‹ Gazette médicale de ParisChapitre 123 sur 394 · OUVERTURE DU CABAVRE 18 NEURES APRÈS LA MORT · texte numérisé non relu

OUVERTURE DU CABAVRE 18 NEURES APRÈS LA MORT

Habitude extérieure, — Rigidité cadavérique très-prononeñe; teinte Bride de a partie postérieure du tronc ; laches purpurines très-apna-

érieure du thorax et sur les cuisses: éruption de varioke à

ne, — Les smygdales , la partie inférieure du voile du palais. le ryax et l'intérieur du larynx, sont tapissés par une couche de détritus brunätre qu'on enlève avec le dos du — , et qui exhale une odeur gangrénense: les s, autour de la glotte et sur la langue on distin- Lee par pustules varioliques; dans la trachée et les bronches est con'enu in iquide grisätre exhalant une odeur gongréneuse; la muqueuse qui Lapisse cette portion des voies sériennes présente quelques ecchymo:es, Les poumons ne pré-entent aucune adhérence ; les cavités pleurales ne contirnwent pss de sérosité; La surface des lobes supéricurs est rosée, leur Lissa est per-

ne sensible, Cou et poil

méable à l'air ; les lobes inférieurs à droite et à gauche offrent extérieurement une couleur hruaätre , ils sont fortement engoués, mais ne se précipitent pas au fond de l'eau; le cœar est de volume normal; ses cavités droites coatiennent deux petits caillots Gbriveux ; le péricarde est sain,

Abdomen. — La muqueuse gastri résente une multitude de pelites ecchymoses, qui lui donnent ar où existaient un certain nombre de Laches purpurines; dans l'intervalle de ces taches rouges, la muqueuse est d'un blanc sale, et offre une assez bonne consistance; l'intestin grêle contient un liquide verditre, et une douzaine d'ascarides lombricoïdes ; ça et là € présentent aussi quelques écchymoses ; les plaques de Peyer sont peu saillantes, grisitres et réticulées ; le reste de la muqueuse est pâle ; sa consistanre est normale; le cœeum et le colon transverse contiennent des matières fécales dures; quelques arborisations fines existent ça et là, etdeux ou trois ecchymoses de la largear d'un pièce de dix sous. Du reste, les lambeaux, que fourait la muqueute du gros intestin, sont d'un demi-pouce environ; le foie est d'un jaune paille et graisse légèrement le scalpel ; la rate est à l'état sain ainsi que reins; les ganglions mésentériques n'offrent aucune altération ; la vessie est distendue par une grande quantité d'urine sanguinolente.

Tére. — Les vaisseaut des méninges et de la périphérie du cerveau ne teat qu'une injection médioere ; l'arachnoïde conserve sa transparence ; piemère 5€ partout avec facilité de la surface des hémisphères ; une once de sérosité à la base du crâne. quelques gouttes seulement dans les ventricules latéraux ; la substance cérébrale n'est que médiocrement piquetée; sa consislance est normale; le cervelet et la protubérance annulaire ne présentent aucune altération.

Cette observation a présenté plusieurs circonstances Le de remar. ques, qu'il importe de faire ressortir. Et d'abord , malgré les renseias les plus circonstanciés fournis par le malade et les parens , sur es conditions hygiéniques au milieu desquelles il se trouvait placé, aous n'avons su à quelle cause rapporter l'invasion du purpurea he. morrhagica qui précéda de trois semaines la double éruption de variole et de la scarlatine. Ce garçon était doué d'une forte constitution ; ses muscles étaient très développés , son embonpoint assez considérable. 1] travaillait dans un atelier vaste et bien aéré ; 11 habitait une chambre située au cinquième étage, qui était par conséquent à l'abri de toute humidité. La nourriture dont il faisait usage état assez substantielle. Du reste , aucun accident grave n'accompagna cette affection pendant les trois semaines qui suivirent so0 début. Le malade n'éprouva que quel. ques troubles passagers des fonctions digestives. Il continua à se livrer à ses occupations habituelles , et ne se soumit à aucune espèce de régime.

