CARACTÈRES ANATOMIQUES DES OS CHEZ LES RACHITIQUES
Des os longs. Ces os, comparés avec les os longs de sujets non rachitiques, en tenant compte des courbures, n'ont rien perdu de leur longueur, c'est-à-dire que le fémur d’un enfant rachitique âgé de 2 ans est aussi long que le fémur d’un enfant de à ans non rachitique,
Le corps, et les extrémités surtout des os du rachitique , sont d’autant plus épais, plus renflés , que le degré du rachitisme est plus prononcé.
Ces os sont plus élastiques, plus mous; quelquefois ils peuvent être pliés et tordus sans se rompre , ainsi que les racines de certaines plantes. La torsion de leurs fibres en fait exsuder du sang fluide, même au niveau de la substance compacte,
Extérieurement, le corps de ces os est tapissé par une membrane appelée périoste, qui n'offre aucune différence d'avec le périoste qui cutoure les os ordinaires; ïl n’est ni plus ni moins adhérent au tissu osseux , ni épaissi ni ramolli, et d'un aspect entièrement fibreux.
Lorsque l'on pratique une coupe longitudinale , soit dans le fémur, le tibia , l'humérus , on d'autres os longs , on remarque d'abord que le renflement des articulations ne dépend pas de l'état du cartilage artieulaire , qui n'est ni plus ni moins épais, ni plus ni moins ramolli , mais aussi ferme, aussi nacré que dan: l'état ordinaire,
Les épiphyses ne sont ni plus ni moins avancés que chez un sujet de mème Âge non rachitique; À leur centre, il existe un ou deux points d'éssification , lesquels sont toujours , pour leurs dimensions , bien en rapport avec l'âge du sujet, mais d'une consistance beaucoup moindre que dans l'état ordinaire ; les cellules osseuses ÿ sont plus espacées; le noyau osseux offre toujours une forme arrondie, mais sa structure n'est porot homogène : au milieu des cellules osseuses on retrouve de petits noyaux cartilagineux en forme d'ilots , et comme oubliés au milieu de ces cellules , de façon que l'ossification , quoique étart aussi prompte chez les enfans rachitiques que chez les autres, n'est pas néanmoins tout aussi régulière, Lorsque avec la pointe d'un scalpel on enlève les cellules osseuses qui forment le noyau osseux, le cartilage épiphysaire se trouve ainsi creusé d’une petite cavité, dont le fond offre une surface cartilagineuse toute mamelonnée.
Léppèyse se détache facilement de la diayhyse des os.
u dela s
ace osseuse d'avec la cartilagineuse ne se fait pas
se terminer par une l'gne horizontale blanchâtre , la délimitation en est irrégulière et découpée en feston.
Au-dessous du point où finit le cartilage , commence un tissu rougeitre très-clastique , réticulaire, semblable à une éponge très-fine à mailles très-serrées, d'entre lesquelles on fait suinter par la pression du sang en abondance, Ce issu occupe dans l'os une hauteur d’un demipouce à un pouce, suivant les os et suivant l’âge. C’est de la présence de ce tissu que dépend le renflement des extrémités articulaires, Dans ce point, en effet, un os rachitique comparé avec un os sain, l'un et l'autre étant pris chez des sujets de même âge, lus rachitique offre une largeur plus grande,
Au-dessons de l'éponge fine commence le tissu spongienx proprement dit. Ce tissu occupe comparativement un espace moins étendu que dans les autres 08, parce qu'il est en partie remplacé par l'éponge Îne dont j'ai parlé plus haut; les cellules de ce tissu spongieux sont trèscspacées, se rompent avec la plus légère pression ; et contiennent du suc médullaire. À mesure que l’on approche de la partie moyenne de l'os, le tissu spongieux se raréfie et m ér entièrement pour être remplacé par le vide appelé can: | médullaire. L
Ce canal médullaire occupe :n hauteur chez les rachitiques, comme chez les autres sujets, environ un peü plus du tiers de l'os ; il n'est ni plus ni moins large chez les uns que chez les autres , et la plus grande épaisseur des os rachitiques dépend uniquement de l'épaisseur de La substance compacte , ainsi que nous le dirons bientôt.
Les parois du canal médullaire sont formées par la substance com-
acte, dont la lame La plus interne est ordinairement plus dure, plus Éisnchätre , ayant plus les caractères du tissu osseux que les lames les plus externes, Cette lame est erillée de pores très-larges.
