GA DES EAU THERMALES
M. Longchamp lit un mémoire sur les gaz qui sc dégagent des coux thermales. L'aateur rappelle que bien long-temps la sortie des bulles qui s'élévent des sour-
à for-
cs considérées fut conime une ébullition véritable , et qu'il n'y a pas rnvore
un siècle que rette fous idée à disparu de la sewnce. Après la découverte de l'acide carbonique , on copstata qu'il en sortait de qui lques sources minérales , et on en conclut lentôt que ce gat etait loujours la source de bouillonnement quaud on l'observait dans des eaux thermales, Plus tard on sentit qu'on était allé 1ro loin et on crut pouvoir déduire la nature des gaz de celles des eoux qu'ils traverssivnt. C'est ainsi qu'on sdunt le degagement d hydrogène sulfuré dans les sources sulfureuses , assertion qui parait à M. Longrhamp au moins hasardée , si elle n'est completement fausse.
Où reconnut, il ÿ à environ 40 aus, que certaines sources présentent un digsgement d'azate , et ce fut, coufirmé plus récuament par M, Auglads , pour des eaux sullureuses des Hautes Pyréntes, l'a été depuis par les observations de M. Longchamp sur les aux de Néris et de Bourbhonne-les-Bains. Le même ohservateur à vu à Bourbon-1 Archambantt l'arote méle à l'acide carbonique ; à Plombières, à la source du Capucto, il l'a trouvé mêlé à une portion d'ougène moindre que celle qui entre dans ia composilivn de l'air; ce que Priestleg avsit observé également dès 4772 sur bes caux de Bath, On a dit que pour les sources de Vichy,
ui dégagent égaleanni ua mélange d'acide curbonique avec les deux gaz précédenuueol vommés, la quantité d'origine par rapport à l'urote, était plus cons'de. rable que dans l'air atmusphérique. M. Longehamp pense que ce nwlange , dans lequel Les deux gaz se trouvent sensiblement dans les miacs proportions où les presente l'air dissous dans l'eau de pluie , proriensent en effet de l'eau tombée d'en haut, et qui se mile dans la fontaine à celles provensot de l'intérieur, M. Longchamp signale à celte occasion les erreurs qui peuveat résulter, pour les capériences eudiométriques, de cet air sur-oxigéoé contenu dans l'eau de la cuve porumatique.
Nous oppasions tout à l'heure l'eau provenant directement des pluies aux eaux thermales avec lesquelles elles se mèlent dans le bassin do la source. Cette distinelion ne porte que sur les circonstances d'arrivage de ces eaux, et non sur leur origine, M. Longchamp étant d'opinion que loute eau thermale provient de réservosrs intérieurs qui sont alimentés par l'eau des plaies.
Le mémoire est terminé par des considérations das lesquelles l'auteur , s'apmiyant sur les nombreuses obsærrations qu'il a faites et qui ont été en partie pubites dans son examen des eaux minérales du royaume, s'attarhe à (aire voir qu'il ne faut pas considvrer daus l'étude de ces eaux seulement les avantages qu'en peat retirer l'art de guérir, mais qu'on doit les considérer comme un moyçen d'arriver à la connaissance de l'état du globe, à des profondeurs où l'inréstigation immédiate cesse d'être possible.
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance o0 30 suuxer 4834. — Présidence de M. Boulay.
M, Andral fait un rapport favorable sur ün mémoire de M. Pigeaux , traitant de quelques signes de la phthisie tuberculeute qui n'avaient pas été suffisamment appréciés qe les auteurs. Après une discussion de peu d'importance , le rapport et ses conclusions sont adoptés.
NOUVEAU PROCÉDÉ POUR LA LIGATURE DE LA LANGUE AFFÉCTÉE DE CANCER , par M. Mimaver d'Angers.
M. Mirault d'Angers, correspondant de l'Académie, présent à la séance »ala parole pour lire ua mémoire sur re su,ct, |
Une jeone fille de 23 an, tempérament lymphatique, habitant à la campagne, avait ses règles supprimées depuis quelques mois , lorsque , au mois de janvier 1833. elle s'operçut d'une Lameur qui se développait dans le corps de La langue. Un officier de santé consulté prescrivit des applications de sangsues aux cuisses , eten effet Les régles revinrent ; mais la tumeur linguale ne Gt que s'aceroitre, et “nGn la malade fut amenée à Angers, où M, Mirault la vit le 25 avril, Alors , on pouvait sentir dans l'épai seur de la langue ou royau dur, allant d'un côté à l'ange tee, sé prolungeant à gauche jusqu'au qulier antér.eur du voile du palais , et éloigné de sx ligues seulement de celui du côté droit. Elle y ressrutait des élance mens; les glandes sublinguales étaient engorgées ; on diagnostiqua un cancer, U'ailleurs, la vie simple et pieuse de la jeune Glle écartait tout soupçon de «y-
hilis.
r Cependant , dans l'espoir d'obtenir la résolution , on résolut de tenter les applications de sangsues sous la langue. Le malade, relouraée chez elle, se mit donc à deux reprises 4 sangsues en cet endroit ; mais la tameur grossissant toujours Ja lorça à revenie à Augers le 44 mat. Alors la langue avait uo tel volume qu'elle renplissait la bouche; sa face dorsale était couverte de végétations largrs et pédiculées en forme de champiguons ; des ulcérations semées çà et F5 rendaicat une suppuration d'une fetidité horrible; de sang s'en écoulait quelquefois en ation. dance ; la parole était empéchée ; la déglatiion impossible pour les substances solides ; tout: fois il n'y avait pas de Grvre, I était urgent d'enlever Le mal ; mais pour ccla il fallait extirper les deux tiers aniérieurs de la langue, ce qu'aucun opérateur, dit M. Mieoult, n'a fait encore jusqu'a présent : en sorte que Le clururgien, sans sutécédens pour s guider, Fut réduit à ses propres méditions, Il conçut deux plans d'opération ; be premier consistant à lier la langue au-devaut des piliers, el à l'extirper ensuite avec des ciseaux au-devant de la lissture: Le second , à lier préalablement Les artères lingoales el ensuite à tenter l'eacision, Ce fat à ce dernier qu'il s'arrèta..
Le 47 mai, àl procida donc à La ligature de l'artère linguale du côté gaoche ; mais, malgré les précautions les mivux prises , il ne quit réussir à La trouver, ce qui Le força à revenir à son prénuer phon, au moins pour ve côlé de la langue , et à l'étroindre avec uoce ligature. Mais auparavant 5 voulut tenter de Lux l'artère lioguale du côte droit , ce qui fat exéeute Le lendemain 18 avai.
