‹ Gazette médicale de ParisChapitre 120 sur 394 · RESPONSABILITÉ MÉDICALE. — COUR ROYALE DE ROLEN · texte numérisé non relu

RESPONSABILITÉ MÉDICALE. — COUR ROYALE DE ROLEN

Nos lecteurs n'ont pas oublié sans doute la scandaleusc affaire portée il y a mois devant le tribunal civil d'Evreux, Un honorable docteur en méde-

cine, ancien médecin en chef des hôpitaux de St-Queotin , y fut accusé d'avoir , dans une saignée, blessé l'artère brachiale, dissimulé sciemment cette erreur, négligé les moyens indiqués par l'art, puis eufin abandonné son malade , auquel un

sieurs passages de leurs œuvres sous les noms de fièvre ardente continue, fièvre maligne, fièvre hémitritée, etc. Hippocrate en parle longuerment dans son Traité des maladies ét surtout dans le livre ier de son Traité des maladies populaires. Cette maladie qui, selon Ini, résulte du mélange de la hile et de la pitnite, se lie à une affection des jorganes primovatres el débute sous plusieurs types : sous celni de quoitidienne, tierce, demitierce surtout, quarte, quintane ; souvent elle [n'en a pas; c'est une Bévrecrratique, Souvent cÎle laisse après<lle une fièvre tierce et quarte. 11 conseille de purger et de faire vomir. Partout de bons signes diagnostiques et pronostiques au milieu de théories humorales sans fin, nulle part de symptomatologie complète. Sydenham parle dans son 4° chapitre d'une fièvre continue qui régna à Londres pendant les années 1661, Ga, 63,64, et qui ressemble beancoup à celle qui nous occupe. C'est la fièvre mésentérique de beaucoup d’auteurs et de Baglivi ea partienlier qui, dans sa lettre à Andry Nicolas isur La fièvre mésentérique d'Italie, en expose tres-bien 1ous les symptômes, el donne des préceptes thérapeutiques dont j'ai souvent profité durant ectte épidémie, et qui ne m'ont fourni que d'heureux sésultats. C'est la fièvre méningo-gastrique de Pincl; la gastro-duodénite de l'é- :cole physiologique. Au milieu de tnt d'écrits sur la fièvre bilieuse, n'oublions pas ceux de Stoll, ils méritent la préférence. Ils ne laissent rien à désirer sous sucun rapport, et nous réduisent an faible avantage de confirmer la justesse de ses observations. Nous lsisserons à cette maladie la dénomination de fièvre bilieuse qu'il lui a donnée , dénomina- | Lion qui nous parait avoir plusieurs avantages : celui de ve rien préjnger sur La nature inflammatoire ou non inflammatoire de la maladie; eelui de ne pas la localiser , et enfin celui de rappeler sur-le-champ à l'esprit son syroplôme prédominant , les déjections bilieuses. Ne laissons point passer celte occasion sans exprimer combien l'on doit être étonné que , récusant l'autorité de Stoil et d’antres praticiens non moins babiles, non moins probes que lui, des esprits modernes plus préoccupés de leur système que de la vérité qui n’en admet aucuo, aient biffé d'un trait de plume la fièvre bilicuse du cadre nosologique pour y substituer une

autre médecin fut =" 2 d'amputer le membre tombé en gangrène, Les dépositions

d'une demi-doursine de paysans et de paysanes , et le témoignage d'un officier de | santé, suffrent pour le faire condumver, Ce beau jugement fut rendu le 47 décermbre 1843. M. Thouret-Noroy en F pe , tt dans peu de jours la cour royale de Rouen prononcer un dernier arrêt. Il nous parait impos-ible que le premier jugement soit conûrmé, car les magistrats d'Evreux semblentavoir voulu donner anexenple décisif de l'absurdité de La plupart des procès de responsabilité médicale. Nous avons eu plus d'une fois occasion de traiter cette matière, qui à aussi fixé l'attention de l'Académie de médecine , mais mous ne croyions pas que nos objections contre Le principe de la responselilité, tel qu'on veut l'entendre , fussent si 1ôt conbrmées par un fait aussi déciaf. Nous n'avons pas l'mtention de rappeler ici toutes les circonstances de la caust , mais de montrer les vices de la procédure, et la parfaite nullité d'un jugement où les juges, les témoins et les avocats étaient tous plas où moins in eus.

Le sieur Guigne, caltivateur aux Bous-de Breteuil, sc présente au tribunal civil d'Evreux, et montrant s00 bras droit coupé , il dit : « Messieurs, je suis lsboureur, je D'ai pour vivre que la ressource de mes deux bens , M, le docteur Thouret-N que voilà m'en a fait perdre ua par sa faute. Je suis réduit à la misère. Je vous demande en conséquence de lui faire payer le dommage.» Alors le tribusal s'adresse M. Noray : « Qu'avez-vous à re ?—Je n'ai d'autre réponse à faire, dit celui-ci , que de nier le fait. Que Le plaignant le prouve sil peut. »

Le plaignant alors ct son avocat font avancer denx témoins, des cultivateurs probablement, dont l'an fait La déposition suivante :

« Sur mon conseil, Guigae envova chercher le docteur Norov, qui Le saigna su

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nouvelle forme de gastro-entérite dont, selon eux, la fièvre bilieuse ne} à une douleur épigastrique, Tantôt cette douleur paraissait avant, tanserait que l'effet. À nos yeux non “ter rien nc justifie une pareille tôt après les envies de vomir; quelquefois elle existait seule. [1 allait substitution. Aussi, comme nous l'avons déjà dit, conserverons-nous à lune pression plus que légère pour l'augmenter. Les hypocondres ont été cette maladie le num qu'elle a depuis si long-temps et qu'elle justifie àÎle plus souvent douloureux ; l'hypocondre gauche surtout. Quand le tant d'égards, aimant mieux avoir raison avec les anciens qu’avoir tort || droit était douloureux , La douleur se faisait sentir vis-à-vis le duodé-

mème avec nos amis.

$ IL — Simrromarozocis.