La moelle des os rachitiques n'est ni plus ni moins abondante que dans les os ordinaires ; elle est d'une couleur moins rouge , tirant un peu sur le jaune , comme chez les sujets détériorés me une longue ma- Lise chronique. Traitée par le feu , par l'eau bouillante, cette moelle pe m'a point semblé contenir plus de graisse que chez d’autres sujets ; elle noircit par l'acide nitrique. |
Chez la plupart des enfans dont j'ai examiné les os, cette moelle ne m'a pas présenté de membrane médullaire plus distincte que les os ordinaires. Cette membrane médullaire était aussi fine qu’une toile d'a raïgnée , pour ne pas dire imperceptible ; mais chez lrois sajets, entre la moelle et la lame interne de La substance compacte, se trouvait une couche membraneuse grisätre très-cassante , épaisse d'un huitiéme de ligne, qui s'enlevait en partie avec la moelle; mais dont on ne saurait dire si c'était la membrane médullaire hypertrophiée, ou bien si c'était une des couches la plus interne du tissu compacte de l'es. Cette disposition à été trouvée sur les os qui présentaient les caractères du rachitisme au dernier degré. C'est probablement cela que Bécland a indique comme une hypertrôphie de La membrane médullaire des os rachitiques. | : ;
Inférieurement , lorsque le canal médullaire finit, le tissu spongieux recommence. Ce tissu spongieux des extrémités articulaires inférienres de l'os est moins considérable qu'aux extrémités supérieures ; 11 est
int de jonction de l'épiphyse avec la diaphyse, la séparation remplacé par l'éponge fine , et cetie éponge fine par le cartilage épiune f3- ||
physaire et le noyau osseux. Toutes ces parties offrent aux extrémités
çoa ette et bien tranchée ; le cartilage devient de moins en moins blan- linférieures la même ac Ars qu'aux extrémités supérieures ; il serait
châtre, il offre une demi-transparence presque bleuâtre , et au lieu de ldone inutile de répéter
a description que nous avons déjà faite.
een sur les officiers de santé , et proposer trois questions anatomiques à . Double,
Cet écrit da professeur Richerand est co de 40 d'impression ; il se trouve cher M. Béchet jeune, rue de l'Ecole de Médoc eet a. Ho en lersinerons ici l'analyse.
Nous avons promis, duns notre dernier numéro, de revenir sue la question des commissaires médicaux que la Faculté de médecine propose de créer. Les vrais caractères de celle institution ne nous sont pas encore connus, Les détails du projet n'ayant pas été rendus publics. Cependant il est certain que l'école n'a pas entendu ressusciter sous une antre dénomination et sous une âutre forme les chambres de discipline. Ces commissaires , nommés par les colléges départementaux , seraient chargés uniquement de veiller à l'observation des lois qui règlent l'exercice de la médecine, de constater les contraventions et de dénoncer à l'autorite les délinquans, Les lois existent et sont suffisantes pour protéger la vraie médecine contre le charlatanisme, mais elles sont toujours plus où moins eludées, l'autorité ordinaire n'aysnt pas la vigilance nécesssire pour en assurer l'exécution, Les commissariats, dans l'esprit du projet, suppléeraient à ce manque de vigilance: ils constituersient un comité permanent d'instruction qui conaaitrait de tous les délits médicaux prévus par Là loi pénale, les rechercherait et les dénoncerait aux tribunaux
est évident , si tel est ke sens du projet , que ces commissions n'auraient aucuve sorte de juridiction soit morale , soit judiciaire , sur Les praliciens auturisés, médecins on ins, et que le corps médical resterait en dehors de leurs
attributions. Une semblable institution pourrait faire quelque bien | mais elle ne
saurait jamais avoir de résultats bien sensibles et bien iportans; elle encourrait facilement le r he d'être tracassière et inquisitoriale , et les commussaires nommés mettraient toujours quelque répugnante dans l'exercice de leurs fonctions , un peu trop rapgrochées de celles du ministère publie. Les commissariats seraient peut-être mieux appropriés à leur but s'ils n'étaient pas composés de médecins. IL n'est pas nécessaire d'être médecin peur connaitre les lois sur l'exercice de l'art et pour constater leur violation. Des commissaires pris ca dehors de la méderine échappent à ces soupçons et à ces répugnances. Mais pour se former da opinion définitive sur le projet de la Faculté, il convient d'attendre qu'il +0 t parfaitement connu, Nous ne nous en oceuperons donc pas plus long-temps auourd'hui.
x Les discussions des dispositions da eapport de M. Double qui concernent la pharmacie ayont commencé, les pharmaciens de Paris ont cra devoir nommer une commission chargée de proposér an plan sur l'exercice et l'enseignement de ectte branche de l'art. Le travail n'est pas achevé , mais en attendant qu'il puisse être connu, M, Cap, rapporteur de Li commission, en publie un extrait sous le titre d'Observutions sur quelques points da rappirt de l'Aeadimie de médecine. Iesttrès-convenable que les pharmaciens, imitant l'assoriation médicale, se soient réunis pour s'occuper des intérêts de leur profession ; et leur travail ne pourra qu'être trésutile à ceux qui ont mission de préparer La loi générale sur la médetine, -
La substance compacte qui entoure la substance spoigieuse et le canal médallaire , et qui forme la diaphyse de l'os, considérée à lo base des épiphyses , est presque nulle ; elle s’épaissit de plus en plus jusque vers le milieu de la hauteur de l'os, et parait plus où moins résistante, ou bien plus ou moins élastique , suivant que le rachitisme est plus on moins prononcé ; sa lane la plus interne est, comme je l'ai dit , la plus ferme, la plus osseuse ; ordinairement , elle offre une teinte violacce , et présente de larges pores. Les lames externes sont plus flexibles et se détachent facilement du périoste.
