RT CT
BIBLIOGRAPHIE
DICTIONNAIRE DE MÉDECINE OÙ RÉPERTOIRE GÉNÉRAL DES scuenCESs mÉpicaurs , considérées sous les rapports théorique et pratique. (Deuxième édition, tome sep-
tième. Cuocéra.— Paris, 4854. Bréchet jeune.)
Que savons-nous du choléra ? Cette question s'élève naturellement à la lecture de l'un des principaux articles de ce volume sur le choléra épidémique. L'auteur , M, le docteur Dalmas, s'est chargé de l'examiner, sous un point de vus général , en mettant à contribution tous les matériaux qué l'observation et l'expérience ont rassemblés, Nous néaligeons pour aujourd'hui les autres arucles de ce volume , et nous
une question qui précecupie tous les esprits , les medecins come le public, car on ne cesse de se d: mander où nousen socunes delimtivement à l'égard de la nature et du traitement du choléra.
Si l'on jugeait de la valeur d’une solution par le nombre des travaux destinés à la découvrir, certes ancune ue devrait être plus compléte que ci Île que nous venons de a sr À Lecholéra compte à peine, du moins à l'état épidémique, uue dixaine d'années d'existence, el pourtant la vie d'un homme ne suffirait déja plus à lire les livres qu'il a inpirés. On peut établir en fait qu'il n'y a pas de sujet sur lequel on se soit plus exercé , dans Le même espare de temps , que sur le choléra. Eh bica , que possédons-nous au heut de tant d'observations ct de recherches: mille ronjectures à l'égard de sa nature, des vues con-
tradictoires rélativemeut à ses modes de pres , autant de metho-!
des thérapeutiques que de systèmes accrédités, mais encore une fois que possédons-nous de positif sur ces deux questions essentielles : sa nature patholugiqu et sen traitement ? Nous Le disons à regret, nous n'avons rien de certain à proposer. Toutefois tant, de travaux ne sont pas perdus. Nul doute qu'ils ne finissent par amener la solution de ces problemes; en attendant ils nous ont déveilé les signes précurseurs du choléra, et ce qui est mieux encore us moyen sûr de le prévenir, Il ne s'agit pas ici de l'épidémie prise en inasse, mais de cette affection cunsidérée dans ses cas particuliers, C'est dans ce sens seulement que nous sommes autorises & dite que les 10vestigattons de La médecine , €t principalement de la médecine française, ont eu pour résultat de faire aprécier avec une précision parfaite Îçs signes précurseurs des attaques individuelles et les ressources les plus eflicaces pour les empècher d'éclater.
Passons d'abord sn revue avet le docteur Dalmas l'état de nas connaissances au sujet de la nature et du traitement de cette maladie épidémique.
Ce médecin a parfaitement constaté l'insuffisance des canses imagi nées pour rendre comte du choléra, Au ütre d'occasions ou de eirconstances favorables à l'explosion de cette maladie , 1] est sûr que des écarts du régime, les habitudes crapuleuses, les intempéries de Fair et toute la série des influences noisibles à l'état organique normal , contribuent à fui ouvrir un passage et aggravent singulicrement ses effets. Mais en fait de véritables causes, à moins d'admetire comme vérités les suppositions sur le jeu des émanations telluriques, ou sur la présence d'un insecte cholérigène, agissant comme le ciron de la gale , ainsi que le professe Hanvemano, on doit avouer que notre ignorance est complète : c'est un point que M. le docteur Dalmas démontre sans con-
testation. Reste l'idée de la contagion comme agent de la production du choléra,
Nous pensons avec le docteur Dalmas que le choléra ne s'est pas pro pagé de cette manière. À cet égard , il est difficile de réunir avec plus
ï fait voir facilement que les