A. Fièvre bilieuse simple. Frisson. — Un ou deux jours , et le plus souvent quelques heures après une impression de froid, une suppression de transquration , quelquefois sans cause connue , 1} survenait un frisson qui commençait ordinairement entre les épaules, et de là s’étendait à tout le reste du corps. En même temps froid aux pieds , aux | genoux, aux mains, entre les épaules surtout, où beaucoup à croyaient avoir un morceau de glace. Suuvent le froid durait sans interrupuon et le jour et la nuit. Le malade avait beau se couvrir et rap-

rocher ses membres fléchis du tronc, rien ne pouvait le réchauffer ; il tremblait de froid même alors que son corps était tout couvert de sueur. La sueur se joignait rarement au frisson; quelquefois il y avait froid et chaleur sans sueur; d'autres fois enfin l'accès était complet , et revenait le plus souvent à des heures irrégulières. Il ÿ en avait snuvent plusieurs dans la même journée; le plus fort se manifestait ordinairement à la fin du jour. Après les deux on trois premiers jours, quelquefois la fièvre se réglait; elle prenait ordinairement le type demi-tierce avec grands accès les jours pairs, et petits accès les juurs impairs ; quelquefois le type quotidien. JE était très-rare qu'il n'y eût pas de frisson hors des accès, et de redoublement le soir, entre 4 et 5 heures.

Céphalalgie. — Tantôt elle paraissait avec le frisson , tantôt quelques heures ou quelques jours apres ; elle se faisait sentir au-dessus des orbites, sus une ligne parallèle à la direction des sourcils. Elle augmentait chaque jour et était si violente , que quelques malades se plaigoaient de n'y plus voir. Pour en diminuer l'intensité ils se serraient la tête avec leur mouchoir. Jamais aucun malade ne s’est plaint de souffrir de !a tête dans une région autre que la région frontale. Les douleurs sympathiques de l'estomac se portent au front ; celles de l'utérus a l'occiput.

Facies. — Quand cette céphalalgie existait, 11 était rare que le fa.

e malades |

aum ; le plus souvent l'hypocondre gauche était tendu , tantôt par le seul volume de l'estomac plein de es seuls où mélanges de gaz, tantôt par le colon trausverse rempli de fluides élastiques , ou par l'un et l'autre simultanément. Tantôt ces envies de vomir étaient suivies de vomissemens, et tantôt sans effet, Le malade crachatait beaucoup, Souvent les alimens le faissient vomir. Cependant nous avons vu plusieurs malades de la ville où de la campagne qui mangeaient et buvaient en dépit de leur inal. Dire qu'ils digéraient bien où qu'ils ne digéraient pas, serait manquer à la vérité. Les slimens leur pesaient, mais ils finissaient par passer; leur estomac était paresseux. Pour que la digestion s'accomplisse , il ne suffit pas que l'estomac sécrète un fluide particulier { suc gastrique ) ; il faut encore qu'il saisisse , embrasse les matériaux qui lui pr , et qu'il les mette en contact avec ce li quide; il faut de plus que ce liquide ne soit point étendu d'un liquide étranger qui n'est propre, par sa quantité ou ses qualités, qu'à veutraliser ses effets. Or, est-il étonnant que la digestion füt pénible chez la plupart de nos malades, dès qu'une énorme quantité de bile venait s’interposer entre l'estomac et la masse alimentaire ? es malades avaient La bouche mauvaise, pâteuse , amère ; ils n'avaient d'appétit pour rien et semblaient ne manger que par habitude ; leur langue était blanche et un peu verdätre, La languc ne nous a fourni aucun signe important, Peu de soif, La plupart des malades étaient |constipés, Aucun n'a eu le dévoiement au commencement de la malalle. Leurs selles étaient noires, jaunes ou vertes.

Appareil urinaire. — Les urines étaient rares chez quelques malades, safranées, odoriférantes et cuisant au passage ; chez d'autres elles étaient claires, abondantes, inodores. :

Appareil respiratoire. — 1 existait presque constamment une petite toux sèche, claire { loux gastrique des auteurs }, exempte de douleur sous-sternaie. Quelquefois le malade rendait un peu de mucus filant. Souvent la respiration était courte et arrêtée par les douleurs épigastrique et hypocondrique ; le thorax était sonore , et l'auscultation ne

cies ne fût pas remarquable par la teinte verdätre des sclérotiques , du | faisait entendre aucun bruit morbide.

contour des yeux, de la bouche et du nez; par l'humidité et l'éclat des

Appareil circulatoire. — En général le pouls était petit, serré ;

yeux même sans coryza. Quand la maladie datait de quinze , vingt , je ne l'ai trouvé inégal qu'une seule fois. Cette perturbation dans son

tente jours. et j'ai eu des cas semblables à la En la figure était si verte qu'il semblait qu'on eût passé une couche de bile sur toute sa

rhythme ne dura que deux où trois jours, La malade guérit. Vers la fin de la maladie, après des vomissemens spontanés on artificiels, le pouls,

surface, Ces symptômes {la coloration verdätre de la face et le brillant ! comme nous le dirons plus tard, seprenait son état naturel.

des yeux) ont été si constans, j'en ai si souvent vérifié Ja valeur, qu'ils

Sommeil, — Tln'y en avait pas à proprement parler. Si le malade

s'étaient métamor! hosés pour noi en signes presque infaillibles, et que | s'assoupissait , il était assailli par une foule de rèves , était réveillé en plusieurs fois il m'a suffi d'un coup d'œil jeté furtivement sur la figure | sursaut, etc,

du malade, pour lui faire, à son grand étonnement et sans aucune ques-| tion préalable, l'histoire détaillée de sa maladie , et lui en indiquer le traitement.

Appareil digestif. — Les envies de vomir manquaient rarement de s’adjoindre aux symptômes déjà signalés; elles paraissaient ordinairement le troisième ou quatrième jour. L'ingestion des alimens et quel.

Facultés intellectuelles, — Elles ont toujours conservé leur intégrité, sauf la mémoire qui a subi dans quelques cas une diminution fort sensible.

Voilà la fièvre bilieuse telle que nous l'avons vue dans son état de simplicité. C'est ainsi qu'elle s'est montrée le plus souvent à la campa-

ge. Sauf quelques exceptions , tous les cas qui se sont présentés à la

quefois leur vue suffisait pour les provoquer ; se liaient Le plus souvent | maison de détention , ont été coiapliqués de quelque autre maladie , et

SRE

» bras. Le sang jaillit si vigoureusement que cela me ports à dire à ce médecin : : n Vous ne l'avez pas manqué. Le sang bronuée (c'est-à-dire écama 1}, ce qni ne "me parut pas ordinaire. » |

Un autre témoin qui que M No:oy a jeté le sang par La fenétre; puis en arrivent à La Gle un, deux, trois, sx, dix, quinze autres , hommes et femmes , | villageois, laboureurs, jardiniers, herboristes , un huissier et un clerc d'huissier , |

qui viennent donner au tribomal leur opinioe sur la nature de La tumeur surve- |,

naé au bras de Guigne. Ceux-ci disent qu'elle était dé La grosseur d'un œuf, el qu'il y avait inflammation ; ceux-là, qu'elle était jaune, rouge, brune , violette ; quelques-uns albrment que M, Noror avait paasé le bras de Guigne avec une eau qui beûlait le hois , réduisait le linge en poussière , et consumait tout ce qu'elle touchsit, Enün se présente M. Chouippe, oficier de saute, lequel raconte qu'il fut consulté, au mois de janvier 4832, par Guigoe, pour une tumeur qu'il portait au pli du bras droit. Cette tumeur avait 4 pouces de circouference ; elle était polsa-

tive du centre à la cireconl rence , et disparaissait presque entiérmenl par une

compression forte, À ces signes 1] réconnut un anevrismre céreonserit etconséen- à aif,et conseilla au malade l'opération, qu'il fit lui-même. Cette opération ne réus-! sit pas ; deux ligatures tombéreat successivement par suite de la rupture des tuni- |

anatomie où un mal avisé, el assure avoir fait dis à doure opérations de ce genre, nécessités par de maladroits phlébotomistes.

