TOME 11. —1554.) SAMEDI 6 JUIN
La Garxrre méoicare De Pans (Gazette de santé et Clinique des hôpitaux réanies ) paralt tous Îles samedis de chaque semaine; chaque ouméro est composé dé 16 pages in-4”, 82 colonnes , et équivaut à 6 feuilles in-8°. Le prix d'abonnement est pour Paris el les Départemens, de 40 fr. par an, 20 fr, pour 6 mois, et 40 fr. pour trois mois. Pour l'Étranger 44 fr, Les abonnemens ne peuvent dater que du commencement d'un trumesire, 4° Jagmer, 4° Avril, 4° Juillet, 1 Octobre. — On s'abonne à Par, au bureau du Journal, re Poissonniére , n° 5 , et dans les départemens, chez tous les Directeurs des postes. — On nr
reçoit que bes lettres affranchies.
SOMMAIRE
Mémoire sur la graralysie. — Rccherches sur les tubercubes des reins. — Revue des jouraaux de médecine anglais : Bi vue des cas observés pendant le cours de clinique {1832 et 1833) à l'infirmerie royale d'Edimbourg, — Histoire d'une Gèvre enlémicoe qui a régné à la Gn de 1633 à Le mme Remarques sur | le bésiéri, = Observation d'évolution spontanée du fœtus, — Observations | d'aliénation mentale se terminant par la mort. — Des vers lombricoides; recherches sur les causes de leur fréquence, et leur traitement à l'ile Maurice, — Sue l'emploi du nitrate d'argent dans quelques affections inflammatoires de La meinbrane muqueuse de la bouche et de Is gorge. — Traitement de l'érysipète
le colchiqu. . — Note sur ane épidémie d'urticaire, — Péritonite suivie du À formation d'un abeës fécal. — Observation d'affection de la moule, — Acsdémie des sciences , séance du 2 juin 1854; — de médecine , séance du 3. — Annals: des Leçons de clinique faites à l'Hôtel-Dice de Paris. — Responsabilité meilirale ; arrêt de la cour royale de Rouen.
PATHOGÉNIE
MÉMOIRE SUR LA PABALVSIE, Où choix d'observations recueillies dans les salles de clinique médicale de la Pitié, par DRE Boven, ex-chirurgien interne de l'Hôtel-Dieu de Marscille.
La vérié Lout entière me fut jamais le partage des opinions exclusives.
Larsemaso, lettres surles maludies de l'encéph.
Rien ne prouve mieux les progres que l'anstomie-pathologique à fait faire à la science que l'étude des affections cérébrales. L'obscurité,
qui régna si long-temps sur leur mature, s'est presque enfin entièrement dissipée par les efforts de fa médecine organique. Cette doctrine, en ne considérant dans l’homme que les organes et les fonctions, a étéconduite à chercher l'explication de tous les désordres fonctionnels par les lésions matérielles des tissus. Les services que ses recherches ont rendus à la pathologie sont immenses, mais que ses pompetises promesses sont
{ain d'être accomplies ! Combien de maladies échappent encore dans
leur essence à notre investigation! Combien la nature se plait à compliquer le problème et à nous montrer notre ignorance !
Cependant , un grand nowbre d’affections que nos devanciers attribuaient naguère aux aberratiuos du principe de la vie, ont trouvé place dans Les cadres nosolog'ques à côté de celles que les altérations matérielles les plus polpables tiennent sous leur dépendance. Ces découvertes font espérer à des esprits positifs qu'avec du soin, du zèle et de la perspicacité Le plus grand nombre des lésions de fonctions seront es-
liqnées un jour par les altérations des urganes dont le jeu entretient L vie. C'est beaucoup augurer de l'intelligence des hommes! Mais n'autiapons pas sur l'avenir, l'observation des faits actuels doit seule nous oceuper.
Pour bien concevoir tous les phénomènes qui se rattachent à la paralysie, le cerveau doit être considéré crime un organe multiple. A chacune des parties qui le constituent répondra une fonction : ainsi la portion de la pulpe cérébrale qui présidera au mouvement, nœ sera pas la même que celle d'où émane l'intelligence , et les mouvemens de € raque région pu corps auront un centre particulier d'action. Quelques cxemples doivent suffire pour mettre cette vérité dans tout son jour. Voyez ce maniaque , il se meut avec une agilité extrême, rien n'égale la dextérité ct la souplesse de ses membres, et cependant ses facultés intellectuelles sont dans ua désordre effrayant, Dira-t-on que la même partie du cerveau préside chez lui aux mouvemens et à l'intelligence? N'est-il pas facile de mouvoir aussi un bras indépandemment de la jambe et réciproquement ? Ces deux extrémités ont donc un organe particulier d'où dépend leur motilité.
feuilleton.
RESPONSADILITÉ MÉDICALE. — ARRÊT DE LA COLR ROYALE DE NOUEX.
Nos prévisions on plutôt nos espérances ont été trompées. La cour royale de Roues, Loin de réformer le jugement da tribanal civil d'Evreux , qui condamnait M. Thouret-Noroy à 600 fr. de dommages-intéréts et à une pension enouelle de 150 fr.su profit du sicur Guigne, a conGrmé cette décision et aggravé encore La péine, Cet inconcerable arrêt, sur lequel il nous sera pains sans doute de faire ue observations, confirme tout ce sac nous arons dit et répété tant de
is sur Les vives de la législation et de la procédore en matière de responsabilité médicale, Cette question est si importante pour notre profession , qu'on nous pandlonnera d'y revenir si souvent, Nous ne monquerans jamais, dans ces sortes d'affaires, de discuter d'abord et de protester ensuite contre les agmil ca- Uons d'une Loi mapplirable, et sous meltrons tous nos efforts à eu solliciter sans cesse la révision.
Malgré notre profond respect pour les arvèts de Ja ju tice, ét pour Les couvictionseles magstrais de Rouca, nous exominerons librement les motifs de Leur décision, et nons ne balancerons pas à la désapprouree, C'est un droit accurilé de tout temps aus parties d’abord , et ensuite au public, Voici d'abord ke teste de l'arrét : les lecteurs voudront bien faire attention surtout aux phrases que nous souliguons,
+ Attendu qu'il résulte de l'ensemble des déporitions des témoins de T'enquête directe,
» {° Que les personnes présentes lors de la sargnée faite par Noroy au bras de Guigoc, furent étonnées de l'effet immédiat de cette saignée , de fa manière dont le sang fasflissait et brouait on brouissait ; de la <culenr du sang ; de Lio: sistance que Noroy, malgré Ls observations qui ni furent faites , mit à Ge que le sang ft jeté, ce qu'il exevata lui-même et presque immédiatement; des symptàmes alarmans qui suivirent celie saignéc ; .
# 2° Que pendant dix-huit jours Guigne se plaigoit continwellement de la douleur qu'il éprouvait au bras ; qu'une tumeur se manifesta bientôt an siége de la sigaéc, ct aegmenta chaque jour ; Dr mp ce temps Guigne a été obligé de garder le lit , et qu'on avait beaucoup de ial à lui passer ses vélemens lorsqu'il se levait ;
CES Que , dons cet intervalle, Guigne ne s'est Livré et ne pouvait se livrer à aucune espèce de travail; qu'aprés ves dix-huit joues li tueur présentait la grosseur et le volume d'un œuf; que cependant Noroy disait que ce n'était rien , et qu'il donnerait de quoi faire passer cette tumeur ;
u Attendu qu'il est iautile de s'attacher aux petites Goles fourics au malade
Ces réflexions si naturelles déterminèrent plusieurs auteurs recommandables à chercher dans le cerveau les différentes parties qui mettent en jeu des actions si diverses. Des autopsies nombreuses apprirent à M. Foville que l'altération de la substance corticale coïncidait toujours avec le désordre de l'intelligence, tandis que les lésions du mouvement accompagnaient toujours les altérations des parties centrales de l'encephale ; il ne fut pas aussi facile de préciser d'une manière certaine les
portions de la substance cérébrale présidant à la motilité des membres
pelviens et thoraciques ; aussi, les observations de MM. Foville et Pi. uel-Grandchamp sont encore bien conjecturales. Il résulterait de leurs recherches que A couche des nerfs optiques tiendrait sous sa dépendance les mouvemens des extrémités supérieures, et les corps striés commanderaient à ceux des extrémités inférieures.
Sans professer 1ci la doctrine du docteur Gall, nous croyons devoir admettre dans le cerveau un centre particulier pour chacun de nos sens. L'observation journalière pronve, en effet, que des individus sourds par suite d'affections cérébrales conservent néanmoins toute l'intégrité de leur vue ; de même que des personnes privées du goût et de l'odorat ont cependant la faculté de jouir des autres sens, souvent même à un degré plus développé. M. Foville, toujours ingénieux dans ses explications, admetenfin des nerfs afférens et efférens se rendant et partant de l'encéphale pour aller se ramifier aux diverses régions du corps. Les
remiers transmettent aux organes les volontés du cerveau, les seconds ke apportent les sensations multiples qu'il doit percevoir.