de netteté les preuves pérempioires de la fausseté de l'opinion des partisans du système de la contagion. Toutefois nous aurions désiré que le docteur Daliwas ne se fût pas prononcé aussi absolument sur la noncontagion de cette affection. Il est vrai, et nous nous empressons de le proclamer, que le choléra ne nous est pas arrivé par celte voie, qu'il s'est répandu autour de nous autrement que de proche en pes et par contact médiat où immédiat : cette conclusion cest irrécusable aux veux de ceux qui v’ont pas pris le parti de nier l'évidence si elle choque leurs avis. Mais s'ensuit-il qu'absolument et rigoureusement parhet, lecholére ne prenne jamais le caractère con'agieux, Les contagionistes sont tombes dans une erreur grossière en se refusant à actepter Les preuves matérielles éclatantes de l'absence de contagion dans le choléra. La plupart des non-contagionistes gätent à leur tour leur cause, en niant que cette affection revête jamais où puisse revêtir, dans aucun cas, le caractère contagieux. La contagion ou la non-contagion ne se présente le plus souvent que comme une complication accidentelle, susceptilile de s'attacher, suivant des causes particulières, à une foule de maladies graves ou de sé détacher d'elles, si le: mêmes causes cessent d'exister. C'est ainsi qu'on explique les émoignages de contagion dans des affections, la phtlusie, par exemple, ou les srophules, ordinairement étrangères à coté PAR 158 et sou sbsence dans la syphilis, la fièvre jaunt et la variole , quoique le plus souvent elles marchent avec cet état, À nos yeux la question de la contagion où de la non-contagion du choléra resté indécise ou plutüt. nous pensons, que bien qu'il ne se soit pas disséminé par contagion à Paris rotamment et dans beaucoup d'autres endroits, cependant il est accessible, comme toutes les mala-
boroons à l'article de M. Dalmas. I agite une question de circonstance À
dies extrémement graves, à cette ficheuse disposition.
Si les causes réelles du choléra sont ou-dessus de notre portée, sa nature n'est pis mieux CONDuE C'est encore un fait que M. Palmas x prouvé victoriensement en démontrant la vanité des ciéories admises pour interpréter. Chaque théorie fouraissait atmplement des argumens contre les prétentions de ses rivales de sorte que pour les détruire, il |suflisait de les enettre en présence, À ceux qui l'atiribuent à l’altération du système ganghonnaire , la doctrine physiologique opposerait les preuves que ces altérations siégeatent exclusivement dans le tube digestif; aux partisans de la gastro-entérite, on pourrait répondre par les faits qui le font dépendre de la lésion du centre circulatoire, Contre toutes ces hypothèses exclusives, une ratson décisive, c'est l'absence de toute lésion appréciable précisément dans les cas les plus promptement mortels. Un phénomène psychologique bien digne de remsrque , c'est l'intrepidité avec laquelle tous ces systématiques soutiennent encore leurs idées , comme si elles étaient sorties victorieuses des épreuves qu'elles ont eu à soutenir.
Nous glissons sur Le tableau que M. le docteur Dalmas a tracé des phases de cette terrible maladie : ses couleurs sont prises dans Ja nature ; à] est impossible d'y rien ajouter, Si nous évitons d'en parler , c'est que tout le monde trouve malheureusement trop d'occasions de les observer. Arrivons au traitement de cette affection.
Par ce qui précède , on prévoit que nos ressources sont bien faibles contre un mal aussi peu conou. On sait déjà les moyens de toute espèce lqu'on a dirigés contre ses diverses périodes , les attentions qu'exigent les convalescences, quand où est assez heureux pour conduire les mala- [des jusque la. La Gazerre MÉvICALE n'a rien omis de tout ce qui pouivait échurer lé praticien au milieu des circonstances d'une maladie si rapiie. On pent consulter Les détails qu’elle a dounés sur tous ces ohjets. Occupons-nous seulesnent d'une époque de cette affection la plus importante peut-être, puisqu'elle se rapporte au seul instant où le possible de la maitriser. Nons voulons parler de ses preludes ou des = que leurs caractères où leur Gliation avec le choléra a fait !
regarder comme l'imminence de celte maladie où son prenter degré : c'est le temps du règne de la cholérine.
