‹ Gazette médicale de ParisChapitre 192 sur 394 · RÉ P · texte numérisé non relu

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dans l'accouchement naturel, la plus légère phloguse, déchirure ou uleération ne $e manifestent pas aux parois de fa matricr. De pareils désordres ont lieu dans les parturitions laborieuses , où cet organe , con tus , fraissé, déchiré, s'enflamme et suppure, Il n’est pas rare alors d'observer les lochies prendre une consistance hourbeuse , une couleur verdätre où nouwûtre, ct une odeur extrêmement fetide. Les causes d'un changement semblable ne sont pas fariles à déterminer. Cette altération a été remarquée dans l'état pathologique de l'utérus et en dehors de toute condition morbide de cet organe ; elle atteint les femmes entassées dans les hôpitaux , où, malgré tous les soins de propreté possibles, chaque saile devient un foyer d'infection ; mais ele se manifeste aussi chez les accouchées de nos campagnes, éloignées de toute influence miastmatique, ct peu susceptibles de ces impressions morales si tetribles aux femmes en couches de nos cités populenses. Les lochies revétent ce caractère de putridité lorsque l'acconchée , par négligence et malpropreté , laisse croupir sur ses parties génitales Les saletés qui s'échappent de la vulve; au lien de se laver souvent et de renouveler leurs linges, elles placent chauffoirs sur chaufloirs et se bouchent hermweliquement l'orifice vaginal ; les vidanges stagnent alors dans les ri-! des du vagin , s'accumulent dans la matrice, et suscitent des désordres graves. Ce mème mode d’altération a également lieu quand une portion du placenta où des caillots sanguins se corrompent dans l'utérus, et à la suste de la décomposition des débris de cette couche couenneuse t4issant la surface du placenta, et qui sea sépare quelquelois pendant u délivrance.

Maintenant ces mêmes questions que nous nous sommes adressées relativement aux métastases laitcuses sont applicsbles à la résorption des lochies. Existe-t-il un transport matériel de éctte humeur, de La matrice sur différens organes, et quelles sont les altérations déterminées par cette métastase? Les expériences sur les animaux vivans nuus ont appris que si le lait peut parcourir le système circulatoire sans susciter des désordres alirmans , tous les phénomènes morbides qui caraciérisent les lèvres putrides des femmes en couches sont au contraire la conséquence de la dénrties de nos humeurs jar leur mélange avec les lochies purulentes et fétides. En elet, s'il est vrai que ces vidanges putrébées séjournent dans les rides du vagin et dans la cavité de la malrice, sd est prouvé, par une séric de faits, que leur absorption soit le résultat de cette stagnation , pourquoi les symptômes ataxo-adynamiques observés après l'accouchement ne reconvaitraient-ils pas les mêmes causes que ceux qui se manifestent à la suite de l'injection des matières putrides dans les veines des animaux ? Nul doute que la cessation complète où diminut on des lochies soit subordonnée souvent aux inflammations organiques; mais ces mêmes phlogoses peuvent aussi se trouver sous la dépendance de l'alhtération et de l'absorption des vidanges. Chaussier et Ribes ont rencontré nomlire de fais daus le système veinenx des femmes en couches, de la matière purulrnte, sans que les parties qui la renfermaient présentassent le moindre vestige d'inflawmation. Plusieurs auteurs ont aussi remarqué des suppurations des membres et des articulations se manifestant chez les accouchées sans sympiômes inflammatoires évidens. !ls ont vu fréquemment du!

constantes , la matière purulente formée au sein où à ne ty arts des organes doit, si son contact est prolongé, subir les luis de l'absorption et être charriée dans le térrent circulatoire, Intimement unie au sang, elle en change les propriétés chimiques en hysiques, et introduit dans ce fluide des principes délétères qui modifient l'innervation et pervertissent Le mouvement autritif des solides, Les dangers de l'absorption du pus sont relatifs aux parties septiques qui entrent dans sa composition; des lochirs privées de tout caractère de putridié, une matitre purulente crèmeuse, louable, sans odeur , peuvent circuler avec nos liquides sans les dénaturer, et l'organisme s'imprégnera même d'une

uantité considérable de ces humeurs, sans dérangement notable de Les Nous nous sommes assurés , par voie d'expériences, que si la présence de ces sécrétions au sein de nos viscères occasionait la mort, ce n'était pas en se comportant à la manière des poisons septiques, mais en agissant comme Îles corps gras qui, par leur viscosité, opposent un obstacle mécanique à la circulation, et entraînent des désordres secondaires. Du lait pur est injecté dans les veines d'un animal , et ne déterinine qu'un irouble passager ; mais, après sa fermentation, cette humeur animale ne peut se mélanger au sang et parcourir les conduits circulaloires sans susciter des désordres terribles. Les mêmes altérations se manifestent par l'injection des lochies putréfiées dans le système veineux des animaux; leur action délétère est traduite au dehors par une série de symptômes offrant une analogie complète avec ceux de la Üièvre typhuïde : stupeur, trouble constant de l'appareil nerveux, déjections noirâtres très-fétides, hémorrhagies passives, etc. On trouve à lteres du corps toutes les traces d'une altération dn sang. Ce h-

