HERNIE CRURALE DROITE ÉTRANGLÉE DEPUIS QUATRE JOURS
et réduite par M. Awossat , au moyen de son procédé de taxis gradué et forcé ; observation communiquée par M. Lesennec.
Les succès obtenus par M. Amussat dans la réduction des hernies étranglées , n'ont pas manqué de beaucoup ser l'attention de ceux qui savent apprécier tout ce qu'il y a de grave dans une pareille circonstance , et leur faire vivement désirer de voir agir et melire en pratique des préceptes qui ne sauraicot être trop popularisés. |
S'il est vrai que plus des trois quarts des opérations de hernies ne réussissent pas, même celles faites par les maîtres les plus habiles de La capitale, combien ne doit on pas désirer de voir appliquer généralement le taxis d'après les principes de M. Aumussat qui compte, à
u de chose près, autant de succés que de cas, et réserver à ceux Lsconeent rares une opération, de laquelle Fabrice d'Aquapenvent. Lorsque les chirurgiens l'entrepreuvent, ils regardent Le pour ainsi dire comme mort, » UE
L'observation suivante est bien propre à entourager rt à faire insister sur le taxis, Si l'on n'en a pas retiré plus de succès jusqu'à ce jour, c'est qu'il n'a pas été fait convenablement , c'est qu'il n'a pas été raisonné et mis en pratique d'après des règles et des principes fixes, dont on ne doit pas s'écarter si l'on eut atieindre le but.
-]Idente disait :
survi-
« Elle est si horrible et si dangereuse que peu de malades sujet
Os, — Virginie Moulio , femme M +300 , d'une petite siaturs, âgée de 34 ans,
raisant avoir beaucoup plus, Lant elle est vicillié par le travail, de constitution Rébile , dymphatique, née de parens scrophulcux , demeurant à Vipcenes, rue Pessotte , a sous le menton et sur les parties latérales du col des tumeurs scrophuleuses dont quelques-uars suppurai-nt 1 y à trois mois et sont maintenant recouvertes de croûtrs ; elle est marie drpuis onze ans , et à eu quatre cnfans , dont deux sont morts.
Ceite femme , qui travaille dans les champs, portant sur La tête, il y a cimq à six ans, un paquet d'herbes, Üt un faux pas , et au même moæment un grand effort pour retenir son firdeeu el l'empécher de tomber, sentit dans l'aine du côté droit un t, et en y portant ls main trours une tumeur de la grosseur d'une ooisetle, très <louloureuse au toucher. .
De retour au logis, elle se cont mia de bassiner ln partie avec du vin , ce qui ne Gt pas rentrer la tumeur ; mais elle devint chaque jour moin douloureuse, et ne ce a pas, après quelques jours , de se livrer à ses ocrupations habituelles,
Ce fut dans le mfme à tait, dit-elle, qne quand el ait gérée. |
1 4 a trois mois que. voulant soulever un sac très-lourd , elle fut prise d'une nouvelle douleur dans l'aine; et en même temps la tumeur qu'elle y partait , de [rs qu'elle était, prit un accroissement tel qu'il loi fat imossble cette fois de
faire rentrer comme elle de faisait ordinairement. Elle est très-inquiète ; elle vint à opérer ls réduction, mais non sans peine ; il la maiotint su moyea d'un bandage qu'il lui reconmands bien de ne pas quit'er.
Le #0 juillet dernier, à huit bewres da matin, sans autre cause connue que celle de n'avoir pas ea re moment soa bandage , elle est prise de vomisemens, de vielentes doulvars dans tout le bas-ventre, particulièrement dans l'aise, où apparait
qu'ane femme lui mit un bamdisge qu'elle ne pormarchait et jamais dans les travaux , tant elle en
june Lumear encore plus volumineuse que les autres fois. Cette tumeur ne rentre
us, malgre tous les efforts qu'elle fait pour y parvenir ; elle envoie chercher e médecin qui l'avait déjà réduite, et qui fait tout ce qu'il peut sus poavoir en {aire rentrer qu'une partie, ee pp il persiste, il Ure du sang, fait prendre des bains , des laremens lasatifs, met ls malade ensuite dans une position qu'il araitenteudu préconiser (un plan très-incliné, pres pue verti-al}. revient à La charge à diverses reprises, et ne Lisse à la malade que quel jues iostans de repos devenus nécessaires pour lai donner de nouvelles forces et poar lai per mettre de nouvelles tentatives , qui sont infructucuses comme toutes les précé dentes.