La cholérine est le fait pathologique le plus remarquable dans l'histoire du choléra : c'est en France et particulitrement à Paris, que les médecios out donné à cette singulière maladie l’attention qu'elle mérite, par les services qu'elle permet de rendre partout où règne ce terrible fléau, Eux seuls ont bien déterminé sa nature identique au choléra ; les priviléges qu'elle possède de préparer les voies à sou arrivée,et l'avantage à peu près certain de le prévenir si l'on se hûte de couper court à Îces premiers essais. Ailleurs qu'en France, on avait signalé, 1] est vrai,
les re comme préludes ordinaires des épidémies; mais nulle part come parmi nous on w’a attaché à la cholérine le rôle qu'elle joue v l'apparition et le traitement de cette affection, La Gasrrrr mépioate la première a donné l'éveil aux médecins sur les rapports entre une affection ausst insignifiante en elle-même, et une maladie telle que le choléra. De bonne heure, elle-a tracé ses caractères , signalé is Done insidieuse , et assigné la méthode de la traiter. Pourquoi fautal que,
el le moment, sur La
| me au moins
es organes de la digestion. Î1 y a, comme on sait, une foule de variétés ou de degrés de cette maladie ; à l'intensité près, elles sont toutes les mêmes , ettoutes elles tiennent étroitement au choléra Elle apparait sous la forme d'une épidémie, partout où le choléra se pro, ose à faire irruption. Sa présence s'annonce quelquefois plusieurs mois à l'avance, et elle persiste jusqu'a son invasion. Nous pensons que cette cholérine épidémique a pour objet de mettre l'économie dans les dispositions indispensables à recevoir l'épidémie du choléra, S'il en est ainsi, qui sait si , au lieu de s'endormir sur l'insignifiance de cet état morbide, on le traitait promptement avant qu'il n'infilträt trop avant dans la substance de nes organes, la teudance à admettre ce fléau, qui sait, disonsnous, si l'attention empressée à extirper ces rs gerinvs parmi les populations où ils se produisent, n’empécherait pas le choléra de à assaillir.
Quoi qu'il en soit de cette conjecture re nc perdrait pas beaucoup! à vérifier, 5lest sûr au moins que toutes les épidémies du choléra , sans en excepter une seule , ont été précédées par la cholérine ou le petit choléra. |
Ce n'est pas seulement le choléra à l'état épidémiqne , qui a l'avantage d'être annoncé par La cholérine : l'immense majorité des css parti. pa, rh dont cette épidémie est composée, ne deviennent choléras qu'à-
és avoir passé par la cholérine. Sur cent cholériques pris au hasard L'éeé une salle quelconque ouverte à ces sortes de malades, un seul ferait exception à notre loi. Notons encore que les gens de la classe inférieure »’y sont pas plus compris que les personnes des autres classes , ce qui prouve bien , entre autres preuves af pourrait aëministrer , que la cholérine n'est pas le fruit exclusif de la crapule à pr se livre le
uple, mais qu'elle est principalement le produit de la cause générale Eu choléra.
On sait encore que rien n'est plus expéditif que le traitement de la cholérine : c'est une sorte de compensation à la difficulté de guérir Îe choléra. Vingt à trente grains d'ipécasuanha en vomitif en funt proiptement justice, Si elle résistait à ce moyen simple . on ÿ joindrait quelques lavemens avec quelques gouttes de landanum liquide , concurrernment avec la diète et le repos, qui sont toujours Ge rigueur. Vous n'en dirons pas davantage à l'égard de cette forme de l'épidémie cholérique ; neus avons dit dans la Gazerre de 1832, et depuis dans toutes les occasious , tout ce que l'expérience avait appris touchat sa nature et les secours qu'elle réclame suivant les cas. Nous ne la rappelons ici qu'afin de prier les médecins de ne pas la perdre de vue, jiarce que, nous le répétons encore , elle donne un moyen sûr de préveair les atteintes du choléra.
Dans l'article du docteur Dalmas, la cholérine n'est pas omise, sans doute ; ce médecin en sentait trop le prix. Peut-être néanmoins, si nous avions à lui adresser un reproche , regretterions-nous qu'il n'ail pas assez insisté sur ect objet. À cela près, cet article est à nos yeux le résumé le plus net et le plus sage du véritable état de n0$ connaissances relau-
vement au choléra.
LP A EMI TE
RESPONSABILITÉ MÉDICALE