PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE
RECHERCHE DES ANALOGIES DE LA FOLIE ET son (f), par F. Lércr.
DE LA RaAï-
On a dû , pour faire le tableau de la folie , l'étudier et la décrire à son surmmum d'intensité, dans ses furmes les plus tranchées et les plus distinctes, les plus éloignées, en un mot, de celles de la raison. C'était le moyen de la micux peindre, mais ce n'était pas celui de la faire mienx comprendre. Dans ce dernier but , il faut non-seulement étudier l'action de ses causes uccasionelles , son incuhatron , son début, le passage de la raison à la folie, mais encore rechercher les états psycholo-
(4) Travail extrait de Considérations générales sur La folie.
iques qui, dans ce qui n'a pas cessé d'être de la raison, se rapprochent à plus des diverses formes et des divers degrés de l'aliénation mentale. Ces recherches analogiques , puises en tres-grande partie dans ce que chacun peut avoir éprouvé var soi-même, donneront lien à des rapprochemens d'où jallira une lumicre claire pour tous les yeux , et elles montreront , mieux que des descriptions isolées, que la folie n'est point une chose à part, que tous les fous ne sont point sous la tutelle des asi- Îles qui leur sont consacrés, et que, de la raison complète ou philosophique au délire véritablement maniaque, il y à d'innombrables degrés, dont il serait avantageux à tout homme d'avoir an moins la connaissance générale, afin de ere mettre toujours la colère on la vengeance à la place de cette pitié indulgente dont peut-être il a eu quelquefois besoin , et qu'il pourra quelquefois encore avoir à réclamer pour lai-
1. A son point de départ, et dans les dispositions mentales qui
en sont la cause prédispasante , organique ou constitntionnelle , la folie est encore de La raison , comme la raison est déjà de la folie ; et il importe de commencer par là l'étude de leurs analogies. Ces dispositions , suivant même le langage ordinaire ; sont , dans le mode moral où affectif, une srritabilite extréme, une sensibilité excessive , qui donnent lieu à des illusions et à toutes les erreurs de jugement qu'elles trainent à leur suite , où dont elles ne sont que le premier degré, Ce sont des appéuts, des goits , des désirs bizarres et exlelusifs, des pass ons mauvaises, désordonnées, délirantes, un entrainement, une irrésistibilité dans les actes, qui frappent tous les yeux {parce qu'ils ne sont point en harmonie avec la raison commune. Et ; dans le mode intellectuel, c'est un d'attention qui donne lien à de la distraction et à une apparence d'insensibilité aux impressions venues dn dehors; c'est une association vicieuse des sentimens et des idées , qui produit des singularités , des disparates , de l'incohérence dans les discours , ou bien une association trop rapide de ces actes inteblectuels qui occasione dans le langage de la confusion et des ellipses inintelligibles ; c'est enfin un jugement faux qui donne lien à des ma-
Feuilleton.
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