FOURS ; GUÉRISON
Ons. — Étienne Saunac , 4 ans et demi, cheveux bruns, peau brune, asser
forte cobstilution , embonpoint modéré, toussait [
fut pris le 20 mars, sans ms connue , de dy Se de Darad mue da côté gauche de la poitrine; la toux s'exaspéra, le malade perdit l'appétit , ct éprouva les jours suiraus des allernatives de diarrhée et de constipation ; il garda le lit et prit des boissons adoucissantes; ancune médication active pe fut mise en
usage.
Entré le 27 mars à l'hégtal, il nous offrit à Ja visite du 28, le huitième jour de la maladie , les symptômes suivans: décubitus asus; face rouge et animée; peau chaude et sèche ; dyspaée intense; toux sèche, extrésmement fréqueate ; sou mat de tout le côté gauche de ls poitrine en arrière et fatéralement ; soufflé tubaire et bronchophonie dans lo même étendue ; absence complète du beuit respiratoire: la sonortité du cèté droit contraste avec celle du côté opposé; l'oreille appliquée vur ce côté dle La [rer entend Le murmure respiraloire qui est manifestement exagéré ct méèlé dans quelques points de râle rouflant ; La tous n'amène auvune expectoration; le malade ne peut préciser le siége de La douleur ; le pouls est très. accéléré, il bat 444 fois par minute ; on eumpte dans Le même laps de temps 68 mosvemens respiratoires ; les lèvres sant sùcles et fendiliécs ; la langue large et homide est couverte d'un enduit blanchâtre; pas de nausées, ni de vomissemens : ventre souple et indolent : constipation depuis trois jours. (Saignée de 4 onces, décoction de palygale, ? vésicatoires aux jambes , lavement émollicat.} La ssignée n'ayant pas élé pratiquée d'une manière couvenable, n'avène que quelques gouttes de sang; on ne la renouvelle pas ; dans la journée le malade est dans un état d'anxiété ivesprimable, il criaille sans cesse, s'agite dans son lit ; pendant la nuit ne goûle pas un seal instant de repos.
Le 29, 9" jour, à l'agitation de la veille a succédé l'abattement, le décubitus à lieu sur le côté gauche; la dyspuée persiste ; La voix est fable ét rauque ; La toux conserve a fréquence; Ja face a une ligère trinte viulacée ; 140 insgirations par # pute ; l'auscultation el la percussion du 1horox fournissent les mimes résultats que la veille ; on suspend le poligale qu'on remplace par l'infosion de mauve , ét 68 presrrit À gros d'oxide Flame d'antimoine.
Le 30, 10° jour, le décubitus a lieu tamiôt à droite, tantôt à gauche ; la peau reste chaude et sèche; la toux, la dyspnée et la raucité de la voix persistent ; à gauche , l'air ne pénéire dsns aucun point du parenchime palme maire; où enli® | to 1jours du soufile tubaire ,et La ju réussion donne logjous un son mat, quelle que soit la position du malade : pas d'égophonie; à droite, la respiration est tell:ment exagérée à la pactiesupérieure surtout, qu'elle se rapproche de souffle tuluire; du reste, ce côte de La poitrine rébd un son : xtrémement clair ; les vois digestives sout loujonrs en bon état; selles quotidiennes; 140 pulsations ; 52 inspiratious par mioule (Méme prescript'on.)
Le 31,41" jour, pas de changement notable ; on accorde une tasse de lait.
Le 4° avr, 12° jour, ME Jaelot, qui prend le service, suspend l'oxide blanc d'antinoine , et fait appliquer, penlaot nn quart d'heure, un sinapiame sur le côté gauche de la poitrine ; pas de changemeat notable dans l'état général et dans l'état loral,
Le2etle 8,43" et 14° jours de la maladie, des sueurs abondantes ont lieu ; la toux s'homecte.
Le %. 16° jour, La matité et te souffle Luhaire persistent, mais à La base du côté gauche de la poitrine on commenre à entendee quelques bulles de râle sous-crépitant ; le côté droit est toujours sain; da toux esl grasse; la peatt moite; aous comptons cocore dans une minute 40 inspirations et {28 puleations, (Mauve, sirop de gomme , julep gommeux , lait et bouillon }
Le 8 49 jour, Le bruit respiratoire s'entend dans les deux Viees inférieurs du cdté gauche ; be son est beaucoup moins obscur, on entend toujours du souffle tubaire su sommet; à droite léger räle muqueux, sonorité de la poitrine aormale ; le pouls est descend à 440, la respiration à 78.
Le 12,28" jour, le son est à peu près égal des deux côtes; le bruit resqiratoire s'entend également à droite et à gauche, accompagné en quelques points de têle muqueux ; la peau est de chaleur naturelle ; le ponts bat 78 fois par minute ; la toux est rare ; la voix à repris san limibre normal. ( Déroction de Jichen, pa-
tages.) L'amélioration se soutient Les jours suitans, et ce garçon quitte l'hôpital de 20 avril, entièrement guérs.
La pneumonie du côté gauche était dans ce cas très-caractérisée ; elle était arrivée au huitième Jour ; lorsque le malade fut soumis à no-
;|Icutée rend un son également clair
ulsations, 48
cas précédent, la maladie fut en quelque sorte abandonnée à elle-même; la nature fit presque tous les frais de la guérison , qui coïncida avec l'apparition La sueurs abondantes qui eurent lieu vers le treizième et le quatorzième jours. Cette observation nous paraït très-remarquable sous le point de vue des phénomènes critiques qui ont coïacidé avee la résoution d'une preumon'e occupant {a totalité du poumon. Nous avons eu occasion d'observer plusieurs cas analogues.
LARTAGITE AIGDE SIMOLANT LE CROUP. — APPLICATIONS RÉPÉTÉES DE MANO= SUES SUR LA PARTIE ANTÉRIEUR DE COU SANS AUCUN AMENDEMENT, — MORT. — SIMPLE HOUGEUR ÉAXTHÉMATEUSE DK LA MUQUEUSE LARTIGÉF.
Ons. — Cabourg, Agé de 5 ans, constitution médiocrement forte , ebeveus brans, embonpoint assez développé, est apporté à F'hbpital le 3 mars. Ce 8 est issu d'une mère qui à saccombé à la phihisie à l'âge de 27 ans, et d'un roort depuis deux jours à | Hôtel-Dieu d'une maladie inconnue, La personne qui l'amène nous dit qu'il tousse depuis cuviron trois mois, mais que depuis deux jours la toux s'est notablement exagpérée , e1 s'est arcompagnée de rancilé de la voix et d'une dyspnée intense. Aucune méditation n'a été employée.
Examiné peu d'instans aprés son entrée , il nous a offert les syptômes suiraus : Décobitus assis r teinte violacée de Le fore ; orthopnée; goaflenrent consdérable du cou; itipiration sifflante , très-difficile ; douleur de gorge ; sensation d'un étranger qui s'oppose au passage de l'air dans le canal a rilère ; toux petite, sèche, incessante , sans aucune eapertoration ; pouls serré à 450 ulsa tions ; 60 inspirations par mivute, L'examen de l'arrière bouche me fait vrir qu'one légère tuméfaction des amygdales ; aucane exsudalion couennense w'exisle sur ces glandes ni sur la ‘ postérieure du pharyas ; la poitrine perdroite et à ganche ; l'snscaltatiqn ne fournit que des renstignemens négatifs ; le bruit praduit por ke passage de l'air daus la trachée vient retentir vers le point des parois thoraciques sur lesquels l'orrille est appliquée , et masque tous les autres bruits appréciables par l'ausculiation ; la langae est netarelle: l'appétit entièrement perdu ; la saif médiocre ; le ventre souple et indolent ; l'intelligence est intacte. L'interne de garde fait mages mel dans ls soirte 8 sangiaes sur les parties latérales du laryns ; 1 prescrit en temps uu latement purgatif et des cataglasmes sinapisés aux membres inférieurs. Un vonulif est adrrnistré après la chute des sangsues, qui fonrni-sent une atsez grande quantité de sang. Trois vomissemens abondans el six selles liquides suivent l'emploi de l'ipécecuanha On remorque un léger amendement après l'emploi de cette méieation. La puit est assez calme ; mais le lendemain , les symptôwes reprennent une aoutrelle intensité.
Le 10. Mëme coloration de la face que La veille; même orthopnée ; inspiration sonore , S'entendant d'ane extrémité de La salle à l'autre; anxiété extrême ; pouls à 436 pulsations régulières et assez déreloppees; 56 inspirations ; Le toux est suivie de l'expectoration de quelques crachats muqaeux opaques, au milice desquels il n'eviste aucun débris de fuusses membranes ; la matière des vomissemens n'en conlient pas non plus; la déglutition des boissons esi farile ; les amygdates sont à l'état normal. (Mauve édulcorée ; 45 grains de calomel en 3 paquets }
Daus la journée, on lui done une petite quantité de lait, qui est immédiate: ment rejetée por de vomissement ; ia em quatre selles liquides. Le soir, sgitation extrème, délire, orthopnée. (On frictionne la partie antérieure du cou avec 4 gouttes d'haile de crotan-lighum , ct on applique un vésicatoire ammoniacal à la nuque.
Let 4. Abotiement profond; teinte violacée de la face: lèvres volumineuses Bivides; ivspiration sifllante ; toux faible se rapprochent de la toux croupale ; vois éteinte; ponls petit à 164 putsations ; 52 moonremens inspiratoires par minute. Lorsqu'on interroge le malade sur le siège de son mal, il porte la mait à sou cou, L'examen de thotax ne fournit toujours que des signes négatifs ; la percusion donne partout un son clair ; l'ansenltation ne doune aucun renseignement
Hif, (Six sangsnes au cou ; deux vésivatuires aux cuisses; sirop d'ipécacuanbs , L'onevs,à prendre par cuillerée à café tons les quarts d'herre.} Aucone amélioration ne suit Tenvploi de ces divers morens, Dans ls journée, l'orthopnée persiste; il survient du délire et une agitation estrénm; le malade te jette à droite et à gauche dans son Hit; il porte fréquemment li maie au larynx pour en arracher l'obstacle qui hui semble s'opposr au passage de l'air.
