‹ Gazette médicale de ParisChapitre 147 sur 394 · LONDON QUATERLEY MEDICAL REWIEW · texte numérisé non relu

LONDON QUATERLEY MEDICAL REWIEW

Ce journal ne renferme d'important que l'article suivant : TRAITEMENT DE L'ÉAYSIPÈLE PAR LE COLGHiQuE ; par M. Bucincr.

Nous ne suivrons pas expliquer l’action du colchique dans le traitement de l'éry nous contenterons de rapporter nn des cinq faits qu'il di pris ou hasard parmi ua grand nombre , et qu'il donne comme preuve de l'efficacité de ce moyen.

Os. — Berry, âgé de 26 ans, atteint d'un rhumatisme , présenta lc 22 morewbre un éryapèle du serotum , qui était très-enflammi ; il offrait le volume de la tête d'un enfant. Comme il avait été purgé plusieurs fois avant, on se contents d'ourrir avec la lancette plusieurs des vesnes du srotum, qui fournirent une quantité considérable de sing,

Le 29, le gonflement avait besmeoup augmenté; l'inflammation érssipélatense avait gagné les deux cuisses , l'abdomen et le côté gauche ce la face et du cou ; la peau de ces parties offrait une couleur cramoisie et était le siège d'une douleur semblable à celle d'une forte brélure ; le pouls donnait 144; la langue ét it sèche e: blanche; la soif vive. ( Poudre de colchique, 15 g ain:; carbonate de soude , 4 once , à prendre en yne seule fois.)

Aa boat d'un quart d'heure , ln fréquonce da pouls, la rongeur et La chal-or brülante de Ja peau étaient notablement dimivutes; le malade disait se trouver sensiblement mieux. Au bout d'une hrure, la rougeur et la chaleur de la peau, ainsi que la fréquence et la force du poëls, avaient repris leur première intensité. On aduministre à instant même 40 grains de poudre de colchique et 2 sreupales de carbonate de soude , qui sont suivis des mèmes els calmans que la première prise, mais plus prolongés. La rougeur et les autres symptômes revinrent encore, mais avec moins de force, Une troisième poudre [ut administrée an bout de deux heures , et Gt disparaître pr:sque complétement les symptèmnes déjà indiqués,

Ces doses rlevées et triguemment répétées de colchique réduisirent tellement Paction dn pouls qu'il derint indispensable d'examiner avec attention les effets de ce médicament, et d'attendre poor en ademinisirer une nouvelle dos que la réaction fit bien établie; mais au Éout de cinq à six beures le malade était revenu à un état peu différeut de la santé.

Le 25, le gonflement et la rougeur di scrotum et de la face avaient presque entièrement disparu. La peau était froide , la langue nette; le pouls donnait 80 palsations.

Prenez : Acide hydrocyanique étendu, 2 gouttes, Via de Dolchtg : 15 Un Eau distilée, { once,

A prendre toutes Les trois heures.

Le lendemain matin, il ac restait plus de traces de l'érvsipèle.

— Nous terminons cette revue des journaux anglais par quelques articies de la revue précédente qui n'avaient pas trouvé place à cause de l'abondance des matières.

NOTE SUR UNE ÉPIDÉMIE D'URTICAIRE, par le docteur MacranLanE.

Au mois de juin dernier, plusieurs personnes qui habitaient un vaste hôtel furent prises dans la même nuit de doulenr à l'estomac avec nausées et vomissemens ; le lendemain sept on buit d'entre elles étaient indisposées , quoique non assez pour les obliger de garder le lit. Toutes se plaignaïent d'un sentiment d'oppression à l'épigastre , d'une fsihlesse

générale et d'une vive démangesison à la peau. Le cuisinier qui était le

lus malade était couvert de la tête aux preds d'une éruption papalense.

æ peau était partout rouge, gonflée et rugueuse, Il se plaignait furtement de l'épigastre, avait les yeux exflammés , les paupières gonflées, le pouls était fréquent , la langue chargée et la soif vive.

Ces symptômes se manifesterent à la fois sur plusieurs personnes; on crut en avoir trouvé la cause en remarquant que toutes rs persounes avaient mangé la veille au soir d'une tourte aux groscilles; ha autres domestiques de a maison qui n'avaient pas mangé de tourte élant restés en parfaite santé, On examina avec soin des fragmens de cette tourte qu avaient té conservés ; mais on n'y pot rien découvrir de vénéneux ou même de nuisible. Peu de temps après d'autres personnes de Ja même famille, qui ne demeuraient pas dans la maison mais ÿ vepaient fréquemment, ayant présenté les mêmes symptômes, on accusa d'abord l'eau , puis Le pain , puis lous les ingrédiens de la cuisine ; peu à peu d'autres cas se développèrent dans le vorsinage et M. le docteur Macfarlane dit en avorr observé plus de cent en peu de temps. Dans

M. Bullock dans les recherches qn'il fait pour sipèle ; nous

quelques cas le diagnostic n’était pas très-facile, car l'éruption présentait quelquefois les caractères des autres maladies de là peau , ceux de la varicele , de la scarlatine , de la rougeole ; cependant les symptômes

énéraux et la marche de la maladie suffisaient dans le plus grand nom-

re des cas pour en faire reconnaître la vraie nature ; mais le moyen qui paraît avoir loujours réussi à l'auteur de cette note, c'est la pression exercée avec force sur un point quelconque de la peau pendant une minute, constamment il voyait apparaître l'élevure caractéristique déPurticaire.

La durée de cette maladie chez les personnes qui voulurent bien se soumettre à nn régime, dépassa rarement huit ou dix jours. Chez celles qui ne consentirent pas à s'imposer la moindre privation pour une aflection qui les incommodait à peine , elle dura plusieurs semaines , et même plusieurs mois.

M. Macfarlane croit pouvoir rattacher cette épidémic à l'usage des fruits acides ; il a vu nn malade chez lequel, après avoir disparu plusieurs fois , elle reparut chaque fois qu'il fit usage de ces fruits

Les boissons stimulantes et la diète de ces fruits furent presque tout le traitement qu'il employa. Quelquefois, il y joignit les pilules mercurielles et une solution saline avec excès d'alcali,

PÉRITONITE SUIVIE DE LA FONMATION D'UN ABCÈS FÉCAL , guêrie par le docteur Hunxe.

L'observation suivante et les réflexions qui l'accompagnent offrent assez d'intérêt pour que nous les analysions rapidement.

Ons. — Enbhman, âgé de 35 ans, tailleur et franc buveur d'habitude , lat pris subitement, en novembre 4832, après déjeuner , de douleurs vives dans la région ombiliesle. On Jui prescrit da csloant , de l'opium et de l'huile de ricin , qui ne jui procurent aucun soulagement. ; nn |

Le troisième jour, quand il fut reçu au dispensire, il offrait tous les . mes d'une péritonite aiguë , supination sur le dos, les genoux relevés , flouleur trés-vive dans Pabdomen , romissemens fréquens, constipation, alxlomen développé très-sensible à la pression, pools contracté, chaleur de la pran sèche et élevée, décomposition des traits, tremblement presque continue dans les merabres, Dix onces de sang sont Lirées, et le malade prend toutes les demi-beures une pilule d'un quart de grain d'opium avec deux grains de colomel.

Le lendemain le malade prend une potion saline apéritive qui amène plusieurs selles alwombantes. Les gencives étaient affectées; les symptômes avaient besucoup perdu de leur intensité, mais le malade était très abattu, À celle époque s'arrêta l'amendement , et le malade: resta cinq ou six jours dans cet dat de faiblesse , et présentait toujours les mêmes symptômes el le même appareil fébrile ; quand , le doutième jour, on découvrit audessons de l'ombilie une tumeur circonscrite d'un volume considérable, située profondement dans Falbdomen. Le malade éproura les phénomènes généraux de la sappuration; La tumeur fut en s'accroissant de jour en jour , et la fluctuation était devemue évidente. L'ncision donns issue à une quantité considérable d'une matière grisitre , fétide et mélée d'hydrogène lfsreux.

L'opération fat suivie de beaucoup de sol quide dumioua graduellement, la plaie te ment.

avement , la tumeur dima, Le liferma, et le malade gnérit comp'éte

M. Burne pense que cette péritonite a été le résultat d'une perfora tion intestinale, et qu'elle fut circonserite, comme le démontre la formation de l'abcès, I eruit aussi que si la péritonite a été circonscrite , il faut l'atiribuer à la petite quautité des matières épanchées dans l'abdomen. Nous pensons plutôt que cette circonstance a été le résultat d'une condition qui se rencontre rarement, mais qui peut seule expliquer pourquoi l'inflammation ne gagna pas toute l'étendue du À mi toine; c'est la présence d'adhérences existant antérieurement, M, Burne pense que la perforation étant très-éiroite , il n'a sorti qu'une petite quantité de matières ; mais il arrive souvent que chez les sujets qui succombent 36 heures on 48 heures après la perforation, et chez lesquels elle est extrémemnent petite, on ne trouve rien qui rappelle la présence des matières fécales dans l'abdomen. Ge n'est done pas d'après la quantité de ces matières épanchées que la péritonite prend plus ou moins d'extension.

ONSERVATION D'AFFECTION DE LA MOELLE AVEC DES RÉFLEXIONS par M. Rosanrs.

Solution de continuité dans la longueur de la moelle vertébrale.

L'observation rapportée ici est trop importante pour que nous ne La reproduisions pas avec tous les détails nécessaires pour la faire bien comprendre ; @e n'est pas la première fois que l'on voit persister les phénomènes vitaux dans tous les organes, bien qu'une portion de la moelle épinière eût été non pas détruite, mais complétement enlevée, et qu'il y cût une solution rérile et assez considérable de continuité dans sa longueur ; cependant ces cas éiant fort rares et ayant resté jusqu'ici

A Ps

sans explication, le nouvel exemple de cette altération que rapporter ue peut manquer de fixer vivement l'attention des observateurs.

Ous, — Une jeunc dame ägée de 24 ans, d'une bonnc constitution , mais d'un tempérament uurveus, [ut prie , en jullet 1828, de la pete vérole, bien qu'otle eût rté varciave dans son enfance, La convalesente de cette maladie fut carac. térisée par une disposition à la diarrhée qui était excess ve, mais facile à srrèler. Deux mois environ après sa gurrison , elle commença à + pla ndre de raideur et d'engourdissement dans la jambe et la cuisse deuite ; quelquefoss «Île éprourait de la diffieu té à la porter £a avant dans la marche, et alors souvent elle venait se frapgrer contre celle du côte gauche. Alurs la malade d sait he pus éprouver nlus de sencalion dans son membre droit , que s'ils üt été di buis ; puis , au bout de quelques instaus, elle s'chauffait el pourait marcher pendant ta quart d'heure où ane demi-heure , sans aucune difbeulté, Cette affection s'exageræil sous l'influeuce de l'agitation de lespuet; elle éprouvait aussi beaucoug de difieutie à monter uo escalier. Il n'y avait ni céphalalgie , ai étourdissemieus , ni trouble 1le la raison, ni svasilnlité sur um point quelconque de l'épine, où epfin sucun autre désordre fonctionnel où orgaurque de l'eucégliale où de la mule ; tous les autres organes semblaient être dans l'état normal ; l'appétit etait bon , enais il y avait vue constipation tres-ojiniätre. |

À celle éÿ de La maladie, on lai opposs peu de moyeus actifs ; le sulfate de quinine et quelques luxatifs n'avant ombené aucune amélioration . un les disconti. nus au bout de de jours , et la malade resta presque sans traitem:nt jusqu'au neuvième mois de sa maladie, qui alors avait fait laut de progrès, que la démarche de La malade était complétement changée ; elle ne pourait faire quelques pas dans sa chambre sans s'exposer à tomber. L'ammoniurc de fer combiné aux Lavatifs pendant deux mois, fut taut-à fait sans sucrès, ainsi que les bains de mer, et La pa ralysie augmentant, la ntalade fnt oblgve de garder le lit. Les purgatifs ayant alors été employés avec plus d'énerge , il y eut un peu d'amélivration penilant

Ique temps, mais le membre gauche offrit bientôt la méme alieration que le rait, La nox vamique portée en peu de jours à la dose de deux grains, prodnisit sesetfets ordinaires, C'est-à-dice des secousues dans les muscles indépendantes de la volonté de Le malade, qu'elles fatiguaient beaucoup, mais sans influence sur sau affection , qui continua Loujours à faire des progrès, Les pilules bleues, les préparations de pusquiame et d'ammoninc, et l'électricité, furent alors essayés sans plus de succès que tous les moyens précédemment employés. ;

La malade éprouva à cette époque (au bout d'environ quiare mais } un paralysie complite de la sensibilits dans le membre inferieur deait; elle ne durs que quelques jours; depais elle se reproduisit de La axtme manière dans le gauche , puis les deux membres présentèrent un agourdissement «Luve paralysie du mouvement presque complets; puis Les excrétions devinrent involontaires. Mais ce qui est remarquable, c'est que les pargatifs éaéréiques rendirent 3 la malade la fa culté de retenir ses excrémens , el que la teinture de cantharides lui rendit le même pouvoir sur ses urines au bont de deux jours d'administration. Du reste, la santé de la malade, qui avait êté fort allérée, se rétablit nutablensent ; cile re prit de l'embonpoint, F # la gaieté, mais la paralysie continuait logjours ses progrès, bien que d'une manière très-lente , lincontiarnee des vrines et des matiéres fécales revensat aussitôt que la malade interrompait l'usage des purgatifs et de La teinture de cantharides.

Au commencement de junvier 4842 . ilse forma sur le sacrum une petite escarre qui détermins le développemwat d'un érympèle tout autour. Où parvint cependant à faire cicatriser l'ulcère qui en fat La suite, mais it s'en forma ue sur divers autres points, et ils éntrainèrent la mort de La malade à la Gn de décembre +833, après plus de cinq ans de maladie.

auTorsts A6 HEURES APRÈN LA MORT,

Légère courbure de l'épine à droite dans la région lombaire,

Le cerveau he présente aucune altération notable très-appréciable; Le pont dé varole semble plus petit qu'a l'ordinsire et comme ridé,

Ea enlevant les apophyses épineuses des vertèbres dorsales on découvre entre les 40°, 11" ei 42° une tumeur graisseuse du volume du daigt sur deux on truss|

ces de long. Cette tumeur comprimait fortement la moelle ou plutôt La mem-

oies , car it n'y avait plus de trace de la morlle en ce point. Au-dessus ct an-ilessous, cette dernière semble être à Fétat normal, On diroët que la gnession de la tumeur l'aurait fait absorber al rer qu'elle aurait été euiceée completement , car , sur une longueur de plus d'an pouce on ne (rouve rien qui rappelle son exbtence.

Eo cherchant à enlever La tumeur on découvrit une ourrriuré circulaire entre des 40 et 41° vertèbres droites, communiquant svec une cavité placéc derrière La plèvre droite, contenant environ 42 onces d'un fluide séreux,

L'auteur de cette ohbecrvation examine ici plusieurs questions que nous allons indiquer sommairement. 11 st demande à quelle époque ont dû se foriner ce kyste et la tumeur , et pense qu'ils ont existé un certain temps avant que les premiers symptômes de la paralysie cussent cté |! observés ; il est même disposé à en rapporter le commencement à une époque antérieure de deux années à la var ole qu'ent la malade, époque à laquelle elle avait reçu un assez fort coup dans les reins. |

La tumeur , so développant sur le côté droit du canal , détermina, comme on aurait pu le prévoir à l'avance, la paralysie des membres droits d'abord; ayant ensuite comprimé la moelle d'arrière en avant, on se demande comment il se fait cependant que la motilité des mem bres aflectés ait été altérée long-temps avant leur sensibilité. Ce phénomène parait à M. Robaris ne pouvoir étre expliqué. Cependant , on l'observe journellement dans la plupart des affections du cerveau et de la moelle. On sait que l'altération de la sensibilité est beaucoup plus

vous allons|rare que celle de la motilité. La moindre compression d'un point du

cerveau où de la moelle suffit le plus souvent pour déterminer La porte de la motilité , mais non celle de la sensibilité, Pour que cette dernière soit altérée , il faut une aliération plus grave, plus considérable, Ainsi, telle pression qui portait d’abord sur la colonne jrostérienre de }a moelle ttqui ne sera pas assez forte pour déterminer Le trouble fonctionnel des acris qui sortent de cette colonne , pourra cependant l'être assez pour détersiner le trouble fonctionnel dés nerfs qui sont fournis par la eo. lonne antérieure , bien qu'elle soit moins forte sur cette derniere que sur la colonne postérieure, Telle est, aû inoins pour nous, l'explication d'un fait qui nous a souvent virement frappé dans l'étude des malndies de l'encéphaie, et duquel on doit rapprocher le fait signalé ici par M. Robart, et qui n'est point du tout en opposition avec les belles expériences faites par Ch. Bell et M. Magendie.

L'effet de la teinture de cantharides a été très-remerquable chez le sujet de cette observation pendant tine année entière, Cette préparation a été opposée avec un succès constant à Fincontinence d'urine, et si la maladie s'arrétait pendant vingt-quatre heres , l'incontinence revenait anssitôt et persistait jusqu'a ce que la malade eût recommencé l'usage de la teiuture, « IE est singulier, dit l'anteur, que ce médicament agisse aussi exclusivement sur les muscles du col de la vessie sans exercer ancune influence sur le reste de l’économie, et puisse stimuler les nerf. de cette partie lung-temps après qu'ils etaient devenus insensibles aux impressions ordinaires. »

Ce dernier fait est ; our nous d'une haute importance ; il nous démontre l'utilité que l'on peut retirer de l'étude des spécificités thérapeutiques, étude qui est, à notre aris, beaucoup trop négligée par In médecine scientifique de nus jours.

Séance où 2 sœux 1834, — M. liccquerel lit une notice sur des v ets chiniques proituits dans les corps pir lu désagrégation mécanique, et sur leurs appliestious aux phénomènes electriques de frottement,

Lorsque l'on élève un minéral quelconque régelièrement cristallisé , mais vou conducteur de Félectricité, chaque surface de contact emporte avec elle u0 excès d'électricité contraire. Ce phénomène n'est soumis à sucune loi constante , puis. que chaque face semblablement placée par rapport à l'axe du eristal ne prend jus trjouwrs La même éspèce d'électricité, M Becquerel a pensé qué ces effets élextriques poavaicat être le résaliat de certains rer chimiques , phénomènes déterminés eux-mêmes par le clivage, de sorte que l'effet immédiat de cctte opération s rail de surmonter non. ment la force d'agrégetion, tusis encore une artie des affinités qui agesaient jusque-là dans le corps composé.

Les changeruens chiauques résultant d'une désagrégation par chvage devant avoir lieu également dans tous les autres modes de désagrégation inécanique . M. Becquerel a agi en général sur des substances porphyrisées, ayant soin , pour reudre la décomposition apparente, de chaise des substances formées d'élémens qu ne puissent pos se réuar immédiatement après leur séparation.

On avait observé depais loug-temps que Le verre pilé dans un moriier d'agate rerdit le sirop de violette, et que L'art d'ammonisque , trituré avec lc carbonste de chaux ; donne puissance à du carbonate d'ammoniaque qui se dégage . et da nitrate de chaux; mais on n'avait pas cherché à remonter à l'origine de ces phénomènes. On uval aussi remarque que le carbonate de chaux, ditsous daus L'eau à Faite de l'acide carbonique, lui fail acquérir la propriété d'esercer des réactions avides sur la teinture de tournesol ; et des réactions nicalines sur l'infirsion de fernambouc,

M. Becquerel s reconne que l'orsqu'on met dans de l'infusion de choux rouge un cristal de spatl d'Elunke, du calcaire compact , dés concrétions calesires, de Ja marne, de l'arrsgonite et du spath d'Islande, en James, verdissent l'infusion de choux rouge à ls manivre des alcalis, L'effet est le mème dans le vide où dans ua milieu rempli de gas hydrogène. Il est prouvé par là, dit l'auteur, que le earbonate de chaux divisé où en mastes plus où maias poreuses, réagit sur les conleurs végétales à la manière des corps aleslins, sans qu'il ait besoin d'être tenu en drscolotion dans l'eau por l'intermediaire de l'acide carbonique de l'air.

La mésotype ou silicate double de saude ct d'alwmine, les lives , ete, , broyées dans da mortier d'agate, exercent sur Les infusions colorées une réaction alealine.

On sugmrnte les eMets de la décomposition due au froltement, en mettant en

présence des corps dont les élémwns. en se combinant ensemble par l'effet d'une

ompoution , forment des composés plus solnbles que les premiers Ainsi, lors= of robe dans un mortier prartres égales de sulfate de potasse et de carhonate de barite , il y à aussitôt formation d ane petite quantité de sulfate de barvte et de carbonate de potasse. d

Les métaux, leurs oxides et leurs composés ont été soumis par l'auteur au même mode d'expérimentation et Îni ont offert des indices non équivoques des chang. mens chimiques déterminés par la désagrégation micanique.

