DEUXIÈME PARTIE. — DU DROIEMENT DE LA TETE DU FOLTUS
Ea traitant de la perforation de la tête, j'ai dit d'abord que le cas
qui la réclame est extrémement rare ; mais de ce que l'occasion de la
feuilleton.
LETTRE D'UN MÉDECIN DE PROVINCE sUR L'EXERCICE DE LA MÉDECINE,
Monsieor le Rédacteur,
Je suis un des plus anciens shonnés de la Gazette mémicaue; c'est vous dire avec quel empressement et quel intérêt je Lis votre journal ; en effet , instruction et variété, voilà ce qu'on y trouve. Permetter-moi cependant de vous adresser une obsrration dont vous ferez l' qui vous conviendra le mieux ; c'est que dans vos tablesux de mœurs médicales, vous ne parlez jamais de la médrcine dde provinre , j'entends de ce qu'est la profession loin de 1s eapitale. Ne croyez pas pourtant que ce soit un reproche que je veuille vous faire : cut oubli vous est commun avec tons vos confrères de la capitale. Quel est , en effet . celui d'entre eux qui , ayant exercé sa profession plus où moins long-termps à Paris, ait une idée je ne dis pas exacte et positive, mais superficielle , de ce qu'est la médecine en province ? Beaucoup de médecins à Pris, parce qu'ils sont voisins des foyers du ssvor, ont comme une tendance à se placr sur un piédestal , tandis qu'on nous religue sans feçon dans les infiviment prtits de l'ordre scientifique, À quor Bent cette injustice ? Évidemment au peu de rapports qu'ont les médecins de La capitale avec leurs coofréres des dépariemens. Les congrès scientifiques remé-
faire n'est pas fréquente, aurait-il été raisonnable d'en conclure qu'il était inutile de s'occuper de la perfectionner? La moitié des femmes ayant succombé aux suites de cette opération, l'humanité permettait - elle
u'on négligeät de chercher un moyen propre à les conserver toutes ? Quant au tronc du fœtus, toutes les fois que son axe est pareil à celui du détroit abdominal , il est inutile de le diviser par portions, à moins que la déformation du bassin ne soit extrème ; c’est la tête du fœtus qui peut seule apporter obstacle à son expulsion; conséquemment c'est sur elle que doit se fixer notre attention tout entière.
J'ai prouvé aussi que la perforation de la voûte du eräâne ne produit kr tiès-peu de diminution dans le volume de la tête; que ce volume
épendant presque entièrement de la base qui est sa parlie résistante , il est le plus souvent nécessaire d'ea pratiquer le broïement : la pratique prouve cette vérité.
Le broicment ou l'écrasement de la 1ète se pratique avec un instrument que j'ai imaginé, ct auquel on peut donner le nom dé céphalotribe (rrpain , tête, rotin, je brote ), à cause de l’effet qu'il prodait.
Cet instrument qui est un furceps particulier, se compose de deux branches auxquelles s'ajoute une mamivelle. Des deux branches, l'une s'appelle droite, et l'autre gauche, Il faut distinguer dans chacune d'elles la cuiller et son manche; dans la branche droite, l'axe, dans la ganche, l'échancrure qui reçoit l'axe.
La manivelle se compuse de la vis, du levier qui la fait mouvoir et de sa poignée.
Le ie total de l'instrument est de quatre livres au plus.
La longueur de chacune des branches est de 21 pouces.
La longueur des cuillers, mesurée depuis l'axe , est de 10 pouces : L] a elles n'ont pas d'ouverture; leur largeur est de 16 lignes; leur épaisseur, prise à leur partie moyenne, est de 5 à à lignes. La courhure de leurs bords (courbure nouvelle) est de 3 pouces un quart, mesurée d'un plas horizontal à leurs bois inférieurs.
