‹ Gazette médicale de ParisChapitre 387 sur 394 · TRAITEMENT L'UNE PARALISIE DE DA LAXGUE PAR LE GALVANISME · texte numérisé non relu

TRAITEMENT L'UNE PARALISIE DE DA LAXGUE PAR LE GALVANISME

M. Fabré-Polopral lit une observation sur ce mode de traitement, L'homme qui voté soumis, Jules Rouls, âgé de 45 ans, après avoir été frappé d'apoplexie il } a 15 ans, resla parslysé de la portion des nerfs de la neuvième paire qui set l'articalation de la voix, et cette infirmité persista malgré les soins qui lus furent donnés soit chez lu, sout dans Les hôpitaux , par plusieurs médecias distingués, Roula était depuis neuf ans à l'hospice des Incurables , lorsqu'il vint consulter M. Palaprat, qui desespéra d'abord de le guérir, Cet homme, en effet, ne pouvait articuler, quoique faisant entendre les voyelles d'une manière assez recounaissble. Le 27 novembre dernier, M Palaprat commença le traitement en pratiquant Facupuncture à la vuque dans La direction de La base du cerveau, L'aiguille fut mise «a communication vec le pôle négatif d'une furte pile rollaique à courans inter= rompus à lide d'un chrosomètre: sur la langue où plaça une plaque de platine enveloppée de linge imbibé d'eau salée, cette plaque elant en commanication avec le pôle pontif de la prie,

LS malade fut frappé de commotions graduées qui bieatôt, dit M. Palaprat, furent assez fortes pour lui faire ressentie de vives éincelles , un goût métallique iaspportable, et de violentes contractions de la langue et de l'estomac. Enfin les cnmotons furent portées au point d'exciter kes contractions de l'estomac et des muscles qui servent au vomissement, C'est alors, poursuit l’auteur du mémoire , que Le muet, poussant un cri inusité, se jeta lou de Fappareil en articulant d'une manière assez dislinete : Je parle, merci, ML Le médecin ; je parle, merci. Il putsur-lechamp À armes plusieurs phrases qu'on Jui Gt répéter. Du reste , Les mots sarpre sa Louche précipilinunent el comme jetes ; de plus, il m'acticalai pi le

ni l'r.

d Le traitement, continué pendant cinq autres séances, rendit pos-ible l'articula. ton de ces deux letters, Cependant il Gllut que le malade s'oceupit de nouveau de l'edacauion des organes vocaux, et sous la direction d'un maitre qui le tiut sans cesse en garde contre la préc gatation avec laquelle il jette ses mots qui, encorc anjourd'hui, sont souvent, vers La fin des phrases, assez embrouillés,

Liodividu qui fan le suet de cette observation était présent à la séance , et 5 répété planeur phrases d'une manière très-imtelhig ble, mais qui teslait touyours à devenir confuse, BL était evident d'ailleurs que cet homme avait encore une diflculié notable à parler.

ACADÉMIE DE MÉDECINE

Séarce pe 25 pécrewcne.— Présidence de M. Bouluy.

L'ordre du jour est l'élection des membres du boreau pour 1435. On procède d'sbord à l'élection du président. |

ya 76 membres inscrits, 75 bulletins déposés dans l'arne, Majorité, 35, M. Lusfrane a obtenu 65 suffrages ; M. Duménil, 2; M. Lonser-Willermay, 2; voix perdues, 8. M. Lifranc tst proclamé president de l'Académie.

Pour l'élection du vice-président , le nombre des votans est de 76; majorité, 3%. M. Louyer-Wilermay a obtenu 47 voix, M. Dumwril, 7 ; M. Curnac, 5 ; M, Hussou, 4 M. Guéneau de Mussy, 5. Vois perdues, 10. M. Louyer-Willermay est proclamé vice-président,

Un à la nomination du secrétire. Sur 76 votans, M, Renauldis , ayant oMenu 72 suffrages, esi continué dans ses fonctions de secrétaire pour 1835.

Le trulin pour ls nowigatioe du trésorier doune 78 votans. M. Mérat a ob-

M. Cornac a obtenu 22 voix; en conséquence il est proclamé membre du bureau.

M. Amussat montre une jambe qu'il a amputée il y a trois jours, pour rause de gangrioe de cause interne et douteuse, sur une femme de 40 s05. Nous publierons celte olservation lorsqu'elle sera complète,

M. Benoil, chirurgien de l'hôpital de Versailles, lit une aberration de gangrène sénile, avec momification de la jambe. Li pièce pathologique est également mise sous les seux de l'Académie,

BL. Vilpeau présente un jeune homme qui porte dans la fosse temporale gauche une tumeur à pulsations artérielles manifestes, datant d'un an seulement, qui a déjà repousié en dehors, d'une manière sensible, l'arcade sygomatique. En la comprimaut quelques ivstans, on la refuule sous celte arcade. La compression de l'artère jtemporale est de sul effet ; celle du tronc csrotidien interrompt les hattemens de la tumeur, Elle parait siéger sous Le musele temporal ; on n'y entend d'ailleurs aucan bruit de soullle, Est-ce un snévrisme, un fongas de la dure mère, au use 1wmeut érectile ? M, Velpeau resté dans le doute.

La séance est levée à 5 heures.

CORRESPONDANCE MÉDICALE

Æ RECUEILLIES DANS LA PRATIQUE DE M. LIS- Franc; par M. Pauz, interne à la Pitié.

