‹ Gazette médicale de ParisChapitre 162 sur 394 · IL. OSSERVATORE MEDICO · texte numérisé non relu

IL. OSSERVATORE MEDICO

L'Observateur médical de Naples est riche cette fuis en observatons intéressantes; nous en extrairons d'abord l'article suivant, nous réservant dans uoe prochaine revue de lui foire de nouveaux empruats.

SUR UNE NOUVELLE MÉTRODE POUR EXTRAIRE PAR LE PÉAINÉE rs CALCULS VOLUMINEUX DE LA vVEsie; mémoire lu à l'Académie médico-chirurgicale de Naples, le 26 avril 1834, par le docteur Mantano Paxrarvo, de Nicosie en Sicile.

L'auteur établit d'abord comme fait que la taille latérale au col de la vessie est celle qui à toujours réuni le plus grand nombre de praticiens ; et, comme principe, qu'elle offre des avantages supérieurs à toutes les autres, ce qhi est plus contestable. La seule objection qu'on lui fasse à bon droit, selon l'auteur, est qu'elle ne saurait donner passage à des cal. culs volumineux ; et c’est cet inconvénient qu'il a cherché à faire disparaitre. 1} y parvient par une double incision de la prostate , mais dirigée dans un sens différent de celle qu'ont proposée M. Dupuytren et M. Senf. Ainsi, la moitié gauche de cette incision regardant oblique. ment l'ischion comme dans la taille latérale sunple , l'autre moitié sera tournée obliquement en baut et à droite, en sorte que l’incision divisera la que sur nn seul diamètre, oblique de droite à gauche et de haut etmbas,

Selon le docteur Pantaleo , la partie supérieure de la prostate opposant une forie résistance à la dilatation du col vésical quand on n'a fait

lqu'une incision en bas , il est rationnel de détruire cet obstacle. C'est ce u'ont fait les opérateurs les plus heureux, quand l'extraction offrait Le difficultés, É est par là, selon lui, que M. Martineau est parvenu à ne perdre que 2 sujets sur 84 opérés. Mais attendre les difficultés pour faire la scconde incision , c'est compliquer l'opération et la rendre lplus diflicile; et enfin , quand même le calcul serait léger , Ja double jincision ne présente encore que des avantages et aucun inconvénient.

Ces raisonnemens ont déjà été mis en avant par tous les partisans de la taille bilatérale ; mais voici ce que M. Pantaleo reproche aux 3 dés ordinaires, Dans l'incision de M. Dupuytren, on est exposé à blesser le bulbe de l'urètre, si développé chez les vieillards et chez presque tous Les adultes calculs nx; ou si, pour l'éviter, on rapproche l’mcision de l'anus, on risque de truuer le rectum. Avec l'incision de Béclard, on peut plus facilement ménager le bulbe, mais le rectum court autant et plus de danger; et le défaut de parallélisme de la plaie extérieure aver les incistons internes, expose à une infiltration urinaire à droite et à gauche. Enfin les deux incisions de M. Dupuytren se réunissant à angle, laissent intacte toute la moitié supérieure de la prostate, qui fait encore obstacle à la dilatation. Certes on pourrait répondre à plusieurs de ces objections ; mais il est juste de dire qu'elles ont toutefois un côté très-spécieux, et que le nouveau procédé semble remédier assez bien aux inconvéniens qu'elles signalent.

L'instrument dont l'auteur se sert est un double lithotôme caché, dant les lames s'écartent en sens opposé et das ane étendue graduée comme à l'ordinaire, 1 fait au périnée une incision externe suffisamment étendue, et dans la même direction oblique que pour la taille latérale ordipaire ; il incise l'uvètre dans la portion sé et dans l'étendue de trois à quatre lignes ; dirige son lithotome dans la vessie, le long de la cannelure du cathéter ; reconnaît le calcul ; estime , d’après son volume présumé, l’écartement qu'il coovient de donner aux lames ; et, plaçant le lithotome dans la hf de l'incision extérieure , presse sur les bascules et retire l'instrument, les lames ouvertes, avec les précautions usitées. Ji en résulte une incision inférieure à gauche et une supérieure à droite; et si la première incision a une profondeur de six ligoes, la seconde aura divisé nettement la partie supérieure de la prostate. Mais cette plaie supérieure tendra à se réunir d'elle-même et