La courbure de la face de chacune d'elles {courbure ancienne) , est
L dicront-ils au mal que je »ignale ? Je ne sais ; mais jusqu'a présent les médecins de Paris n'ont pas mioëtré uu trékgrand empréssernent pour ces congrès; je doute lméme qu'on en ait vu un seul en faire partie, À l'exc, ption des prufissours de La | Faculté qui vont périodiquement faire une tourmée pout recevoir des officiers de sauté , les docteurs parisiens nous paraissent bien sédentaires, Leur élientelle estelle donc si nombreuse, si ovcupunte, qu'ils n'aient pes un instant à eux ; l'arat leur jarait-il ce sum bornum au l'on doive sacrifier tous les autres | biens ; enfin , pensent-ils que hors barrière il n'y à plus ni mérite , ni talent , ni savoir ; «ue dans les terres lointaines des dépsriemens, le sol médical soit tant-àfait en friche? On le croirait à l'extrême rareté de leurs visites et de leurs voyages. Pour moi , je regarde celte vie d'isolement comme us malheur pour nous et ur ENS, PL'uulité des voyages pour les médecins fut de tout temps regardée comm une ebose incontestable ; mais 11 semble que nos confrères de Paris ne sont pas bi persuaidés de oette vérité. Les aucicos n'en jugesieut pas ainti ; Hippocrate , Héroplule , Érasistrate , comme tous Les medecins celébres de l'antiquité , ainsi que le: philosophes , ont besucoup voyagé; ils avaient par conséquent beaucoup vu , besucoup obserré et beaucoup recueilli. Mais sans remonter suasi haut dans Les siècles passés , le moyen âge nous offre une foale de médias qui parcouraient pour s'astrunre les diverses contsées de l'Europe, Quiconque à Ju les œuvres d'Ambroi-e Paré sait tout le proÛt que ce grand homme a tiré de ses voyages , &t avec quel charme ils sont écrits, Connaissez-vous , en effet, quelque close de plus curieux , de plus digne d'intérét kes piquantes narrations de ret illustre chiturgiee , ce qu'il Êt pour traverser l'armée ennemie et se jeter dans la ville de Metz, ensui'e pour payer sa rançon; ses occupaliuns pendant le siége d'Hesdin ,
GAZETIE MÉDICALE
de six lignes ; ainsi, lorsque les deux branches sont croisées et réunies, l'intervalle qui sépare les supérieurs ct inférieurs des cuillers est d'un pouce ; et l'épaisseur totale des cuillers, prise du milieu de la surface externe de l'une d'elles au même point de l'autre, est de a1 lignes.
La longueur des manches est de 11 pouces; leur largeur est de 10 lignes, et l'épaisseur de 3 lignes.
L'axe ou pivot supporté par la branche droite, est placé entre la cuiller et son manche; son épaisseur est de 4 lignes.
La jonction des branches est semblable à celles des branches du forceps de Smellie; seulement elle est en-dessous au lieu d'être en-dessus, et se trouve à la branche droite au lieu d'être à la branche gauche. J'ai fait ce changement parce que quand là jonction se trorvait à la branche gauche, elle génait dans l'introduction de la branche droite.
La longueur de la vis est de 8 pouces et demi,
La longueur de la poignée du levier est de 4 pouces, eonme celle de la poignée du ments.
L'instrument doit avoir été trempé , afa que l'acier ait acquis beaucoup de raideur et de résistance.
mme quelque coutelier pourrait, par un amour-propre malentendu, ou par l'appât du gain, dimiouer encore le poids de cet instrument , je | ois prévenir les praticiens que ce poids n'est pas trop considérable, vu ! la résistance de la tête du fœtus.
Pour lui donner la solidité nécessaire et agir avec prom titude, sans |
d'employer une vis |
déployer aucun effort musculaire, j'ai conçu l'idée à trois Glets, parce qu'ainsi le pas de chaque hélice ast assez grand st que la pression sur chaque élément de La vis est réduite au tiers. En! ayant égard à la longueur du levier qui mène la vis, aux pas de celle-ci! et aux distances qui séparent de l'axe de l'instrument les points d'ap- | plication de la puissance et de la résistance, on trouve que le rapport | approximatif de la puissance à la résistance est comme 1 : 165.
