I. THE LONDON MEDICAL GAZETTE
Les cahiers de mars contiennent : 1° des leçons de M. Ramsbotham sur Les accouchemens , et de sir Ch, Bell sur Les hernivs ; n° des observations sur Le croup des enfans et ses rapports avec une affection morbide des ganglions cervicaux et thoraciques, par Hugh Lee: 3° observation sur une luxation particulière du cristallin, pur M. Hunt : c'est la conclusion d'uge observation publiée incomplète ment en 1831 dans le même journal ; nous la donnerons tout entière
lus tard ; 4° cas de jaunisse avec affection cérébrale terminée par mort, par J. Aldis; 5° des rapports entre l'iris et les paupières, avec des remarques sur les expériences de Ch. Bell touchant les nerfs de la face, par J. Walker; 6° observations sur La syphilis , extrait d'un rapport sur les affections traitées au 72° régiment en 1832, au cap de Bonne-Espérance, par Th, Clarke; 7° observations DOPrE sur lapeau, par Alinat; 8° traitement des éruptions preuses, par Richard Dix;4° des vers lombricoides et de leur traitement usité dans l'Île Maurice, par Robert Dyer; 10° observations de sarcôme médullrire dans les ganglions bronchiques , par Jubn Booth ; 11° plaies d'armes à feu de É œil, par Jobo Buiter ; 12° sur! l'emploi du nitrate d'argent dans quelques affections inflammatoires des muqueuses de la bronche et du pharynx, par R. Hunt ; 13° deux cas d'utérus double; 14° et quelques autres observations isolées.
DES VERS LOMORICOÏDES. RECHÉACAES SUR LES CAUSES DE LEUR FRL- QUENCE, ET LEUR TRAUTEMENT À L'ILE MAURICE; par R. Dire, médecin de la marine.
La maladie à laquelle dunne lien la présence des vers dans le tube digestif, est presque universelle à l'ile Maurice. Les hommes qui jouissent de la plus belle sauté y sont aussi sujets que ceux qui sont faibles etmaladifs, Suivant l'auteur , c'est presque la seule BE de la population noire, et surtout des esclaves. Parmi les causes auxquelles il croit pouvoir rapporter cette différence remarquable, il cite en premier lieu l'abstinence complète de sel ct d'alimens salés, à laquelle la plu-
part des esclaves sont soumis. Le sel étant un objet d'importation et par conséquent d'un prix élevé , n'entre point dans les rations qui sont disiribuces aux noirs. Aussi l'auteur dit avoir remarqué une grande différence sous ce rapport entre les esclaves des planteurs et les esclaves du gouvernement (natifs de l'Inde, condamnés à travailler sur les routes), qui reçoivent à peu près la même ration que les sollats. 11 a appris en cuire de plusieurs des planteurs qui avaient accordé pendant queltra temps une ration de sel à leurs esclaves , que ces derniers furent débarrassés de leur maladie, mais qu'ils en furent repris aussitôt que l'on eut cessé de la leur distribuer, Taus reconnaissent l'avantage de cet usage, maisils se plaignent tons des dépenses dans lesquelles 1] entraîne ; aussi, ne croyant pouvoir dde le sel parmi les alimens habituels , ils l'administrent comme médicament dans la propurtion d'une cuillerée à bouche pour une demi-pinte d'eau, Chaque esclave prend régulièrement cette potion tous les samedis, aprés que son ouvrage est terminc; et l'on assure non-seulement que ce moyen remplit l'objet que l'on a en vue, c'est-à-dire débarrasse les esclaves des vers qui les jncommodent tant, mais encore qu'ils sont plus vigoureux et jouissent d'une wrilleure santé depuis qu'ils sont soumis à ce moyen simple.
M. Dyer dit avoir employé lui-même ce moyen avec succès chez les sujets qui jouissaient d’une bonne santé et étaient tourmentés par des vers. il l'adininistre de la manière suivante : le premier juur , il fait prendre une cmllerée de sel dans une demi-pinte d'eau , trois fois dans la journée, et prescrit Le lendemain matin une once d'huile de ricin. Le sujet continue ensuite à en prendre chaque jour une cuillerce, tant que l'on soupçonne qu'il conserve des vers.