remière iotention , à raison de la facilité que La plaie inférieure , plus arge et plus déclive, offre à l'éconlement de l'urine. C'est là, selon l'auteur, l'incision la plus étendue et la plus favorablement disposée qu'on puisse obtenir au périnée, La plaie de la prostate est de la plus grande régularité, parallële à celle des tégumens , n'ayant besoin que d'une simple dilatation pour permettre l'extractivn de la pierre.

Aucun de ces avantages ne peut être nié; mais dans le cas où l'incision supérieure aura dépassé les limites de La prostate , est-il bien sûr que onlle infiltration ue pourra se faire par cette voie? C'est à l'expenence seule à répondre ; il ne parait pas que le nouveau procédé ait déjà été essayé sur le vivant.

— Les deux autres journaux mensuels de Naples, ZE Severino et 11 Plhiliatre Sebezio contiennent des observations fort intéressantes ; nous \y reviendrons dans [a prochaine revue.

ACADÉMIE DE MÉDECINE

Séasce uv 20 svux 4834. — Présulence de M. Boulay.

DE L'IMPERPORATION DE L'ANUS CHEX LES NOUVEAU-NÉS. = RAPPORT ET PIBCTA- S0% SUR L OPÉRATION À TENTER DAS CES CAS,

M. Carunox, en son nom et an nom de MM. Roux et Mnreau, fait nn rapport sur un mémoire de M. Roux, chirurgien à Brignolles.

Le 45 mai 1A3$, M. Roux fut y r ua coofrère près d'un enfant né réjcemment, et dont ls position étsit des ju graves. Il n'y avait au périnée aucune trace d'anus sensible au doigt ou à l'œil ; be rectum aboutissait à l'urètre ; celui-ei, loblitévé à son extrémité par une membrane , était percé au-dessous de la v par ne sorte d'hypospadias. La vergr était en érection. Aux preciers cris douleur avaient succédé des haquets et des vomissemens, Le premier médecia ap.

pelé avait bien incisé la membrane qui bouchait l'urètre , trais il n'avait pas o$é aller à la recherche de L'ams,

Malgré la dificulté de extte opération dans de telles circonstances , M. Roux

laçs enfant sur les genoux d'un aide, ivciss la peau d'avant en arrière dans legiroit que l'anus devait occuper et dans l'étendue de 6 lignes, et découvrit Les Gbres des sphincters qu'il écarta par la dissection, Arrivé au rcleveur de l'apus, il va sépara également les Gbres en se dirigeant toujours du côté du coceyx, de peur id'attein dec la vessie, el au-dessus de cette dernière conche de muscles, rencontra lune masse de lissu cellulaire datis laquelle le doigt reconnat une saillie molle et lÉactuante. À cet indice du rectum, ane ponction faite avse le histouri donna lien lea effet à l'écoulement d'une grande quantité de méconiem. Cette ponction fut Lagraudèe de manière à permettre l'introduction de la première phalsuge du doigt indicateur ; celle-ci fut remplacée par une grosse mèche enduite de cérat | qu'on laissa à demeure, Les jours suivans, les malières fécales sortirent par la plaic ;

* mn} LA

419 GAZETTE quelques: ungs apssi s'échappaient par Vurètre, L'incition fut donc agrandie encore du côté du coceyx , pour favoriser la sortie des fixes, et grâces à cette precaution l'anus artificiel remplit bisntôt exclusivement tuates les fonctions de l'anus naturel. L'enfant vit encore aujourd'hui , et jouit d'une très-bonne santé