Cet instrument DL nn. sur la tête du fœtus avec les précautions recommandées pour l'usage du forceps; seulement il faut avoir le soin de plonger les cuillers dans les parties de la femme un peu plus profondément À quand on applique ‘ forceps ordinaire au-dessus du détroit abdominal, afin qu'elles saisissent parfaitement la tête suivant toute la longueur de son axe. Sans cette précaution, la base du crâne! pourrait ne pas être totalement broyée , ct dans certains cas de diffvrmité extrême du bassin , on serait peut-être obligé de desserrer la vis et de retirer les cuillers pour les plonger de nouveau ua peu plus profondément. Les deux cuillers étant introduites, un aide placé au cûté gauche de l'opérateur prend, de La main droite, les deux branches, les as roy l'une de l'autre, et les soutient, tandis que l'opérateur in-
uit la vis dans les trous qui traversent les branches, ct tourne la! poignée de la manivelle. Pendant la rotation dela vis la tête est cum ! primée avec une telle force que la matière cérébrale s'échappe par le ! cuir chevelu qui se déchire, et s'écoule hors des parties de L fernc ; les os qui constituent la base du eräne sortent deleur ligne de dtrection, } etanticipent les uns sur les autres, sans former aucune esquille. La tê'e étant ainsi écrasée, on extrait ensuite le fœtus comme si on agissait avec le forceps ordinaire.
Quand la tête a été bien saisie par le céphalotribe, et par conséquent , la base du crâne parfaitement broyée, si l'on mesure, nnmédistement | après son extraction, l'intervalle qui existe entre la surface externe de ‘une des cuillers et celle de l’autre à leur partie m yenne, on trouve
ses ruses el ss fatteries auprès du chirurgien de Turin , le don qu'il lui Gt enGo d'une culotte de velours pour obtenir le secret de son remle , qui n'était autre que l'huile de petits chiens ; son extrême souci pour ses blessés pausis avec des emolliens , sont remarquables , non-seulemeut par le style naïf, énergique on gracieux particulier à Ambroise Paré , mai encore par la profondeur et la justesse des observations. Partout on y trouve lt savant , Le p iilosophe , qui n'oublie rien pour s'instraire ; partout on reconnait le bon cœur, la boue tête, l'esprit sagace et pénétrant de ce grand chirurgien. Sapposez maintenant Am broise Paré , tranquille dans sa rue Sainte-Opportune , ne s'ocupant que de sa pratique ou de controverses religieuses, ses ouvrages auriicnt-ils ce haut degré d'intérêt qu'ils ont pour nous et qu'ils conserveront à jamais.
Anjourd'hui nous ne voyons rien de pareil. Si on en earepté quelques notabilités chirurgicales qui royageot plus ou moins rapidement. four raison de santé où par curionté, la plupart des médecins de Paris ou des provinces, restent chez eux et sont incounus les uns aux autres. Il est clair que je ne compte pas parmi les sarans voyageurs, certains opérateurs dont Le lucre est le seul bat , vras mdecins gyrovagues , comme del ug ancien, qui procèdent régulièrement à l'exploitation de la crédulité du peuple des départemens.
Peut-être objecterat-on que les voyages sont moins nreess ii res maintenant qu'autrefois , depuis l'établissement ct la multiplication des jouraiux. Je reconnais moi-même la puissance de ce moyen de communication ; je sais que les idées et Les faits ont daus l'immense porte-rois de la presse, uo incroyable véhicule d'extensibilité , que c’est un moyen rapide de monneyer es lingots de la science et de les répandre au loin ; mais combien de choses les journaux ou n'opprensent pris 90 # apprebnent qu'mperfsitement, Croser-moi, monsieur, il a biea des ob-
Ltouraur la vis de l'instrument ; le périnée n'offril pas la moindre
que cet intervalle est de 23 à a4 lignes, parce que les cuillers ont cédé chacune d'une ligne environ à cause de leur élasticité pendant la pression qu'elles ont exercée sur la tête, Ainsi, cet instrument a pour effet de réduire l'épaisseur de la tête, qui est souvent de trois pouces et demi, à celle d'un pouce.
Les circonstances dans lesquelles on se sert du eéphalotribe sont absolument les mêmes que celles dans lesqueltes on pratique la perforation de la tête; ainsi des quinze femmes dont il a été parlé plus haut, cet iostrument, s'il avait été inventé plus tôt, aurait pu en délivrer quatorze et les conserver ; mais probablement il n'aurait pas pu être utile à celle dont le bassin n'avait que 19 lignes. Quant à l'usage de cet instrument, on l'introduit toujours par le diamètre du détroit resserré qui offre le plus de largeur.
Voici plusieurs observations qui montrent tout le parti qu'on pent tirer de cet instrument.
OVALS SUPÉRIEUR DE LA TÊTE EN PREMIÈRE POSITION; BROIEMENT; FEMME GuêÊme.