1 y avait déjà douse heures que l'étranglement durait, tous les mo:ens ration-
À op 2 poids, et en descendant fait le ||nels avaient vté es en usage , et le médecin, qui ne “ovait d'espérunce de slot vide me saurait se faire sais que l'urine llque dans l'opération de La hernie, pour ne point asumer sur lui une catas-
qui remplit La vessie ue soit attirée; et une fois que la colonne d'urine à atteint L'trophe qui était tant à eraindre, propota de faire appeler an médecin de Paris.
la.colonne d'eau, il se fait un écoulement continu par l'extrémité inferieure du !| tube. L'expérience file dons ds vases de verre , devant l'Académie, à parfaitcment réussi,
Un mesnne demande si cette succion n'est pas assez furle pour attirer La muqueuse vésicale dans les yeux de La sonde, ct en déterminer sinsi l'étranglement,
M, Riconn répond qu'il a eu cette ersinte, Il a donc essayé ce syphon chez un malade qui était porteur de fistules vésicales. La vessie « été complétement vidée ; l'individu n'a ressenti aucune espèce de douleur, ‘ M. Vecreau présente ua enfant né récemment, et qui porte une esstrophe de à Frsile,
La séance est levée à 5 heures.
es
La mlade s y opposs formellement , effriyée d'une apération sanglante doat elle
lavait, d'i-elle , entendu parler, et après laqu Île on monrait presque tonjous.
Ce ne fut que le 43 , à six heures du soir, après quatre-vingts heures d'etranglement de La hernie, que l'on parvint à La persuader, On envoya chercher À. dune , qui eut la bonté de m'es prévenir , ainsi que M. le docteur Verpullat.
Nous ne fümes rendus près de ls malade qu'à nenf heures , et x tronvämes son médecin, M. Goubaux, qui ne s'attendait à autre chose qu'à voir fair: , par M. Amussat , l'opération de La hernie étrangléc , idée , je l'avoue, que j'avais moimême, et que partagesit mon colligue Verpillat , surtout après avoir bi:a exaruiné la malade , qué nons crovions étre dans bes conditions bes plas defsvorables , pour tspérer quelque chanec de succès dans la pratique du taxis.
Crpendant M. Armuisat faisait déjà préparer un plan incliné pour 7 prôcéder de nouveau; mais avant d'aller plus loin, je dois faire connaître l'état où se trou vait la malade en ce momwnt, J'ai dit que l'étranghement darait red quatre vingts heures; il y avat interruplion complète de Ja sortie des axati pe . rales et des gaz dès le début de l'étranglement; à chaque in tant, Le - oris pour vomir ; et parfois des romissemens de matières bilieuses de couleur foncée exhalant une odeur de matières stercorales , avec lesquelles sont sortis trois vess lombries de six à sept pouces de longueur. La faiblesse est extrême ÿ be pes est froide , visqueuse ; le pouls petit, feéquent , serré; la langue “st sèche , tre blante, noire à sa base , et la soif est continue, À cxla se joint l apparition des règles , que la malale n'attendait pas avant quinre jours , ct qu elle attribue aux efforts qu'elle fait pour vomir. La malade esi dans une grande anxieté: elle à une grande frayeur de movrir, el ses idées sont arfois insohérentes. |
La tumeur, qui est bu 8 évidemment une hernie cruürale, est de la grosseur d'un œuf de poule ; sa forme , presque celle d'un ovoide dirigé dans le sens du pli de l'aiae, La tumeur est en deça de l'épine du palus ; elle est bosselee sue sjuctques
juts de sa surface ; elle à un pédicule dk la grosseur du petit doigt , qui sut de
es ous l'arcade crurale pour arriver à la parlic mosenne de La tumenr, qui scrble diminuer de volume s-lon que La euisse et fléchie ou étendue, à