M. le rapporteur donne de grands éloges au procédé suivi par M. Roux de Bri geolles. Lorsque l'anus n'est fermé que par une simple membrane, l'opération est simple et réussit toujours: mais lorsqu'une grande épaisseur de parties sépare le: périnée du rectam, où n'avait, pour y remédier, que l'opération de Litire. qui crée an aons arlificiel vis-à-vis la fosse iliaque, et qui, tentée par M, Roux de Ja Charité, a été suivie de mort ; ou bien la ponction périnéale faite à Faveugle avec le trocart où le bistouri , et à Laquelle les enfans succombent presque toujours. M. Roux de Brignalles a donaé plus de précision à cette opération , en la drigenat sur des données anatomiques ; c'est une amélioration réelle: aussi La commission propose d'adresser dés remerciemens à l'auteur, de déposer son mémaire aux arcbires, et d'inscrire son nom en raog honorable sur la listé des can didats correspondans,

M. Basscuer, M. le rapporteuc a dit que l'opération ordinaire réussit presque toujouts mal. 1] faut distinguer ici entre deux méthodes : la méthode de Littre qui st niauvaise et qui doit avoir de fichpus résultats, et l'incision périnéale: Pour celle-ci, quand on seat une dépression au lien que l'anus doit occuper, rien de plus simple que le pracédé opératoire , et les chances de salut sant aussi trèsnombreuses. Lorsque j'étais plaré à la tête de ls chirurgie des Epfan:-Trouvés souvent on m'apportait des enfans dont l'anus était oblitéré: j'ai lien fait celte opération dis-buit à vingt fois, et j'ai eu occasion de la répéter avec succès Lou recemment encore. Au total, elle m'a réussi dix à doure fois. Mais pour cela jl faut que le rectum «e dévèle près du péninée par quelque iudice ; quend il se ter. mine par un cul-de-s2c très-cffilé, qu'il aboutit dans le vagin où dans Ja vessie il n'y a rien à tenter. .

M Gerusox. Ce que dit M. Breschet ne fait que confirmer ce que j'ai avance dans le rapport. Quand une simple membrane bouche l'anus , rien de Plus simple j'ai eu trois fois occasion de fendre des membesnes de ce genre immédiatement aprés l'accouchement ; no con de lancette suffit; je n'éharliais pas même les lambeaux , et le succès à toujours suivi, Mais quand il manque uo quart où plus de la longueur du rectum , je suis d'avis avec M. Breschet qu'il o°y avait rien à faire J'ai vu M. Bous tenter l'opération de Littre sur un enfant qui était à l2 verité auy sbois; 3l expira dans la journée, Mais c'est dans ces cas que M. Houx de Beigoolles nous apporte une ressource nouvelle ; el pour moi Je n'hésiterais pas à never conne il 1 a fait; seulement j'aurais moins peur que lui d'atteindre Là vessie , qui chez les nouvesu-nés est toujours au-dessus A leg Ei, si je ne reussissass pas ainsi, en dernier ressort j'atirais récours à la méthode de Lire,

M. Moarau. Le succès &c: dépend lnvn moins du procédé opératoire que du geure d'ablitération auquel an a à faire. Quand ily a une certaine sseur de parties entre Le rertum et le périnée . ML Dubois, M. Dapuytren et d'autres chirurgiens des plus habiles ont tenté L'opération ; tous les enfaps ont surcombé Mais il yaun vice de conformation dont on n'a pas parle dans le rapport; c'est quand l'anus esiste, el se prolonge à une certaine profondeur où il est borné pa np cul-de-sac; et au<lessus de ce cul-de-sac est La terminsison du colon gauche J'ai rencontré l'an dernier avez M. Delens un cas de ce grare : J'ai dovaé un coup de frocart au fond du cal-de-suc , dans La direction où je sentais Le cul-de-sse fol

rieur; je suis en effet parvenu à l'intestin, et Le méconium s'est écoulé : mais ‘obl'iération s'est reproduite et l'enfant est mort. :

