‹ Gazette médicale de ParisChapitre 384 sur 394 · DYSEMTÉMIE, = TRAITEMENT PAR LES OPIACÉS, — GUÉRISON · texte numérisé non relu

DYSEMTÉMIE, = TRAITEMENT PAR LES OPIACÉS, — GUÉRISON

Ons, — Privat, âgé de 27 ans, habitant Paris depuis dix jours seulement , fut pis. 48 heures après son arrivée dans cette capitale, de douleurs abdominales ns vives, D perdit l'appéut , se sentit de la fièvre, mais ne fit rien pour calmer «souffrances, Bientôt une diarrhée sbondante se déclara, et le malade s'apervar alors qu'il reuduit du sang mélangé à ses excrémens. Ses forces s'affaiblissant chaque jour, le malale sc décide à entrer à l'Hôtel-Dien, où il occupe Le n° 18 de ja salle Sainte-Madeleine. Evaminé à la visite , il préscate les symptôges suivans : Selles rontiouclles, consuituérs par un liquide rougeälre grovensnt d'un mélange esact du morus ivte-tinal et du sang; euiscon ardentc à la région anale; légire résctron febrile à la pean; ivappétence; soif médioc:e; langue rosée ct rougeur de ba face. (Prese. : Saignée de 8 onces.] |

Le lendemain de son admission, les nimes symptômes persistent saus chaleur félrie à Le peau. {Prce, : Pot on de 2 gouttes d'extrait thebaï jue.}

Suas l'influence des opiarés, dont on continue l'usage pendant quelques jours, la dysentérie cesse complétement ; où admiaistre alternativement su malade Fex-

| gommeux d'opiom en pilules, et le lsudsoum liquide de Roussesu à la dose

un regime plus substantiel ; les forces reviennent promptement , et le malade sort radicalement guéri après quelques joars de traitement.

Cette observation tend à prouver que, dans les dysentéries qui ne sont pas accompagnées d'un mouvement fébrile intense, les opiacés réussissent bien micux que les évacuations sanguines. C'est un fait d'expérience que M, Chomel à vérifié plusieurs fois, Mais si le flux sanguin existait avec coïncidence d'une fièvre vive et de douleurs abdominales fortes , les émissions sanguines deviendraient alors d'une utilité urgente. H n'est pas rare cependant de voir dans ce cas la dysentérie persister malgré cette médication anti-phlogistique. I convient de recourir alors . opiacés, et presque toujours on a lieu de s'applaudir de leur emoù.

4 Nous avons eu l'occasion de recueillir l'histoire d'une dysentérie sans fièvre qui résista à l'usage des préparations d'opium ; toutes les autres ressources thérapeutiques avaient échoué, il est vrai, eontre cette affection; les purgatifs même avaient été employés sans succès ; leur efficacité est pourtant incontestable dans quelques maladies de ce genre. Mais combien leur administration nécessite de réserve ! Employés sans discernement, ils peuvent déterminer les accidens les plus graves, tandis que dans des cas spéciaux ils produisent les plus heureux effets. Ces mêmes raisongemens sont applicables à l'usage des vomitifs. Des exempes nombreux prouvent qu'ils deviennent, dans des mains habiles à les manier, des moyens puissans pour lutter contre les hémorrhagies lintestinales, Dans l'état saburral des premières voies , où l'enduit épais et jaunätre de la langue, l'amerlame de la bouche, la teinte jaunâtre de la commissure des lèvres , l'inappétence et l'insensibilité de La région épigastrique dénotent l'existence d’un principe bilieux qui , comme le disait Stoil , surabonde dans l'économie , malgré l'existence d'un flux sanguin intestinal , les évacuans doivent être employés en première li-

ne; mai, je le répète , s'il existe des symptômes de phlogose patente , es saignées générales, les applications de sangsues à l'anus, les fonenj'ations émollientes, seront d'un extrême secours dans les hémorrhagies ‘intestinales.

ANTECTIOX CHOLÉRIFORME. — MONT.