La malade assise sûe une chaise, La Kite appuyée contre la poitrine d'un side, le menton tourué à gauche, M. Mirault fit au côté droit du ou une inrision qui, partant du mulieu de La grande corne de l'os hyoïde, allait au bord antérieur du Slerno-mastoidien en passant à six lignes au-dessous de l'angle de 11 mivhoire. I parvint ainsi à l'artère, qu'il trouva un peu an dessus du nerf grand hypoglossr, mais non sans dfücultés et sans blesser plusieurs veines qu'il fut vbligé de lier.
Enfin la ligntore fut placée, La pla'e rendit une suppuration abondante ; mais les végétations de la langue cessèrent de croître, et au bout de quinze jours, elles étaient flétries, sms consistance, et la malade n'avait besoin que de p:sser de doigt sur la langae pour Les en détacher ; mais elles Laïsstrent à nu une ulcération profonde de & Mecs où l'on pouvait coucher l'extrémité du doigt, et sujette à donner du sang. |
Le 5 juin , une hémarrhagie eat lieu par la surface vlrérée ; la malade, suivant les conseils qui bai avaient été donnés, Go er sor l'ulcère na lampon d'agarie
ui modéra l'hémorrhagie, mais qui pe lempécha pas de réciirer deux autres fois dans la journée et une quatrième fo s à huit heures du suir, Alore, M. Mirault se trotiva près de la malade ; la seule ressource fat jugée être la ligature de la langue ; mais les diflicultés de l'opération à la lumière artiGcidle la Grent remettre au lendemain G juin. L nn
Tout étant préparé , on Gt eur la ligne méliane du cou nne incision qui descendit du menton jusqu'à l'os hyoïde, et jénietra dans l'intervalle des ginio-hsoidiens. À ce moment, on fit tirer fortement en dehors la langue saisie avec des pinecs-érignes. À l'aide d'une gronde aiguille courbe, M, Miraut traversa la lan gue à sa base eur la ligne médiane, fit sortie l'aiguille par la bouche , Es replonges dans La bouche même, ser le bord ganche de Ba langue, pour la fase ressortir par la plaie du cou, Ainsi, la moitié gauche de La langue se trouvait comprise à <a base dans une anse de Gl, dont Les deux chefs pendant par la plan firent serrés au moven d'un serre-nœud, Voici quels furent Îes effets de cette ligature,
Dans la joarnée du sang s'échappa encore de l'alcère; on resserrs la ligature . après quoi Le song ne reparut plus. La langue se tuméfia médisérement , il y eut de la bonffsure au visage, un peu de made tête de ce cûté, de Ju ficvre qui dura neuf jours. et ce fut tout, Durant ves neuf jours on ne ressrrra que deux fois }a Higatore; elle tomba le neuvième; ét comme à mesure qu'elle divisait les parties on avait enjoint à la malade de porier de temps en tenps le doigt dans la division pour prévenir toute adhérence , 11 y eut la one division complète de la base de la moitié de la langue d'avec le reste de cet organe. La tumeur par suite diminaa d'une manière notable; les bords épris et durs de l'ulcération s'assonplinent ; l'odeur disparut. Tout allait parfaitement bien.
On était sûr alors que Les artères Hinguules étaient tantrs deux ohlitérées ; et ue lexcision pouvait se faire sans danger d'hémorrhagie. Mais M. Mirault pri ra tenter la hgature de la seconde moilié de La laugue comme ël avait fait pour Ja
première, L'arguille fut done passée et repassée de même par la plaie du cou qu'on avait entretenue. Î y eut en conséquence moins de douleur; cepemlbant cette seronde ligature fut suivie d'un érysipèle à la face qui cd heureascment. La nta- Jade n'eut pas assez de persérérance celle fois prur glisser le dorgt dass la section faite par Le lien ; en sorté que, celui-ci Combé, les parties qu'il avait divisées se trouvèrent réunies par premireiotention, au grand désappoinlement du chirurgien. I semblait ca effet que l'excusion fèt alors l'unique ressourte ; cependant l'ubser ration des phénomènes qui suivirent engagea à différe r. Choce remarquable, là tumeur dioioua de jour en jour ; l'uleëre se cicatrisa; la langue reprit son v0lume ct sa congstaure ; et 27 jours pr la dernière ligature, il ne restait plus dans son époissear qu'un petit noyau dur de La grosseur d'une norte, On rt voya la jeune fille à la campagne pour reakcttre +a santé, lie partit le 23 juillet. Le 3 septembre elle revint à Angers, et fut présentée à Lusocieté de médecine de Maineet-Loire ; elle était parfaitement gnéreet n offrait plus aueusi vestige de la tueur. La parole est redevenae assez libre , la déghutition facile ; Le goût , chase extraordinaire, s'est conservé intact des deux côtés malgré la scétion iububitalse de tous Les nerfs; et des expériences directes tentées devant s Soerté n'ont laissé amcun doute sur ec point. On aprrçoit à peine à druite Les traces de ls section de La lanpue; res tracés sont plus visibles à guche, et l'organe ne saurait se porter beau coup dk ce cé, sans doute à cause de la section complète du stslu-hvoilien rauthe.
pelle est l'observation que M. Miranlt done pour un cas de euneer enerhar- Luide guéri par abiorption; asstrtion qui ne sera pas facilement amise par nos -palhologistes.