Un plan incliné étant disposé , M. Amusat y fait placer la malide et Jui élève la téte et Les épaules avec dus oreillers ; chaine jawbe et roulente sur une des épaubes de deux aides , qui soat en dehors pour ne pas féner M, Amussat , qui est placé entre les jambes de la malade, Dans celte position , les paruis de 1 ah damen sont dans le glus grand état de relichement. I commence par sppliquer doucement une main sur La tumeur, qui est douloureuse, ensuite les deux, comme pour l'accoutoe er à leur contact, ct un peu plus tord à lur action; il les tient un moment ainsi apposées , puis ausmentant graduellement les pressions , 5 [a ma lave : il cherche ensuite à mourut La tamcur dans tous es sens , puis en vxerçant des mouvemens de circumduction et en donnant à la tumcor une forme allongée , il da poisse avec beaucoup de ménagemens de has en haut et en dehors , pour l diriger dans l'axe de la moitié interne da canal crural , qui dans cette partie a 11 forme d'une espèce de gouttière regardant en dehors et va bas, | |
Pour amie la tumeur de ssillir entre les dogs qui l'emhrassent ciroulaieement , un des poucxs d'un des aides est posé sur ke soaimet de la tumeur, sur la-
aclle on exerce Les nronvemens qe j'ai indiqués sculement , et jemais dus 1ractions, qui pourra eat avoir les suites Les plus funestes par uaë raison bien facile à concevoir, si l'on veut se rappeler qu'on agit peut-être sue un intestin dont deux tuniques peuvent 3e LEOUFEr dans un commencement de gangrène ou complétement gangréués; que la sérouse phlogoste peut facilement se déchirer et causer ut acculent irémediable, | | a
M. Amussat agissait dépais uue demi-heure à pru près de la manière que je décris avec une persévérance, une opiuiâtrete bien rares, mais bien nécessires dans celte occurrence, où 1 faut une fermrté à tonte épreuve , qui ne do t point abanlouner l'opérateur, lors méme que ses mains engourdies ne peuvent plus agir qu'à l'aide de deux autres mains placées sur les spcnnes pour leur faire cout ouer une action dans laquelle il doit régner l'ensemble le plus parfait, si l'on veut que de taxis soit couronné de succès, ;
La malade, qui s'est besucoup plainte le premi r quart d'heure, ne le fait plas. et ne demande que de temps à autre à ce qu'on su-peude le taxis , ce qui se fait une mioate ou deux seulement ; Mais en p ant p s toulesles maius qui sont sur La tumeur. . .
Enfin , après deux heures trente-cinq minutes de monvemens combinés pres que sans interruption , la bernie à été enliérement réduite ; eng à six minutes à peine ecoulées , il est sorti par l'aaus une grande quautité de gaz qui exbalaient une odeur infecte; un lavement d'eau simple à été aussitôt sdorinistré et à été rendu avec des matières noirdires un peu liées , ce qui à achevé de fixer M. Amussat sur de résultat heureux que devait avoir Le taxis,
Les soins cons'cutifs ont été confiés au médecin ordinaire de là malode , que je n'ai revu que le 46 , troisième jour depuis la réduction, 1 y eut le lendemain , m'a-t-00 dit , des selles liquides , de couleur chocolat et be de vin , d'une odeur
utride , dans lesquelles où distinguait qu bque chose ressemblant à du detrituis Lu la muqueuse tels qu'ou en voit daus qu Iques dysentéries. Ls malade cut prud nt leur éracuation deux synenpes , qui ont Lésucunp inquieté Le, assistans.
Le 20, septicme jour d puis la réduction dla hbermie et le trricitme de la ma. ladie, je suis retourné voir Là malade, que j'ai trouvée assise sur mne chaise derant sa fendire , occupée à regarder Les passans, Elle à seulement une petite cine d'ictire ; elle m'a dit se trouver très-luen , mais ua pou faible ; les selles sont régularisées ; elles sunt moulées comme en santé ; elle a té un bavdage qu'elle portait pour me le montrer , et l'a remis en nc protestant qu'elle ne le quittera plus , telle gêne qu'elle puisse en éprouver.
faut de beaueoup que l'on ait des signes pathognomoniques de ces frticularités dont, à mon avis, deux contre-indiqueraient le taxis, je veux dire la gangrèue et l'étranglement au-dessus de l'anneau. C'est on point qui laisse à désirer dans la dortrine de M. Amussat, et sur lequel cet habile observateur LE ses recherches avec toute la sagacité et ‘toute La persévérance qu'on lui connait, Lesennxc, D.-M. P., ancien chirurgien en chef de la marine,
OBSERVATION D'UNE FISTULE STERCORALE DE LA RÉGION sacrét; pièce d'anatomie pathologique présentée à l’Académie royale de médecine, par Philippe Riconb, chirurgien de l'hôpital des Vénériens de Paris.