Le 42 au motin, Asphyaie imminente ; altération profomle des 4raits ; face hsides vois cotèrement éteinte ; pouls pctit, 6liforme, Mort une heure aprés ta visite.
AUVERTORE DO CADATRE 23 HECRES AMRIS LA MORT,
Habitude extérivure. — Le cadavre est resté courbe sur la partie antérieure du tronc depuis te moment de sa mort jusqu'à l'ouverture, Rigidité des nenbres très-prononcée, Teinte livide de la face , de la partie antérieure du thorax et de l'abdomen Ecchemosc: voirâtrés amtour des piqûres des sangsues à la partie antenéure du con. A
oitrène. —= L' te et ls glotte présentent une rougeur très-vive et
Cou et épisiet N vive une tuméfaction considérable; l'ouverture de la ghotte est manifestement rétrécie;
la muqueuse qui recouvre ces parties ne présente ni fausses membranes, ni ulcé-
ration , ni imfltration purakente, La même rougrur existe à l'intérieur du laryix; elle est très-marquée à la partie -upérieure; elle dimique à mesure qu'on se rapproche de La irachée et des bronches, qui ue présentent qu'une télute rosée el contiennent un liquide puriforme. |
Les ganglions bronchiques sout hypertrophiés, surtout à droite, où quelques uns contiennent des tuberculrs; adhérencesgencrales et ancivnnes du poumon gauche à la plèvre costale ; adhérentes partielles à droite; la cavité des plèvres n'est le siège d'aucun épanchement ; au sommet du poumon gauche exstent drux petites masses tuberculeuses dant l'une a Le rolunie d'une aveline et l'autre celui d'un
is. Le parenchyme pulmonaire contivnt un melange de sang et de sérosité, mais il m'est nullement friable ; coupé par moresux etylongé dans l'eau, il surnage. Le cœur contient dans ses cavités une petite quant té de sang liquide ; ses oribves sent entièrement libres; ke trou de Botal est oblitéré; le pericarde est sain ainsi que Les gros vaisseaux. PA
Les voies digestives ne présentent aucune altération; le crâne n'a pas été ouvert.
L'année dernière, à pareille op nn malade de même âge nous à ème des sympiômes tout-à-fait semblables : même toux , même yspace, mème altération de la voix, Chez Jui Ja maladie avait pris naissaoce dans l'hôpital; elle fut évergiquement combaitue , douze à inze heures après le début , par les émissions sanguines locales , qui rent, comme dans le cas précédent, suivies d'une rémission passagère. Les purgatifs et les vésicatoires furent également employés sans succes. La mort eut liea le troisitme jour, et à l'ouverture nous constatämes les mêmes altérations que chez Le sujet de l'observation précédente.
Ces deux faits me paraissent très-propres à ébraoler la confiance trop grande, à notre avis, qu'on accorde aux émissions sanguines pratiquées sur l'organe même qui donc des signes de souffrance, Dans ces deux cas le sonlagement n'a élé que momentané, Les accidens n'ont pas tardé à s'accroitre. On néglige beaucoup trop aujourd’hui les saignées révalsives, Ghisi, qui le premier à décrit une épidémie de eroup observée à Crémone en 1947, rapporte que la saignée générale précéda l'application des sangsues et des ventouses scarifiéessur La gorge, et qu'on a'ebtintdesuecès que par cetteméthode. Chez les très-jeunesenfanson peut remplacer l'euverture de La veine par une application de sangsues faite ke 2 loin possible de l'organe affecté. M. Chauffard, dans son Traite de médecine pratique, cite un grand nombre de faits qui dé ten faveur de cette dernière méthode , et qui attestent le danger des émissions sanguines pratiquées, surtout à la période aigué, dans le voisinage de l'organe affecté. Nous avons vu récemment une ophihalmie qui s'est notablement des: vis après deux applications de sangsues aux tempes , et qui n’a cédé qu'à une émission sangume locale pratiquée aux membres inférieurs,
PATHISLE PULMONAIRE ; FAEUMO-THORAX ; MORT QUATRE MOIS APRÈS L'invAMOx DE CET ACCIDENT; EXCAVATIONS TURERGULEUSES DU POUMON CAUCHE ; FERFO- RATION DU LOBE SUPÉRIEUR FERMÉE PAR DXE FAUSSE MEMBRANE SEMI-CARTILA= CHNEURE ; PÉRITOMTE TUBERCULEURE,
Ones. — Adolphe Debruges, âgé de 8 ans, con titulion déliexte, chere noirs, iris de couleur foncée , cils longs, sclrérotique d'un blanc bleuêtre, est transporté à l'hôpital le 50 norembre. Ce garçon, quoique issu de parens sains, à ex dans sa première enfance des engorgemens glanduleux au cou, et des exsudations da cuir chevelu qui ont persisié long-temups, À l'âge de cinq ans, il à contracté ane coqueluche qui a duré trois mes; deux ans après il a eu la rougeole, Il s'adonne depuis long-temips à la masturbation. Depuis la disparition de Le rougeole , toux fréquente , alternatives de constipalion et de diarrhée , accès de Gèvre irrégoliers revenant surtout le soir, vornissemens et doulinrs de ventre par intervalles , diminution progressive des forces et de l'embonpaint ; depuis deux mois erse rapide, épistaxis répétées; enÜn, trois jours avant son entrée, invasion subite d'one donleur rive du côte gauche de La poitrine, acecropaguée d'une très-
oppression.
Examiné le 4°° décembre à La visite de matin, il nous offre l'état suivant : dé. cobitus assis , dyspnée intense ; douleur vive de tout le côté gauche de la poitrine a nt par la percussion, sonortité tympanique et absence du bruit respiratoire ; le côté droit donne un son beauconp evoins clair que le cdlé gauche, et crpendant le benit respiratoire y est très-pur, et parait même exagéré. Du reste,
loux fréquente sans expectoration ; affaiblissement de la voix; langue naturelle ; |:4
pas de gêne de la déglutition , ni de douleur de gorge ; soif médioere ; appétit non entièrement perdu ; pas de nausées, de vomi-semens , ni de diarchée; le ventre est tuméfié; son volume contraste avec celui des membres inférieurs, qui sont irès-gréles. On cherche vainement à constater à interieur de l'abdomen la présence des tumeurs marronnées, La pression n'y fait naître aucune doutene ; poais
fièvre devient tout à coup plus intense : il se manifeste de l'agitation, du délire : les aliens sont rejetés par le vomissement, Ces symptômes persistent pendapt 124 heures, à la suite desquelles qi por à la peau üue éruplion de scarlatine. | Cet esanthème, qui aîfecte surtout la peau du tronc, parcourt régulitrement sa marche et se termine au hont de quelques jours par une desquamalion abondante, |Pendant ce laps de temps on sopprime les alimens qui avaient été accordés quetques jours auparavant,
Le 22, La face est naturelle, le pouls petit et peu accéléré ; la toux peu fré- Iquente; la sonorcité de la poitrine e-t à peu près égale de part et d'autre; le bruit |remiratoire est très-faible à gauche ; la pectoriloquie est évidente sous l'omoplate du même cô1é; du reste on n'entend oi gargouillement , ni crépitation , ni souffle ltubaire ; l'appétit est vorace; La diarrhée qui s'était montrée pendant quelques \jours, à dispara ; des vomiss-mens avaient eu Lieu le 47 et be ra ils ne se sont \pas renouvelis depuis. On accorde an malade des potages.
À dater du milieu de décembre, diarthée continue; vomissemens par iatervalles; toux fréquente le soir; sucurs nocturnes. ( Décoction blanche, laremens opiacés.)
Le 4 février, l'auscultation et la percussion fournissent les résultats suivans : Son mat de tout le côté gauche ; bruit de pot félé dans la chavicnle du méme côté; respiration carerneuse au niveau de Fomaplate gauche ; pectorilaquie sans gargouillement, À droite, la respiration est pure, le som naturel. Au niveau du lobe toférieur gauche , on entend en outre du souflle tubaire, mêlé en quelques points de râle crépitant; In Gévre est continue et présente le soir un paroxysme qui se terasinc La nuit por d'abundantes sucurs; fa diarrhée persiste ; le malade est parvenu au dernivr degré du marasme ; on le soumet à l'usage de l'oxide blanc d'antimoine , qui est suseode au bout de quelqnes jours.
Aucos phénomène nouveas , souf quelques selles sanguinolentes , ne survient j au SÙ mars, où le malade est pris subitement au milieu de la nuit d'une douleur vive du ventre, qni le lendemaia est trouvé lendu et météorisé, Quelques vomissemens ont View, el vingt-quatre heures après Pinsasion de ces acci- Les le malade succombe, La mort est précédée de quelques mouvemens convulsifs, Du reste, lé malade a conserté presque jusqn'eu dernier moment l'intégrilé de ses facultés intellectuelles,
OUVERTURE NO CADATRE S0 mECRES APRÈS La MORT.
État extérieur. Maigreur squelettique ; pileur rale des tégumens ; teinte verdätre de La paroi antérieure de LE Lu pol ua son tympanique ; rigidhé codavérique très: prononcée,
Cou et poitrine. Fubercules des ions sous-maxillaires; muqueuse qui tar pisse le larynx et la trachée pile, decolorée , sans La moindre trace d'ulcération ; tous les ganglions ont ous dans le médiastin, sont transformés en masses tuberculeuses; le poumon gauche adhère à la plèvretostale et disphragmatique dans presque tonte son étendue; les fausses membranes à l'aide desquelles ces adhérences ont lieu sout parsemées de tubereules et sont très-dificiles à déchirer; des lambeaux de tissu pulmonaire restent attachés à la paroi thoraci jue ; le lobe supérieur présente deux cavernes qui pourraicnt chacune admettre un marron; la première est située non loin da sommet; on observe à ss surface quelques lambeaus de fausse membrane; la seconde occnpe la base de c: même lobe ; la fausse membrane qui la recouvre dans loute son clendue est Gbro-celluleuse ; elles soul vides toutes deux ; la partie postérieure de ce lobe est recouverte par une fausse nwmbrane semi-cai tilagineuse d'une ligne et demie d'épaisseur ; elle concourt à former la paroi postéricure de celte caverne; be reste du parenchyme pulmonaire est farci de tubercubes isolés où en masse ; il est complétement” induré , se ecuye par tranches el se précipite au fond de l'ean: 11 est entièrement impérméahlé à l'air.