he ont | quelques remarques Tl examiné d'abord les objections qu'on oppose à la ligalure en masse. M. Bégin, dans son article cancer de da langrre du D tionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, semble la rejeter complétement de la pratique; et il rapporte qu'elle à été pratiquée une fois eus un des grands hôpitaux de Paris, où elle aété survie de mort, En môme temps ilcite un autre cas où elle à réussi; en sorte que l'on ne saurait ricn conclure de ces deux faits contre la ligatore, toute opération chirurgteale un peu grave exposant tutjours à des reters, Mais M. Miraolt né connai pas d'autres exemples de mort sprès L ligature de La langue, el ii a pu rassemi ner assez Faicilement un certain nombre de succès; il cite en preuve Lamotte, Everard Home et plucivars ais tres. EnBn , sjoute-t-il, j'ajonterai à cette liste le fait prut-Gre de tous Le plus re. myrquable ; j'ai vu ca 1843, mon père, chirurgien en chef de 1 Hôtel Dicu J'Angers, faire tomber par la ligatare une Lingue tellement bypertrop ve qu'elle dépassait la bouche en dehors de prés de huit pouces ; il n'artiva aucun éccidrpl. Oo dirait qu'en général les objections adressées à la ligature en masse die fa langue sont plutôt de théorie que de pratique; on craint surtout fa striction d'un organe si riche en rameaux NETVEUX ; Mais 0 vol par mon observation combi celte crainte est exogfrée , puisque j'ai lié dans le point à peu près et les troncs nerveux pénétrent dans la ‘angue. Enba M. Descot a lié sur des chiuns | 5 vus gros nerfs sans voir surrunie les accidens dent on menace ; Halle nerf sis. tique ; la douceur 4 éé peu intense, et au boat de huit jours, les mouvenvns du membre étaient rétablis. ù + | |
Le procédé que j'ai suivi, ajoute l'auteur, diffère de ceux qu'on emplois géné rilement. Eo portent la Higature pardessous le menton à l'aide d'anr incision prea- Jabte, on peut arriver usqu'au foramen cæeum le Margagoi, tandis qu'en la
ortant dans l'intérieur de la bouche on enlève tout su plas la meitié de lo langne, be plus, on mulile ainsi l'organe, Inwdis que mou procédé laissant la cirenlstion se faire par les cajillaires voisins dans toute la portion de ls langue qu'on lie, en prévient ainsi la gangrène, L foote en patrila e,et guérit sans mutilation. Le cancer me parail ici avoir été absorbé ; et c'est Là un immense avagtage de ls lg ture sous-mentale. . . |
Jeterminersi ce Lavail par quelqnes propositions qui me paraissent en découler naturellenwent.
tiôn ;
2° Quand il aceupe plus de la moitié antérieure de la langue, il faut recourir à la ligotore <ous-meutale :
3° Quand on l'emploie en deux temps en ne liant qu'one moitié de la langne à la fois, on prévient La mortification de cet orgsne ;
4° La ligature parait agie alors en suustravant Ia quantité de sang nécessaire à l'alimentation du cancer, el en favorisant l'absorption. La ligeture des deux artères linguales agisssut dans le même sens, aurait prohablement la même effica: cité ;
5° La l'esture de la langue ne cause pas nécessairement les graves accidens redoutés par les auteurs ;
6° Enfio la hgature sous mentale » reculé les limites de Part, puisqu'elle à sauvé ane malede pour laquelle Les autres procédés n'auraient offert que de vaines ressources.
Là se téraune le mémoire de M, Miraolt. L'auteur ajoute que si l'Académie jt à propos de le renvoyer à une commission , il y joindea un mémoire d'anatomie chirurgicale sur la ligature de l'artère linguale,
M. Done fai observer qu'on ne peut renvoyer ce m'moire à une commission. Ou nomme des commissions pour Les mémoires dus à des auteurs étrangers hl'Académie, parce que dans La discussion, ces auteurs n'ayant pas droit de prendre la role , les commissaires sont charges de présenter , rt s'ily alicu, de déféutre leurs idées. Un mo‘f ansloguc fait attribuer des commissaires aux mémoires des membres correspondans ab-cas ; mais ici cc n'est pas le cas : M. Miroull appartient à l'Académie, il est present, et'i peut lui-même défendre son ouvrage. On peut donc ou discuter tout de suite , ou bien , vu l'heure avancée , renvoyer la discussivu à la séance prorhaine.
M. Vecrrac, La discussion ne peat rouler, dans tous Des cas, que sur Je mé moire qui sieut de vous être In; celui qu'annonce M. Mirault, porte sur ds recherches anatomiques; or, on ne discute pas sur des dissections, Pour ce + rc garde ke mémoi e actuel, je me hocnerai à dire que le procédé de M, Mirault n'est pas nouveau ; jla été misen sage à Paris , 114 à 5 où 6 ans, par M. 3. Cloquet ; et comme le sujet a surcomhé , peut être est-ce Là le fait auquel M. Bégin à fait allusion dans son dictionnaire.
Le mémoire est renvoyé au comié de publication. Presque tous les membres se lèvent ; M, le président les engage à entendre la lecture de l'observation suivante,
CORPS ÉTRANGER ARTICULAINE EXTRAIT PAR UNE INCISION , par M. Bourse, D.-M, P.
Ous. — Un jeuoc bomme de 24 ans, nommé Laplanche, Gt un faux pas il y a un an et tomba la jambe fléchic sous Le corps. Il seatit tout à coup dans le genou une vive doubeur: en exsminant la partie, il y reconnut ne tumeur msolite , et cofnil rsssys eu vain de se relever, eutie jambe Jui refusant son sermice. Alors , défiant L douleur, 1 ft us eFort violent pour étendre la jambe , et , en effet , äl réassi: ; au bruit se Gt cut: ndre dans l'articulation, la tumeur d sparat et les monvemens revinrent. Un peu de gonflement survit, qu'on dissipa par des sangsnes , ct Le malade allait been; quand 1 sentit dans l'intérieur de l'article on pet corps mobile da volume d'un pois et qui ne lui causit aucune douleur. Quue jours après , le goalment cepaeut , et il fallut gene do di. Plus tard, la Muctustion désint manifeste et La Msxion dificile, Le milade alla contelter M. Breschet et 3h Magendie, qui conseillèrent les vésicatoires volums. 1 es ait sis d'ebord autour de L'artieulition , et le gouflement diminus ; puis cinq autres, «ile genou reprit son volume naturel. En éme: temps, on retrouva le corps étranger. Enfa, le {1 décembre 4833, M. Bourse, en presoce de M. Lallemand, procuba à l'opération. Le corps étranger amer à la partie externe de l'article, sur Le condile esterne, où lt à la peau une iaci-ion d'uo pouce; on ouvrit Ls capsule dan La mème étendue à l'aide d'une soude cannelés, ct on saisit be corps étranger avec des pénces; mais il tenait à l'intérieur par on prdicule ligamentuux qu'il fallut diviser. Les suites de l'opération furent rés-smples, et L:analade est heureusement guéri,
M. Bourse prescate le corps étranger à l'Académie, Ce corps étranger est oseux, aplati sur deux [es , mince , recouvert sur une face par une couche qui rappelle parfaitement le cartilage srticulaire ; l'autre est inégale , et creusce de cellules osseuses, En un mot, an dirait bien moins d'un corps étranger articulaire, que d'uue esquille qui aurait été détachée de l'un des coudibes de femar, Quoi qu'il en suit, MAI, Jules Choquet et Vi lpeou sont ch: de rendre compte de cette obs svation, et probablement ils aborderont dans leur répport la question dé la vériruble nature du corps étranger.