De cette enquête et de res respectables témoignages, le plaignant conclut :

1° Que dans La soignée l'artère brachiale a été ouverte ;

2° Que M. Noroy à du reconnaitre cet accident ;

3° Qu'il l'a dissmulé à dessein;

4 Qu'il a négligé la compression, moyen indiqué par l'art, et s'est contenté d'appliquer on simple bandage ;

” Que La tumour anévrismale s'étant développée, M. Noroy, au lieu de prati-

quer la ligature, aprescrit des résolutifs qui n'ont fait qu'ajoutér au mal;

6° Que l'état du malade empirant ila été obligé de recourir à un oflicier de san té, lequel ayant reconnu l'anévrisme, à teaté la ligatore;

7° Que l'artère déjà affaible par l'action des résolutifs, s'est rompue deux fois sous l'effort des ligatares ; les hémo-rhagies ct la gangrène ont nécessité l'ampatation du membre;

4° Etqu'en conséquence M. Noroy devait, pour sa maladresse, son ignorance, sa négligence, payer le membre amputé par M. Chonippe.

Ben que ces témoignages et toute celle enquête soient un tissu de contradic-

ques actérielles ; des bémorrhagies s'ensuivirent pendant qu'on songeait à en pla | UÜons, d'inexactitudes , d'absurdités palpables , ct qu'il s'y rencontre d'odieuses ver d'autres; la gongrène se déclars , cr Agaesr à fat décidée et pratiquée ,! particularités, le tribunal , frappé des descriptions chirurgicales de M. Chouippe, toujours par ledit M. Chou‘ppe, officier de santé. En découvrant l'artère . + condamné M. Noroy, quai que son avocat ait pa dire pour <a défense, Il nous M. Chouippe vit qu'elle avait été coupée tris-neltement avec a sastrument fa | semble pourtant qu'elle ctait assez facile : et bien que nous ne siyions ni avocats, et acéré, qui ne pouvait être que la lanvette de M. Noroy. Eubn , il affirme qu'il} ni légistés, nous nous chargerions volontiers d'une pareille cause. 11 pe s'agit pas est impossible de blesser l'artcre dons La soignée, à moins d'étre on ignorant en ici d'interpréter des lois, mais des faits médicaux qui cxigent des contaissances

c'est à l'histoire des complications que nous allons consacrer Le para [ phalalgie sus-orbitaire était intolérable. Dans la fièvre bilieuse simple graphe suivant. letle donnait au malade la sensation d'un poids où celle d'un coin prét B. Fièvre bilieuse ET Era de catarrhe pulmonaire simple.-— | à Ini fendre Ja tête. Bandeau ciresmedrhsbene j Sueurs fugaces , quel- Cette complication a été la plus commune de toutes. La fièvre bi. | quefois furt abondantes , mélangées de froid et de frissons ; peau alter-

lieuse sans catarrhe s'est montrée à la ville et à la campagne et rare- [nativement chaude et froide , humide et sèche : pouls large , fréquent ment à la maison de détention. Dans la grande majorité des cas , il ÿ a! dur; insomnie ; malaise continuel ; inappétence ; soif vive ; urines roueu coexistence des deux maladies, Puisqu'il en est ainsi, on pourrait !ges, safrances, peu abondantes, quelquefois trés-odorantes , cuisant au

nous demander pourquoi nous regardons plutôt le catarrhe comme com-{ passage.

plication de la fievre bilieuse , que la fièvre bilieuse comme complication du catarrhe. La préférence que nous donnons à la première manière! de voir est fundée sur les considérations suivantes : 1° nous avons d'abord observé la fièvre bilieuse simple hors de la maison de détention; 2" quand elle ÿ a paru, elle était encore simple, en sorte que le catar- | rhe semble d'ive venu qu'accidentellement ; 3% souvent en guérissant | La fièvre bilieuse nous avons guéri le catarrhe , tandis qu'en traitant le

catarrhe nous n'avons que très-rarement réussi à guérir la fièvre bi-] lieuse. Cela posé, passons à la description du catarrhe. Première pé.

riode. 1l pararssait deux où trois jours après les frissons préliminaires

Cette période était la plus douloureuse. Les malades ne la supportaient qu'avec impatience et demandaient avec instance du soulagement. Otez-moi ce qui est là, détachez ce qui est là, disaient-ils en portant la main au sternum ; elle durait deux on trois jours. Le plus souvent, pendant que le catarrhe était encore à cette période dans un point, la seconde commençait à paraître dans ua autre.

Deuxième période. Elle était ordinairement précédée d'une augmentation de fièvre si légère que souvent l'on ne s'en apercevait pas. Souvent, comme nous venons de l'observer, cetle période se confondait avec la première ; il était même fort rare que leur existence fût parfai-

dont nous avons parlé, rarement avant. Quelquefois il était précédé | tement isolée l'une de l'autre , elle paraissait vers le deuxième ou troid'une inilameumation de la pitaitaire qui , après deux où trois jours de stème jour du catarrhe , et le malade se sentait soulagé ; sa toux était durée, passait par voie de continuité à la muqueuse de Ja trachce et1 grasse ; il regardait et montrait avec plaisir ces crachais cuits pourris, des bronches. Dans tous ces cas , le malade était tourmenté par une}selon son expression ; ils étaient jaunes , larges , épais, adhérens au toux sèche, rauque, plus on moins doulourense suivant l'intensité du { vase , mélangés à un peu d'écume miliaire appartenant à Ja première

