‹ Gazette médicale de ParisChapitre 51 sur 394 · DISCUSSION · texte numérisé non relu

DISCUSSION

M. Moneau, Les deux atsertions de M. Sslmode sont celles-ci : 4° la vacciné préserve toujours ; 2° elle ne prend jamais une seconde fois. Or, elles sont toutes

deux mal fondées en fait. Ilest certain que des enfans vaccinés o0t eu la variole, Ces faits sont rares à la vérité et la vorinle offre alors généralement peu de gravité; mais il m'est pas de membres de cette Académie qui n'en sient Connaissance. 1 est certain ensu te que La vacrine peut prendre une seconde fous , et il résulte de mes expériences que ce fait est aussi lrès-sore; mais qu lent aussi commun de voie prendre la vaccine chez des individus vaccinés que sur des inoculés , et méme chez les sujets qui ont eu la petite-vérole. Je suis bien d'avis qu'on peut se dispenser de In revaceination ; mais quand les familles le désirent , je ne vois pas de motif pour La refuser. Lou ues rumeurs. ) J'entends nier que La vaccine ait pris une seconde fuis; eh bien: tout récenumeut } ai revacciné une dame et es cinq eufans , qui atawnt été vaccinés par moi : li mère à eu sx boutons, deux des eufsns ont eu de vrais boulons de vaccin; Les trois autres n'eurent que de faux boutons.

M. Sacuane, Avez-vous vacciné avec le vaccin prorenu de cette seconde vac. cine ?

M. Moneau. Non ; c'est la seule épreuve que j'aie oublié de faire. ( Plusieurs voix -: Ab!

M. Fe, C'est qu'on prend quelquefois trop à la légère des éruptions dif. freotes poar la vaccine ou la variole. Je peux citer ici une dime que j'ai vaccinée ily a vingt ans. Tout récemment, elle à eu une éruplion simulant parfaitement la variole conflucnte, Eh bien ! les boutons étaient secs au dixième jour, M, Jadelat , qi peut faire autorité, est du méme avis que moi, En us mot, favoriser La revaccination , c'est vouloir anéautie La vuccine, À Voix nombreuses : Qui ! oui! appuyé! ) | .

. Morçaë, Je sais que quelquefois on à pu prendre le varicèle peutr la variole ; mais quand vous citernes dix m'Île faits négatifs . quelle valeur ont-ils contre un seul fait positif? On vient de citer M, Jaelot ; eh bien . deux de ses enfans, vaccinés par lui, ont eu à fäet à 20 ans ln variole ; etsi l'on dit que M. Jadelot s'est trompé, à qui en pareil cas ajouiera-t-on foi? |

M. Bouicauv. Personne ici n'atlaque la saccine ; mais on à cité des faits peu combreux qui attestaient qu'elle n'était poiat toujours efMicace ; fallait-il les passer sous silence ? J'ai rapporté moi-même dans une discussion toute révente des cas de varioles survenant a la vacuine , et toutes avaient été bénignes ; depuis j'ai cu connaissance de quelques eas où la maladie a été mortelle, Je citerai entre autres un étudisut en médecine, parfaitement vacciné , qui a eu ane variole confueute et qui y a succombé. Il y a aussi des faits de revaccinatun faite avec suc. cès; il ne manque à leur constatation qu'une scule épreuve ; celle de la vaccination avec be vaccin ain obtenu. Au Leu donc de nier ou de taire de semblables faits , je demande 2 coamnis-ion soit nommée pour s'en occuper et en faire un rapport à l'Académie. ei | |

M. Sasmaor. Et quand des individus auraient eu Ja variole après la vaccine; n'y en ail pas qui ont eu deux fais la variole même ? Je cherai, par exemple, le président d'Héricourt, Qu'est-ce que cela prouve contre L'éflicacité de la vaccine?

M. Fennes est de l'avis de M. Salmade; il ne fout pas aceroitre l'inquiétude de la population. Mais aussi il fout reconnaitre qe celle inquiétude existe . et qu'elle a sa source dans quelques faits rares à la vérité , mais inconlestables. En décembre dernier , j'ai vu, dit-il un étwdisnt de Besn;on , Qui avait été trés-hien vaocine; il bus en restait sur le bras trois cicalrives très-évidentes, profondes, gaulfrées, Après quatre jours de prodromes anponçant une éruplion , ce jeune homme a eu ane variole manifeste, qui a parcouru uns ses périodes, s'est jurfaitement développée , et lui a laissé des cicatrices varioliques à la figure,

M. Pronar. J'ai quelques réflexions à émettre relativement à la variole et àla tarioloïde, aussi bien qu'à Le vaceine et à la vaccin ile, Oh ! oh ! — Humeurs prolengées.} Ce n'est p+s sans intention que ce mot m'est échappé et je Je maintiens, On a essayé d'étahlir des différences entre les deux premières affections , et après avoir bivo cherché, on n'a trouvé enûn que leur différence de durée. de ne crois pas que la durée variable d'une maladie, offrant d'ailleurs les mêmes symptômes, suflse pour en faire deux affectious différentes. Aussi plusieurs pathologistes persistent à les confondre , et M. Alibert appelle la varsoloide, une vnriole mitigée. On sail d'ailleurs que La varioloide communique très-bien la variobe.