Le dégagement d'électricité qui a cu lorsqu'un disque de cristal de roche est frotté Le ua tampon recouvert de deuto-salhu re d'étain, est aussi Le résultat d'on changement chimique qui s'opère dans ce corps, chansement qui se mamfeste par une reaction acte. Ce fait rapproché de l'observation de Wallsston qu

« montré que la machine électrique ne fonctionne connaitre que dans le cas où i] a électricité adhère au disque de cristal. cède au soufre et à l'étain de son oxigène,

L'auteur pense que les faits qui viennent d'être exposés pourraient s'appliquer à la décomposition de orrisines ses ,€t fournie ainsi rat re sur la manière

dont elles cèdent leur alcali à La végétation. EMPLOI DES LOTIONS DE CRLORE DANS Li VARIULE.

L'Académie avait lement

sieurs observations de guérison de la variole à l'aide du chlore : les plus importantes sont celles d'une des prisons de mg Ÿ où il se manilesta une épidé. mie varioleuse. Les malades souris aux soins de M. Eisenmana, et traités par sa méthode, ont guéri, IL fait pratiquer les lotions sur tout le corps du malade, avec un mélange d'acide hydrochlorique et d'eau , prendre en boisson une décoction de salep coupée avec de l'acide bydrochlorique, enfin il recommande l'usage d'un gargarisme acidulé de la même manière. 11 appuie sa pratique de quelques raisonnemens bypothétiques qui ont peu de valeur Le il engage les médecins à répé-

ter ses expériences et à constater l'efBcacité de la méthode, C'est là, en effet | ce qui est ant.

Ce sont

autant de motifs ae expérimenter le moyen de M. Eisenmann dans une maladie telle que la variole, où l'on L'pex- il est vrai, un moyen préventif, mais où la médecine ne peut offrir que secours incertains et peu eflcaces quand le mal s'est déclaré, |

MM. Magendie, Double et Robiquet sont nommés commissaires pour cxaminer le mémoire de M Etsenmann.

L'Académie avait reçu dans la dernière séance le premier volume des Transactons de la classe physico-mathématique de l Académie bayaroise det sciences, qui ne contient qu'un mémoire de médecine intitulé: Recherches d'anntouie pathologique, par M. Schneider. La première préparation anatomique décrite par M. Schneider, est celle d'ane vessic hypertrophiée et élargie, ct qui présentait le volume d'an utérus arrivé au dernier terme de la gestation. Cet élargissement s'é. tait produit sans qu’il y eût ancun obstacle dans le trajet des voies urinaires. La seconde est celle d'un foie sans vésicule , avec on canal cholédogne très-élargi. À la place du canal cystique, on ne remarque = petit sûc gros comme un pois. La troisième offre un cas d'anéveisme vrai de l'aorte abdominale, Le Fatsseait est presque uniformément dilaté depuis l'artère cœliaque jusqu'à l'origine des iliaques, excepté dans deux endroits où il offre deux sacs añérrismaux. Les trois Prembranes de l'aorte y sont uniformément dilatées , et on n'y remarque aueune trace de déchirure, Le plus grand sac est rempli d'un dépôt qui n'obstrue cependant pas la lomière du vaisséso ; mais là non plus la tunique interne n'est pas lésée. Enfin, dans la quatrième préparation, deux reins très-grands confondus dans leur extrémité inférieure par une portion moyenne.

ACADÉMIE DE MÉDECINE

Séance ne 3 soin 1634, — Présidence de M. Boulay.

M. le doyen de La Faculté écrit à l'Académie paur l'informer des noms des candulats qui se présentent au concours pour La chaire de clinique chirurgicale, Ce concours commencera le 16 juin : l'Académie est donc invitée à nommer les quatre juges et le suppléant qui doivent La représenter à ce concours. | |

On procède au Lirage au sort des cinq membres , choisis dans les sections chirurgicales. M, le président écarte d'abord les noms des Acsdémiciens qui sppartiranent à la Faculté, puis Les noms de MM. Jourda et Brgin, absens; de M. Du. val, parent de M. Marjolin ; enfin de M. Lacornère, qui s'est récusé, Le premier nom sorti de l'urne est celui de M. iau, qui se récuse. Le sort amène casuite les noms de MM. Larrey, Lallement, Renoult, Oudet, Gimelle. M. Adelon fait observer que M. Lallement est professeur honoraire à la Faculté ; en conséquence on tire un autre nom, c’est celui de M. Barb'er, Le jury de l'Académie est donc miasi composé : MM. Larrev, Renoult, Quel et Gimelle , juges titulaires ; M. Barbier, suppléant. , | | |

Un membre rappelle que M. Oudet s'est déj récusé dans un concours précé dleat. M. Roux partant de ce fait que , selon Joute apparence , il ÿ aura des jages qui se récuseront , et qu'ainsi un nouveau tirage scra nécessaire à La procha ne séance, demande, pour éviter que cet inconvénient se renouvelle, que l'on ecrive

"aux membres susceptibles d'être appels à ce jury par le sort , et qu'on les invite à declarer s'ils sont disposés à accepier. Le conseil d'administration se charge-a de ce soim (1), | | L'acdre du jour est l'élection d'an membre titulaire dans la section de psthologie interne. Les candidats sont MM. Brichrteau, Fesrus, Lassis, ct Louis Mais avant La formation du serutin , M. nn” écrit, non pas précisément qu'il se rere, nuis qu'il ne s'est point présenté.

Ta liste de présence deues # signatures; touteluis, il n'a été déposé dans l'urne que 82 bulletins. Majorité absolue, 42, | |

Au preuter tour. M. Ferrus obuent 38 voix ; M. Brichetesu 3) ; M. Louis 44 ; M. La-sis une ; deux billets blancs, Au second tour, il y à 85 Aculémiciens présens, 84 bulletins, M. Louis a obtenu 8 voix ; M. Bricheteau 35 ; M. Ferrus 45 ; En conséquence M. Ferrus ayant eu la majorité absolue, est proclamé membre 1itulaire de l'Académie, sauf l'approbation du roi. k

M. Cornac a la ÿ ur une motion. La convocation de Ja éhambre des

airs et de La chambre des députés est Grée au 20 août ; il ya lieu d'espérer que L gouveruerment ne laissera pas passer celte scssion sans présenter aux chambres un projet de loi sur l'organisation médicale. Or, Je travail de l'Académie sur ce sujet n'est point terminé; deux à trois séances sont encore nécessaires.

(1) On à fais la remarque asser singulière que , dans le cas très-probable de Ja récusation de M. Ondet. M. Barbier devenant juge titulaire , l'Académie serait

représentée par quatre chirurgiens mille res.

reçu dans sa dernière séance un mémoire sur le traitement des varioles et des varioloides avec des lotions de chlore, par Eisenmann de Wurtzhourg. M. Fisenmann rer dans son mémoire plu-

dans le vide, porte à re- [| M. Cornse demande qu'on prenne jour pour cetle discussion. U termine ca invi- ; cela tient à ce que l'air qui

tant l'Académie, sbreger, à ne pas discuter le texte du Le , qui appartieat plus particulièrement à la commission même , et qui d'ailleurs sera mis par M. le rteur en harmonie avec les décisions adoptées.

M. Adelon pe voit pas le but de la proposition de M, Cornac, En effet , cette discussion est toujours à l'ordre du jour, et pour là terminer on n'attend que le pouvesc {travail de M. le ra eur.

M. Virey croit pouvoir afürmer que la session annoncée pour le 20 août sers prorogée au mois de décembre, Ainsi, l'Académie a le sr de discuter,

La proposition de M. Cornac est renvoyée an conseil d'administration.

M. Olhvier d'Angers fait un rapport sur une observation de moustrnosité par inclusion , par M. André, D.-M, à Péronne, | s'agit d'un kyste dentifère trouvé dans le testicule d'un enfant de 7 ans. Le fait est univue dans la sence ; M. le rapporteur conclut à ce que l'observation soit insérée dans les fascicules de VAcadémie, et que des remerciemens soient adressés à l'auteur, Ces conclusions sont adoptées. ME. Cilivier fait remarquer que l'observation étant très-importante , it serait bon , pour en réserver la première publie:tion à l'Académie, de l'insérer dans le fascicule qui s'imprime en ce moment.

M. Bousquet lit un rapport sur a mémoire de M, Ribes. professeur à Montpellier, intitulé : Considérations sur la phy sialogie de l'étre humain. Les voes de l'auteur ant une g'ande analogie avec celles de Descartes M, le rapporteur conclut que le num de M. Ribes suit inscrit sor La liste des candidats aux places de correspondans. Après une discussion pen importante, le rar port et les conclu. sions soût adoplés.

RE BIBLIOGRAPHIE

LEÇONS DE CLINIQUE MÉDICALE , faites à l’Hôtel-Dien de Paris, par le professeur H.-F., Cuomez, recueillies et publiées sous ses veux par J.-L. Gexesr, ancien chef de clinique médicale de l'Hôtel-Dieu. (Fièvre typhuïde) (1).

Parmi les services que les médecins français ont rendus dans ces derniers temps à la science , on doit mettre au rang des plus importans le soin et le succès avec lesquels ils ont étudié la maladie connue aujourd'hui parmi nous sous le nom de dothinentérite ou de fièvre typhoïde. Décrite certainement par les anciens observateurs sous le non de fièvre maligne, putride. adynamique, atixique, reconnue déjà d'une manière distincte par M. Petit, elle est sortie enfin dans toute sa clarté des débats qui ont récemment agité l'Ecole de Paris dans laquestion des fièvres essentielles, et des travaux anatomico-pathologiques. Entre toutes les fièvres continues elle forme un point d'appui constant duquel on peut partir. Resteaexécuter sur le typhus, sur la Élvre nerveuse, sur lafièvre bilieuse et sur la fièvre jaune, des recherches analogues qui nous fassent connaitre pl quel point ces maladies se coppriahent, dns leur marche et leurs ésions anatomiques , de la fièvre typhoïde, La pathologie générale de cette rlasse d'affections , sur lequelle on a tant écrit , est donc incomplète dans une foule de points, Déjà , à vrai dire, on peut reconnaître que la grande querelle sur leur essentialité, qui naguère encore a tant agité le public médical en France, porte complétement à faux. En prenant la Éivre typhoïde pour application des doctrines opposées qui se sont debattues “as dira-t-on qu'elle est essentielle, c'est-à-dire sans lésion? Mais évidemment l'intestin est le siége d'une éruption plus ou moyns considérable. Dirat-on que la fièvre typhoïde est une entérite , comme la prenmonie est une inflammation du poumon ? mais évidem ment encore l'éruption intestinale ne fait pas plus l'élément capital de la fièvre , que les pustules varioliques ne forment celui de la variole. Ainsi l'étude anatomique des lésions et des symptômes a repurté plus haut la question de la nature de la fièvre tÿphoïde, et a montré que c'était une maladie complexe où des altérations constantes se développaient dans le canal intéstinal , concurremment avec une certaine série de symptômes, comme daos la variole , pour me servir toujours du méwe exemple, l'éruption des jrustules à la peau est nne condition liée à

un cerlain ordre de phénomènes pathologiques : non pas tellement néan- :

moins qu'il 1 ait pas des cas de variole sans éruption ( variolæ sine variolis} , et de lièvre typhoïde sans lésion des foilicujes, isolés on agininés. Et paisque j'ai touché à cette a à de Ja nature de la maladie, question qui est la dernière du livre de MM. Chomel et Genest, j'énumérerai immédiatement les conclusions qu'ils ont déduites

de leurs observations, et celles qui résultent des faits énoncés plus haut:!

elles coïneident, La lésion des follicules n'étant pas absolument constante dans la fièvre typhoïde, ik est clair qu'il n'y aura pas un rappor

nécessaire entre l'étendue de l'éruption intestinale et la gravité des

{4} vol. Paris, 1834, cher Germer-Bullière,

Lo ———

symplômes, c'est-à-dire que quelquefois la maladie sera très a reuse, hien qu'uve ou deux plaques seulement soient enflammées. La proposition réciproque n'est pas vraie, parce qu'une inflammation et des ulcérations étendues dans l'intestin grêle, constituent toujours en soi une lésion fort grave ; de même qu'une éruption conflueate dans la variole est en soi un accident dangereux. Cependant , dans la variole même, quoique M. Chomel dise le contraire, le rapport entre la lésion et les symptomes n'est pas constant. ]l y a certaines varioles fort grases indépendamment de l'abondance de l'éruption, et dans lesquelles La mort survient , quoiqu'il ne se soit manifesté qu'un petit nombre de pustules. Cela conçu , il faut bien admettre que la lésion intestinale n'est que symptomatique d’une cause plus profonde et plus générale qui a sou expression anatomique dans l'inflammation des follicules in testinaux, comme la cause variolique a la sienne dans la formation des pustules. Cette affection d'une portion du canal intestinal ; fort grave sans doute en soi, et par là même fort importante dans la pratique et le pronostic, n'est peut-être pas pe caractéristique et plus importante , scientifiquement parlant , que la petite ue rosée qui se fait à la peau dans le cours de la fièvre typhoïde, C'est peu de chose que ces petites papules, cependant elles sont un phénomène presque constant , et par conséquent elles ont une relation intime avec la nature de Ja malake; elles sont le visible effet d’une cause inconnue; elles y tiennent par un fl qui og nous guider plus ou moins loin; semblables en cela à a petite aiguille de la boussole , qui est en correspondance avec une des grandes forces du globe. Dans le typhus , qui a certaines analogies avec la fievre en question , l'éruption entanée est souvent beaucoup plus considérable, et elle prend plus d'importance aux yeux de l'observateur,

Nous venons d'arriver aux deraières limites qu'il nous est donné d'atteindre dans la fièvre typhoïde. L'étude attentive des malades a prouvé que lésions et symptômes, tout était le produit secondaire d’une cause reculée plus loin, et que la grave éruption intestinale et la petite éruption cutanée étaient sous ce point de vue égales et de même valeur. On entrevoit à la vérité qu'il serait possible que le sang lui-même fût malade ; mais jusqu'à présent les observations ont été trop peu précises pour que l'on puisse assigner à ces altérations un caractère toujours reconnaissable, et la fièvre typhoïde se trouve placée sur le niveau de Ja variole avec certaines analogies très-frappantes. Ainsi, on n'a géné ralement la dothinentérile qu’une fois, et peut-être pour elle cette règle souffre-t-clle moins d'exception que pour la variole. Je ne connais pas un seul exemple avéré de récidive de N fièvre typhoïde, et celles de la petite-vérole ne sont pas très-rares.

Quant à la contagion les analogies s'arrêtent : autant la propricté contagieuse de l'une est incontestable, autant celle de l’autre est douuse. MAT, Chomel et Genest ont consacré un long nr à l'examen de cette curieuse et importante question. Les faits que l'on pourrait interpréter d'une manière favorable à la contagion sont très-rares dans les hôpitaux de Paris; aussi ne trouve-t-on qu'un très-petit nombre de médecins qui penchent vers cette opinion. Toutefois, quelques observateurs qui ont vu le mal dans de petites localités, dans des institutions de jeunes geus, ont rapporté certains fails difficiles à expliquer sans le secuurs de [à contagion. Quelques-urs pensent que nos hôpitaux manquent des conditions nécessaires an développement du eu contagieux. Les médecins anglais, partisans pour la plupart de la contagion, ne l'observent pas PE que nous dans leurs hôpitaux ordiaires; mais dans certains élablissemens destinés uniquement aux fiévreux {et les recherches anatomiques ont prouvé qu'il s'agissait bien au-delà du detroit de la mêine fièvre }, il parait que la proprieté commumicative devient plas apparente; du inoins, la plupart des médecins anglais n'en doutent pas. MM. Chomelet Genest concluent, après une intéressante discussion , 1° que l'opinion adontée par le plus grand nombre des médecins français , que l'affection typhoïde n'est pas contagieuse, ne peut être admise comme chuse démontrée ; 2° que si cette maladie est contagieuse , elle ne l'est qu'à un faible degré et avec le concours de circonstances encore mal déterminées.

On pourrait croire qu'une de ces circonstances serait la concentration des fiévreux dans le méêine local; car d'une part il est constant que dans les hôpitaux où les fiévreux ne sont qu'en w:s-petite proportion, les faits de contagion sont excessivement rares et douteux ; de j'autre, on assure que les maisons anglaises uniquement destinées à la fièvre typhoïde fourmssent des argumens favorables à la contagion. Ces faits iwériteraient d'être constatés d'une mamitre irréfragable,

L'analogie du typhus avec la Gevre typhuïde à frappé MM. Chomel et Genest. Is suut disposés à regarder ces deux affections comme identiques ; ils suspendeut cepeadant leur jugement en attendant que les recherches cadavériques aient démontré l'existence ou la non-existence

[gonflement produit

de l'éruption intestinale. Ils sont allés plus loin, et considérant toutes les fièvres comme des variétés de la dothinentérite, ils ont admis que la fièvre inflammatoire , la fièvre bilieuse, la Gévre nerveuse , étaient Dore avec elle dans leur essence. Voyons si cela est conforme aux aits.

Le typhus diffère de la fièvre typhoïde par une plus grande violence, un caractère éminemment contagieux , et par l'influence évidente qu'a sur sa production l'encombrement des hommes. A-t-il aussi la lésion des follicules intestinaux? C'est ce qu'on ne peut dire encore. Toujours est-il que les médecins de Toulon qui ont récemment observé le typhus n'ont pas retrouvé la lésion caractéristique. Il paraît avoir plus de violence que la fièvre typhoïde, un caractère spécifique encore plus marqué, et être avec elle dans un rapport assez semblable à celui de la fëvre bilieuse avec la fièvre jaune.

La fièvre inflammatoire et la fièvre éphémère des anciens sont des maladies mal étudices, mal connues, et qu'il est difficile de rattacher à la dothinentérite.

La fièvre hilieuse offre des caractères qu'on ne rencontre pas dans la fièvre typhoide , surtout si on la considère à son maximum d'intensilé, qui est dans les régions tropicales. Les vomissemens abondans de matières vertes, l'ictère manifeste , la douleur de l’hypocondre droit , la rémittence très-caractérisée : tout cela constitue un ensemble éloigné de celui de la dothinentérite. Nous ne possédons pas encore, sur cette fièvre bilieuse des pays chauds, des recherches cadavériques suffisantes, et nous ignorons s'il existe une lésion anatomique constante, si cette [lésion porte sur les follicules intestinaux, ou si son siége est ailleurs. Dernièrement, M. Voisin a publié dans cette Gazerre la Se 3

tion d'une fièvre bilieuse , moins tranchée que celle dont je viens de ‘parler , qui à régné aux envirous de Limoges, et qu'on pourrait jappeler fièvre bilieuse de nos climats. Ayant eu occasion de faire

pere autopsies , il n’a pas trouvé l'altération caractéristique de la othinentérite, Au reste même cette dernière forme de la fiévre bilieuse est fort rare en ce moment à Paris, si tant estqu'on en rencontre quel. ques exemples.

La fièvre jaune a un aspect trop spécial pour qu'on puisse la confondre avec la fièvre typhoide.

Enfin , la fièvre nervense semble avoir beaucoup des caractères de la dothinentérite. Cependant , en l'absence de recherches cadavériques précises, il est difficile de prononcer d'une manière absolue. J'en reviens toujours à la lésion intestinale; c'est en effet un cachet aussi marqué sur la dothiventérite que la pustale variolique l’est sur la peau pour la variole.

En résumé je pense que MNIM. Chomel et Genest ont eu surtout devant les yeux les Gèvres de Pinel quand ils les ont toutes assimilées à la dothinentérite, dont, dans ce systtibe, elles ne sont plus que des variétés. Jls n'ont peut-être pas embrassé d'un regard suffisant tout l’horion pathologique. Les lieux et les temps sont les grands modificateurs des maladies ; et un seul climat n’en donne pas plus qu'une seule époque, toutes les formes.