Ors.=Le nommé Wachulet (Michel), âgé de St ans, compositeur, entra à l'hàpital des Vénériens au commencement de juillet 1834, pour une fistule stercorale située dans la région du sacrum, qu'il dit porter depuis l'âge de buit ans. Sa mère et lui interrogés ont donné les rensignemens suivans : Wachelet vint au monde à terme, en bonne santé , et sans vive de vonformation ; il fut sevré à dx mois :
à vingt-deux mois, 1! marchait seul, Jusqu'à l'âge de huit ans, la seule indisposition qu'il efit, fut vausée par l'éruption des dents, Pas de smplèmes de scrophules, pas de ennvulsions, À hait ans, ss mère regardant par hasard Ja région sacrée {Cut fort sorprise d'y voir une tumeur du volume d'une se noix, sans chingement de couleur de La peau, sans douleur mème lorsqu'on la pressait , et cela hi parut d'autant plus extravrdinaire qu'il n'avait jamais souffert, oi même ivterrompu sesjeux habitiels: mais le malade est convenu que de très-bonve heure il s'était Livré à des excès de masturbation, Un médecin ajout été consulté, Gt sp pliquer sur cetle taneur des cataplasms , et au bout de quelques juurs, ilen praliqua ouverture avec lé hislour! ; celte ouverture donna issué à une grande quantité de pus, (On n'a pas pu dire de quelle nature était ce pas.) La plaie resta au rapport de la mire , au moins une année sans donner passage ni à des vents, ni
à des malières fécales. Peu de temps après l'ouverture de culte tumeur , deux ai tres apparorent dans la méme région, présentant absolument Les mêmes symptémes, mais Îles se cicatrisèr: nt parfaitement ; tandis que la première à la suite das éméto-cathortiqué donna issue à des matières fécales, qui ensuite ne s'écoulèrent par celte fistule que lorsqu'il y avait du dévoiement , et encore faillait-il que l'en. vie d'aller à la selle se fit sentir; ol n'en était pas dé mème des gaz qui s’échap paient sans cesse. | :
Depuis 19 ans jusqu'à 23, époque à laquelle il se maria , il eut plusieurs érysi. pêles à la fire, des furoncles; en 1818, une blennor-hagie qui guérit sans iraitement spécial; en 4821 , une large ulcération à la jambe droite qui fut regardée come de nature svphilitique , et qui guérit sous l'inflaence d'un traitement mercuriel, Le malade regis avec sa femme, de laquelle il eut deux enfans trisbien portans , jusqu'a 1494, sos rien présenter de particulier. À cette époque la jambe gauche devint le siège d'une ulcération scmblable en tout à celle qu'il avait eucen 4824 à La jambe droite, et qui guérit aussi par l'usage du mercure. Pendant les années 1893 et 1833, il s'adonna beaucoup aux femmes, et lorsque les forces lui maoquaient , pour cn acquérir, il buvait beaucoup de vin blanc; mais toujours à La suite de ces excès qu'il renouvelait sonvent, il ressentait de violens maux de reins, Dans les premiers jours de février 4834 , à la suite de semblables excès, ses maus de reins furent tellement violeus qu'il fut obligé de garder le lit. À cette époque aussi, à droite, en but çt ra ae ca debors de la région sacrée, il eut on abcès qui S'ouvr.t à l'extérieur , et dont on voit encore la plaie sur la pièce, 11 resta dans cet état chez lui jusqu'au mois de juillet 4834, époque à laquelle il én- Ura à l'hopital A son entrée, voici les symptéines qu'il présentait : smaigrissement géadral ; teint jaunâtre ; commencement d infiltration des membres inférieurs. À ua pouce et demi au-de-sous de l'articulation sacro-vertébrrle, existe one ouverture qui donne passage aus matiéres fécales, Douleurs tris-fortes dans ke bassin , lorsqu'ilexécute des mouvemens, Les matières fécales qui, an coinmencement de la
iwaladie, ne sottaiset par celte ouvertitre qu'en très-petite quantité, ct seulement lorsqu'il avait le dévoæment , maintrnsnt surtent en aussi gande quantité que par laaus, quoique le malade wait pas le dévoivmeat , ma s elles ne sortent toujours que lorsque l'envie d'aller à La selle se fait sentir. L'appétit est bon; Les digestious se funt bien. "
Le 15 juillet, cerarre sur be grand trochanter droit ; tout le membre inferieur de ce côté est inbltré : iLne passe presque plus de matières fécoles par l'anus.
