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IV. JOURNAL DES SCIENCES MÉDICALES DE MONT- PELLIER

Les quatre premiers numéros de ce journal se distinguent surtout r des articles de généralités où brillent de tout leur éclat les idées mais aussi parfois un peu vagues et abstraites de l'école de Montpellier, et qui d'ailleurs se refusent à l'analyse. Nous nous bor-

nous en conséquence à en extraire l'article suivant.

LEÇON DE M. LALLEMAND SUn LES ULCÈRES, recueillie par M. Émile Venoren et revue par M. LazLeman.

M. Lallemand désigne par le nom d'ulcères les destructions de tissu qui s'effectuent sous l'influence d'un virus quelconque ; tous les autres ne sont pour lui que des plaies plus ou moins anciennes , plus ou moins difficiles à cicatriser. 11 traite dans cette leçon des ulcères vénériens, des

laies variqueuses ; des plaies des vieillards ou ulcères atoniques , et ui plaies par irritation.

L. Ulcères vénériens. Lorsqu'on a employé une dose copieuse de

réparations mercurielles, comme 2 à 300 pilules de Sédillot, et que es symptômes vénériens extérieurs cessent de s'amender, si on continue la même médication on voit la maladie reprendre une énergie nouvelle, qui est alors l'effet du médicament. M. Lallemand veut donc, dès que sous l'influence du mercure les symptômes demeurent stationpaires, qu'on passe aux préparations d'or ; elles amènent dans ces cas une amélioration surprenante. Et si après un certain temps elles finissent aussi par ne plus groduire d'effet, il faut revenir aux préparations mercurielles , qu'on peut administrer largement et sans craindre la salivation; car alors la salivation ne se manifeste pas. Quand enfin ces deux moyens sont usés, c'est le cas de recourir aux sudorifiques. En ua mot, il convient de changer de médicawens toutes les fois que l'économie ne tolère pas un usage prolongé des mêmes moyens.

Les préparations d’or couviennent mieux aux sujets lymphatiques , sur lesquels elles agissent aussi comme toniques; les préparations mercurielles , débilitant l'économie , sont preférables pour les sujets à fibre sèche et nerveuse.

Enfin dans plusieurs cas de plaies assez étendues au pli de l’aine, résultant de bubons rougeans, après avoir épuisé le traitement interne, et à l'extérieur les antiphlogistiques, les stimulans, les caustiques, M, Lallemaod s'est très-bien trouvé des bains généraux aromatiques; et il recommande fortement l'usage de ces bains, qui stimulent l'économie sans exercer aucune ivfluence fâcheuse sur les organes digestifs,

H. Plaies variqueuses. Nous laissons de côté ce qu'a dit Le professeur sur l'étiologie des varices; il admet comme cause principale la station debout , qui favorise bien davantage le développement des vatices que la marche prolongée, Mais ses idées sur le traitement ont droit à toute notre alention.

La première indication dans le traitement des plaies variqueuses serait sans doute le repos ; mais comme le plus souvent les malades ne sauraient se priver du produit de leur travail, il importait de trouver un moyen de guérison qui se conciliât avec celte nécessité de travailler. On & parvient à l'aide des bandelettes agglutinatives.

es bandelettes doivent avoir 10 à 12 ligues de largeur, et être assez longues pour faire une fois et demic le tour du membre, afin que la compression soit solide et cireulaire. On les applique de manière que la deux ième recouvre la moitié de la largeur de la premicre, et ainsi de suite , pour que la compression soit continue, uniforme et sans intervalles par où les parties molles puissent faire hernie, Îl convient , avant d'y recourir , d'ahattre les sÿymptômrs inflammatoires qui ont lieu dans la plaie ou à son pourtour, à l'aide de cataplasmes émolliens.

Une bis appliquées, on les laisse jusqu'à ce que le pus, passant entre elles , se fasse jour au dehors, et que les malades commencent à éprouver des picotemens dans la plaie; alors on enlève l'appareil, et au lieu de trouver la plaie saignante et livide , on découvre une surface rosée, vermeille , dont les bords affaissés et rapprochés du centre ont de beaucoup diminué l'étendue. Le renouvellement ds bandelettes doit être ensuite renouvelé tous les cinq à six jours.