Ons. — Au n° 35 de la salle Sante-Madelcine se tronve placé an malade , cocher de fiacre de sa prolession, Il rapporte à quatre jours l'invasion de sa malsdie. Après les fatigues de la journée , 11 se sealit gravement indisposé el s'alita, Les principaux symplômes qu'il éproavait alors étaient un abattement extrême des forces , des frissons vogues , une céphalalgie légère , des douteurs abdominales très-vives, une diarrhée dis plas abondantes ct quelques vomissemens. IL ne Gt rien poor remédier à ces premiers accidens, et le lendemain il entra à l'Hôtel- Dieu. Examiné à la visite, nous trouvons le malade dans l'état suivant : Physiomomie exprimant la douleur; teinte violicée de la peau; celle des mains surtout est ouverte de rides et comme parcheminée; elle conserve l'impression des doigts qui la pincent ; douleurs abdominales très-vives , priocipalemnt à la région hépatique ; selles diorrhéiques fréquentes, d'une odeur fétide et d'un aspect jaunâtre, On ne perçoit à bs preaton aucure sensation de gargouillement dans la cavité abdominale ; nausdes sans vomissemens; urines rares; pouls déprimé, misérable ; chaleur de la peau au-dessous de l'état normal; ongles violacés; respiration susquiricase ; abattement exteéine des forces, La veille, quoique la réaction |fébrile du côté de la peau fût peu intense , le chirurgien de garde arait prescrit l'apylication de 25 sangsues sur l'abdomen ; M, Chomel fa : mettre un large vésicaluire qui recouvre toute l'étendue dés parois abdumminal s,

Le l'ademaie , accroissement dans les symptômes ; teiate Lleuitre de la peau; sueurs froides ; pouls iperveptible ; agoni-; mort.

Nécnorste. L'estomac présente an a-pect mamelonné avec rougesr pointiflée au sonumet des bourgeons. La muqueuse intestinale est dan: l'etat normal, Rien de particulier dans les follicules isolés de l'intestin gr'le, Ua hiquide purukent assea abondant est épanché duns l'excavation pelsienne, La surface cxtérieurc des intestins est recouvurte de concrétions puriformes à demi organisies. Le péritoine est ramolli et sans rougeur ; on peut drpouiller l'intestin de cette sireuse avec La plus grande facilité. Le conduit intestinal a considérablement diminué de Icagueur ; les valvules conniventes présentent un développement remarquable,

Voilà un exemple de péritonite qui a muché avee une rapidité effrayante , et s'est terminée en quelques heures par la mort. L'ahattemeus subit et extrème des forces du malade, la petitesse du pouls, ka teinte vivlacée des ongles , les rides de la peau, qui ne cunserve pas sa chaleur normale, la rareté des urines, les doulcws aldominales, la fréquence des selles , etc., caractérisaient une affection cholérique formidable. Rien dans l'ensemble des symjtômes n'indiquait le role aetif que la phlogose du pértoine jouait dans la production de cette scène morbide, Cepeudant , si l'abdumen avait été percuté avec un soin eniputieux , peut-être aurait-où constaté la d’un liquide épanché dans la cavité de la séreuse , et l'on aurait acquis la conviction qu'elte n'était pas exempte de toute altération. N'oublions néanmoins qme la muqueuse de l'estomac a présenté les désordres Îles plus palpables. Elle était mamelonnée, suivant l'expression des anatomo-patbologistes ,

PE D gouttes On passe graduellement d'une alimentation d'abord légère à !let offrait un pointillé rougâtre à l’extrémité de ses bourgeons. Des o-

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sons albumineux nageaient au miliea du liquide jaunâtre épanché dans la cavité pelvienne ; et quoique le travail morbide qui avait présidé à leur formation fût encore récent, quelques-uns présentaient un commencement d'organisation manifeste.

Si dans cette observation les altérations organiques ont été en rapgort avec les désordres fonctionnels observés pendant la maladie , il s'en est pas toujours ainsi. Une affection locale peu grave en elle-même souve quelquefois nn retentissement dans l'organisme qui menace d'évindre la vie, tandis que les aitérations les plus profondes ne susciteont bien souvent qu'un léger trouble de fonctions. Cette vérité frappante st pourtant méconnue par les médecins localisateurs, dont la thérapeutique par cette raison est souvent vicieuse Nul doute que, dans l'examen des maladies, l'affection locale doive mériter une attention sérieuse; nais ce qu'il importe surtout de bien pasiqnd , c'est la manière; dont ‘organisme répondra à V'excitation qu'il aura reçue d'elle. Gette proposilion est susceptible de développemens que nous aborderons en temps opportun,

PÉRAITONITE INTENSE, — RMPLOT DEA ÉMISSIONS SANGUINES ET DES FRICTIONS MER- GURIELLES, = MONT, = PERFONATIOX DE LA FALYOLE ILÉD-CHECALE,

Ons, — Au n° 58 de la salle Sainte- Madeleine était couché un jeune homme âgé de 49 ans et doné d'onc constitution forte. Il y a quelques jours, il fut pris de douleurs shdominoles très-intenses , qui Le forcèrent à réclamer des soins à L'Hôtel-Dieu. Évamint le lendemain de son admission , voici les symptänses qu'il offrait : Face grippée exprimant La douleur : nausées fatigsntes; vomissemens atondans ; tension abklomioale très-forte; douleurs vins dans le ventre ; pouls fréquent, peu développé ; réponses pes . mass lentes; abattement Tatréme des forces et anxiété continuelle; le malade à eu de légers frissons dans la journée. {On prescrit des émissions qe

