‹ Gazette médicale de ParisChapitre 171 sur 394 · CONSTITUTION MÉDICALE ODSENVÉE FENDANT L'ANNÉE · texte numérisé non relu

CONSTITUTION MÉDICALE ODSENVÉE FENDANT L'ANNÉE

Ce recueil roatinue de nous offrir des notes sur la constitution médicale des divers caotons du département d'Indre-et-Loire pendant le cours de l'année 1833 , et mérite sous ce rapport d'occuper une place honorable parmi les publications du même genre étrangères à la ca pitale. Après avoir tracé brièvement l'état atmosphérique de chaque mois et les influences que l'air semblait exercer sur les maladies de l'époque , l’auteur de cette notice décrit avec des détails plein d'intérêt plusieurs des maladies qui ont régné épidémiquement pendant l’année 1833, et même quelques-unes de celles qui, sans offrir un caracttre épidémique très-prononcé, n'en ont pas moins affecté beaucoup d'individus. Au premier rang il place la grippe, affection essentiellement catarrhale et qui a frappé au moins le tiers de la population de la ville de Tours. il en divisa le cours en deux périodes bien distinctes : l’une d'irritation ou de crudité, et l’autre de détente ou de coction.,

Chez le plus grand nombre des sujets cette maladie était générale, c'est-à-dire frappait à la fois sur tout l'organisme; mais en prolongéant son cours, elle se localisait le plus souvent, et affectait plus directement et plus profondément alors un point de Ja muqueuse, soit des voies de la respiration , soit de l'appareil digestif et simulant une poeumouie , une bronchite , une gastrite ou mème une gastro-entérite, Cette période était celle d'irritation, et an bout de deux à six jours elle était remplacée par la période de coction.

me à Paris, cette épidémie était peu grave , un petit nombre de malades a succombé à son atteinte directe et unique ; les complications seules la rendaieut dangereuse.

Dans le traitementon n'a retiré aucun avantage de l'emploi des éwissions sanguines ; dans beaucoup de cas où l'on y a eu recours , elles n'ont produit que de mativais effets . prolongeant la durée du mal ou aggravant les accidens au lieu de les détruire. Les purgaufs, sans offrir les mêmes inconvéniens , n'élaient réellement indiqués que dans les cas de complication gastrique , ou alors qu'une révulsion sur le canal digestif était commandée par la nature des accidens. Les vomitifs ne présentaient pas non plus le mème danger : au début, chez les jeunes sujets, or. les plaçait toujours avec des avantages faciles à apprécier par Foasttioesion qui suivait leur emploi.

Cette épidémie, qui avait commencé par frapper les enfans, et qui a fini par atteindre les adultes avec une sorte de préférence aussi inexplicable que le choix qu'elle semblait faire des jeunes sujets à son début, a régné à Tours san; interruption, depuis les premiers jours de mai jusqu'a la Gin d'août. :

La rougeole et la scarlatine, sans avoir frappé autant de sujets et affecté dans leur marche le caractère épidémique qu'a toujours montré la vrippe, pendant sa durée n'en a pas moins pour cela frappé beaucoup di ividus et fait bon nombre de victimes.

De tous les phénomènes constitutifs qui ont aggravé l'état des scarla-

tineux, il ne s’en est pas présenté de plus redoutable et de plus fréquent || 4

que l’anasarque. Déterminée quelquefois , ou au moins soupçonnée de n'être apparue que par l'impression d'un air froid et bumide, elle s'est souvent aussi développée sans cause appréciable. On pouvait pourtant eo soupçonner l'apparition chez les sujets où la desquammation s'ope-

rait lentement, et chez ceux où les vomissemens, la chaleur brûlante de la peau vilr-a après l'éruption, Cette grave complication s’annonçait par le gooflement des picds , ensuite par celui des mains, puis la face se prenait, et l'infliration gagoait rapidement tout le reste du corps. Elle n'avait du reste aucune epoque de développement Lien marquée ; quelquefois elle paraissait pendant où immédiatement après la esquammation ; d'autres fois ce n'était que quelques jours , et même un mois après. Les médications employces contre cette complication grave ont varié, suivant les indications : chez les sujets forts et vigoureux , 0 avait recours aux émissions sanguines et au traitement aatiphlogistique ; et dans les circonstances opposées , aux purgatifs et aux diurétiques combinés à de légers toniques. I est cependant des cas qui se sont montrés rebelles à toutes les médications ; et c'est surtout chez les eufans chez lesquels l'éruption s'était opérée lentement.