Le pourson drut présente également des adhérences besuconp moins étendues qu'à gauche ; le parenchgree de ce poumen est vermeil el permesble 3 l'air dans la plus grande partie de son étendue; on distingue çà et là quelques tubercules crus et des granublations grises denn-trancparentes,
Le cœur et son enveloppe ne présentent rien de remarquable,
Abdomen, À mesure que le scalpel pénètre dans eette cavité, il s'échappe une assez grande quantité de gaz ; La paroi amérieure de l'abdomen étant enlevée , on trouve daus La cavité du péritoine une grande quantité de sérosité mêlce à des matières fécales; toutes les circonvolutions intestinales ont contracté des adhé. rences ct forment au centre de l'aliomen une masse dont ilest impossible d'isobe les diflérentes parties; le foie, qui est recouvert de fausses membranes, ladhère également aux parties voisines; son parenchyme et les fausses mwrmbranes qui le tapissent contiennent de nombreux tubercules; la rate en contient égale ment; il uen esiste pas dans les reins ; l'estomac est aé d'une grande quan (tité de liquide au milieu duquel où trouve du lait cosgulé et du chocolat; sa eu quiuse est pâle , épaisse et cassante ; elle ne ets pas de ramollissement notable; 3 est impossible d'examiner le canal intestinal daus toute son éténdue ; quelques anses de Filéon et du colon sont incisées et présentent à leur surface imterne de nombreuses ulceralions; les trartions exercées sur le paquet intestinal ayant produit plusieurs déchirures , il est inpessible de découvrir Ja perforation Iqui a donué lieu à l'épanchement de matières fécoles dons ke péritoine et à amer
(linflammation sigué de cette membrane, Quelques-uus hs ganglious abdominaux agant été esamioés aous ont ufMect la dégénérescence tuberculeuse,
Tête, Dure-mire saiûe; glandes de Pacchioni trés-déveluppées tout le long de la grande scisenre ; 1afliration considérable du tissu cellulaire sous-arachaoïdien ; lune enillerte de sérusité dans chaque ventrieule latéral; substance cérébrale mol-
petit, accéléré, à #20 palsations par minute ; Peau sèche, terreuse ; premier de- ila se, peu injectre et n'offrant aucun lubercule.
gré du marasme ; intelhgence netie; pas de trouble des organes des sens. ( Mouve, sirop de gomme , looch blanc, lait et bouillon.)
Le lenitemain l'ausculistion et la percussion de la poitrine fournissent les mêmes résultats; même sonoréité lympanique da côté gauche; même sbsence de bruit respiratoire, de plus Untement métallique, Dès lors nous n'hésitons pas à diagnosliquer : phuhide pulmonaire avec excuvation tuberculeuse et perforation dr poumon gauche suivie de pneuno-thorazx.
Les jours suivans, l'état du malade offre peu de changement; mais le 42, la°
Ilest des cas où l'anatamie pathologique est tout-à fait impuissante pour expliquer la mort et les divers désordres foncuvonels qui l'ont précédée, Gela à lieu surtout dans les maladies Pa , tt plus souvent chez les enfans que chez les adultes. Chez le malade qui fait le sujet de [cette observation, Îles lésions ont été nombrenses, variées, et tout-à-fait en rapport avec Îles symptômes observés pendant la vie. Essayons de
oo
faire ressortir les Entre circonstances de ce fait intéressant sous plusieurs rapports, Et d’abord nous noterons l'influence exercée sur la roduction et la marche des tubercules par la constitution scrophuleuse
u sujet, par la masturbation, et les maladies antécédentes, la coqueluche et surtout la rougcole , depuis l'invasion de laquelle la toux n'a jamais cessé. À l’époque où le malade fut sonmis à notre observation, les signes communicatifs joints à l'influence des symptômes qu'il nous of. frit, ne laissèrent aucun doute sur l'existence d’une affection tuberculeuse du poumon. Toutefois, l’auscultation et la percussion du thorax, en confirmant notre diagnostic, nous révélèrent un accideat qui indiquait une perforation de la plèvre pulmonaire , au niveau d’une excavation tubereuleuse. L'invasion subite d'une douleur vive de tout le côté gauche de la poitrine, la sonoréité tympanique, l'absence du bruit respiratoire et le tintement métallique , ne nous laissèrent aucun doute sur l'existence d'u pneumo-thorax. Le pronostic fut pe : tout annonçait une terminaison promptement funeste. Dans les
ivers cas de pneumo-thorax survenus dans des circonstances analuges, rapportés L Laëanec, MM. Andral et Louis, la mort a suivi de près l'invasion de cet accident. D'après le dernier de ces observateurs , qui en a recueilli un assez grand nombre qui ont été consignés dans son traité de la phthisie pulmonaire, la mort est survenue ms tk d'un temps qui n'a pas été moindre que 24 heures , et qui n'a pas excédé 32 jours. Dans le cas actuel nous n'avons pas été peu surpris de voir la matité du côté gauche succéder à la sonorité tympanique, et tous les autres signes qui iadiquaient la présence de l'air dans la cavité pleurale, disparaître complétement. Le passage de l'air dans la cavité de la plèvre, et peut-être aussi l'épanchement d'une certaine quantité de matiéretuberculeuse, déterminèrent l'inflammation de cette membrane, Cette phlegmasie eut pour résullat une exsudation pseudo-membraneuse qui opéra l'occlusion de la fistule. C'est ce qui du reste a été constaté par la nécropsie.
Toutes les altérations n'étaient pas bornes à la poitrine : l'abdomen n'en présenta ni de moins graves ni de moins sombeeus. Une péritonite tubercnleuse que nous avaient fait soupçonner la tuméfaction habituclle du ventre et les vomissemens qui survenaient par intervalle, les ulcérations intestinales si fréquentes dans les phthisies avancées, enfin celle péritonite aiguë, suite de la perforation du canal intestinal qui amena la mort en 24 heures, nous paraissent également dignes d'attention. Nous ajouterons que la rar rh al a est assez commune chez les enfans ; nous en avons recueilli vingt-une observations pendant le cours de l'année 1833. Chez les très-jeunes enfans elle se traduit par cet ensemble de symptômes que les auteurs ont désigné sous le nom de carreau.
La phthisie pulmonaire a fait à l'hôpital des Enfans un grand norabre de victimes pendant le cours de la même année; cent quinze sujets nous ont offert à l'ouverture des tubercules dans les poumons et en même temps dans divers autres organes ; 31 seulement ont présenté des excavations tubereuleuses plus où moins vastes, Le malade qui fait le sujet de l'observation précédente , est le seul chez lequel le preumothorax se soit manifesté,
AFFECTION DD FOIE SIMULANT UNE PRTAHISIE PULMONAIRE, —PLEURO-PREUMONTE INTERCURNENTE,—MONT,—ABCÈS MULTIPLIÉS À LA SURPACE ET À L'INTÉRIEUR DD VOIE. —HMÉPATISATION CRISE DU FOUMON GAUCHE.
André Guérin | dessinateur en broderie , 49 ans, cheveux noirs . prau Üne et blanche, formes arrondies | emhonpoint modéré , entra à l'hôpital le 22 février. Ce garçon est le dernier rejelon d'une famille qui a été moissonnée par la ph hisie pulmonaire. Son père a succombé des suites de ertte affection à l'âge de 27 ans ; sa mère à 52 ans, el son aïcule paternelle à 30 ans. La seule sœur qui lui restait est morte à dar mer dansles premiers-jours de février , et a présenté à l'ouverture des tubercules dans les trois cavités splsnchniques. L'oncle du malade, qui nous à transmis ces renseigncmens , a assisté à La nécropsie d'une partie des membres de sa famille, Ce garçon s'adonne depuis long-Lemps à la masturbation, IE était assez bien portant dans La première quinzaine de février, et se livrait à ses occupations babituelles, quand il fut pris , dons La soirée du 44, d'une douleur vive du rôté droit de La poitrine , qu'il regards comme l'effet d'une position iacommode qu'il avait gardée peodant la journée, Cette douleur persista jusqu'à son entrée à l'hôpital, et s'accompagna d'accès de fièvre irréguliers, de loux, de malaise et d'in
appétenre.
Le 22 ,à la visite du matin, décubitus dorsal, douleur vive su niveau du sin droit | augmentant par la percussion , la toux et les fortes inspirations , ét non exaspéree par les mouvesens du bras. Respiration courte, incomplète; brait res. piralaire un peu plus faible à droite qu'à gsuche ; pas de matité ui d'égophonie ; râle muqueux surtout sons les chivicoles: toux sèche , peu fréquente; expectoration male ; peau chaude, pouls à 120 pulsations , 28 iuspirations. La linguc est large et humide; la soif médiocre ; l'appétit dimioné ; Le ventre indolent ; pa: de nausées, de vomissemens où de diarrhée. La face est pâle , elle ne présente pus La plus légère teinte ictérique, Peu de céphalalgie, intelligence nelle, pas de trouble is wrganes des sens, (Mauve, julep gommcux, cataplasme 4 co duenti, lan.)
Les jours suivans l'état de ce malade n'offre pas de changement notable, La douleur du clé est moins vire, tuais elle persiste. La fièvre , peu intense le ma- Un, s'exaspère tous les soirs, et se termine la nuit per d'abondantes sueurs, Ce paroxisme est qu em précédé d'un frisson et accompagné d'an léger délire! Où prescrit le 26 un purgauf qui donve lieu à huit éracuations liquides.
Le 3 mars, l'auscoltation et la percussion du thorax font reconnaitre l'exitence d'un épanchement dans le côté droit de la poitrine, Le +00 est complétement rat dans la moitié inférieure ; le bruit respiratoire s'entend à peine ; du reste pas d'égophonie , ni de souffle bronchique , ni de retentissement de la vois. La fièvre persiste avec ses exacerbations ; le soir on applique un emplâtre de poix de Bourgoyne sur le côté droit,
Le 8, la douleur du côté droit a complétement disparu; l'épanchement de la plèvre est entièrement résorbé, le son est beaucoup moins obscur ; le bruit respiratoire à reparu mêlé de râle sibilant. Le malade n'accuse aucune souffrance, cependant il reste péle, abattu, et témoigae la plus grande répugnance pour le mouvement, Il se sent, dit-il, trop faible pour se lever et se promener dans les salles. Les membres iaférieurs sont légèrement ædématiés, le ventre se tuméfe , le côté de la face sur lequel Le décubitus a lieu présente aussi quelquefois de l'infiltra- Won. Du reste les voies digestives ne donnent aucun signe de souffrance , le ma lade prend chaque jour une petite quantité d’alimens.