Cette substance compacte est composée de cinq ou six couches super posées les unes aux autres, de façon que cette substance compacte représenterait un ensemble de cylindres concentriques eugainés les uns dans les autres.
Entre cex cylindres concentriques se trouve du suc médullaire rougedtre, comme entre les cellules de la substance spongieuse ; mais en moins grande quantité, On peut les séparer facilement et les dédoubler avec la pointe d'un scalpel lame par lame. Ce dédoublement s'opère encore lorsque l'os a été Resséche par l'exposition à l'air ou jrar la calei. nation.
Jusqu'à présent nous avons considéré les 05 des rachitiques enonre
its et sans qu'ils aient subi aucune déformation, 1} nous faut maintenant exposer quelles modifications surviennent dans leur texture lors. qu'ils sont courbés.
1° Quelquefois une des extrémités articulaires plus renflée en un point , comprime le poiut correspondant de l'autre extrémité articulaire, et en empêche le développement ; de là déviation. Ainsi, comme je lai dit, l'extrémité du péruné, la malléole externe, étant plus tuméfiée que | interne, le point correspondant de l'astragale est comprimé, Alors c'est l'éponge fixe qui est plus développée dans le péroné et moins dans l'astragale, Le cartilage de ce dernier os n'en est pas plus aminei ; sa surface à éprouvé seulement un simple aplatissement.
La déviation des côtes dans la tr les thoracique appelée poitrine de pigeon, est fort remarquable ; elle a toujours lien an niveau de la jonction de la portion cartilaginense des côtes avec la portion osseuse, En ce point la portion osseuse offre un renflement par suite du développewent de l'éponge fine. Ce renflement change la conrbnre des cartil es, jette le s'eraum en avant , tandis que la timefaction osseuse proémine dans là cavité pleurétique et comprime , ainsi que nous Je dirons. l'organe pulmonaire,
2° Quant aux courbures, elles peuvent avoir lieu dans tous les points de la longueur de l'os ; par conséquent ces courburés peuvent être au niveau de la substance spungiense proprement dite , tont aussi bien qu'au niveau du éanal médullaire. Or , dans tous les points où ces courbures out lieu, il Y à cnvahissement . bypertrophie de la substatée compacte ; quelquefois La cavité de l'os en est completement oblitérée : dans le plus grand nombre des cas le canal médullaire est réduit à un filet de canal très Hi Larmmg de la convexilé de la conrbure. La substançe compacte prédomine du côté de la concavité : c'est le point de la plus grande épaisseur, Extérieurement au niveau des conrbures, les os n'offrent ni anneau ni renflement, comme dans la tumeur du cal des fractures ordinaires, Les points de la courbüre , dans Jes 05 du rachitier sont les points les plus résistans : ces courbures, ainsi que je l'ai
it, sont permenentes. Alors que les sujets sont Darvenns à un âge plus avancé, et que Lous les antres caractères du rachitisme sont disparus , c'est de la permanence de ces courbures, et non pas d'une disposition réellement moins longue des os ; que dépend la taille petite et rabougrie des rachitiques,
J'ai eu deux lois l'occasion d'examinér ces courhures rachitiques x rs l'âge de G ans. Dans les deux eus , le canal médullaire était rétabi, mais beaucoup moins large que dans le reste dé l'os , et l'hypertrophie de Ja substance compacte persistait surtout du côté de la con cavité de la courbure; l'ossification y élait parfaite,
Chez ces deux mêm:s sujets qui avaient dû présenter anssi des renflemens articulaires, ces renflemens n'existaient plus, et l'éponge fine était disparue et remplacée par de la substance spongieuse ordinaire,
Des os plats. —Les os plats chez les rachitiques sont plns flexibles. considérés extérieurement , ils offrent une teinte violacée, probablement à cause de l'épaissenr moindre de leurs tables de tissa compacte , qui laissent voir par transparence la substance spangieuse on diploë. Celleci est formée par des cellules très-cspacées faciles à rompre, ct qui contrennent du suc médullaire. Dans le voisinage du bord de ces os, on ne trouve rien de éomparable à l'éponge fine des os longs. Lorsque ces 0s cprouvent quelque ressérrement où déformation, comme celles que présenie quelquefuis le crâne des rachitiques, Au niveau de ce resserrement se tronve un boursoufflement de la substance spongieuse, qui offre duos la portion écailleuse du temporal jusqu'à deux lignes d'épaisseur,
a Am tout-h-fait contraire à celle que présentent les courbures des os longs, dont l'hypertrophie, au contraire , a pour siége la substance compacte,
Des os courts. — Malgré la grande analogie qui existe entre les os courts et les extrémités des os mu « , ces deux parties du système osseux s'offrent pas l'altération du rachitisme au même degré. Nous avons vu, dans les os longs ; qu'entre les cartilages épiphysairés et La substance spongieuse proprement dite., se trouvait une substance intermédiaire que nous avons comparée à une éponge fine. Or , dans les os courts, cette substance existe à peine dans les points de jonction du cartilage ambiant de l'os avec le noyau osseux intérieur; c'est po ï les os courts n’offrent aucun reuflement extérieur, et ne tent d'autres déformations que celles qui résultent de la pression des extrémités des us longs inégalement tmncfiés.