Cette digression nous a paru nécessaire pour l'appréciation des divers phénomènes de La paralysie. Nous avons dù entrer dans ces détails par À conviction acquise que chaque système pathologique refluait, pour ainsi dire, sur la thérapeutique et lui imprimait son cachet ; grande vérité qui trouve une application toute directe dans la spécialité qui nous occupe. . | é
La paralysie fut long-temps considérée comme une maladie essentielle, et parce mot nous devons entendre un désordre fonctionnel, ne laissant après lui aurune trace sensible, Pinel, Hallé, Bichat, adoptèrent cette opinion , et de nos jours encre elle compte de nombreux partisans. Des auteurs superficiels ont mal interprété les paroles de ce dernier écrivain, en lui attribuant les idées qui font la de là médecine orga-
nique.
, ce médecin célèbre, les propriétés vitales sont toujours préexistautes à l'organisation qui en est la conséquence. Le principe de vie est à l'organe ce que la cause est à l'effet ; et lorsqu'un trait de génie échap à Vicq-d'Azir lui fit émettre une opinton contraire , notre Bichat la réfuta comme une grave erreur. Le mémoire de Hallé sur la paralysie here nie Ja dernière évidence , qu'il la regardait comme dépenant toujours d'une lésion des propriétés vitales , puisqu'il choisit indistinctement 51 paralytiques pour les soumeitre tous au même traitement, l'influence de l'électricité , médication dont le succès est toujours incertain. Ces fansses conséquences per parms Lyn découlaient nécessairement des idées peu exactes que nos devanciers s'étaient faites dla paralysie ; nous montrerons dans ce mémoire que les causes de cette lésion pouvant varier, son traitement ne saurait être assujéti à des règles invariables.
La paralysie est générale ou locale, elle fournit des donoées pathogéaiques différentes suivant sa marche et sa durée.
Si le cerveau est un organe multiple, si les mouvemens de chaque
rtie du corps correspondent à une position particulière de son parenmnt la Site nt générale , Flle PRE 7 l'indice d'une altération occupant tout l'encéphale, Observons néanmoins que cette proposition envisagée d'une manière trop exclusive pourrait induire notre diagnostic en erreur. {1 n'est pas rare de voir une paralysie générale coïncider avec l'altération d'un seul hémisphère cérébral. On conçoit, en effet, qu'une large hémorrhagie envabissant un seul lobe du cerveau strate ce phénomène, par la compression que ce dernier exerce sur "hémisphère resté saiv. L'épanchement sanguin peut encore par sa violence faire irruption dans les ventricules et déterminer les mêmes accidens: tächons d'appuyer le précepte par l'exemple, et ne négligeons pas d'ouvrir le grand livre de la nature.
Ons. 1, — I est entré au n° 4 de la salle des femmes, hôpital de la Pitié, service de M. Roslan , une femme âgée d'environ 68 ans , sans connaissance, qui à succombé pendant l'examen du professeur. L'état de santé parfaite dans lequel elle se trouvait avant ce dernier accident , la perte instantanée de la motilité et de la sensibilité de ses extrémités pelriernes et thoraciques, tout portait à croire à l'existence d'une large hémorrbogie cérébrale dans les bemisphères du cerveau.
En procédsnt à l'ouverture du cadavre de cette femme , on remarqua qu'une large ecchymuse siégeait sur les parties latérales droites de la tête, Au-essous de cette lésion , Les 04 du crâne étaient fracturés, Les signes de cette blessure dénotaient assez qu'elle avait eu eu pendant le vivant de Ia femme; aussi, M. Rostan peti-at-il que La médecine légale Fe à bon droit réclamer dans ce cas son iurestigation , et l'autopsie fut différée de quarante-huit heures. Après ce laps de temps, la cavité crin'enne fat ouverte, et le cerveau présenta les désordres suivaus : Une énorme caverne, remplie de caillots sanguins, occupe une grande partie de 1 hémisphère droit ; ell: à plusieurs poucés d'étendue, el les parois de sa cavité sont ramollies ; la pulpe cérébrale qui les constitue est comme imbibée d'une matière rouge et enlicrement brovée, En divisant les caillots de sang , on dans leur intérieur des parcelles de cette substance encéphalique triturée,
Cette observation est curieuse sous tous les rapports. Remarquons d'abord que la fracture est du côté de l'épanchement ; cependant ]à paralysie a dû frapper les membres du côté gauche , et la chute du corps sur celte ge paraissait inévitable. Si le contraire s'est mamifeste , c'est que l'hémiplégie s'établit quelquefois en mème temps que la perte de connaissance; Île malade tombe alors indistinetement en tous sens. Mais si la perte de connaissance ne coïncide pas avec la paralysie , l'apoplectique sent se dérober sous lui le côté hémiplégique, sur lequel il croule comme nne masse inerte. Observons enfin que l’hémorrhagie cé-
pé | rébrale à fait iréuption dans les ventrieules, et que l'hémisphère sai à
dû nécessairement souffrir de la violence de cet épanchement sanguin. S'il en est ainsi, une paralysie générale était inévitable , et les phénomènes observés ont été rationnels.
Une seconde proposition qui découle comue conséquence nécessaire des principes établis, c'est que la paralysie devra frapper tous les membres lorsque l'épanchement sanguin occupera la partie eentrale du cerveau, et surtout sa protubérance annulaire, Si le praticien peut observer le malade au moment même de l'accident, il remarquera que la paralysie, avant de devenir générale, est d'abord locale. & hénomène se manifeste même à la suite de larges hémorrhagies , de telle sorte qu'il est facile de préciser alors le lieu où s'est fait l'épanchement, Aussi, le médecin exercé est-il rarement ewbarrassé pour diagnostiquer le siège et l'étendue de l'hémorrhagie cérébrale , lorsqu'il est appelé dès le début de la maladie, Les apoplexies centrales elle-mêmes , qui amè-
sar Noroy , des substances qu'elles contensient , de la couleur qu'elles offraient à Î œil, et de La douleur qu'elles ont produite au bras de Guigne ; : |
» Qu'il suffit qu'il soit prouvé et même reconnu par Noroy qu'il a fourni ces fioles et la liqu'ur qu'elles contenaient, pour qu'il demeure constant que longtemps après la saignée le malade souffrait beaucoup, el que le siége da mal était à l'endroit de cette signée, où l'on remarquait cette forte tumeur, attestée par vu grand nombre de témoins, et dont Noroy n'a pu diminuer le rolume , nonobs'ant ses diverses applications ou Cumpressions ;
» Attendu que € est aprés diverses lentalives sans succès , cl dans un moment où Guigne avait le plus graod besoin de l'assistance et des services de son médecoin, que celui-ci, désespérant sans doute de pouvoir guérir où au moins soulager son malade, l'abundonna à ses souffrancrs ; Le. |
» Attendu qu'aux symptômes qui ont accompagné Ja saignée, aux événemens qui sont survenus postérieurement , à la tumeur qui s'est forméc et à progressivement augmenté, aux douleurs continuelles du malade , à l'impossibulité oi il était de se livrer à aucun travail, à l'inefficacité des rrinédes de Noray et à l'obandon du mlheurcax Guigne, il faut réunir ce qui s'est passé ultérieurement ei les autres circonstances que révèle également L'enquête;
» Qu'il résulte des déposnons de quatre témoins, au mois dés roës témoins qui ont été présens uux opérutions antérieures d d'ampatation, que l'officier de santé Leur fit palper et reconnalire les battemens qi evéstaient à la tu meur; que lorsqu'elle fut ouverte ilen sortit du rang caillé et du sang liquide couleur rouge ; qu'ils RECONYURENT QUE LA PIQURE EXLSTAIT À L aatène; qu'ils
jugèrent à L'opeur et à LA COULEUR du Sang que € État DU sanc AntÉRIrL, ct
ls ont vu le sang jaillir de l'artère avant l'introduetion de la sonde ; qu'en ün la gangrène survenue à nécessité l'amputation
» Que Noroy présent à l'enquête n'a fait aucune observation, aucune interprétation lors de k déposition de Chouippe {c'est l'oflicier de santé }, quand il avait tant d'intérêt à contredire les déclarations et les symptômes dont l'ofieier de santé remdail compte ;
# Attendu qu'il est égalem-nt établi par tous les documens du procès, que c'est par le fait de Noroy, 234 le résultat de la saigoéc qu'il à pratiquée, par la ‘ésion de l'urtère brashiale , par l'inefbcacité de ses remèdes, par sa négligence grate, par une faute grursiére, notammwol par l'abanudan du malade dont il a refu é de + sir le bras, lors méme qu'il en était quar lui requis, que l'ampmtation du bras de l'infortanté Guigne , après les opérations réitérées et douloureuses qu'il avait subies , «st devenue indispensable... u
La cour, par ces motifs, coufirme te jngement de première iuslance, et de plas condamne Thouret-Noroy et par corps à 400 fr. à titre de supplément de dommages-interfts.