Le lendemain, la peau est froide , le pouls imperceptible; le malade reste continneNement couché sur le côté droit, Si on percute le ventre, il read un son mat, surtout dans La fosse ilisque droite , où la veille on pouvait percevoir la sonoréue ; douleur, abdominales ‘rès-vives; 1raits de la face profondément sliérés. (Preger. : À once d'onguent mercoril en frictions {bés) ; vésicatoires à la pariie 10< terne des cuisses ; de trois en trois heures, 4 grains de calomel; pendant quelque temps, applications de La glace sur be nt de,

Nonobstant l'actieité de cette thérapeutique, le; symptômes s'aggravent et le malade meurt,

Nécaoïsie, À l'outertare du ventre, où aperçoit une quantité considérable d'us hiquube blanchatre épanché dans la cavité ablominale, et des fausses membeanvs faciles à détacher recour rent les anses rotestinales du foie, La muqueuse de l'estomac n'offre rien de remarquable. Quelques portions de l'intestin grèle préseutent plis dé rougeur que dans l'état normal, La valvule iléo-cæcale , d'une couleur grisätre , est le siége d'une purforation à sa bise , résultant de La chute d'une escarre; en insufflant de l'asr dons cet pee mice ,1l Dh 24 avec bruit par éette perforation. Plusienrs points de La surlice esterue de la vulve sont frappés de mortifcation ; elle renfernse dans sa cavité vne concrétios poriforme forme par des matières sterroralés et du auras deswiché, Les plaques de Peyer oc ;resentent aucune altération manifeste, Le conduit intestinal a sensiblement din nuë de locgueor ; le pareuchyme du foie est rouge et ramalli.

Plusieurs remarques noportantes découlent de cette observation, Notez que la péritunite diagrostiquée, 1l est vrai, pendant la vie, offrait néanmoins gs chose d'insolite dans ses symptômes , et laissait des doutes sur la cofncidence d'une autre altération. Le frisson ne s'était pas montré lors de l'invasion de la maladie, mais seulement à une époque où elle inspirait des craintes par la gravité de ses symptômes, Le malade restait constamnent couché sur le côté droit, quoique ce décubitus soit tout-à-fait étranger aux phénomènes de l'inflammation du péritoine, La rareté des selles, la fréquence des vomissemens et la brus- 7 apparition des symptômes, pouvaient faire naître à l'esprit l'idée

e l'existence d'une occlusten des iatestins. Mais l'absence du ballonnement du ventre au-dessus du lieu suppusé de l'obstacle, rendait cette supposition bien conjecturale. Ce fut dans la crainte que quelque chose de semblable ne füt en partie cause de ces accidens morbides, que M. Chomel prescrivit la glace sur l'abdomen. Cette pratique, dans le cas de certaines occlusions intestinales , a été suivie du plus beurenx succès. Toutefois, la matité du ventre et la percussion décélaient la présence d’un fluide épanché dans cette cavité, et dès-lors on ne pouvait douter de la péritonite, L'état général de ce sujet contr'indiquait les évacuations sanguines, On eut recours à des frictions mercurielles; des vésicatoires furent placés auxcuisses, mais le tout sans résultat. La mort était trop imminente a pouvoir la prévenir. Le malade succomba. et la nécropsie devoila Les désordres matériels d'une péritonite , dont la cause se trouvait probablement liée à la perforation de la valvule iléocœcale. Quels symptômes pendant la vie “pouvaient faire soupçonner l'existence d’une semblable altération ? Plns nous avançons dans l'étude de la médecine, et plus nous sommes effrayés des difficultés qui accom- Jaguent la science du diagnostic.

A. Boven, D.-M.

TRAVAUX ACADÉMIQUES

Séance pu 15 néceunne.

PLDIE DE CRAPAURS."

M, Maudoyt, conservateur du cabinet d'histoire naturelle de Poitiers, écrit

d'il a vu deux exemples de ce fait, l'un le 23 juin 4809 , l'autre dans le mois d'août 1822. Cette seconde fois l'observateur en reçut plusieurs sur son chapeau, Les premiers étaicat à peine gros comme une noisette sanvage ; parmi les autres , il y en avait qui étaient g os comme des noix ; ils étaient tous fort agiles ; ils avant le ventre blsnchätre, le dos d'ua brun tirant sur le noir, l'iris jaune ; leurs pieds étaient demi-palmés.

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