L'ossification considérée chez les rachitiques , soit dans les os longs , les as larges ou les os courts, nous a toujours semblé bien en rapport avec l'âge et jamais en retard; c'est-à-dire que tous les noyaux osseux développésardinairement à deux ans étaient aussi développés à deux ans chez les rachitiques. Mais le tissu spongieux de ces noyaux offrait, ainsi que je l'ai di, tous les caractères du rachitisme : larges cellules, etc. Quelques-uns , au centre des cellules, avaient des débris de cartilage, de sorte que l'ussification, quoique aussi avancée , était pourtant plus irrégulière.
La dentition, chez tous nos rachitiques ; était parfaite à deux ans; inais nous avons observé, chez cinq de ceux qu avaient dépassé l’âge de quatre aus, que les dents incisives étaient déjà casséés et noirâtrés à cette époque. La chute des dents de la première dentition aurait-elle lieu plus rapidément chez les sujets rachitiques ?
De la position des organes internes chez les rachitiques et des altérations trouvées après La mort. Malgré Le resserrement que nous avons indiqué dans les os du crâne , l'organe SA SENTE ne présenté aucune modification dans sa conformation chez les rachitiques , ceci est facile à concevoir, puisque le resserrement ne résulte que du boursoufflement du dipluë ze os dans la région temporale.
Les altérations trouvées dans la substance cérébrale après la mort n'ont rien offert de particulier aux rachitiques. Les substances blanche et corticale étaient généralement päles et un peu molles, comme chez tous les enfans débiles. |
La quantité de scrosité infiltrée sons l'arachnoïde ou épanchée dans les ventricules . n'était pas jlus considérable.
Chez deux de ces snjets nous avons trouvé des tubercules dans la substance corticate du srrveau et du cervelet; mais la présence de ces productions morbides n'avait été indiquée pendant la vie par aucun symptôme.
Une autre fois nous avons trouvé uo épanchement de sang sous l'arachnoïde de la substance convexe.
Et une fois nn développement trèsremarqnable des vaisseaux du plexus choroïde, formant dans le ventricule latéral droit une tumeur du volume d'un œuf de poule de la nattire des tumeurs fongucnses.
De l'appareil pulmonaire. —\es poumons des rachitiques offrent Le volume et la configuration des poumons des autres sujets , mais neuf fois sur vingt l'un ct l'autre poumon nous ont offert dans toute leur ha teur un resserrement remarquable marqué par uve coloration violacée et correspondant aux sailliés formées , comme nous l'avons dit , par lu tumeur qui résulte de la jonction de la portion assense avec la portion cartilagineuse des côtes.
Au niveau de ce resserrement le tissu pulmonaire est plus violacé, assez dense, mais aéré ; 11 surnage nédamoins, et parait n'être que comprimé. Te d
Les poumons n'ont subi d'ailleurs dans leur position aucun autre changement. Onze fuis les poumons étaient sans adhérence des deux côtés, bien qu'ils fussent plus à l'étroit que dans l'état ordinaire.
Dans tous les vingt cas, 1l existait dans Les deux poumons principalement dans les lobes inférieurs et à leurs parties postérienres des hépatisations lubulaires, telles qu'on en trouve chez les jeunes enfans.