Les auteurs ont étudié avec nn grand soin les lésions anatomiques et leur premier développement (ils rapportent les résultats d’une autopsie faite le septième jour après le déhut de la maladie , et c'est le cas le plus rapproché du commencenent qui ait été publie}, Enfia ils exaiminent la manière dont les fullicules s’ulcèrent et dont ces ulcérations se cicatrisent. Voici le résumé qu'ils ont donné eux-mêmes de leurs recherches : « La première altération qu'éprouvent les follicules, c'est un r la formation, au-dessous de la muqueuse, d'une matière d'un blanc jaunâtre, un peu friable, qui donne aux follicules agminés l'aspect d'une plaque, et aux fullicules isolés la forme d'uu gros bouton plus où moins blanc, et que plusieurs pathologistes ont indiqué, mais à tort, sous le nom de lee, À cette forme, quine parait pas conserver s s caractères les plustranchés au-delà du doutième ou du quinzième jour après le début de la maladie , et qui est généralement désignée sons le nom de plaques gaufrées , succède dans la plupart des cuis l'ulcération ; nons avons vu celle-ci commencer tantôt par la muqueuse et gagner graduellement la matière blanche de la plaque gaufrée, tantôt par cette dernière qui se ramollit, se détache des parties avec lesquelles elle est en contact et entraine consécutivement la destruction de la muqueuse vers la même époque, c'est-à-dire du huitième au quinzième ou vingtième jour. On trouve anssi , soit à la surface des plaques gaufrées elles-mêmes , soit, ce qui est plus fréquent, sur des glandes de Peyer intactes, la muqueuse ramollie, détachée des tissus sous-jacens , percés d'un grand nombre detrous qui ne sont que les orifices des fcllicules considérablement élargis. C'est ce qu'on apptlle plaques à surface réticulée. Cette altération est plus rare que la précédente, A mesure que Îles plaqnes ou leurs débris À en par

l'uloération où par une espèce de mortification , les bords de l'ulcère s'aplatissent, sc rapprochent du fond et offrent des conditions favora- Liles à la cicatrisation , ou arquitrent au contraire une épaisseur anomale due à l'hypertrophie des tissus sous-mnqueux et musculaire, L'alcération des plaques s'étend en largeur eten profondeur, et gagne même quel is Le pér'toine qu'elle perfure. Nous avons vu dans des circonstances plus favorables les bords des uleères non-seulement rapprochés du fond , mais aussi confondus, en partie au moins, avec lui, et même nous avons retrouvé sur des points où tont nous faisait présumer que des ulcères existaient encore quelques jours auparavant, des cicatrices parfaites. L'ulcération n'envahit pas toutes les plaques gaufrées ; il en est an certain nounbre qui reriennent à l’état normal, sans avoir été nlcérées, par une espèce de résolution et par la résorption de la matière qui y eslamassée, »

La perforation du péritoine et la péritonite suraigne qui en résultent sont des accidens excessivement ficheux dans le cours . la dothinentérite, et que l'on considère ici comme absolument mortels. Cependant M. Graves, professeur à Dublin, a expérimenté avec quelque succès l'opium à haute dose dans ces cas désespérés. Ses observations sont trop importantes, méritent trop bien d'être connues et répétées per que nons ne remercions pas les auteurs de les avoir insérées dans leur ouvrage, et pour queje ne les communique pas d'une manière succincte à ceux des lecteurs de la Gazerre ménicaur qui les ignorent. Une femme venait de subir la paracentèse, à la suite de laquelle survint une pénitonite. M. Graves la trouva si faible qu'il n'osa la saigner. L'opium à haute dose l'arracha à une mort qui prraissait certaine, Second succès cher une femme qui eut une péritonite causée par du pus qui s'épancha pendant l'ouverture d’un abcès du foie, La troisième observation de pétitémite traitée par Ep à hante duse appartient au docteur Stokes et est relative à un cas de perforation intestinale, Le quatrième fait a pour sujet nn malade qmi, après avoir pris une furte dose de sel de Glauber , eut un dévoiement considérable et présenta ensuite tout à coup tous les symptômes d'une péritonite suraiguë, Il fut guéri par l'opium à haute dose; il avait pris dans l'espace de dix jours 184 grains du remède, sans éprouver le moindre symptôme de nareotisme. If est impossible de ne pas recommander de tels essais aux médecins qui auraïent à traiter des perfurations péritonéales, accident considéré jus. qu'à présent comme tout-à-fait mortel, Outre les cas indiqués plus haut, ce médicament trouverait encore son application dans les plaies de la vésicule bihaire , la rupture des canaux biliaires et la perforation de la vessie.

MM. Chomel et Genest ont examiné avec on soin scrupuleux l'étiologie de fièvre typhoïde ; et ils ont reconnn qu'elle était profondément obseure. Seutement il leur a semblé que l'acclimatement { par exemple des provinciaux à Paris), était une condition favorable à sa production. Je ne sais vraiment pas s'il faut même admettre cette influence, On voit assez fréquemment des personnes nérs et élevées à Paris être attaquées de la fièvre typhoïde ; et si dans les relevés des hôpitaux on tronve toujours une proportion infiniment plus forte de provinciaux que de Parisiens , c’est que les ouvriers à sont trét-nombreux , que les jeunes gens sont surtout exposés à la dothinentérite , et que ces sage

ens ont bien moins de moyens de se faire traiter chez eux que les fils

'onvriers parisiens. L'Age est la seule condition bien constatée ; rare dans l'enfance , la fièvre typhoïque cesse aussi de se manifester dans la vaillesse.

Comme la variole, elle se montre tout-à-fait réfractaire à nos moyens

thérapeutiques. Laënnec disait que «était la maladie où l’art pouvait le moins et la fature le plus. Ea effet , tous les traitemens paraissent indifférens ; soit que la doctrine de Brown ds auf et qu'on emploie les toniques avec ar, , soit que l'école physiologique soit seule écoutée ct qu'on verse

eu d'incontestables succès.

AL. Chumel, qui à si long-tewps observé dans les hôpitaux , et qui s'est convaincu d

ar les auteurs, a essayé d'un nouveau moyen, qu'il était d'autant plus ; yen, q Ï

utile de chercher et licite d'expérimenter, que la og are actueile

était plus impu ssante; c'est le chlorure de soude, Voici la manière dont M. Chomel l'emploie. a Pour fixer, dit:il, la dose à laquelle ce

RE

PaBIs,

[chlorure devait être administré, nous avons fait dissoudre des propor-

e sang en abondance, les résultats finissent par se niveler et par offrir une proportion moyenne qui est toujours à peu près la mème. Aussi beaucoup de médecins sont-ils d'avis de Jaisser marcher la maladie sans lui rien opposer autre chose que des soins hygiéniques et diététiques , sauf quelques cas où l'adynamie venant à se prononcer d'une manière toute particulière, des toniques énergiques paraissent avoir

ce l'inefficacité générale des traitemens recommandés

— ÉVEBAT, IMPALMEUS,

tions diverses de chlorure dans une boisson non acide ; nous les avons goûtées; nous avons trouvé qu'un grain ou un grain et demi de chlorure par once de véhicule donnait une saveur très-prononcée, mais supportable, Pour quelques sujrts, chez lesquels la saveur nauséeuse du remède provoquait des vomissemens ou des envies de vomir; nous avons substitué avec avantage à la solution de sirop de gomme une infasion légère de germandrée on de quelque autre plante amère. Nous avonsengagé les malades à boire le ds possible de cette solution. La plupart en ont pris par jour de trois à cinq pots (de 18 onces chaque). Nous avons prescrit des lavemens mucilagineux contenant la même proportion de chlorure, répétés matin et soir. Nous avons joint à ces moyens des lotions, répétées quatre fuis le jour par tout le corps , avec le chlorure de soude pur. Nous en avons arrosé les cataplasmes dont le ventre était couvert; nous l'avons fait verser, dans chacun des bains em prenaient nos malades, à la dose d'une pinte ; enfin, des aspersions

e chlorure ont été faites plusieurs fois le jour sur les couvertures et les draps, et des vases qui en étaient remplis ont été placés sous le lit. »

M. Chomel à traité 57 fiévreux presque tous gravement malades. 41 ont guéri et 1G ont succombé; mais comme sur ces 16 morts il y en a 7 qui sont survenues ee la convalescence par des accidens (choléra, paeumo-thorax , double pneumonie, etc.), il les retranche , et il trouve que la proportion des revers aux succès a été d'un à G, tandis que sur différens points , et avec d'autres traitemens , elle a été d'un sur 3. La différence est, comme on voit, trés-considérable. Cependant, avec la prudence d'un médecin expérimenté qui a vu les années varier et les succès dépendre quelquefois plutôt de certaines causes inconaues que de la thérapeutique, . Chomel recommande d'attendre üne plus ample expérimentation, et cette expérimentation mérite , en effet, d'être recommandée, M. Schoenlein, professeur allemand , emploie contre la scarlatine le chlore comme M, Chomel , et, dit-on, avec un succes remarquable, La twuëme substance a été vantée par les Allemands dans le traitement de la rougeole et de la variole, M, Chowel en étend aujourd’hui l'usage à la dothinentérite avec un succés qui , s'il est astra pre l'expérience ultérieure, dimianera notablement les ravagrs de cette maladie, Quoi qu'il en soit, le livre que lui ct M. Genest viennent de publier ira prendre place à côté de l'ouvrage de M, Louis, et completera ainsi par des obselyations cliniques, par de bonnes descriptions anatomiques , par d'utiles préceptes de pratique et par des recherches neuves de thérapeutique | Fhistuire d'une maladie sur laquelle les travaux modernes de la médecine française ont jeté tant de lunuère.

VARIÉTÉS

—L'as-ociation des médecins de Paris, fondée par M. OrGla, s’est réuaie dijasauctie decniersous «3 présidence , dans Le grand amphithéätre de da Faculté de médecinr, our entendre le cumpie-rendu des travaux de l'année, et pour renonvelerle bureau, Cette société, dont l'existence ne dete cependant que de 1833, se compose déja de 415 souscripteurs, tous médecins parmi lesquels Gguren: l+s plus grandes notabilités de la capiiule. On à va avec satisfaction que la caisse étut dans nn état prospère x avait déja permis de secourir quelques confrères très-dgés et infi-mes, et phisieurs seuves où Giles de médecins vtrangers à la société, Le sucrès d'une institution sussi philantropique n'est plus un objet de doute pour les societirés; parce qu'elle assure aux fanulles de ceux qui seraient enlevés an début de leur carrière le moyen de souloger beurs infurtunes, M, Orbla à été réélu préssdent à l'unanimité, moins quatre voix, ét M, Double vice-président.

— Le roi de Suède sient d'adresser à M. le docteur Civiale l'ordre de l'Eto le- Polaire, C'est la distinction L plus élevée qui sait accordée dons ce pays au merite civil. Cette récompense constate les succès de La lithotritie en Soëde.

— Ensarum. Nous avons attribué par erreur à MM, Payen el Barvau les échastillons de sahcine admis à l'exposition de l'indu trie. Ces échantillons wnt été préparés et envoyés par M. Leroux, de Vitry-le Français, suteur de la déconverte de eelte substance. Nous saisssons avec d'autant plus d'empressement l'oe. casion de rendre à M. Leroux ls justice qui lui appartient, qu'il ne neglige au: un moyen de perfectionner san importante découvirte , et d'en faire profiter La thérapentique, Nous savons en rer que M. Leroux à sis une le quantité de saheine à la disposition des médecins dis contrées où les fièvres intermilientes régovol cndémiquement. Nous engageons nos honorables confrères à nos adresser les résultats de leurs capériences ; 1s con ribueront par là à rer di finiüvement l'importance et l'utlite d'un remède qni à paru jusqu'ici étre d'un grand secours dans le traitement des fièvres intermitteutes.

RCE DU CAaDRAï, N° 16.

La Gazerrs mémicas vx Pams (Gazette de santé et Clinique des hôpitaux réunies } paralt tous les samedis de chaque semaine; chaque numéro est composé de 16 pages in-4”, 82 colonnes , et équivaut à 6 feuilles in-8°, Le prix d'abonnement est pour Paris et les Départemens, de 4 fr. par an, 20 fr. pour 6 mois, et 40 fr, pour trous mois. Pour l'Étranger 44 fr. Les abonnemens ne peuvent dater que du commencement d'un trimestre, {* Janvier, 4" Avril, 4* Juillet, 1®° Octobre. — On s'abonne à Paris, au bureau de Journal. rue Poéssonniére , n° 5 , et dans les départemens, chez tous les Directeurs des postes. — On ne

reçoit que Les lettres affranchies.

AVIS À MM. LES SOLUSCRIPTEURS

MM. les souscripteurs dont l'abonnement expire à la fin de juin sont priés de le renouveler s'ils ne veulent pas éprouver d'interruption dans l'envoi du journal. Pour ne pas être exposé à décompléter les collections, aucun ruméro ne sera adressé aux abonnés qui n'auraient pas donné avis de leur renouvellement avant le premier numéro de

uillet. « j

SOMMAIRE

Note sur les facultés instinctives communes aux animaux et 3 l'homme.—Bemar ques sur les pessaires en canutchouc et sur les plaques faites de la méme substance, pour garantir éertaites cicatrices, — Revue dec journaux de médecine fraoç is : Lettre à M. Lalleimanil, sur lioflammation chrunique de la cornée. — De l'emploi du chlore dans le traitement de la phihisie pulmonaire. Mémoire sur la staphiloraphie.—[ l'amausose, suite de la colique de plomb, — Sur le traitement de ba Bstule lacrvmale par ln perforation du sinus maxillaire, — Nouvelle méthode pour l'opération L la hoenie éteanglée Du traitement des névralgies.—Note sir l'acage médical de la mannite.—Sur l'emploi de Fhuile de morue dans quelques affictions rhumatismales et vermineuses.—De emploi de l'ammmoniaque pour combattre les rapports acides qui ont lieu pendant la digestion. —Aculémie des sciences, séance du 2 juin; de médecine, séance du 3. — Revue bibliographique : Documens pour seesie à L'étule des enveloppes de l'œuf du fœtus humain. — Essai se la paralysie de plomb, où saturnine.—Sur la pathogénie de quelques aflections de l'axe cérébro-spinal.— Philosophie this.

“raprutique méhico-chirurgice'e,—Considérations sur l'appréciation de la folie, #a localisation et son traitement. — Da traitement médical des calculs urinaires. — Notice sur Bourbon-l'Archamhaull et ses eaux thremales et minérales. — Auocation médivale de Paris. Rapport sur la commission chargée du projet d'organisation de la médecise.

PHYSIOLOGIE PDU CERVEAU.

NOTE SUR LES FACULTÉS INSTINCTIVES COMMUNES AUX AN[- MAUX ET 4 L'HOMME , et nécessaires à la conservation

de l'espèce et de l'individu; par F. Lézur (1).

ST". — Gall avait fait commencer la physiologie intellectuelle du cerveau à l'amour physique, ou instinct de la propagation , qui est tout à la fois un besoin, un penchant et un sentiment , et dans sa localisation cérébrale il lui avait donné un siége lout-à-fait à part , une partie aussi complétement isolée que possible dans l'ontshale : le cervelet, Mais i} n'était 2: descendu pes bas, et il n'avait pus cru devoir regarder comme le résultat de l'exercice de facultés mentales primitives, ou celui de l'action immédiate du cerveau proprement dit, les besoins tout physiques, mais dont la satisfaction à lieu pourtant avec conscience, et avec plaisir ou douleur ; tels que les besoins de la faim et de la soif, celui des exonérations , celui de la respiration, besoins dans lesquels, à part le fait de conscience, 1 n'y à rien , en effet , de fort intellectuel. Pourtant ce que Gall n'avait pas jugé convenable de faire, ses successeurs l'ont commencé. Îls ont admis un organe de l'alimentivité , pour représenter, parmi les facultés intellectwelles primordiales et leurs organes cérébraux ; les besoins de la faim et de la soif, Mais d'abord ces deux besoins , quoique tendant au même but, la conservation de l'individu par l'alimentation, sont on ne peut plus distincts par la sensation

u'ils occasionent , et par l'espèce de satisfaction que réclame chacun ‘eux, et dont l'une ne peut suppléer à l'autre. Ils le sont certainement autant que le sont entre elles, pour me servir du langage barbare de la phrénologie, la combativité et la destructivité, Va secretivité et l'ac-

(1) Notr extraite de

Considé ations sur La signification et la valeur des sys. tèraes di P +

chologie en gené-al, et de celui de La Phrénologie en particulier.

$euilleton.

0 ms

ASSOCIATION MÉDICALE D£ PARIS. -— HDAPPONT DE LA COMMISSIOX CHANGÉE DU PROJET D'ORGANISATION DE LA MÉDECINE.

Mardi dernier , 40 juin , M. Joly à lu, au nom de la rommicsion chargée psr l'assemblée des médecins de Paris de rédiger ua pro.et de réorganisation médicale, un rapport développé des travaux et des réshotions de La commission. 11 a cru devoir, avant de commencer sa lecture , avertir l'assemblée que son rapport ne pouvait pas étre rigoureusement considéré comme l'expression des opinions unanimes de la commission ; la difficulté e4 la variété des questions soumises à san examen ne Jui ayant pas permis de s'entendre complétement sur quelques-unes qui sont resiées indécises; “ile en à laissé la responsabilité à son rapporteur. Sans rouloir en rien blimer cette manière de procéder inasitée , mais impéricasement commandée par la nécessité, nous rema.querons seulement qu'il eu pourra résulter quelque mc: rtitude dans les délibérations de l'assemblée, et que cette révélation fera perdre au rapport Ini-même , avec quelque sagesse qu'il soit rédigé, un pea de son autorité sur les esprits, Elle aura aussi pour conséquence de provoquer

ae "+ des déclarations de la part des membres dissidens. Quant à nous du moins, comme membre de la commi-sson, nous nats proposons de Cire connaitre frochainement les points sur lesquels nutre opinion particulière à différé de celle des autres membres, Mais en attendent, ou devons au publie médical l'analyse de ce travailr mr h greg l Le projet de la commission contient 83 articles, qui ont pour objet : 1° l'ensri gaement de la médecine ; 2° la pratique de la és ine; # la moralité de La mé decige, Parmi ces articles, plusieurs sont surtout remarquables en ce qu'ils attestent l'unanimité d'opinions du pu médical sur certaines questions déjà résoaes dans le mème sens , et par l'Académie de médecine , et par la Faculté, Cette conformité parfaite entre les trois corps qui ont reçu au pris la mission de proposer des plans de réforme médicale , a d'autant plus de poids et de gravité, que les dispositions dont il s’agit sont de leur nature extrémement importantes et d'un intérét majeur. Les articles dout noas parlons sont tes 14, 45, 16, 34, 36,55 59, 61, 64, Ces articles élablissent en principe : 4° la nomination des ro= fesseurs par le concours; 2° l'inamoribilité des professeurs ; 8° l'interdiction des permutations de chaires; 4° l'établissement d'une seule close de médeins; 5° la suppression des remèdes scerets, et ke droit de vendre des médicamens, exclusivement accordé ans pharmaciens autorisés et tenant officine ; 6° l'irresponssbilité médicale pour les faits de pratique ; 7° Fabragation des lois ui ondlonnent aux médecins la délation ; 8° la suppression de la patiente des méécins.

La nécessité de ces réformes à té mise dans une telle évidence par tontes des discussions dont elles ont été l'objet à l'Académie, à la Faculté et dans les organes de la presse, que ke rapporteur avait à peine besoin de les motiver, Les raisonnenwas

quisivité, qui ont aussi , elles, et à leur façon, la conservation de l'individu pour objet. Si donc l’on veut admettre que l'alimentivité doit avoir sa représentation organique dans l'intérieur du crâne , il faut lui donner deux facultés et par conséquent deux organes, celui de la faim, celui de la soif; et voilà une addition nouvelle an nombre des facultés et des organes , ce qui, pour le dire en passant, entrainerait des changemens ficheux dans la géographie de l'encéphale.

Mais ce n'est pas tout. Si nous admettons dans la partie crânienne de l'encéphale une ou plusieurs facultés ou organes pour les besoins de la faim et de La soif, nous sommes invincihlement forcés d'en faire autant pour les besoins des exonérations et de la respiration, qui, comme ceux de la faim et de la soif, quoiqu'à un moindre degré, ont lieu avec conscience et sont en partie soumis , le besoin des exonérations surtout, à l'empire de la volonté. En matière de science , les plaisanteries sont toujours déplacées, et je ne voudrais pas employer ce moyen pour combattre l'introduction des besoins d'uriner et d'aller à la selle dans le catalogue des facultés intellectuelles. Mais il ‘; a des raisons à douver| contre cette admission.

Sans doute, les besoins de la faim et de la soif n'ont pas leur siége , ? ou plutôt leur faculté, dans l'estomac ou dans l'arrière-bouche, comme on l'a dit maintefois par un vice d'expression plutôt que par une erreur | de raisonnement , pas plus que le besoin de rendre les matières stercorales n’a son siège ou sa faculté dans le rectum et à l'anus: celui d'ex-

l'urine, dans le bas-fond de la vessie où dans le canal de l'urètre; celui de respirer, dans les parois du thorax et dans le poumon. | Îl est bien vrai que nous rapportons le sentiment de chacun de ces divers besoins, où à l'organe dont la fonction est de le satisfaire, à} l'estomac pour le sentiment de La fan, au rectum et à la vessie ou à

l'urètre pour les besoins des exonérations fécales et urinaires, à la poitrine et au poumon pour le besoin de respirer; où bien à l'organe qui doit le premier recevoir l'influence du moyen de satisfaction du besoin , à la bouche et au pharynx pour le besoin de la soif. Mais cela a lieu de même pour toutes les sensations imaginables , pour celles de la vue, de l'ouïe , du goût, de l'odorat , du toucher, et personne ne place plus le siége ou la faculté de ces sensations dans les sens dont les impressions en sont la cause occasivnelle. Toutes ces facultés sont des facultés du système nerveux central, et il doit en être de même pour les besoins proprement dits, pour ceux 2 font le sujet de cette discussion, Mais | de l'action de quelle partie du système nervenx central sont-ils Le ré-

sultat , et par conséquent à quel ordre de facultés Le raisonnement force-

t-il à les rattacher?