Ons. L. Le 5 février 1829 À., âgée de 21 ans, d'une petite taille, d'une constitution scrophuleuse, ayant la partie inférieure de La colonne vertébrale portée en avant, resseutit les douleurs de l'enfantement, À 3 heures du soir , rupture des membra-
,0es, écoulement d'une grande quantité d'eau ; col ulério peu ouvert. Pendaut la
auit les douleurs devinrent moins fréquentes.
Le 7 aa matin, douleur aiguë à l'hyporondre dro t; col utérin wa pra plus on -
vert, mais épais, puise de l'ovale supérieur de la tête du futus au détroit
missl ; écoulement du méconium, (Saignée, bain, lavement, fumigations vers la vulre.) Appelé à ce moment éu travail , je prescris une sai et un ban. Je reconais que le diamètre antéro-postérieur du détroit sbdomanal n'a que 2 peuces 8 à 9 lignes ; que la forme de ce détroit est régulière; que l'onfce utérin a 18 ou 20 ligues de diamètre, et encore plusieurs lignes d'épaissenr ; | Le coir chevelu présente une tumeur résisiante , et que 1 lement qui se fait par ka vulre est 4rès fétide, Le lendemain 8, sbdomen terdu, ballonné, sensible ; Gèvre, (Saigeée et bain.) réunis en con-uliation MM, Désormeaux et Paul Dubois. Alors l'ouverture du col utérin était de deux pouces transrersslement ; il avait encore quelques lignes d'épaisseur ; la tumeur formée par le cuir chevelu était encore résistante , l'on des pariélaux faisait saillie dans le détroit abdominal. Nous pensämes Lous que le fœtus était mort, à cause de l'évacuation du méconium , de la longueur du travail , et à cause de la compress’on qu'il éprouvait depuis -i longtemps: et qu'on ne pourrait terminer l'accouchement , si on + pre de forceps ne sufbsait pas , qu'eu diminnant le volamc de la tête, Vers be soir, point de cha ent dans le circonstance du col utérin, ni dans le deyré de son ouverture. Je n'opérai pas.
3 au matin , Les partie. molles n'étaient ni plus sowples, ni plus dilatables ; peadant la journée le travail reprit ; les contractions uterines redevinrent fréquentes. Le soir, La femme prit ua ain d'une beure et demie. À huit heures, pen Chaude, pouls fort, ablomen tendu, mais mo ns sen-ible que la veille ; col utérin plus souple, plus dilatable , sans être plu: ouvert, La péritouite avait été apai-éx par le traite nt antiphlogistique ; mais la métrité existait encore, et les douleurs rcommencçaient à s'éluiguer les unes des autres. Il s'était écoulé 75 lwures de puis le commencement du travail, et 73 depuis la rupture des membranes : l'é- Let de La fenome était redeveuu extrémement grave.
Sans perdre de temp à exayer le furceps, dont je crus l'application non moins dangereuse qu'inutile, je Gs %e broiement de la tète, La femme ent si pen conscience de cette opération, qu'elle témoigna de l'étonsement lorsque je cessai der
i “chirure après l'accouchement ; le fœtus, qui commençait à se putrèfier, pesait 6 Livres. La deli-
jirance se Gt naturliemen’ une heure euviron après l'acronrhement. Les symptà-
mes de la métrite se manifestèrent de nouveau , et les lorhies se supprimèrent. Lx malade fut traitée convenablement. Les lochies reparureot le 44; elle entra en conval scence Le 416, et fut tout à-fai rendue à ka santé vers La Ga de février.
