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IL. BULLETIN MÉDICAL DE BORDEAUX

NOUVEAU MOYEN DE FAIRE DISPARAITRE LES CORS AUX PIEDS , par M. Dunnoca, D.-M, à Barsac,

Dans une discussion toute récente, nous avons vu plusieurs médecins de Paris s'indigarr qu’on voulüt assimiler les pédicures à des gens de l'art , et exiger d'eux des garanties de science comme de tous les hommes qui s'adonnent à une branche spéciale de la inédecine. Nos confrères de province en jugent autrement que nous : tout récemment , dans une séance de la société médicale de la Loire-Inférieure, on à cité le cas d’un vieillard de Nantes chez qui l'extirpation d'un cor détermina des accidens tellement graves qu'ils se terminèrent par la mort. M. Dubroca se plaint avec beaucoup de raison que les médecins regardent comme indignes d'eux des opérations quelquefois si graves, et ne s'occupent nullement de les perfectionner. « Pour moi, dit-il, qui, par ma position, suis obli-

é de faire pendant le même jour l'extirpation d'un cor, l'arrachement

‘use dent et l'opération de la hernie avec la seule aide d’une femme ou d'un vigneron; pour moi, qui crois que toutes les douleurs sont des maladies et que l'on a le droit d'en demander le soulagement au la des truction aux médecins, je vais faire part à mes confrères de mon procédé pour la destruction des cors au pied. »

Vo:ci ce procédé, que l'auteur a essayé av. : succès sur lui-même, pour un cor très vo e situé à Îa partie intrrne de l'articulation métatarsophalangienne du gros orteil, très-douloureux, et qui avait résisté à loutes les tentatives d'extirpation.

Le soir, avant le coucher et sans pédiluve préalable, on coupe avec un bistouri étroit , bien tranchant et porté en dédolant, toute la partie cornée du cor , jusqu'à ce que la peau soit mince, molle, ronge, qu’on xaperçoite les capillaires prêts à saigner, et qu'une légère douleur averaise qu'on arrive aux parties vivautes; alors on s'arrête, en sorte qu'on

a pas révandu une seule goutte de sang ni développé la moindre dou-

w I faut savoir tout cela et bien d'autres choses encore, pour bien juger d'une ssignée. El ce sont cependant des femupes, des paysans, des huistiers, tous gens étrangers à l'art, qui viconent atlester, après six mois, qu'à la confeur, d d'odeur, à la manièce dont le sang sortait, ils ont reconnu que l'arière était ouverte,

» Ce sont encore les mimes témoins qui ples lard ont vu les pulsations de la tumeur, et qui, lors de l'opération , ont vu l'ouverture de l'artère, dans le fond de la plaie , à travers le sang et ses caillots.

» C'est sur ce témoignage que la Conr établit son premier ronsidérent :

» Attendu , dit le jugement , « que dans La suignée l'urtère à été ouverte; » et c’est sur ce considérant que s'échafaude toate la procédure! »

$i re qui est arrivé au mumnent de la sa goée ne prouve pre nt que l'artère à été ouverte, ce qui a suivi ne le prouve pas mieux, Comment, sans ligature et sans compression se serait arr € l'hémorrhasie? Comment ne se serait-il pas formé d'anévrisme faux priminif? C.la ne se saurait comprendre si l'artère a été lésée ; et si elle ne la pas été, if n'y a donc pas eu d'anévrisme faux conséeutif. Quelle est donc la mature de l'accident que Gugne à éprouvé? Les médecins de Lyon , comme cvux de Rouen, pensent qu'on trombus, surlout avec inflammation des veines el des lymphatiques occssionnée par des mouvemens inconsidérés du bras, # pu très bien occationer lou les symprômes.

« Et lors même que , six mois après, ileût été b'en constaté (ce qui est loin de l'être) qu'il ÿ avait andvrisme , M, Thouret ne pousait-il pas, sans mauvais vogloir, ans ignorance, s'avoir pas reconnu un cas aussi obscur dlans son début ?

« La cocpression , dans ce cas de trumbns, avec inflarmemation ds veines et es Fsmphatiques , serait meurtrière ; ds résolutifs, les catapleuvs, sout les sculs mo ens à employer; st parmi ces moyens, soit dit un passant, Dogs n'en contaise,

leur, Toute la surface ainsi dénudée est aussitôt mouillée avec de la salive et cautérisée avec un crayon de nitrate d'argent que l'on promène doucement et sans peser pendant environ dix minutes; celle cautérisation est absolument indolore ; cela fait, on applique un morceau de taf-

fetas gommé. Vingt-quatre heures après on découvre le cor; on trouve une plaque noire dure, cornée, desséchée, quelquefois relevée sur les

bords et totalement insensible ; avec le bistouri on enlève par tranches

cette escarre endurcic, en continuant jusqu'à ce que La douleur avertisse

des'arrêter, et l’on renouvelle la cautérisation. Cette double opé-

ration est répétée tous les jours ; huit jours suffisent, terme moyen,

pour la guérison ordinaire; cependant il est arrivé à M. Dubroca, pour

obtenir une guérison parfaite, d'être vlligé de cautériser quatorze fois.

Mais il a guéri de cette manière dix cors qui n'ont pas repullulé depuis

six à huit ans.

Ea général on doit continuer jusqu’à ce que l'on ne ressente plus la peau dure et résistante; et si, en touchant avec attention, on sent encore quelque dureté profonde, il ne faut pas hésiter à cautériser,

Ce procédé, déjà mis en usage avec succès pour Les verrues qui naissent à la main, n'avait pas encore été appliqué, que nous sachions, aux cors aux pieds; on peut le recommander d'autant mieux qu'il est à peu près indolore et qu'il n'offre aucun inconvénient.

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