M, Sassox, Je ne pense pas qu'il faille toujou:s des conditions aussi fovoraliles pour faire A le succès. Il y a six mois on m'a présenté un nouveau-né qu offrait pas la moindre trace d'anus; seulement durant ses cris et ses cfforts Le pétuée se tendait uniformément, Je plongeai Le bistotri jusqu'à deux pouces et demi de profondeur ; alors seulement je rencontrai le bout intestinal dont l'on verture laissa échapper le méconium. J'agrandis l'incision en arrière. et la nain fins dilalée par une mèche; va de mes élèves a été chargé de suivre cet enfant : un mois aprésil m'a dit que la guérison était assurée, Je n'ai pas revu l'enfant muïmme ; mas je n'ai aucun sujet de douter de la sincérité de cette déclaration

M. Carcrox. Mais il y à cetle différence que dans le procédé ancien le histauri marchait au hasard, tandis que dans Le nouveau , on incise an lien d'élection, on écarte Les sphineters et on orrive au recu par Le voie La plus naturetle. : | ra pe ri n'ai org pre agi “ hasard ; J'ai cherché et suivi La direction de l'anus; et la chose est 55 simple qu'il n'est able jamai ; Abel eg pie ql pas pro que Jamais personne ait

M. Carunox. Mais M. Roux êde graduellement et pat incisions ménas tandis qu'auparavant où plongeait. le bisiouri tout d'un co. us

M. Bnescuer. sde pourtant une réflexion à faire. Pour ceux qui ont l'habitude d'opérer sur des enfans nouveau-nés, il sera fort difécile de comprendre comment M. Roux a pu distinguer tousces tissus, les Gbres des différens muscles etc. ,€t pour ma part , je considère comme peu digee de foi tout ce que M, Roux nous débite sur les détails de l'opération. Ajoutez que dans toutes les opérations faites sur les nouveau-nés il faut aller trés-vite ; la douieur prolongée Les tie : ils pe sauraient supporter des incisions lentes , ni une suppuration un peu abondante ni La douleur; toutes choses que supporteut très-bien ceux d'un Sge plus avancé,

M. Srea, M. Boux est un chirurgien d'une sagacité extraordinaire : le mémoire le plus savant qui sit êté adressé à l'Académie sur la rhinoplastique est de Jui : il a refait des joues et des livres avec un succès prodi iéux, €t je ne sais atrnai il a été oublié dans la dernière liste des correspandans, Je n'hésite pasa dire qu'il cat fcbrux qu'il se borne à une si petit théâtre et que ses talens le r-n0racut digue de briller suc ua plus grand,

M. Caronox persiste dans ses conclusions.

M. Drrscgr demande en outre le renvoi du mémoire et du rapport an comité de pablcation.

Les conclusions da reppoet e1 la propeaition de M, Breschet sont adoptées.

AL. Rocnocx demande la parole pour un fait personncl, Parmi les titres de M. Toulmouche, on à omis un memoire sur la thinentérite sur lequel l'honorable membre à fait un rapport en 1828, 1j fait aussi La remarque que l'an a empéché les adjoints de voter pour la nomination des merabres correspondans ; et que le rapport général , fait sur leurs titres par M. flusson , était cependant busé presque en totalité sur les rapports particuliers Faite par des membres adiointe

M, Louran Wincranar s'ekcuse près de ! Académie d'avoir oublié de déposer ou d'examiner un mémoire très-intéressant de M. Toulmovche. :

M Le Président, Les nominations sont faites, et ce n'est plus La la question.

L'ardee du jour appelle la discussion sur le rapport de M, Ferrus, touclaut les prisons

Séance levée a 5 heures.

BIBLIOGR A PIIIE.

RECHERCHES CHIMIQUES ET MÉDICALES SUR LA KRÉOSOTE , SA PRÉPARATION, SES PROPRIÉTÉS ET SON EMPLOI ; par E. Micuer, docteur en médecine , membre de la Société des sciences physiques, chimiques, etc., etc. — Paris, 4854. In-8° de 95 pages.