uide dissous, noir, verdâtre, impropre à la outrition, est incapable L stimuler les organes. Ce sang, examiné au microscope , me présente plus de globules distincts ; sa matière colorante est uniformément répandue dans le sérum , et la filtration ne saurait l'en séparer. Dans cel état, la sérosité ainsi rougie suinte à travers les parois des vaisseaux , et donne lieu à la coloration des tissus, aux ecchymoses, aux pétéchies, et à ces hémorrhagies passives dont les muqueuses, à cause de leur structure et de leurs usages, sont le lieu de prédilection, L’action de l'acide acétique sur le sang produit ce même phénomène; s1 l'on met en contact cet agent chimique avec les globules sanguins , l'œil , armé du microscope, voit aussitôt la matière colorante de ces derniers se détacher et se dissoudre entièrement dans la sérosité, à laquelle ils communiquent une teinte uniformément rouge. Aussi serionsnous portés à croire que le lait, par sa résorption, ne resterait pas étranger à La production des fièvres ataxo-adynamiques des femmes en couches, s'il tait prouvé que ce liquide fermente au sein de l'économie, et que l'acide acctique est le résultat de ceue décomposition.

Nous avons signalé plus haut différentes causes de l'altération des |lochies ; les principes émanés de leur puiridité déterminent Ja dépravation primitive de nos humeurs et secondaire de nos solides. De là, suivant les prédispositions individueles de la femme, des péritonites , pneumonies, pleurésies, méningites , etc. , etc. ; car, comme l'a judicieusement observé M. Trousseau , il semble que les matériaux de ces

pus dans les vaisseaux au centre mêine des caillots sanguins, et dans la! inflammations soient furmés de toutes pièces dans le sang, et que le Le. rs du pubis, qui ne laissait apercevoir, du reste , ancune trace | mode de stimulus seul suflise pour les inviter vers une partie plutôt vs e h lagose. | : | vers toute autre. 11 était donc peu rationnel , dans l'appréciation des a n'ignore pas aujourd'hui que, d’après des règles physiologiques ! phénomènes de ces affoctiuns diverses, d'invoquer des sympathies sou-

sans quelques indices d'une admiration jalouse, Déjà on agita 1 entre les bis'oriens Î de ce temps. sans être émerveillé en considérant les dérouvertes de Fabrice d'A - Ja question de la patrie du célébre Basile Mondino : les ns voulaient qu'il fût de! qua endente , d'André Césalyio et de Colombo. Peut-on prononcer sans orgocii Min, d'autres, avec plus de raison , lui assignatent pour patrie Bologne, Je pen- || le nom du grand Eustachi, surnommé par les étrangers be Praxitèle de l'art, le cheraïs pour celle opinion, à raison des médecins du même joom qui parurent | prince des anstomistes ? Ses tables , qui représentent le grand système des vaisdans cette mille, et qui cultivèrent avre célébrité l'anatomie, Mais en écartant la lsvaux sanguins, méritérent Les explications du celebre Albinus , ‘qui avoumit qu'il tion de savoir quelle est la ville qui donna naissance à l'ancien Mondino , il || devait à Euatachi les pragrés œil avait faits en anatomie , progrès qui Grent tant suffit à notre bot de savoir qu'il était Halien , puisque dès l'an 1300 et même dis | 4 honneur à son siècle el à la sience. La chirurgie à son tour , suivant les pas de kcommencement de ee siècle, lorsque l'histoire médicale né citait aucun nom cé- À Li science mère , proûta promptement des découvertes de ces hommes fameux. lèbre, il était regardé, au jugement des historiens impartiaux, comme le restonra- À Les travaux de Bérenger de Carpi, les découvertis admirables de Torglia Cozrio , teur de l'anatomie dans ke siècle suivaut ; et toajours au milice du silence des! eneichirent cet art el en préparèrent l'avancement et le perfection. De méme ls écoles, Benedrtto de Vérone écrivait plusieurs traités qui servaient poul tonte || médecine italienne de ce siècle vantait déjà les noms de Jean Montano , de Mur- Pal de teste à l'h store du corps humain et à la méthode de toutes Les mala- || curiale, de Forestus , d'Ingrassias , de Nrcolo Massa , de Jérôme Fracastor et de dies, Les historiens les plus accrédités en font une mention honorable. Mais dés be! Bacci, Je me veux pasentrer dans le champ immense que nous outriraient bes pro- 16" siècle Le médecine attendait ste l'itabe une splendeur plus éclatante et un: di: | fonds et immortels travaux de Prosper Alpin , dout l'ouvrage sur les pr'sages de guité plus élevée, et ce n'est pas sans un lanable sentiment de complaisance que Îla vie et de la mort dans les diverses maladies, résultat des observations répénous voyons bes historiens de médecine de cette époque nous off ir une langue sé- f térs, les plus vraies, des plus caactes , faites dans les monens du doute le plus efrcicde aoms tal ne slhtres, tandis qu'on en trouve encnre à peine, silon re-f frayant, passera à Ls postérité La plus reculée , comme le code le plus étonnant de eberche eux qui appartenaient aux autres patins, Déja l'étude de la botanique À -émérotique. et de l'histoire vaturellé commençait à fleurir par les soins de Matbe’e , de Ci-Ù Siio milieu des ténèbres et des préjugés d'une philasophie mal basée La médesalpin et de Fab'us Colonns, cités avec tant d'honneur par Haller. Tous ceux qui À cine italienne avait acquis tant de célébrité, quels fruits ne devait: lle pas retirer cubtivent les s iences naturelles, savent combien les efforts philantropiques et de | dans la suite. de ectte réforme universelle dans l'art dé l'observation et de l'ingaie d'Ulysse Aldrovandi , jadis l'honneur de celte cité , ont roncouru dans les | duetion que Bacon introdaisit à La Gn du seisième siéele , ct dont les temps posté- Lemps à leur avancement. Déjà l'anatomie s'agrandi sait et faisait des progrès | ricurs plus ours devaient tirer mi parti plus avantageux ? On pent hieu dire que Gtonnans par ls travaux utiles de Falloppe , Casserius , de Varolli, de Botallo , || l'italie, de préférenre à toutes les antres nations , était déjà habituée à cette re d'Arsneo et de Corti; et l'on ne peut jeler un regard sur l'histoire de l'apatowic À orme philosophique qui devait ouvrir aux sciences ua chetin nouveau plus fa-

