‹ Gazette médicale de ParisChapitre 222 sur 394 · UNE QUERELLE D'ALLEMAND · texte numérisé non relu

UNE QUERELLE D'ALLEMAND

T'urpe est doctori, cum culpa redarguit ipsum.

Ce n'est pas sans raison queje metscette citation savante catète de l'rincubration qui va suitre. Mo sul regret est de n'avoir pas trouvé ere de cette épi graphe en grec; vÎle ausait eu l'avantage d'être moins intelligible, et plus convetable par conséquent dans une querelle d'Allemand comme celle dont je vais parles, I s'agit de ñ discussion littéraire établie en ce moment entre M. Déreïmeris et M, Lifrine.

Cette disensson , à peine à son débat, à produit déjà one si rolumineuse eulection de notes, d'observations, de réponses, de replques ct de eoutre-répliques,

qu'il est déjà extrémement difécile de s'y orienter. Pour que les éclaireissemecs et explications réciproques contingent, bes ténèbres de ce scront si profondes que les plus habils interprètes cenonceront à s'en mêler, 11 est en eflet démontré par l'expérience qu'en tonte matière, autre que les mathématiques, le doute et les incertitudes croisent en raison directe de la darée de la dispate, Trois lignes de La thèse de M, Lifranc ont provoqué dis pages de M. Désesméris, lesquelles en ont amené cinquante de son adversaire, lesquelles ant été suivies de je ne sais combien d'autres, qui, à leur tour, en ont engendré encore |une demi-doursine ; le début d'abord établi sur deux outrois faits, s'est gonilé successivement de questions incidentes, toutes grosms elles-mêmes de nouvelles questions, sans qu'on puisse prévoir où s'arrétera cette multiplication. L'intervention d'une troisième voix dans la querelle, ne peut , je le sais, qu'ajouter à la confusion et embrouiller cacore plus les choses; mais dans l'intérét des parties et des lecteurs , c'est Li, jeeros, ce qui peut arriver de plus heureux, La clarté donteuse à La faveur de laquelle ces deux redontables champions se portent encore quelques coups mal assurés, étant tout-ä-fat éteinte par mes explications, ke cormbat sera terminé.

Je commence par déclarer, moi pablie , que je suis décidé à soutenir M, Lisfranc contre M, Déseiméris; non point parce qu'il a raison sur le fuad des choses, ce que j'ignore profondément, mais parce que je suis plus content de sa manière de disserter, de disputer, de pousser les argumens et d'aiguiser Les syllogismes. 8e l'persa m'égaie et me réjouit , tandis que celle de son adversaire m'attriste, M, Déseiméris prend trop la chose an sérieux ; 11 me veut pas admettre la plaisanterie , alors même qu'elle et bonne, et sous prétexte d'établir l'égalité des armes , il interdit à son adversaire le droit de se défendre avec esprit ; parc

lent le “Le souvent (1). Je ne trouve crpendant auenn exemple de ce cas, si l'on en exrepte Les phrases suivantes de Bertrandi, qui d'ailleurs ge me para ssent pas bien concluantes : à J'ai va, dit ce praticien, un » eufant dont Lis épiphyses du radius et du eubitus ont été séparées au + moment où 1l a été violemment élevé de terre par la main (2). » Nous avons dejà dit que l'extrémité inférieure du eubitus n'offrait pas d'appendice épiphysaire au moment de la naissance; or , je ne conçois pas comment on pourrait déculler les éprphyses supérieures des os de fa. vant-bras en élevant un enfant par Ja main ; dans ce cas, c'est l'épiphyse inférieure du radins qui supporte tout l'effet de la violence et qui se décolle ordinairement, à muins que les épiphyses supérieures ne scient déjà gonflées et ramollies par une maladie articulaire du coude; mais ceite dermière variété de séparation épiphssaire, qui n'est que le srmp-

tôme d'une autre maladie, n'entie pas dans le plan de ce travail, Je

trouve cependant dans Béclard la raison de la difficulté de la séparation de l'épiphyse supérieure du radius. C'estque cvite épiphyse , bien qu'elle soit une des dernières à montrer des points d'ossification dans sa substance, est la première à se réunir à la diaphyse de l'es (3).