MM. Evrat neveu, Delesire et Mme Boudet, sage-femme, ont élé témoins de cette opération,
jets qu'il faut voir de ses propres yeux pour Les bien connaitre, D'aillurs , presque ous les jourmaus de médevine s font à Paris; nous savons donc dans les départemens à quel paint en sont La srience et 1: profession dans la capitale ; ruais à Paris vous ignorz complétement ce qu'est la médecine en province, Et comment le saurice-vous, puisqu'il n'y à pas de reflet mutuel, de communications récipro ques? Quelqu s observations L pahologie isolées et envoyées de temps à autre pour les journuux, ne peuvent en donner aucune idée, : Cependant qu'on ne s'y trompe pas : si les médecins de province reçoivent quelquefois de Paris des doctracs toutes faites , ils savent les apprécier avre une rigueur et une impartialilé d'autant mieux fondées qu'ils les voient sans préjugés, ins exagération, sans verre grosstssant. Notre tribunal est peut-être celui où cé« doctrines sont jugées en dernier ressort. On cessera de s'en étonier en pensant à l'énorme mas de pralitiens répandus dans les départemens. Les r'sullats qu i's oblieunent sont immenses , positifs , ce et bien qu'une grande partie de ces résultats soient igaorée et perdue dans les localités , ils ne laisscat pas d'iafluer à la longue sur le sort de ces doctrines Lor que le gastritisme Gt sa siolute irruption dans La science , où croyez-rous que La resistance fé La plus opin être ? Certes, ce fut dans nos départemens, La vérité , Le bon sens , l'esperienre y trourèrent des défenseurs d'autant plus redoutables que tous étaient ds praticien. On n'y concerait pas que la médecine fit aussi aisée compremire et à faire qu'ou le disait ; qu'avec un ou deux principes gfnéraux , des sangsues el de l'eau de gomme, il etait possible d'embeasser l'immense varièlé des cas qui se présentent ; que oct ars long , dont l oracle de Cos avait effrayé notre imagination , pouvait se réduire à de petites et pitoyables proportions. Ce ne fut qu'au bout de plusieurs années qu'une foule de jeunes docteurs , arrivant imbus de physiologisme , en
DFE PARIS.
OVALE SUPÉRIEUR DE LA TÈTE EN PREMIÈRE POSITION; DIVERSES TENTATIVES DE VERSION ET D'APPLICATION DU FORCEPS; BROIEMENT; YEMME GUÊRIE.
Ons, 11. — Le 18 oovembre 1430, je fus pp vers trois heures de l'aprèsmidi, suprès de Mme M... Cette femme , pa 49 ons environ , avait le bassin régulier, de deux pouces trois quarts ; elle était acrouchée déjà , huit ans auparavant, d'une flle qui, en venant su monde . était d'un poids au-dessus de Fordinaire, et qui avait été extraite à l'aide du forceps, après vu travail très-long. Aussi Faccoucheur de cette dame l'avait-il engagée à ne plos faire d'enfant.
Devenne veuve , elle s'était mariée en secondes noces à un jeune bomme robuste; aussi son second enfant lat-il très-gros,
Cette fenue était en travail depuis 49 hrures; l'eau de l'amnios s'était écoulée la veille, Depuis trois heures environ on faisait des tentatives pour l'arcoucher , tant à l'aide da forceps qu'on avait appliqué plusieurs fois, que de la version, que l'on venait de regarder comme impossible. La mort du fœtus étant évidente par l'absencr des pulsations dans le cordon ombilical qui était an dehors , et l'impossibilité de l'accouchement étant reconnue par les médecins sui étaient présens , je broyai avec mon instrument la tèle située en première position , au-dessous détroit abdominal. L'enfant fot extrait promptement ; il était du poids de huit livres et demie. Il n'y eut pas de déchirure au périnée,
Lu ed l'accouchement, cette femme fat prisé d'une mitrile suraigué qui fut combattue pendant les 36 premières heures par spt saignées; 48 heures après les symptômes inflammatoires étaient apaisés; mais cette femme les signes L fièvre typhoïde ; il se forma une escarre au sacrum ; les luchies prirent une odeur gangréneuse Lrès-prononcée ; il y eut écoulement involontaire de l'urine et des matières fécalez. | ; |
Le sixième jour, une escarre de la largeur d'une pièce de 20 fr. se détacha du vagin ou de la matrice, et fut trouvée dans les urines; le quinrième jour il s'en détacha une autre beatcoup plus large que la première, Vers le fn de la trois ème semaine, l'état de cette femme commença à s'améliorer. À cetle époque, quelques injections d'ane solution de chlorure de chaux dans l'intérieur du vagin et de la matrice, rent disparaitre en peu de juurs l'odeur gangréneuse de lochics; la membrane maqueuse du vagin, qui était livide, deviat d'une couleur rosée , et La Gèvre cessa. La convalescence, qui commença vers le tre nlième jour après l'accou chement, ne présenta rien de remarquable, si ce n'est une extréme fablesse ; mais quelques mois après cette femme avait repris de l'embonpoint, et ses règles ruparurent pour la première fois six mois après l'accouchement. MM. Boué, Lamouroux, Rey et Lagneau ont élé témaias de culic opération.