Il faut remarquer d'abord qu'une grande partie des faits admis par Ces consilérans , savoir: l'impossibilité de travnller où se serait trouvé Guigné , l'abandon da malade par le médecin , l'inefbcacité des remèdes de M, Noroy, clic. , ont été niés par M. Noroy qui, dans une contre-enquête et par de nombreux témoius, à prouvé que Guigne avail travaillé, labouré , conduit sa voiture, altelé son cheval , transporté san bois jusqu'au inilieu de janvier, c'est-à-dire pendant les trois mois qui suivirent La saignée , malgré la défeuse expresse qu'il lui en avait faite; il a prouvé également que s'il n'a plus retu Guigne depais le 20 novembre , c'est
vent une résolution prompte et complète des mermabres , sont précédées quelquefois de symptômes locaux. | | La congestion cérébrale donne aussi lieu à la paralysie partielle ou générale , et on pourrait confondre cette dernière alfection avec l'hémorrhagie, si, dans la marche des symplômes , on ne trouvait des sies différentiels bien tranchés. La simple congestion cérébrale ne pro- Soit jamais une paralysie permanente; elle se dissipe ordinairement le troisième jour après les premiers accidens, tandis que dans l'hémorrhaie cérébrale la paralysie persiste long-temps et fait même quelquefois . nouveaux progres. L'apoplezie n'est jamais foudroyante , c'est-àdire elle n'éteint pas la vie instantanément. L'opinion contraire est trop accréditée chez le peuple, et même auprès de plusieurs médecins, pour ne pas la réfuter. res autopsies prouvent que les morts subites reconnaissent ordinairement pour cause une maladie du cœur, Si l'hémorrbagie cérébrale a déterminé quelquefois une catastrophe aussi brusque, ces exemples doivent être rangés parmi les cas exceptionnels. M. Rostao observe que des épanchemens sanguins et considérables dans la moelle allongée peuvent cependant donner lieu à un accident aussi prompt. | Les auteurs ont reconnu depuis un temps immémorial que l’hémisphère gauche du cerveau présidait aux mouvemens des extrémités droiles, tandis que celui du côté droit tenait sous sa dépendance la motilité des extrémités gauches du corps. Ainsi done , suivant le siège des diverses allératiuns cérébrales, la perte du mouvement frappera les membres thoraciques ou pelviens. Si ces derniers sont seuls affectés, on dit qu'il existe une paraplégie. Cette dernière affection coïncide presque
toujours avec les altérations de la moelle épinière. Néanmoios , lors-!
que la paralysie n'oceupe qu'une seule des extrémités pelviennes , M. Rostan attribue ce “Lénine à une lésion encéphalique, 1l fonde ses opinions sur l'impos ibilité d'altération d’un des côtés de la moelle, sans que Le côté opposé participe à la même affection. Le pen de volume et le d'épaisseur des parties contenues dans le canal rachidien, semblent motiver cette assertion. En effet, il est peu rationnel de penser qu'une congestion capable de comprimer les nerfs qui pa
ties latérales de cet organe , n'impressionne pas aussi de
posés du corps, de telle sorte que la perte du mouvement du bras droit, par exemple, coïncidera avec celle de la jambe gauche, et réciproquemcot. Pour expliquer ce phénomène, il faut supposer une altération double siégeant en même temps dans chacune des parties du cerveau qui président au monvementdesextrémités malades. Quoiqueces deux lésions existent simultanément, elles n'ont pas coincidé dans leur début : l'une d'elles a précédé nécessairement l'autre , qui ne s'est déclarée qu'après un laps de temps plus ou moins considérable, : Non-seulement la paralysie offre des phénomènescurieux par son action sur les membres quiexécutent des mouvemens, mais encore par lesmodifications qu'elleimprime aux autres organes, Le jeu de la langue a fixédetout temps l'attention des médecins, et nous sommes loin encore de pouvoir apprécier tous les signes qu'elle fournit dans les maladies de l'encéphale. On à cherché d'abord à préciser dans le cerveau la partie de cet organe qui présidait à se$ mouvemens : l'altération des cornes d'Ammon fut observée par M. Fovilie dans tous les cas de paralysie de la langue, d'où cet auteur conclut qu'elles commandent aux mouvemens de cet or- |Fane. M. Bouillaud remarque au contraire que les lobules antérieurs du cerveau sont toujours lésés lorsque, dans les phénomènes de paraly* sie, la parole est embarrassée. Les opinions de ces deux auteurs recommandables n'influent en rien sur Là thérapeutique : nous pouvons attendre qu'une plus longue expérience prononce, avant de les adopter. La paralysie est donc souvent l'indice des affections cérébrales, mais c'est danssa marche etsa durée que nous devons puiser des notions sur la nature de ces lésions, J1 est rare que, par les essaie qui l'accompagnent, on ne puisse déterminer d'une manière précise l'étendue et essence de la maladie. Avouons néanmoins que dans les altérations ‘chroniques de l'encéphale, il est souvent difficile d'asseoir un diagnosue certain. Mais ce mème embarras se retrouve dans l'appréciation des phénomènes de toutes les maladies chroniques des autres organes. Les je commémoratifs deviennent alors de la plus haute importance ; ils concourent à l'explication des faits enveloppes d'une obcurité com- { plète. Dans les et 1 du cerveau surtout, sans commémoratifs, il
rtent des par- l'est souvent impossible de déterminer la nature de l'altération ; et si la même ma-| l’on réfléchit à la difficulté d'obtenir dans les hôpitaux tous les rensei-
nière ceux du côté opposé. Le professeur que nous venons de citer rap-{ gnemens nécessaires pour l'appréciation de la maladie, on ne sera plus
porte plusieurs cas de ce genre, où 1 à trouvé raison des désordres {su
fonctionnels dans un des hémisphères cérébraux , sans rencontrer une
di des erreurs de diagnostic qui s'y commettent chaque jour. a marche et la durée de la paralysie, disons-nous , peuvent nous
seule fois des altérations sensibles dans le canal rachidien. Cette opinion | faire connaitre la nature de l'altération qui lui donne naissance, Si son
est pourtant controversée. L'auteur des lettres sur l'encéphale a consigné dans son ouvrage une observation qui établit postivement une altération de la moelle épinière déterminant la paralysie d'us seul membre pelvien, M. Rochoux prétend, d'aprés sa propre expérience et celle de ses devanciers , que Ja paralysie peut se borner à une portion plus ou moins étendue d'on des côtés du corps quand une portion de la moelle est affectée , et qu'elle a lieu sur les nerfs du mouvement où sur ceux du sentiment , suivant que le mal occupe Ja partie antérieure ou Ja partie postérieure de l'axe médullaire, En présence d'opinions aussi divergentes soutenues par descapacités d'un égal mérite, nous suivrons l'exemple de ce philosophe qui, dans le doute, s'ubstenait (1).
La paralysie peut être croisée, c'est-à-dire occuper les membres op-
{1} Les expériences sur Les animaux vivans produisent des résultats aussi contradictoires. (Y. du AR)
il apprit e
e son malade avait substitué à ses prescriptions celles d'une sage-femme l'an ofbcicr de santé.
le sachant occopé à ses travaux ordinaires, 1 le croyait guéri, et qu'en suite
invasion est brusque , elle est l'indice d'une bémorrhagie cérébrale ; si elle est lente et graduée , elle décele une encéphalite ou un état de ramollissement de la pulpe cérébrale, Dans ce dernier cas, les symptômes hémiplégiques vont toujours croissant , tandis qu'ils s’amendent et se dissipent même quelquefois dans les simples congestions ou les hémorrhagies du cerveau. La paralysie n'étant que passagère, elle ne saurait être sous la dépendance d'aucune lésion matérielle de l'encéphale. Excluant alors toutes les allérations connues de cet organe qui produisent la paralysie persistante, on simplifie siogulièrement le probleme , et à l'aide de Mur signes patogaumoniques 1l devient très-fcile de diagnostiquer la maladie, Si l'hémiplégie ne dure que quelques heures ou deux ou trois jours, si elle cède qu s'améliore promptement sous l'influence des moyens thérapeutiques qu’on lui oppose, on peut affirmer qu'une congestion cérébrale violente l'avait déterminée. Au contraire, laparalysie persiste-t-elle long-temps, fait-elle de nonveaux progrès, son
f le fait soit prouvé ; il faut encore que ss moralité réponde qu'il ne ment point, ct qu'il o'a pu être trompé, soit par defaut de lumiétres, sait par toute autre cause, De tout temps la discussion de La valeur des témoignages à été admise
Nous ne sarous comment ces faits établis par la contre-enquête ont pu étre || comme un droit naturel, et dans la plupart des affaires crianmelles ie principal ainsi mis de côté par Ia la cour et considérés comme nan avenus. La manière dont | moyen de La défensc est précisément la discu-son de Lo weraeire et de la compe ce procés a été conduit nausétonne loujours davantage. Ainsi nous ne concevons | tence où capacité des témoins. Cela est si vrai qu'oo voit tous les jours les tri. pas comment la cour peut établir comme nn fait constant l'incapacité abeolue de} bunaux appehr d'offire des experts, c'est-à-dire des homeses spéciaux, tels que travail chez le malade, tandis qu'une douzaine de témoins out déclaré sous la foi | des armuriers, des artistes, des maçons, des chimistes, éte. , pour qu'ils aient du serment l'avoir vu à sa charrue et à sa charrette. À moins que ces témoignages | à downer leur avis sur cerlains faits que les témoignages seuls ne pourraient éctaiue soient reconaus faux et les témoins punis pour fausses dépasitions, ce qui n'a | rer, et exe soumettre à l'épreuve du raisonnement tes témoignages eux-mêmes. pas été mis en question , que nous sachions, leurs déclarations nous semblent un ! Dans l'alfsire Noroy ce prince nous semble avoir été méconnu où du moins apargument sans réplique , car elles portent sur des faits positifs et matériels sur | pliqué de la miamière la plus irrégulière, Jusqu'ics dans les procès de ce rare Le lesquels ils n'ont pu Être trompés , ni se tromper eux-mêmes. $ tribunaus n'ont jamais Crea pouvoir se passer de l'avis des gens de l'ort, et les ac
Mais nous passerons sur ces singulières circonstances de la procédure , bien ! quittemens comme les condamaations ont eu pour fosdement des enquêtes méqe très-importsntes, paisqu'elles pouvaient éclairer les juges sur la préténduc : dicales, plus ou moins atislaisantes , mais sufsantes, jusqu'à un certain point , négligence à médecin, qui est un & griefs allégués par le plaignant, Nous eous ? pour mettre à couvert la responsabilité des juges, et offrir quelque garantie à l'ai
arréterons au point fondamental de La question, qui est de savoir 1° si M. Thouret a blessé l'artère brachiale du malade , et 2° s'il a commis en cela ane faute grossière d'après le principe de l'art,
Le premier point est un point de fait ; il ne pouvait être par conséquent prouvé que par des témoignages. C'était Là le seul genre de preuve possible dans Ia rause, qui, par sa nature, n'en almettail pes d'autre, Or, l'équité matunille et ls pratique constante des tribunanx n'atiribaent aux témoigoages des hommes qu'une valeur relative el von sbsolue, 11 ve suffit pas que le témoin dise j'ai vu, pour que
cusé, lei rien de semblable. U s'agit de savoir si one artère à été Hessée dans une saignée, et ce fait iout-a-fait médical est omis sur la scule sutorité de personnes, mon-scukment étrangères à la science et à l'art , Ms cacore dépourvues de toute éducution. Est-ce donc une chose si facile que le diagnostic d'asepareille sion pour que des juges se soient crus autorisés à l'admettre sur Les descriplions vagnes et prossières de trois où quatre villageois? et ces descriptions fussent-ells exactes et probantes, ces mémes juges efaient-ils en état d'en tirer aucune conciuson légitime ? Quand il s'agit , en cour d'asi.