La séance est levée à 4 heures et demie.
CORRESPONDANCE MÉDICALE
OBSERVATIONS DE MONOMANIE HOMICIDE, suivies de quelues réflexions sur cette maladie; par le docteur Henry Jorrre, D.-M. à Villeneuve-de-Berg.
On saittoutes les diseussions qu'a amenées dans ces derniers temps le question toute nouvelle de la monomanie homicide, et ce sont surtout les avocats qui en ont nié jusqu'à la possibilité. Si l'on pouvait conserver quelque doute sur son existence, l'abservalion suivante nous paraitrait surtout propre à les lever.
Os. 1. — Antoine Gimond de Villenrave-de-Berg, âgé de 52 ans, d'un tempérament sanguin, d'une constitution ordinaire , avait toujours joui d'une bonne santé et de toute l'intégrilé de ses facultés morales, quand le 20 septembre 1830, au grand étonnement de sa famille , il devint triste, rêveur et chagrin. La veille :
il avait atsisté à nne Iragédie où l'on égorgeait un enfant , doet on faisnit couler Je le demande encore : sicette malheureuse eût consommé son action le sang aux veux des spectateurs. La vue de re ssng et de la vichme expirante linfime, aurait-elle dû subir la peine capitale? Était-elle plus coupable avait fait sur Gimond une impression difficile à décrire, 1] scutt su moment} LL écitaitelle une peine plus sévère que cette misérable dont le pro-
mème woe forte envie de répéter ce qu'il royait faire à l'acteur. I aurait donné » à n ÿ à : toute sa fortune punir re ben son File. Fentré chez lui, son imagination fessenr Fodéré, dans un nt à qu'il a publié récemment, nous à tracé l’épouvantable histoire ?
se répait avec complaisance de ces horribles impresdons. La nuit se passe an mir lieu de l'agitation la plus vise. Ce ne sont que des pleurs et des soupirs. Interrogé sue ce qu'il éprouve , 1 ne néponil que vaguement ; il accuse seulement une pres: sion , din ececrement à l'épngastres il y porte continuellement Fa main.
Sa femmr, slsemée de son état, cherche, as. en vain, à le calmer ; les attentions qu'elle peut avoir pour lui semblent l'offensre. M ne caresse plus es enfans; où s'aperçoit méme qu'il fuit leur présence ; il vite surtout de se trouver seul avec eus, Ilne pent supporter la vue d'un instrument tranchnt ot d'uve avme à feu, et recuuiriande, sans en dire la raison , de ne pas ca laisser chez lui. Son sommeil est court , agité ct souvent interrompu par des révasseries bruyantes. Culte agitation est telle quelquefois qu'il est oblige de sauter du dit et de four aver précipitation, Cela acrive surtout quand son enfant Le plus prune se 1ronte ges de ln, On remarque ausa que dans les eurs il éite la rencontre des enfans, Souvent il rétrogeadait eu les agercevant. Un jour, travaillant dons une maison | de cette ville , des cufans vinrent dejcunere duns appartement qu il se trourait ; leur présence et la tué des coutéanx qu'ils avatent entre Les miss produsrent chez lui ane impression telle, qu'on le vit sortir en toute bâte «be la maison avec La résolution de ne plus + revenir (43, É
Enfin, après sx mois d'un combat continne] contre ce qu'il appelle son mal heureux sort, les acciduns s'aggrarent; Gimond devient furicox et menace de se suicider, ne pouvant plus, dit}, césster su penchant qui l'entraine à verser le sang d'un de ses cofans, Nr
Appelé auprès ile lai, je lui fais entrevoir toute l'horreur que doit lui irsirer l'action atroce dont il parle. convieat que j'ai rattoa , qu'il voit , qu'il seut la justesse de re que je bu dis; qu'il vondrait suivre les conseils que je lui donne ’
tuois qu'une puissance intérieure, snvincilile et imbrpenden'e de ss volonté , ne be lui perinet pas, Dans nuc position pareille ajoute4-il d un Lon anse et resolu , l 1 vaut ben mieux que je m'ûte la vre platôt que de me voir forcé de ôter moiméme à mon enfant, Ce que disait Giwond d le punsait, car ane heure après, on d'ocréta an moment où il se précipitait daus un puits. Le soir encore il sechapps, et on ne pot d'atteindre que sur le bord du précipioc ou al allait se jeter.
De retour ebez ai, je ui propose la saignée: il l'accepte avec joie, La vue du sang qui coule loi causé un si if plaisir que sa fureur en est sus ndne; 1 oublie ire |° € ce qu'il éprouve : pes de sa Hg a perdu nn sar mots loi cr mel intégrité morale qu'ils avaient avant leur manie.
à tout ce qu'on voudra exiger de Jui, $5 où ui permet de lisire cour Î nm: A » . : .
phurt déhillanre Au eh d'ôter la ads il s'échappe d'entre mes mains Ces réflexions s mL —— la monomanie suicide. M. de et ne me laisse pas approcher, Il faut u-er de force pour pouroir La lui enlever, £ professeur D A Pas ans les leçons de clinique de l'Hôtel-Dieu (1825. {Prescription : Eau de veau pitrée pour boisson ; pédiluves sinapisés; diète ab-|chercha à nous démontrer que tout individu qui se porte au suicide à sulue. 3 . … [déjà éprouvé un commencement de dérangement dans ses facultés mo-
Ces divers mosens 0€ font qu'affaiblir son physique 305 remédier ” ee à ms pd J'admets avec le célèbre chirurgien que ce dérangement di Pie son moral, Néanmoins, le lendemain je les renouvelle, les faisant suirre d'une | liés 1 C el is est-il, à | application de 45 sangsues à l'epigustre, Siège, selon lui, de tout ce qu il éprouve. [cultés morales existe réellement, mais est1l, à proprement parler, un Je n'obtiens pas de meilleurs réwiltats ; les symptômes méme para sent s'ag- | commencement de folie ? Le moral ne pent-il pas être déprave, perverti, graver, Les sangsues aus tempes et derrière les oreilles sont tout aussi modifié en mal au point de porter irrésisublement l’homme à des actes
inouïs de barbarie, sans que cette dépravation , cette perversité, cette
infruciuenses. 1 en est de même des anti-spasmodiques a des Lo Lai : de i ni qu'en - à u . À : eu Le ue res mp sa g pee nd cote he eue "Ce grare de | modification en mal , tienne en quelque chose de l'aliénation mentale ? mr Er ' Ë Journellement on voit des individus poussés par leur peñchant funeste [se porter à ces mêmes acles, avec connaissance de cause, après des
correction fut pour lui un remède souverain. L'ennui qu'il éprouva dsns na étroit
cachot pendant plusivurs jours. influa sur son moral d'une manière favorable, De- | 3 s . : : réflexions faites de song-fruid , après des calculs des mieux combinées . après avoir mis ordre à leurs aflaires avec un soin et des précautions
puis lors sa monomianie s'est affaiblie graduellement; aujourd'hui vilé ne +e fait admirables, Je le demande, un homme qui serait dans un commence-
sentir que par intervalles, encore est-ce d'une manière bieu faible. eut d'aliénation d'esprit véritable, pourrait-il faire toutes ces combii 2 naisois :
Il est difficile de concevoir à quel degré peut farvenir cette perversité, suit dans le moral , soit daus les sensations, ct à quels singuliers exces
l'homme peut se porter sous son influence. Les exemples suivans en font fur.