M. Ofer ivdique encore un autre moyen qu'il regarde même comme ua vermifuge spécifique, et dont on fait un usage Liès-fréquent, et selon lui, avec un succès constant à l'ile Maurice : c'est le lait de papæ'a ,
lou fluide glutineux qui exsude de l'arbre vert carica papaya , et que
l'on obtient en pratiquant une légère incision au fruit. Ses propriétés vermiluges sont , il est vrai , énoncées dans quelques onvrages botaniques, maïs il n'en est fait mention dans aucur ouvrage de médecine, et cependant le docteur Dyer le place au premier rang parmi les vermifuges conmis, non-seulement par la certitude de son aclion, mais encore Le l'iunocuite de cette action , lorsqu'il est administré à une dose trop vrie.
Chez un enfant âgé de moins de dix ans, une cuillerée à thé suffit ordinairement; on augmente ensuite graduellement cette dose avec l'âge du sujet, jusqu'a une cuillerée à bouche. Maïs ne nous étendons pas dans de jilus amples détails sur ce vermifuge, car, selon l'auteur, le suc qui jouit de ces propriétés s'altère Dr pr ; {ne peut être cmpluse que dans les contrées où croît l'arbre qui le produit. IT serait donc important que l'on cherchät à en obtenir une préparation qui pôt traverser les mers sans rien perdre de ses propriétés.
SUR L'EMFOI DU NITNATE D'ARGENT DANS QUELQUES AFFECTIONS IN- FLAMMATOINES DE LA MEMDIANE MUQUEUSE DE LA DOUCHE ET DE La conce, par le docteur Hunt.
Il n'est pas de praticien qui ne connaisse les heureux effets de l'empe du moyen indiqué ie dans les traitement des ulcérations de a gorge; cependant, peut-être n'en lire-t-on pas tous les avantages que l'on pourrait en obtenir dans les cas de ptyulisme avec u'cérations Aussi , nous allons citer une des observations rapportées par M. Hunt. comme une preuve des bons effets que l’on peut attendre de cette médi, cation dans une maladie d'une durée si longue et quelquefois s1 pénible. L'auteur fut amené à essayer l'emploi du nitrate d'argent dans ces maladies par la connaissance qu'il avait de son efficacité dans quelques affectious de la conjonctive,
Ons, — AT, peintre, âgé de 26 ans, fut pris, le 1° septembre 1832, de tous les symptômes de la colique des peintres, qui céds, dans l'espace de trois jours, à l'emploi de la saigaée générale, des porgatifs, et à l'application à la surface de l'abdomen d'essence de trebentbine, LL prit pendant ce temps 26 grains de calomet, combiné avec d'autres porgatifs ; qui agrrent avec force sur les entraillis,
Le 3 au soir, la bouche était légèrement entreprise ; où lui prescr.vit un sel purgatif et une solution de nitrate d'argent pour lotion.
Le 4, comme la Intion avait agi sar les dents , où prescrivit uue solutivo d'alue avec une tenture aromat que,
Le 5, on voit à la surface interne des lèvres , qui sont très-Inmeliées, ainsi que les gencives et les joues, plusieurs petites éscarres, La sécrétion de la salive est trés abomtante, On applique le nitrate d'argent sur loutes les uleérations.
Le 6, les Livres sont beaucoup micux ; miais la membrane moqu'use des joues est presque entièrement couverte d'escarres. La langue offre un volume consid rable , et est couverte d'ulcérations; son volume ne permet pas à la voc d'arriver jusqu'a la gorge, mais d'après la d ficulté qu'éprouve le malade à avaler ei la re rh que determine la pression sur Le larynx , où peut eroire que la muqueuse
de la gorge et de la partie supérieure da larynx est dans un état analogue. La sa-)
ivation est excessivement abondante, et la doutenr est tellement vive que le malade ne veut dre que de l'eau. On applique Le sitrate à La face inférieure de la langue et iaterne des jones. Cette application est suivie de doaleues très-vises qui durent quelques heures ; elle n'est pas répétée le lendemain , et est remplace par ane lotion opiacée tiède. L'amélioration se prononce ; on ne fait plus d'a gli cations de nitrate d'argent, et le 42 la sécréliun salivaire était revuaue à sou état normal.