Le 18, la toux devient beancoup plus fréquente ; la face est colorée ; le déeubitus a Lieu sur le côté gauche ; la fièvre est intense; le crachoir contient pluseurs crachals visqueux , aérés , offrant une teinte rouillée très-manifeste ; La douleur qui avait abandonné le côté droit, s'est portée sur le côté gauche de Ls poitrine. On pratique l'auscultation, qui fait entenhre vo râle crépilant fin et sec dans que loule l'étendue du côté gauche en arrière ; lasonorité est conservée; 36 iaspirations et 124 pulsations par minule; persistance de l'wdime dés membres inférieurs ; pas de nausées ni de vomisseméns ; ventre iudolent sous la main qui le presse; deux selles liquides en 24 heures. On prescrit l'oxide blanc d'antimoine. La Gèvre, La dyspnée , la douleur du côté gauche , la toux et l'expectoration s3nglante persi-tent les jours suivans. Le déeubitus a constamment lieu à gauche; La joue et la paupière correspondantes sont notablement inblirées. L'auscultation et la percussion , pratiquées le 26, annoncent les rapides progrès de la pneumonie. Le souffle bronchique et la bronchophonie ont remplacé le râle crépitant, Le sou est beaucoup plas obscur à gauche qu'à droite. Le pouls bat 440 fais par minute ; nous comptons dans le même laps de temps 48 inspirations. La diarrhée persiste. Le soir, paroxisme fébrile sccompagné quelquefois de délire. Sueurs nocturnes.
Le 27 et le 28 les mêmes symptômes persistent, et le malade succombe dans la matinée du 29.
sécrorsir 25 nrunes APRÈS LA MORT.
Habitude extérieure, — Plleur générale des tégumens ; pas de rigidité cadavérique; infltrat oo du tissu cellulaire sous-cutané , écoulement de mucosités parulentes par la bouche et le net; luméfaction considérable du ventre,
Cou et poitrine, — Le tissu cellulaire du con est odématié ; il existe une légère inbltration séreuse du pourtour de ls glotte;la muqueuse = tapisse le larynx et la trachée est pâle, elle ne présente pas La plus légère trace d'ulcération; leshranches sont gorgées de muccstés purnlentes, surtout à gauche où la muqueuse est ronge ct épaissie. Le poumon droit a contracté de légères adhérences avec la plèvre costale ; des feu-ses membranes molles, qu'on détache aisément avce le dos du scalpel , recouvrent la plèvre pulmonaire; 11 n'existe du reste dans sa ravité ancon épanchemrat ; le poumon droit est permésble à l'air dens la plas grande partie de sonétendue; seulment aucentre du lobe supérieur exisie up noyau du volume d'un marron à l'éta: d'hépatisetion gris ;les plèvrespulmonaire, costale ct Der, sa du côté gauche sont en partie tapi-sèes par des fausses membranes molles el jauoâtres, qui deviennent plus minces, moins rapprochfes à mesure qu'on ini mg du sommet. La surfoceexterne des lobes offre ane couleur fauve; lé parenchyme pulmonaire est frisble, se laisse cou par tranches minces, de la surfce desquelles suinte pae la pression un liquide purulent et qui se précipite au fond de l’eau : Le péciceede contient environ deux onces de sérosité citrine ; le cœur est à l'état normal; ses onibces sont libres; ses cavités contienncot du sang noir, ayant la consistance de gêlée de groseille,
Les ganglions bronchiqu?s sont hypertrophiés et ne contiennent pas de tubervules. Il n'en existe pas non plus dans les poumons et les plèvres.
Abdomen. La cavité du péritoine contient environ deux litres de sérosité citrine ; le foie, un peu plus volumineux que dans l'état normal, offre dans la moitié droite sartout ute couleur d'en rouge vif, au mibeu de laquelle on distingue quelques plaques irrégulières d'an blanc jaanêtre ; un coup de scalpel donné sur l'un de ces points blanchôtres donne issue à un pus crémeux, homogène, d'use couleur légèrement verdätre; en pratiquant diverses incis ons dans La mai tié droite du parenchyme hépatique, nous décourrons une multitude d'excarations remplies de pus, dont per peines communiquent entre elles; msis qui pour la plupart sont séparées par des portions de tissu rouge et frishle , mais u'offrant aucune trace d'inéliration purulente ; Les foyers purulens, qui sont au nombre de douxe à quinze, sont lapissés par une fausse membrane molle, blanchätre, ayant à peiae l'épaisseur du muqueuse gastrique; les uns pour-aient logcr une pomme d'api, les autres un marran , d'autres une aveline. 1 n'existe aucune trace de pus dans La moitié gauche. Les canaux bilisires sout sains. La rés cule est réduite à un très-petit volume; elle contient une petite quantité de bite päle, La rate est plus volumineuse que das l'état normal; elle est ramollhe, Les ganglions mésentériques sont sains.
Les reins ne présentent aucune altération. La muqueuse gastriqne est pile ; elle offre un mamelonnement très-marqué le long de la grande courbure. Do reste, sa consistance n'est po nt modifiée. La muqueuse du duodénum et du reste de l'intestin gréle est saine. Le gros intestin contient une assez __ quantité de ro fécales en bouillie et püles ; la muqueuse est exempte de toute lésion ap préciable,
La lésion grave dont le foie était le siège, resta chez ce malade complétement latente ; aucun signe caractéristique de l'inflammation du parenchyme de cet organe n'en révéla l'existence, La peau n'offrit jamais || detente ictérique ; le malade n'accusa jamais de douleur à l’hypocordre droit : celle qui se manifesta au cûté droit huit jours avant l'entrée à l'hôpital, avait son siége au niveau du sein; elle était d'ailleurs maoifestement liée à uoe phlegmasie de la plève, qui donua lieu à un épauchement dont la résorptiou s'opéra avec la plus grande rapndité, et dont les traces furent constatées à l'autopsie cadavérique. Tout, au contraire, portait à admettre chez lui l'existeuce d'une affection tubrreuleuse commençante. Les sigues commémoratifs venaient fortifier ces soupçons. Outre cette disposition originaire à la phthisie pulmonaire qu'il n'était pas permis de révoquer en doute, la toux à laquelle le malade était sujet, w accès de fièvre qui revenaient tous les soirs et qui se terminaient a ouit par d'abundantes sueurs, le dépérissement progressif, l'invasion de cette phlegmasie de la plèvre droite qui disparut rapidement, alla se fixer au bout de quelques jours sur Le côté, el envaluit ensuite le parenchyÿme pulmonaire, tout portail à croire que ces inflammations thoraciques qu’on observe si souvent pendant le cours de la phuhisie , étaient liées à une lésion organique des poumons. L'ædème des membres inferieurs et l'accumulation L sérosité dans la cavité abdominale, auraient dà appeler notre attention sur l’état du foie; mais l'hydropisie ne devint considérable que quelques jours avant ls mort, à une époque où la phlegmasie du poumon, qui Bisait de rapides progrès el inenaçait lu vie du malade, devenait la source de toutes les indications,
Geue affection du fore était-elle récente, remontait-elie à une époque éloignée ; c'est ce qu'il serait difficile de préciser. Tout ce que nous avons pa savoir sur sa cause probable, c'est une chute que le malade fit d’un lieu assez élevé, trois semaines avant d'entrer à l'hôpital, Cette circonstance ne nous fut connue qu'an moment de la nécropsie , à laquelle l'oncle du malade assistait. Cette cause n'a peut-être pas éte étrangère à l'altération du foie, qui nous parait avoir précédé l'invasion de la phlegmasie aiguë de poitrine qui a entraîné la mort. Les accès de fièvre irréguliers qu'éprouva le inalade avant son entrée, et qui persistèrent pendant sou séjour à l'hôpital , annonçaieut uae affection tuberculeuse commençante , ou une sappuration interne. Il est par consé-
nent naturel de rattacher ces symptômes à l'affection du foie, Nous
evous ajouter que cette affection n'est pas commune chez Les enfans ; les médecins de cet hôpital l'ont rarement vbservée; et sur 240 nécropsies pratiquées dans ect établissement depuis 28 années , nous ne l'avons rencontrée qu'une seule fois.
T. Consrawt, D.-M. P.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance v0 5 mar 1834. — M. ic docteur Troussweu adresse, dans une lettre, PE 7 détails supplémentaires à son travail sur la trachéotamie dans la période eitrème du croup. is trois mois il a pratique trois fuis cette opération arec succès sur de jéanes enfans âgés de trois à quatre ans.
Le président Lit la note suivante, qui lui est adressée par les membres de la commission PA le prix de médecine Monthyon.
# Le nombre loujours croissant des ouvrages envoyés an concours Monthyon (médecine et chirurgic), met la commission dans a nécessité de rappeler que de. pois quatre ans elle publie annuellement un avertissement dont voici les terines :
» Les pièces admises au concours n'auront droit au prix qu'autant qu'elles contiendront une découverte bien déterminée,
» Sila pièce à été produite par l'auteur, il devra indiquer Ls partie de son travail où cettedécouverte est exprimée,
» Jusqu'à ce jour le sèle et les efforts des membres de la commission ont pu suppléer à l'omission faite à cet égard por la presque totalité des compétiteurs, Cette année Les travaux à à la commission ont pris un tel accroissement , qu'elle se trouverait dans l'impossibilité de remplir sa mission si elle n'exigeait la rigoureuse exécution des conditions ed ri pm
» En conséquence , la commission à décrdé à l'unanimité qu'elle ne eompreadrait dans son jugement que les pièces dont les auteurs auraient satisfait à cette condition.