catarrhe, se renouvelant presqu'à chaque inspiration et toutes les ris] que le malade voulait parler, Pendani les quintes , la Ggure devenait gonflée, rouge et les veux larmoyans ; il lui semblait que quelque chose! se déchiraï intérieurement. La doulenr se faisait sentir entre les épau-! les, derrière le sternum, et surtout au creux épigastrique ; la moindre! pression y était quelquefois intolérable ; les malades ne respiraient qu'avec de grandes précautions ; ils se tenairnt courbés et portaient toujours fa main à Ja sms au moindre accès de toux. Celle-ci était plus forte et plus douloureuse chez les hommes que chez les femmes , chez les adultes que chez les vicillards; chez les gens forts , robustes, doués d'un tempérament sanguin, que chez ceux qui se trouvaient dans des conditions opposces. Respiration courte, fréquente, mettant en jeu les muscles sterno-cléido-mastoïdiens , les deux scalènes et tous les museles inspiratoires de Charles Bell ; il y avait aussi soulèvement des côtes et des clavicules. Pendant les duuze ou quinze prenuéres heures, il n'y avait pas ordinairement d'expectoration. La première matière de sécrétion que rendait le malade était un mucus un peu filaot, transparent , coloré quelquefois par des stries de sang et parsemé de vésicules aériennes miliaires. Le thorax était partout sonore; on entendait moins de bruit d'expansion pulmonaire que des eris aigus , des chants d'oiseaux résultant du passage de l'air dans des tubes étroits, dont la muqueuse enflammée et tnméfiée remplissait à pen près tout le diamètre. Dans quelques points, on entendait un râle crépitant à pedites bulles; dans d'autres, un râle à grosses bulles indiquant que la phlegmasie était déja à sa seconde période, Constamment, la partie antérieure des poumons était moins malade que la postérieure ; quelquéfois elle ne l'était point du tout. En même temps , voix enrouée ; quelquefois aphonie. Douleurs au laryax, au-dessus tré clavicules, à la base du cou en forme de collier ; pomimettes et conjonctives injectées ; La teinte verdâtre de la figure, masquée dans quelques points par le coloris inflammalone, se réfugiait autour du nez et de la bouche ; La cé-

ren

période. D'abord peu abondans , ils le devenaient davantage pour disparaitre peu à peu au milieu de l'écume de la troisième période. En les regardant de peës , on reconnaissait à leur texture filamenteuse qu'ils avaient passé à travers des tubes étroits. Ce caractère pourrait-il servir à les distinguer des crachats de la phthisie caverneuse qui, presque immédiatement transmis dans la trachée par les pr'émitres divisions bronchiques ulcérées , n'offrent point la texture dont nous venons de parler? En même temps, toux moins fréquente, moins douloureuse et d'autant moins qu'on approchait plus de la troisième période. Retour de la voix, partant sonoréité du thorax, peut-être moins grande qu'a l'ordinaire ; plus de chants d'oiseaux , de sifflemens, de cris aigns, de râle erépitant à petites bulles, mais râles à grosses bulles, bronchophoaie; peu à peu les bruits anormaux disparaissaient “pd faire place au bruit respiratuire; la respiration etait plus facile et le malade se te nait droit; comme ordinairement à cette époque la fièvre biliense était guérie, tous les symptômes qui lui appartenaient en propre avaient disparu. La céphalalgie existait encore ; elle appartenait au catarrhe et diminuait avee lui en même temps que la douleur sons-sternale, épigastrique. Plus de douleurs ni au cou , ni aux clavicules , ni entre LH épaules ; la figure perdait peu à pen de son coloris inflammatoire et les yeux de leur éclat; les frissons devenaient plus rares et étaient remplacés par une douce transpiration plus abondante la nuit que le jour, et qui couvrait toute Li surface eulanée ; la peait était plus chaude ; le pouls moins fréquent, plus souple ; le sommeil moins difficile , moins troublé par des révasseries ; les urines moins rouges, plus abondantes ; l'appétit revenait, la soif s'apaisait ; en somme , l’état du malade était beaucoup plus satisfaisant et s'amécliorait continuellement à mesure qu'on avançait vers la fin de cette période ; elle durait plus ou moins , suivant l'intensité du catarrhe : tamôt huit, tantôt dix, douze et quinze jours, C'était la période la plus longue. Elle occupait, terme moyen , les trois cinquièmes de la maladie; elle était fort sujette à récidive,

spéciales, Si nous étions à la place de M. Noroy, nous parlerions nous-mêmes ||dro't de Les affirmer, el c'est ce que je crois pouvoir soutenir. Les faits dont il

devant La cour royale de Rouen; nous essairrions si le langage d'un honnête homme insalté et La simple explication des faits, ne prévaudraient pas contre ces scandaleuses persécutions ; décorées du nom d'enquête; et voici à peu près ce que nous pourrons dire à nos juges,

= Messienrs, ce procès n'est pas un procès ardoaire. J'ai lieu de n'étonuer d'abord d'avoir à répondre devant la covr ovale sur des faits qui ne pourraient être bien appréciés que par une Académie où une Faculté de médecine, Je pourraës donc à la rigucur nier votre compétence , on du moins exiger que la cour en référat à des arbitres capables de prononcer en tonte connaissance de cause, et la cour ne saurait se refuser à une demande si équitable. Cependant mon respect pour les lois et la magistrature, e1 la confiance que j'ai en votre justice me font accrpler celle juridiction. I est évident d'aleurs que si la cour ne peut pas appréciercomplétement La valeur de mes moyens de de. elle ne peut pasdavantage s er le mérite de l'accusation portée contre mos, Devant ur tribanal sciendique j'emploirais le langage de notre art , j'entrerais dans La discussion détail lée des faits ile la cause, et je n'aurais pas de peine à prouver l'absurdité , l'ignorance et la mauvaise foi de mes adversaires ; devant vous je dois renoncer à ce sstème de justibcation, et me borner à des considérations de mnrale et d'équité natarelles

u Je suis accusé d'avoir , par un oubli coupable des a xe l'art, causé la perte d'un membre à ce pauvre cultivatenr ; vous avez entendu les faits allégurs contre moi et les conclusions Lirées de ces faits, Or, jenie et les faits et les conclusions , et vous convicndrez que j'ai le droit de les aucr, si mes adversaires n'ont pas le