C'est dans ces circonstances que la variole et la scarlatine prirent naissance. Leurs prodrômes n’offrirent rien de remarquable ; mais la marche de l'éruption fut très-irrégulière. Cette combinaison de deux exanthèmes fébriles estextrèmement fâcheuse. A l'hôpital des Enfans, où l'atmosphère des salles est en quelque sorte imprégné des miasmes de la variole, de la rougeole et de la scarlatine , nous avons plusieurs fois observé cette complication ; elle a été presque constamment mortelle.

Quant à l'angine gangréneuse qui a été constatée sur le cadavre , et qui n'avait été que soupçonnée pendant la vie, l'exploration de la gorge n'ayant pu être faite convenablement, nous ne pensons pas qu'elle ait été le résultat d'une phlegmasie intense. Le malade ue s'est jamais plaint de la gorge. Nous avons vainement pressé la partie antérieure du cou , cette pression n’a fait naître aucune douleur. Ce n'est dans l'inflammation du phorynx ct du larynx qu'il faut chercher la cause de cette altération, mais daus l'état-général. La lésion de Ja gorge était de même nature que ces escarihes qu'on observe au sacrum pendant le cours des fièvres typhoïdes, que la gangrène de la bouche, qui se manifeste surtout de Les enfans qui ont séjourné plus ou moins long-temps dans l'hôpital. Cette dernière affection, rare dans la ratique civile, est en quelque sorte endémique à l'hôpital des Enfans. Dans la grande majorité des cas, aucun signe de phlegmasie ne la précède , ainsi que nous avons eu fréquemment occasion de nous en convaincre. M. Baron , qui s'en est spécialement ogg avait déjà fait la même remarque.

Les symptômes ataxo-adynamiques étaient dans ce cas tont-à-fait indépendans d'une altération de texture du cerveau et des voies digestives. L'encéphale et ses enveloppes n'ont offert , après la mort , aucune trace de phlogose. Quant aux voies digestives, nous n’y avos trouvé que quelques gts ecchymoses de la muqueuse, altération qui aecompagne toujours le purpura hemorrhagica. Le traitement a été fort rationsel : mais que pouvaient nos moyens thérapeutiques contre des accidens aussi formidables?

AMCMATIÈME ARTICULAIRE AÏGC TERMINÉ RATIDEMENT PAR LA GUÉRISON 81N8 LE SECOLRS DES ÉMISSIONS SANGUINES.

Os. — Un ouvrier hijoulier âgé de 14 ans. cheveux chitsins, formes arrondies, chairs molles, Aasques, habituellement bies portant, issu de parens qui n'ont jamais élé atteints d'affection thumatismale , travaillent dans ua atelier vase et bien aéré, fut pris sans cause connue ct sans malaise antécédent , dans la

ra journée du 6 mars, d'une douleur vive à l'articulation tibio-tarsieone gauche, Le

ndemain, cette articulatiun offrit de la rougeur et du gonflement ; ” malade continua cependant à travailler,

Le 8. Anx symptômes précédens sc joignirent la douleur et la tuméfaction du genou droit ; l'appétit fut perdu ; il survint une fièvre intense; le malade fut contraint à s'aliter.

Le 9. Persistance des mèmes symptômes,

Le 10. Entrée à l'hôpital.

Le 41, cinquième jour de ls maladie , le malade nous offrit l'état suivant : Décubitus dorsal ; face portant l'empreinte de la soufrance; peau chaude, halitueuse ; pouls accéléré à 120 pulsations par minute ; tuméfaction sans douleur des articulations du pied gauche , qui avait été primitivement affecté; gonflement des deux articulations tibio-fémorales , accompagnée d'une douleur vive qu'esaspèrent la pression et le Le leger mouvement ; langue naturelle ; soif ardente; auoresie ; douleur de l'hypocondre droit, que n'augmente pas la pression ; une selle naturelle ce matin, A re une consiipali gie, pas de trouble appréciable de l'appareil respiratoire. (Chiendeot nitré, deux

ts; looch blanc avec addition de 2 gros d'oxide blanc d'antimoine ; frictious

es parties douloureuses avec le baume tranquille; diète.)