Oss, [, — Une femme âgée de 41 ans, d'une Ggure sombre et désagréable ; nous dit ce savant et labo-icus mwdecin, proûta on jour de l'absence de son mari pour égorger be plus jeune de ses eufans, dont elle fit cuiru la chair avec des choux, Det en Gt un horsible repas. Appel, ajoute Le mème professeur, par-devant la cour d'assises pour donner mon avis sur du Évéhement anssi extraordinaire , jy appris Le fait aver ses circonstances de la bouche même de l'aceusée, qui l'avouait froidement et n'en témoignait aucun reg ct. Mon esprit fut quelque temps en suspens pour découvrir la cause de cette atrovité , et l ne me resta pour l'expliquer que l'état affreuss ment mélancolique de l'arcusée, qi était sous mes veux, et un accès de délire furirus dont elle avait été saisie dans sa solitude , ce qui, joint à l'énorentité du crime et à son inutilité , le plaçait évidemment hors de tout ce qui avait déjà été connu, Je conclus donc paur qu'il füt consuléré, pour l'honneur méme de l'humauité, comme be fait d'une impulsion aveugle opérée dursot une éclipse tu lale de la raison, siuf à séquestrer à loujours l'auteur du sein de Ja société ; on | chisions qui furent partogées et adoptées par la cour, |
Tout en louant les conclusions du célèbre professeur de l'école de Strashourg, je suis loin de penser avec lui que, pour expliquer ua fait ont ls anoales de la criminalité et de la legislation criminelle ne nous offrent peut-être pas d'exemple , le tempérament mélancolique et une |éclipse totale de à raison soient d'une indispensable nécessité, Ma pratique particulière et mon séjour de plasieurs années dans les hôpitaux de Paris et de Montpellier m'ont convaincu du contraire. Les débats
d’un procès auquel j'assistai durant mon séjour dans la capitale, celui | du trop célèbre meurtrier Papavoine , ont ajouté aux observations que | j'avais faites sur la non nécessité des conditions dont parle le docteur Fodéré. J'ai vu constamment les individus, au moment même de commettre l'action à laquelle leur penchant les portait, jouir de la même
Si je ne me trompe, voilà bien dans cette observation tons les signes | caractéristiques de la monomanie. Dans les commencemens, les syn.ptômes n'ont pas élé d'une grande violence; mais ils se sont aggravés avec le temps, et au point que le malheureux Gimond ne se sentant plus assez de force pour résister au penchant qui l'entraiuait, ne voyant fais d'au. tre parti à prendre pour se sunstraire au crime, que de se détruire luimême. Chose étrange ! jusqu'au moment où Gimond est deveru furieux par suite des contrarictés qu'il éprouvait et des viulenc s qu il était olligé de se faire, ses facultés morales n'ont jamais paru altérées. On ne pouvait voir chez lui quede l'ennui , de latristesse , de la morosité et un cha-
Ors. 1Y. — Un homme, nous disait dans la même leçon le chirurgien en chef de F'Hôtel Dieu du Paris, ayant spuris que sa fille se conduisait mal, résolut de se suiculer, En conséquence il se rend an bois de Boulogne, et 15, su moyen d'un ragrin qui le dominait. 11 est hors de doute que, si cet individu eût cédé | soir dont il était muni . 31 fait sur lui 13 plus imlécente comme la plus cruelle des à son penchant , il l'eût fait avec connaissance de cause. Et cepen-| A rm pes que de nb pue quel rapport y a-tl catre la conduite dant, aux yeux de la loi , aurait-il dû être puni de la peine capitale ? a te,
je ne le pense pas. N'en est-il pas de même du cas suivant ?
J'ai vu dans le mème établissement, et à peu près à la méme époque, : :n sl deux individus qui voulaient se donner la mort par des moyens non Ovs. 11, — Une dame de Montpellier , fréquentsnt journellement la société | : ; | ar yens
dont elle était un de plus beaux nest ds consulter M. le profesteur Lor- | moins extraordinaires , l'un eus enfonçant des aiguilles et des épingles dat, et Jui déclara, les larmes aux yeux et le chagrin dans le cœur , qu'rlle était |dans toutes les parties du corps , et l'autre en les avalant. Un troisième, tourawntée du besoin de se saisir d'un couteau pour égorger son mari. Elle avaua | poussé par le désir irrésistible de se détruire, employa un moyen difméme que plusieurs fois, irrésistiblement poussée par son penchant cregre d férent pour y parvenir , en sejetant d'une fenêtre en bas. J'ai observe l'avait poursuivi ua instrument tranchant à la main , et qu'il ne s'était males trois derniers malheureux dans leurs momens d'accès, ct je puis #4 fureur que par la fuite où La résistance. Le savant professeur qui nous rappor'a l L 1 "ut : fleé. U tin) . ce fut dans son cours de physiologie de 1822 , nous ajouta que celte femme était affirmer , eur moral ne paraissait point afleclé, ne particularité naturellement bonne , qu'elle aimait beaucoup celui contre lequel sa fureur se di-{ digne de remarque , c'est que leurs sensations normales étaient tellement rigeait, et qu'elle en était payée de retour. Jamais, disait-elle au professeur, je n'ai perverties , que dans les excès auxquels ils se portaient, ce qui aurait eu à me plaindre de mon mari, dà saturellement leur procurer des douleurs violentes, paraissait pour
eux être une jouissance,
(1) Gimond m'a toujours aroné que si son penchant le portait à verser le sang d'un enfot plutôt que celui d'un adulte , c'est parce qu'il savait qu'il ne trouverait aucune résistance , et que sa puissance serait alors grande.