s'agit sont des laits médivaux, des futs dé pratique, qui n'ont pas de valeur absolue, et qui ne réçoivent un Caractère que par l'interprétation qu'on leur mme. Ainsi, par exemple, ilest certain qu'iloesisté une tumete au pli du bras du plaignant, qe plusienrs témoins ont vu cette tumeur, et que je l'ai vue moi-même, Voila Le fit tout simple vt tout nu, Mais qu'en conclure soit pour la plainte, soit pour la defense ? rien, ahcolument ri n, gr. el ce it signile quclquecho:eil faut 4 joindre an jugement, une interprétation quelconque, Or , ce jugement, cette intecprétationqui les fra dansla cause ? sera-oc moi ? mais vous n êtes pas lenu de me croire panisque je suis tres dans Li question; scront-ce ms alversaires ? pas davantage, paisque Les uns sont incapables et les autres intéressés aussi; sera-cu vous enfin ? je suis convaincu que vous ne voudriez pas pres-lre une pareille responsabilité, Cepemlant, pour que l'affaire ait ane solatioc, il faut que certe iaterprétation se fasse. il faut qu'il soit établi que cette lumeur était un anérri me, que celle snévrisme avait été produit por une blessure faite par moi à l'artère,

u Sur ce premier point déjral y aurait matière à une discuss on sans fin, Si je parlais à des chirurgiens, je ferais valoir les caisons qui combattent rette opinion; mais à vous qui êtes forcés dé rons en rapporter à une autorité, je ne puis que citér des amtorités , laissant à votre justice 1 à vos lumières le soin d'apprécier de quel cèté, soit sous Le rapport de a science, soit sous le cappoct de la anoralité, se trontent les vra semhlances. An témoignage dé La femm: Perdu, du sieyce Le caire, de l'huisser des Baux -de-Biretenil et di son clerc; à cebni de La sage femme N°4 et des quiore où vingt villageois et villagenises qui sont venus vous donver leur op'aion , j'opposc l'atlestation motivée de MM. Flaubert, Wells, Leudet ,

Troisième période. De même que la première période se fondait in-" sensiblement avéc la deuxième , ie méêine la deuxième se foncait avec, la troisième. Ea effet, à peine les crachats n° 2 avaient-1ls paru, qu'ils k éisient mêlés dans quelques points d’une très- petite quantité d'écume à.

s bulles et non à bulles miliaires , comme l'écume de la première. période. Ces crachats ; quand la maladie suivait une marche regulière, | augmentaient rapidement de quantité, et dès le deuxième ou le troi- | sième jour, le malade remplissait deux ou trois crachoirs en vingtquatre heures ; l’écume devenait de plus en plus Llanche , les rachats n°" à disparaissaient complétement, et les bulles perdaient chaque jour de leur volume primitif, Quand le malade tenait la bouche ouverte, on les entendait très-bien crépiter dans la trachée ; diminutioa de la toux ; sonoréité du thorax; râle crépitant rédux ; bruit d'expansion pulmo. naire ; disparition des douleurs sus-orbitaires , épigastriques, sousalcroales, sus-claviculaires , inter-scapulaires, etc. ; des frissons, -de l'injection factale, de l'éclat des yeux, de l'oppression ; diminution de la fièvre, des sueurs, des rêvassenes nocturnes, de la chaleur de la peau ; sommeil ; appétit; urines moins rouges, souvent critiques; selles faciles ; retour des forces. Cette période durait deux, quatre, cinq, six jours, et se terminait ordinairement par l'exhalation d'un mucus bleuätre, produit de-la sécrétion des follicules bronchiques revenus à leur état normal. Le malade était alors guéri,

Ce catarrhe durait deux ou trois semaives ; les cas les plus graves ont duré un mois. On a dû remarquer que la fièvre bilieuse était gucnie des les sixième ou seplième jours,

La marche de cette complication était fort inflsencée par le temps ; le froid et l'humidité epvoyaient de nouveaux malades, augmentaient Je mal de ceux qui étaient dans les iofirmeries et occasionaient des récidives.

Ayeës cette complication, la plus commune a été celle de la pneumonte.

C. Complication de pneumonie. — Eile ctait heureusement assez rare, car elle était perfide. (ee poeumonies se manifestaicnt ordinairement sous forme latente et échappaient très-facilement à l'œil du médecin. Elles occupaient la partie postérieure et inférieure des poumons. Leur apparition avait lieu pendant la deuxième période du catarrhe. On en était averti | ar da rougeur des pommettes , la suppression de toute matière d'expectoration, un peu de délire nocturne et Le décubitus. Décubitus dorsal, signe de pneumonie double ; décubitus latéral, signe de pneumonie simple. La percussion et l'auscultation du tho-2x achevaient de convaincre,

D. Pleuresie.—Cette complication a été plus commune que la précédente. Elle se montrait ordinairement sous une forme très-aiguë, L’epauchement se faisait avec une trés-grande rapidité, et quelques heures suffisaient pour qu'il remplit la cavité d'une plèvre.

E, Fièvre typhoide ( entérite folliculeuse, entéro-méscntérite, ete.) Voilà Ja complication la plus commune après celle du catarvhe , et la plus dangereuse sans contredit; la seule à peu près qui nous ait enlevé des malades. C'est à cette complication que la fièvre bilieuse duit les surnoms d'atarique, de maligne, d'adynamique qu'un a donnés

pendant la deuxième période du catarrhe , et se liait presque constamment à quelque pneumonie latente, D'abord 58 des joues , un peu de dévetenent, où de la ronstipation ; ventre La lonné sur le trajet du colon, presque toujours douloureux , surtout vis à vis la fosse laque droite; délire furieux pendant la nuit; redoublement fébrile pendant le jour et surtout le soir ; pouls fréquent, mou ; peau sèche , brûlante. Jainais de sueur ; largue pointue, rouge, Lane humide ; mouvemens lents; et à une époque plus avan ée de la maladie, maigreur , sudamina , escarres gangréneuses , narines pulvérulentes, carphologie , etc. Un de ces malades a succombé à l'abondance vraiment extraordinaire des sueurs. On voyait s'élever de son corps une vapeur semblable à celle de l'eau bouillante, Cette exhalation morbide a duré dix à douze jours et autant de nuits,

F, Ascite.—Nous n'en avons euque deux cas. Les deux malades sfnt morts, L'un a fourai le sujet de lahuitième observation, Nous avons eu des complications de er a de reins, d'orcilles, de jambes, de pleurodymies, etc. Elles étaient toutes sympathiques et ont disparu par l'effet des vomitifs.

G. Pers intestinaux.— Nous avons eu deux cas, l'artemisia abrotanum en infusion les a fait rendre.

H. Fièvres intermittentes, — Cette complication s’est montrée à la camsvagne surtout dans les villages, dans les maisons et en général dans les 28 où règnent eg aonce les fievres intermittentes. Il y avait presque constamment dans ces cas tumefaction de la rate.