On a employé la kréosote dans le traitement d'un grand nombre de maladies différentes, et, comme cela est d'usage püur tous les médicamens nouveaux, on 4 prétendu l'avoir fait avec un succès presque constant; cependant il est probable que d'ici à quelques années les propriétés qui en font, aux yeux de quelques exper mentateurs, une espèce de panarée merveilleuse et presque universelle, seruat en partie aublices, comme l'ont été de nos jours celles du phosihore , de l'iode, du chlore, et comme le seroct aussi celles des chlorures, que nous voyons employés aujourd’hui dans les maladies les plus différentes et avec un succès à peu près complet, au dire des expérimentateurs. Ces louanges exagérées et cet abandon sont également injustes, et en évitant les premières on se mettra en même temps à l'abri de ces désappointemens si pénibles pour l’homme de l'art , et, disons-le, si cruels pour le patient,

Nous ne voudrions pas cependant qu'on appliquât ces réflexions préliminaires au travail de M, Miguer. Il ne s'est pas contenté de passer en revue les faits où la kréosote à été employée avec succès, maïs a également cité ceux où , d'après son rapport , elle n'a pas produit l'effet que l'on en attendait. Cinquante pages sont consacrées à l'exposition des premiers et deux seulement à celle des seconds. Bien que la disproportion entre les deux parties soit ici un peu considérable, ce nt on doit savoir gré à l'auteur d'avoir tenu compte des faits défavorables et de n'avoir pas suivi l'exemple de la p upart de ceux qui vantent un médicament nouveau ou renouvelé , et qui Le plus souvent se dispensent de parler des insuccis.

I y a deux manières de faire faire des progrès à la thérapeutique, où d'augmenter ses richesses; l'une qui consiste à étudier, sous les rapports physique et chimique, les propriétés d'un agent nouveau où nouvellement employé et d'en induire, d'après les connaissances nathologiques, Les circonstances dans lesquelles il sera iodiqué; c'est la methode scientifique, celle que suivent la plupart des homines qui sont habitués à soumettre les questions scientifiques à l'examen de leur jugement; l'autre , qui a reçu le nom d'empirique, et qui, bien qu'elle puisse être seule employée par les ignorans, De mérite cependant pss l'espèce de réprobation dont elle est l’objet de nos jours ; elle cunsiste à faire l'essai d'une substance médicamenteuse dans les maladies les plus différentes, jusqu'à ce que l’on en tronve une où elle ait une efficacité constatée, et ensuite à distinguer les conditions où elle réussit, c'est-à-dire où elle peut être employée, de celles où elle est administrée sans succés. Quel que sait le mérite de chacune de ces deux méthodes, quels que soient les avantages que la thérapeutique ait retirés de chacune d'elles, nous devons dire que c'est la première, on la méthode scientifique , que M. Miguet a adoptée dans ses recherches sur la kréosote. Nous allons le suivre d'abord dans l'exposé qu'il donne des propriétés physiques et chimiques de cette substance, évitant de répéter ce que nos lecteurs pourraient trouver dans d'autres articles de la Gazerre mémiCALE , où il en a déjà été question, ct ensuite nous le suivrons dans l'application qu'il fait de ces propriétés au traitement de plusieurs maladies. |

Parmi les propriétés chimiques de la kréosote , la plus nportante pour la médecine, celle sur laquelle, d’après M. Miguet, son eflicacité est rationnelleraent fondée, c'est son action sur l'albumiue, qu'elle coa-

\gule aussitôt qu'elle est en contact avec elle. Lorsque de la viande frai-

che a été trempée pendant une heure dans ane solution de krévsote, et qu'ensuite elle a été bien desséchée , on peut l'exposer à la chaleur du soleil sans qu'elle entre en putréfaction ; elle se durcit dans l'espace de huit jours, prend une odeur agréable de bonne viande fraiche , et sa couleur passe au rouge brun. On peut conserver du poisson par le mé-

me procédé, Plusieurs oiseaux tués par la kréosote se sont sonserves pendant un mois et derni sans répandre aucune mauvaise odeur.