En suivant ce raisonnement, je ne pense pes qu'un bouton de vaccine qui ne dure que huit jours diffece essentiellement d'un autre bouton qui en durers 40 au 44. Je puis citer nn cas tout récent dans lequel j'ai vu li vaccioe durer douze jours , à partir de l'insertion du vaccin; et 8 à % jours à partir de l'apparition du bouton, Dans an autre cas, c'est la varioie qui m'a offert cetie différence dans la durée qu'on lui assigne d'ordinaire. | |

Paiaciter un fait noù moins intéressant, J'ai cu tout récemment à l'Hôtel Da deux varioloides qui n'oat duré chacune que quelques jours seulement, Un élève qui a communiqué avec ces deux sujets, c& qui n'a vu aucun autre variolé, a été pre d'une variole intense, Attendez! 1 y a trois jours, an individu entec dans la même salle puur une scarlasine ; on de ecouclie dans le lit que vennit de

nter l'une de ces varioloides; anjourd'hmi, «t malgré l'éruptios scarlatineuse , l'individu porte des boutons variohformes, Aura-t4l la variole ou la varioloide ? Je n'en sais rien et n'en puis rien dire jusqu'a présent. | |

En résamé, je crois que dans la majorité des cas La vaccine préserve de la variole , et que dans les sutres, «lle sert an moins à La tuitiger.

M. Couumrau. J'ai vu la voriole revenir après fa vaccine et après une première

variole mème ; et je supgose qne la vaccine n'est pas plas puissente que la va, riole pour préserver d'une réculive, : Fa M. Coamac. D'après mon expérience, ves varioles consécutives sont estrme

ment rares, Je ne bläme point la revaccination en elle-même: mais j'y vois un

grand danger moral. On est incertain aujourd bu du temps après lequel il faut re. vacciner; mais où dit déja, aprés {0 où {2 ans: bientôt on rapprochers ce terre; et enfin on en viendra à revaconet plusicors fois par an. Volt ce qu'il faut prévenir; et c'est sons ce ravport quéj appuie la proposition de M. Salmade.

M. Carcaux. Je partage les doutes de W. Moresu. En 1825 j'ai été concalté avec M, Husson pour une demoiselle affectée de variobe très-confluente sur la 6gure et sur les membres ; ba poitrine et le bas-ventre emétaient exempls. Elle succomba, Elle était rourtisée / Ob! ob! On rit.) par un professeur d'éloquence : celoi-ci prit La petite-véroke et suceomba également, Or, il avait été vacciné , et bien vacciné eu même leps que ses frères, lesquels u'attrapèrent rien.

d'entre elles. 3 ‘as de succès, D'ailleurs les cicatrices vaccinales antéricores étaient manifestes et

d'ailleurs

leus valvules, ct rons nomènes observés et de

Je crois donc à une sorte de wuccinoëde. I y à un mois j'ai vacciné à cinq i-

qûres un cafant de six semaines, Dès le second jour les boutons ont paru, ee \qui m'a laissé renfermant de la sanie, qui se desséchèrent cr ms jours après, Au bout de huit ‘jours j'ai voulu le revaceiner ; j'ai fait mg piq

lont pris et ont suivi une marche régulière.

ques dontes sur La vacrine, et je le répète , j'admets une waccénoïde.

elque donte; en effet ils se sont formés en pustules arrondies

res à chaque bras; les boutons e ne peux donc me défendre de quet-

M. Dewrox. On a vu la variole survenir chez des inoculés ; si ces cas semblent rares, c'est que la masse des individus inoculés est bien peu de chose près de celle des vaccinés, Au reste on à vu sussi de secondes varioles succéder id première. Il y a donc lieu de croire que certains individus ont une prédispasition à avoir

deux fois la variole et méux davantage ; et je me sais si la revaccination même sufbrait pour vaincre celte prédisposition.

M. Bousquer, Cette année j'ai revacciné quinze personnes ; j'ai réussi sur deux alors toutes mes tentatives ne m'araient donné qu'un seul

ne pouraient lasser Le plus léger doute, J'ai oublié d'essayer les propriétés du vaccin ainsi obienu, Récemment j'ai fenté un essai de ce genre , c'est-à-dire que

j'ai vacciné avec le vaccin provenn d'une seconde vavcine; il à réussi, mais je

dois dire que le sujet vacciné u’offrait que des cicatrives douteuses , et ne pouvait assurer s'il avait été ou non vacciné une première fois, Ceci est donc à recommencér.