Cette notice se termine par l'exposition Los traits principaux qu'a offerts l'angine maligne qui à régné dans le canton de Bléré , tracée d'après une note fournie par M. Delabaye, chirurgien à la Croix de Bleré,

NOTE SUR LA SCARLATINE, adressée à la société médicale de Tours par M. Mioquez, docteur en médecine à Amboise.

Au rapport de l’auteur de cette note, il y avait bien des années que la scarlatine n'avait régnéépidémiquement dans le département d'Indreet-Loire, lorsque l'épidémie de 1824 éclata : aussi fut-elle forte. 11 l'ahserva ensuite pendant 6 ans, et il paraît que depuis un ao elle règne de nouveau dans je environs, sous forme épidémique,

Cette note offre, au milieu de details plus ou moins intéressans , mais que nous ne pouvons reproduire, quelques faits d'utilité pratique que nous citerons rapidement, Quelle que soit l'époque où la mort arrive , par le fait de la scarlatine on trouve toujours les reins malades. Après celle des reins, l'inflammation de la membrane muqueuse digestive est la plus commune.

L'auteur pense que, dans la plupart des cas, l'anasarque des scarlatineux ne peut étre attribué, comme on L: fait souvent, à l'influence du froid sur la peau , mais bien à l'ingestion démesurée d'alimens trop abondaus où trop excitans. Nous regrettons qu'il n'ait pas indiqué l'état des urines , que des observateurs récens ont trouvées Lens ce cas albu= mineuses ; peut-être eût-il alors rattaché l'anasarque à cette altération des reins qu'il dit avoir observée fréquemment , mais dont il ne doune oulle part la description.

L'éruption vaginale qui est parfuis très-confluente lui semble être Ia cause des fausses couches , plus commune dans la scarlatine que dans aucune attre maladie de cette classe. j

M. Miquel parait attacher une grande importance à l'emploi des résolutifs dans le traitement de la scarlatine. Jamais il neles à vus agir comme perturbateurs; dans plusieurs centaines de cas où iles aemployes, il n'a vu qu'un effet sédatif bienfaisant. 11 y à recours dans la période d'acnité et se propose pour but de cette médication, de faire cesser ou au moins de diminuer non-senlement l'inflammation secondaire de la pean et du Lissu cellulaire, mais encore de diminuer le nombres des papules et d'abréger la durée de l'éruption.

Voici le prerier mélange astringent qu'il dit avoir employé :

Prenez: Acétate de plomb liquide, 1 once.

Vinaigrr , Eau de-vie .

Esu commune ,

è de chaque, 6 — { livre.

1! a encore fréquemment fait usage des lotions suivantes :

Prenez : Sulfure de potasse, Eau commune ,

4 once et demie.

2 livres.

Dans quinze cas, il à réussi à arrêter tout-à-fait la marche de la scarlatine par l'usage de ces lotions ; et alors dès le troisième jour les malades étaient convalescens.

Quand il n’a pas réussi à juguler la maladie par le sulfure, il à toujours obtenu le même résultat par le premier melange.

Nous citerons le passage suivant qui termine cette note : « en terminant , je crois pouvoir annoncer positivement qu'en piquant des papules scarlatineuses, le troisième jour, il ea sort une sérosité rouge qui, portée sous l'épiderme avec une lancette, détermine le plus souvent là où l'on pique, une petite tache rouge avec saillie, et dont la durée est

c quatre jours. Cette scarlatine locale m'a paru, jusqu’à ce moment, ui moyen de préserver de cette maladie. Les ds erniers enfans soumis à cette inoculation sont restés deux mois avec leur sœur scarlatineuse , et ont couché avec elle impunément , car ils n'ont rien éprouvé qui püt faire soupçonner une influence du miasme qui détermue la scarlatine

ou l'angine ; je crois donc que la scarlatine peut être localisée et devenir par là un préservatif de l'infection générale. »

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