MÉDECINE MENTALE
OBSERVATIONS SUR LES HALLUCINATIONS DE L'OUÏE, par M. Leuner.
Les ballucinations constituent l'un des phénomènes les plus curieux de la psychologie des alienés ;elles ont pris place dans l'histoire de l'esprit humain , non pas comme fait exceptionnel et maladif, mais comme principe de croyance , révélation d'en haut ou suggestion diabolique.
#euilleton.
VISITE A L'ÉTABLISSEMENT GYMNASTICO-ORTHOPÉDIQUE DU DOCTEUR FRAVAr.
it da soin extréme avec lequel ils
Plus on étadie les anciens, et plus on s'a Lens de l'éduestion mrtonele.
cultivaient les exercices du corps ; ils en faisaient la ba Aussi la gymnastique était-elle parsenue chez eux à an incroyable de perfection. On est même surpris d'a de voir les mêmes honneurs décernés à des athlètescélèbres, qu'à de grands philosophes on magistrats. La méme couronne arnait sonvent le front d'un lutteur ignorant ou d'un illustre poète. Cependant la nature, la forme , le génie des gourernemens chez les anciens , expliquent très-bien leur ardeur pour les exercices du corps. Quiconque , en Grèce , était habile dans La peatathlion ou les cinq joutes, décrites dans ce vers Latin traduit de Simoniie ,
Saltus, dun diseus, dum lucta, et jacula, cursus ,
tait souvent aux premières places de la répu-
faisait uve réputation qui le rs 2 Won dela Palestre où du Champ-de-Mars préparaient ceux du
b'ique. Les triomplhes
vagalions ; c’est à elles surtout que l'on doit les voyans ou prophètes , beaucoup de saints, de martyrs et de sorciers, Après avoir présidé à La fondation de la plupart des ordres religieux , elles ont rendu matérialistes une foule de chrétiens, parmi lesquels se distinguaient ces moines de l'Egypte qui, pendant Les premiers siècles , vinrent à Alexandrie dans l'intention de punir comme sacrilége l'évêque Théophile, parce que cet évêque annonçait, d'après Origènes, que Dieu est un esprit qui n’a aucusement la figure d'un homme ou d’un moine. Plus tard , elles donnaïent à Luther de très-forts argumens contre la religion chrétienne , en faisant voir, entendre et sentir à ce réformateur, un Sable théologien qui ne le quittait guère, qui a mangé avec lui plus d'un boisseau de sel, et qui couchait dans son lit sæpéius et proprius que son éponse Catherine. Il n'y a ge bien long-temps encore que nous avons eu l'analogue de cela : sous le règne de Louis XVIII, un paysan des environs de Chartres fut amené à ce roi pour l'entretenir , au nom de l'ange Raphaël , sur La conduite à tenir dans le gouvernement de la France. Il ne s'agissait rien moins , d'après l'ange Raphaël , que de châtier les Français comme on châtie les enfans indociles ; et des évêques, des ministres , voire même des médecins , ne doutaient pas que la mission ne vint d'en haut, On voyait ces messieurs accumuler les preuves pour démontrer qu'il ÿ avait identité entre l'envoyé de Raphaël et les prophètes qui sont le plus en crédit, et sur ce point leur démonstration était complète. Ce qu'ils oubliaient de démontrer , c'était la mission des prophètes en crédit.
Voici quelques histoires d’hallucinations qui se rapportent à l'ouïe ; les oreilles ne sont pas nécessaires pour entendre de cette manière-là.