MEUREUX EFFETS DE L'EXTRAIT DE BELLADONE DANS LE TRAITEMENT DES HERNIES ÉTRANGLÉES; observation communiquée par M. Henri Jorrne , médecin à Villeneuve-de-Berg.
Ons. — Le nommé B..., de Villeneure-de-Berg, me Gt appeler Le ES du mois dernier , pour se faire traiter d'une hernie ingvinale du cûté droit, qui s'était étranglée depuis La veille. Je trouvai le malade dans des souffrances horribles ; le vomissement avait licu depuis quelques beures , le pouls était devenu conrentré, La tameur, d'un volume considérable, était dure , rénitente et sensible à la pres sion. Tous les efforts de réduction au moyen du taxis furent inutiles, Je preserivis les bains , les saignées générales et locales, mais le malade naturellement impatient et irascible ne voulat pas s'y soumettre, Je me vis donc réduit à ne pouvoir eroployer que les spplications locales , et à cet effet, j'ordonnai en fricl ons sur le coi de la tomvuc, l'extrait de belladons délayé simglement avec ua peu d'eau. Dons moins d'une heure et demie le relâchement qui s'opéra sous lac tion de ce remède fut tel, que la hernie se réduisit comme d'elle-même.
Les effets de la belladone en applications ne sont pas moins sensibles dans bien d’autres cas. Je n'ai eu qu'à me leuer de l'emploi de cette plante dans la plupart des névralgies; entre autres, contre celles de la face, aujourd'hui si communes dans nos contrées. Certains spasmes de l'estomac et des hypocondres, accompagnés de douleurs, ont cédé bien souvent à l'action de cet agent thérapeutique. J'appelle sur ce sujet l'attention des praticiens.
REVUE BIBLIOGRAPHIQUE
DU MAÏS CONSIDÉRÉ DANS $ES RAPPORTS AVEC L'UYGIÈNE ET La MÉDECINE ; dissertation présentée et soutenue le 46 juin 1854, à la Faculté de médecine de Montpellier, par Mathieu Boxarous , docteur en médecine , etc.
M. Mathieu Bonafous de Lyon , directeur du jardin des plantes de Turin, membre d'un grand nombre de sociétés savantes, et auteur de plusieurs bons ouvrages sur differens points des sciences naturelles, vient d'ajouter aux titres honorables qu'il avait déjà celui de docteur en médecine. La thèse qu'il a soutenue à cette occasion contieut des faits propres et des recherches intéressantes , que nous nous empressons de sactire sous les jeux de nos lecteurs.
Quoique Le maïs soit cultivé dans l'ancien et le nouvcan monde de. puis les temps les plus reculés , et qu'il rende journellement des services immenses , 11 est cependant vrai de dire qu'il n'avait point encore été étudié d'une manière satisfaisante, et que son usage n'est poiat répandu parmi les peuples comme il merite de l'êire, Déja M. Bovafous avait fait connaitre un grand nombre d'espèces et de variétés de maïs qui étaient peu conaues avant lui, ainsi que les pratiques diverses suivies pour la culture de cette plante dans un grand nombre de pays. La science duit encore aux recherches de ce naturaliste l'histoire ja productions parasites ct des insectes qui nuisent le plus à la récolte de cette graminée, ainsi que l'exposition des moyens de la défendre contre ces ennemis redoutables. Enfin, ce premier travail est terminé par un traité de l'application des produits de cette substance végétale, à l’économie rurale et domestique, ainsi qu'aux atts noturels. Ces différens sujets ne sont que rappelés dans la thèse que nous analysons, mais ils ont été traités avec tous les dévelappemens dont ils sont susceptibles dans un onvrage sur l'histoire naturelle et agricole du maïs, que M. Bonafous à adressé à l'Institut en 1833, Un point de vae sous lequel cette céréale n'avait point encore été assez étudiée, c'est le maïs considéré dns ses rapports avec l'hygiène et la médecine, Or, voici à cet égard, et en e de mots, ce que nous apprend l'auteur dans sa dissertation inavgurale.
La farine du mais bien pulvérisée est supérieure à celle des autres graminées ; sa saveur sucrée et légèrement aromatique en reud la bouillie préférable à celle qu'on prépare avecla fleur de riz, la fécule de pommes-de-terre, le salep ou la farme de blé. Le maïs n'a ni l'amertume de l'avoine, ni l'âcreté de l'orge, ni la viscosité du fromeot ; nn assez grand nombre de chimistes se sont occupés de son analyse. Les principaux sont : Proust, John Gorham , Marabelli, Vauquelin , Bizio , Taddei , Lespes et Marcadier. Il résulte de leurs travaux qu'il contient du mucilage, du sucre, une matière azotée , et de la fécule en quantité supéricure à celle que renferme le blé et la pomme-de-terre. Ces résultats de
l'analyse-chimique seuls porteraient déjà à penser que peu de produe tions du règne végétal sont plus appropriées que le maïs à la nourriturede l'homme ; et cette opimon se trouve fortifiée par les observations faites sur les peuples qui se nourrissent particulièrement de cette cé. réale : tels soût les Piémontais, les porte-faix bergamasques, renommés par leur force athlétique, les Tyroliens, qui s’exilent FA ne patrie pour se livrer aux professions les plus pénibles ; les habitans des Pyrénées. Orientales , qui culportent en Espagne et en France les productions de leur industrie, et plusieurs peuples d'Amérique, qui se font tous remarquer par leur bonne santé et leur vigueur. Ge n'est pas l'embonpe qui annonce toujours la force chez ces peuples, c'est un teint co. or et un système musculaire fortement dessiné.