» Elle a décidé de plus qu'elle accorderait aux auteurs un délai de deux mois
se conformer à celle mesure. »
M. Dotrochet fait en son nom et celui de MM, Serres et J. Geoffroy, un rs port sur un memoire de M. Coste, intitulé : Aecherches sur la génération maminifires. Ce rapport est terminé par les couclusions suivantes :
« La monosraphie de l'ovologie du lrpin, qui est l'objet du memoire de M. Coste, est faite avec un esprit raiment philosophique , el l'auteur a mis en usage la connaissance raisonnée des progrès que la science ovrologique a faité dans ces derniers temps. Sans doute cette monographie laisse encore quelque chose à
désirer ; sans dunte les faits qu'elle renferme me sant pas Los nouveaux, mais pare eux se trouvent plisears découvertes fort imsortantes que nons avons ve rifiées avec leur suteur, H a décrit atcc plus de précision et de détails qu'on ne L'avoit fat avant lui les divers phénombmes qui se sucrédent depuis leuf, considéré dans l'ovaire, jusqu'au complet établissement des enveloppes. PE
Par cesohservalions , ute analogie complète se trouve établie entre l'œuf de l'oiseau et l'œuf du mammifère quant à leur plan fondamental, D'après des considérations, nous pensons que be travml de M, Coste mérite l'approbation de l'Academie, Nous avons l'honneur de bai proposer d'encourager cut ohsvrvateur à con diner les recherches dant la scieure cprouve aujourd'hui plus que jamais le besoin pour arriver à la solution d'une question aussi remplie d'intérét, et nous regreltons que les usagrs de l'Académée ne nous permettent pas de lui proposer d'audes l'auteur dans ces recherches dispemtieuses, Nouslui proposonsen outre de décuber que son mémoire s ra iniprimeé dans le recueil des savans étrangers,
Ces conclusions sout adoptées.
M. Groffrog Saint Hilaire exprime le ru que l'Académie mette à la disposition de M. Coste nne somme d'argent qui L'indemaise jusqu'à un certain joint des dépenses qu'il aura à fure pour poureaivre ses cxpéricncrs, Plusieurs membres appuieut celle proposition ; d'autres font remarquer que les fonds dont peut disposer l'Acadraue pour un pareil but, étant très-imités, il sorait peut-être couvenable de demanvr au ministère l'autorisation d'employer à ect usage nne partie du revrnu provenant du legs Montkyun,
Cette proposition est reavoyée à l'exmmen de Ls commission compétente.
M, Chervin A la premitee partie d'un marmoire sur Les préjudices occasiones par les qu'irautaines , ea reponse à ug mémoire de M. Ségur-Duperron , qui souticat l'utilité de ces imstitulious.
Séaxcr oo 12 mar, — M, Cagnisrt de Latour adresse une uote sur une «ubstsoce gélatinruse obtenue par le simple action de l'eau et de l'air sur Polcool.
D'après l'influence que l'air exerce dans lhydrotation du salfate calcaire et cella du phosphore, sinsi que dans la cristallisation de quelques dissolutions salines : j'ai pensé, dit M. Cagn'art, qu'il serait utile d'examiner si les gaz qui entrent dans ls compostion des subslantrs organiques ne pourraient pas, étant mis pendant lung-témp. en contact avec l'eas exposée à l'air , donner Heu à la forination de quelques matéres solides du règne végétal où animal,
Pour mon premier essai j'ai introduit dans ue petit matras de l'hydrogène bi. carboné que je m'étais procuré par l'action de l'acide sulfurique sar l'alcool ; j'ai ensuite renversé Le col de ce matras dans de l'eau bien claire que contenait an verre à pate que j'ai platé dans Ja cave.
Au bout de quatre jours celte eam était devenue sensiblement trouble; j'ai exmminé skors au microscope un peu de celle qui occupait le fond du verre , et j'ai remarqué qu'elle contenait quelques petits Pocons de matière blanrhe; mais six jours plus tard il s'était formé dans l'eau du verre beaucoup d'animateules ; 1
saraissait done que l'hydragène hi-carhoné , par l'action spontanée de l'eau et de Fair, se transforme en une matière organique à l'aide de laquelle certaines cspéces du règne animal pcurentéelore el se nourrir,
Dans une masse de dix kilogranimes d'eau que contenait nn vase en faïence également placé à la cave, j'ou fait, er plonger uu tube de Woalf, communiquant avec l'air d'un tube bouché dans lequel j'avais mis un peu d'alcool 3 34°. D'après l'ingénieuse théorie de M, Dumas sur les éthers , je présumnts que la vapeur alcoolique dont l'air se chargerait étant elle-même ua hydrate d'hydeogbue ézrboné, pourrait se conduire avec l'rau comme Le gaz précédent, De nombreux animaleules plus gras que ceux dont nons venons : parler se sont en effet développés dans l'eau du vase au bout de quelques jours. Quatre mois plus lard, l'eau contenait hesuroup de petits animaux visibles à l'œil nu, et que M. 4udouia a reconnus pour des crustacés brauchiopoies d'espèce bien connue,
Mais une formation qui n'est pas moins curituse, ajoute M. Cagmant, c'est l'apparition d'une pelote glatineuse et blanche qui à poussé comme une plante sur Le bord du tube de Woulf, Quelques essais sur un motresu de cette gélatine t'ont fait entrevoir qu' Île est presque iadissoluble dans l'eau bouillante : mais onc deses propriétés Les plus remarquables c'est celle que je luiaireconnue de ponvoir supporter, sans se gâter, le séjour dans l'eau exposée à l'air,
M. Cagniart se demande si cette pelote, qui à atteint la grosseur d'une noisette , s'est formée pie l'eMet d'une juxta-position analogue à la cristallisation et à la végétation ; il pense que l'analyse chimique fournira quelques données pour I solution de cette question.
Une pelote de gélatine obtenue par le moyen décrit ci-destus, sc conserve depuis cinq mois à la cave ilans l'eau : le seul changement appréciable consiste en ce que de blanche, elle est devenue jannitre:; «lle a aussi un peu diminué, mois, dit l'auteur, j'ai reconnu que cctte diminution provieat de ce qu'il s'est formé dans la gélatine plusieurs rotiféres auxquels elle parait servir de nourriture,
Une gélatine obtenue avec de l'alenol aromatisé par l'essence de citron , s'est détruite après avoir pris d'abord un aspect glairenx.
M Cagniart pense que dans beaucoup de cas il y à one formation spontanée de gélatine anslogue à celle qu'il a obtenue en faisant réagir l'alcool sur l'eau : il dit en avoir t ouvé des masses bien visibles à La loupe dans Le sédiment bonrux dépusé au fond d'un tonneau rempli d'ean destinée à l'arrosage, Cette observation + conduisit à faire l'expérience suivante :
Je plaçai, dit il, dans l'eau des morreaus de charbon fortement calcinés, pré sumant que s'ils décomposaient le laide pour reprendre l'hydrogène dont ils avaient été dépouillés, 1 pourrait se former à loue sinfacé un peu de géltine blanche: c'est en Met ce qui est arrivé au bout de trois mous, Je pense, ajoutet-il, qu'une semblable formation doit avoir lieu au fond des grandis masses d eau et dans tous les cas où l'hydrogène carhoné à l'état naîsssnt se trouve en contact avec l'eau exposée à l'air: qu'enlio la gélatine minérale, à laquelle M. Longchan a donué le o@ de borvgine , est eacure elle-même l'anslogue de la gélatine l'alcool.
M. Cagniart fait remarqnes en terminant que lorsqu'il à fait ces recherches, 5 ne contassait pas celles de M, Fray, qui s'en rapprochent en plusieurs points. Au reste , ajoute-t-il, ls recherches de M. Fray nc contiennent rien de relatif à
l'hydrogène carbone proprement dit, lequel parait être l'espèce de radical avec | dicale l'impossibilité d'appliquer à la médecine vue méthode absolue, de La ré duire en système, Laudis que les sciences phys ques se prétent merviilleusement
lequel ke mucus où la matière organisable se forme dans beaucoup de cas. s M. Dumas et Dutrocket sont chargés de faire un rapport sur cette commun: | à cette manière de philosogher, et montre ainu l'indispensable nécessité de re.
ration. courir à l'éclectisme , c'est-a-dire à l'appréciation la plus probsble et la plas ap-
M. Dumas fait we rapport sur un mémoire de M, Fournet, intitulé : Obser- | proxumative de la vérité. D serait imposuhle de suivre l'auteur dans tous les dé. vations sur da production des tubereules dans les tuyaux des fontaines de la | veloppensens qu'il a donnes à son idée principale ; mais if nous parait en avoir tiré ville de Grenoble. : Ltout le parti possible, et il à montré dans ce nouveau travail la méme perspica
M. Robiquet li des observations relatives aux différences qui existent entre cité, la méme justesse de vues dont 1l avait fait preuve dans ses précédens écrits, les garonces d'Alsace et celles d'Avignon, et sur les mayens à l'aide desquels | La médecine-ne peut que gagner à étre cultivée par des esprits À à cet ordre, quelques personnes ont cru pouvoir obtenir des premières d'aussi beaux résulrats | M. le rapporteur a concla en proposant de faire inscrire le nom de l'auteur en leinlure que ceus qu'on a de l'emyloi des secondes, lparan des candudats sux places de correspondans,
M. Chervin continue et ne peut achever la lecture de son mémoire sur La ques- | M. Rocnoux. Puisque l'écleetisme à un nom , il faut bien que ce soit quelque tion des quarantatbes.
chose, en un mot qu'ilexiste. Puisqu'il existe, il a dû faire quelque chose, se ré. ACADÉMIE DE MÉDECINE.
véler par ses efMets. Si] n'a rien Fait, n'existe pas. Maintenant, je demande que l'on daigne me dire qu'est-ce qu'a Mit l'éclectiome.,
M. Bousquer. Par là même qu'il existe, il ne peut pas ne pas exister.
M. Kénavonex. L'éclectisme n'est que œtte méthode fort anciennement connue et pratiquée de recueillie toui les faits pour en déduire des conséquences, Quand aons éecrivons, c'est aussi ce que nous faisons tous : nous sommes donc tous éclectiques. (On rit.)
M, Rocnoux, Mass en un mot l'échectisme n'a rien fait dans la science : citezmoy un seul fait, une seule décousérte qui lui soit due. L'éclectisme at-il invensk le quinquina ? (Oh! oh!C'est la méthode expérimentale qui à tout fait en méldkeine.