M. Reichenbach voulant savoir comment agit la krcosote dans ers circonstances, et présumant que c'était sur le saug que la réaction avait lieu , a mis successivement cite substance en contact avec le sérum , je

caillot , la matière colorante et la fibrine, puis il a conclu de ses expé-|

riences : 1° que la krévsote coagule Palbumine du sang; 2° que cette congulation a leu sur-le-champ, lürsque les deux liquides sont concenrés: 3° que La fibrine , bien isolée des autres principes, n'est pas attaquée par la kréosote. |

Les propriétés physiologiques de la kréosote ne sont pas moins remarquables que ses propriétés physiques et chimiques, Appliquée sim la langue, elle y détermine une violente douleur ; cet organe semble se crisper il ne présente ni rongeur ni tuméfaclion ; et pourtant , si la kréosote est pure, il est Le siège d'une vive eutsson; un guût de fumée se fait aussitôt sentir dans tonte l'étendue de la cavité buccale, envahir le pharyns, et péaitre dans les fasses nasules, Lorsqu'on verse de cette

substance concentrée sur la pean , où épronve une sensation analogue à!

celle que produit une légère brûlure, Les plantes meurent lorsqu'on les arrose avec une solation de kréosote; sur nn rosier plein de vigueur et orné d’une rose épanouie , les ciuq ou six premières arrosions n'ont aprté dans son Labiiude aucune modification appréciable ; wnais à peine uit jours s'étaient écoulés , que deja son aspect était triste. ri sen outtes de la mêne solution, instillées su la rose qui était d'un rouge vif et éclatant , l'ont décolorce , et en peu de temps elle est devenue tout-à-fait janne,

Des mouches , une araignée , de petits poissons plongés dans deux onces d'eau tenant en suspension douze gouttes de kréosote , n'ont pas vécu plus de deux minutes. | | |

L'auteur paraît disposé à attribuer celte action vénénense à la propriété qui rend la kréosote propre à préserver la chair morte de la putréfaction, celle de coaguler l'albumine.

Un jeune chien de deux mois à pu prendre impunément , pendant buit jours, huit onces d'eau distillée contenant chacune quatre gouttes de kréosote. Pendant les huit jours suivans la quantité de kréosote ayant été doublée, alors on vit apparaître les phénomènes morbides suivans : marche lente et pénible ; naustes sh care ; soubresauts des tendons ; tremblement intermittent; en peu de jours amaigrissement notable. L'usage de la kréosote fut suspendu, et toutes les fonctions revinrent progressivement à leur état normal. Il eut bieutot recouvré son cwbonpoint primitif,

Mais administrée à la dose de 2 gros dans une demi-once d'eau à un autre jeune chien, elle détermina immédiatement une prostration complete du système musculaire, avec étourdissrmens, vertiges , regards fixes ; tous les sens de l'animal semblaient plongés dans un profond engourdissement. An bout de trois minutes, la respiration etait presque complétement inlcrcepltée par un amas de mucosites visqueuses qui obstruaient le larynx ; de courte et plaintive, elle deviut de plus en plus liborieuse. Aux contractions spasmodiques des muscles succéda promplement une contraction permanente accompagnée de frémissement , et qui ne tarila pas à entrainer la mort.

À l'autopsie, tous les tissus , excepté le foie, exhalaient une odeur forte de kréosote. La membrane muqueuse du canal digestif était parsemée daus toute sa longueur de plaques rouges plus où moins larges. Les matières contenues dans l'estomac , mises en contact avec du blanc d'œuf , l'ont aussitôt coagule et ont fourni par la chaleur une fumée épaisse d'une odeur de kréosote bien prononcée, .

La cavité du cœur contenait trois où quatre petits caillots d'un sang ronge et clair; et dans les vaisseaux les plus voisins; ce fluide a senblé parvenir à uu degré de cvagulation plus considérable que celui qu il acquiert lorsqn'il est abandonné à lui-même. Les antres organes n'ont rien offert de spécial à la circonstance. |

Aiosi il ne sera pas difficile de constater l’empoisonnement par cette substance, dans la plupart des cas au moins, aux signes que nous venons d'énumerer.