Le 20 juillet , dévoiement ; de plus une grande quantité de sang sort par la Es. tule . rien ne sort par l'anus ; et en outre les matières sortent sans que le malade en ait la conscience.
Le dévorcment devient de plus co plus fort ; escarre au grand trochanter gsuche; iniliration de tout le membre de ve côté; mort le $1 ju:llet 4894.
À l'eutopaie . ls tête et li poitrine n'ont rien présenté de particulier: dans là cavité abdominale, le fo'e à offert ane altération qu'on peut apport: r à un premier degré de cirrhose ; mais les autres organes étaient à l'étut normal. Le canal intestinal était sain dans toute son étendue ; le rectant excepté, Cet intestin placé dans l'escarañion prlvienne, presque sur La ligne médiane, mais pourtant un peu à droite dans sa première portion, suivait très-cxrctement la ronvavité du sacrum et adhérait fortement à cet os par du tissu cellulaire induré: à l'extérieur ét dans sa partie antérieure il n'offrait rien de particulier ; mais ouvert longitudinak ment dans ce sens, él examiné ainsi à l'intérieur, il existait à deux pouces de sou originë un retrécisement considérable, peu extensible, offrant tout au plus cinq li-
8 de diamètre et dû à im épaississement des tuniques indurées et faisant sa Mie à l'intérieur , come si l'intestin avait subi na etranglement à l'aide d'une ligature appliquée à sa surface externe ; cet étranglement se trouvait du reste immrdiarement au-dessous du repli du péritoine qui couvre le première partie du rectum. Au-dessous de cet étranglement , l'intestin reéprenait sa forme ct son calibre vrdinaire ; mais ou niveau du point rétréci , le + clous formoit un angle rentrant , à
Les conséquences à tirer d'un pareil fait, qui sont d'une si grande importance dans la pratique, peuvent se résumer en cecr: Que dans les é:ranglemens de hernies, soit iugninales , soit crurales, chez l'homme comme chez la femme, sans avoir égard au temps dans lequel its existent, l'on doit sur-le-cham procéder à la réduction, et ne pas perdre un temps précieux dans l'emploi des saignées, des hoins, des énulliens, qui n'exercent , à mon avis, d'autre action que celle de modérer ou d'éloigner une inflammation évidente, action qui est incertaine pisqu'elle doit porter directement sur la cause de l'étranglement qu'elle pourrait aussi bien augmenter que dimiquer ; je n'en excepte pas mêm les sangsues appliquées sur le trajet du canal crural où inguinal qui, certainement, produiraient l'effet opposé à celui qu'on attend.
Les objections qu'on peut faire contre une telle règle de conduite, se prévoient d'avance. Cette mamière d'agir, dira-t-on, serait la meilleure si l'on connaissait positivement la vature de l’étranglement , le lieu où il est , l'état des parties intéressées qui peuvent avoir contracté des adhérences, être frappées de gangrène ct même être détruites. Mais il s'en
sommet postérieur et tronqué de manière à représenter nn V ouvert ea avant pour
recevoir la vessie.
Dans cette partie la paroi postérieure de l'intestin manquait dans l'étendue de das d'un pouce an mvean de la troisième pièce du sacrum qui était complétement udée, et qui la remplaçait en quelque sorte ; le bourrelet saillant du retrécissement s'insérant de chaque cdté, dans un des trous sacrés antérieurs, heitait on haut le commencement de cette perte de substance, qui se terminait en bas , par une lèvre flottante, laissant entre elle et le sacrurm un intervalle au niveau de la troisième et de la quatrièore fausse vertèbre s crée, séparées l'une de l'autre par suite
de caric et de ruction de l'artienlation.