Le maïs , considéré comme agent thérapeutique, a des vertus prophylactiques. AM. Bonafous a observé que sa culture dans les plaines FR Novarais neutralisait l'action mallaisante des effluves des rizières environnantes, Chez les Aunéricaios et chez les Chinois, il est rdé comme préservant ces peuples des calculs urinaires. Il pent aussi être employé avec avantage comme euratif, ses qualités nutritives se trou. vant associées à ane qualité émolliente due à la fécule et au mucilage qu'il renferme ; il est surtout utile dans le traitemeut des irritations du canal digestif où de l'appareil urinaire , dans celui de quelques né. croses et dans la plupart des cas pathologiques où l'on recherche à la fois, dans les au ns que l'en muet en usage, une influence modératrice des forces vitales et une alimentation substantielle ; quelques faits por. icraient même à croire que l'emploi du maïs guérit le scorbut et quelqnes affections mentales, Preserit comme aliment , il détermine une sécrétion plus abondante des glandes mammaires; il peut par consé. quent rendre de grands services quand le sein de la nourrice commence a tarir, Les médecins mexicains cmployaient comme antipblogistique une tisane de inaïs qu'ils composaient avec-unc demi-once de farine sur une livre d'eau , à laquelle ils ajoutaient de la gomme arahique ; et après l'avoir passée, ils l'édulcoraient avec du miel ou du sucre ct l'aromatisaient avec un pen d'ean de fleurs d'iranger ; ils preserivaient dans les mêmes circonstances la raciac pulvérisée et infusée dans l'eau, Le maïs a été administré comme émollient, sous forme de cataplasme et en lavemens dans quelques affections intestinales ; on s’est servi du suc de ses feuilles dans le traitement de l'érysipèle; enfin la moelle du maïs qui offre un tissa spongienx, léger, facilement combustible, a paru à M. Bonafous projre à former des moxas ; on coupe la tige par portions de cylindre d'un pouce de long eton les fait houillir dans une dissolution de nitrate de potasse; l'écorce de la tige sert d'enveloppe au moxa que l'on peut, par ce moyen, wanier sans risquer de se br'ler, et le nitrate de potasse lui permet de brûler d’une manière assez prompte , et sins qu'il soif nécessaire d'acuver la combustion,
Je pourrais ajouter à cette analyse que depuis six ans environ , les medecins de l'Hotel-Dieu de Eyon ont introduit le maïs dans le régime des malades et des convalescens, et qu'ils se sont bien trouvés de son usage. Depuis un mois j'ai employée plusieurs fois les moxas de maïs dans le même hôpital; als sont ficiles à appliquer, brüleot rapidement et font peu souffrir les malades.
M. Bonafous ne se contente pas de révéler toutes les vcrtus du maïs, il prend encore la défense de cette graminée contre les attaques de ses détracteurs ; c'est ainsi qu'il termine sa dissertation par un article raisonné, sur les causes de la pellagre, devenue endémique daus quelques vallées du Piémont et de l'Italie, et que quelques ltaliens ont attribuée à l'usage du maïs ; notre auteur prouve par des faits avancés par des hommes di de foi ( Frapolli, Strambio), et surtout par les observations qu'il à faites lui-même, pendant ses voyages agricoles , que cette maladie de la peau doit être attribuée à une prédisposition héreditaire , à l'insolation , à la malpropreté ou à une alimentation défectueuse,
Poixrs.
PROPOSITIONS GÉNÉRALES D'OPHTHALMOLOGIE, suivies de l'histoire de l'ophthalmie rhumatiswale ; par J. Sicuec, docteur en médecine et en chirurgie des Facultés de Berlin et de Paris , etc. (1).
Cet apuscule, qui a servi à l'auteur de thèse inangurale près la Faculté de Paris, a plus d'importance que n’en ont d'ordinaire les ouvrages de ce genre. En effet , ce n'était point un élève encore peu sûr de son expérience, qui venait soutenir devact ses juges des idées non suffisamment méditées. M. Sichel, déjà docteur dans une Faculté étrangère,
(1) lo-8° de 49 pages. Chez Germer-Baillière.
— - — —— et chef de plusieurs cliniques en Allemagne , aujourd'hui l'un de nos ophthalmologistes les plusdistingués, amenait sur le terrain de la discussion des idées et des observations à peu jès inconnues en France , dont lui-même peut réclamer la plus grande part; et enfin déjà ses idées avaient subi parmi nous le contrôle de l'expérience et de la publicité, dans des leçons cliniques que l'anteur avait faites à l'hôpital Saint- Antoine dans le service de M. Bérard.
M. Sichel commence par des propositions générales où se révèle nn esprit logique et observateur, Nous en citérons les trois premières, qui concordent parfaitement avec notre manière de penser.
LE « Il serait à désirer qu'on parvint, en médecine, à fonder un sys téme semblable à celui qui est aujourd'hui généralement adopté en Lis. toire palurelle, |
JL. » Un tel système qui exclut les définitions des maladies et n'en admet que les descriptios, serait basé sur tous les caractères réunis de chaque maladie, |
NI. » Les caractères des maladies sont anztomi,nes (ÿ compris les caracteres physiques ou lésiuas des rapports, cie.) , chimiques (négli. gés ou peu connus jusqu'à présent). et physiologiques. »
De ces généralités l'auteur passe à l'ophthalmologie; il en montre tante l'importance dans ses applications à la pathologie générale, En effet , l'œil étant un organe pourvu d'autant de vitalité et de sympathies que tout autre, et composé de parties appartenant à tons les systèmes , séreux, muqueux, fibreux, vasculaires, verveux, lysphatiques, ete. , les affections de ces systèmes doivent se trouver répétées dans les différentes membranes de l'œil, et presque toute la nosologie est réellement représentée dans l'œil, D'une autre part, l'œil étant exposé à la vue, on peut y reconuaître sur de vivant les caractères morhidrs anatomiques que l'autopsie sue démontre dans les autres visceres.
Voici un exemple des indications que peut fourair l'étude de l'oph-|1 thalmie.
Deux on plesirnrs maradies penvent exister sur le mêine individu ou sur le même organe; mais tantôt ces maladies sont réunies par hasaurd , sans iuflarnce l'une sur l'autre, comme une ophthalmie traumatique et une plaie de jambe; on les nomme alors composées. Qu hien leurs symptômes se mêlent et se confondent jusqu'à un certain degré, de manière qn'il devient difficile de les analyser et de les rapporter à l'affection qui les produit ; alors les maladies sont dites compliquées; exegple, vne ophthalmie traumatique et une plaie de tête, Ou enfin, par suite d'une affinité organique semblable à l'affinité chimique , les symptômes de deux lite coexistantes se réunissent de manière à n'en former pour ainsi dire plus qu'une seule, et à déterminer de nouveaux carac'ères pe tenant que peu des caractères des deux affections
rimitives ; alurs ces dernières sont combinées, ct l’on conçoit de quel intérêt sont ces combinaisons pour l'étude de la nosologie et de la pa. thologie. Or, c'est dans l'œil qu'on les observe mieux que partout ailleurs , et c'est là en effet l'idée-mère des travaux de M, Sichel. il'admet que ces combinaisons peuvent être simples. Ainsi , l'ophthalmic et l'affection srrophulense forment en se comanant l'ephtbalmie scrophul use: an daubles ; ainsi l'ophthalmie scrophulense et l'ophthalmie catarrhale réuuies constituent l'opbthalmie scrophuleuse catarrhale ; ou mème multiples. 1 y à là, comme on voit , sous d'autres expressions, une réminiscence de cette magnifique ductrine des elé. mens, due à l'imagination puissante des pathologistes de Montpellier, et dont la pensée, survivant à toutes les révolntions médicales , semble destinée à jeter de profondes racires dans cette érolc de Paris même , qui l'avait si fort dédaignée,
La ©
que par les symptômes physiologiques que Barthez «1 Bérard procédaient à la r connaissance des élenens: M. Sichel perse trouver des caracteres aussi certains dans les symptômes avatinniques, Qu retrouve, à la vérité, cette idée dans quelques écrivains d'Allemagne ; mais sue Cun, que nous sachions , ne la éveleppée avec autant de précision que D. Sichel, Pour Ini done, « les caractères différentiels objectifs on anatomiques des ojphthalmies com inces siégent priocipalement dans l'injection vasculaire avec ses différentes urnes , et dans les terminai. sons particulières à chacune des ophiba‘mies... Souvent cn n'a qu'a faire l'inspection des yeux pour pronorcer sur l'existence de telle ou
meyen de s'éclairer; car il avoue lui-néme que e quelquefois les symptômes de l'une des deux affections cembiuées abeorlnt presque Îl1 esticrement ceux de l'autre, » L'auteur promet de publier toutes les là ohseivations de détail qu'il possède dons un srpplement a: truite } des maladies des yeux de FFeller: pour le présent, il se bor ne 'à| une description concise d'une ophthilsie cemlinée, qu'il appelle aph.] tlalmie rhumatismale.