M. Kéravonen, La méthode expérimentale rentre dans l'éclectisme.
M. Casvec portage jusqu'à un certain point les idées de M, Rochoux. L'éclee- Use n'est paint un système, c'est l'indépenilance de tout système. Mais il re fant pas dire que l'expérience a tout fait en médecine: Haller ava t fait une foule d'expéricnees sur lirritabilité , et il en avait biré de finsses conséquences. White, qui d'administration. Le roi à répondu d'une monière extrêmement satisfaisante et} 3vait pas à lui opposer une seule expérience , à réfuté tonte sa doctrine avec La coatenahls. senle art da raisonnement, Je ne cie «pue cet exemple, parce que l'Académie
M. Tnicrare, en son nom el au nom de M. Amussat , fait un rapport favora. | n'aime pas à en entendre citer pluceurs'On n1,}, Je ferai un autre reproche à l'aub'e sur l'établissement de M. Mulccot, conna sons Le nom de Bazar chicurgécert. teur du mémoire : il a dit, et M. le rapporteur a admis avec lui, que la médecine 11 conclot que cet établissement mérite des encouragemens et l'approbation de | * rapproche plus de la psythologie qe des sciences physiques. Je crois que cest l'Académie; mais que pour prévenir tout inconvénient il est à désirer que M, Me. | Précisement le contraire qui est la vérité, | lecot se paurvoie d'un titre légal, comme font les herhoristes, les bandigistes et | M: Pionnx. Les mots nous cachent ici les choses : il faut aller au fond de la les dentistes. — Adopté. question, L'éclectisme me sigaile rien : éclectiques, smalomistes , vit alistes, tous,
M, Le rafsoest annogce la mort de M. Maygrier. L'honorable membre est sous quelque drapeau qu'on nous range , qu'avons-nous à faire ? chercher le bon décédé le 29 avril. L'Académie n'a pas été prévènue plus tôt, partout où il «e trouve, (Rire général. Une voix : c'est Fa l'éclectism e. ) Eh bien?
M, Bnicueisar fait un rapyort favorable sur une note orthopédique lue par |! tout Je monde est éclectique, il s'ensuit qu'il n'y à pos d éclectiques.
M, Pravaz il y à quelques semaines. Après avoir remit hommage au talent el à | Le rapport et les conclusions sont adoptés. 3 < : 2: è l'esprit iavenif de M. Pravaz , là commission propose à l'Académie d'accorder | M. Saxsox Lit un rapport sue un ménunre de M. Deséze de Reims, intitulé : Heson approbation aux nouvelles machines de l'auteur. maire sur des pracéidi opératoires esploy 171 contre l'engor: ement des CLIS
M. Érano. Dans ce rapport, comme dans tous ceux qu'on nons à faits sur l'or. | dales . «€ prinei, a'ement sur selui de Devault. L'anteur fait 1 historique des thopédie, on à toujours omis de distinguer deux espèces de déviacions : l'une à Principaux procédés, et c'est à celui de Desault, qu'il aun peu simplifié, qu'il donvariable, l'autre iovariable, Dans La première, la courbure de l'épine augmente {9° la préférence, M, le rapporteur ne pense pas que les raisonnemens de M. De-
par la station et la marche prolongée, et diminue par le décubitus et le repos ; [92e puissent tirer ce procédé de l'oubh out les éloges de Bichat n'ont pu le gacontre celle-là toutes les machines réussissent. La déviation invariable ne pré: |rentir. Le mémoire ne contient d'ailleurs rien de neuf. mais il est bien fait , et la
septe point ces alternatives, et dans ce ras tous les moyens sont fort infructueux. | Mere eye -malrl a . rl st et ë H ri) Ari rs nom de l'au- [3 ED D tres LETTRE vple,
La comeussion aurait donc dû nous dire auxquelles de ces désiations les nouveaux | û à ’ = : wovens de M. Pravaz sont applicables. M. Mauxcausr lit un travail pour démontrer que l'Aradémie doit rep rendre la M. Vruuermé appuie sur des bons effets qe l'on retire , dans les déviations La- discussion du rapport sur le magnétisme animal. Les interpellations, les objections iaterrompeal smrent lorateur. Enfin l'Académie se lèvre presque en masse arant
térales, de l'exercice du membre du côté de la concavité de la courbure , et des +} - ivé à la Ge: il déclare | p “1 ache d pressions latérales excreées sur la convesité, I traite çn ce moment gn enfsnt | ces soil arrivé à la Ga; il déclare lui-même qu'il achévera dons la prochaine Lu LUE
affecté de déviation latérales dl soumet cet enfant pendant la nuit à des pres-ions à AT sur La conrevité , et l'énergie de ces pressions est telle qu'il paivient à produire] La séance est levée à 5 heures, une courbure latérale en sens inverse à celle qu'il veut détruire,
Le rapport et ss con lusions sont mis aux voix ct adoptés,
Plusieurs voix demandent qu'il soit teou compte de l'observation de M, tard (1.
M. Bocsquet fait un rapport sur un mémoire de M. Risuénu de Amador , intitole : Réflexions sur des avantages de l'éclectisme ex medecine, d
Dans ce mémoire , l'auteur a ca suetont en vue de démontrer que les scicnces physiologiques différent des scicoces phrsiques par la nature et la variabilité des faits qui Les compos nt. En physique, les faits sont simples, invarisbles , se reproduissnt toujours de la mème manitre: tandis qu'en physiologie Les phénome- | nes sont soumis à ane foule d'élémens de variations qui nc permettent jarmais | d'en Urer de ronclusions sh-olues. Sous ce rappott, la physiologie se rapproche | plu: de la psycholngie que de la physique, L'autrur infère de cette différence ra-
Séance nv 6 mar, — Présélence de M. Boulay.
La corresponilance officielle comprend une lettre du ministre qui, en réponse à ane demande du conseil d'administration , aveetit l'Académie qu'il à fait écrire } aux diverss aministrations des établissemens dont La publicité cat restreinte, que La médaille d'académicien duil emporter avec elle La privilège d'une entrée personnelle,
M. be président ajoute que le ministre a fait frapper aux frais de son ministère | des médailes pareilles à celles de l'Académie pour les envoyer dans tous ces ét. blissemens , ain qu'à la présentation elles ne puissent étre méconnues.
M. le président annonce que la députation de l'Académie . le bureau à sa tête, a été reçue par sa majesté, Ia été fait lecture d'un discours adopté par le conseil
CORRESPONDANCE MEDICALE
LETTRE SUR L'EMPLOI LE L'ACIDE PHOSPHORIQUE DANS LES ANGINES PHARYNGIENNES ; par M. Boven.
Le Journal des Connaissances médico-chirurgicales , dans sa dernière hvraison de mai, déverse le blème sur l'action médicamenteuse de l'acide phosphorique dans la diphtérite, et pent-être n'a-til pas tort. En exposant avec liberté mon opinion sur ce nouvel agent thérapeutique, j'atcndais si peu qu'elle fit autorité, que j'y ai joint mes rai- {sons afin qu'on pût les priser et les juger.
Quoique je ne veuille pas m'obstiner à défendre mes idées, j'ai dû les proposer et les sontenir, puisque de leur vérité on de leur fausscté découlent des conséquences pratiques de la plus haute. importance. Exarninons donc si les reproches de nos adversaires sont fondés,
Observons d'abord que l'auteur de l'article qui nous attaque est trop linstruit pour ignorer que l'acide phosphorique pur, préparé par l'acide mais tant que les vertèbres comprises dans La courbure resteat libres, on peut es- nitrique et non chauffé au rouge, jomt de la propricté de dissoudre la gérer plus ou moins d'amélioration de 1 nm des machines. Au reste, quels | fibrine e1 l'albumine coagulées. Mais pour opérer ce phénomène , l'a-
que sent ke degré et l'ancienneté de la difformité, 04 3 toujours droit d'attendre de ÿ "" s: t ' ne, 1 bons résultats du traitement gymnastique orthopédique, qui à pour objet constant ride phosphorique ne doit plus conteur le moindre ttome de l'acide nid'améliorer la constitution des malades et de rendre La difformuté stationpa’re, Ntrique qui a servi à sa formation. J'insiste sur ce point capital , rar la faut bive remarquer d'ailleurs que le nouvel sppareil de M, Pravos ex plus spé-Lraison que l'acide phosphorique qui ne se trouverait pas dans cet état cialement destiné à rétablir La conformation normale de la poitrine. Gr, dans les | 3, pureté, n'offrirait plus aucun avantage dans son emploi sur le nitrate cas méme où il est impossible d'obtenir le redressement de l'épine , où peut tou- d' l'acide Evd hlori ] À
ours agir sur les côtes et le sternum , dont la déformation entraine de si graves argent el l'acide Lydro-chlorique ; auxquels nous voudrions le subnconvéniens dns les dériations latérales prononcées. {Note du rédacteur.) {stituer dans les dipluérites. Il aurait alors, comme ces derniers ageus
4} L'observation qu'a faite M. Hard nous parait fort juste dans son but, L'ho | norable académicien à sans doute voulu établir une difference entre les déviation< de l'épine qui sont curables de celles qui ve ke sont pas, afa de répondre aux allégations de ceux qui annoncent pouvoir tout guérir en qu'iques mois, Cepen- | dant l'observation de M. Hard, prise à la lettre, est peut-être 1rop rigoureuse ; en effet, nous avons élé témoin des bons résultats obtenus par les appareils de M. Pravaz dons des déviations qui ne disparansaient pas instantanément par Îa suspension , et qui 5: maintenaient ou contraire quelque allie qu'on imprimit | aux sujets. Pour rentrer dans Le vrai, il faudrait dire, sclon mous, que Les appareils ne peuvent ren contre les anciennes déviations où 11 y a soudure des vertèbres ;
chimiques, l'inconvénient de concréter l'albumwine du mucus. Notre contradicteur sait en outre que l'analyse chimique ne démontre que la plus légère diflérence entre la fibrine ou l'albumineconcretes ct les fausses membranes. Je ne m'appesantirai pas sur celte Ferté autour de liquelle se groupent tous mes raisonnemens. | | :
Ce qu'il m'importe de réfuter, c'est l'erreur commise en attribuant à l'acide phosphorique une action rar liée à une cause accidentelle. On voudrait le frapper de réprobation pe qu'il vient d'échouer entre les mains d’un de nos médecins les p us distingués. de regrette vivement que les détails de cette observation n'aient pas été transmis : je tâcherai néanmoins d'y suypléer en rapportant les renscignemnens que j'ai pu recueillir. Fes En
L'enfant victime de cette diphtérite trachéale avait él trachéotomisé depuis plusieurs heures, et à dix reprises différentes la solntion du mitrate d'argent avait été portée dans sa trachée sans succes. La tort paraissait imminente ; ne sachant quel parti prendre, ne pouvant plus compter d'ailleurs sur l'action de la solution caustique , l'opérateur eut recours à l'acide phosphorique. Mais les accidens semblèrent s'ag-
aver sous l'influence de cet agent, on revint au premier caustique, et enfant ne tarda pas à succomber. =
M. Trousseau , dont nous voulons parl r, nous prévinl de cet insuccs. Mon premier soin fut d'examiner l'acide dont on s'était servi, el, je le dis à regret, il était loin de PE les conditions qui assurent sop utilité dans le traitement des diphtérites (1). D'ailleurs, les accidens sarvenus ne sauraient être exclusivement attribués à le er de ce médicament, Si l'asphynie est devenue imminente, c'est que les forces du malade étaient eépuisées par la gravité et les progrès avancés de la maladie, et les.efforts de toux étaient impuissans pour expeclorer cette sérosité lactescente eogouant les ramifications bronchiques , et résultant de la solution de quelques fausses membranes dans l'acide phosphorique. ,
Un de
l'accomplissenent de ce dernier
é de concentration trés-énergique n'est pas nécessaire pour hénomène. Nul doute que cet acide
restera sans action promptement issolvante sur les productions diph-|{un fortement organisées; Mais du morns!|en
téritiques épaisses, consistantes el l L neconcrétera-t-il pas, comme le nitrate d'argent, l'albumine du mucus. Si la fausse membrane est mince et peu adhérent , l'acide phosphorique la fluiditiera aussitôt , et agira librement sur la muqueuse pour modifier l'inflammation, qui tend vers une nouvelle sécrétion plastique.