Mais nous n'avons trouvé des tubercules soit dans les poumons, soit dans les ganglions bronchiques, que six fois, Sur ces six fuis Les tnhercules existaient concomittamment trois fois dansle fuie, deux fois dans ta rate, trois fuis dans les ganglions mésentériques , une fois dans les intestins grèles. :
Quatorze fois sur vingt les nécroscopies des rachitiques ne nons ont offert aucun tubereule ni dans les poumons ni dans les autres organes,
Cette rareté de l'affection tuberculeuse chez les enfins raclhitiques est un fait très-remarquable ; car sur des séries d'enfans succombant à d’autres maladies dans l'hôpital, nous avuns trouvé des traces de l'affection tuberculeuse sur les deux tiers,
Cefait montre évidemment que le rachitisme est un vice de outrition|| air les difformités, qui résultent ue toutes de violences extérieures tout-à-fait différent de la diathèse tuberculeuse, , | et de positions x À et RTE ds la flexibilité des os, cause de Le cœur n'a présenté dans son volume, sa conformation, sa position, ||ces difformités ‘ Ît cesser après un certain temps, de façon qu'il deaucune particularité dans un cas de courbure de la colonne vertébrale ; || vient plus difficile de corriger Les difformités, Par la même raison , il l'aorte à été remarquée à dessein ; cette artère suivait toutes les sinuosi-||convient de ne faire marcher que très-tard les enfans qui offrent des tés de Ja courbure, elle était dans sa position naturelle, et ne se trouvait ||apparences du rachitisme. pas plus déjetée à gauche , ni placée plus latéralement,
Par suite du resserrement de la cavité thoracique , la cavité abdominale proémine d'avantage. C'est pourquoi tous les rachitiques ont un gros ventre ; le fuie et l'estomac sont moins cachés sous les fausses côtes.
Les organes abdominaux n'offraient d'ailleurs aucune autre anoinalie remarquable dans leur position, ni aucune altération, qui par sa rareté dans les autres maladies de l'enfance et par sa fréquente répétition dans le rachitisme, parût propre à ce vice de nutrition.
… Tous les sujets qui ont succombé avaient un ramllissement du gros intestin.
Ainsi d'après ce relevé des lésions anatomiques , nous pouvons conclure déjà :
1° Que les enfans rachitiques présentent, après leur mort, les mêmes altérations que Les enfans non rachitiques ;
2° Que les organes les plus ordinairement altérés chez les enfans non rachitiques , le poumon et le gros intestin sout aussi les organes les plus souvent altérés chez les rachitiques ;
3° Que chez les uns comme chez les autres, ces altérations ont les mêmes caractères ;
. #° Que l'affection tubereuleuse paraît être plus rare chez les rachitiques.
Si maintenant nous voulons analyser les symptômes présentés pendant la ss fo trouverons :
Que les rachitiques n'ont jamais enté quelque téme qui
uisse être rapporté à l'altération À y ch, ennéshiene, mi dans les cas où nous trouvämes des tubercules dans le cerveau , C'esti-dire qu'ils n'ont présenté ni assoupissement, ni convulsions plus notables que chez les autres enfans.
Au contraire les symptômes dépendant de l'organe pulmonaire sont plus remarquables chez les rachitiques. La gêne de la respiration est extrème. La respiration mème dans l'état normal se fait en grande partie au moyen du diaphragme.
Cette gène de la respiration imprime au facies des petits malades un caractère particulier ; ils ont les yeux largement ouverts, les narines fréquemment dilatées , la bouche demi-béante, et le teint pâle avec une Duance violacée.
La toux de ces petits malades est empéchée , elle a lieu par une ou deux secousses très-fibles ; ils ne crachent pas coume tous L cofans.
La percussion et l'auscultation appliquées à l'étude de leurs ma: ne ne pen vecu aucun résultat particulier,
. Le seul symptôme, des affections abdominales , qu'il à été faci bien Rs à ps a été la diarrhée, Cette diarrhée À 3 jamais ryetes ge ren p'a offert aucun caractère particulier,
e développement naturel de l'abdomen s'o à une à iati exacte du météurisme et de Ja sensibilité de pe eme nn … Les rachitiques ne vomissent pas plus souvent que les autres enfans : ils n'offrent, ni dans leur appétit, ni dans leur soif, rien de particu- Lier. Mais la plupars ont le pouls peut-être plus fréquent que chez les enfans ordigaires , et ils présentent surtout une disposition à la sueur d'autant plus remarquable que cette sécrétion est très-rare dans les maladies des jeunes enfans,
Ils sont susceptibles de contracter la scarlatine , la variole et la rougeole, comme les autres enfans,
Mais un fait bien remarquable , c'est que sur un mouvement d’enfans scrophuleux assez considérable dans cet hôpital; nous n'avons vu jemais quelque enfant rachitique qui présentät de symptômes de serophules externes , soit engorgement gamghonnaire où ophthalmique opiiâtre , affection profonde des os ou ulcères rebelles.
Cette rareté des scrophules externes chez les rachitiques est bien ca rapport avec la ae de Prada tuberculeure, car tous les sujets qui meurent avec quelqu'une des altérutions di ont offert des tébronsles internes. pa me lues
Le rachitisme est donc un vice tout-à-fait différent des scrophules.