Au-dessous de cette ouverture anormale le rectum et l'anus sont parfaitement
sains.
Quand on cherche à s'expliquer la manière dont cette fistule stercorale s'était formée, il paraît bien évident que la maladie n'a pas commeucé par l'intestin; que le sacrum en à été le point de départ, et que le rectum n'est devenu malade et ne s’est perforé que consécutivement.
Quantau besoin que la malade éprouvait d'aller à la selle, avant que les matières ne s’échappassent par la fistule et par l'anus, il s'explique par l'arrivée de ces mêmes matères du colon dans le rectum, jusqu'audessus du rétrécissement ; mais chez ce sujet surtout, par leur passage à travers ce rétrécissement, ce qui constituait une sorte de défécation 1nterne. Pour leur sortie défimtive , les matières fécales traversaient en pl la perforation du rectum, RAS dans les ouvertures que
a carie avait faites au sacrum , puis dans les trous sacrés antérieurs ,
dans la terminaison du canal vertébral, et enfin, à travers les parties molles et la peau, elles gagnaient l'extérieur. Une autre partie, filant vers la fosse iliaque droite , avait détruit l'articulation sacro-iliaque de ce côté, et filant suus le muscle iliaque détruit en grande partie, avait déterminé dans cette région un abcès stercoral qui avait fusé jusqu'à la partie supérieure de la cuisse. Enfin une grande quantité de matières fécales, malgré cela, passait encore par l'anus, lorsque, trop dures, elles éprouvaieot de la difliculté à parcourir les routes sinueuses dontil vient
être question; car , lorsqu'elles étaient liquides , toutes s'échappaient par Les trajets fistuleux.
BIBLIOGRAPHIE
EXAMEN DE L'EXAMEN DE M. BROUSSAIS , par M. À. Lours.
— 164 pages in-8°. Chez 3.-B. Baillière.
Deux hommes , dent les noms sont bien connus dans le monde médical, descendent aujourd'hui dans l'arène pour vider une querelle scientifique. M. Broussais se présente l'insulte à la bouche; et lance contre son adversaire des sarcasmes ct des railleries de toutes sortes de
ûts. C'est du mois le reproche que lui adresse M. Louis pour avoir donné à la critique de ses travaux le caractère d'un pamphlet injurieux , et pour Jui avoir predigué les personnalités les plus offensantrs. C'est , du reste , le caractère obligé de toutes les discussions physiologiques,
Nous felicitons M. Louis d'avoir évité de suivre son adversaire sur ce terrain ; il aurait affaibli indubitablement sa cause, La inodératiun de sa réponse prouve qu'il écrit dans l'intérêt de la vérité et non dans celui d’un système. Tous les amis de la svience liront avec fruit sa ré. fatation ; elle est forte de preuves, érudite sans pédantisme et pleine sans verbiage, Nous lui reprocherons cependant quelqnes épithètes qu'il aurait dû laisser aux habitudes de son adversaire. Les termes d'é-
noble et d'absurde, lancés dans son iudignation contre M. Broussais, fat disparate avec l'excellent ton de l'ouvrage. :
Ceux qui consulteront l'examen du chef de la doctrine physiologi-
ve jugeront de ce que peuvent l'oubli des convenances ct les écarts 4. imagination systématique, Cette lecture pourtant ne srra pas sans attraits pour eux ; Le style mordant et la verve caustique de l'auteur , où quelquefois des aperçus ingénieux etdes vérités frappantes surnageot au milieu d'une foule d'erreurs, sont bien dignes de fiser l'attention des hormmes qui désirent connaitre avant de décider une question.
Notre intention n'est pas de reproduire daus cette courte analyse toutes les pièces de ce procès. Nous sigoalerons seulement les plus imporuntes , afin d'attirer sur cette disenssion l'intérêt de nos lectours.
Et d'abord , M, Louis n'avait pas hesoia de justifier de la bonne foi qui toujours a présidé à ses recherches scientifiques ; son zèle pour l'é tude et son amour du vrai sont conous de tous, Les travaux dont il a esrichi l’avatomie pathologique sont des titres incontestables à une juste
célébrité ; ils ne périront jamais , car l'observatiua leur a servi de se.