B. L'épiphyse inférieure des os de l'avant-bras, ou l'appendice carpienne du radius, se décolle assez souvent par suite de l'action d'une cause traumatique, Plusieurs exemples de ce cas existent deja dans la science, Dans son excellent mémoire sur les lurations du poignet, M, le docteur Malgaigne a cité, d'apres M. Clusquet, une observation de ce genre (4). Un cas pareil a été observé par M. Flaubert de Rouen : le inal avait été trailé comme une simple contusion du poignet. La pièce pathologique sr trouve conservée dans une des armoires du cabinet anatomique de l'Hotel-Dieu de Paris. Mais rien ne donne une idée aussi complète de cette lésion que les deux faits suivans.

Ons. XIX. — Un jeune homme âgé de"15 ans tombe dernièremant d'un arbre dans Le jardin du Luxembourg ; le luxe l'avant-hras en arrière, et s'endommage as sércusement le poignet du mime côté, On le transporte à l'hôgital de la Charité, On croit reconnaitre une double lusation , l'une au poignet , l'autre au coude, On fait des «Morts pour les reduire. Les parties sont remises à peu près à leur place maturille. On spplique an appareil costentif. Flegmoa intense ; gun grèue, mort, À l'autopsie on a reonnmt que la pretuadlue lusation du poignet n'élait autre chose qu'un décollement de l'épiphyse inferwure du radius.

Qus. XX. — Un enfant âgé de 5 ans, Gls d'un bijoutier de la ruc St-Honoré » eu jouant avec son frère plus ai que lai, a eu, dans Le commencement du mois - de ma:s deruicr . l'épipliyse carpwnne du radius dérollée à l'orvasion que voici. Toi par son frère sur due cpèce de jatte qui leur faisait l'offre de vouture, cet cofant se tenait d'une main à la jatie, de l'anire , son frère Le truit de toutes ses forces. Après quelques tours faits ainsi sur le parquet d'un appartement, l'enfant à jeté des eris perçaus, comme si sn pognel gauche rôt eté blessé, Ses pars ns, 2ccourus auprés «le les, lui ont trouvé le poiguet excessisement douloureux ; Fenfaut Le présentait co mme mort, pour me servie de beur propre expression; ils l'ont cu dém s J'ai dune été appelé A mon arrivée, six heures environ après l'arcident {e"était un soir), j'ai trouvé Le poignet de cet enfant rouge, « cchymosé, gnné, très douloureux au toucher, et trs duigts à demi-vchis, 1 m'a té impussible d'y rien distinguer d'ubord ; le petit matade était d'ailleurs fort agité 31 remis mou jugement définitif au lendemain , #t j'ai undonné en attendant des résolutifs locaux et quelques calmans intérieurement. Le lendemain , Le gonflenvent et la,

dantewr ayant diraineé de hroucenp, la nature du désordre n'était plus aq x où Una vie farde d'y reconnaitre la séparation de l'épipliyse infécienre 1ln radins, En soutenat la partie inférieure de tavant-bras, be paiguet lat facilement déplace en avant, en arrière et un peu latéralement: je qumvais méave lui faire eat cüter un écrtain mouvement de rotation En tournent douvement la main de la | supination dans la pronation, je sentais si ément sous mes du gs rouler un corps 3 bord mivce comme ane tranthe de vitcon : à lapartie inférivure de l'uvant-bras, € en inelnant Ja main du côté plaire je simulais parfaitement one fuxation du poignrt en arritre, Aucune erepiaton manif sie cependant n'était sensible dans ces mamæurres Bien que Les apophyses malliolaires où styloiles de l'avant bras d'étaient que très pro développées pour mie servie de poiat de départ dans le diagrostie, j'ai pu m'asurer, en serrant fortement bn juirlie infrricure des os de l'avant-hras, que ces os ne participaicnt point aux munremens dont je viens de parler. J'ai caveloppé la moitié inférieure d lavant-hras , et une partie de }3 main dans un petit appareil inamovible. J'ai mis par-dessus cet appareil deux petites attelles de bois. et j'ai senti Le membre sû tronc à Laide d'use serrielte qui faisait Lolfre d'écharpe, et qui env: boppzit Le tout, Le tre aide jour j'ai dé l'ip parol; l'épighyse m'a paru consolitée ; j'ai commencé dés-lurs à fsire exécuter

Lada mois de légers mouvemens de flexion et extension, Guéri sans diflormité.