L. Gastro-entérite, — Nous n'avons eu qu’une seule observation de cette complication. Nous l'avons rapportée.

$ HI. — Trruixaisons,

Ou la maladie était livrée à elle-même , ou elle était soumise à un traitement : dans le premier cas elle se ter minait de plusieurs manières; |L° par une crise spontanée ; 2° par une fièvre intermittente ; 3° par quelque complication. |

1° Par une crise spontanée : elle s'opérait le plus souvent par une diarrhée bilieuse. Un choléra guérit la fièvre, dit Hippocrate dans son Traité des épidémies. Cette diarrhée se faisait quelquefois longtemps attendre et dans les cas où elle venait terminer la maladie, sa durée était toujours beaucoup plus longue qu'elle n'eût été si l'on eût ermployé ua traitement convenable. Quelquefuis le malade guérissait par des vomissemens. La cause la plus légère , la vue des alimens et à plus forte raison leur ingestion, la présence de la bile, ete. , suflissient pour solliciter les contractions de l'estomac et opérer l'expulsion de son contenu. ; a° Par une fièvre intermittente, quin etiam ex his ( maladies qui ont une grande analagie avec celle que nous décrivons) tertianæ et quartanæ oriri solent, {Hipp., lib. 1° de affect., sect. 5). Nous avons ohservé cette espèce de terminaison à la maison de détention, à la ville et surtout à la cawupagne. Nous avons vu de ces maladies qui duraient depuis un mois et demi, deux mois, sous le type tierce, et qui avaient presque réduit les malades au squelette ctà l'enveloppe cutanée.

int de terminaisons sous le type quarte. Que deviendrait cette fièvre

n « , * ‘ . “ F * . ., + *. » LH à quelques-unes de ses variétés. Cette complication s'est manifestée une | intermittente si clle était abandonnée à elle-même ? nous l'ignorons.

fois sous forme apoplectique. Le malade devint presque tout privé de;

3° Par quelque com lication dont la fièvre typhoïde est la plus

sentiment et de mouvement; il soufilait toujours comme s'il eût voulu commune. « Putris cacochylia nisi tempestivé educatur, in sanguiéteindre une chandelle. Le plus souvent clle apparaissait lentement lnem ingrediendo vehementiores excitabit fermentationes atque ad

9 IEEE +

Blanche, Couronne , Des-Alleurs et Pillore , tous docteurs en médecine , chirur de

iens de l'hôtel-dieu de Rouen, memhres de l'Académie de médecine , placés à

x tête des principaux établissemens de notre pays ct investis de la confiance et du | l'estime publiques. Entre ces deux sortes d'antorités laquelle choisisez-rons ? } Ohservez, je vous prie, qu'il ne s'agt pas ici, et je doisle répéter, des its tels que Les veux Îes voient , mais Lels que l'esprit et la science les interprètent. Ces honorables médecins admettent L s faits racontés par les témoins; mais pour eux ils ont une autre signification. Selon eux, la Lumeur en question n'était pas un anévrisme , mais un trombus, Vous ne savez pas ce que €'es qu'un trombes , et il serait trop long de vous l'expliquer. 1! vous safBra de savoie que c'est ua accident très-peu dangereux, qui a'a rien de commun avec La ble sure d'une artère, et qui ne névess.le jamais des ampulations, Quant an témoignage de M.Chouippe, vous me permeltrez de le récuser ; 11 est trop gravement compromis dans l'affaire pour que sa déposition mérite la moindre confiance, Un ofürier de santé qui prend sur lui, au mépris de la doi, qui de lui défend expressément , de faire seul une opération aussi importante que {a ligature d'une artère , €t qui La fait assez mal , comnre vous devez le croire , si l'opinion des médecins et chirurgiens que j'ai déja nommés doit compter pour quelque chose , pour qu'il devienne nécessaire d'amputer le membre, re dont il se charge encore lui-mème sans consulter personne, doit être bien aise de mettre cette lourde responsabilité sur quelqu'un. Dans sucun tribunal, M. Chouippe ne saurait étre considéré comme un véritable témoin. C'est un sccusateur, où du moins un intéressé, Sa parole ne fait pas foi, quand méme sa compétence scientibique serait admise; mais cette compétence , qu mous à garaoût / qui rous assure que ce pralicien à feux connu que mai la

natues de la maladie, mieux su ce qu'il fallait faire où ne pas frire? Toutes choses ésales d'a Leurs, Le probabilité est pour ani, Où si vous aimez micux pour mon grade , qui est snperieur au sien et qui me confire des droits plus étendus parce qu'il smppose des études plas complètes, Comme également intéressés, n0$ deux opinions s'annulent l'une l'autre; comme mideuns, la micnoc doit étre

l'présumés la vraie ; enfin, comme hommes , la cour jugera : ui de nous mérite Le

mieux étre cru. | LA » Les autres allégations de la plainte peuvent être discotées et réfutées de La

même manière. Admettons que l'artère ait été attcinte et qu'il en sait résulté un anévrisme , serait-ce Là une faute grave, indigae d'uu praticien? M. Chonipge vous Le dit parce qu'il a ses aisons; mais n'eu croyez rien, Ouvrez le Dictionaire des sciences médicales au mor Phichotomie, et vous y lirez : « que telle

» est quelquefois l'intimité du contact de l'artère brachiale avec une des veines ,

» da pli du bris, que fe plus habile phkhotomste ne peut toujours se promet- » tredens pas ouvrir cvs deux vaisieaux en même temps , et qu'un mouvement » inconsidéeé du malade sufit d'autres fois pour faire ouvrir du mème coup l'ar- # tère et La veine. w Qui croirez-vous encore, MESSCUTS $ ici? M. Chouippe ou le savant auteur du Dictounaie? I faudrait donc, pour m'accuser justement d'inexpérivace où d'inaltention, prouver d'abord {° qu'il n'y avait pas contuct date entre Les deux vaisseaux , et 2° que le malade ne s'est livré à aucun mouvement inconvidéré. J'aurais donc pu ouvrir l'artère sans mériter aucun blime. C'eit un malheur qui arrive aëx mains les plus exercées , ct dont l'opérateur ne

saurait être responsable, =. un + Raisonnons toujours dans la supposition de l'ouverture de l'artère et de la forrtia -

mn

Le

longos et periculosos morbos patientem disponet, (Baglivi.) » Nous avons été quelquefois témoin de cette terminaison. Nous traitons même

ce moment un jeune sujet de 14 à 15 ans, qui en est un exemple, et qui est peut-être redevable de l'état où il se trouve au faneste emploi d'un traitement vicieux (les sangsues),

. D'autres complications aussi se présentent : les poeumonies , pleurésies, etc.

À quelle é arrivent ordinairement ces différentes terminaisons spontanées ? Nous n'avons pas assez d'observations pour fixer le lecteur sur ce point.