M. Broussais prend les choses ab ovo , et plaisante en commençant sur la signification du mot phthisie. Cette prenière discussion nous parail oiscuse , comme la plupart de celles qui roulent sur l'accepuon d'un terme, M. Louis n'admet le nom da phthisie que pour la tmberculisation pulmonaire ; c'est une convention qu'il se croit libre de faire avec son lecteur , et il s'étonne que M. Broussais veuille le forcer de donner à ce mot une extension plus grande et de l'appliquer à toute espèce de dépérissement progressif. Nous ne voulons pas faire l'érudit ; pen nous importe l'étymologie du mot ; il suffit de s'entendre , et le terme phthisie , dégagé de tonte épithète , etnporte même chez le peuple toujours avec soi l'idée d'affection tuberculeuse des poumons. :
Une question plus sérieuse qui se présente ensuite , est celle de savoir si la matière grise tuberculeuse amassée dans le tissu des poumons , même à leur partie supérieure, peut être le produit de l'inflammation chronique. M. Louis établit à ce sujet une distioction trèsimportante ; nous en laissons La surprise an lecteur , qui trouvera le Eee par de cette proposition Le les premières pages de l'Examen. Un troisième point capital , fortement contesté par M. Broussms, est une loi formulée par l'auteur des Recherches sur la phthisie ; qui admet une coïncidence constan'e , du moins chez l'adulte , des tubercules dans divers organes avec une dégénérescence de méme nature aux poumons. L’anatomie pathologique pouvait seule résoudre cette ques- Lion ,et c'est en sa faveur qu'elle a prononcé, Les nombreuses au sies pratiquées chaque jour dans les amphithéâtres de nos hôpitaux démontrent ce fait jusqu'à la dernière évidence , et tous les praticiens peuvent le vérifier, car malheureusement ccs cas ne sout pas rares. La Gazerre MÉDICALE , dans ses revues cliniques, en a mentionné plu sieurs.
La natare et le traitement de diverses complications de la phthisie ont été violemment agités par nos deux auteurs. Dans les inflammations digestives , par exemple , M, Broussais fait un crime à son adversaire d'adwinistrer l'opium comme calmant au lieu de craindre ses effets incendiaires, À ce pr ; M. Louis fait appel à la mémoire du professeur du Val-de-Grâce, et raconte deux historicttes fort piquantes , dont ils furent tous les deux témoins, 1 s’agit en pariiculier d'une dome réduite par la dyssenterie et La méthode antiphlog:stique, dans un état voisin de la mort , ct qui recouvra la santé et l'embunpornt sous l’heureuse influence d'un traitement opiacé,
Viennent ensuite des discussions non moins curieuses sur la dégénérescence du foie chez les phthisiques , sur l'acuité et la chronicité de la maladie , sur la cause de divers symptômes , autant de questions intéressantes , que Îles limites de notre article ne nous permettent pas d’aborder.
Le second chapitre de l'Eramen est relatif aux affections typhoïdes. Laissons parler M. Louis.
« Les premières lignes du chapitre consacré par M, Broussais à » l'examen de mes recherches sur l'affection typhoïle ont de quoi con- » fondre. « On continue , dit-il, à vouloir subordonner l'idée de v maladie à celle d'altération de texture des organes , et à ne voir dans n les symptômes que la révélation de ces désorganisations. » Qui, c'est M. Broussais qui écrit ces ligoes ; M. Broussais , qui a voulu ratta. cher les sympiômes les plus formidables à des lésions légères et souvent contestables ; et non-sculement le reproche de ne voir dans les ge qu'une révélation des altérations organiques part de M. Broussais, mais il s'adresse à moi, qui ai dit, dans l'ouvrage critiqué (deuxième vol., pag. 457, 458), qu'il y à dans les px a dies autre chose que ce qu'on voit; que leurs causes , quelles qu'elles soient ; ont saus doute une certaine part à la mortalité et » aux Jésions secondaires, A moi , qui journellement , pour ainsi dire, » et recuville et fais connaitre des faits qui ne permettent pas de duw- » ter qu'un mouvement febrile plus ou moins intense n'ait lieu dans » un grand nombre de cas , sans altération appréciable des trssus ou » des viscères de notre économie ! »
M. Louis , appuyant son opinion sur une masse imposante de faits , avait avancé que l'altération . plaques elliptiques de Peyer avait li. nibative dans la cause de l'affection typhoide. Pour M. Broussais, cette assertion est gratuite. « Renferme , ail ; dans la clinique d’un mé- » decin de l'Hôtel-Dieu observant jour et nuit , M. Louis inventa et » coufoctionna de luules pièces , sans matériaux étrangers , une fièvre » unique fondée sur les plaques de l'iléum. » Notre opinion repose aussi sur bon nombre de faits , et nous ne craignous pas d'être démentis par les esprits éclairés en soutenant que bien souvent dans les malades les altérations organiques ne sont pas dans un rapport direct avec
les désordres fonetionels , et quelquefois Les lésions matérielles , considérées comme élément essentiel d’une affection , manquent lorsque la maladie se traduit pourtant avec l'ensemble de tous les autres traits qui Ja caractérisent. .