Ges besoins résultent de l'action spéciale de la partie de ce système à laquelle se rendent leurs nerfs, c'est-a-dire de la moelle allongée , pour } le phorynx, l'estomac, les organes de la respiration , et de la partie inférieure de la moelle épinière, pour le rectum et la vessie, ou mieux ,

les divers besoins dont le sentiment est rapporté à ces différens organes. Les facultés immédiates dont ces besoins sont l'expression, sont des facultés de la vie d'assimilation , et non point des facultés de La vie intellectuelle ; et si ces besoins sont perçus et en partie régis par la volonté, c'est, comme le dirait la phrénologie elle-même, et comme elle le dit formellement pour les facultés affectives dont elle place du reste le siége dans l'encéphale, c'est 1. sont perçus (et c'est comme cela qu'ils deviennent des besoins) par les hautes facultés intellectuelles, par celle des phénomènes, par exemple , ce qui donne lieu à la volonté de les

maîtriser dans de certaines limites. Les besoins ne sont done dus immédiatement à l'action d'aucune faculté intellectuelle, et Gall, dans sa manière de voir, a eu raison de les exclure de la psychologie, pour ne la faire commencer qu'aux instincts ou aux penchans.

Le prewier des instincts qu'il à reconnus est celui de l'amour physique, ou le penchant au rapprochement des sexes, l'Æmativité de Spurzheim, qui est tout à la fois un besoin et un penchant, Il tient des be soins par son irrésistibilité dans certains cas presque complète, et par sa satisfaction au moyen d'un appareil extérieur au système nervenx central , l'appareil génital , qui est en même temps pour Jui un moyen de stimulation et un lieu où sont rapportées ses impressions physiques. Il a cela de commun avec les penchans, qu'il est, beaucoup É que les besoins, soumis à l'empire de la volonté; qu'il tient par une foule de

wints à tous les autres penchans , à tous les autres sentimens , à toutes es facultés intellectuelles même les plus élevées ; et qu'il peut, ea met. tant en jen ces dernières , en s'intellectnalisant en quelque sorte , donner lieu à des résultats psychologiques qui ne peuvent co aucune manière être eunparés aux résultats Aa plus intellectuels dle l'action des autres besoins, tels que la faim, la soif, Le besoin des exonérations , de La respiration, etc...

On pourrait regarder encore l'amour de la progéniture , ôu moin dans les femelles ou les mères, comme nn besoin autant que éomme un penchant ; et cet instinct, en quelque sorte mixte , aurait , je ne diss pas pour organe, je ne dis pas pour siége, mais pour appareil extérieur et appareil extérieur temporaire, les mamelles pendant la durée de l'allaitemment, IE tiendrait ainsi le milieu entre l'amour physique, qui a un appareil extérieur permanent, et les autres penchans de la phréaologie, qui n'en ont point.

Quant à ces derniers, leurs caractères communs sont donc l'absence d'un appareil extérieur propre à chacun d'eux, et un certain degré de connaissance et de volonté dans leurs actes, connaissance et volonté que Gall leur attribue, mais que Spurchein, par une atalyse plus subtile si elle n'est pas plus exacte , rapporte aux Écultés intellectuelles , les fa cultés effectives étant, suivant {ui , tout-à-fait aveugles et irrésistibles. À défaut d'appareil extérieur spécial à chacun d'eux, les moyens généraux d'action des penchans sont l'expression des yeux et de la physionomie, l'attitudé , le geste, la voix et la parole, enfin tous les mouvemens musculaires que provoque la volonté vers le but auquel nous porte chacun d'eux.

Du reste, les penchans où les instincts admis par Gall et par Spurtheim , facultés ; comme je l'ai déjà dit, communes aux animaux et à l'homme, sont les suivans :

1° L'{nsténct de la propagation où Amativité, dont le but est ja

conservation de l'espèce , et qui est représenté , dans le langage ordi-

naire, par le besoin et la passion de l'amour , considérée sous lous ses aspects, dans tous ses degrés et dans tous scs écarts ;

3° L'Amour de La progéniture ou drs enfans , ou philogéniture , ayant aussi pour but la conservation de l'espèce, et qui avait pour 1ypes anciens l'amour des parens pour leurs enfans , et spécialement le senti ment si irrésistible et si universellement reconnu de l'amour materoel ;

3° Et suivant Spurzheim seulement , }Æabitativité, qui aurait pour but, en attachant telle espèce animale à tel on tel lieu , de faire que toute la terre soit habitée ; dont l'amour de la patrie tirerait une partie

dont il a appuyé ces propositions nous paraissent donc insttaquables ; tous approi sons surtont entièrement lo sage réserve qu'il a mii: en énonçaiot , au «yet du concours , l'opinion de la commission, qui, dit-il, en l'adoptant , ne regerda pas cépendanl ce mode comme exempt de tout inconvénient, Les motifs généraux qu'il a allégués contre la respontabilité médicale telle qu'elle est déterminée par la législation actuelle , viennent de recevoir une éclatante confrmation dans les deux dernières affaires de Rouen et d'Evreux, dont nous avons entretenu plusieurs { fois nos lecteurs, Quelques dispou articles précédens. Hs k Le se fesscurs arrivés au terme de leur carrière est assuré par une retraite, L'époque de la cessation de leurs fonclians est fixée pour Les professeurs de cliuique à l'age de 65 ans , et pour tous les autres à 60. L'espoir d'une récompense est laissé aux inventeurs de rembdesnoureaux , en faveur desquels les colléges médicaux pourront réclamer une indemnilé syrès délibération et constatalion des succès. Enfin outre la suppression de la patente la commission demande pour les médecins la disptuse de tout service militaire. Le rapporteur à cité à ce sujet ce trait d'un honorable professeur de l'école de Paris, qui, étant apyelé à sa mairie comme national, s'y rendit avec sa robe el sa loqne. Ce raisonnement était sans doute fort oniginal, mais peu concluant ; les avocats, les huissiers, les académiciens, les bedeaux etchanires de paroisse, tout ce qui parte robe, toque, chape et tricarne, arrsient en faire autant. Heureusement nous avons des raisons Lrès-sérieures à aire valoir contre cette obligation , et le rapporteur les a exposées arec toute la force di sirable. . + . re Pour Lout ce qui précède , la commission ne peut s'aliendre à aucune objection

tions acressoires , mais fort importantes aussi, complètent Les

dans le sein de l'assemblée. Tout son travail n'est, nous aimons à le ter, que l'expression des vœxuniverscls, déja sanctionnés par les résolutions desdeuxcorpsm'dicaux les plus respoctables, Mais il n'en est pas de même de l'ensemble des dispositions qui règlent l'ensesgnement el l'exercice de la médecine, ainsi que l'orgaaisation des méderins considérés comme corps. Ici l'unanimité n'est plus la mème , et le travail de la commis-ionoffre des parties tout-à-fait nouveles.

1! faut compter en première ligne la division de l'enscignement médical en deux institutions distinctes ct séparées : les école: dites préparatoires et les Fa-

Ainsi le cumul des chaires rétribues est interdit, Le sort des À cultes, En créaot ces écoles préparatoires dans les villes de province qui

sent le plus de conditions favorables à leur enseignement par leur population , leur position géographique , leurs établissenens soentifiques , la commission à eu pour but érident d'utiliser les écoles dites secondaires existantes; et sous ce point de vue son projet mérite attention, car, cn fait d'organisation sdministrative, il est toujours plus sûr ct plus facile de se servir des élémens existans que d'en créer de nouveaux. Ces écoles, comme l'indique leur dénomination , Peuvent être considérées comme une espèce de noviciat où les facullés, les dispus.lions, l'aptitode des élèves seraient éprouvées. Nul ne pourrait être mlmis en effet à s'inscrire dans une Faculté, c'st-h-dire à continuer ses études et à suivre la profession médicale , qu'après avoir passé deux années dans l'école préparatoire, et subi un examen sur toutes les parlies de l'art qui y forment la matière de l'enseiguement. Cette combinaison est ane imitation de ce qui se pratique à l'école polylechnique , où les élèves ne sont reçus qu'après avair fait preuve d'une certaine capacité et d'une véritable vocation pour les sciences exactes; elle aurait le grand avantage de s'opposer à l'encombrement de la profession, de protéger bon nom-

de sa force, et qui se retrouve dass l'amour du pays natal, dans nostalgie, etc. ; ou 4 Le Sens de l'attachement , de l'amitié, ou l’affectionivité , dont le but serait le mariage, l'état social , l'esprt de patriotisme , ct qui, dans l'ancienne morale , avait son type dans l'amitié et dans tous les senlimens qui en sont des modes ou des résultats ; 5° L'Anstinct de la défense de soi-méme ; l'amour de la rire , des combats, le sens du courage, la combativité, dont le but est la conservation, la défense de l'individu, et qui était représenté , dans l'ancien domaine des passions , par la passion du courage, sous quelque nom qu’elle se présentät ; :

6° L'Instinct carnassier , le sens du meurtre , de la destruction , la destructivité, dont le but est bien véritablement la destruction , mais dont l'utilité pour l'espèce est sa nourriture et sa défense, et qui avait pour types anciennement conpus les impulsions aveugles aux grands crimes, Le meurtre, l'assassinat, l'incendie, qu'ils fussent provoqués ou non par les passions essentiellement destructives de la colère, de la vengeance, la haine , ou biea qu’ils fussent commis dans le but de s'approprier le bien d'autrui ; nr 7° L'Instinct de la ruse, l'amour du secret, la secrétivité, dont le nom indique assez le but , les moyens et les types que pouvaient Jui fourair, l'ancienne manière de voir, l'hypocrisie, Le mensonge, la fraude, elc. ; 8° L'Instinct de la propriété, du vol, le sens de la Convoitivité, faculté qui est ns des pivots de l'état social, et dont le “pe se trouve et se modife , suivant l'oncienne théorie des passions et la volonté , daos l'égoisme, dans l'amour de son propre avoir et la convoitise de celui des autres, dans l'avarice, la passion du jeu , etc, ; g° Le Sens de la construction ou des mécaniques, la constructivite, placée par S urzheim seul parmi les penchans ; dont le but est la conservation ou le mieux-être de l'espèce , à qui elle donne le moyen de se construire une habitation , de la oir d'instrumens et de meubles utiles ou agréables, et qui rallie à elle tout ce que, dans l'ancienne mamière de parler , on rapportait au génie de la mécanique , aux arts industriels, à la fabrication, etc.

IL. —— Jlne sera pas sans intérêt de uer l'arufice qui a présidé à la formation de ce premier genre des facultés affectives , les ans. Pour le composer, Gall a pris, soit chez les animaux , soit chez l'homme, des instincts, des sentimens tellement passionnés et irrésistibles, que , sous ce rapport, ce sont de vrais besoins, tels que l'amour physique et l'amour maternel (instinct de la propagation où amaüvité, amour de la progéniture ou philogéniture) ; ou il a pris des sentiens, des passions qui avaient depuis long-temps une place et un nom dans La psychologie, tels que l'amitié , le courage , l'avarice , la ruse (amitié ou‘affectionivité , rixe ou combativité , instinct de la propricté ou acquisivité, ruse ou sécrélivité) ; ou enfin il a pris certaines dispositions naturelles à commettre de grands crimes, comme le meurtre, le vol, l'incendie {penchant au vol ou acquisivité, meurtre ou destructivité). À ces matériaux Spurzheim à ajouté une vertu, l'amour de la patrie ou au moins du sol où l'on est né, et que l'on cultive (habitativité); et enfin le génie de l'architecture et de tous les arts mécaniques ( constructivité) , que Gall avait placé parmi les facultés intellectuelles, et dont lui-même, Spurzheim, à distrait quelques points de vue, pour en

bre de jeunes gens contre les illusions de leur famille ou contre leur , en Le éloignant , . il en est tem forces, el d'assurer à la es5100 :

ee Lun portit tous ses fruits, il fandrait que l'examen qui confère le droit d'admission aux Facultés fût très-sévère : tout dépend de là. La composition du jury d'examen était donc la question capitale. La commission propose de prendre les juges par la voie du sort , parmi les membres des colléges de médecins, colléges dot elle règle ailleurs la création. Si elle catend désigner le col médical de l'arrondissement où se trouve l'école préparatoire , il serait à craindre que les inflnences de localité et de parenté ne l'emportassent dans da plupart des cas; il vaudrait mieux recourir au collège d'un arrondissement voisin, CE qui n exigerait uo grami déplacemeut, et 9 rirait plus de garanties d impartialité rigoureuse. sévérité que nous demandons répugoerait d'autant moins aux juges qu'en l'exer- L ils ne s'exposent pas à détruire toute une existence, sentiment malurel qui, ns l lion actuelle, entraîne presque toujours les caaminateurs 8 des concessions fort excusables , mais dont les conséquences sant déplorables. L'élève rede cette carrière, avant qu'il y soit tout-à-fait engagé, ct dans un âge où ut encore en entreprendre une cg # avec . , D'a pas droit de se plainience des j n'a rien à se reprocher.

des esemble des modifications qu'elle apporte dans toute la commission a pie est la pus, à ve et La plus importante de son travail. En principe, elle nous sem Fan nés sr L flconde en heureux résullats; mais dans les détails de son jeation , ous trourérions peut-être matière à mg mere ÿ , Qui auront mieu leur place quand la discussion sera commencée, nous bornerons pour

membres utiles, Mais pour que

il pe dre,

Cette institulion , av0c l'économie de l'enseignement , el

la faire la faculté perceptive de l'étendue et celle du poids et de ln résis-

tance.

Toutes ces facultés instinctives de Gall et de Spurzheim se trouvaient donc déjà dans la psychologie, et s'y trouvaient bien étudiées dans jeurs hé ues et dans leurs résultats, sous le nom de besoins, d’instincts, e sentimens, de passions, de vertus, de vices, de crimes même, toutes impulsions naturelles, communes, dans leur essence au moins, aux animaux et à l'homme. Elles constituaient précisément les instincts et les passions les plus aveugles , les plus irrésistibles , les plus brutales , et ge cela mème les plus indispensables non-seulement à la propagation «l'espèce et à la conservation de ses produits, non-seulement à la formation et au maintien du mariage, de la famille, de la tribu, ces trois premiers degrés de l'état inévitable de l'homme, l'état social, mais encore à ‘a conservation de l'individu, considéré, si cela est possible, bors de l'état de société, et dans un isolement absolu. Privé de ces instincts, en effet , l'homme ne pourrait se conserver un instant, même comme individu : il y a plus, on ne le concevrait pas. Je laisse de côté l'amour physique et celui de la progéniture, qui font de lui un être sociable ; je laisse de côté encore le sens de l'attachement qui y est étroitement lié, et sans lequel on ne concevrait pas la société, une société dé gens qui, même sans se haïr , seraient tout-à-fait indifférens l'uo à l'autre, n'auraient oi l'esprit de nationalité qui nous fait référer au reste des hommes 30 ou 4o millions d'individus portant e même nom de peuple que nous; ni mème l'amour de l'humanité qui nous | à donver du secours à un homme, plutôt qu'à l'animal le plus doux. Mais, à part même ces trois penchans, conçoit-on un homme existant comme individu, dans l’état mêmele plus sauvage, sans l'instinct ui lui fait metire à mort des animaux plus faibles que lui, pour en Lire sa nourriture (sens du meurtre et du courage); sans celui qui le fait se défendre contre les animaux qui l'attaquent (sens du courage et du meurtre} ; sans celui qui lui fait employer la ruse quand il ne peut pas faire usage de la force (sens de la ruse) ; sans l'instinct qui lui fait s’aproprier le champ où il s’est établi, ie a cultivé le premier, et tous es objets pour l'acquisition desquels l'instinct de la destruction n'est pas nécessaire {sens de la propriété ou du vol); sans l'instinct enfin ui le fait s'abriter contre les ardeurs du soleil, contre la violence tempêtes, contre les surprises nocturnes des animaux féroces, ne fût-ce que par le plus misérable ajoupa des sauvages de la Nouvelle- Hollande , ou de ceux du détroit glacé de Magellan (sens de La construction ).

Aussi presque tous les sentimens , les passions qui représentaient, dans l'ancien langage , ces facultés primordiales instinctives, avaientils été considérés comme des sentimens ou des passions naturelles, et l'on avait positivement appelé de ce nom l'amitié, le courage, la ruse, la convoitise, L'avarice, bn ne l'avait pas dit aussi formellement pour l'instinct de la construction et l'instinct carnassier. Mais, dans les animaux, l'innéité , au moins , de ces deux instincts n'avait pas été mise en doute. Il y avait des familles d'animaux constructeurs , les abeilles , les fourmis , les castors ; tout un ordre de mamnulères, les carnassiers, était basé sur l'instinet de la destruction. Mais 1] s'agissait de montrer , ou plutôt de formuler, dans l’homme, l'existence de ces deux instincts, et c'est ce que Gall a tenté et accompli.

Le sens de La construction, qui consiste à se faire une habitation pour s'abriter centre le soleil , le vent, la pluie, la foudre, à la munir des

im 1 ke moment à sigaaler les nincipales dispositions qui concernent les écoles préencore, d'une carrière au-des- | paraloires , tant à l'égs

des maitres qu'à l'égard des élèves,

Les professeurs des écoles préparatoires seront où nombre de six su moins et de douze su plus. L'un d'eux aurait le titre et les fonctions de directeur, Ces pro- Écsseurs sraiunt assistés de six à doute démoustrateurs. Îls seront nommés par concours; mais Le rapport ne dit rien du jury qui les nomnnera, ce qui est une lacune, Is 0e recevront en dehors de leurs émulumens aucone rétnibution , ni poer les cours, ni pour les actes probatuires, Cetle disposition , étendue aussi aux professcurs de Facultés, constitue une révolution trop forte pour oblenir tous les suffroges, C'est une des mesures les plus décisives du projet.

Pour être admis à la scnlarilé dans les écoles préparatoires , il faut ètre reçu bachelier ès lettres. La dure de rigueur de la scolarité est de deux sonées ; les inscriptions devront être mensuelles, et non plus trimestrielles ; les ringt-quatre inscriptions aux écoles préparatoires comptéeront comme celles des Facultés,

Quant aux Facultés , la principale modification parte sur leur nombre , qui serait augmenté, Le projet en établit trois nouvelles, à Lyon, Bordeiux et Nantes, en tout six. Pas de changement notable , d'ailleurs, dses la distribution de l'ensignement.

Pour étre admis à une Faculté, 3! fant exhiher : la preuve de deux années d'études dans une école préparatoire, le certificat d'aptitude délivré par le jury spécial dont nous avons parlé, et le diplôme de bachelier és-sciences, La dorée de la scolarité dans les Facultés est de trois années qui, sjoutées aux deux années de l'école préparatoire, portent à cinq ans La durée totale des études médicales, Le comibre des inscriptions mensuelles exi est de soixante, satoir, vingt-quatre poar Les écoles préparatoires et trente-six pour les Faculiés,

meubles nécessaires aux premiers besoins de la vie, à se fabriquer des instrumens pour l'attaque des animaux où pour se défendre contre eux, ou contre les autres hommes ; ce sens, par la nature toute matérielle de son organe , la main, par celle de ses motifs extérieurs d'action et de ses résultats, se prétait merveilleusement à une analyse superficielle et incomplète. On pouvait ne pas aller plus loin que son instrument et que ses causes d'entrée en exercice, et ny voir qu'une aptitude maouelle , provoquée par l'action des objets extérieurs ; et c'est ce qui ne manqua pas d'arriver. Mais les mêmes raisons qui avaient fait regarder les autres instincts comme des facultés innces, se réunissaient encore pour prouver que, dans celui de la construction, Li main n'est que l'instrument d'une aptitude encéphalique , et les impressions venues du dehors que des occasions d'action de ce sens ; et la psychologie comparée venait au secours des raisons que pour l'homme, on tirait de l'inégalité d'aptitude à construire , dans le cas d'organes en apparence également parfaits. Aussi ne nia-t-on point que le talent de construire et de fabriquer ne fût dû à uve aptitude innée , ou plutôt, l'installation de ce penchant s de même pour l'instinct carnassier ,

passa inaperçuc.