OVALE SUPÉRIEUR DE LA TÊTE EX PREMIÈRE POSITION; VERSION; EXTRACTION DU TROMS; TÊTE AU DÉTROIT ABDONIMAL ; DROIEMENT ; FEMME GUÊMIE,
Ons. HIT, — La femme Y..., âgée de 80 ans, était entrée, au huitième mois de
sa grossesse , dans l'un des hôpitaux de Paris , pour y être trailée d'ane entérite P
assez grave, Le 16 mai 4831, vers dix heures du soir , je fus appelé pour assister cette femme, Déjà l'on avait appliqué plusieurs fois e forceps sur la tête, qui se présentait par l'orale supérieur aû détroit sbdominal et en première Em toais l'instrument avait lâché prise, On avait fait ensuite la version du fœtus, le {rone était extrait ; mais la tête, que l'on avait essayé d'eotrainer , d'abord avce les doigts portés dans La bouche , puis avec le forceps, se trouvait au détroit abe dominal. Es tentatives avaient duré plusieurs heures; le périnée était déchiréle cordon ombilieal avait cessé de latire depuis dé Bee Je procédai aubro'e; ment de la tête. Je portai sons aucune difficulté la branche gauche da céphalotribe su-devant de la syraphyse sacro-iliaque gauche, sur le côté gauche de lu tétdu fœtus ; mais l'introduction de la droite me présenta des difficultés :s5e2 grane dés, sans doate à cause de l'irritation de La matrice déterminée par les manœuvrequ'on avait faites. Cette branche fut d'abor passée entre la paroi cotyloidiennes droite et le côté correspondant de la Lète; mais elle ne put être jointe à l'antre. 3e fus obligé de la retirer pour la plonger à plat et profondément au-devant du vissge, et la faire revenir ensuite entre la Eros cotsloiienne droite et le côté «orrespondant de la tête. Alors je pus réunir les branches. La tête fut comprimée, écrale et éxtraile. Le bassin avait deux pouces Lrois quarts environ d'avaut en arrière, L'enfant pesait huit livres et demie. no Dans les premivrs jours qui suivirent l'acconchement , la femme se plaignit de duuleurs dans la région hypugastrique ; elle eut une Gèvre violente ; at
répandirent les principes dans nos départimens, C'est alors qu'on vit se renouvele avec plus d'activité que jamais, É‘otuse rivalité des vieux et des jeunes médecins , dont ua de vos collaborateurs nous a {race Je tableau. Plus d'une fuis s'est répété ce célèbre mot : Mon fils. 'abér gustas, que Bordeu s'est bien rdé d'oublier el avec raison. Maintenant que le provés est à peu près jugé, qu'on revient de toutes prrts à des principes plus larges et sattout à ane thérapeutique active, variée , el par crla mème puissante , il est facile de voir de quel rôté était le bon sens et la vérité, On peut donc le dire hardiment , les médecins de province ont beaucoup contribur à éclaircir, à jager la question, bien que leurs tra vaux n'aient été connus que partiellement et sous bien peu de rajports. Et sovcren bien convainen, tout ce qui touche essentiellement à La pratique de | art tombe dans notre vaste juridiction. [1 y à en province une masse d'hommes exerçant la médecine qu'il n'est pas aussi facile de séduire et de fawiaer que se Wimaginent , dans la capitale , certains doctears à verbe haut et impérauf; j'en ai dit la raison , et celte raison est péremploire, c'est que nous sonimes lous fra ticiens. Se faire une chentelle où mourir de fain, telle est notre condition ; ans ne peut sy soustraire, à moins qu'il n'ait d'autres moyens d'existence, mais étrangers à la profession. Dans la caprtale, c'est bien diflérent ; 01 trouve des ressources particulières qui tiennent lien de clientele ; bjen souvent on est mé decin sanr voir ni malades ni maladies. Quelquefo s on se livre uniquement aux charmes de l'érudition , mais n'importe ; la poussière des livres, la meilleure de toutes quelquefois pour aveagler l'ignorance , a beau convrir maint dorteur qui ne s'en doute guère , il n'en à pas moins la réputation d'un médecin habile , dont où vante l'expérience. Une semblable anomahe ne s'ohserve jamais dans ns départémens, parce qu'elle y est impossible. L'indutri disme médical at singul.i-