Dans le seeond cas, c'est-à-dire quand la maladie était soumise à un traitement convenable, elle se terminait par quelque mouvement critique tel que (par ordre de fréquence) , urines sédimenteuses, diarrhée, épistaxis, rots, etc. L'urine critique paraissait ordinairement le sepüème jour, ensuite le neuvième, Île cinquième, rarement le troisième, Nous avons trouvé le plus souvent des sédimens briquetés ; une ou deux fois des urines subjuguales. Leur émission était le plus souvent précédée d'un frisson, Nous avons eu des urines troubles qui n'étaient pas critiques.

Après cette crise la plus fréquente était celle qui s’opérait par la diarrhée. Elle arrivait aux mêmes époques pe précédente. Nous avons eu aussi une autre espèce de diarrhée qui paraissait aprés les 10 ou 12 preriers jours. Elle a été le plus souvent funeste au malade.

. Tout ce que nous venons de dire se rapporte à la fièvre bilieuse simple ou compliquée de catarrhe. Le plus souvent la fièvre bilieuse seule cédait à la crise , et le catarrhe continuait sa marche. Il a souvent eu pour crises spéciales des écoulemens sanguins sous forme d’épistaxis ou d'hémopiisie, et encore plus souvent des sueurs. Ces sucurs 2'avaient point d'époque fixe; elles paraissaient ordinairement dans la nuit qui suivait l'administration de l’éméto-cathartique ; leur abondance était en harmonie avec l'intensité du catarrhe; une seule fois elles ont épuisé le malade (Jobelin) , et l'ont fait succomber. Le repos les favorisait.

. Nous n'avons eu que deux cas d'hémoptysie : l'une d'elles était critique, et l'autre supplémentaire. La première parut le cinquième jour, dura cinq jours, et guérit la malade au dixième. Le sang était pur, veipeux ; son émission était précédée d'un tremblement.

L'hémoptysie supplémentaire mérite quelques détails , et nous pensons qu'on ue sera nas fàché de les connaître ; quoiqu'ils constituent un hors-d'œuvre.

Ons. — Florenty, 45 ans, tempérameot sanguin , détenue depuis cinq ans, n'a plus de règles depris deux ans; elle reste ue, deux. trois mois, plus où moins, Sans cracher de sang; ensuite |hémoptysie arrive, précédée de céphalalgie, éblouissemens , vertiges , baurdonremens dans les erciles , Qui disparaissent ausstôt que l'hémoptysie s'est déchirée: elle dure tantôt une , deux , trois semaines, et tantôt un, deux ou trois mois: elle se fait orlinairement par Le poumon droit, Je visla malade le 40 novembre; elle se plaignait de douleur sous le sa droit. Je cras à l'existence d'an point pleuréiique, et prescrivis l'application de quel ques sangsnes qui furent sans cet. L'hémoptysie parut le lendemain , et soulagea la malade, qui m'apprit ce que l'on vient de lire.

Lesépistaxis ont été tres-communs chez les jeunes sujets , et ont apparteou presque exclusivement à la fièvre compliquée de catarrhe. 1 faut, conformément à l'observation de nos devanciers , il faut, pour qu'elles soient critiques, qu'elles soient abondantes. Quand il ne s'écou-

lait du nez que quelques gouttes de sang, le malade n'était point soula- & ; cette petite hémorrhagie en présageait ordinairement une plus gran-

e, et quand elle avait lieu constamment, il en résultait une amélioration du catarrhe.

Nous avons observébeaucoup d'émissions gazeuses stomacales vers la fin de la maladie simple où compliquée de catarrhe , mais peu de ces éruptions cutanées miliaires que Stoll a si souvent répcontrées. Nous n'en possédons que quelques cas ; elles n’ont pas été critiques.

résumé nous avons observé des crises : ces crises $e sont manifestées le plus souvent les jours impairs; les jours où nous les avons le lus souvent observées, sont le septième, le neuvième , le cinquième et € troisième , par ordre de fréquence. Beaucoup de mouvemens critiques ont dû nous échapper ; et nous ont réellement échappé, car nous n'avons visité les urines des malades que chaque matin, et par conséquent tous les mouvemens critiques qui ont eu lieu la veille par cette voie, ont été perdus pour nous. Et d'ailleurs, que de précieux renseiguemens négligés par les infirmiers ! combien d'incuries de leur part , malgré nos sollicitations et même nos menaces. Si quelque chose peut suppléer à la quantité des observations , c’est leur exactitude. Sous ce rapport nous avons fait tout notre possible pour nous mettre à l'abri des reproches. C'est au lit des malades et la plume à la main, que chaque matin nous avons nue leur état et constaté les jours critiques. Nous avouerons même que, dans le principe , nous ne songions pas le moins du monde sux jours critiques : les faits seuls nous ont donné l'éveil, et provoqué les recherches dont nous vesons de donner les résultats.

$ IV. Duacnosric,

On peut confondre la fièvre bilieuse avec l'hépatite , la duodénite , La gastrite et la fièvre intermittente. Nous allons exposer les signes qui servent à distinguer ces quatre maladies de celle qui nous occupe.

Hépatite aiguë. — On la rencontre quelquefois dans nos «aps : le plus souvent elle est de nature traumatique , et reconnaît pour cause un coup, une chute, une opération. Dans ces cas 1l est impossible de la confondre avec la fièvre biliense. L'hépatite chronique est encore plus rare. Dans tous les cas , que cette Les TR soit à l'état aigu on à l'état chronique, elle se lie presque toujours à une augmentation de volume du foie, qu'un examen local suffira le plus souvent pour faire reconnaitre ; à une douleur dans l'épaule droite, et à une autre douleur sourde, profonde et continue dans l'hy re du même côté. La première manque toujours dans la fièvre bilieuse ; la seconde , celle de l'hypocoudre droit , s'observe quelquefois , mais elle est aiguë, assez superticielle, et disparait bientôt par l'effet du traitement ou de la marche de la maladie. Les la fièvre bilieuse il y a constamment céphalalgie susorbitaire : ce caractère manque ordinairement à l'hépatite.

