame étroite , recouverte d'une bande de toile Jusqu'à 6 lignes de sa pointe , prolégée par une boulette de cire, Arrivé an souimet du vagin, il relevs le bisiouri , le dos regardant la pulpe du doigt cunduc teur. et divisa couche par couche la poroi anlérivure de la matrire . eu divig ant Fincison du réctum vers la vessie , ayant soin de la circonserire à 5 lignes envi ron détendue en hauteur, À 3 lignes de profondeur . il arriva dans La cavité uténine; il s'en écoula aussitôt près de 4 onces d'u liquide couleur lie de vu et imwlore. Les contractions utérines aidaient à la division. Pour prévenir toute déchirure, on pratiqus avec ua bistouri boutoupé deux incisions Litrsies, l'une a droite, l'autre à gauche, dans l'étenmlue de quelques lignes seulement, Une contraction élargit à l'instant cette incision cruciale et a rendit ovalee. Une heure après , l'accouchement était terminé heur: uscment et sans sucunc déchirure,

On s'introdoisit agcun corps étrangrr dass la plaie. L'accauchéc -e leva le

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intolérables ; la femme s'était aussi aperçue de la suppuration et de la chute de quelques pellicules.

L'opération était indispensable ; elle fut pratiquée suivant les principes du débridement multiple dont M. Vidal a fait une méthode gencrale pour plusieurs opérations analogues, et qui , agrandissant l’ouverture sans porter trop loin les incisions, présente évidemment des avantages.

femme n'acensa aucune douleur pendant l'opération ; elle dit seulement éprouver la sensation d’une feuille de parchemin que l'on diviserait ; il n'y eut pas la plus légère hémorrhagie. On a vu combien les suites furent simples ; et c'est un fait nouveau à ajouter à ceux qu'a rapportés M. Dubois dans sa dernière leçon du concours, pour démontrer l'innocuité de cette opération.

MÉMOIRE SUR LA SPIGÈLE ANTMELMINTIQUE OÙ BERDE À LA BRINviens, par M. Noveene , ancien interne des hôpitaux de Paris, médecin à la Martinique.

Un anthelmintique qui , à l’infaillibilité de son action, joint une puissance sédative et jouit de la propriété de pouvoir être administré dans tous les cas possibles sans en aggraver même les symptômes inflammatoires lorsqu'il existe quelque complication de ce genre , serait certainement un médicament précieux. Tels sont les avantages qu'au rapport de M. Noverre possède la spigéle anthelmintique , et qu'il dit avoir été reconnus par tons les médecins qui ont exercé à Cayenne, à la Guadeloupe, à la Martinique et dans une grande partie de l'Amérique

{ méridionale,

La spigèle anthelmiptique, arapabaca , est une plante originaire de l'Amérique méridionale, herbacée, annuelle, de la famulle des gentianées de Jussieu , de la pentandrie monogynie de Linnée. Cette espèce a la tige ronde et les feuilles verticillées au sommet, La vertu de cette plante est telleinent reconnue aux Antilles, et surtout à la Martinique, que presque tous les habitans l'administrent, et Les médecins la preserivent avec confiance.

C'est sous forme de sirop que la spigèle est constamment administrée : on la donne à la dose de trois eullérées à bouche pour un adulte, et d'une cuillerée à café pour un enfant de trois ans environ. Au moment de l’administrer on y ajonte une cuillerée d’eau froide et quelques gouttes de jus de citron. On en fait prendre la même dose pendant trois jours , puis on donne le quatrième un purgatif doux. Après l'injection du vermifuge, les boissons sont interdites pendant à heures.

Un effet singulier de ce médicament est de déterminer quelquefois une amaurose momentanée, où une bouflissure légère, lorsqu'il est adiministré sous l'influence de la lumière solaire ou artificielle,

Pari les propriétés les plus remarquables de ce médicament , nous remarquons surtout les suivantes : 1° son action est toujours efficace ; 4° il est agréable au goût, et les enfans le prennent toujours sans répugoance ; 3° sédatif , 1l calme les phénomènes nerveux qui compliquent si fréquemment les maladies vermineuses de l'enfance ; 4° les inflammations , celles mème du tube digestif, ne sont ni accrues ni produites par son usage, cependant il est prudent de ne pas l'employer dans la congestion cérébrale, car c'est ua poison narcotico-âcre qui, administré à doses trop fortes, pourrait occasioner des accidens, Quelquefois ; dès le premier jour, souvent le second, son action est manifeste,

L'anioss termine son mémoire par des observations de cas où il est impossible de ne pas reconnaitre l'efficacité de ce moyen: elles nous fout désirer que l'on cherche, soit à acclimater la plante, dans nos contrées si clle peut y conserver ses propriétés anthelmintiqnes, soit à en obtenir des préparations qui puissent traverser l'Océan sans se déteriorer.

— Monocnarnie Des DEnMATOSES, où Précis théorique et pratique des male. dies de la peau, par le baron ALinent , professeur à l'école de médecine de Paris, médecie en chef de l'hbpital Saint-Louis , membre de l''cadémie royale de medecine , ete., etc. Deus forts volumes grand in-#°, imprimés sur papier raisin vé- | Lie avec les caractères de Rignoax. Ouvrage orné d'une très-belle planche repré-

sicième jour et le neuvième rentra dans son domicile, Dès que les lorbies eur. nt cessé, M, Calfe eut la précaution d'introduire à plusieurs reprises , et de miainte mir chaque fois pendaut quelques heures dans l'ouverture, uoe bougie eu gomiue élastique pour l'empêcher de se fermer. Depuis lors, le Gux menstruel à deja paru deux Suis,

D'où venait cette oblitération? M. Caffe parvint à savoir de l'ojérée elle-même que dans Les premiers mois de sa grossesse elle avait pratiqué dans le vagin et jusque dans l'intérieur de la matrice, à l'aide d'uve sonde e élastique, des injections avce une solution de cendres de foyer, Chaque fois cette manœuvre avait ramené des doulsurs

sealant l'arbre des dermatoses {1}, Prix : 48 fre. À V'aris, chez M. le docteur Daynac , éditeur, rue dn Bec, 0° 91; ches Tringe libraire, rue de | Ecole-de-Médeeine , n° 9; Deville-Csvelhin, Libraire, rue e l'École-de-Médecine, n° 410; Baillière jeuve, rue de | Ecole-de-Médccine, u° 43; Treuttel et Wurtz. libraires, rue de Lille , n° 47. A Montpellier, chez Castel. libraire, successeur de Gaboo. à Toulouse, chez Sense , libraire,

(4) Cet ouvrage doit servir de tevte ou cours que M, le professeur Albert dit .ettumencer iacestamment dans l'amphithéâtre de l'hôpital Saiat-Louis.

BIBLIOGRAPHIE

lies à l'hôpital de la Charité , fesseur de la Faculté de mé volnme.

D S. Axvna, proecine de Paris, — 5°

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