Il est conforme à l'observation de dire que l'altération des plaques de Peyer est le phénomène le plus constant de la fièvre tyÿphoïde ; mais des exemples prouvent que celle maladie peut exister sans rien ofuir de semblable, Cette remarque , pouvant même se généraliser, doit nous conduire à considérer les altérations locales comme élément de diagnostic et non comme essentialité dans les maladies. Maintenant , cette lésion des plaques elliptiques forme t-elle le caractère anatomique d'une affectiua particulière , daiects de l'entérite proprement dite , et connue jusque dans ces derniers temps sous le nom de liévre ataxique , adynamiqne , etc. ? C'est une question que M. Louis se croit autorisé à résoudre par l'afirmative , et les r:isons qui motivent sun opinion sont si bien fondées | qu'après leur examen nul doute ne peut planer dans les esprits.
La dernière partie de la discussion roule sur l'appréciation de divers symptômes de affection typhoïde. Toujours même esprit, même véhémence , même aigreur dans l'attaque ; loujours même calme , mêmr solidité, même sugériorité dans la defense. D'après une méthode numérique appliquée à des faits exacts, M. Louis conclut que l'etat auatoimique du cerveau dans la fièvre typhoïde ue peut rendre compte du déelire ; du moins il n'existe pas de lésion appréciable, quoiqu'en bonne logique il failic admettre une modification quelconque survenne dans la
pe cérébrale pour explication plausible des désordres fonctionnels. Le trouble des facultés intellectuelles coïncide au contraire avec l'al. tération des plaques elliptiques; M. Louis attribue le délire à cette lé. sion seule constante chez ceux qu'il à tourmentés, Mais cette cause agitelle sympathiquement où à l'aide du mouvement fébrile dont l'inflammation des plages est La source ? Cette dernière version est celle qu'adopte l'auteur des recherches ; car , dit-il, le délire est tonjours propertionné à Ja fièvre, et dans la supposition des sympathies ina vprdriables, 1! faudrait admettre qne cette action des organes les plus défférens par leur structure et leurs fonctions reste toujours la même, ce qui lui parait impossible, Nous ne voulons pas nous inscrire en faux contre cctte explication ; mais M. Louis nous a lui-même habitué à ne déduire des faits que des conséquences rigoureuses, et celle-là nous paraît encore problématique.
La dernière partie de l'examen est consacrée à des discussions pratiques d'autant plus importantes qu'elles ont rapport au traitement de l'aflectiso typhoïde. M. Louis, sans refuser aux émissions sanguines une salutaire influence dans les premiers temps de la maladie , indique puurtant avec précision et toujours sien l'expérience les circonstances favorables à l'emploi des tuniques. 11 combat les argamens ct les prétentiuns exagérées de La doctrine phy-ivlogique, et fait un dernier appel aux caprits impartiaux et éclairés pour juger au lit du malade et dans les amphithéGtres des hôpitaux , la valeur de ses assertions.
M. Louis ne pouvait défendre une plus belle cause avec plus de talent. On peut hu reprocher quelques négligences de style ; sous ce rapport seul, son ouvrage le cbde peut-être à celui de M. Broussais, Les qualités d'écrivain que ce professeur possède à ua hant degré, expliquent en partie l'éclat passager dont brilla la doctrine physiologique.
RESPONSABILITÉ MÉDICALE