Mais il n'en fut ur le sens du meurtre ou de La destruction. Cefut presque un concert ke malédietions contre le philosophe qui avait osé proposer l'admission d’une pareille faculté dans la psychologie. dsl l'homme aux animaux earnassiers , au loup-cervier , au tigre, à l’hyènc, en faire un meurtrier, un incesdiaire ! il y avait là presque de l'immoralité, Et les oppasans qui tenaient un pareil langage, oubliant les déclarations paradoxales de Pythagore et de Rousseau, dévoraient, dans de longs festins, des viandes toutes saignantes ; et au sortir de là, ils couratent se livrer au plaisir si entrainant et si vrai de dépeupler ct d’ensanglanter les forèts ; s'ils ne pouvaient plus applaudir aux jeux du cirque, aux luttes à mort des gladiateurs, voir les premiers chrétiens se débaitre sous la dent des lions et des panthères, 1ls se préssaient aux combats de taureaux en Espagne , où s'entr'egorgent des animaux et des hommes : ils immolaient, dans des duels À cg a amis du matin; ils plaçaient la plus grande gloire que l'homme puisse acquérir, dans l'art de conduire à la boucherie 2 armées , des peuples; ils écrivaient, en lettres de sang , dans leurs Codes , que la mort seule peut prémunir là société contre ces assassins incorrigibles, pour lesquels le meurtre est un plaisir et La ire une nécessité... C'était une honte que tant d'inconséquence, Ïl fallut bien avouer qu'on n'y avait pas vu clair, L'instinct pe , et il fut bien constaté que, pour la conservation de l'esptce et celle de l'individu, ce n’est pas assez de la mort naturelle , et que la mort violente est aussi une institution de la nature.

Gall avait dit que l'organe de l'orgueil n'est autre chose que celui je fait que certains animaux établissent leur séjour constant sur les

uteurs. Cette idée , d'une simplicité un peu naïve , ct qui, dans tous les cas, ne pouvait pas dire pourquoi la majenre

c pes des animaux habite les plaines et les mers, fut modifiée, où p

utôt complétement

changée par Spurzheim, et il institua un sens de l'habitativité dont lala systématisation des cause finale serait de rendre toutes les partics de la terre habitées, et\\la nature, mais dans

fausse ; il n'est pas besoin d'un instinet de l'habitativité. Parmi nos besoins physiques, facultés non intellectuelles, forces viscérales de la moelle allongée et de Ia muelle épinière , parmi ces besoins ou leurs différens modes, se trouve celui de respirer l'air de telle façon , dans l'eau où dans l'air, et dans des régions diversement élevées de l'atmosphère; celui de vivre de tel où tel aliment qui ne vient qu'en tel ou tel lieu du globe; celui de se mouvoir de telle on telle façon, d'abord dans un but relatif à l'alimentation ou à la respuration, ensuite dans le but seul de se mouvoir; d’autres besoins que je n'enumère pas, el qui sont en harmonie avec les diverses régions habitables continens et des mers. Que l'on admette, avec M, de Lamarck , que l'habitation ait pu anciennement produire les Lesoins, ou bien, avec Gall, que Les besoins aient primitivement déter. ininé l'habitation, ou mieux, que ces deux choses aient toujours mar. ché parallélement , et dans une sorte d'harmonie préetablie , toujours est-l que, dans l'état actuel de la nature, ce sont les besoins qui ag. cessitent le lieu et le geure d'habitation , et, bien que l'homme sont 00smopolite, comme il est polyphage, ce n'est qu'avec le leinps que ses besoins, aussi bien que ses sœurs et ses institutions , se modifient par le clinat , ainsi que le prouve amplement l'histoire des races et celle de leurs migrations.

Eh bien! les animaux et l'homme ont et doivent avoir la faculté de s'attacher aux lieux, aux objets de toute nalure avec lesquels les be. soins de leur organisation les obligent d'avoir des rapports constans et habituels, et cet attachement , cette habitude n'est autre chose que le plaisir a vivre, à étendre la sphère de son existence, à s'identifier, par ses sensations et sa pensée, au plus grand nombre d'objets possihle, Cette faculté , appliquée aux lieux où l'on vit, est l'habitativite , l'armour du sol natal, de la patrie. Prise dans son acception La plus restreinte , et appliquée à certaines personnes, c'est l'amitié, qui est rarement aussi sympathique qu'on à bien voulu le dire, et qui se trompe souvent dans ses sympathies, mais qui s’augmente par le temps, par une habitude qui du des premières années de la vie , souvent même quand la maniere de sentir et la portée d'esprit des amis sont loin d'étre les mêmes. Cette faculté d'aimer, appliquée enfin à toutes les personnes , ou à tous les êtres qui ont vie , est la bienveillance , qui n'est latasi que l'attachement porté à un degré très-général, ct ne tenant pas compte des motifs de preférence ou d'habitude, qui déterminent un |choix dans l'espèce d'attachement qu'on nomme amitié, Il n'y a donc |pas , comme je le disais, à admettre avec Spurzheim un sens particuier de l'habitativité. Cet instinet rentre dans le sens général de l'attachement où de l'habitude, qui comprend aussi le penchant à l'amitié et le sentiment de la bienveillance; mais qu’on peut toutefois laisser parmi les penchans, puisqu'il donne à certains animaux, comme à

il'homme , les éléimens de leur sociabilité, c’est-à-dire encore des

‘moyens immédiats de conservatica de l'espèce et de l'individu.

Îl résulte de tout ce que je viens de dire que tous les matériaux de rar de Gall existaient non-seulement dans a science psychologique , souvent mêine la plus

qui ferait vivre le poisson dans l’eau, l'oiseau dans l'air , telle ou telle l'usuelle. Mais ils y étaient épars, dissémines; ils ne faisaient point partie espèce mammifére dans tel on tel lieu du globe, et l'homme dans tous ! du mème ordre de faits ou de principes. Ils n'étaient point rangés sous

les climats ; tantôt nomade, quand chez lui ce sens serait loppé; tantôt agriculteur, quand c'est le cogtraire qui aurait

Ja même dénomination ou sous des dénominations parallèles ,

4 déve-' i science pourtant où les mots sont la moitié des choses. Par exemple,

en. | L'idée de Gall était mal élaborée. Celle de Spurzheim me semble!

us une

l'amour proprement dit, et celui des enfans, considérés surtout chez

La forme des exzment réçait quatre premiers seront souteuns devant un jury composé de trois membres de la Faculté; les quatre derniers devant on jury Ar composé de cinq membres élus par Le scrutin dans le sein des colléses de médecine, Ce dernier article ne nous parait pas admissible, 1 serait fort impradent de s'en rapporter su sort pour

le chaix de ces examinaleurs. qui auront à interroger les élèves sur Les sujets hs!

reg difficiles et les plus élevés de la science, L'exemple de ce qui se passe tous 5 jours à l'Académie de méderine , où sur quatre exsminateurs désignés par le sort, il yen a deux souvent qui se récusent, aurait dù faire voir l'insusance de ce moyen ; ct notons encore que ce Choix ne se fait là que sur des hommes déjà choisis; que serait-ce donc si on opérait sor La mua:se eutière des praticicos d'un département ?

Les ofliciers de ssnté qui veulent étre docteurs, et les médecins étrangers qui veulent s'établir en France, ne sont tenus qu'à ces quatre derniers examens.

Tels sont les principaux articles relatifs à l'enscignemeot de la médecine,

Quant à l'exercice de l'art, Les deux plus importantes dispositions du projet sont la soppressiondes offcicesde santé ct l'établissement descolléges de médecine.

Les colieges de médecine, comme les entend la commission, ont beaucoup d'analogie avec les consils médiraux proposés par l'Académie de médecine, 1ls ont des attributions scientifiques ,admun:sratives et discipliuaires,

Chaque arrondissement municipal de La France aura un coliége de médecine composé de tous les docteurs, reçus dans ane Facnlié du royaume, exerçant dans l'arrondissement. Le titre de docteur donne entrée dé droit au coilége médical. Toutefois, on ne «ra inserit définitivement sur Le tableau des membres qu'après avoir prêté le serment d'observer fidèlement les préceptes de conduite dont le projet donne La formule ; «t que nous verrous ci-après, On sera exclu par suite de

cliques modifications. 1 y ea aura huit; les!

coudsmoations à des peines iafamantes encourues pour toute autre cause que des motifs politiques. On pourra en étre exclu, soit temporairement , soit délinitivement, pour des contrareations à La morale &t à la digaité médicales, telles que les definit le projet , et par mesure disciplinaire,

Les membres des collèges sont seuls appelés et seuls aptes à tous les titres, fanctions, places, commissions, soit qu'ils dépendent de l'autorité où de l'élection. Les membres des rolléges n'étant, en définitive , que l'universalité des docteurs, ect article ne confére sucua privilége.

Le collége exerce ses attributions scientifiques et administratives par deux commissions de neuf membres chaque, annuellement renouvelées, Les résultats du teavaildelacommission scientifique sont transmis au gouvernement par l'intermédiare des préfets. 1] s'agit probablement de recherches statistiqnes,

La commission sdeninistrative est chargée de surveiller Pexecution des lois et réghemens relatifs à l'exercice de la médecine; elle recueille Lous les documens nécessaires à la ponesuite des infractions à ces fois . ct rédige un procès-verbal qui est adressé au procureur du roi du ressort, Cette manière de procéder est très-préférahle 3 celle qu'avait proposée l'Académie de médecine. Ici le college ne fait que constater les contesventions et envover les pièces à l'appui à lautorité ; la poursuite ne le regarde pas et ne doi jsxs Le regarder. 11 lui suflit d'avertir l'autorité, À ces condilions, éctie atiributios judiciaire est acceptable.

Le pouvoir disciplinaire da collége sur ses membres est bien moins compliqué que cebui du projet de l'Académie, lequel était presque ridicule et inadnwissible. I se réduit d'abord à des démarches de conciliation entre médecins, et entre méde cinset malades; ensuite au droit de priver un mrimbre du droit d'électorat où d'eligitélité (on né dit pas de quel électorat on de quelle éligibilité } pendant nn temps déterminé, pour iofraction aux réglemens de moralité médicale ; et méme

PP

les femelles, les mères, avaient été comme dédoublés; leur partie

tout-à-fait physique faisait partie des fonctions génératrices, sous le nom de coït , de fécondation , de gestation, d'accouchement , de lactation. Leur partie intellectuelle rentrait dans les sentimens et dans les Sp sous le nom d'amour proprement dit et d'amour maternel.

était aux passions encore, c'esta-dire à la morale, à la volonté , qu'appartenaient l’amitié, le courage , l'avarice. Quant à l'instinet du meurtre où de la destruction, à celui de la propriété ou du vol , bien qu'ils ne fussent représentés dans la science ou dans le langage usuel Par aucun nom spécifique, ils trouvaient des types nombreux dans la psychologie hors ligne des animaux et des malfaiteurs.

Mais il s'agissait de ne pas s'arrêter aux noms ; il fallait, dans toutes ces formes, dans tons ces points de vue psychologiques, remonter aussi haut que cela est possible , suivant le principe qui à présidé à l’institution de la phrénologie ; il fallait diviser autant que la nature paraitrait l'avoir fait elle-même , et établir des forces ou des facultés d'où découlassent, tout expliqués , les divers faits affectifs qui composent le domaine des instincts ou des penchans communs aux animaux et à l'homme: instincts ou penchans qui, chez ce dernier, sont nécessaires à sa conservation comme individu et comme espèce, dans son état même le plus simple , et si l'on peut ainsi dire, Le plus primitif, dans un état qui n'est point contre nature, parce qu'il est encore un état social, l'état de sauvagerie, Or, tout ce que j'ai dit précédemment me semble prouver que c’est là ce que Gall a fait , et qu'il l'a fait avec autant d'exactitude et de vérité qu'il est possible d'en donner à une systématisation psychope Le premier genre des facultés affectives, le genre des penchans tel que l'a établi la phrénologie, pourra done sembler fondé dans la nature, si l'on en bagoit, comme je l'ai fait, le sens de l'Aubitativité qu'y avait introduit Spurzheim ; et il comprend tous les instincts que nous

pouvons concevoir comme indispensables à la propagation de l'espèce:

et à sa conservalion.

L'amour physique fait l'espèce.

L'amour des enfans, en la protégeant, commence à la conserver.

L'instinet du eourage et celui de la destruction fournissent à la défense et à l'alimentation de l'individu.

Celui de la propriété pourvoit encore à son alimentation, et en outre, à tous les autres besoins qui tiennent plus immédiatement à sa conservation dans l'avenir.

Celui de la ruse, qui a le même but que les trois précédens, s'y adjuint ou les supplée.

Celui de la construction donne à l'homme un abri, des ustensiles , des meubles, et les instrumens nécessaires à son alimentation et à sa défense.

Celui, enfin, de l'attachement ou de l'habitude lui fait habiter, avec bonheur , les lieux , même en apparence les moins faits pour procurer cette sensation , et, en Lui danmant les clémens indispensables de sa soctabilité, l'amitié et la bienveillance , il lui fournit de nouveaux et puissans moyens de conservation individuelle.

Toutefois, il importe de le remarquer encore, celte systématisation des instincts de conservation, communs aux animaux et à l'homme, repose , entrès-grande partie, comme tous les systèmes de ce genre. sur un artifice de langage, qui pourrait être différent, sans rien perdre de sa vérité; mais ce serait toujours à deux conditions. D'une part, de représenter tous les actes, soit intellectuels, soit physiques, qu'exécu-

tent les animaux et l'homme, dans le but immédiat de leur conservation et de leur propagation; d'antre part , de rappeler que l'intensité de ces actes est souvent dans une proportion inverse à celle de l'intensité d'action des objets extérieurs sur les sens , ou, en d'autres termes, qu'ils sont dus à une action surtout spontanée de l'encépbale, S'il en est aiosi, on comprendra quelle témérité il y aurait à vouloir assigner, dans cet organe, des organes spéciaux à des facultés peut-être purement notminales. Une localisation pareille n’est pas nécessaire en principe, ct l’on a eu essentiellement tort d’arguer, à cet égard , de ce qui a lieu dans l'ordre physique des actes de Forganisme, à ce qui peut étre dans leur ordre bi pr Jose Ce serait à l'observation seule à décider , et , à coup sûr, elle est encore loin de l'avoir fait ; c'le est loin surtout d’avoir apporté , dans l'examen de ces matières scabreuses, où le ridicule touche de près à la vérité, cette sévérité et cette réserve qui ne permettent pas à la plaisanterie de prendre, dans la polémique , la ds des raisons et des faits.

CHIRURGIE PRATIQUE

REMARQUES NOUVELLES SUR LES PESSAIRES EN CAOUTcuouc et sur les plaques faites de la méme substance, au garantir certaines cicatrices ; par le docteur

OGNETTA.

Je vois avec satisfaction que , depuis là publication de mon travail sur les pessaires en caoutchouc {1}, la fabrication et l'emploi de ces instrumens se répandent de plus en plus , tant en France qu'à l'étranger. Deux mécaniciens de Paris, qui construisaient autrefois sous ma direction des pessaires en résine naturelle , reçoivent maintenant pour leur propre compte des commandes pour les provinces ; et je lis aussi avec plaisir, dans un journal italien (2), que M. Longo vient de présenter à sites médico-chieurgicale de Naples des échantillons de pessaires en caoutchouc qu'il venait de construire d'après mon procédé, Ce n'est maintenant que pour faire connaître les modilications importantes que je viens de faire subir à mes pessaires, ct le nouvel emploi que je viens de faire de la résine du Brésil pour garantir certaines lésions chirurgicales, que je m’empresse de publier ceite note,

Deux reproches avaient été faits à mes pessaires cylindriques : le premier était d'être un peu trop compliqués , à canse des trois lisières que je leur avais associées pour les soutenir ; le second était de maintenir toujours dilaté le canal vulvo-utérin. Je dois avouer ici avec vérité que j'ai noté moi-même ces deux inconvéniens dans la pratique ; aussi me suis-je hâté d'y remédier. Je décrirai d'abord un pessaire de forme nouvelle que je vieas de construire et d'employer avec succès, el qui ne me parait avoir ancun des inconvénicns qu'on reprochait aux premiers. Ce pessaire, qui est aussi en caoutchouc pur , sans tissu intérieur hi suture, je l'appelle infundibuliforme, parce qu'il représente en effet une

{4} Y. Considérations sur de cystocile vagiral, ete. Broch, in 4°, 100 pag. Chez Deville-Cavallin, braice, ruc de l'Ecole-de Médecine.

(2) 11 Filiatre Seberio, mars 1834, p.468,

EEE

la radiation du tibleau des m mbres du collège. Cette dernitre puoition avrait d'assez graves conséqu nées , si l'on considère que les membres des collèges sont seuts admissibles à Loatesivs fonctions médicales sans execption.

Nous arrivons enfin au titre de la moralité de la medecine, sujet épiucux , lert tague, et sur lequel la commission n'est pas parvenue à rien établir de hien sol. de, ni même de spécieux. Les 18 articles dans lesquels elle a cru pouvoir résumer toutes les obligations morales de la profession, les devoirs des médecins eotre eux et envers la société, sont sans doute de très-belles sentenoes dignes d'être inserites en lettres d'or dans Li chembre de charun de nous; mais elle à eu tort de croire qu'on pouvait donner à ces apophtegmes le caractère des formules imyéraüves et légales d'un code pénal, Cependant , come ls morale ne ssurat jamais nuire en rien, 3 n'y aurait pas grand inconvémient à lisser sû projit cel innocent appeudice, s'il n'était présenté que corume un développement du serment d'Hippocrate, et sons la forme d'une admonition, Mais du moment où ou l'accompagne de menaces en cas d'infeactions , il peut devenir dangereux , car au moyen d'ur texte si large et si stoïque, qui fait une obligation des sacrifices et du dévouearent, il n'y à pas de médecin qui pe füt chaque jour sous le coup d'une condamnation, 1 fut éviter de donner carrière à ces exomens publics de conscience et aux inter prétations des casuistes ; par une énuméealion de devoirs telle que nul ne pourrait se dire assez vertueux pour n'y pos manquer une (uis sur trois, Eo pareille matière, il est très-difbeile de deGar, de tracer une ligne tant soit peu Lu BE ble entre le bien et le mal ; et s1 où veut à toute force établir ls confession dans le corps médical, il fant supprimer tous les commandemens et laisser be tout dans un vague talataire, Les gros péchés bien apparens et bien saisissables se feront tiers assez voir, et ce sont Les seuls qu'il importe de rechercher. Quant aux présadilles, 1 faut y passer L'éjonge, parre que nol o'ep est esempt ; 18 y amrait

du péril à fire des réglemens là-dessus, De toutes les portiés du projet, colles sera sans doute Lx moins spprourée, Four protéger la dignité de la profestion , il faut des mosens plus récls que ces inventions, Assurezvous d'abord des avenues de la carritre, et ne laissez entrer que les snjvts dignes ; mettez cnsgite en présrine otts les medecias par des occupalions communes, ot dtablisses cotre eux des lens sociaux plus Gtroits, et Là solidarité s'établiers d'elle-nime ; li nécessité de bien vivre, la notion des devoirs, s'implanteront d'elles mènves dans L'esprit de tous. Notre maladie n'a besoin que d'un régime,

Nous avons dis quelques dispositions du projet, mais nous avons cité les plus importantes, et parmi celles-ci, Finstitation des écoles proparato res nous semble devoir attirer surtout l'attention. .

Ce projet sera le troisème que rec era la commission du gouvernement, entre les mains de laquelle reposent en dernier résultat Les distiniés de la médecine ct de notre profession. Les ilées et les lumières ac lui atsnqueront pas: Dieu veuille dut insqérer la bonne volunté!

— Notre confrère et ami, M. Revcillé Parise, vient de publier sn ouvrage suquel il travaillait depuis quinte aus, ct qui était impaticmmens attenlu de tous ceux qui apprécient ba science, Téemlition ct le tal, nt d'écrivain de votre ancisn collaborateur. Cet anvroge, ause niile aux médicius qu'aux gens de lettees, est intitulé : Physiologie et hygiène des homme, livrés aux travanx de l'esprit, ou Recherches sur le physique et Le moral, les habitudes, les maladies et Le régune des gens de Dttves ,artistét , savens, hommes d'état, jn:ésconsultes, admunistrateurs, ele; par 4H. Nevsieré-Panse, Nous en rendrons compte

teës-prochaineme nt.

sorte d'entonnoir. Cette seule dénomination me dispense, je crois , de la

nécessité de donner ici une description très-détaillée de ect instrument , pour Île faire bien comprendre, Je dirai seulement qu'à force d'expérimenter continuellement les propriétés physiques de la résine brésilienne, je suis parvenu à donner à ces nouveaux pessaires toute la mollesse, l'élasticité, le poli et la durabilité désirables. Les faits authentiques que je rapporterai plus bas, mettront ceci hors de contestation.