Toutefois , comment se fait-il qu'ayant presque constamment échoué antérieurement, j'aie déjà obtenu deux réussites de vaccination cette année ? Je crois, Messieurs, à l'influence des constitulions médicales, La constitution de cette année me parait porter aux éruptions cutanées ; c'est cela peut-être qui favorise les sac cinations,

On à demandé si ces secondes vaccines ne prouvaient pas nne disposition persistante de la variole, Mon avis est que cela ne prouve rien du tout. Jenner citsit déjà des cas de doubles varioles; ainsi il rapporte qu'un enfant varioleux appuyant sa joue sur celle de sa mère qui avait eu la pelite vérole, il sarvint en ve point une éruption variolique ; toute locale à la vérité , mais qui n'en était pus moins vraie et réelle , car du pus pris de ces boutons communiqua la variole. M. Husson a cité un fait presque tout semblable daus ke grand Dictionnaire des sciences médicales.

M. Manc. J'en ai rapporté un autre dans une des déruières séances,

M. le président rappelle La proposition faité par M. Bouillaud de nommer une

commission, On répond que cela appartient à la commission de vaccise, M. Bouil- Land retire donc sa proposition, mais eu priant la commission de vaccine de s'ocjs "à de ce sujet.

. Girardin, secrétaire de la commission de vaccine, angonce qu'elle s'en est

sérieusement occupée; elle transmettra à l'Académie Le résultat de ses recherches dans an prochain rapport.

EXPÉRIENCE SUR L'INJECTION DE MATIÈRE CÉRÉBRALE DANS LES VEINES DU cuevas; par M. Dorur.

M. Dorux donne lecture d'un mémoire contenant des expériences faites avec

le plus grand soin , ét qui consistent à injecter daus les veines d'un cheval de La matière cérébrale, F délaie la matière cérébrale dans de l'eau distilée , passe l'ernlsion à travers un linge, et c'est ce liquide qu'il injecte,

Dans sa première expérience, il injecta dans la veine jugulaire d'un viens cheyal ien porlant, 8 centilitres de matière cérébrale sains délayée, Peu de minutes après les veux étaient proéminens, les paupières redresiées, les narines

arrondies , la face fortement plissée , la lèvre inférieure tombante , la respiration

vmbarrassée , de pouls accéléré. L'animal avait une marche iocertaine ; bicotôt il né put plus se tenir debout ; les muscles du train postérieur semblaient paralysés: il tombe, Un peu plus tard if montra de l'agitation , des convulsions survinrent de douse en douze minutes, Cet état dura deux heures. Alors reparat ‘un veu de calme ; l'animal se releva et put faire quelques pas. On le ramena à l'écurie; 1 offrit Les symptômes du vertige des chevaux. Le lendemain il tombs de fatigue; les convulsions le reprirent , et il succomba, À l'autopsie on trouva le tissu cellulaire injecté de sang, couleur be de vin; les muscles ratwollis ; le sang contenu dans les veines était d'un nor foncé et comme charbonné ; la rate également ramollie; le foie et les reins devenus frisbles et aisés à écraser entre tes doigts, Les poumons étaicut gorgés de sang comme dans l'apoplevie ; le péricarde contenait dé la sérosité rouge; le cerveau offrait moins de consistance qne de coutume. Mais ce qui ést surtout digne d'attention, c'est que, dans les cavités du cœur, Le sang s'était coagulé autour des valvules auriculo-ventriculaires ouxque) les les caillots sdhéraient fortement,

La même expérience fut répétée sur un autre cheval ; elle produisit les mêmes résultats, si ce n'est que La mort fut plus rapide.

On essaya d'injecter dans la seine jugulaire d'un troisième cheval 15 centilitres de lait de vache, Presque aussitôt après l'animal se couche, le pouls de 36 pulsstons monta à 72 ; puis l'animal se releva, et sept heures après il eangen et but à l'o dinsire, Lorsqu'il fut bien rétabli, on lui Gt une injection de substance cerébrake ; il suceomba comme les deux précédens.

Où voit que ces injections ont produit les mêmes phénomènes qu'on obtient par es injections de sublimé corrosif. À quoi attribuer ces sympiümes e1 La mort qui les à suivis? À la matière cérébrale mème agissant comme poison ? On sait, d'après l'analyse de Vanquelin , les substances qu'elle coutient, et ce n'est point à la trés-petite quantité de phosphore ni à aucun des sels que la chimie + à trouves, que de tels résultats peuvent être atinbaés, M. Magenlie donne une autre explication ; il pense que , quand on injecte dans les veines d'un animal du sang une fais sorti de la veine , La mort est due à l'oblitération des +aisseaux pulmonatres, Nons ne saunons, su moins pour les expériences dont il est question , adopter ce sentiment , et la mort nous parait ici visiblement due à la coagulation du sang autour des valvules aurieulo-ventriculaires ; les caillots entravant l'action de mnent celle de cour, rendent raison de tous les phémort arrivée à La suite,

On prut tirer de ce fait des conséquences pratiques d'une hante importance ; it

est en effet quelques maladies du cheval qui coagulent le sang et amènent la mort de la même manière. Ce sera le sujet d'un autre mémoire.

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