dans la sclérotique, d'où elle peut compliquée on combinée , elle peut débuter par un autre point d'origine. À son délut et à l'état de sim
goent en devenant encore plus déliés, peu près de leur origine. Ces vaisseaux sont tous parallèles entre eux ; très-droits, séparés l'un de l'autre par uu intervalle d'une demi-li
à peu près, el ne £e réunissant pac aucune anastomose. Îls forment autour de la coruée un cercle presque toujours complet. En même tem S l'œil devient sensible à l'impression de la lumière ; des larmes se5 échappent de temps à autre ,
parvient à l'obs
de la conjonetive en conserv Iports; d'autres se sont développés dans la conjonc d'elle, suivant Ja mème marche et ne difiérant de que que par leur couleur Lès-foncée , d'un rouge.cinabre un nâtre ; par leur diamètre plus grand et leur marche moins droi flexueuse ou lortillée, et par leur plus grande longuenr, De là couronnes vasculaires | profonde , 3 die, la
formées par des vaisseaux hy
qui recouvre le bord externe de s'élevent , sans signe d'inflammation lucale jtènes, L'injection vasculaire avgmente , les mencent à se confondre ; à peine l'œ
laiteuse , o tre; mais partient moins à l'infammation chu combine à une affection lrmph
la forme la plus tranchée ; pareille affection peut encore affecter la brane de l'humeur aqueuse et enfin l'iris; M, Sich l'ophthalmie rhumatismale duirons point les caractères différentiels ment 1} faut noter q ‘phénointne spécial; la pupille perd sa forme
es personnes très-dispasérs exemple la taille très-clevéc, un cwbonpoint mar curseurs des hémorrhwides où un léger degré de cet
du diagnostic différentiel de ectte alfectio ce double cercle vasculaire autour de là cornée, raient combinées avec elle. I sera plus iuté Mais M, Sichel pansse beaucoup plus loin l'anslyse. Ce n'était guère |LM. Sichel dit du traitement.
sangsues, de 4 à 10 , wlen l'âge du malade , à icôté malade ; où réparties des deux côtés , si 1 Aprés celles-ci, un nombre éal appliqué et ces déplétiuns doivent à
fictions faites au-dessus telle affection pathologique. » Cependant, il ne dédaigne aneus autre guent mercuriel double,
jusqu'à concurrence de deux ou trois £
vhlogistique qu'il s'explique par leur action sur le soit de la thévrie, on sait que depuis quelque temps Inelles eut été emplosérs avce avantage contre la per Île: engelerrs, l'érsmpile ; et l'expérience a montré
L'ophibalmie rhumatismale simple a s00 siége primitif et principal s'étendre sur les autres membranes ;
pr voici ce qu'elle presente,
La conjunctive est à l'état normal ; dans Ja sclérotique, on voit une égère injection composée de vaisseaux très-fins , de couleur carmin âle , qui commencent au point de jonction avec la cornée , s'en éloiet se terminent à une ligne à
et ces trois symplômes réunis sont pathoalfection est légère, presque sans douleur ; attache poiut d'importance, et c’est par hasard qu'on Crver,
Quand l'affection augmente, les vaisseaux se
nomoniques. Mais alors |” e malade n'y
prolongent vers le }.li ani les mêmes caracteres et les inêmes raptive et au-dessous ceux de la scléroti.
peu jaute, À
eux autour de la cornée, l'une superficielle , l'autre ant entre elles peu d'anastomoses, À ce point de la mala- TO TE devient violente, la douleur très - vive; des
armes chaudes s'écoulent de l'œil dès qu'on tente de l'ouvrir à une lu-
‘mière intense. Aucune sécrétion muqueuse anormale n'a licu durant
‘ophthalmie rhumatismale simple.
À un degré plus avancé encore, de petites stries perpeadiculaires , ertrophiés, se voient sur la conjonctive e la cornée, et souvent sur cette membrane préalable, de petites phlycvaisseaux plus serrés comil peut-il être entr'ouvert ; mais excreé reconnait encore le double cervit aussi Ja cornée se prendre , devenir aline, et s'injecter de vaisseanx qui vont jusqu'à son cen-
+ Sichel penche à croire que cette cérato-conjonctivite ap- Mhumatismole simple qu'à celle qui se atique où arthritique.
Toutefois il y a aussi une cératite rhumatismale dont l'auteur décrit
ependant alors un observateur exe le vasculaire. Quelquefois on +
meniel n'a jamais vu refondément, Nous ne rcpros d : toutes ces affections , seuleue l'ivitis rhumatismale présente quelquefois un Î ronde et devient per- Ce symptôme est plus fréquent cher aux affertions arthritiques , qui ont par qué, les signes préte affection.
$ causes , de la marche, ni n. Aucune autre ne présente hormis celles qui scressant d'examiner ce que
pénétrer plus ovalaire.
#diculairement
Nous re dirons rien des terminaisons , de
Le traitement comporte quatre indications : 1° combattre l'inflam-
je nn ; 2° attaquer les symplômes rebelles; 3° traiter l'affection rhimatismale ;