Ce mode de pansement ne convient point aux sujets dont la peau es douée d'une grande sensibilité; la transpiration cutanée s'amassant sous les bandeleites, ramollit l'épiderme, l'irrite, et de là des sensations de prurit où de douleur que les malades supportent difficilement. Dans ces cas il Éuut recourir à une compression pure et simple.

Quand ces plaies sont cicatrisées, il faut, pour protéger la cicatrice ,

canseiller aux malades de porter en été des guètres de toile lacées , et en hiver des guêtres de peau de chien.

On a proposé d'enlever les veines variqueuses : M, Lillemand re. garde celte opération comme très-grave, à cause de la phlébite qui peut survenir. Ïl fa rejette absolument pour les veines du cordon dans les cas de cirsocele, n'en ayant jamais vu que de mauvais résultats; et il ne semble l'admetire que pour les veines éloignées du tronc, vers les premières brisures des membres, et d'un calibre tel qu'elles puissent être oblitérées par le gonflement ivflammatnire, et que le charrois du pus soit impossible ; condition qu'on rencontrera fort rarement, à notre avis, dans les cas où La gravité de la maladie oblige. rail à recourir à l'opératiun.

WT. Plaies des vieillards (ulcères atoniques). La dénomination d'ulceres atoniques convient d'autant moins à ces plaies, que les émolliens sont les topiques qui leur font faire les progrès les plus rapides vers la guérison: ce qui prouverait qu'au lieu F un état atonique, 1] y à plutôt tension exagérée.

Après les premiers jours d'application de cataplasmes sur ces plaies, on les voit prendre un aspect vermeil; leurs bords se déraidissent, s'affaissent ; des hourgeous charous semblent s'élever avec activité ; mais il n'en est point ainsi; ce sont au contraire les bords qui s’affaissent et s'amincissent. Après celte amélioration rapide, le mal reste stationnaire ; il faut recourir à l'emploi des bandelettes agglutinatives imbriquées, comme il a été dit plus haut.

Si durant leur application 11 survient de La douleur, si les bourgeons charnus se boursonflent et saignent, on revient aux cataplasmes émoiliens ; et si plus tard les bandelettes ne pouvaient encore être supportées, même en recouvrant d'uve couche de cérat les parties malades , il faudrait se borner à la compression simple.

Quand on approche de la guérison , une précaution souvent essentelle est de remplacer la plaie par un exutoire; il est indispensable chez les malades qui travaillent peu, se nourrissent bien et ont une constitution riche en fluides nutritifs, Au contraire , il vaut mieux s'en dispenser chez les individus mal nourris et sujets à un travail pénible. Du reste , la cicatrice une fois complète demande à être protégée comme dans les cas précédens.

IV. Plaies par irritation. M, Lallemand nomme ainsi les ulcères dont la surface offre une masse bourgeonneuse d'un rouge variable, s'élevant beaucoup au-dessus du niveau des bords affaissés , qui sem- Llent en étrangler la base.

Dans ces cas, le professeur insiste sur l'usage des cataplasmes émolliens , aidés par une compression légère. Chez un sujet où l'étranglement exercé par les Lords de la pes sur la masse fongueuse s'opposait au dégorgement des bourgeons charnus, il débrida au moyen de deux incisions , l'une supérieure, l'autre inférieure , et cette opération eut le meilleur succès. Si malgré les cataplasmes La masse bourgeonnense ne se résout pas, on peut en accuser une distension passive des vaisseaux ; la cautérisation par le nitrate d'argentest indispensable. Et lorsque enfo il n'y à plus ui exubérance des chairs ni irritation , on hâte la cicatrisation à l'aide des bandelettes agglutinatives,

A la suite de ces diverses espèces de plaies, surtout de celles qui semblaient accompagnées d'une grande perte de substance , on croirait devoir trouver une cicatrice déprimée. Loin de là, lorsqu'elles ont leur siége à la partie interne de la jambe, il arrive que la portion correspondante du tibia est gonflée et fait saillie en avant. Ceci tient à ce que l'irritation se propage de la plaie au périoste du tibia qui s’ossifie et se recouvre d'un périoste accidentel, qui s’ossifie à son tour; mais ce qui est moins connu, c'est que le travail qui se fait à l'extérieur de l'os s'exécute en sens contraire dans le point correspondant du canal médullaire ; la membrane médullaire et la moclle elle-même se transforment en tissu osseux , en sorte qu'au bout d'un certain temps le canal en ce point se trouve completement oblitéré,

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