Le 42, sixième jour. Pas de sommeil pement la nuit; les douleurs du genou sont moins vives; mars les articulat ous du poignet et de La main à droite et à gauche, l'articulation scspulo-humérale er , sont très-douloureuses et offrent en même temps de la tuméfaction et de La rougeur ; ce derniersymptôme est surtout marqué autour des poignets, Douleur épigastrique Diant par la pression; soif vive sans nausées ni vomissmens ; trois selles arrhéiques précédécs de quelques borborygmes ; pouls à 4U4 ; peau ruoïte, (Même prescription ; bouillou ar

Le 43,

hon de cinq jours ; pas de céphalal-

septième jour, Insomnie qui persiste depois l'invasion; douleur de l'articubion scapulo-hamérale droite, qui jusqu'alors était restée intacte ; la douleur épigastrique s'est dissipée, mais elle a cavahi les lombes ; le pouls est descendu à 96.

Le 44 , huitième jour, Les douleurs de Farticulation radio-carpicune et de La main droite, qui la veille étaient moins vives, ont entièrement disparu; les mon vemens du membre supérieur droit sont libres; douleur et gonflement de toutes les articulations du bras gauche et des muscles des parties latérales du cou ; la tuméfsction des deux genoux persiste, mais le malade n'éprouve dans ces parties qu'un léger sentiment de gêne; il peut excrocr quelques mouvemens; le pouls se maiotient à 6 pulsations ; la douleur d'estomac n’a pas reparu; quelques nausées ont eu lieu après l'ingestion de la potion que le malaske prend avec répugoance ; la diarrhwe persiste. ( On coulinue l'oxide blanc d'antimoine, mais on lui donue pour éhicule use potion gammeuse ; on veut s'assurer par là si la diarrhée est l'effet de l'oxide blanc d'antimoine onu du lnoch blane , qui , préparé dans les hôpitaux avec l'huile d'amandes douces, produit sauvent une légère purgation.

Le 15, neuvième re Langue large, bumide, couverte d'an enduit blam hàtre; soif pru vive ; l'appétit revient; le ventre est cp et indolent ; une seule évacuation cn vingt-quatre biures ; douleur de toutes les articulations du nembre supériear gauche ; cells des autres membres sol libres ; pouls à 92, { Même prescription , À eux un bain tiède.

Le 46, dixième jour. Pas de changement notable,

Le 17, ontième jour. Le pouls est remouté à 108 ; le malade éprouve nne vive douleur de la région inguioale gauche; le pied du même côté est 1rès-douioureux : langue rouge sur les bords , villeuse à sa surface, el ayant de la tendance à se sécher ; gêne de le déglutition sans rougeur des amygdsles et du pharynx; uv seule évacnotion liquide ; anxiété; plaintes contiruelles; pas de toux ; pas de douleur de la région précordiale,

Le 18, douziime jour. Le malaise et l'anxiété de la veille persistent; ls mouvemens de la tête et du tronc sont très-douloureux ; le malade se plaiot surtout de la région lombaire et de la partie latérale gaache du cou ; les muscles de cette derniére m'gion sont tendus et douloureux à la pression; l'articulation des os manillaires est intacte; le malade ouvre La bouche sans douleur ; la gène de ]a de-

dutition persiste ; le pouls est remonté à (20; l'affection rhumatismale n'est plus amas vus articulations; le système musculaire parait même donner seul des signes de souffrance, { On suspend l'oxide blonc d’entimoine , que le malade ne prend qu'avec une extrème réphgnanre, ct qui d'ailleurs n'a amené aucun changement notable, On insiste sur les haïns tièdes.}

Le 19 , treiziime jour, Persistance de la douleur des lombes et du cou; les articulations précédemmeat affectées offrent un engorgement ademateux qui ne gène pas l'exercice des mouremens; le malade demande des alimens avec in. stance; on lui accerde le demi quart; les douleurs diminuent les jours suivans, .