pronostic devient fâcheux , et dans cette altération fonctionnelle profonde, il faut reconnaitre une altération profonde du cerveau, Une hémiplégie qui se manifeste ientement , précédée d’étonrdissemens , de douleurs dans le côté de la tête opposé à celui de la paralysie, de vertiges, de tremblemens , de raideurs , de crampes , de contractures des tuenbres, de soubresauts de tendons, de fourmillemens , dénoté un ramollissement inflammatoire on aon de la substance cérébrale.
‘La durée de la paralysie dunne aussi des signes non équivoques sur le degré d'acuité on de chronicité de l'affection qui la produit. Toute hémiplégie qui ne dure que peu de temps, dénote une altération aiguë de l'encéphale, tandis qu'elle est liée à une lésion chrouique de cet organe si elle persiste pendant long-temps.
Néanmoins l'hémiplégie peut enchainer indéfiniment les mouvemens d'un des côtés du corps, sans qu'il existe un travail morbide qui l'eniretieune. L'anatomie pathologmque n'est pas restée si'enciense sur ce phénomese singulier ; et voici l'explication qu'elle donne de ce fait : À la suite d'une hémorrhagie brusque dans Le cervean, la pulpe de eet vrgane, dont la texture est si molle, est pour ainsi dire broyée par l'action mécanique de l'épanchement sanguin. La nature établit bientôt nn travail éliminatoire autour de ce caillot ; il est pris par les absorbans qui entrainent avec lui la matière encéphalique triturée, Un vide s'opère donc dans la substance cérébrale , un kiste s'y organise ; et si la perte de substance est considérable, les mouvremens des estrémités auxquelles elle présidait s’exécutent incomplétement.
Oss. I, — Au n° 12 de La salle des femmes se trouve une malade âg'e de Gù ans, qui fut adm se à F'hôpitsl de La Piié, le G janvier 1844. Depais quinte jours, clle éprouvait de la gène dans les mouvemens des extrémités droites: des fourmillemens , des douleurs, même sensibles, s'étaient manif stérs dans ces régons, lorsque tout à coup, sane cause appréciable, elle perdit entièrement con naissance. J fut (acile alors de diagnostiques l'hémorrhagic cérébrale ; mais nous ne pümes apprécier d'une manière certaine si un ramollissement avait précédé l'épanchement singuie. La paralysie était partielle; son apparition brusque était un des meilleurs signes de Féserchgte des hémisphères cérébraux. Si Les altérations observées sur le cadavre peuvent nous faire présumer les désordees fon. tiobaels qui se sogt manifestés pemlaut k vie, la lésion des fonctions ons mdique réciproquement la nature de l'aliéralson organique, Qr, es interrageant les faits antérieurs, il ne reste plus de donte à notre esprit sur l'imposa ikté des ramollitécemens da cerveau à suivre une marche rétrograde, La poralysie , conséquence de cette altération , loin de le dissiper, fait de nouveaux progres , et comme chez cette malade les symptômes se sont amendés depuis l'accident, quille conserve toute l'intégrité de son intelligenec, nous ne doutons pas qu'une hémorrhagie ei. rébrale dans l'hémisphère gauche du cerveau n'ait donné lieu à cette hémiplégie du côté drait.
C'est ici le lieu d'observer, que toutes les maladies ne se dessinent pas toujours par l'ensemble déstraits qui les caractérissent. Elles snivent alors une marche insidieuse , et dans ce cas, notre diagnostic erre souvent incertain, Ces lésions dites latentes et que M. Rostan désigne sous Le nom d'anormules parce qu'elles ne se traduisent pras au dehors par leurs caractères propres et tranchés, se manifestent anssi dans les maladies du cerveau ; une longue habitude devient alors indispensable pour les bien juger, La paralysie peut encore dépendre de l'inflanmation des méninges ; elle s'annonce alors par des convulsions, s'établit graduellement et reste souvent ncmtalhie. Un traitement énergique triomphe facilement de cette méningite et a paralysie disparait avec elle. Dans le ramollissement du cerveau le malade paraît voué à une mort certaine ; telle est du moins l'opinion du prufessenr Rostan, qui
n'a jamais vu de guérison dæns les cas nombreux de ramollissement
qu'il a observés, Cependant l’auteur des lettres sur l'encéphale, auqnel où ne saurait refuser un esprit observateur , en cite nn exemple, mais ce seul fait que la science possède ne peut détruire une opinion généralermment adoptée,
Toutes ces assertions relatives au pronostic et diagnostic des paraly-
sies souffrent encore de nombreuses exceptions. Il n'est pas rare qu'après
une résolution complète des membres le mouvement se rétablisse peu à peu ; on pronostique alors une solution heureuse de la maladie, et quel-
ques jours aprés, elle einporte le malade. La nature ici n'est pas en défaut,
mais notre jugement, Cel amendement passager observé dausles sympômes, semblait oous promettre quel'hémorrhagie cérébrale serésorbait sous l'influence de l'action énergique des ahsorbans , mais nous n'avions pas préve qu'une inflammation plus où moins vive s'emjiarerait de la pulpe cérébrale et donnerait lieu à un ranollissement incurable.
Ones. HE. — ‘lu n°7 de la salle des hommes , hôpital de La Pitié , 5e trouve an malade âgé de 63 ans, qui a éprouve plusieurs attaqn's sueces-ives de paralysie déternuntes par des hémorthagies cérébrales. Des érscuations sanguines fré.;dentes el abondantes ont amende tous les symptômes, L'hémiplegie qui restait gant che s'est presque entièrement dissipée ; mais La sensibilité des membres est encore très-obtuse; elle n'a pas suivi des degrés d'ameboralion survenus dans la mot. lité. IL est rare de voir les extrémités privées du scotiment conserver La faculté ie se mouvoir, On en cile cependant quelques exemples; celui de La Condsmine n'aura pas fui de ln mémoire de nos lecteurs. Quel pronostic porterons-nous sur ce malade ? N'est-1l pes ë craindre que de nouvelles hémorrheges se déclarent et n'amèénent Li mort? Des soins hypiéaiques , nn régime sévère, nn repos absolu longtemps continué, peuvent éloigner la catastrophe; mais si la prédispostion de ct nine triomphe, nous ne doutons pas que l'autopsie présente des traces dés altérations cérebrabes qui se sont succedées pour faire naire et entretenir La paralysie.
J'assistai dernièrement à l'ouverture du cadavre d'une jeune femme
qui avait succombé , dans les salles cliniques du professeur Rostn , à
une affection tubercnleuse du poumon avec carie des vertébres dorsales.
Quinze mois auparavant elle avait été frappée d'une hémiplégie qui s'était dissipée peu à peu pérâmes trouver dans et noire attente ne fat pas trompée. Une cicatrice apparente décelait Je siège que l'hémorrhagie avait occupé, On trouve ordinairement à la place du eatlot de sang, soit un kyste séreux, soit une Lane blanchätre
de les soins assidus qu'elle avait réçus. Nous ese cerveau les traces de cette première aliération,
oblongue entourec d'une portion de parenchyme un peu indorée d'un blane mat et criant sous le scalpel.
