DE L'INFLUENCE DE LA PRESSE MÉDICALE PÉRIODIQUE
M y a cinquante ans il n'existait gnère en France qu'un où deux journaux de médecine. et les autres pays de l'Europe n'étaeut pas plus riches, Anjourd'hui le nombre des journaux médicaux italiens , français , anglais , allemands , s'élève à plasieurs centaines. Par rapport à da quantité, La différence est donc déja énorme: et malgré qu'on ait heu de croire que des besoiss actuels n'en exigent pss da vantage, il eat bien possible que d'ici à vingt ans ce nombre se soit teês-angmenté, Quant à la forme &s pobliestians périudiques . la différence n'est pas moins grande; lesanciens jourosex de médecine ressembiaient à cens de nos jours, comwe Le mieux Jorrnal de Trévons à la moderne eve d'Edivbourg. La Gazette
de santé, par exemple, amour -progre à part, ne valiit pas la Gazerre mémicaue:, |
etbien que nous ne répudiions pas oecte amique parenté, nous valans ertainement mieux. Cette gazette alors n'était qu'un recueil de recettes et d'obaerva-
| journaux scientifiques contenaient il est vrai aussi ane partie médirale , comme par exemple le recueil fort conne ititulé : Æctu naturæ curiosiorum ;: mais il l'était écrit en latin, et toute la médecine se rédiuisait à quelques observations de | faits extraordinaires, de monsruosilés, ete, , choisis moins dans nn intérêt scirnà Uilique, que pour amisre l'imagination et frapper la curiosité, En France, ce n'est | que depuis La reslauration que la presse périodique médicale à acquis un développement sensible ; elle a suivi le mouvement de la presse politique ; et toutes les
scivares, tous les arts, toutes les branches de Ja connaissance humaine ont été en
même temps atlirées sur ce nouveau terrain.
On peut trouver quelques argumens contre ce développement gigantesque de
|, la pressé périodique médicale, et lui impater bien des maux. Elle est exposée , .emume La presse mime , à ben des accusstions, car , pourant faire beancoug de
bien, elle pent, par ls même raison, faire beaucoup de mal. Mais il fout alors s'en
prendre à l'imprimerie elle-même. H y à le bon et le mauvais côté : l'essentiel est j de savoir dans quel sens penche La belance. Pour nous, le question n'est pas dou- Vteuse. La somme du bien l'emporte considérablement sur celle du mal, et sil y à 5 du mal, c'est que les choses humaines ne peuvent aller sans cet ingrédient iadis- | pensatle, C'est Là une réponse bien soite , mais je ne crois pas qu'il y en ait de !meslleure, Ÿ Avant de déterminer
périodiques la
j quels avantages à spéciclement retirés des publications science et l'art de médecin, il importe de ne pas laisser passer Les seules objecrionsunpeuspécieusrs qu'on; aisse In: adresser, Cesobjei tons, les voici: ; les journaux tuent les livres; au lieu d'ouvrages de maîtres, vous n'avez plus que des essais d'écoliers ; on ne donne plus à rien le trmps de mürir; les idées s'échap-
ioes mises à la por'ée dn peuple, Dans les autres jaÿs où où faisait pas mieux. Les! pent à peine écloses :t meurent en chemin, Tel qui eût pu, après dix ans de peines
da tissu affecté communs à d’autres états morbides ou à d'autres pottions souffrantes de l'organe de l’ouïe,
C’est surtout l'otite à l'état chronique qui est mal appréciée par les médecins peu habitués au diagnostic des maladies de l'oreille.
Sous les titres de suppuration d'oreille , d'otorrhée muqueuse ou purulente, de surdité Le écoulement , etc. , ils pensent souvent n'avoir à traiter que de simples otites chroniques, surtout s'ils sopt consultés pour de jeunes enfans.