Le 23, dix septième jour. Le malade n'éproure plus sucune douleur ; les mouvemens des membres et du tronc sont couère rent libres ; la peau est de chaleur naturelle; Je pouls vormel. (Ch'endeut ; sirop tartarique ; un quart de la per- Lon.

Le 24. L'amélioration se soutient.

Le 25. Quelques douleurs se manifestent dans les épaules. Cette légère récidive a coincidé avec un changement brusque de la température et de l'état hygrontrique de l'air. Du reste, ces douleurs sc sont dissipées dés le lendemain, E ma lade est resté à l'hôpital jusqu'au 40 avril ct n'a pas éprouvé ls plus légère dou- Lo malgré les changemens qui ont eu lieu daus la température pendant cc laps

temps.

L'oxide blanc d'antimoine ne nons a pas paru exercer une influence notable sur la marche de la maladie. Lorsqu'on à supprimé l'emploi de ce médicament, la fièvre et les douleurs rhumatismales avaicet à peu près la même intensité qu'au moment où on en commença l'usage. On peut done considérer cette affection cemme ayaut cté abandonnée à ellemème, Nous avons pensé que ce fait offrirant de l'intérêt dans un mo-

514 GAZETTE MEDICALE ment où quelques médecins préconisent plus que jamais l'emploi des émissions sanguines , soit générales , soit locales. On ne se borne pas à recommander l'emploi d’une ou deux émissions sanguines, mais on prétend obtenir des succès éclatans en ouvrant cinq, six et sept fois la veine dans l'espace de quelques jours. Nous ne contestons pas la vérité des faits cités par ces observateurs , mais nous pouvons affirmer que nous avons vu, pour notre part, des convalescences très-longues, des infiltrations séreuses à la suite de ce traitement énergique. Sydenham, qui recommandait d'employer quatre saignées au plus dans les rhumatismes sur-aigus, se montrait plus avare des émissions sanguines , que les médecins dont nous parlons; et cependant ses contemporains lui repro-

chatent de se montrer trop prodigue de saignées dans les affections rhumatismales. Voici ce que lui écrivait son ami Brady : /n curatione

tre observation. L'auscultation et la percussion de la poitrine nous à

prirent que l’inflammation était parvenue au deuxitme d

du thorax était tellement tranchée , que nous nous demandäimes s'il n'existait pas un épanchement occupant toute la cavité pleurale du côté ganche, Mais l'existence du souffle lubaire de la base au sommet; l'absence d'égophonie, la possibilité qu'avait le malade de se coucher indifféremiment sur les deux côtés, élorgnèrent cette idée : d'ailleurs la marche ultérieure de la maladie confirma notre diagnostic. Aucune médica. tion ne fut employée au début. Pendant le séjour du malade à l'hôpital , elle fut très-pen active. La saignée qui fui prescrite n'amena que ques gouttes de sang, et elle ne fut À renonvelée, L'oxide blanc d'antimoine ne fut administré que pendant trois jours. lei , comme dans lé

rhumatismi , frequentem phlebotomiam et largi manu celebratam uærerem ego an non rejectà ia non humani sangu nis adeo

tanquam necessariam proposuisti.

tam severd et tam crudeli methodo, prodiga, nec mins certé inveniri possit.

PUEURO-PNEUMONTE OOCUPANT TOUTE L'ÉTENOUE DU POUMON GAUCHE ; PAS mt TRAITEMENT ACTIF; SUEURS ABONDANTES LEC TREILIÈME ET QuatoautÈme

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