Apres avoir exposé avec beaucoup de détails tes diverses propriétés de la créosote, l'auteur passe en revue les différentes maladies contre lesquelles cette substance a été employée , et expose les faits recueillis jusqu'ici en deux séries, l'une qui contient ceux communiqués par

T. Reichenbach , et la seconde les essais faits par les médecins français qui ont soumis ce médicament à de nouvelles expérimentations et qui ont confirmé les assertions du chimiste de Blancko.

Les maladies dans le traitement desquelles les médecins allemands ont employé la eréosote avec succès sont les brûlures, la gale et quelques dartres, la gangrène, la carie, Les douleurs de dents, les panaris,

Îles ulcères serophuleux , les tumeurs blanches ulccrées ,Vh les ulcères syphilitiques.

Parmi les faits qui appartiennent à la seconde série, c'est-à-dire ceux recueillis par des médecins feançais . nous trouvons d'abord plusieurs cas où la kréosote à fait disparaitre des dartres on d'antres affections cutanées ; mais comme déjà depuis lune-temps l'efficacité de l'ean de goudrun dans le traitement de ces maladies avait été constatée , Nous ne {nous Y ärréterons pas: nous n'en dirons pas plus des ulcères vénériens chroniques et de l'emploi du même médicament dans le traitement de toutes les affections externes dont il a déja été pinsienrs fois question dans la Gazkrre méoicate.

La difficulté que l'on éprouve souvent à distinguer les simples catar. rhes pulinomaires chroniques dus affections tnberculenses des poumons , a été jusqu'ici la cause d'un grand nombre d'errenrs: commises dans Je traitement de ces dernières maladies et des longs tâtonnemens qu'entrainent toutes les recherches sur les médicamens tentés contre la phthisie. En effet, tel agent médicieal qui pourrait étretres-utile dans un cas de catarrhe pulmomaire chronique, sera insuflisant on même nuisible chez un sujet atteint de phthisie; ainsi le chlore en inspiration : ent-Ëtre en sera-t-il de même de Ja kréosote. Les faits rapportés par M Reichenbach, M. Martin Solon et quelques autres expérimentateurs sünt loin de démontrer que la kréosote jouisse de la propriété d'eurayer la marche de ja plihisie ou de la guérir, S'il en était ainsi, la thérae peutique aurait fait un pas iminense, Toutefois M, Miguet dit avoir vu plusieurs fois, sous l'influence des vapeurs kréosotées, la toux diminuer le fréquence, les crachats se Lhscher avec facilité et sans douleur , l'expectoration agneuse se condenser , quitter l’acpect puriforme ct numrmclaire pour revenir aux caractères d'un mucus homogène filant où spunicux.

Tæ nombre des substances que l'on oppose aux douleurs des dents était déjà considérable; 11 parait qu'il faut y joindre encore la kréosote. Appliquée sur la dent cariée et douloureuse , elle détermine des douleurs vives et qui font bientôt place à un repos complet, mais de courte

“durée ; car il faut répéter fréquemment cette application, La carie n'en poursuit pas moins ses ravages, ct dans ce cas l'action de la kréosote consiste , suivant l'auteur, à coaguler l'albumine du sang qui suinte presque toujours des dents cariées, ct forme ainsi une enveloppe albumineuse qui met le nerf à l'abri de l'air et des autres corps étrangers. | La prompte récrudescence de la douleur dépendant, dans cette explication , de la destruction de l'enveloppe albuminense,

Nous ne suivrons pas l'auteur dans la discussion qu'il établit sur le mode d'emploi de la kréosote, sur la manière dont elle agit dans l'économie et sur sa préparation. Les délails dans lesquels nous sommes en- [trés à l'occasion de cette brochure sont suffisamment excusés par l'intérêt que l'on attache en ce moment à toutes les recherches thérapeutiques, et spécialement à tout ce qui concerne les substances rouvelles. La brochure de M, Miguet satisfra en partie cet intérêt , et servira de guide à tous les médecins qui seront désireux de répéter les expérimentalions qui y sont rapportées ou d'en faire de nouvelles.

émoptysie,

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CONCOURS

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