Quant an traitement , je n'ai été témoin dans cet hôpital d'anenn essai rie dirigé contre le rachitisme.
ais d'après l'étude anatomique des os et des organes ; je suis porté à penser que non-seulement les moyens orthopédiques appliqués au rachitisme ne sont pas nuisibles, mais qu'ils sont même indispensables IL'convient de les employer dès le plus jeune âge , d'abord pour préve-
REVUE DES JOURNAUX DE MÉDECINE
JOURNAUX ANGLAIS. ( Décembre 1853. } 1. THE LONDON MEDICAL GAZETTE,
Les numéros de décembre contiennent : 1° {a suite des lecons sur la
théorie et La pratique des accouchemens , par Francis H. Ramshotham; 2° des lecons cliniques sur les maladies des testicules, par Brodie; 3° des lecons cliniques sur La ‘gature des arières et les ractures du cräne, par sir Ch, Bell; 4° La suite du travail de M. Æshburner, sur la dentition; 5° un mémoire sur l'efficacité du seigle ergoté dans les hémarrhagies et la leucorrhée , par G. Negri : nous en rendrons compte ultérieurement ; 6° une note sur Les organes respiratoires de la sangsue ; 7° une note sur une modification morbide du virus vaccin, par ch. Fluder; 8° l'extrait d'un memoire lu à la Société médico-chirurgicale , sur les tumeurs verruqueuses des cicatrices, par Ch, Hawkins; o° l'extrait d’un mémoire de M. Howship, sur l'æstre bumain , lu à La méme Societé; 10° quelques potes et observations sans importance.
TRAITEMENT DU VARICOCÈLE, par M. Baonre.
Le mémoire lu par M. Breschet à l'Académie des sciences et que nous avons inséré dans un de nos derniers numéros , ayant appelé l'attention des chirurgiens sur cette matière, nous extrayons des leçons cliniques de M. Brodie quelques faits assez intéressans concernant gs du varicuctle.
Cette affection, selon lui, arrive spécialement aux individus constipés ; et elle est plus commune dans les hautes classes que dans les classes inférieures de la société.
Dans la plupart des cas, M. Brodie veut qu'on s'abstienne de tout traitement, Si cependant les veines variqueuses ont un assez grand volume pour incommoder le malade, on peut lui faire porter un suspensoir, le purger de temps à autre, et lui faire baigner les parties deux fois par jour dans un mélange de vinaigre et d'eau. Fréquemment ce moyen procurera un soulagement considérable.
n a propose de couper les veines variqueuses en travers et d'y placer une ligature. Sir Éverard Home a fait une fois cette opération à l'hôpital Saint-George; il survint une phlébite qui emperta le malade. M. ie rejelte donc ce moyen.
« Un homme , dit le professeur, fut admis dans cet hôpital pour un varicocèle accompagné de quelques symptômes extraordinaires. La tumeur était petite; mais elle causait des douleurs tellement excessives, qu'elle empêchait le malade, qui était un ouvrier, de gagner son pain à la manière accoutumée. Il y avait un peloton furt considérable de veines variqueuses et rien de plus. Ayant examiné ce cas avec le plus grand soin , je jugeai que la donleur était accidentelle et provenait de quelque filament nerveux comprimé par une veine variqueuse, D'après cette impression, j'incisai le serolum avec uo bistouri, et la varice ayaot fait saillie à travers l'incision, avec une paire de ciseaux je la coupai en travers. Îl y eut un léger écnalement de sang , mais sans aucune importance; la compression l'arréta en peu de miputes. La plaie guérit , l'opération n'eut aucune suite fâcheuse, et le malade fut entièrement délivré de la donleur qu'il ressentait auparavant, Ce fait m'est arrivé il y à quinze ou seize ans, et l'on peut juger combien sont rares les cas qui exigent ure opérat:on semblable, puisque depuis ce temps je n'ai pas cu occasion de la renouveler.
» Je ferai aussi mention d’un essai que j'ai fait dans un autre cas avec quelque avantage. Un enfant entra à l'hôpital avec un varicocèle de trés-Wauvais caractère et une grave altération consécutive du testicule, Je lui Gt garder le lit, et j'appliqui sur la tumeur, dons l'aise, un vésicatoire que je lis suppurer. L'enfant souffrit des douleurs eruelles jusqu'à La fin du mois où je fermai le vésicatoire , el je permis au malade de se lever. Le varicoréle avait beaucoup diminue d'élendue; et la douleur qu'il occasiongait était beaucoup moindre. Nous retinmes le malade à l'hôpital durant quelque temps pour nous assurer si l'omulie-
ration persisterait ; clle persista en effet tant que nous eüûmes l'enfant sous les yeux ; je ne sais si elle a contioué depuis. J'avais été conduit à adopter cette méthode de traitement parce que je l'avais déjà trouvée utile ns quelques cas fort graves de varices des jambes ; mais j'aurai occasion plus tard de revenir sur ce sujet, »
MODIFICATION MORBIDE DU VIRUS VAGCIN, par Ch. Fiupen.