Lorsque j'ai à traiter un simple prolapsus de la matrice, je ne me sers plus maintenant du pessaire cylindrique, ainsi que je le faisais auf trefois : j'emploie en place un pessaire infundibuliforme qui me réussit constamment. Lepessaireinfundibuliforme est construit de manière qu'une fois placé dans le fond du +agin, les parois de ce conduit s'affaissent audessous du certle supérieur de l’entonnoir élastique , y forment une espèce de bourrelet, et l'instrument reste seul en position, sans lisière ni autre appareil. J'ajouterai que la queue de ce pessaire , qui arrive jusqu'à la vulre , et qui est grosse comme un petit doigt, étant frèsclastique, je la replie en dedans du vagin, derrière la fourchette de la femme, Elle fait la l'office d'un ressort, agissant incessamment de bas en haut, et s’opposant à la descente et au déplacement du pessaire. Je dois à M. le professeur Dupuytren l'idée de remplir de la sorte la partie inférieure de l'instrument. Mais, avant de nous livrer à d'autres considérations , voyons si l'expérience est d'accord avec les propositions que nous venons d'avancer.

Ons.1. M. le docteur Evrat, jeune, m'a adecssé, 11 y à quelques mois, une de es clientes, atteinte de descente de matrice , pour fui poser un de mes pessaires. de me suis servi d'an prssuire infundibuliforme, Cet instrument , sans avoir aucune ment géné la femme, a si bien réussi, qu'aujourd'hui, septième mois après l'usage constant du pessire , elle se trouve complétement guéric de son mal ; je dis com plétement guéris, car la malade peut à présent rester des journées entières sans porter de pessaire , et la matrice ne descend plus à la valve; les douleurs aux rujns et aux ain: s qu'elle éprouvait auparavant , sont eptièrement disparues, Toutefois , cette dame n'a pasencore définitivement renoncé à l'usage du pescaire ; lorsqu'elle a de grandes courses à aire, soit à pied, saut en voiture, elle à lat teution de remettre son pessaire. La femme dte et remet elle-même, sans avcune gêne, son instrument; cle en a deux, qu'elle chsage et lave routes Les semaines clans de l'esu feaiche un peu savonneuse,

Deux circonstances rendent cette observation remarquable , ainsivque M. Évrat a pu s'en assurer lui-même : 1° la guérisun radicale de la descente de la matrice par l'usage constant d'un pessaire; 2° l'inaltérabilité de l'instrument après sept mois d'usage.

Ons. 11, — Une dame de Strasbourg s'est rendu exprès à Paris, i] y a quelques mois, pour £ faire {raiter d'une descente complète de l'utérus avec renversement du vagio. Tous les pessaires plats ordinvires avaient échoué see cite malade; l'instrument tombait aux premicrs pos qu'elle Lisait pour marcher, et les vis cères se précipilaient sor-le-champ hors de la vulre, Je Toi ai appliqué wn de mes

ires infumtibuliformes , et les ueganes wat été solulenent retenus en beur

lace naturelle. Cette dame n'écrit maitenaut qu'elle se trouve très-bien, et que

chute de La matrice ne s'est plus reproduite depuis qu'elle fait usage de ct ins-

trument. Elle dte elle-même son pessaire tous les huil jours pour le laver et le hisser reposer, elle le remplace jrer un sutre pareil dont elle s'était munie,

Os, HI, — 1 y à res jours encore , M. Bérard jeune m'a prié d'appliquer un pessaire infumlibulifurme à une de ses malades à l'hôpital Saint-Antoine, re que j'ai Éait en sa présence et en celle de plusivurs de ses éléves. Cette à pplication m'a laissé rien déainer ; ét jr ne doute poiut que, dans quelques mois dei , celle malade ne se trouve radicalement guérie de sa descenteuté ine si elle a soin de tenir loujours en place son pessaire, et de l'alterner toux les huit à dix jours avec où autre pareil, pour l'avoir toujours propre.

Je pourrais rapporter ici plusieurs autres faits pareils aux précédens pour prouver l'e ( cacité et la bonté du nouveau pessaire que je présente aujourd'hui ; mais ceci n'ajouterait jras beaucoup aux assertions que je viens d'émettre, Bornons-nous plutôt à d'autres considérations sur le mème sujet. ,

Ceux qui ont appliqué ou vu ap, liquer des pessaires ordinaires pour

des descentes de matrice, ont pu remarquer quels efforts il faut de ba part du chirurgien et quelles douleurs la femme éprouve durant cette introduction L'urenet; soit qu'il soit plat, en tissu vernissé, soit qu'il soit en bilboquet et en ivaire, Ccci tient : 1° au rc d'élasticité de ces pessaires ; 2° au volume trop grand qu'il faut leur donner pour qu'ils puissent rester dans Le fond du vagin. Ainsi que je le disais autrefois , pour pouvoir rester quelque temps en place, les pessaires ordinaires doivent entrer aussi serrémeut dans le fond du vagin qu'une pièce de monnaie qu'on ferait entrer par force à plat dans une bourse étroite. De la les vaginités et les autres inconvéniens que j'ai déja signalés ailleurs. Ajoutez à cela que le pessaire ordinaire n'étant Le pos que d'étoffe vernissée d'huile de lin, se pourrit eo peu de temps dans le vagin et devient la source d'autres accideus, C'est par les proprictés contraires que les pessaires en caoutchouc sont Supcricurs à ceux que je viens de nommer.

La grande élasticité dont jouit la résine brasilienne me permet de presser mon pessaire entre trois doigts avant de l'introduire ; j'en diminue aiosi considérablement Le volume et l'introduis dons le vagin de

la femme sans que celle-ci éprouve la moindre douleur; certaines fera -

mes même ne s'aperçuivent qu'a peine de cette manœuvre, Je läche alors la pression, et le cercle de l'entonnoir se déploie par son élastioité naturelle ; le pessaire reste en place, à peu près comme un obturateur du palais est reteou par ses ressorts, qui appuient sur la face interne des os de la voûte palatine.

Je n'ai pas pour cela complétement renoncé à l'usage de mon ancien pessaire cylindrique. J'y ai seulement apporté des modifications et res. treint s00 emploi dans des lattes moins étendues; c'est ce que je vais faire connaître.

Le pessaire cylindrique en caoutchonc n'avait été inventé qne pour contenir là vessie urinaire dans le bassin de la femme lorsqu'elle ferait hernie dans le vagin. Ce but ne peut être encore atteint d'une manière satisfaisante que par cet iostrument. Aussi continué-je à m'en servir dans les cas de cette nature. Mais comme les trois lisières que j'avais jointes à ce pessaire ont paru à quelques praticiens compliqner l'apparail, je les ai supprimées entièrement et Jaissé le cylindre tout simple, Ce cylindre, dont j'ai beaucoup perfectionné maintenant la confection mécanique , est posé dans le canal vulvo-ntérin sans autre appareil , et il soutient la vessie de la manière que j'ai dejà expliquée ailleurs. Je ferai seulement remarquer que, lorsqu'il s'agit d'une femme dont tonte la cloison charaue du détroit inférieur du bassin se tronve dans un état de relâchement extrême; que le vagim , la matrice , la vessie et Je rertum sont dans le prolapsus, ainsi que j'en ai vu des exemples, les lisières que j'avais associées à mon pessaire deviennent indispensahles, Sans cela, rien ne tient dans le vagin, les appareils contentifs les mieux imaginés tomberont aux premiers pas que la femme fera pour marcher, ou bien aux premiers efforts pour vider son rectum ou sa vessie, Les lisières sont donc dans ce cas non-seulement indispen ables pour retenir l'instrument en place, mais aussi clles donnent un point d'appai à toutes les parois presque flottantes du périnée. Je vais en citer un exemple.

Ons. IV. — Dans l'été dernier, une femme, couchée à l'Hôtel-Dien , salle Saint-Jean, présentait l'espèce de relâchement de toute La paroi sacro-puluenne dont je vins dé parber ; la matrice, le vagin et la vessie farnisient une masse effravante à voir entre les cuisses, L'écoulemenut abondant et les douleurs que la malade éprouait avaient épuisé ses forces: elle était devenue très maigre et ne pourait presque plos marcher depuis quelqu: temps, Les tentatices, faites en ville, pour soutenir dans la rédnclion ces organes , avaient été infructueuses , car le manque de fourcheite et la relaxation 1rès-considérsble de tontes les parties molles ne faisaient prise à aucune espèce de pessaire ordivaire, M. Dupuytren à cu L bonté de m'inviter à essayer mon pessaire eylindriqme snr cette femme, ce que j'ai fait sous ses veux , et avec succis. Quelques jours après l'usage de ce pessaire, la fceven à pu se promener dans les salles, sans souffrir aucunesnent et sans que les organvs se déplaçassent de nouvess, Cette malade à dit à M. Dupnstren, que fes livières de l'instrument ne linconntoduient nullement en marchant ; elle à ajouté même que des cutirraies fui soutenient controdlément la partie in

édenre du ventre. Quelque temps aprés & sortie de hôpital, j'ai revu cette femme, elle se trouvait parfaitement ben de l'usage du pessaire ; les organes genito-nrinaires n'avaient plus reparu au-dehors, elle avait pris de l'embonpoint , de la force et aidait son wari à trainer une charrelte de fruits dans les rives, Je lui ai fourni, gratis, un second pessaire pareil au précédent, et je ne l'ai plus revuc depuis.

Tout en reconnaissant les avantages que les trois lisières vissees pou vaient offrir dans quelques circonstances très-graves, quelques praticiens leur ont reproche l'inconvénient d’être toujours munillées près de la valve lorsque la femme avait nn écoulement abondant par le vagin, ce qui pouvait ron-seulement incommoder, mais même excorier les grandes lèvres et les aives. Gela vst vraï:ect incunvénient est réel. Anssi me suis-je empressé à le faire disparaitre, ex doublant les lisieres d'une chemise de taffetas vernissé. On sait que ce tissu, dont certaines nourrices se servent pour tabliers , est très-propre à garantir une &ofe quelconque de l'humidité extérieure, sans presque rien ajouter à l'épaisseur ni ai poids de l'étoffe même. Aussi cette substance remplit. elle parfaitement le but de son application dans le cas des pessaires dont nous venons de parler, Pour tenir tonjours propres les lisières en question, il faut que la femme qui en fait nsage en ait plusieurs paires à sa disposition, qu'elle change et lave elle-même tous les jours; elle renouvellera aussi de temps en temps la doublure de taffetas , et le tout pourra ainsi aller jusqu'a guérison, si guérison complète il peut ÿ avoir dans certains cas de ce genre.

Je me résumerai donc sur ce sujet en disant : 1° que dans les cas de. descente simple de la matrice, les nouveaux pessahes infandibuliformes en caoutchouc remplissent mieux que tous les autres les indications que le ml présente ; 29 que pour le cystocèle vaginal simple , le pes-

saire cylindrique sans lisière peut suflire dans le plus grand nombre des cas; 3° enfin, qu'en cas de relâchement considerable des organes contenus dans le petit bassin de la femme et de la cloison périnéale, des lisières sont indispensables pour soutenir un pessaire, à moins que quelque mécanisme plus convenable ne soit iuveuté pour cet objet.

J'arrive maintenant aux plaques en caoutchouc , dont je veux parler comme d'un objet chirurgical très-propre pour garantir certaines cicatrices, ou certaines lésions organiques, de l'inpression des corps extérieurs,

Tout le moude sait que les pertes de substance de la boîte crânienne ne sont pas remplacées par une reprodactiun osseuse, Après l'opération du trépan céphalique, après l'ablation d'une partie plus ou moins large des os du crâne , soit par blessure, soit pur nécrose, soit par érosion , il ne se forme à la place de la perforation qu'une cicatrice particulière , non usseuse , qui reste dans cet état pendant toute la vie de l'individu, L'étude de ces sortes de cicatrices à dernièrement fourni matière à M. le baron Larrey d’un savant mémuire qu'il vient de lire à l'Académie des sciences. Ces cicatrices, si elles sunt laissées à découvert, devienneot très-iucommodes aux individus qui les portent; l'inpression de l'air, du froid, du bruit des voitures, des cloches, etc., les incommodent singulièrement , sans compter le danger auquel ils seraient ex posés de voir leur cicatrice se rompre par l'action de quelque corps extéricur, Aussi À, Paré conseillait-il à ces blessés l'usage d’une calotte en cuir bouilli. M. Larrey à observé avec raison que ces sortes de calottes n'étaient pas sans inconvénient; aussi les a-t-il remplacées par des plaques en or ou en argent, On peut voir à l'hôtel des lanvalides plusieurs de ces braves vétérans, blessés à la tête, porter de ces plaques en or sur leurs cicatrices cräniennes. GC: sout des espèces de soucoupes, larges comme la peaume de la main ou davantage, soutenues par trois tiges métalliques de plusieurs pouces de long, qui pren-

nent leur point d'appui sur le diamètre biparietal de la tête et à l'occt- |

put. | Ces plaques métalliques me paraissent présenter plusieurs inconvéniens + 1° leur contact immédiat sur une tête chauve duit être fort in-

commode en hiver , surtont dans Les climats très-froids ; 2° leur prix élevé ne permet pas à tous les blessés d'avoir des plaques pareill s, en or ou en argent; 3° les persunnes qui en font usage sobt se. 1 d'êter leur plaque la nuit en se couchant , car les tiges sur lesquelles la tête appute deviendraient fort douloureuses. Ajoutez à cela que la cupudité où le besoin pourrait peut-être tenter quelques individns à se défaire de leur plaque en or, et laisser ainsi leur cicatrice exposée aux inconvénièns que nous venons d'indiquer.

Aussi ai-je proposé à M. le baron Larrey de lui faire des calattes en caoutchouc, pour remplacer les rte métalliques dont un faisait usa. e. Ce praucien a eu la comp aisance d'accepter ma proposition. J'ai . re pris le modèle en papier sur une de ces plaques qu'un invalide portait sur la région frontale, J'en ai construil une pareille en caoutchouc ; je me suis pour cela servi de la résine noire per ce qu'elle est plus douce que la gomme nacree. J'ai pratiqué deux fentes sur les parties latérales de la plaque, j'ai passé une aune de ruban voir assez furt par ces fentes, pour l'attacher autour de la tête ; les deux chefs du ruban ont été passés de dehors en dedans, dans les fentes, un de chaque côté, de manière que son milieu répondit à la parue centrale externe de la plaque; de la sorte la calutte se trouve bordée extérieurement par le ruban qui passe par dessus , et qui l'assure solidement en place. On attache le ruban soit à l'ucciput, soit au front, soit sous le menton, suivant la position de la cicatrice.

Cette première calotte à jar conséquent té essayée sur le mème militaire dont je viens de parler ; elle nous a pari remplir le but de son application ; seulement quelques personnes opt fait observer que la chaleur de La tête pourrait peut être ramollir la résine et rendre la calotte trop douce. Je ferai remarquer à celic occasion que la chaleur du cuir chevelu { qui n'est jamais très-considérable } ne peut an contraire que rendre plus commode l'usage de la plaque , car ; à l'aide de cette chaleur, la plaque se moule parfaitement sur la forme de là partie, et garantit à merveille la cicatrice ; c'est la une espèce de bouclier ou de cartilage élastique qui résiste à l'action des corps extérieurs, comme les côtes flottantes font par rapport au foie et à la rate. D'ailleurs, il n'est pas difficile de rendre ces on pa aussi résistantes qu'un le désire; on n'a pour cela qu'à se servir de La gomme nacrée en place de la noire. Le caoutchouc nacré, qui est aussi léger , mais beaucoup plus résistant que le noir, pent , s'il est bien choisi et bien travaillé, trêsbien remplir toutes les indications que les cas de ce genre présentent.

prise ï

Eo attemdaot que l'expérience m'ait soieux ivstruit sur ce sujet ,

1° Que les calettes en caoutchouc peuvent avantageusement remplacer les plaques métalliques dont nous venons de parler; 2° Que dans les cas d'hydrucéphale, d'eucéphalocèle (hernie du cerveau), de fungus de la dure-wbre prêt à s'ulecrer, de carie et de nécrose des os du crâne, on pourrait se servir trés-utilement de ces sortes de calottes pour défendre l4 partie malade de l'action des corps extérieurs; 3° Que la tumeur du spina bifida et certaines tumeurs sanguines wourraient non-seulement étre couvertes avantageusement par ces sortes e sous-coupes de résine ; mais aussi être comprimces conveuablement ; 4° Enfin, que certaives cicatrices de la poitrine et du ventre , telles que celle qui résulte de l'ablation du sein canvéreux chez La femme, etc. , et dans une foule d'autres lésions analogues aux précédentes, dont le contact des corps extérieurs peut-être nuisible , l'usage des plaques en caout chou pourrait peut-être rendre de grands services. Dans tontes ces ciroonstances aucune outre substance ne saurait, à mon avis, remplacer la gomme brésilienne, qui joint à la souplesse , une résistance remarquable, et qui est inaltérable à l'action de La sueur comme à celle de toute autre sécrétion ou excrétion du corps.

Rocxerra, D.-M.

REVUE DES JOURNAUX DE MÉDECINE

| JOURNAUX FRANÇAIS. ( Avril 1834. )

| Il. ARCHIVES GÉNÉRALES DE MÉDECINE.

Le cahier d'avril contievt : 1° Lettre à M. Lallemand sur Ll'inflammation chronique de la cornée ; par M. Mrraalt, d'Angers; 2° ‘un mémoire sur l'emploi du chlore dans la phthisie pulmonaire,

r M. Toulmouche; 3° un mémoire sur la staphyloraphie, par M. Bérard jeune ; 4° le bulletin de la société anatumique.

Ontrouve dans le cahier de mai : 1° un memoire sur l'amaurose, suite \de La colique de plomb, par A. Duplay ; 2" 1ne observation d'hydropisie de l'utérus , par G. Pelletan, suivie de réflexious par M. Guilt mot: 3° considérations de clinique chirurgicale, 1° surle traitement | de la fistule lacry male par la perforation du sinus maxillaire , n° \sur l'extraction des calculs volumineux par les taillas périnéales intra-prostatiques, 3° sur une espèce rare de luxation incomplèt:: de la tête de l'humérus en haut et en avant , par M. Laugier , &° inote sur quelques faits relatifs à la pathologie du fœtus, par M. Oj- [livier; 5° le bulletin de la societé anatomique.

LETTRE à Me LALLEMAND, PROFESSEUR À La FACULTÉ DE MÉDECINE Di MONTPELLIER , SUR L'INFLAMMATION CHRONIQUE DE LA CORNÉE, par G. MinauLr, professeuf à l'école secondaire de médecipe d'An-

pers.

En 1833, M. Mirault fit paraitre dans Les Archives un premier travail sur l'inflammation de la cornée, dans lequel, cousidérant cette maladie à l'état aign, il lui distinguait trois périodes, caractérisées par une hypérémie du tssn , par ne dimiution de la cohésion de ses parties constituantes, et enfin par une sécrétion de produits accidentels. On retrouve, selon lui, dans la kératite chronique des altérations analogues ; cependant le dépôt d'un liquide puriforme n'est pas ici un signe assez tranché pour constituer us troisième degré bien évident ; et puis, ce phénomène Gers plutèt à une récrudescence de l'inflammation qui repasse à l'état aigu, ces considérations déterminent l'auteur à n'admettre que deux degrés dans la kératite chronique. Le premier degré a pour sigues : 1° la vascularité rouge de la cornée : 2" son opacité; 3° son épaississement. Le secondoffre en outre : 1° une variété de ramollissement ; 2° l'épanchement entre les lames de la cornée d'une matière puriforme. | .

Sept observations appuient ces assertions, et montrent à Ja fois Les divorses manières dont peut débuter la kératite chronique. Dans le premier cas, le mal débuta par une légère opacité de la cornée , avec développement de petits vaisseaux fins; plus tard ces vaisseaux se multiplierent, et leur calibre dilaté reccvant plus de sang, la cornée revêtit une teinte rouge ; ses James superficielles perdirent de plus en plus de leur transparence par l'infitration entre elles d'une substance ee châtre, et la conjonctive s'épaissit comme si elle était hypertroph ce. Chez le second malade l'oparité de la cornée se montra avant même que le blanc de l'œil rougit; et cette rongeur ne se manifesta qu'environ a5 jours après. Chez un troisième, même phénomenc ; seulement lou

cité était sablée comme si on eût soufflé dessus de La cendre ou de la poussière. Cette opacité primitive démontre donc que l'inflammation peut débuter par la cornée, contre l'opinion que M. Mirault avait émise dans son premier travail.

* Telle est la kératite chronique au premier degré ; voici des exembles du deuxième, Sur une femme de x ans, après de nombreuses inammations oculaires , l'œil gauche offrait une cornée déformée , conoïde, comme si elle eût été pressée en deux sens opposés suivant son diamètre vertical , qui était sensiblement plus petit que le transversal, Entre ses lames étaient deux petits dépôts de matière concrète d'un blanc sale, dont l'un était mêlé au tissu cornéal ramolli en ce point. Des vaisseaux fins la parcouraient jusqu'à son centre , et l’opacité était telle que la vue en était abolie.