Quand bien même la quantité d'acide employé et son degré de concentration seraient impuissans pour fluidifier des produits membraneux, ce nouvel agent mériterait eneure la préférence sur l'acide hydrochlorique et le nitrate d'argent, puisqu'il se comporterait comme eux dans la diphtérite, en détruisant cette inflammation spécifique sans partager lenr inconvénient de concréter l'albumine du mucus. ;
Je me félicite que M. Trousseau ait mis en usage l'acide phosphorique dans un cas de diphtérite trachéale, Maïs pour bien constater Ja valeur thérapeutique de cet agent , il conviendrait de procéder du simple au composé, et de l'employer e | couenneuses. Dans cette maladie on pourra mesurer de l'œil son mode d'action, et comparer sou eflicacité à celle du nitrate d'argent et de l'acide hydrochiorique ; pour détruire et s'opç oser au développement des sécrétions plastiques.
J'ajouterai enfin que l'acide phosphorique étendu du quart de son poids d'eau , peut sans inconvénient être instllé dans les bronches d'un chien. Son degré de causticité n'est pas alors plus énergique que celui de l'acide ruriatique, employé par le celèbre médecin de Tours.
Je pourrais donner de plus longs développemens à cette réfutation, si je n'avais la conviction acquise que ces quelques mots suffiront à vos lecteurs pour être persuadés que l'observation mentionnée par le Journal des connaissances médico-chirurgicales ne peut avoir la moindre influence sur les destinées thérapeutiques de l'acide phosphorique.
Agréez, etc.
A. Born, de Nimes.
— TaaïTé DE MATIÈRE MÉDICALE, OÙ DE L'ACTION PURE DES MÉDITAMENS 110- MOOPATINQUES ; par Samuel Hansemanx, avec des tables proportionnelles de l'influence que diverses circonstances exercent sur cette action , pr C. Bunningbausen. Traduit de l'allemand par A.-.-L. Jourdan, membre de l'Aradémie royale de médetive. Trois forts vol. in-8°, 24 fr.— Paris, 1654. J.-B. Baillitre, libraire de l'Académie royale de médecine, ruc de l'École-de-Médecine , n° 43 bis. — Londres, méme maison, 219 , Regent-Strert,
TS
(1) V, Gaserre MÉDICALE, n° 7.
d'abord pour combattre les angines
BIBLIOGRAPHIE
DE L'EMPLOI DU TARTRE STIBIÉ A HAUTES DOSES CONTRE LES LÉSIONS TRAUMATIQUES ; mémoire qui a remporté un des premiers prix accordés en 4853 par la Société chirurgicale d'émulation ; par 3. Fnaxx, premier chirurgien chef interne à l'Hôtel-Dieu St-Eloi de Montpellier, ete.
L'emploi de l'émétique à haute dose, devenu vulgaire parmi les medecins, était cependant limité en général à combattre certaines inflammations, par exemple La paeumonie et le rhumatisme. À Montpellier , Delpech et M. (Pr né ont agrandi cette méthode de traitement en l'étcndant aux lésions traumatiques.
La premuère fois que M. Frank vit en faire usage, ce fut dans un cas de luxation du bras, chez un home très-vigoureux, Delpech avait en vue d'abattre les forces des systèmes nerveux et musculaire ; douxe grains d'émétique en quatre doses , pris en deux heures de temps , affaiblirent extrémement le malade, et la Juxation fut réduite sans peine. |On pourrait retrouver quelque chose d'analogue dans la pratique de sir A, Cooper ; cependant il faut remarquer que le chirurgien anglais donne principalement l’émétique à dose nauséense ou vomitive, Le but est le même, mais les effets du médicament à haute dose sont beauconp plus puissans. Du reste, les faits qu'ou va lire ont nne origimalité qui ne sera point contestée, du moins en France. Nous analyserons le premier avec quelques détails.
Ons, 1. — Un garçon d'écuric âgé de 40 ans, tempérament nerveux, tomb d'une hauteur de 42 à 15 pieds, s& fracture le bas de la jambe draite et se luxe le pied en dedans. Arraciement de lo malléole interne, déchirure des pariies Umoltes issue du tibia et du péroné dans une longueur de 3 pouces ; le dégèt. en mot, était tel que M. Lallemand jugea l'amputation indispensable. Delpech juges autrement; la réduction fat forte sans beaucoup d'efforts, Jmmédiatement après, arcès de cou uions épileptiformes. (Saignée de 16 onces, Dans la auit , À pilules d'un quart de grain de cyonnre de potassiuem.} | Le lendemain , le ponts est à 96 pulsations ; la jambe en bon état. À 12 grains d'émélique dans 6 onces d'eau, à prendre vne once de trais heures en trois heures, dans 2 onces d'infusion de survau, avec 10 gouttes de laudanum dans chaque dose ; infusion de tilleul pour boisson ; saignée de 16 onces enr-le-champ, ère rée sue le soie s'il y'a lieu.) Cette saigne da soir ne fut point pratiquée.
8° jour. Le pouls à 76 ; état général très-bon ; ventre souple ; point de coliques. IL "y à eu qu'un vomissement après la première dose d'émétique. Le gonilement de l'articulation blessée est à peine sensible ; la plaic tend à se réunir. (K3 grains }
4" jour. Le pouls à 86; le reste en bon état.
Le 5°. Deux siles solides.
Le 6. Trèsbien. On abaisse La prescription de 45 à 40 grains, et le malade méme ne prend pas la potion.
Le 7° jour, la reunion de La plaie est faite; on suspend l'émétique. ( Eau vineuse , À bouillons , 2 crèmes de riz.}
Le 9°, Deux soupes. :
Le 14°. On renouvelle l'appareil; on ouvre ua petit abcès au-dessus de la malliole interne, et le plu à est mis au quart, La fracture se con<olide peu à eu, Au bout de soixante jours , le malade, sorti de l'hôpital, marchait assez liiremvent avec des béquilles. Deux mois plus tard, il pouvait se passer de Lout secours étranger ct avait repris ses occupalions ordinaires.
Ce succès extraordinaire fut bientôt snivi d'une foule d'autres; M. Lallemand répéta ces essais avec le même bonheur. 1! serait super flu de rapporter ici tous les détails du traitement des diverses observations recueillies par M. Frank; nous noterons seulement les lésions contre lesquelles cette nouvelle médication a été employée.
Ons. H. — Lusation du pied en dehors; fracture de la malléole externe ; ligamens de l'articulation du coude-pied violemment distendus et déchirés-(48 grains d'émétique eu 6 jours.) Sorti guéri le 52° jour.
Ons. NI. — Gonflement considérable du genon gauche par suite de la chute à une roue sur celle partie, { En douxe jours, 96 grains d'émétique, } Guérison 47°,
Oss. IV, — Coup de fusil traversent le pied de part en part. ( En six jours, 44 grains d'émétique.} Sorti au 56° jour avec une eacellente cicatrice ; il marche à l'aide de béquilles , mais tout fait espérer qu'il pourra bientôt s'en passer.
Ons. V.— Chote de 30 picds de haut; fracture de deux côtes; contnsions par tout le corps; respiration el toux extrémement douloureuses. {44 grains d'émétique en ax jours.) Sorti guéri le 15°.
Ons, VI, — Coups de pied de cheval sur la poitrine; exp cloration sanguina
lente ; râle crépitant dans presque tout le poumon gauche. { En #ix jours , 68 grains.) Sorli guéri au 16° jour,
Ons. Vil, — Analogue à ls précédente.
Ons, VOL — Chute d'un premuer étage; la tite frapps sur le paré; plaie au
front; perte de connais ance. (En sept jours, 56 grains d'émétique.} Sorti Le 44*{f;
jour.
Ons. IX. — Coup de pierre à la tête : p'ai profonde et irréculière. (24 grains eh trois’ jours.) Guërison comylète le 24.