1 n'est pas aussi commun d'observer les paralysies dans l'âge adulte que pendant les dernières années de la vie. On pense communément qu'elle se manifeste le plus souvent de Go à 50 ans. Cette opinion basée sur Le caleut est loin d'avoir un degré d'exactitnde nécessaire pour emporter conviction. M. Rostan, par sa position à la Salpéuibre, à pu vérifier la valeur de cctte assertion.
D'après un relevé fait avec beaucoup de soin il reste démontré queles hémorrhag'es cérébrales, et par conséquent les paralysies sont dans leur fréquence en raison directe de l'âge. Si le chiffre de ceux qu'elle a ali ee de Go à 50 ansest plus fort que celui provenant da nombre des paralytiques de *oà Bo par exemple, cette difference est relative à la di-
mioutios de la population, car l'homme ne dépasse pas souvent un terme aussi avancé de la vieillesse. Laissons d'ailleurs tous ces calculs mathé- | matiques qui dans l'appréciation des maladies multiplieront nos causes
ses, d'une arme à feu sur La construction de laquelle l'aceusé et le miaistère puble raisvanent dsns un bat différent, on appelle un arquelutsier pour donner son opinion ; pourquoi donc, lorsqu'il s'agit de constater La mature d'ané tnmeur, c'est-à-dire d'use sion (il faut que Les juges de Ronen le sachent }, dont l'appré-
t-on de l'avis d'un paisan et d'une paysanne? C'est cet oubli des règles les ptos
s'adresser an premier praticien venn , qui le leur eût certifié, Ce qui snit est plus fort encore, Les némes témoins Gr palp: ei reconnu des battemten: de la te meur. Ceci est ceovable; mas les mag:sirats de Rouen sont bien sûrs que de tes batiemens ne passent se rencontrer que dans ane tumeur anévrismatique ?
ciation est une des plus grandes difficultés pratiques de notre set, se contente-{ Le premier élève en medecine leur surat que dire également que ces buttenvens
peuvent se manifester dans tonte lumenr plarce sur le trajet d'une grosse artère,
simples du bon sens que nous attaquens dans l'arrét, pous n'examivons pas 8j! lei donc encore le témoignage oculaire ne soflissit pas; 11 fallait uoe interpré-
M. Noroy est coupable ou non, mois si l'accusation était fondée sur des motifs kegitimes , si l'on a apporté duns l'instruction de la couse les précautions indispensables , s1 lo ure a été on non conduite de manière à l'aire éclater la vérité, Or, nous ne pouvons nous empêcher de dire querien de tout cela n'a été observé
La lecture seule du teste et des considérans de l'arrêt prouvérait au besoin l'ilégitimité des dépositions des témoins sur lesquelles il n été rendu, Hs ont élé étonné: de la manière dont le sens brouail et jaillissait, Quoi de surprenant que deux villageois soient surpris de pareille circonstance ? [ls om été frappes de la couleur du sang! C'est là d'ordinaire ce qui arrive à quiconque voit pour la première fois une signée, On s'attend, en effet, à voir ua liquide + 7 et où le trouve noir: les témuins, en disant qu'il n'était pres ronge comme d'habitude , c'est-à-dire cormme celui qu'ils ont vu sortir d'une coupure où d'une piqûre, vent probablement pas voulu dire autre chose, On a conclu de cet étonnement et de cette oppatence iausitée da sang qu'il provenait d'une ortère, tandis qu'il Glhit précisément en tirer la conclusion opposée , qu'il prorenait d'une veine. Le sa0g deumail : mais rien de plos commun sur bes sujets pléthoriques et robustes, Les magistrats, à la vérité , ne sont pas obligés de savoir cela; nmisis ils pouvaient
tation, Les magistrats pouraient-ils la faire seuls et contre l'accusé ? C'est re que nous laissons à décider an publie. Ils reconnurent , ces mêmes témoins, que la MQURE ExrsTAiT À L'antèae; cest M. Chouippe, l'officier de santé, qui montra au fond d'une plaie sanglante, obstruée de allots, cette coupure d'un varssean sanguin à ces pauvres gens, qui, pour la première fois de leur vie, assistaient à une dissection anatomique ; c'est lui qu leur expliqua ee que c'est qu'ane veine, une artère, la difference de texture de leurs tissus, et ils virent tont ce qu'il voulot, Si MM. les juges s'étaient exercés pendant quelque temps à des drssrctions de ce genre, ils auraient pa se convaincre qu'une investigation semblable était beaucoup trop délicate pour les yeux des témoins, et que, dans tons les cas, lurs-
u ils parlent d'artère , de veine, de caïllots, de pnqûre, ils répètent des mots dout M. Chouippe seul sait un peu le sens, Mais poursuivons, Ils jugèrent à L'ooetn et à La covrrvs du sang que c'était du san anténiez. Ceei n'est pas un fait matériel; c'est on raisoncement, et us raisonnement qui n'est pas de l'inven- Lion de ces bonnes gens, qui ne savent pas el ne peuvent pas savoir qu'il ya deux tspèces de ; l'on plus ou moins noir que l’autre ; qué celui-ci est con tena dans un système particulier de vaisseaux, et ccluila dans un autre. Ils we
d'erreur ; le raisonnement prouve que plus on est âgé et plus les chances d'hémorrhagies cérébrales sunt grandes. Cette affection , en effet , n'estelle pas sous la dépendance de la facilité avec laquelle les artères se rompent, et l'ossilication des vaisseaux , triste apanage de la vieillesse, ne favorise-t-elle pas cette fatale prédispasition ?
Une question qui n'est pas sans intérêt, est celle de savoir quelle est l'influence de la paralysie sur les facultés intellectuelles, Ces deux altérations peuvent se déclarer simultanément comme aussi se manifester indépendamment l’une de l'autre. Néanmoins , tontes les fois que la paralysie est générale, qu'elle survient d'une manière brusque et instantanée , le malade ne conserve pas son intelligence. Soit que l'hémorrha-
ie cérébrale occupe en même temps les deux hémisphères cérébraux , soit qu’elle siége à la partie centrale de l'encéphale, cette règle générale n'a pas souffert encore d'exceptions. Une observation rérente recueillie dans les salles de clinique de la Piété, au service de M. le professeur Rostan, semble contredire cette proposition. Les détails qu'elle présente sont assez curieux pour trouver place dans ce mémoire.
Ons. TV, — 1] est entré su n° 44 de La svlle des hommes un malade âgé de 64 ans. Il raconte avec clarté et précision toutes les circonstances qui ont précédé ou accompagne sa maladie, Depuis quelque temps, 11 éprouvail des crampes, des fonrmillemens icommodes dans les extrémités digitales ; al lui deveuait quelquefois impossible de saisir les objets, qui souvent même lui échappaient des mains, Crpendant il vaquait toujours à ses occupations ordinaires de concierge, lorsque tout à coup , se rendant chez lui, il tombe dans La rue sans connaissance, 1 ne peut déterminer aucune cause appréciable de ret accident , et depuis les membres supérieurs el inféricurs des deux cdtés se sont paralysés. L'impossibilité de tout mouremcol est surtout marquée aus extrémités 1horaviques, Avant son entrée à Phospier , le 26 avril, le malade à repris ses sens sous l'influence d'un traitement évergique auquel il avait été sommis ; mme large saigmée du beas et des sinapismes ser les membres perchus avaient formé la base de cette médication. À la +isite du matin, l'exauen de ve malade fournit tous les indicesd'ane affection cérébrale, nas, il n'est pas facile de préciser la vatuec de cette aération. La paralysie € géné; rale, et cependant Pintelligence est parfaite et La sensibilité n'a sien perdu de son intégrité; la jambe gauche seule est agitée de mouvemins convulsfs, et le malade se plaint de tirañlemens , de douleurs vives dans cette partie, Le professeur
rit une application de 24 ssmgsues à la partie interne des caisses, vu l'in possibilité de les poser à l'anus, à cause des souffrances mtolérables que tout moutement imprimé an malade. Son élat resle stationnaire pendant les trois jours suivans; dés boissons, rendues purgatives par l'addition de la eréme de tartre soluble, procurent quelques évacuations slvincs sans aucun amende. sent.
Le 30, la langue du malade est sèche ; Tesamen des organes contenus dans les diverses cavités n'offre rien de remarquable ; le pouls bat 70 pulsatsous par mi- “ate; les membres thoraciques sont inbltrés; des esrarercs gangrenetses se manifesent au sacrum et aux coudes: le délire se déclare dans La aux.
Le 1 mai, b stuation du malade empire ; æs fonctions s'altèrent; il meurt dans La matince du 2,
| [inflammatoire occupait une assez forte étendue de 1x pulpe cérébrale.