Ce mode d'arrachement de l'épiphyse carpo-radiale me parait vraiment digne de remarque. À en juger d'après le fait qui précède , la divulsion en question n'exigerait peut-être pas un degré de force anssi considérable qui semblerait résulter des travaux , d'ailleurs admirables, d'un ancien prafesseue trèscéiéhre de la Faculté de Naples (1).

Un autre proesseur non moins célébre de la même Faculté, Troja, it , étant à Paris, dans l'amphithéâtre de Lientaud “à l'hôpital de la | Charité, des expériences fort imgénicusrs qui prouvent la possibilité

d'arracher de la même manière, par une furce directe, l'extrémité olé-

cränienne du cubitus sur des cadavres de sujets âgés de vingt ans. Le but de ces expériences de Troja était de caleuler comparativement la résistance des différentes épiphyses du corps, et celle du périoste qui les unit à leurs diaphyses r spectives (2).

$ VIIL — Évipnises FÉMORALES.

Non-seulement les deux extrémités, mais aussi les saillics trochantériques du fémur restent pendant long-temps à l'état épiphysaire, et par conséquent exposées à la divulsion traurmatique, Jusqu'à l'époque de la puberté, et même au-delà ; le fémur présente encore ses épiphyses. Un habile anatorniste de Paris (3) a observe qne les trochanters de cet os ne sont parfaitement joints à la diaphyse que vers la vingtième année de la vie. L n'est donc pas étonnant qu'ingrassias les sit vues décoilées sur un jenne homme âgé de 15 ans, par simple action muscu laire, en faisant des armes avec la Lallrbarde. On pourra cn dire autant de la tête fémorale, qui 1m se décoller aussi jusqu'à l'âge de 15 ans, et peut-être même au-delà, Au dire de Morgagni . Hoffmann ren contra une fois cette séparation sur un chien qu'on avait cra avoir la cuisse Juxée {4). Un cas de fracture du col du fémur, rapporté par Sa.

Àbatier, sur un jeune bomme de 15 ans qui tomba en se frappant le ane

sur une poutre, n'est évidemment et ne peul être qu'an décoilement épi. RSR RS (1) Borrelli, De motu animalium, «dit, Bomæ, 4680, In-4°, vol, {, propositia

—————————————————— nn | 4 5 1, 82-83.

{1} Portal, loco cilato, 1. 4, p. 31, 424.

(2; Bertrand, loco citato, p. 124.

(5) Séclan, Elésn. d'auat, gén, p. 503.

(4) Malgagre, Sur les luvations du poignet. Paris, 1633.

vit se fâche, il ne seul pas qu'on rie, Je ne sanrsis , pour mon compte , res avec we bameur de ce gare.

Dans un pr el méme quil y ait heu à ue solution, on ne peut pas prendre parti pour les choses, mais simplement pour les personnes, €4, thans ce vus, ke plaileur qui suit le mieux alisclier 00 at à ve prélemis point dire que M Déseumeris ait tort, Car j- n'en sais rien; je dis sukmæent que M. Lifrenc dispute d'une manière plus agréable et plus révréadre, Tel ext le soul et mnique utile ina partialité , et je be masnliens parfaite ment formé et legiime. 8 quelqu'un veut engager une discussion L-dessus, je suis prêt à la souteoir rngutbus et rotiro.

Mon esorde terminé, je viens aux faits de la eause. |

M. Lisfrauc à dit dns 2: thèse : ve Rufus, médecin grec, mort il y a quelques ulle ans, sk de premier auleur d'une methode pour Le traitement de l'anésrisme; 2° que Glen avait emprunté à ce médecin sa doctrine sur Le méme

ut de pratique; 3° que la methode dont Ans est regardé comme le premier loveotenr , se trouve indiquée antérieurement par Guillencan et même jar Ambroïse Paré; 4° que La methode de Guillemesu n'était pas celle d'Aëlius, uvais been ile d'Anek. . | : | |

En reduisunt à Les quatre poiots Le sujet de la discussion ; je me mets déjà sur Les bras ae assez rule besogne, Mais on voudra biea se souvenir que je e me us pas ee gagr à dire tout, ni à être clair, Qui potert coperc capliut.

M. Duc wecis coutieut précisement Le coutrare de ves quatre propositions.

Des deux côtés on s'oppose des textes, ol qui pis cst Les mèmies textes D'abord quoi à Rufus, al est couvene de part et d'autre qu'il ve reste sucug ouvrage ori-

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