‹ Gazette médicale de ParisChapitre 151 sur 394 · DIL—ANATOMIE CHIRURGICALE · texte numérisé non relu

DIL—ANATOMIE CHIRURGICALE

On croyait que le vagin s'insérait sur le col de l'utérus, dans une étendue linéaire. De cette fausse notion d'anatomie résultait , quand on opérait, qu'on craignait toujours d’attcindre le péritoine; que souvent on n'enlevait pas la totalité du mal, ou bien que l'on coupait trop près de lui , circonstance qui amenait des insuccès si nombreux , qu'on avait presque entièrement renoncé à l'amputation du col de l'utérus. J'ai démontré que la partie supérieure du vagin recouvre très-largement le coi utérin, Îl existe en avant , entre la partie inférieure de ce col et le péritoine, 9 lignes d'étendue ; il y e0 a 10 en arrière. J'ai fait ces recherches sur un très-grand nombre de cadavres , et jamais, quand le col de la matrice était normal, ces mesures n'ont été inférirures. Je n'ai pas besoin de rappeler qu'elles sont moindres chez les vieilles femmes , dont là matrice est pour ainsi dire atrophiée,

Je ne parle pas des varictés de longueur du col de l'utérus , les accoucheurs les ont parfaitement bien signalées; mais un fait d’une grande importance avait échappé aux investigations des physiologistes, c'est la connaissance de ce fait qui explique pourquoi on peut amener si facilement et sans accident le col de l'utérus à La vulve. Introduit-on un spéculum dans l'intérieur du vagin , l'onifice supérieur de cet instrument embrasse-1-il le col de l'utérus, qui est refoulé le plus possible , commande-t-on alors à la femme de faire des efforts comme si elle se livrait à la défécation? on voit descendre le spéculum poussé par l'ntérus, qui ordinairement arrive à un pouce ou us pouce et demi de l'orifice inférieur du vagin.

$ 1V.-—Dx L'AMPUTATION DU COL DE L'UTÉAUS.

L'on croit généralement que Lauvariol conseilla cette opération en 1780. Osiander la pratiqua avec succès en 1801.11 ÿ procéda de Ja mabière suivante : après avoir mis la malade dans une position couvenable, il traverse le col de la matrice dans deux points opposés de sa circonférence, avec des aiguilles courbes garnies de fils doubles. Il l'amène ensuile à la vulve par des tractions ménagées, puis il enlève le mal avec un couteau.

NT, Dupnytren a substitué avec avantage la pince de Museux aux fils

elaux aiguilles d'Osiander, Je vais exposer son procédé opérataire ; il lui donne la préférence : c'est le seul qu’il ait émis comme lni appartenant, dans le traité de médecine opératoire publié sous ses veux anvée 1832, 2° édition. Voie: son texte : « Le chirurgien introduit dons le » vagin le spéculum, qu'il a eu l'attention Zhetre d'huile, et ledonne à maintenir à un aide, Cela fait, il saisit et attire légèrement à lui avec la PE de Museux tenue de Ja main gauche , toute la portion du col de l'utérus qui est affectée de dégénérescence carvinomateuse et il la retranche avec un couteau à deux tranchans , tourbé sur son plat, ou mieux avec de très-longs et très-forts ciseaux , également courbés sur leur plat et parfaitement tranchans , tenus de la main droite, et qu'il porte alternativement en haut, en bas et sur les côtés en tournant en dedans leur concavité et en les faisant agir autant que

ossible sur les parties saines, au-delà des limites du mal, »

«$ inconvéniens attachés à ee procédé sont les suivans : en saisis. sant la tumeur carcinomateuse , qui souvent est très-molle , On la déchire, et la matrice ne peut être ni soutenue, ni abaissée.

M. Dupuytren dit qu'il coupe ensuite avec divers instramens autant que possible au-delà des limites du mal. Ces mots indiquent que la t0talité n’en est pas toujours enlevée, Les iostrumens dont il se sert agissent d'ailleurs , dans le milieu étroit où il opère, plutôt en pressant 1 sciant ; de là de très-violentes duuleurs. Le cancer ne peut être détruit que morceau par morceau ; les tissus malades se tronvent ainsi hachés , dilacérés au fond d'un spéculum étroit, où le sang les masque et empêche de les distinguer des tissus sains. Ce procédé n'est applicable qu'aux cas dans lesquels des adhérences empêcheraient d'abaisser suffisamment le col de l'utérus. Je n'ai rencontré encore qu'un fait de ce genre.

M. Mayor, de Lausanne, à proposé de pratiquer la ligature du col de la matrice à l'aide d’un forceps érigne, d'un porte-nœud et d’un tourniquet de son invention. Je ne cite ce procédé que comme fait historique ; car parmi les graves et nombreux inconvéniens qui lui sont attachés , il suffit de se rappeler les malheurs qui arrivent , Jorsqu'en Re un polype , la ligature embrasse malheureusement une portion de

utérus,

MM. Hatin et Colombat ont imaginé des instrumens mécauiques à l'aide desquels ils pratiquent l’amputation du col de l'utérus. Pour rejeter ces instrumens, quelque ingénieux qu'ils soient , il suflira de rappeler que leur emploi exige toujours une dilatation très-douloureuse du vagin, que le cancer est fréquemment très-volumineux , qu'il ne remonte pas toujours à la même hauteur sur tous les points de la circonférence du col, qu'il n'est pas rare de le voir jeter de profondes racines dans les tissus sains, etc,

$ V. — Pnoc£éoé De L'AUTEUR DU MÉMOIRE.