À l'ouverture du cadavre, vingt but heures après la mort , on trouve dans la vavité érânienne nne méningite assez intense, avec de légères adhérences des meèmhranes avec la pulpe cérébrale, L'aspect du ceeveau présente ane teinte bre. nôtre qui ésracterise cet organe che les vivillaris. La substance corticale est moile el injectée dans différens points: la portion blanche présente aussi moins de consistance que dans l'état normal ; elle offee une couleur rosée qui semble indiquer qu'elle à été Le siège d'une congesion sanguine assez intense. Les ventricutes Litéraux contiennent un peu de sérosité rougvdtre: mris la principale altéralion se trouve dans les lohuks posténeurs du cerveau; un ramollissement considérable occupe La partie inférieure de chacan d'eux, et cette double lésinn explique d'une manèse satisfaisonte la paralysie générale, Lx canal rachidien à été wuvert, et la moelle s'est présentée comme difilicote. En ma mot, tout le système cérébro-spinal présentait les traces d'une altéestion scnsible; le cervelet hi
Cette observation nous oblige à faire une légère éxcursion sur le domaine de la thérapeutique. Dans les maladies de l'encéphale où les saignées sont indiquées, doit-on les pratiquer près du siége de l'altération, ou faut-il employer des émissions sanguines dérivatives? Le savant mé. moire de Barthez sur les Auxions est bien propre à éclairer cette question. Cet auteur recommandakle a prouvé que les liquides ont une tendance manifeste à s'accumuler vers le lieu d'où on les soustrait, Si donc la paralysie reconnaît pour cause une congestion cérébrale violente, des saignées derivatives dissiperont cette fluxion, tandis qu'elles en augmenteraient l'intensité si elles agissaient trop près du siège du mal. Ce. pendant lorsque la congestion vers l'encéphale comprime cet organe avec assez de force pour menacer d'anéantir La fonction , lorsque l'hémorrhagie cérébrale a fait irruption dans les hémispbères et détermine des accidens qui mettent la vie du malade en danger , la première indi. cation est de soulager promptement la masse encéphalique ; tt les émissions sanguines locales occupent alors le premier rang.
Nous remarquerons encore que la lésion principale du cerveau siégoait aux tubercules postérieurs, et que la paralysie était surtout com- De aux extrémités thoraciques. Cette coïncidence vient à l'appui de
‘opinion de ceux qui prétendent que cette portion de la pulpe #érébrale préside aux mouvemens des membres supérieurs, La paralysie générale surveuue instantanément était de nature à faire croire à l'existence d'une hémorrhagie centrale où d'une double hémorrhagie ; mais il n'existe aucun exemple dans les fastes de la science , où ertte altération ait été observée sans dérangement des facultés intellectuelles, Les mouremens convulsifs qui agitaient la jambe gauche, dénotaient assez qu'un travail
Les signes commémoratifs et la marche même de la maladie devaient enfin confirmer ce diagnostic. Dans les symptômes précurseurs on retrouvait en effet tous les caractères qni annoncent le ramollissement du cerveau , et les progrès de la paralysie sans amélioration passagère , ajoutaient une nonvelle probabilité à cette conjecture.
Tous ces divers phénomènes hémiplégiques que nous avons énumérés, peuvent , avons-nous dit, nous faire istinguer les maladies chroniques du cerveau de celles qui se présentent à l'état aigu; mais la difficulté n'est vainene qu'à demi , si l'on ne précise pas la nature même de cette affection chronique. Avons-nous à combattre un cancer du cervean, une tumeur fongueuse de ses membranes, des tubercules , des acéphalocistes, une chorée, ete. ? tel est le problème qui reste encore à résoudre, et sa solution n'est pas toujours facile. Cependant chacune de ces altéralions est empreinte d'un cachet particulier à l'aide duquel le praticien exercé parviendra à la reconnaitre. Ainsi, la paralysie déterminée par un cancer qui comprime l'encéphale, est caractérisée par des douleurs lancinantes qui se déclarent dans les membres hémiplégiques. D'ailleucs, tons les symptômes de la diathèse cancéreuse ne tardent pas à se manifester; la peau du malade prend ue leinte jaunc-paille; une fievre lente le consuime ; des douleurs lancinantes se font ressentir dans la cavité crânienne, et tous ces signes réunis ne décèlent que trop l’essence de Ja maladie, Les tubercules qui se développent et s’enflamimient dans la pulpe cérébrale, dunnent rarement lieu à des symptômes tranchés capables d'éveiller le doute sur leur existence. Cependant , comme ils coïncident toujours avec des affections tuberculeuses siégeant dans
fuat encore ici que répeter ce qu'ils ont entenda dire à M. Chouippe. Quant aux [a réussi, mais nous ne croyons pas que ni cet arrût, oi le jugement antérieur, quoi-
sigues tirés de l'onron, c'est ane prétention que M. Chouippe a'aurait pas hasardée devant an 1ribuual médical. il est possible que ses nerfs olfactifs sosent assez subtils pour sa-sir la différence du sang noir ct du sang rouge; mais os honnètes villageois ne doivent pas avoir eu oss7 d'ocrasions de faire des expériences à ce sajet pour qu'on leur accorde une sensibilité si cxquise.
Et c'est sur ces témoignags, destitués de toute autorité et sans valeur sucane, de quelque manière qu'on les envisage , qu'un hosorsble médecin vicat d'être frappé d'une condamnation qui peut, iodépendamment des frais matériels ,
rter l'atteinte la plus grave à sa comulération , et bi enlever la confiance du publie, dont ils jour jusqu'à ce jour! J'insiste sur ces témoignages, car ce sont là les véritables et vagues élemens de l'accusation ou du moins de l'arrét de cundamnation. Comme nous l'avons préva , en effet, les magistrats n'ont point invoqué dans leurs considerans les dépositions de M. Chouippe, qui, par sa position dans l'affaire, perdait Le caractère de témoin pour prendre celui d'accussteur, Sun témoignsge ne pouvait tre amis, car ilétait partie dans la cause, Chargé de la responsabilité d'une opération des plus graves, qu'il a entreprise et exécutée tout seul, sans consulter M, Noroy mi aucun sutre docteur , air mépris de La loi qui le lui ordennait positivement, il ne pouvait être juge dans ss propre cause ; il Rai fallait avant tout se justibiér lui-même de sa pre hamputer ua membre qu'un autre eûl peut-être conservé. Pour cela il a fuit comparaître les amis et les roisos de ce pauvre laboureur, qui soût venas affirmer qu'il ÿ avait anévrisme ,
bagie, gangrène au bras du plaignant, et par conséquent urgence dans l'a pération. Pour qu'il ne füt pas coupable, 1 fallait que M, Noroy fût déclaré tel, I
conformes dans leurs résullats, metteut Le droit de son côté, a manqué aux mn procès el aux deux décisions la sanction des hommes de l'art , c'est-à. dire des seuls juges compétens rascmblable maitre. Pourquorn'ant-ils pas été appelés, contrairement à usage établien cas pareil ? Et si la défense aréclamé eur intervention, pourquoi cette demande rigoureu-cmeut juste n'a-t-elle pas dé accaciltie par la cour? c'est ce que nous ignorons et coque nous nechercherons pas à exptiuer.
k Quoi qu'il en soit, cetie intervention était de droit. M, Noroy, pour sa part , a fsittont ce qu'il devait faire ; il a sormis les faits de ls cau-e à ses confrères de Rouen, qui, dans une consultation remplie de mesure, de science ct de logique, ont mis au néant cette futile accusation : cette pièce a été gnée par Les premiers méde: cins et chirurgiens de Rouen. Ces honorables savans ent établi avec la plas gran. de force, qu'en fait l'anévrisme par suite de Ja plaie ortérivile n'était pas prouvé; qu'en dlroutla blessure de l'artère ft-elle constante , cet accident ne constitesit pas une de ces faates grossières d'igaoranee que La los a entendu ponir , et qu'ainst M Noroy n'était passible d'aucune peine, Telle à été la décrunn des praticiens Les plus distingués de Rouen, de professeurs , de médecins et chirurgiens en chef des hôpitaux civils et militaires, Qu'a-t on oppasi à relte opinion motivée sur la science et l'expérience , recommandée par La moralité des signataires ? les témot: gnages iasignitians, absurdes et Les risonnrmins d'une demn-douraine de c s gnards et de campagnardes, dirigés tous dans leurs réponses par un intéressé,
I est probable que la situation malheureuse du plugoant, réduit à la misère par la prete de son bras, a vivement intéressé les juges, et nous parirgrons avé
les organes contenns dans d'autres cavités , où soupçonne quelquefois. mouvement du bras gauche? Le récit du malade peut-il inGrmer le jrr-
fucileinent leur présence dans l'encéphale.
D'après le rappurt de plusieurs auteurs célèbres , il est constant que la paralysie ne se manifeste pas toujours à La suite des altérations chroniques du cerveau. Louis, dans son mémoire sur les tumeurs fongueuses cle la dure-mère, ne cite que deux cas où ers lésions ont été accom.
gement qui attribue cette paralysie à Ja luxation déterminée par la chote sur cette partie? où bien une hémorrhagie cérébrafe at-elle coïnerdé avec ce premier accident, et la paralysie existe-t-elle sous sa dependance ? Cette derwiere version parait très-probable, si l'on réfléchit à la perte du mouvement, qui n'a pas tardé à frapper le membre pelvien
pagnées de sympiômes hémiplégiques. Pour se rendre raison‘de ce phé-|; du même côté. Nul doute que cette dernière paralysie ne soit occasionée
nowene, il faut remarquer que, dans toutes les maladies, l'influence d. l'hibitude joue un très-grand rôle. Telle altération qui se développe lenteuent dans un organe , n'impressionne pullement la fonction qu'it exccule, tandis qu'elle donne naissance aux désordres fonctionnels les
plus graves , si elle a marché avec rapidité. Un exemple fort simple||la paralysie dépend quelquefois de l'altération de la
éclaircira cette question : Si vous plongez votre corps dans un bain à 36 degrés, il vous sera impossible de supporter crite chaleur sans en dire vivement iucommode; mais si vous ne prenez l’eau qu'à 25 degrés,
par un épanchement peu considérable de sang dans l'hémisphère droit du cerveau, et cependant aucune lésion mécanique n'est venue bite ect accident. Peut-être de nouveaux renscignemens où d'autres signes commémoratifs éclairciront ce fait ; qu'il nous suflise d'avoir établi que
res qui exécute fe inouvement. Des déformations dans les os, un délabrement considérable des muscles, sont autant de causes de ce phénoinène , que nous pourrions invoquer si nous ne craignions de trop multiplier vus
vous pourrez graducilement augmenter la température et la porter très-|lexemples.
haut sans que vos organes suuflrent de son impression, Telle est l'image fidèle de ce qui se passe dans les maladies chroniques ; la cause délétère agissant avec une extrême lenteur, il n'est pas surprenant de voir l'é.