Cing enfans qui avaient été vaccinés avec du vaccin pris sur un enfant bien portant , éprouvérent tous presque aussitôt des accidens plus ou moins graves. Leurs bras se gonflérent énormément et présentaient un œdème considérable ; un d'eatr'eux eut des convulsions, et ils eurent tous une fièvre extrêmement forte, Si ces phénomènes n'étaient survenus
chez un on deux "nfans , on aurait pu les regarder comme dépen- La d'une mauvaise disposition particulière ; mais comme tous les cinq éprouvérent des phénomènes analogues, on dut chercher la cause dans le vaccin, et on apprit que la veille du jour où ils avaient été vaccimés, la mère de l'enfant sur lequel on prit le vaccin, lui avait appliqué d'elle-même un vésicatoire derrière l'oreille , à cause d'une petite douleur qu'il paraissait ressentir aux environs , et qui dépendait probablement de l'irritation produite par l’action du vaccin, Malgré l'action du vésicatoire , les pustules paraissaïent parfaites , et la lymple qu'elles contenaient offrait son aspert ordinaire , si ce n'est qu'elle était peutêtre un peu plus épaisse. La conclusion de ce fait est donc que l'application d'un vésicatoire pendant le travail du vaccin et surtout dans son voisinage, peut, jusqu'à un certain point, rendre La lymphe qui en sera produite impropre à la transmission, car, en même temps que les enfans éprouvent des accidens plus où moins graves ; chez aucun d'eux on n'a rien remarqué qui offrit quelque ressemblance avec la pustule vaccinale.
MÉMOIRE sun L'OSTRE numain, lu le 26 novembre 1833 à la Société médico-chirurgicale de Londres, par M. Howsmr.
Cet intéressant travail contient l'histoire de deux faits nouveaux à ajouter à ceux que La science possède dejà sur cette matière.
Le premier concerne un soldat à Surinam , qui fut soumis à la visite de M, Gill, chirurgien du 64° régiment , pour un large furoncle sié. | us sur Le dos, près de l'omoplate. La compression en fit sortir Ja
rve , d'une couleur brune sale , et pareille à celle qui fut rencontrée dans le second cas. Le lieu où ce fait fut observé était une garde avancée, postée sur un banc de sable de toutes parts entouré de buissons. Le malade semblait connaître la nature de sa tumeur , car il disait qu'elle contenait un ver.
Le sujet de la seconde observation était un jeune homme , à Santa. Aona, dans la Colombie. Il consulta M. Treherne pour une tumeur inflammatoire de plusieurs mois d'existence, qu'il portait au scrotum, avec une petite ouverture ulcérée, de laquelle on fit sortir par la compression une larve , qui tomba à terre; elle était vivante, active, et remua encore quelque temps après; elle était longue de plus d'un pe , large à proportion, formée de neuf ou dix anneaux et de coulenr
rune. Deux magnifiques dessins joints à ce mémoire représentaient la larve, que M. Howship a présentée elle-même , dans la séance suivante, à la société, M. Curtis s'est chargé de décrire cette larve, et cette description conduit à conclure qu'elle constitue une nouvelle espèce d'æstrus, Il joint à cela des avis aux futurs observateurs qui rencontreront de pareïlles larves , afin son papillon , et de compléter ainsi l'histoire natarelle de l'œstre hu rain. Îl ne s'agirait que de placer la larve dans un pot à fleurs rempli de terre os: et d'attendre sa métamorphose, en prenant soin d’entourer le vase d'une enveloppe de gaze ou de mousseline pour empêcher la mouche une fois éclose de s'envoler.
AURA LES TUMEURS VERNECQUEUSES DES CICATRICES: mémoire lu à la Société médico-chirurgicale , le 10 décembre 1833; par C. Haw- KiNS, esq. chirurgien à l’hépital Saint-George , etc.