Chez un autre sujet La cornée forme nn cône obtus dont le sommet

est au-dessous de son centre; elle offre une teinte de gris et de ronge , et la conjonctive qui la revêt est au moins quadruplée d'épaisseur: là vue est abolie, Dans un troisième cas, la cornée au lieu de s'épaissir en cône s'était amincie , élargie, et était devenue plus convexe et plus molle, ce que l'on constatait en pressant alternativement sur les ‘mn yeux, à l'aide d'un stylet boutonné, IF y avait toutefois entre ses lames des dépôts d'une matière d'un Llane sale et jaunâtre; des vaisseaux très. nombreux la parcouraient, et la vue était abolie. L'œil malade ctait du mème volume que d'autre, Enfin, deux fois seulement M. Mirault a rencontré une variété remarqualile de kératite chronique, Le eas qu'il en cite concerne un howme affecté de trichiasis dés sa première enfance ; la cornée semblait recouverte d'une pean d'un blanc sale et desséche ; sa surface était comine hérissée de petites squammes à demi détachées , et qui parais. saint à Ja veille de s'exfolier tout-à-fait,

En résume , l'existence de vaisseaux rouges dans la cornée est un caractère spécial de la kératite chronique; il manque presque toujours au contraire dans l'état aigu, et ne s'y montre que quand l'irritation devient chronique. Cette vascularité est plus ou moins prononcée , selon que le mal est circonserit ou occupe toute la cornée, selon qu'il est au premier ou au deuxième degré,

La disposition des vaisseaux de la sclérotique mérite alors d'être notée. Arrivés près du Himbe de la cornée , ils se divisent, s’anastomosent , s'entrelacent un grand nombre de fois de manière à former autour une zone rouge circulaire. C'est du bord interne de cette zone que partent les vaisseaux plus petits qui s'avancent sur la cornée; l'existence de ce plexus sanguin, que M. Mirault appelle corneal , est constante ; et on ne saurait le confondre avec la zone sclémtidienne , indiquée par B. Travers comme un signe dé la sclérotite. En effet, le plesus cornéal est formé de vaisseaux gros, tortueux , superficiels , qu'on déplace avec le doigt tant ils sont mobiles ; 3l forme un annran rutilant qui enchässe la cornée et anticipe un peu sur elle; l'autre livide ou violâtre ressemble au disque d'une fleur radiée, laisse entre lui et la cornée un petit espace Llanchâtre où Fon voit à déconvert là sclérotique , n'offre point d'anastomoses apparentes, et enfin est formé par les vaisseaux fins et droits du plan profond qui se distribuent principalement à la sclérotique.

Un des symptômes les plus caractéristiques de Ja kératite chronique est le changement de forme de la cornée. Presque toujours elle prend la figure d'un cône obtus , ee qui est di sans doute à la pression des humeurs de l'œil sur 500 tissu ramolli ; c'est ainsi que l'on peut en grande partie expliquer le mécanisme du staphylôme, comme M. Mirault se propose de le démontrer dans un autre travail, ,

La kératite aiguë peut s'enter sut la kératite chronique; de là Je ramollissement des lames superficielles et de la couche de matière blanche déposée à la surface de A cornée ; exfvliation de la cunjonctive cor néale; procidence partielle de la cornée ; ce exhalation à sa surface d'une lymphe coagulable qui s'organise , dissipe la procidence et régénère la conjonctive ; en sorte que la gué ison en est favorisée, Tous ces phénomènes furent observés sur la cinquième malade dont la cornée était devenue conique. M, Mirault en tire ces conséquences Lrès-importantes: 1° que l'exhalation de matière blanche qui a lieu dans la kératite chronique se fait entre la conjonctive et la cornée, et que c'est sa quautité variable qui détermine principalement le degré d'épaississement de la cornée ; 2° que c'est également entre ces deux membranes

que sont situés les vaisseaux rouges; 3° que la cornée ammincie, par suite du ramollissement de ses lames superficielles, peut recouvrer 500 Te sœur ; 4° que la conjonctire de la cornée peut se reproduire quan

la conjonctive ; néanmoins, ne fût-ce que comme sujet de vérification et de recherches, elles appellent toute l'attention des praticiens.

Le traitement de la kératite chronique ne paraît pas encore bien arrèté, Dans les trois premiers cas, nous voyons M. Mirault prescrire les saignées générales , les sangsnes ; on , si l'opacité existe sans vaisseaux, les lotions de landanum. Le pronostic est fort incertain ; rien de plus ordinaire que de voir des alternations de mieux et de pire que rien v’explique, Je ne crois pas, dit M. Mirault, que l'on voie jamais cette phlegmasie suivre nne marche uniformément continue ; de sorte qu'on pent dire que, analogue aux affections rémittentes , elle se compose d'une suite de rémissions et d'exacerbations qui n'ont rien de régulier dans leurs successions.

Pour le second degré, nous le voyons prescrire le séton à la nuque, les émissions sanguines, divers collyres émolliens ou résulutifs, les révulsifs sur le tube intestinal ; mais surtout l'excision de la conjonctive et des vaisseaux du plexus cornéal , répétée jusqu'à trois fois. 11 faut faire cette excision sur toute la circonférence de manière à isoler de toutes parts la conjonctive cornéale de la sclérotidienne , et promener ensuite le bistouri dans la solution de continuité pour couper Les vais-

scaux qui ont “sr aux ciseaux. L'effet de cette opération , selon

DE L'EMPLOI DU CRLORE DANS LE TRAITEMENT DE LA PUTHISTE PULMONAIRE, par À. Touimoucue, D.-M.

l'auteur , est de ramollir les lames superficielles de Ja cornée et de Ja conjonctive cornéale, qui sont absorbées et se reproduisent ensuite. Nous avons vu plus haut qu'il attribue ces mêmes phénomènes à la recrudescence de Fislremetiet. Cette excision , qui a pour but de priver la cornée de sang et de vaisseaux , agirait-elle donc , au contraire, en aigoisant l'inflawmation? Cela n'est pas sans doute dans les idées de M, Mirault; mais alors ses explications semblent ofirir quelque contradiction. Du reste, les explications importent peu ; le fait seul mérite d'être constaté.

| Ce mémoire se divise en deux parties bien distinctes ; l'une, dans laquelle l'auteur démontre l'inefficacité de l'emploi du chlore dans le traitement de la phthisie ; l'autre, qui est destinée à démonter l’eflicacité de ce moyen opposé au catarrhe pulmonaire chronique, La premère partie contient sept observations de a qui tous out succombé aprés avoir présenté les symptômes les plus caractéristiques d'une phihisie sa 5 , bien qu'ils eusseut été traités tous par le chlore pendant un temps plus où moins long. Nous ne nous arréterons pas long-teeps sur celte partie du mémoire purement négalive + parce que depuis longtemps nous pensons que l'opinion médicale cst arrêtée sur l'inefficacité du chlore dans le traitement de cette maladie, rebelle à toutes les médications qui lui ont été opposées. Cependant , comme il est peut-être encore quriques praticiens qui ne partagent pas cette opiajon , et qui penseront peut-être que les insucces dont parle M. Tolmouche dépendent de la manière dont il aurait administré le chlore , nous allons faire connaitre rapidement la durée du traitement et l'é-

\paque où il à été commencé. | .

Chez le sujet de la première observation, le traitement par le chlore fut commencé environ deux ans après l'apparition des premiers symptômes et continué pendant cinquante jours; chez le second , an bout de

quelques mois , ct continué pendant deux mois ; chez le troisieme, au bout de trois mois, et continué pendant quinze jours; chez le quatrième, au bout de cinq mois, et continué pendant quarante jours; chez le ein. quième, au bout de quatre mois, et continué pendant quatre jours ; chez le sixième, après le dixième jour, et continué pendant quinze jours ; enfin chez le septième , peu de jours ajrès l'apparition d'une récidive, et continué pendant quarante Jours.

M. Toulmouche dit qu'il aurait pu réunir s'il n'avait eraiot d'être fastidieux, un bien plus grand nombre d'observations, car 1] a expérimenté avec les mêmes insuccès sur plus de 6w phthisiques dans sa pratique particulière et sur à peu prés une vingtaine d'autres à la maison centrale de détention des départemens de l'ouest.

Une prétendue phthisique qu'il crut avoir guérie par l'emploi du méme moyen lui fit sonpçonner, dès 1829, que s'il échouait cunstam. ment dans cctte maladie , 3l ponvait réussir dans le catarrhe chronique, En conséquence, il le prescrivit dans ces cas, et depuis il à cu à s'applaudir de ses succès. Nous analyserons ce fait.

Oes, — M. D., âgé de 36 ans, d'une taille élevée, d'une stracture grêle , Le col long, La poitrine peu large, d'un tempérament nerveux trèkirritahle , avait

elle |ltoujours joui d'une bonne santé , malgré des excès de tout genre, Une sphils

constitutionnelle survenue au mamént d'un mariage, les inquiétukes morales qui en furent ls suile, dérangèérent sa santé qui s'accompagns bientôt d'une tous cor linuelle avec ne expretoration muqueuse 1 des sucurs érotiques la noit. Ou trouva une pectoriloquis doutquse vis h-vis la fosse sus épincus: de lomoplaté

a té détruite, Peut-être ces conclusions sont-elles un peu aventurées, ne reposant que sur un seul fait, et lasées surlout sur ceîte asscrtion contestée par beauccup d'anatomistes, que la cornée cst recouverte par

droite, L'application d'un vésicatoire et l'habitation suc les bords de Le mer, ne produisireut presque aucune amélioration ; mais l'amaigrissement et l'affaiblissement continnèrent à faire des progrès. On commença l'inspiration du chlore le 27 octobre , et elle fut coutinute pendant tout le neuis, Le 5 novembre , le nul

toux devint moins fréquente, et le sommeil excellent, L'abomidante transpiration nocturne avait cessé, ainsi que les douleurs de poitrine. ;

Le 20 janvier 4840, il ne toussait plus; il avait repris ses oécapations , et la guérison était complète. ; ns Re

Quatre mois après M. D, surcomha à une gastrile suraigué . compliquée d'une céphalite, oceasionée par Le romi-purgatif de Leroy. A l'autopsie les poumons furent trouvés sains, à l'exception d'une dilatation d.s bronches à la partie pastéricure du lobe supérieur du poumon droit, ce qui éxpliqua facilemrat comment là résonnance de la voix avail fail croire à ane pretariloquie douteuse.

M. Toulmouche rapporte encore deux autres observations analogues, et dit qu'il aurait pu multiplier les citations si son mémoire n'était déjà trop long, et si son but principal n'eût été que de démontrer l'utilité de la médication chloreuse dans les catatrhes chroniques.

MÉMOIRE SUR LA STArAYLOnArRIE, par M. Bénanp jeune, agrégé en exercice , chirurgien du bureau central.

La staphyloraphie , l'une des plus brillantes découvertes de la chirurgie contemporaine, est une opération entouréc de difficultés. Les unes sont dues à la susceptibilité des parties sur lesquelles on agit, susceptibilité telle que le contact des instrumens et des doigts entraîne des mouvemens involontaires du malade, des nausées , des envies de vomir, qui à chaque instant arrêtent l'opérateur ; elles ne peuvent être surmontées qu'en habituant peu à peu le fond de la gorge à l'action des corps étrangers. Les autres sont inhérentes à l'opération même, et presque aussi difficiles à vaincre sur le cadavre que sur le vivant. Ce sont celles-1à que M. Bérard s'est attaché à diminuer,

La staphyloraphie se compose de trois temps principaux : le place. ment des né , V'avivement des bords de la division, la striction des ligatures. | | | Le premier temps exige Lrois conditions essentielles au succès : 1° que

ints de suture soient placés à la même hauteur sur chaque côte de

ivision ; à° que les intervalles qui les séparent soient à pen près égaux ; 3° qu'ils soient à une dislance convenable de la fente rlatine, On conçoit en effet que si la puémière condition est omise , l'un des côtés de la fonte sera inégal et plissé, tandis que l'autre sera tendu. Si d'autre part on éloigne trop les points de suture, les bords de Ja division bâilleront dans l'intervalle, et la réunion par première intention sera compromise ; enfin, siles fils sont passés trop loin des Lords de la division, on ne pourra les serrer assez pour opérer le parfait contact sans causer un tirasllement excessif du voile du palais, uve douleur et une inflammation qui pourront nuire au travail d'odhésion; trop près, au contraire , ils déchüireront les parties molles enfcrmées dans l'anse avant que la réunion sait complète, accident grave et qui constitue l'une des causes les plus fréquentes d'insucces de la staphylora phie.

On voit donc de quelle importance il est de passer les aiguilles dans un point bien déterminé du voile du palais. Or, cela est presque impossible par le procédé ordinaire qui, enfonçant les aiguilles d'arrière en avant, en cache la jrointe à l'opérateur. M, Bérard propose d'enfoncer les aiguilles d'avant en arriére, ce qui obvie à toutes les difficultés signalées.

Les ligatures posées, il faut aviver les bords de la division, manœavre fort difficile dans le procédé de M. Roux , que l'on suit généralement en France. En effet, quelque soin que l'on prenne de tendre et

les la

de porter en bas et en dedans chaque moitié du voile du palais, on |

éprouve toujours beaucoup de peine à faire une section nelle et égale. quand on commence par le bord libre du voile ; les parties molles, que rien ne retient en bas, fuient devant le tranchant, Quelquefois la par tie inférieure du lambieau se déchire on est entièrement conpée avant que la section ait atteint l'angle de la division. Si au lieu du bistoun on emploie les ciseaux , on est exposé à couper les fils, accident qui est arrivé aux plus habiles opérateurs. M. Bérard propose de faire partir la section du bord supérieur et fixe du voile.

Le troisième temps, consacré à serrer les Higatures , ne Jui a suscepuble de perfectionnement. Il se sert poux plus de facilité d'un se re-nœud inventé par M. Guyot, et dont la description n'a point encore élé publiée.

(saisies, et percées en ce point

de gorge {d'origine ayphililique) qui avait presque toujours persisté , dimiaua , la ile reste du cüté du talon est parfaitement Age ;

d'un chas assez large pour admettre un ‘gros cordon plat ; elles offrent sur le plat une courbure peu prononcée (qui commence à la pointe et occune les trois cinquièmes de l'aiguille ; enfin, de cordonormer un ruban d’une

.net plat, ou de fils cirés réunis de manière à idemi-ligne de largeur.

Le malade situé convenablement, le chirurgien saisit et tend le bord gauche de la division avec la pince à dents de souris tenue de la main gauche; de la main droite il prend l'aiguille avec la pince à pansement, Île talon dirigé parallèlement à la longueur des pinces , et la concavité Lregardant le bord libre de la fente. L'aignille est enfoncée d'avant en larrière au niveau de l'angle supérieur de a division , à trois lignes à ‘peu prés en dehors de son bord libre, jusqu'à ce que toute sa courbure ait traversé l'épaisseur du voile, Cette courbure de l'aiguille permet à sa pointe de se diriger en arrière et en derans, en sorte qu'on l'aperçoit à travers la fente palatise. L'opérateur abandonne alors le Mel libre de ce voile, et avec la même pince qui lui servait à le tendre, il saisit la partie de l'aiguille qui fait saillie en arrière, Une traction légère en arrière et du côté opposé à son entrée, suffit pour dégager le talon ; puis on ramène l'aiguille d'arrière en avant, à travers la fente, et enfin hors de la bouche, avec le fil qui la traverse.

On fait passer de la même manière à la même hauteur une autre aiguille dans la lèvre droite de ladivisions cette sceonde aiguille entraîne après elle une anse de (il que l'on détache de l'aiguille, et dans laquelle on passe le chef profond de la ligature. En retirant l'anse de fil, on ramène donc ce chef de la ligature d'arrière en avant , à travers le côté idroit du voile palatin , de telle sorte que ces deux chefs sortant par la bouche, Le milieu forme une anse en arrière du voile du palais, comme dans les procédés ordinaires. On place suivant le même procédé une seconde et une troisième anses de ligature , selon l'étendue de la division, en ayant soin de piquer chaque aiguille à trois lignes environ du hord libre de la fente du palais.

Les ligatures passées et leurs anses aharssées comme à l'ordinaire ,

our rendre Les fils à peu près es aux bords de la division et Les réserver de l'action du bistouri , on proctde à l'avivement. Le (bord gruche de la fente est de nouveau saisi avec la pince à dents de Souris ; puis on porte au fond de la bouche un histouri pointu tenu comme une plume à écrire, et on le plonge à travers le voile du palais à une ligne au-dessus de l'angle de la division, le dos tourné en haut ; il suffit alors d'une pression légère sur le tranchant, nour diviser neltement les parties molles et tailler un lambean d'une demi-ligne d'épuisseur, qui ocenpe toute l'étendue de Ia solution de continuité, L'avivement se pratique de la même manière sur le côté droit du voile du palaïs, en tenant la pince de la main droite et le bistouri de Ja main gauche, et en faisant une ponrtion distincte pour tailler le second lanbean. Il en résulte que les deux lambeaux taillés sont encore réonis par leur pointe supérieure, et appendus à l'angle de la division, 11 faut donc les enlever en reportant Le tranchant du bistouri vers cet angle, et en coupaot obliquement d'une plaie à l'autre, tandis qu'on saisit les lambeaux lave les pinces, de peur qu'ils ne tombent dans les voies aériennes ou dass l'æsophage, 11 ne reste plus qu'à serrer les ligatures, comme il a été dit.

M. Bérard s'occupe ensuite du traitement, Comme il importe de tenir les malades à La diète durant trois à quatre jours , ét que les lave. mens nourrissans n'empéchent point une faim dévorante de se développer, il demande si l'on ne pourrait pas se servir de la sonde «rs ipha-

sente, dont l'extrémité sortisait peer des fosses nasales ? 1] faudrait alors Ébituer les parties au contact de Ja sonde, en la laissant à demeure plusieurs jours à l'avance, ct ne plus lui imprimer aucun mouvement à partir du moment où l'opération scrait faite, jusqu'a celui où on juge- |rait qu'elle peut être retirée sans danger.

Le mémoire est terminé par le récit d'une opération pratiquée par ce procédé avec succès ; l'opéré a été montré après sa guérison à l'Academg royale de médecine, Nous noterons les principales circonstances de ce fait,

Ons. — Ce sujet, outre sa division platine, avait porté autrefois un bee de lièvre guéri par l'opération; et, chose remarquable , 1] n'y avait surun évarte-

as paru tuent des os. La fente palatine était donc simple, haute de 15 lignes, large de $ à

4 Lignes à sa base quaud D gorge était en repos; noaës sitôt que les partics étaient touchées par un instroment , chaque moitié du voile se rélractait en haut ct en dehors, se relevait vers les amygdales et Le bord postéricur des os palatins , et disparaissail entièrement. Ce phénomène «st à noter, jarce que la direction des

Voici donc comment il pratique l'opération. Ses insteumens , très- [muscles l'explique trés-naturellemeal , ét que cependant M. Roux afürme avoir

shnples, se composent d'une pince à pansement ordinaire, d'une pince à dents de souris semblable à celle de M. Gracfe, d'un Listouri droit poiotu, d'aiguilles de G à 5 lignes de lung , sur une ligne de large, épaisses d'un quart.de ligne vers Le talon pour étre plus facilement

vu précisément tout le contraire.

L'apuration offrit ceci de particulier que la contraction du vo br pala!in apporta un obstacle assez grand à sa tension au moyen de la pünce, Il fallut par une 1rsetion légère et graduée lutter contre cette traction , qui pendant opération Frot une source de dificuliés saus cesse renaissantes, «1 pour in possige des aigiallys

GAZETTE MEBICALE

et pour l'avivement , et pour la teur , que les auteurs n'aient pas fait mention de ces contracitons musculaires, Sérait-ce que re phémomène a été exceptionnel chez mou malsde , ou lien est une omission de la part de ceux qui ont traité ce sujel avant moi ?

Pour l'avivement , l'opérateur fit la ponction avec ua bistouri pointa el Le reste de la section avi e un bistouri à pointe mousse ; précaution qu'il ne juge plus néressaire , attenda que ke phargox est trop éloigné pour qu'on ait à craindre de Le blesser avec le histouri, Agrès avoir laissé saigner la plaie librement , où fit garzariser le malade avec de l'eau acidalée , et le san étant enfin arrêté, on ‘erra les ligatures. L'inférieure affrouta exactement les lèvres de L3 plaie ; la moyenne rt La supérieure furent plus difficiles à lier ; et un léger écnriement entre Les bords de lu pleie subsista a leur niveau,

Le malade reconduit à son dit s's tiot couché Hs bouche tournée en bas. pour que la salive s'écoulèt au-dehors Pendant ein} jours il ne fat nourri qu'à l'aide de lavemens composés de boaillan et de jaunes d'œuf Au sixième jour, les fils (urent enlevés; La moitié inférieure de La plme était réuuie par ane bonne ciratrice; il en était de même vers l'angle supérieur : mais au milien 3l restait ou intervalle de pris de six lignes de haul sue trois de large. Cette leute Ent touchée tons les deux ou trois jours avec Le nitrate d'argent ; clle se rétrécit jets à peu, mais lentement ; et elle ee fut parfaitement oblitérée que sept semaines après l'opération.