Il est des paralysies qui ne laissent après elles aucune trace sensilile de leur existence, soit dans l'organe moteur, soit dans celui qui transinet le mouvewnent , soit enfin dans celui qui l'exéeute, Toute hémiilé-
conomie s'accautumer à son action, et les fonctions n'en ressentir que||gie n'est pas aussi un indice certain d'une altération de là pulpe céré-
des atteintes légères.
La dggnière proposition qui se présente à notre examen , à de tont temps captivé l'attention des pathologistes : La paralysie dépend.elle toujours d'une lésion physique de l'appareil nerveux? Les principes que nous avons posés ont fait pressentir sans doute notre opiaion à ce sujet; les détails dans lesquels nous allons entrer confirmeront de plus en plus nos assertions.
La paralysie reconnaît pour cause, soit une altération palpable de l'appareil nerveux, soit une modification particulière de l'organisme, ne laissant apres elle aucune trace susceptible d'être aperçue par nos sens. Tantôt cette lésion occupe l'organe moteur, tantôt celui qui transmet le mouvement; elle s'observe enfin dans la partie qui l'exécute. Dans la première de ces divisions se groupent toutes les altérations encéphali ques capaliles de déterminer la paralysie, et nous en avons signalé un très-grand nombre. Les faits qui prouvent que la paralysie peut dépendre d'une altération de l'organe qui transmet le monvement , quoique plus rares, se présentent nésnmoins quelquefois à l'observation, On cite des cas d'hémiplégie d'un membre entretenue par la compression
u'unc tumseur fibreuse ou carcinomateuse exerçait sur le nerf principal de cetie région. Un exemple que nous allons rapporter prouve enfin qu'une paralysie peut être idiopathique.
Ons. V. — Ilest couché au n° 12 de la «alle des hommes , häpital de ls Pitié ll sos défenseurs les
on malade âgé de 69 ons; 11 fut renversé, 11 y à deux mois, par une violenve ex-
térieore, et dans sa chute il se démit le bras gauche. Cetue bixction ne fut ré- |
duite que Long-temps après l'accident et d'ane manière incomplète. Aussi, le malade éprouve 1-11 de grandes difüoultés à mouvoir ce membre , qui n'a perdu, au
reste, en rien de sa seabilité, Le 23 avril , il fut peis dans La nuit d'un besoin!
pressant d'uiner; il se lève, mais la jambe gauche se refuse à tout movement, Depuis lors, La paralysie persiste sans aucune lésion de la sensibilité, Toutes les faculiés iniellecturlles conservent beur intégrité parfaite ; rien dans les fonctions de l'éconwmie n'annonce une lésion viscérale Le côté droit du corps jouit d’une Liberté pleine etentière des mouremens.
brale; elle reconnait quelquefvis pour cause une maladie du cœur. Dans ce cas, la circulation est dérangée, et la distribution du fluide sanguin dans tous les organes, pour les vivilier, se fait avec irrégularité ; souvent mème elle cesse complétement. On conçoit a'ors que si l'un des hémisphères cérébraux ne reçoit plus la quantité nécessaire de sang pour l'entretien de sa fonction , elle cesse entirement, tandis que l'hémisphère à côté continue d'agir avec plus ou moins d'énergie. Telle est l'explication que M. Rustan a donnée de ceite paralysie ; mais cette dernière n'est pas la seule qui se manifeste en dehors de toute lésion encéphalique ; il en existe une variété qui trop souvent est un signe précurseur d'une mort prochaine, et qu'on pourrait désigner sous le nom d'hémiplégie des agomisans ; elle arrive dans ces dernivrs momeps de Jatte de la vie contre la mort, et tout observateur superficiel pourrait Ja cons:dérer comme un effet de Fapoplexie. On présame qu'elle dépend d'une modilication quelconque survenue dans la pulpe cérébrale. Est-il toujours certain que ce vice d'innervation ne laisse aucun vestige d'altération après la mort. Aussi plusieurs auteurs soutiennent que la paralysie est une maladie essentielle, qu'elle existe très-souvent sans coïncider avec des lésions organiques , et qu'on ne peut se refuser de les admettre en présence des er otie nombreuses qui tous les jours frappent nos regards. Nous respectons toutes les croyances, à plus forte raison celle qui s'appuie sur les faits, et qui compte au nombre de reautres célébrités médicales qui ont existé duns le siècle passé. Les fi veto que les auteurs apportent sont concluantes, mais l'explication qu'ils en donnent est loin de satisfaire entièrement l'esprit, Soutesir que partout où la paralysie existera sans désordre matériel d'organes, elle sera liée aux aberrations du principe de la vie, nous parait anssi problématique que de pretendre que ces altérations existent récllement, quoiqu'elles échappent à tous nos moyens d'investigation.
Après avoir parcouru les diverses paralysies liées à de véritables lésions organiques, nous en signalerons un certain nombre indépendantes
C'est à dessein que nous avons choisi cette observation, à cause des||de toute alicration appréciable : je veux parler des hémiplegies que dé-
difficultés de diagnostic qu'elle présente, Que penser de la perte du
eux ce scoliment ; mais ce n'est pas M. Noroy qui a amputé ce un oficier de santé qui n'avait pas le drvit de le faire, Cest à ce deruier que
termine l'action du fluide électrique. Tous les médecins savent que les
malhrureux , c'est à qui nous l'a appris. Son titre d'ofbrier de santé nous importe auss peu que cela
du docteur Noroy, ét la preuve, c'est que s'il était poursuivi pour le fait de l'am-
Guigne aurait pa plus justement demander des dommages et intéeits. Si M. No- !putation da bras de Guigne , nous le défendrions contre l'accustion. Nous refuroy, cédant à des vousideralions d'intérét que nous Le louons de n'avoir pas écou- serions aux juges d'une cour où d'un tribunal le droët de décider 4 l'opération
tées, se voyant menacé d'un procès aussi scandaleux, avait pris l'avance; si, au les d'attendre qu'on li demandät romnte d'un nalbeur dont il s'était plus responsable, il avait cité devant les mêmes tribunaux set oficier de santé qui, sans daigner l'avertir, raite un de ses maladies et l'ampute, et réclamé contre lui les nes portées par le Code, pour be fair de contravention aux lois qui règlent sa de la médecine, qu'eussent fait ces tribunaux ? que feraient-ils encure , si la contravention de M. Chouippe leur était défrrée ? Quelle que fût leur déve. don, elle ne servirait qu'à augmenter L confusion qui règne dans notre mauvaise léguslation médicale. Ea condamnant le contrevenant , Hs spplhiquersient uce loi noë muins impnréaite que celle sur la responsabilité, et nous défendrions alors nous-mêmes M, Chouippe ; en l'acquittant, ils s'écarteraient onvertement du teste de La loi, qui est formel (1). 2 .
Nous ne connassons pas M. Thouret-Noroy , et nous ne sommes guidés dsos ces observations que par des ronddérations d'équité. Sa qualité de docteur n'entre pour rien Mon plus dans nos déteru nations et nous ue smgrons nulle. ment à Laire prévaloir ici des préngés de hiérarchie. Nou. ne Cuuinaissans 133 davastage M. Chousppe, et fout ce que nous #:rüns de ce praticien, €'est be pracé-
PP © Art. 29 de la loi du 49 ventose an X. Il interdit sux oficiers de santé La pratique des grindes opéral ans chirurgicales sa0s l'assistance d'un docteur. -
qu'il a pratiquée est grande on ptite, si elle étail uegente ou non, néce-ssire où non nécessaire, Cl hons reclamerions pour Îni l'intervention des gens de l'art, comme nous l'avons fait poar M, Noroy, Sialement , nous lui demanderions si, vo supposstt Qu'il soit lui-même bien convaiuen de l'existence de l'anévrisme, de la blessure de l'artère et de l'urgence de son opération, 1 pense, en conscience, que les preuves fournies sux juges d'Evreux et de Pouen ont clé suffisantes pour motiver La condamnation de sun adeerssire, et si le jour où il serait accusé à son tour pour celle amputation il regarde rait comme probuntes et légitinies les seules dépnsitions des paysans que M. Noroy a produits dans sa contre-euquête, et qui deviendront dans ce cas des témoins à charge contre lui ?