La malade est placée comme dans l'opération de Ja taille latéralisée. On introduit un spéculum bivalve ; il a l'avantage de mieux embrasser la tumeur , de tsndre parfaitement la partie supérieure da vagin ; elle ne peut plus alors furmer de plicature circulaire, qui aurait masqué le col de l'utérus, L'opérateur cssaie le museau de tanche, s'il en est be. soin, afia de biea s assurer de la disposition des parties. L'érigne de Museux , qui est plus longue , plus forte que celle dont on se sert habi. tuellement , et qui offre des crochets moins recourbés , est portée fer-

etplions pourrait é:re alléguée comme moven de détourner ua certain nombre! gens honnêtes, et ils resteront impuissans contre le véritable charlatanisme, Tant d'aspirans de l'idée de se faire recevoir. Mais ne sait-on pas que, malgré Les for- | que vous ne donnerez pas aux individus les moyens de vivre et d'étre considérés mes actuelles , et coneciencientes, et sévéres, du'y à pas d'exemple qu'un candi- |'en faisant de La médecine consciences et éclairée, vans aurez des charlatans ; dat sit été définitivement refiré? Tout hoauue n'est pas apte à étre ingénieur où | il ne faut pas éroire en effet que le charlatanisme soit exclusivement exploité par maçon , puisqu'il ÿ eo à qui ne peuvent jamais le devenir ; mais tout Lomme qui les ignorans : c'est aus be pis aller de quelques esprits capotiles et instruits, veut étre médecin arrive à l'être. La difbcuité des réceptions n'est donc qu'un | L'impossibilité de réussir dans Les voies de l'honnenr et de la décence, en obstacle illusoire en ce qui a rapport à La diminution du nombre des médecins. un mot La nécessité, pousse quelquefuis dans des spéculations sordides des Quant au défaut d'inst-uction du grand nombre, je crois qu'il pourra être moin! hommes qui seraient restés perpétuellement dignes du titre de médecin, s'ils dre, mais il me ser jamais completement éliminé du corps médicsl, par cela} n'avaient pas eu à choisie entre La déconsidération moissonant l'or des dupes, méme qu'on y reçoit et qu'on ÿ recevra, dans le systèmeactuel, malgré tous les {et la constlération réduite à visre de sa propre estime, Sans vouloir faire la criréglemens posibli s, quieunque € présentera avec un esprit faux, un jugement de {tique détaillée des differcas moseus qu'on à imagiois pour rendre l'instruct où travers, pourra qu'il it a soémoire sufbsmmment garnie des él munis des sciences des médecins plus comp'èle , et les débordemens du charlstanisme moins débonmédicales, Du moment qu un homme aura fat preuve de bonge volonté, qu'ilités, je dira qu'aucun d'eux ne s'alresse aux deux véritables causes du mal. aura étudié, où trouvera loujours des considérations à faire valoir en faveur de jee de la profession. Tous sunt des pallialifs qu'on opguse aux symptômes du La médiocrité de ses moyens, ef il sera reçu, Sice n'est à Paris, à Sirashourg, mal et non au al lui-nème consideré dans son essence et son origine, Eu où à Montpeller. Cela se rédui à dire que la sévérité Fe raude qu'on se pro- || veut-on une dernière preure , une preuve sans réplique ? eb bien ! sHpposons que pose d'employer pes ra qu'un reméde illusoire con re le fout de connaissances; j ke système de pénalité qu'en prépare et que les conseils médicaux qu'on propos: d'est tout au plus ua mages den'avair plus désormais des mébccins ommplétement soient adoptés; «appoons en outre qu'ils atent la vertn de retenir chacun dans ignorans. Mais af y a Loin dde fà à Li cmndition de capacité de jugement et d'in- {Îles voies de honnête et du ranvenable, Croit-on qu'il en resiendrs un écu de slructiou apyrofundre que nécessilirait La mission mo-ale ct sceatifique du sé plus aux médecins consencnx et délicars qui n'ont point de restaurée aujourdecin, et qui suuait nées £a re pour dut donnee droit à L ronsidération de la sa il hui? qu'aura-t-ou fait pour les soulager? rien sinon qu'on aura grossi le nombre ciété et À La reconnaissance des malades, Quant à ce qui est di charlatanisens, fes médecins honnêtes, et jar cons -quent teur llé hrèctement à rendre 3 con des rivalités envicu-es . du rahas des soins, on nesgère pas Les anéautir par 'currence plus nmbrense et ses résuliats plus difficiles à supporter ; car les aide. les moyens indeques gilus bout, miaime par lastitution des conseils med eau, ; [cas qu vivaient de charlatamune, forcés désormais de s'en ten r à Le médecine ces moyens discoplinares servut lout au plus propres à vescr où à iuquiéter les honorable, serout autant de coucurrens appelés à partager la chentelle générale,

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