A part le service des hôpitaux, ouverts à tout le monde, et qui offreat aux jouraaux de médecine une abondante moisson pour leurs revues, il est une autre source d'instruction moins explorée, parce qu'elle n'est accessible qu'à peu de personnes : je veux parler de la pratique particulière des Era maîtres de l'art, où se rencontrent souvent des cas plus remarquables que dans les cliniques, On Le conçoit facilement , Isi l'on songe que les affections les plus graves se donnent rendez-vous ,

}jpour ainsi dire, de toutes les parties de la France , aux consultations particulières de M, Dupuytren , de M. Lisfranc , tandis que l'Hôtel- [| Dieu et la Pitié ne sont guère alimentés que par la population parisienne. APeut-être trouverez-vous donc un grand intérêt aux observations que j'extrairai, pour la Gazerre méoicaue , de la pratique particulière de M, Lisfranc. Des deux faits qui suivent, l'un est, à ma connaissance , la premitre application faite en France d’un procéde peu connu de M. DicÜeobach, que tous nos auteurs de médecine opératoire ont passé sous silence, à l'exception de M. Malgnigne ; le second à été recueilli à la Pitié ,et il n'est pas moins remarquable en ce que c'est le premier cas de ce genre qu'aient rencontré M. Lisfranc et M. Dieffenbach , et que je n'ai pu en trouver d'analogues dans les auteurs. NENVIRSEMENT DE LA PAUPIÈRE INFÉRIEURE DU CÔTÉ DROIT , ODÉTE

par M. Lisfranc, d'après le procédé de M. Dieffenbach.

Ous. L — Mile Mi. , âgée de 49 ans, était affectée d'un renversement de b paugnère inférieure du côte droit, causé par une beülure qu'elle avait éprouvée à l'âge de 17 ans.

A l'union du tiers interne avec le tiers mayen de +00 bord libre, en dehors du point laveymal, la paupière, dans l'étendue de quatre Lenes euriron, offrait ua renversement en forme de gouttière, qui se terminait inferieurement par u9 angle à trois lignes au-dessous du r:bord de la paupière dans l'état normal. De cet angle parta Lune bride formée par une mcatrice , ct venamt se Üxer perpendiculsirement au-dessous du rebord arbitaire correspondant, Par suite de cette disposition 12 cunjonctive palpébeale dans le lieu du renversement, constituait en quelque sorte la fee antérieure de La paupière, ct dans cet endroit le globe oculaire n'était pas recouvect par l'abaissement de la paupère supérieure.

Quand M. Lisfranc fut appelé danses premiers jours de septembre , les larmes s'écoulsat constamment par ce point le plus déchire, avait porté l'irritation jusque sur la partie superieure de la joue. Soit par le passage des larme:, soit par le contact continarl de l'air, lacomjoaclive ocula re était enflamanée, et la muqueuse du renversement criblée de prütes uleérations reposait sur des tissus € és, Quelques élancemens assez vifs s'y faissicnt sentir. La vue du euste était beaucouy: moins claire que du côté sain, fUve opération était indispensable pour faire remanter Le bord libre de la panpis re ,onais avant d'y pu r, M. Lisfr oc, à l'aide de cataplasmes et de quelques «au térisations Gt disparaitre les pus vleérations dont nous avons parlé, et dissipa l'inflammarion au point que l'engorgement était à peine sensible.

Le {5 septembee l'opération fut pratiquée de la manière suivante : la paupière. étant Bxée, M. Lisfranc fait de droite à geuche et parallelement su re inférieur de l'orbite une incision courbe occupant en étendue les deux tiers moyens de la panprère. Cette s ction faite à la hauteur de l'angle inférieur du renvrersement n'intéresse que l'épaisseuc de 13 peau. Un aide saisissant alors la lèvre supérieure de l'incision avec de ee pinces à crochets, M. Lisfranc disséque la peau inférienrement en forme de bourse; arrivé au miveau du rebord orbitaire il perce le re-te des tissus ainsi que Lu muqueuse, en évitant de blesser le globe oculaire £t agranitit

son onverlure de trois lignes transversalement, immédistemeol au-dessous du renversement. À l'aile de petites pinces il attire entre les lèvres de La plaie faite à la peau le bord supérieur de la conjenctire qu'il vient de couper, et l'y maintient per un point de suture au bord inférieur,

Cette dernière manœurre, en élevant le Irmbeau de la paupière, fait renverser va dedons, du côté du globe oculaire , la partie de la muqueuse renversée en dehors.

Ua linge troué enduit de eérat, de la charpicfmaintenue par un monocle , constituent le pansement. {Diète légère kes deux premiers jours, pédiluves soir et matin.)

A l'exception d'une légère pesanteur de La tte be lendemain de F'opération , la malade n'a pas éprouvé le moindre accident. Un gonflemeat inflammatoire survenu les premiers jours a cédé à l'application de cataplssmes.

Tout le reste du traitement a conuslé en pansements simples et — cantérisations. De petites ulcérations survenues sur la conjanctire malade, vers le hord libre de la paupière, se sont dissipées en quelques jours. Un bandage agglat instif en forme de croissant, à maintenu la paupière inférieure élevée le plu+ possible , pendant le temps que la cicatrice à mus à se faire, Au bont de sept semaines , la guérison ne laissait rien à déirer. La perte de substance étant réparée , les larnies suivaient leur ceurs naturel, Je point lacrymal n'ayant pas été intéressé, Le globe ovtilaire était parfaitemeot bien recouvert par la réunion des paupières.

La nouvelle cicatrire , en se rétrécissant avec le temps, ne saurait ramener le renversement : car l'élévation qn'avait subi le lambeau supérieur dopue, mime 2 la paupière plas d'étendue de haut en bas qu'elle ne doit en avoir; en sorte

au-dessous ilexiste on léger pli transversal de La peau, qui facilitera la rétraction de la cicatrice et obviera ainsi aux désardres qu'elle pourrait ramener.

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