M. Frank éspporte encore cinq on six antres observations ; inais qui | ue présentent pas d'applications neuves. Il saffit de celles dont nous!
venons de donner l'analyse pour montrer qu'il est peu de lésions traumatiques graves dans lesquelles la chirurgie de Montpellier n'ose donner l'émétique, On l'a même ewployé contre d'autres lésions, nontraumatiques , qui sont du ressort de la pathologie externe; telles que l'érysipèle, le phlegmon , le panaris , l'entorse, les engorgemens testiculaires, certaines névralgies , le cancer; on bien encore après cer- Lines opérations comme Ja cataracte , etc. Il a eu dans ces divers cas des succès variables ; dans des lésions tranmatiques au contraire, « je puis dire, ajoute l'auteur , que j'ai vu son administration constamment suivie de succès, »
Comment se rendre compte de succes aussi prodigieux ? M. Frank s'écarte dans cette explication de la théorie rasortenne ; la sienne parait plus claire et plus simple à la fois. La voici,
Deux élémens président au développement de l'inflammation dans nos Lissus : ces élémens sont la stimulation nervense et la fluxion vaséulaire, La stimulation précède même toujours la fuxion, en sorte qu'il serait facile de démontrer que , dans l'infloromation traumatique ou autre, le systèine nerveux étant affecté le premier, c'est lui ee met en jeu l'action da système vasculaire, L'inflammation une fois évelonpée, tantôt il y à halancement des phénomènes nervenx ct des phénomencs fluxivonaires ; tantôt les uns où lesautres prédominent, Pour combattre la fluxion, en a recourn de tout temps aux déplétions sanguines ct aux autiphlogistiques ; mais on a eru alors avoir tout fait ; et de là de nombreux insueces quand les phénomènes nerveux avaient une prédominanCe marquée,
Or, ce qui distingae surtout l'inflamaution traumatique , c’est la prédorminance d'action du systeme nerveux; et c'est aussi dans cette sorte d'inflommation que les antiphlogistiques se sont montrés tout d'abord insuflisans. Aussi dans les lesions graves des membres, l'ampatation est TE re comme unique ressource ; les plates de tête font le désespoir du chirurgien ; d'où viennent les insuecès, sinon de cette circonstance que l'inflammation n'est pas combattue dans sa cause originelle?
I! s'agissait donc de trouver un médicament qui pt combattre à la fois l'action nervense et l'action fluxionnaire ; l'émétique à hautes doses remplit-il ces conditions? J{ fut, pour décider cette question, étudier ses tels avec qnelque détail.
L'émétique ainsi adiministré fait rarement vomir Îles malades; à peine de temps à autre produit-il ar nausées. L'absence des vowissemens est une condition favorable sux bons effets du remède; on voit alors le pouls tomber dès les premières doses et diminuer ensuite successivement ; les vives douleurs disparaissent, les convulsions sont arrètées , la face devient pâle, la température du corps baisse; les malades sont jetés dans une grande faiblesse et dans une insensilulité presque complète. La plus grande difficulté durant cette médication est de maintenir les malades à la diète; dans beaucoup de cas on est obligé de céder à leurs demandes réitérées et de leur accorder des bouillons , des soupes et même du pain; quelques-uns refusent l'émétique après la premiere ou la seconde dose, à cause de l'abstinence qu'ils ne veulent pas subir. La soif n'est pas moins vivement excilée ; el comme les boissons réclamées en abondance par les malades provoqueraient les vomissemens, on doit s'estimer trés-heureux quand ils se contentent de quelques tranches d'oranges. : ne: |
M. Frauk a pu constater plusieurs fois les altérations anatomiques du tube Aigestil à la suite de l'emploi de l'émétique à hautes doses chez des sujets dont la mort était étrañgère à cette médication. La muqueuse gastrique présente rarement des traces de son action; plus souvent celle du duodéoum et de l'intestin grêle. Cette muqueuse était d'une couleur rose tendre, prrsemée de petits points blanchätres extrémement nombreux , profonds , offrant assez bien l'aspeet de petites uleérations miliaires. 1l est toutefois difficile de décider si ce sont vraiment des ulcérations ; l'auteur penche même pour l'opinion opposée. Quoi qu'il en soit, ces traces d'altération n'étaient ni profondes nt considérables ; elles ne s'étendaient pas sur tout l'intestin grêle, et étaient seulement dissémines de loin en loin, par plaques d'étendue variable, sur la surface.
PARIS. —— ÉVEUAT, IMPRIMEUR,
Ces faits bien observés ruinent absolument la théorie qui voudrait re dépendre l'action de l'émétique d'une dérivation par lui produite sur la muqueuse gastro-intestinale, Delpech admettait une sorte d’intoxication ; selon lui , l'émétique passant dans le torrent circulatoire , imprimait au sang des modifications qui, secondairement , donvaient lieu sux phénomènes indiqnés. M. Frank glisse légèrement sur cetie opinion ; 1l rejette sans diseussion la théorie du controstimulus ; selon lui l'émétique jouit d'une spécificité d'action sur les nerfs de la huititme paire et sur les filets d'anastomose du grand pese sed slesale l'estomac. Cette action varie suivant les doses; de petites doses excitent des vumnissemens ; des doses élevées produisent une sorte de siupéfaction de ces nerfs qui se répand de proche en proche par tout l’organisme.
Quelque valeur que l’on accorde à cette opinion , que l'auteur lnimême produit comme wne hypothèse , il y a cependant un fait capital rh ne faut pus perdre de vue, c'est qu'il arrive un moment où le mé-
icament n'est plus supporté. Rasori a constaté ce phénomène nen-seulement pour l'émétique , mais pour tous les autres agens héroïques ; ot c'est même de là qu'il & tiré sa grande loi de la tolérance. Nous aurions désiré voir ce point important mieux éclairei dans la théorie nouvelle; M. Frank se borne à dire que ; chez les malades qui prenoent longtemps de l'émétique , le pouls devient irrégulier , et qu'il Gnirait devenir tout-à fait fébrile, si l'on poursuivait l'administration du médicament.
- I résulte de ce vague dans leqnel nous laisse l'auteur , que nous ne savons bien précisément ni à quelle € e il faut cesser l'éimeétique, ai à quelles doses 11 faut l'employer. Delpech et M. Lallemand Pont employé tantôt à la dose de 8 grains par jour, d'autres fois à 12 et à 16 grains. Une telie différence valait la peine qu'on en donnât les motifs; nous les avons vainement cherchés, M. Frank ajoute seulement , sans réflexions, que Laëonec et M. Peschier de Genève en ont donné re 24 grains; ceci n'approche point de l'incroyable hardiesse de Kasori, qui en a administré jusqu'à 2 gros et 1 scrupule, ou 168 grains , dans les vingt quatre heures. Du moins Rasori a donné une régle stable à cette thérapeutique : tant que la maladie ne cède point et que le médicament est supporté, on peut augmenter presque indéfiniment la dose ; à mesure que l'affection décroit , k tolérance décroît de mème, et les sympiômes morbides et le défaut de tolérance avertissent à la fois de diminner ou même de suspendre le médicament.
Quant au mode d'administration, Delpech donnait habituellement l'émétique dans de l'eau sinrple, M. Lallemand l'emploie constamment avec le sirop diacode. L'observation, dit M, Frank , a démontré, contre l'epinion de Rasori, que l'émétique joint aux opiacés est plus difficilement toléré, Cependant , il est certarns malades très-irritables chez lesquels les moindres doses d'opine produisent un état de délire nerveux quelquefois inquiétant, et qui ne peuvent pas absolument supporter l'émétique combiné avec le sirop diacode, M. Frank en rapporte mème un cas trés-remarquable. On a vu d'ailleurs dans les détails de la première observation de quelle manière il est utile d'associer les émissions sanguines au tartre stibié.
Un dernier mot sur deux lésions tranmatiques des plus graves , celles de la poitrine et celles de la tête. En général les pneumonies qui surcèdent à un traumatisme violent sont bien autrement graves que celles qui reconnaissent une autre cause. Les antiphlopistiques alors ne réussissept que rarement; tandis que l’émétique au contraire est du plus grand secuurs Dans les plaies de tête l'émétique à À poutre doses, tant vaute par Desault, à été proscrit par M. Lallemand comme plus nuisible qu'utile, À haute dose, au contraire, il produit de bons effets; vependant M. Fraok se hâte d'ajouter qu'il ne l'a vu administrer ainsi que dans des ras d’encéphalite légère et commençante , suite de Jésion truumatique,
Ce mémoire est d’une haute importance ; et si les faits ve y sont sw À portés viennent à être constatés sur une plus grande échelle , il sera le signal d'un progrès remarquable pour là thérapeutique chirurgicale. 11 est écrit d'une manière en général claire et précise; un peu plus d'urdre et de méthode y auraient été peut-être à désirer.
Le Rédacteur en chef, Juiss Guérin.
RUE DU CaDrax, N° 46.
- om . —
La Gazsrre mémicace pe Pans (Gazrite de sunié et Clinique des hôpitaux réunies } parait tous les samedis de chaque semaine ; chaque numéro est composé de 16 pages in-4°, 82 colonnes , et équivaut à 6 feuilles in-8*, Le prix d'abonnement est pour Paris et les Départemens, de 40 fr. par an, 20 fr. pour 6 mois,
et 10 fr. pour trois mois. Pour l'Etranger
reçoit que les lettres affranciues
Mémoire sur une épidémie de Gèvre Lilicuse qui a régné à la maison ernirale de détention de Limoges, — Rerne des journaux de médecine allemands : Cas de paralysie dépendant d'une rachialgie et d'une inflammation chronique de La substance où des enveloppes de la moelle épinière , guérs par les fictions mercurielles.— De l'emploi de l'extrait de helladone danskes cas de hrenies étranglées. — Chservations d'abeès du muscle ps038.— De quelques effets du seigle ergoté, — Olmervation d'une hémorrhagie mortelle, — Note pour servir à l'histoire du coloboma de lis. — Académie des sciences, séanre du 24 mai; — de médecine , séances des 43 et 20. — Analyse des Annales d'hygiène et de médecine légale — Concours pour la chaire de clinique d'accouchemens. — Lettre médicale sur Paris.
SR Sr
ÉPIDÉMIES
MÉMOIRE SUR UNE ÉPIDÉMIE DE FIÈVRE BILIEUSE qui à régné à la Maison centrale de détention de Limoges pendant l’année 1835; par M. Voisix, chirurgien de cette maison, ancien interne des hôpitaux de Paris, etc.