Faute de remonter à la lésion organique, leur pronostic est toujours favorable ; ils ne s'enquièrent pas si ce produit provient de l'uleération de la membrane tympanique, d’une excroissance charnue, ou des tissus voisins de la membrane muqueuse ; ils font en général de la médecine ex te.
hez les adultes ils adoptent une série de remèdes toujours appliqués aussitôt qu'ils constatent une sécrétion purulente qui ans plus où moins la conque auriculaire; le séton , ne thlorurée, voilà leurs armes ; ce sont les remèdes par excellence qu'ils opposent à l'otorrhée. Mais quel sera donc l'effet de ces agens thérapeutiques , s'ily à perfuration de la membrane du tympan, si un polype est caché dans le fond du conduit, ou si une ouverture fistuleuse aboutit au tissu cellulaire, aux cartilages, aux cavités osseuses qui concourent à la construction de l'oreille? tels sont les erreurs graves qu'engendrent toujours les classifications des maladies fondées sur des symptômes.
Duverney, qui traitait la douleur « causée par une solution de conti- » nuité des particules , par un mouvement irrégulier dans les esprits » ou par une bumeur dcre , » et qui blämait les anciens ne voyant, disait-il, à la douleur « d'autres causes que des intempéries nues et » sans matière, » était-il donc plus éloigné d'une théorie vraie que certaios auteurs modernes ? il a écrit des pages de prescriptions contre les douleurs « provenant du froid qui rend ïes sucs salins plus piquans, » du chaud qui dégage et fond ces sucs salins, des sérosités âcres et » salées ; » ceux-ci, plus avancés il est vrai dans l'art d'écrire, grossissent des volumes de termes de nouvelle création, tantôt désignant un symptôme , tantôt exprimant un dérangement de fonction avec ces mots, surdité, céphose ; enfin il est des mots qui ne se rattachent qu'à de vaines hypothèses, par exemple , ceuxci : surdité par métastase , par diathèse , ete. Si ce bon Duverney revenait à la vie, verrait-il autre chose dans notre langage et dans nos livres sur les lésions de l’organe de l'ouïe qu'une substitution d'erreurs à celles que lui-même avait commises, et ne serait-1l pas en droit de nous dire :« auteurs modernes, » lisez mon traité publié en 1683 , sans doute j'ai pratiqué la médecine » symptomatique ; mais je me suis formellement prononcé sur la marche » à suivre par mes successeurs; j'ai écrit, page 89, édition de 1731, # que mon dessein n'est pas d'examiner à fond les maladies de l'oreille, » mais seulement par rapport à La structure de cet organe, afin de faire » voir combien la ronnaissance des parties est avantageuse pour l'ex- » plication des maladies. » Des idées si vraies, si lumineuses, seront à toutes les époques des sciences médicales la seule base solide, nonseulement de nos distributions méthodiques , mais aussi des indications SP C'est pour consacrer une vérité si essentielle que j'écris ces lignes. Afin de ne pas m'en écarter je reporterai à un autre temps la tâche de décrire les maladies de l'organe de l'oute qui laissent encore des doules sur leur siége et sur leurs effets relativement à l'audition, et surtout sur les indications curatives.
On a pu se rendre comptedes aremiers symptômes de l'otite dans quel-
ques-unes des observations que j'ai rapportées de corps étrangers dans
l'oreille; l'enfant qui fait le sujet de la cinquième, en fouroit un exemple
bien dessiné.
Le coquillage qu'il portait dans le conduit auditif en changeant de position, détermtinait souvent, dans la membrane auriculaire avec laquelle il était en contact , une rougeur plus ou moins vive, une douleur aigue qui semblait se propager dans tout le côté de la tête ; une chaleur vive, une tuméfaction visible à l'extérieur, et eofin si ces phéuomènes morbides n'étaient pas ariêtés sur-l-:hamp par des moyens convenables, il survenait un suiotement abondant de sérosité legèrement sanguinolente qui terminait la crise. :
Dans l'obsrvaes sixième, c'était une sécrétion muquense qui se faisait remarquer. Cette différence dans la qualité de l'écoulement tepait au tempérament lymphatique de l'enfant. Je citerai ici quelques observations d'atites. |