vent inexplicables pour rejeter la théorie des humeurs, qui peut en donner raison suffisante,

L'absorption des fluides irritans décomposés dans l'utérus suscite

quelquefois l'engorgement des membres abdominaux des accouchées ,

maladie désignée sous le nom de phlegmasia alba. C'est du moins l'opinion de Trye et de Diermann, et les considérations dans lesquelles nous sommes entrés semblent la motiver en partie, Cependant ce gon-

flement des membres abdominaux reconnait aussi d'autres causes. Il

est souvent impossible d'y méconnaitre une inflammation franchement

legmoneuse; chaleur, rougeur , tuméfaction , douleur, suppuration u tissu cellulaire , Quctuation sensible, ct la nécroscopie et la marche

des symptômes confirment ce diagnostic. Suivant la remarque de

M. Velpeau, ces désordres inflammatoires commencent à la symphyse du pubis, aux veines utérines, et se propagent de proche en proche aux parties frappées de phlegmasia alba, Cet auteur cite plusieurs ob. servations intéressantes où il a trouvé , en disséquant avec attention les organes de !a cavité pelvienne des femmes mortes avec cet engorgement aux membres abdominaux , des phlébites très-intenses et des suppurations abondantes des articulations des os du bassin. Cette pblogose des veines est caractérisée par des plaques rouges disséminées à la surface de leur tunique interne, et par une injection marquée de leurs vaisseaux capillaires, Cette membrane est quelquefois uniformément colorée, d'une texture fongueuse; son aspect est tomeuteux , et son adhé- Si00 aux tissus voisins considérablement diminuée. 11 n'est pas rare de trouver sur celle tunique interne une couche pseudo-membraneuse, pulpeuse et peu consistante; on y rencontre aussi du véritable pus, e dans le tissu cellulaire environnant. Une question encore agitée parmi les pathologistes est celle de savoir si cette phlcbite est primitive ou secondaire à l'altération du sang; si la matière purulente que les veines renferment est le résultat de Leur inflammation , on sim ci l'eflet de leur propriété absorbante, Ces opinions diverses , fondées sur l'anatomie pat olugique , appuyées sur des faits concluans, et soute nues + des capacités d'yn égal mérite, nous paraissent également admissib] cherches aient définitivement fixé les esprits sur ce point important.

Un auteur a dit : La divergence des systèmes est ce qui caractérise

lemieux la médecine ; cette opinion trouve ici une sanction nouvelle,

Sans discuter les différentes théories émises sur la phlrgmasia alba , mentionnons celle de White, qui la faisait dépendre de l'engorgement

nes; celle de FAT , qui l'attribuait anx rturiion, des parties contenues dans le petit bassin; enfin l'opinion de Puzos et de Doublet, qui ne voyaient là qu’une métastase laiteuse, Les détails dans lesquels nous sommits entrés précédemment nous dispensent

et de la rupture des lÿmpbati cobtusions , déchirures et tiraillemens, pendant les rfforts de la

ici de toute réfutation.

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