Telle est la substance de ce mémoire remarquable. M. Bérard ajoute dansune note que l'avivement de haut en bas avait été indiqué avant lui par M. Dieffenbach et par d'autres chirurgiens allemands; mais, outre que ces procédés n'avaient point été publiés en France , il lui reste toujours la priorité pour le procédé ingénieux de passer les aiguilles d'avant en arrière ; et il est manifeste que le manuel opératoire y gagne à la fois eu précision et en sérurité, Nous ne voudrions retrancher « cette description que le précepte de changer de main pour pratiquer l'avivement à droite ; la gêne légère qui résulterait de l'emploi de la main droite serait plus que compensée par La fermeté toujours plus grande qui distingue cetle main.

Eufo l'observation de M. Bérard tend à démontrer qu'il existe une autre source d'ubstacles au succès de la staphyloraphie que celles qu'il à mentionnées. C'est cette tension du voile du palais qui ne lui a pas perinis la réunion immédiate, même en sercant ses ligatures, Si pareil accident se renouvelait, ne serait-ce pas le lieu d'imuiter la condunte de M. Roux pour une autre circonstance , et de détacher le voile mobile du palais d'une partie de ses attaches à l'os palatin ? Peut-être aussi nos chirurgiens, dans cette opération comme dans plusieurs autres du mème genre , sunt-ils trop pressés de retirer leurs hgatures; nous ne voyons aucun motif pour les couper si vite , el nousen connaissons de puissans pour les conserver plus tard.

DE L'AMAUROSE SUITE DE LA COLIQUE LE PLOMS, par À. Dupcar,

La plupart des anteurs qui ont traité , soit de l'amaurose, soit de la colique de plomb , ont gardé un silence presque complet sur cet accident, qui apparait quelquefois seul, que Iquefois accompagné d'autres symptômes nerveux chez les individus qui ont été soumis à l'influence

es préparations saturnines. IL est vrai que cet accident n'est pas trèsfréquent ; cependant , quand on considère la rapidité avec laquelle il survient, sa gravité et l'inquiétude qu'il détermine, on conçoit comment il peut être important d'en faire un ubjet de recherches particulières, et, sous ce rapport, le travail de M. Duplay mérite de fixer notre attention d'une mamiére toute spéciale.

Nous ne trouvons ici que quatre observations d'amaurose saturnine , et dont une seule appartient à M. Duplay ; les autres ont été prises das les divers recueils où elles avaient été consignées. Mais après ces quatre faits , nous en trouvons une secunde série qui ont avec les premiers quelque analogie, et que M. Ja pe a cru pouvoir pour cela rapprocher d'eux. Ce sont des cas de coliques très-violentes avec consüipation opiniâtre, cédant aussi aux purgalifs énergiques et se compliquant d'amaurose, comme la colique métallique. La plupart de ces derniers faits sont rapportés en quelques lignes seulement , et tous sont empruntés à des recaeils déjà anciens. Le rapprochement de ces différens faits offre cependant une difficulté ; elle est relative à ceux qui ont été ubservés chez des femmes. Les auteurs qui les ont cités l'ayant faut d'une manière teès-succiucte, 1} est ile de savoir si dans ces vas les douleurs abdominales n'étaient pas des phénomènes parement Lystériques. Or, c'est ce qui semblerait bien probable ; car ces femmes cprouvérent en même temps des accès convulsifs, Chez les hystériques, on voit fréquemment survenir des troubles des sens aussi remarquahles par leur singularité que par la variété de leurs formes ; et parmi eux les troubles de la vision sont assez communs.

Nous ne consignerous pas ici les faits rapportés par M. Duply, mais nous présenterons le résumé des conclusions qu'il en a tirdes.

L'amaurose qui succède à la colique métallique ou aux coliques nerveuses qui s'en rapprochent, offre cela de partieulier, qu'elle se montre

«riction des ligatures, Je suis étonné, dit l'au-||d'une manière brusque et presque instantanée. En quelqnes heures, les

malades ont complétewent perdu la vue; ilsne peuvent plus distinguer

€ ’ la nuit de la lumière.

| Ordinatrement elle se montre après plusieurs atteintes de coliques. (Cependant on peut la voir apparaître dès la première, de même que (lon voit les autres troubles de l'innervation apparaître aussi pre vs individus aïteints pour La première fois de colique métallique.

Chez la plupart des malades qui sont pr's d'amauruse , on voit queliquefois ces symptômes précédés d'autres troubles de l'innervation. Chez le plus grand nombre, on remarqne des douleurs dans les bras, des crampes; d'autres fois, un commencement de paralysie des poignets ; le plus ordinairement des accès épileptiformes et du délire. D'autres fois, au contraire , elle survient tout à coup seule, isulée de tont autre accident , et c'est seulement après, que les autres troubles de l'ignerration apparaissent.

Pendant que les malades sont dans na état complet de cécité , si l'on examine l'œil, l'on rencontre une dilatation considérable et une immobilité complète de la pupille, L'eil ne présente, du reste, rien de particulier. Dans le seul fait que M. Duplay a recueilli lui-même, il n'a pas lobservé cet état particulier signalé par Weller, et qu’il done comme le caractère de l'amaurose produite par la colique métallique $ c'est-à-dire une turgescence des vaisseaux sanguins de la eonjonctive et de la sclérotique, avec sentiment de plénitude dans l'œil. Citte partiou larité a été également omise dans les trois autres observations ; mais comme on n'y trouve que peu de détails sur l’état de l'œil, on ne peut Len tirer des inductions contraires à celles de Weller,

L'amaurose qui succède à la colique de plomb acquiert en quelques heures son summum d'intensité; dans un espace de temps très-court, le malade ne peut plus distinguer le jour d'avec la nuit. Dans les autres variétés de l'amaurose , 1l est rare que la maladie marche avec la inème rapidité; ü est plus commun de voir la vue s'affaiblir d'une manière graduelle. '

L'accident qui nous occupe présente ordinairement une durée courte ; elle varie depuis quelques heures jusqu'a plusieurs mois. Le terme imoyen semble être cinq ou six jours. Dans un seul cas, elle a duré deux mois, Une seule fois la maladie a persisté, malgré tous les moyens employés ; c'était dans uo cas de colique métallique. Une autre fois , elle a présenté la mème ténacité chez une femme affvetée d'hystérie on de coliques nerveuses , dont Félix Plater à rapporté l'histoire,

Le nombre des récidives de la colique ne semle pas influer sur la ‘eravité de l'amaurose ; on la voit disparaître rap:dement chez des indrvidus dejà plusieurs fois affectés de coliqne métallique, et, au contraire, FA un cas nous la voyons persister deux mois chez un iodilridu qui l'avait pour la premiére fois, et ne céder à rien chez une femme qui n'enétait atteinte que pour la seconde fois. Cependant, fait remarquer avec justesse M Duplay, le fait que nous avançons est tellement en désaccord avec ce qui s'observe pour les autres accidens nerveux de 1x clique métallique, qu'il a besoin d'être confirmé par d'autres observaliuns.

Dans la plupart des observations rapportées dans ce travail, l'antaurose a disparu sons l'influence du traitement de la colique métallique. A mesure que les symptômes diminument, le malade recommençan à voir, Dans le cas où nous avons dit que l’amaurosé a persisté, les sargnées avaient été employées en grand nombre.

Dans les cas où l'amaurose dépendait d'une colique nerveuse avec constipation, les purgatifs ont été suivis de la cessation prorpe de Se 6 Dans un cas, ils ont remplacé les évacuations sangnines, qui avaient été inutiles, Dans un autre cas, les évacuations sanguines ont , au contraire, paru présenter des avantages.

SUR LE TRAITEMENT DE LA FISTULE LACAYMALE PAN LA PEGFORATION pu siwus MaxilLaute, par M, Laucien, chirurgien de l'hôpital Necker.

Cette nouvelle méthode, proposée par l'auteur il y à quelques aninées , avait passé à peu pres inaperçue ; il y revient aujourd bui, en [l'appuyant de nouvezux développemens et de faits, et en lui donnant Lune extension que lui-même n'avait pas prévue d'abord. 1] commence par rappeler comment il fut conduit à proposer cette route artificielle, Létudiait sur une tête sèche le trajet de la route proposée par Woolhouse à travers l'os unguis , lorsqu'il reconnut que Le oison qui sépare Je sious maxillaire du canal oasal était anssi mince et aussi fragile, et que la pertoration en ce point serait plus favorable au passage des larmes. En eflet, ou bien on perfure l'és ungnis directement et horizontalement, \et La route artificielle correspond alors à une partie étroite des fusses Inasales et non déclive par rapport au sac lacrymal; ou bien on dirige

l'instrument de haut en bas, et le trajet oblique a quelques lignes de longueur dans l'épaisseur de la pituitarre , ce qui laisse trop de chances à l'oblitération. Du côté du sinus, au contraire, Ja voie est toujours déelive par rapport an sac lacrymal, le trajet est court , direct, aboutit à une cavité large ; et enfin tandis que la pituitaire est épaisse, moile,

peu adhérente à l'os ungnis, le sinus est tapissé d'une muqueuse adhé- !

rente , presque fibreuse , et peu disposée à se gonfler même dans l'état d'inflammation.

I rechercha si cette idée si simple et si naturelle n'avait point été émise par quelque auteur; aucun n'en avait parlé. On trouve seulement dans l'ouvrage de M. Briot sur les progres de la chirurgie mi-

litaire depuis les guerres de la révolhtion , une observation qui se}

rattache à ce sujet; M. Briot et M. Pécot n'ayant pu parvenir à trouver le canal nasal, ce dernier en manœuvrant avec trop de force un stylet boutommé, fractura la parot du sinus maxillaire ; et ce qui fut reardé comme un accident devint une source de guérison pour le malade, lit encore dans le Traité des maladies de la bouche,

suivie de guérison aprés l'ablation d'une dent molaire. Mais ces observations étaient restées sans valeur, même entre les mains de leurs auteurs ; et comment M. Briot aurait-1l érigé cet accident en

fosse orbitaire ?

Rassuré sur la priorité de la découverte, M. Laugier la publia donc)

d'abord pour remplacer l'opération de -Woolhouse ; aujourd'hui il Ja propose comme méthode générale à substituer au séton et même à la camule. Le fait suivant montrera la manière de la pratiquer.

Oss.— Une femme de 72 ans entra à l'hôpital Necker pour une fistule lacrymale du côté gauche , de date déjà ancienne, et accompagnée de quelque in- |

flimmauon, Des sangsues, des cataplasmes émolliens, puis des résolutifs n'ayant prodenit emeun changement notable, l'opération fut résolue,

L'appareil consisia ea un histours ordianire, et en petit trocsrt dont la tige

avait été condée à six lignes de la pointe, « La malade placée comme pour l'opé-

ration ordinaire, dit l'auteur , Lu ponction faite, du pus s'écoula sur la joue. Le | bistouri égèrement soulevé de la main gauche , je glissai sur la lame la tige du! trocart , la pointe en bas, Ja convexité de la partie eoudée en haut et en dedans. | A peine fut-elle entrée durs la partie supérieure du canal masol, qu'élerant le|

manche du trocart et tonroant la convexité de son conde vers la racine du nez,

Jinclinai sa pointe vers La paroi externe du canal nasal, et je la fs pénétrer avec wncextréne facilité dans ke sines maxillare, La direction de l'insteument ne laissa aucon doute à cet égard, Je tournait d'arritre en avant et d'avant en arrière, et sac etle-même la tige du trocart pour arrondie ct mouler la voie sur cette tige,

puis je la relirai. +

La malade souffrit peu dans la journée ; les jours suivans elle mouchs un peu de sang et de pus. Où continua à placer des résolutifs sur l'angle de l'œil, L'engornt se dissipa graduellement ; et le quinaième jour après l'opération, la mahépital complétement guérie ; la narine même était redevenue bu- À

e sortit de E mide.

M. Jobert, à l'hôpital St-Louis, à traité avec succès plusieurs Gistu-

les lacrymales par cette méthode; mais les détails de ses observations! manquent, L'unique objection qu'on puisse faire à cette opération c'est que l'onifice nasal du sinus maxillaire est assez fréquemment

oblitéré, ce qui obligerait à pratiquer au sinus une nouvelle perforation dans le point le plus déelive.

Ïl y aurait nne autre manière d'agir sur la paroi externe dn canal

nasal, indiquée aussi par M. Laugier , qui consisterait à déjeter seule-!

ment cette paroi vers le sinus maxillaire, si toutefuis cette fracture comminutive sans perforation est possible. On produirait ainsi un élarssement assez considérable du canal nasal. Mais la perforation simple ui parait quant à présent préférable.

Quelle est maintenant la valeur de la nouvelle opération? Qu'elle en agen , dans tons les eus, sur la perforation de l'os unguis , et qu'elle doive même bannir celle-ci de la pratique , c'est ce qui ne fait pas pour nous l'ubjet du moindre doute. Quant à son acceptation comme méthode ordinaire, cela souffrira plus de dificultés. La canule de M, Dupuytren est si facile à placer, si sûre dans ses résultats, si rarement accompagnée d’inconvéniens , qu'elle luttera toujours avec faveur contre toute opération rivale. Du moins faudrait-il préciser les accidens qu'on reproche depuis quelque temps à l'emploi de la canule , et indiquer leur fréquence comparative, Quoi qu'il en soit , la méthode de M, Laugier aura du moins ce grand avantage, que, si dans le cours de l'opération ordivaire le chirurgien ne pouvait trouver ou désobstruer le canal nasl, elle lui offrirait une ressource uès-simple, et autant qu'on peut le prévoir , efficace ct exempte d'inconvéniens.

— Las deux autres sujets ste gl M. Laugier touchent à des questions extrémement importantes de chirurgie pratique; nons + reviendrons dans la prochaine revue,

par Jourdan, |

l'histoire d'une fstule laerymale onverte dans le sinus maxillaire et |

procédé ré.

lier, puis qu'il croyait que le stylet avait traversé le plancher de la | gu puis q yat q y P

Le cahier d'avril content : 1° un article intitulé de l'ordre à eta- {blir dans le travail mental sous le rapport hygiénique , par M, Ré- {veillé-Parise : ce morceau est extrait d'un ouvrage récemment publié , { dont nous rendrons compte prochainemrnt ; 2° nouvelle methode pour l'opération de la hernie étranglee, par M. Colliex, de Turin ; 3° du liraitement des névralgies, par LL. Martine; 4° enfin un rapport médico-légal sur une partie des meurtres de la rüe Transnonain, travail qui n'offre aucun intérêt scientifique, — Le cahier de mai n'a | pas encore paru.

NOUVELLE MÉTHODE POUR L'OPÉRATION DE LA HERNIE ÉTRANGLÉE , par M, le ducteur Couiex, de Turin.

Voici d'abord la description de cette nouvelle méthode, à laquelle l'auteur attache une nportance extraordinaire.

Soit une hernie étronglée , inguinale ou crurale, pen importe. Ga commencera l'incision des tégumens à G lignes au moins au<lessus de i'orifice supérieur du canal, orifice qui sera indiqué par le renflement des wisceres contenus dans l'entonnoir du col de la hernie. Cette incision s'étrndra jusqu'au fond de la tumeur herniaire, si un juge qu'on doive fendre le sac; où jusqu'à un pouce au-dessous de l'urifice inférieur du canal, si on présume que le sac pourra être res- | pecté.

Les tégumens incisés , au lieu d'aller à la recherche du sae , comme dans la méthode ordinaire , on coupera hardiment le tissu cellulaire sous-cutané pour découvrir l'aponévrose ou le ligament qui forine ln | paroi antérieure du sanal heriaire ; puis on soulévera avec de bonnes pinces les fibres qui la composent, en commençant par l'orilice inférieur da canal, et faisant abaisser la tumeur herniaire autant que possible. Ces fibres étant tendues autant que possible , on les coupera en dedulaot avec un bistouri droit, faisceau par faisceau , jusqu'a ce qu'on ait ainsi fendu toute la paroi antérieure du canal; mais quand on approchera de l'orifice supérieur, on cherchera à introduire entre cet orifice et le ce] du sac la pointe de l'indicatenr jusque dans la cavité du ventre, pour s'assurer de la position de L'artere épigastrique ou autre. Le canal herniaire étant ainsi divisé, si la hernie est récente et peu volumineuse, on essaiera de réduire les viscéres sans ouvrir le sac , et en prenant soin qu'il ne rentre pas avec la hernie. Si cela ne se peut, un ! mettra Je sac herniaire à nu danstoute son étendue et on l'ouvrira sus vant la méthode ordinaire, Le corps du sac incisé, on exercera sur ses Ebords quelques tractions, à l’aide deb tar pour tâcher d'abaisser cette portion du col qui se trouve au-dessus de l’orifice supérieur du canal, Quand on aura abaissé l'entonnoir du sac autant que possible , lon fera tendre par des aides armés de pinces les bords de l'incision du Isac aussi prés que possible de son col, et tandis qu'ur aide écartera les viscères en les tirant en bas, on coupera de dehors en dedans et de bas en haut le col du sac dans toute son étendue, J1 sera facile alors d'attirer un peu plus de l'intestin au-dehors , et d'introduire l'index aussi haut que possible dans le ventre pour s'assurer qu'il n’y a point | d'étranglement interne à cette hauteur. olin, on se comporttra pour {la réduction et le pansemeat comme après la méthode ordinaire.

Il nous parait résulter très-elairement de cctte description que M. Colliex a vu opérer peu de hernies étranglées, ct n'en a pas vu opérer du tout d'étranglées par le collet du sac. Nous ne concevriuns pas autrement comment :l oserait prescrire de diviser le collet de dehurs en dedans, quand l'intestin est tellement étreint par ce collet, que quel quefuis la siriction s'y révèle par une rainure cirenlaire sujette à être frappée de gangrène. Ge qui est curieux, c'est qu'il recommande ce procédé jour éviter la lésion de l'intestin, qu'il a vu diviser, dit-il, sept fois sur dix cas d'herniotomie dont il a été témoin. Si nous ne nous trumpons, cette statistique a été soumise à une disenssion sévère dans l'une de nos premières sociétés de médecine, et il a été arrèté qu'on demanderait à M. Colliex les détails des faits par lui allégués, Quant à nous , nous pensons que, M. Colliex apportät-1l la preuve d'une pro- {poitioo si déplorable de blessures intestinales , il ne serait pas cxcore l'en droit d'en conclure contre la méthode, et que la faute en retombe-

rait d'abord sur l'opérateur.

En résumé 11 ÿ à deux choses dans sa méthode , l'incision du canal herniaire avant d'ouvrir le sac, et il convient loyalement que cctte idée appartient à J.-L. Petit; et l'incision du collet du sue de dehors en dedans, que personne ne lui disputera sans doute. L'idée de J.-L, Petit n'est point restée perdue; plusieurs chirurgiens d'Allemagne l'ont mise

ha probit, et M, Amussat en a fat la base d'un procédé qui réunit de : nombreux avantages.

Quant à l’idée de M. Culliex , elle n'a pas encore été mise en pratique, et il est dé notre devoir de la signaler comme une des plus dangereuses qu'on ait essayé d'introduire dans l'art, .

Le reste da mémoire, qui n'a pas moins de 32 pages , ne contient | de 4 . - . *. ” . = = CRE] # rien qui vaille la peine d'être noté , à part Les nombreuses félicitations | On peut l'ajouter à la mêm

q'is l'auteur s'est lihéraleinent décernées.

DU TRAITEMENT DES NÉVRALGIES , par le docteur Mantixer.

Ce travail, qui ne renferme rien d'original ou de nouveau , offre ce-

pris l'ont fait avec plaisir, excepté quand, par mégarde , on la leur à donnée froide, parce qu'alors elle se prend en masse. On peut l'administrer très commodément à la duse d'une à deux onces , dissoute dans ux à quatre onces d’eau bouillante aromatisée selon le goût du malade. e dose dans les potions purgatives ordinaires, auxquelles elle communique une saveur sucrée franche, au lieu de leur donner ce goût nauséabond qni rend ces préparations si désagréables aux malades lorsqu'elles contiengent de la manne. La mannite présente encore sur la manne et l'huile de ricin cet avantage , c’est qu'elle est toujours indentique , que par conséquent son action ne peut

pendant un bon résumé des diverses médications qui sont opposées anx} varier, tandis que les autres substances, rances ou altérées, sont sounévralgies et des différentes indications qui peuvent conduire dans le Event jofidèles dans leurs effets.

choix que l'on doit faire. Mais ces préceptes etablis cn quelques lignes

+ : | . L n'étant pas susceptibles d'analyse, nous sommes obligés de nous en! sen L'emploi DE L'AUILE DE MORUF DANS QUELQUES AFFECTIONS Rit+

tenir à cette simple notice.

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