Nous terminons ici ce plaidoyer un peu lung et qui n'est que la répélition de Lien d'autres, el nou. eragnons que ce ue sost pas Le deraier,
— On aparké ces jours dernives de la réapporition de quelques cas de chaléra : nous avons pris dés renscignement à cet épard dans les hôpitaux et auprès des principrex edecins de La capitale, et nous puuruns déclarer que les craintes qu'on aval manifestées sont Loul à fait sans fonilement.
porties du corps soumises à l'influence de Pélectricité , sont paralysées sous cestaines conditions. À la suite de cette expérience , le regard le plus scrutateur ne saurait découvrir dans les nerfs le moindre ge 6 ment de texture, la moindre trace de souffrance. Des exemples plus frappans encore , et qui meériteraient chacun une histoire particulitre , corroborent ecite assertion. Qui n'a observé ces paralysies se manifestant quelquefois dans la cofique de plomb, à la suite de l'abus des boissons alcouliques , pendant l'accès des fièvres intermittentes pernicieuses ; par la présence des vers dans Le conduit intestinal, ete. , ete, Le scalpel de l'anstomiste le plus distingué n'a pas encore donné raison de ce désordre fonctionnel. Mais rien , à notre avis , ne prouve mieux la possihilité des paralysies dites nerveuses , que les effets du magnétisme sur l'économie animale, Dans l'extase magnétique, on peut à volonté para- Iyser. même par la pensée , les différentes régions du corps du patient soumis à l'expérience, Nous n'entreprenérons pas de donner l'explication de ce phenamène, l'aveu de notre incapacité ne nous coûte rien. Si l'on nous oppose l'inrrédulié à ce fait merveilleux, nous répondrons que la voie de l'expérimeutation est ouverte à tout le monde.
À. Boven.
PATHOLOGIE SPÉCIALE
RECHÉRCUES SUR LES TUBERCULES DES REINS, par le professeur Amsmon de Dresde.
Les tubereules des reins ont jusqu'à présent peu fixé l'atiention des observateurs; peu d'auteurs en font mention.
Koœnig, l'autenr du traité le plus récent sur les maladies des reins {1}, a recueilli les observations éparses en y ajoutant quelques #as tirés de sa propre expérience. MM, Buillie, Amussat et Crax cillier en ont parlé très-sucrinctement ; les deux derniers en indiquant seulement qu'ils ont cu occasion d'en voir, et le premier en disant que les tubercules qu'il avait trouvés une fois daus les reins, et une autre fois dans la capsule surrénale, étaieut une affection trés-rare, Ayant eu occasion d'observer moi-même, dans un très-court espace de lemps, plusieurs cas de tubereutes des reins, je crois qu'en raison du peu d'observations recueillies jusqu'a présent, et de la gravté de la maladie, le travail que je présente ici ne sera jras sans quelque utilité,
Ons. 1. = Francisque IE, ôgée de 3 ans et demi, née d'une mère morie dr
hihisie tubrcubeuse , portant elle-même tous les caractères d'an état scropliueux-rachitique trés-avanceé, fut présentée à la polyclinique de Dresde au mois de septembre 1829. L'aldomen etait irès-tumele, surtout du côté gauche : à l'exploration de cette cavité, Le professeur Ammon découvrit une lumeur de la grosseur d'un poing, siture profundement dans la région luiwbaire ilaque gauche , ne se laissint pont déplacer 61 douloureuse à ls pression: ke corps de l'enfant, Quand «Île marchait, était penche à gauche et en avant, et décritiit en arrière 1 à droite une Lene courbe convrse, L'abseace de tante altération de fonctions dans les organes environnans, rom la rate, l'estomec, le colon transverse; Lo Égure busselée et réuiforme de ls tumeur, sa situation profonde, le trouble ser. veu dans La sécrétion des urines, leur invontivrnce, tout indiquait une Wésion du rein gauche, Prenant en considération La d'athise serophubkcus: de la maslide, le profe sœur de Liresbe aunongs qué cette lesion devant consister ducs un depèt de mitière tuberculose dans lu gane affecté,
Les premiers symptèmes d'ane affection des voies urinaires ne s'étaient dérts rés que depuis environ $ jours, à la suite d'une chute que l'enfant Gt d'une chaise
wélevée, La malade éproua dés le premeer jour des douliurs dns la région ppopasirique, qui se dissigérent de mouteau el sans aucun Erailement, À dater de
la même époque, l'incou invnce des urines avait commencé à se mas ifester ; cel. Les-ci s'éconlaient nsolontairement chaque fuis que l'enfant se mettait à rire,
La diathèse serophuteuse et la bson locale du reie , jun pouvait ra être cons. dérée comme la suite, etant déjà trop avancées pour qu'on pÜt songer à un aucun autre traitement qu'a un traitement pallistif, Dons ce but, on prescrivit une diète convenable et des aliens de favile digestion ; où ordonne d s frictions d'onguent de digitale et d'althés, l'applivation de cataplasnes narvotieo-émolliss, À l'inténieur, ua mnélange de chiendent avec mac solution de terre folite de tarte. Pliis tard on donna l'ethiops minéral avec l'écorce d'orange à dose refrartée, Soins l'influence de cette médication , la tumeur du cûté guche diminus < nsillenment. et L'état général de la malade parut méme s'omender ; il ne restait plus qu'un peu d'incontininre d'arine avec tenesme et prurit eu col de la vessie, Mas ces sy ms lômes Gnivent également par disparsitre.
Cet état de mieus-dtre se sout nt près de 8 semaines. Mais à La mui-décembee , Ba tumeur rénale devint de nonveau le siège de douleurs de pus en plus vives , s'accompagnant par intereulles de rotgssemens et de mouvemens (él iles. Lu tumetre ellc-entme était revenue à son soluine prieutif L'adannisiratiôn à l'intérieur d'aotipblogetiques dons , l'application sur Fhyporandre gauche de sangenes , de cstaplasmes narculiques, et plus tard d'un emplatre de jus quiaue, caiaiérent Les
{4j Peactiche Athanidlong Gbre die Kranbhaiten der Nieren durch Erankbcilsfælle erlœutert. Leiprig, bei Keubloch. 1826 iu-8°, p. 204— 21%,
douleurs et produisirent le dégonflement des parti s autour de La tumenr. Celle-ci apparut alors d'une maniere distincie, el on put farib ment saisir ses bus-ælures , sa forme et ses bords, dout l'un extérieur convexe «1 l'autre intérieur convave. L est à remarquer qu'a fa dispariion, des acvilens ialammatoires succédait pres- 2g Loujours un état calurrhal avec disrihde. Pendant le mois de janvier , l'état de la petite malade avait éié assez -atisfaisant : vers la fin, il surviut uoc foin canine. Une inliscrétion de régime réveills da Gévre . qui se moutra par acces aux heures de la seconde digestion : diathèse serophulense plus prononcée , tumeur rénale augmentée, moi- re-tant toujours indoleute la plupart du temps, les reioes des tégumens da dns et de l'abdomen , qui ls recouvrent , soi plus dilatées et d'une téiute plus bleudire ; démarche inceriaine, vacillante ; Le corps est maintenant penché à gauche ein arrière ; selles rares et seulerment au moyea de lavemens où de doux purgatifs, Depuis deux mois Li sécrétion des urines n'a préseuté sucone irrégularité,
Vers la fn de février aouvel arrêt dans La marche de la maladie ct dons la croissance de !s tumeur, On crnt le mosvent favorable pour ecssyer des frictions diode ; mais 11 fallut bientbt ÿ renoncer, car la tumeur devint brélante , très douloureuse, et sugmenta à vue d'œil, Fièvre, perte d'appelit, tristesse, moro jté. On reprend b solution de terre fohéc de tarte; sangsues et calaplasmes narcotiques. Lesaceidens inflammatoires dissipent , bois Li tumeur est loin de dimisuer. Le 410 avril elle à accuis un volume consid-rable: elle s'étend , d'uve part, depuis Les vertèbres lombaires jusqu'à la régiun ombilivale, et de l'autre depuis les fausses côtes jusqu'a l'os des iles. ;
Pendant le mois de mai, l'enfant ayant 16 transporté dans une habitation plus salubre, semble se remettre un peu: mais dis le 3 juin le mat fait dé nouveaux et de rapidvs progrès; l'amargrissenent du corps ot la faiblesse sont extréaess Je lumenc s'est encore occrue; elle est plus dure et plus hosslée ; elle dépasse muotenant la ligne blanche: elle s'enfonce en haut, sous les fausses cûtes qu'elle soulève, jusque dans la région cardimque, et en bus jusqu'ou-dets de la crète de Viléon. Ventre b:Mugué; Le sein droit parait égalraent augmenté de rolume, mais sans hosselure, b
La sécrétion des urines se fait d'une manière régulière, mais celles-ci répandent nne mauvaise odeur et laissent dépus-r , après quelque heures, un sédiment bris queté, anqueux, de couleur jaune paille. Fièvre bectique, pouls petit , accéléré , suvurs colhqnatives,
Le 28, perte suite de connaissance, costors'an des veux , Mouremens convulsifs dans toute la mouié ganrhe du corps, bourhe reswrrée et couverte d'écume face bleue, yeux hagards, respiration spasmodique. À 40 heures et demie du soir, mort.