les lochies continuaient de couler ; je fis plusieurs saignées ; je preserivis une diète sévère. Dès Le lendemain, j'injectai ds l'intérieur de Ant de l'es tièd avec addition de chlorure de chaux. Des escarres se formèrent au périnée et se détachèrent le sixième jour; la plaie résultant de lcur chute devint vermeille , sinsi que toute la mem use da vagin, el la Gèvre dimioua peu à peu. Cepemlant les selles restèrent fréquentes, l'émission de l'urine était toujours involontaire , quoique l'urètre fl intact. Quelquelois, pradant le jour ou La nuit , il y avait AS délire. Le 4 juin, je fs transférer cette femme à l'hôpital Beau jon, où elle fut conBée à l'expérience de M. Renauldin; alors elle n'avait plus qu'ane très-grande faiblesse, on mal de tête violent et deux ou trois selles par jour, Dés le bndemaie de son arrivée, 6 songsues lui fureat appliquées au -drssous de chaque orville ; où lai donna du bouillon coupé ; le mal te diminug, Le lendemain +1 les jours suivans, on augmenta la quantité des alimens, et la contalescence se consolida,
Le 42 juilkt, la femme était parfaitement rétablie et sortit de l'hôpital. M, Gerds et une vingtaine d'élèves ont été témoins de cette opération.
J'aiea depus lors occasion d'employer le céphalotribe chez deux autres femmes à bassin également étroit , el l'opération s'est toujours faite avec une aussi merveill use facilité,
Peut-être, dira-t-on, que ces bassins, qui étaient petits et réguliers n'offraient pas des exemples de la plus grande défectuosité pelvienne que l'on puisse rencontrer, et que l'accouchement aurait puen conséquence se terwiner naturellement; je ne répondrai qu’en citant à cesujet l'opinion même de mon oncle, dont j'extrais textuellement les « (Plaidoyer de Baudelocque, pag. 9.) Il s'agit d’une femme dont le bassin était de deux pouces trois quarts.
« L'ignorance seule, succédant aux talens des premiers accoucheurs » de la femme dont il est question, aurait pu lui promettre un sort » différent, et conclure de ce qu'elle était accouchée la première fois » d'un enfant vivant , qu'elle pouvait et devait le faire au terme de sa » quatrième grossesse, Les fastes de l’art des accouchemens n'offrent » pee pas dix exemples d'enfans nés spontanément et vivans dans » Je cas de conformation semblable à celle de cette femme, et en offri- » raient par milliers, si on les avait recueillis tous, qu'ils attesteraient » que c'est par une heureuse exception à la loi générale que des enfans » ont pu naltre ainsi, et qu'ils u'ont dû cet avantage qu'à leur peu » de solume et au peu de solidité de la boîte osseuse du crâne, »
Est-il besoin maintenant de comparer la perforation de la tête au rocédé qui consiste à la bruyer ?
La perforation de la tête se compose de la perforation de la voûte du crâne qu'il faut faire suivre, le plus souvent, de celle de la base du crâne; mais avant de pratiquer La première, on commence toujours par l'application du forceps ; et si cet instrument est insuflisant, on fait La sci du fœtus, opérations ou manœuvres qui sont plus ou moins ongues.