Duodénite. — Les deux où trois premières fièvres bilieuses que nous avons observées nous ont trompes : nons Jes avons prises pour autant de duodénites. Nous sommes depuis lung temps revenus de notre erreur. Il est assez difficile d'établir les caractères distinetifs de la fièvre bilieuse et de la ducdénite, attendu que l’histoire de cette dernière maladie est encore à faire. Cependant nous dirons que, dans la grande majorité des cas, la région duodénale était indolore à la pression, et sans tuméfaction, ce qui n'arrive pas ordinairement dans une phlegmasie; que le plus souvent et avant toute médication, le malade digérait,

tion de l'anévrisme, que je nie du reste et qui ne saurait être pronvées, Le malheur arrivé que devais je faire ? Ne pas d'ssimuler l'accident , dit M. Chouippe. et comprimer l'artére avec un corp: dur, au lien d'appliquer unsimpli bsndage. À ces prescriptions de M, Chouippe, j'oppose celles du savant Monfilcon. « Dans un c2s pa- » reil, dit-il, d importe beaucoup de cacher 3 malade l'accident qui vient d'ar- »* river et de conserver le plas grand sang-froid, » Tous mes confrères me ditsapprouveraient sà dans un cas doutenx j curse préféré l'opinion de M. SE à celle de Monfaleon , el vous pensez sans doute de mème. Quant à l'emploi de La compression, je puis directement, et sans le secours d'aucune autorité, vous mettre à même d'apprécier La valeur des savantes observations de M, Chouippe, L'artère est un tube flexible dans lequel circule le sang avec We og 3 si ce tube est percé ou coupé , le sang s'échappe au dehors; il y a hémorrhagie. Pour arrê- . ter À perte de sang, il faut compeuner le vaisseau, et avec d'autant plus de force que Le mouvement du sang cst pie violent. Dordinaire, il est nécésaire de se servir d'un corps dar tel qu'une pelnte , ml exemple , fixée solidement eur l'ori- Gce de l'artère: mous s'ilarrive, par quelque cause conoue ou non conaue , s = l'ouverture de l'artère ne donne lieu à aucuse h'morrhazie , la compression dkevient inutile et un simple bandage sufÜt, Or, tel serait mon cas dans l'hypothèse que je discute. N'ayant pas d'hémorrhagie à contenir, la compress on n'était pas nécessaire ; je dis plus, elle eût été très-nmisible; ar elle eût empêché les arthres collatérales de se développer et de sappléer l'artère oblitérée, Mais je supprime ces détails ultérieurs, que vous comprendriez difficilement, Ea ceci comme +2 tout le reste, j'ai cocore pour moi l'opinion des honorables et habiles chiturgiens que je vous ai déjà cités, et je conclus arec eux que dans le cas supposé ,

non-seulement je pouvais me passer de la compression, mais que je devais le faire.

M. Chouippe enËôn , dés'reux de mettre sue mon compte le mantrais succès de de ses ligatures et l'amputation du bras de co pauvre homme, prétend que j'ai eu tort 4° de différer l'opération, qui scloa lui n'adeet pas de délai ; 2° d'employer des résolutifs, qui, dit-il, ne pouvaient qres réussir. Sur le preméer point , je vous cilerai M, le professeur Boyer, La première mitorité chicurgicale de notre époque, qui conseille d'attendre, pour opérer, que la cireulation dans les artères voisines se soit établie, parre que, sans celte comlition, l'hémorrhagie et la gangrine sont à craindre ; et de fait ces deux redoutables accidéns ne sont suevenus chez notre malade que lorsque M. Chou'ppe à jugé à propos d'en faire Le sujet d'une expérience, Quant aux résolutits, il est notoire qu'ils ont été souvent “ed avec succès chez des malades dociles et qui demeurent tranquilles. M. Velpesu les recommande dans son Traité de médecine op:ratoire, Mais serait-ce ma faute si deGuigne , au lieu de lonir son bras immobile , avait conduit sa charrue , coupé du Hois, chargé s3 charrette et continué ses travanx malgré ma défense , et détruit ainsi tons les avantages de ce traitement? Je ne discute pas l'allégation du plaignant , qui prétend que res topiques brülaient les planches de chêne et carhonisaient Les linges sans altérer la peau de son bras : c'est une invcation ridicule el odieuse, destinée à faire croire que l'in succès des ligatures de M. C'iouihpe tenait à la désorganisation de l'artire , produite par ces applications. M. Chouippe # eu la bonne foi de renoncer lui-même à ce moyen.

» Ainsi donc, Messieurs, vous voyez, d'après lout ce qu: je viens de vous dire,

avec peine il est vrai, mais sans trop de douleurs, et qu'aussitôt après l'emploi de la méthode évacuante , l'appareil digesuf reprenait ses fonctions , ce qui certes ne serait pas arrivé si le duodénum eût été enflamme. Si nous comprenons bien l'ixflammation ; les sangsues appliquées loco dolenti , sont , il nous semble , beaucoup plus propres à la combattre, que l'émétique. Or , le plus souvent Les sangsues ont été sans effet , quelquefois elles ont beaucoup augmenté le mal , ainsi que les saignées et les bains, et l'émétique n'a jamais fait que du bien quand ila été employé à propos.

Enün , pour troisiéme et dernière raison , nous dirons que nous avons ouvert ceux qui ont succombé à la maladie ou à ses complications, et ils sont au nombre de huit. Ceux par conséquent chez qui la maladie a été le plus intense, et nous affirmons que , malgré nos soins à rechercher s'il y aurait quelque altération morbide dans le duodénum et ses dépendances , malgré même , si j'osuis le dire , notre désir d'en trouver pour pouvoir localiser enfin une maladie si singulière, nous affirmous que l'appareil biliaire et le duodénum nous ont toujours paru sains; car peut-on regarder comme une lésion pere une teinte plus ou moins jaune où verte, surtout quand un léger lavage suffit le plus souvent pour la faire disparaitre ?

Nous att:cherions beaucoup moins d'importance à la partie du diagoostie, si, au mépris d'observateurs qui méritent un peu mieux , l'on n'avait point nié & priori l'existence de la fièvre bilicuse comme entité morbide, pour poser à sa place une maladie de complaisance qui en diffère autant que la fièvre quarte diffère d'une pneumonie, On a certes commis une grave erreur. Le mal ne serait pas bien grand, s'il s'etait arrêté là. Iln'en a pas été etiln'en pouvait pas étre ainsi. Dans notre science , les théories ont beaucoup d'influence ; elles dominent le traitement. Or, pour être conséquent , dès qu'il a été admis que la fievre bilieuse était une phlegmasie, il fallait la traiter par les anti-phlo-

istiques. C'est justement ce qu'on a fait. De là nne foule d'erreurs

érapeutiques bien plus condamnables que les erreurs scientifiques. Les RARE ne font de mal à personne ; les premières s'attaquent directement à la vie des malades. Nous essaierons de remédier à cette dangereuse confusion en exposant les caractères qui différencient la fièvre bilieuse simple, telle que nous l’avon ; observée, de la gastrite telle qu'elle est décrite dans les œuvres de M. Broussais.

Ceux qui croiraient encore ; ou qui seraient tentés de croire que la fièvre bilieuse est une gastrite , sont priés de jeter un coup d'œil sur le tableau suivant.

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