L'auteur commence par faire remarquer l'obscurité qui résulte en anatomie pathulogique du défaut de précision dans la valeur des expressions d'un usage ordinaire; ainsi si l'on prend pour exemple l'é. pithete de malignes donnée à diverses maladies, plusieurs auteurs entendent par là une affection locale accompagnée d'une infection générale qui la rend incurable, telle que le cancer et le fongus bématode ; tandis que d'autres appellent du mème nom de simples maladies incurables comme lelupus, l'ulcère rongeant de l'utérus, quoique là 11 n'y ait pas de tissu nouvean, quoique la maladie 0e contamine pas les tissus enviroonans , ni les ganglions lymphatiques, et qu'elle ne se reproduise point ailleurs. M. Hawkins pense également qu'il nous manque quelque
qu ils têchent de Ini faire prodvire||pa
désignation appropriée pour les affections qui donnent naissance à de nouveaux tissus , qui s'étendent aux parties environnantes et qui exigent l'ablation de tonte La masse dégénérée pour effectuer la guérison , mais qui n'iafectent point les ganglions absorbans, et n'ont aucune tendance à reparaitre dans des parties éloïgoces du corps. Telle est l'affection qu'il nomme tumeur verruqueuse des cicatrices et qui se montre accidentellement sur de vieilles cicatrices succédant à des plaies de nature très-diverse, et plusieurs années après la lésion originelle.
Il apparaît d’abord sur la cicatrice nne petite verrue ou tumeur verruqueuse qui est sèche, revêtue d'un épiderme mince, mais qui bientôt devient humide et se couvre d'ulcérations partielles, comme les verrues des membranes muqueuses , et qui enfin sécrète un liquide tenu , âcre et seni-purulent. Dans cette période il n'y a encore mi douléur ni incommodité,
M. Brodie a montré comme exemple de cette période une préparation d'une tumeur de l'étendue environ d'une petite pomme, qu'il avait enlevée, en 1826, à l'hôpital Saint-George, à un individu qui avait servi plusieurs années comme soldat dans l'Inde. Il avait été fouctté à plusieurs reprises pour quelques délits; la derniere punition, qu'il avait subie onze ans avant son entrée à l'hôpital, avait été de mille coups de fouet. Sur la cicatrice s'étaient élevées plusieurs verrues qui s'étaient rapprochées de manitre à former une tumeur, mais entre lesquelles on faisait aisément passer la sonde à leur base. Autour de la tumeur , Ja peau était d’une couleur livide, sombre et parsemée de petites verrues.
Le malade guérit sans difficulté, et n’a point éprouvé de récidive.
Dans la seconde période, l'accroissement de la tumeur devient plus rapide ; l'aspect verruqueux est perdu on un certain point ; de la peau malade s'élève une substance plus solide qui ressemble davantage au fongus du fongus bématode, et tout autour de Ja tumeur continur nt à bourgeonner de nouvelles verrues, qui subissent par Ja suite la transformation que nons venons d'indiquer. Latumeur esttres-vasculaire et saigne quand on la touche ; mais sa surface irrégulière permet toujours à la sonde de pénétrer à trav rs son tissu , excepté mg elle à acquis un plus grand degré de solidité, L'auteur rapporte deux observations détaillées en exemple , après lesquelles il conclut que. quoiqu'il s'y füt surajouté une maladie de l'os, la tumeur verruqueuse offrait des indices sûrs de son origine dans le tissu cutané.
Toute l'épaisseur de la peau demandant à être enlevée pour obtenir une complète guérison, il n’est aullement douteux que le bistouri est ici préférable à toutes sortes de caustiques ; l'action de ceux-ci est trop incertaine et expose trop à laisser quelque portion de la maladie. L'expérience montre que la même chose a Lieu pour les très-petites tumeurs de la face, cher les personnes avancées en âge. Quoique les caustiques parviennent quelquefois à les détruire , souvent ils ne funt que les irriter ; et pour peu qu'on en ait épargné une petite portion , elles se développent avec une bien plus grande rapidité.
Lorsque la tumeur est devenue ferme et proéminente, il s'y produit une action toute nouvelle : elle s'ulcère et se gangrène alternativement, avec accompagnement de vives douleurs ; elle se détruit par en bas à sa base, de mamère à offrir l'aspect d'uo ulcère sordide creusé dans son centre, tandis qu'a la circonference la peau est élevée, épaissie, renversée. De teips en temps de nouvelles végétations s'élèvent , qui passent à leur tour à l'ulcération et à la gangrène ; et le malade s'épuise peu à peu par la souflrance, sans cependant présenter jamais l'aspect blème et rüculier des individus qui succombent à une affection de nature maligne. À l'autopsie, on ne trouve non plus ni A. Fa des gaghons lymphatiques , vi aucun indice de maladie maligne dans l'interieur du corps. |
M. Hawkins cite plusieurs faits à l'appui de cette description ; et pour conclusion, il insiste sur la nécessité et l'efficacité de l'ablation complète de la maladie au moyen du bistouri , sans perdre de temps à essayer d'autres moyens dont l'expérience a démontré l'inutilité. L'extirpation une fois faite , le chirurgien et le malade peuvent se reposer tous deux dans cette assurance que la maladie n'est point maligne dans la commune acception du mot; ou en d'autres termes , qu'elle n'est pas sujette à récidiver,