Au contraire, dans le broiement de la tête, l'application du forcens ordinaire ayant été faite d'abord , et cet rad; ur reconnu 3 fisant si le fœtus est mort, on passe sur les côtés de la tête les cuillers d’un instrument mousse , je dirai presque d'un forceps urdinaire, qui a pour effet d'écraser la tête, en la comprimant de dehors en dedans, et avec lequel on fait aussitôt l'extraction du fœtus. |
Fa perforation de la totalité de la tête demande de la part de l'accoucheur des efforts plus ou moins considérables; quand le céphalotribe est placé svr les côtés de latète, on tourne la manivelle et l’on écrase la tête sans qu'elle pré»ente la moindre résistance,
La durée de la perforation de la tète est au moins, comme on l'a
rement préfectionné à Daris , il est à peine ébauché dans nos provinces. Cet in dastrislisme , j'en conviens, est uelquefois légitime et de bon aloit mais con bien aussi voit on d'individus aller à Ja fortune par des routes où les honnêtes gens n'ont pas l'habitude de passer ? Combien de petits et de graniis docteurs cherchent à Paris les voies les plus variées pour se faire une espèce de réputation ? Lun fait an cours el traite d'ol jets sur lesquels il cst fort ignorant; mais il espère réussir à Fuide de ss lourde faconde vn de son brillant ramage ; l'autre copie. compile el imprime, réritable brasscur de livres , il pense qu'en province ses (:. tras en sbrégés , en maoueis, cn élémens, trouveront un débit certain , et ilest tont élonné d'apprendre que sa marchandise y est estimée ce qu'elle vuut. Il en est qui se lineent dans Ja malencontreare spéculation des journaux ; ils tentent l: nee per les plus belles promesses , les plus séduisans tus; du reste rs takens , leur savoir, leur expérivace , ils meltest toat au rabais , sans dout * avec rason. Plusieurs, s'engagront dans la presque domesticité des docteurs e° crédit , leur servent de trompette et de plastron <elon l'ocession , servum pecu de la grosse espèce , toujours prils à suivre , à admirer, à imiter, On en voil.don’* le diplôme est bonteusement mis an service d'as charlatan qui les paie ; d'autre” hâtissent leur avenir sur une doctrine nouvelle pendant qu'elle gaérit , el tâchene d'en tirer part: dans le public, toujours sot, toujours crédule ; ceux-là se fon courtiers marrons de réputalions , à tont l'éloge ou le critique ; ceux-ci gucttcne les étrangers riches el molades, puis composent avec les maitres d'hôtels gornit pour leurs futurs bonoraires. En voici qui consultent avec snin les nécrologies e« promettent aux veuves des médecins qui meurent, be licrs où la moitié des reveuut de la clicntelle; d'autres qui envoient régulièrement ebaque mois dans leur quec lier quatre où Cinq cents cartes de visite, ete., te, On ne Gnirait pas si l'on vou.
rouvé, de trois quarts d'heure, souvent de plusieurs heures, quelqueis de plusieurs jours. La durée du broiement de la tête est celle de la plus simple application de forceps.
L'instrument (ciseaux de Smellie} dont on se sert communément pour erforer la voûte du crâne est loin même d'être sans danger pour La mune, comme je l'ai fait remarquer plus haut.
Les crochets et les tenailles dunt on se sert pour briser la base du crâne arrachent très-souvent les parties molles de la femme en brisant les parties dures ou le bassin, et déchirent les doigts de l'accoucheur.
Le céphalotribe n'a pas encore blessé une femme.
En résumé, introduire dans les parties génitales de la femme les cuillers d'un forceps à la même profondeur que celles du forceps ordinaire quand on l'applique au-dessus du détroit abdominl, puis tourner une vis, et extraire la tête qui est alors considérablement diminuée de volume ; tel est le broicment de la tête qui, certainement , n'a pas même les dangers de l'application du forceps ordinaire, parce qu'avec ce dernier instrument où est obligé de recourir à des eorts plus où moins considérables, suivant le degré de disproportion qui existe entre la tête et le bassin , et ces efforts doivent durer plus ou moins long-temps.
Si donc il ne fallait pas toujours attendre un temps aussi long pour acquérir la certitude complète de La mort du fœtus; si l'on pouvait au coutraire duninuer plus t0t par l'application de mon instrument le volume de la tête, aucune femme ne périrait jamais à la suite de l'opétation; mais la durée du travail suflit à elle seule pour causer une inflammation grave des organes génitaux , et amener des accidens qui peuveut être mortels.
Quelques personnes ont parlé de l'effroi que doit inspirer aux femines l'idée de faire broyer la tête de leur enfant, même au moment d'un tra vail laborieux où certainement il est mort; les cinq femmes chez lesquelles j'ai fait usage du céphalotribe, n'ont pas su de quel instrument je me suis servi pour les délivrer; d'ailleurs je ne pense pus qu'elles eussent plus de raisons d'être effrayées par la vue du Céphaloui e, s'il
leur était montré , que par celle des ciseaux de Sinellie ou du crochet aigu,
REVUE DES JOURNAUX DE MÉDECINE
JOURNAUX ANGLAIS