Ons, 1. — Un jour que j'entrais dans la division des aliénées de la Salpêtrière , ie fus abordé par une mob que je n'y avais pas encore vue. Elle avait l'air doux et craintif ; elle me regardait comme en tremblant et ne parlait pas, Sa mise était simple et décente , et je jugeai qu'elle pouvait avoir une quarantasne d'années, Je m'arrétai près d'elle ; elle coatinus à me regarder. Bientôt je vis sa figure prenüre; successivement l'expression de l'inquiétude, de la frayeur ; puis elle restait calme
Forum ou de l'Ægora. Ces exercices avaient en effet un triple but , la grâce , la vigueur du corps et la force de l'ame. Cor, dit Montaigne, ce n'était le corps
‘on voulait former, ce n'était pas l'esprit, c'etait on homme. Galien défrat l'exercice: matus vehemens, anhelitum alterans , c'est-à-dire qu'il y follait une grande farce d'haleine ; et 1] remarque que cette force d'haleine coincide presque toujours avec une grande force d'ame, Or, je demande ce qu'un pauvre boss pouvait prétendre avec de telles idées, de tels hommes et de pareilles institutions
temps modernes, et surtout à notre époque , on a senti tous les avantages de La gymnastique ; elle est remise en honneur parmi nous, Mais comme notre ciel aébuleux, ainsi que nos mœurs, ne comportaient pas les mêmes avanlages que dans la Grèce , on a senti la nécessité de modifier cerlains exercices du corps. Bien plus, notre climat, notre civilisslion ayant inûué d'une manière fâcheuse sur la population, il a falle même inventer une autre espèce de gymuastique à peu près inconnue aux ancicns, celle de combattre les difformités de la taille, La calfipedie où l'art de faire de beaux enfans, si bien chantée par l'abbé Quillet, est tombée en désuétude : le mariage est aujourd'hui une simple affaire de négoce ; on n'épouse que la dot. La Mfégalanthropogeénésie, ou l'art de procréer les enfans d'esprit, n'a pat réussi : serait-ce par faute d'un bon choix d'étalons? je nesais ; mais l'or die, où l'art de corriger certains vicrs de conformation des membres et des surfaces articulaires , a eu beaucoup plus de succès. On cessera de s'en étaurer en examinant la lation de nos grandes villes, Vit-on jamais . en effet, population plus étiolée , plus chétive , plus rabougrie , plus rachitique ? Le mor.l même, nouvelle preuve que les ancivos disaient vrai, le moral, dis-je , est quelquefois aussi difforme que ke corps ; et ce moral, qu'on ne pent redresser,
on aurait dit qu'elle écontait | et hientôt Les mov emens de ses traits indiquaient de nouveau l'agitation de sun esprit. Je fs une centaine de pas, sans mot dire, sans paraitre fixer mon attention sur elle; elle me suit ct continua $a pantomime, Je m'arrèlai encore et je la Gxai attentivement, en ayant soin de rendre ma Ggure 1m mobile et sans y laisser sprrcrvoir mme de la curiosité, Elle ne discontiqus pas sa conversation silencieuse; car je vis bien qu'elle conversait avec mm, ct quoique mo impasalnlité fit axrssi Dune que possible, elle entendait des objections, reproches auxquels elle s'empressait de répondre. Nous étinns ainsi, depuis près d'une demi-heure, à nous entre-regatder, lorsqu'elle murmura quelques mots que ne compris pas Je lui grésentai mon cahier, sur lequel elle écrivit ce qui sut : ;
» Clémence, smente à La Satyfisière, ignorante de tout ce qui s'est passé ici ; car je n'ai point mérité une parville pénitenre pour avoir mérité #1 peu de bonheur, Je jure que je n'ai jemais vole ni pillé personne ; que je n'ai emprunté à personne loni ve qui est dans ma chambre, des bijoux, des gobelets 4 argebt ; que je n'ai jamais mis à Ja loterie ; que je suis venue avec coufance, et j'irai partoat avec honneur ; que j'ai vu be moulin tourner. »
Puis elle me rendit mon cahier, et coutinua comme devant Enfin. elle me dit: n Mais, monsirer, pourquoi ne me parlkz-vous pas tout haut ?... j'ignore... rien du tout, monsieur, quand on dit rien. Jamais je n'ai été dans un mauvais Lieu... Je ne sais pas ce que vous voulez encore me dire. Si on m'a endormi de physique , je ne sais pas ce que c'est. J'ai passé des nuits doubles... Non, monsieur ; ah non! jamais je ne lui ai été infidèle. Si monsieur voulait me répondre, »
— Quelle différence trouvez-vous dans mes réponses ; suivant que je rem les lèvres ou que je ne Les rene pas ? |
— Je trouve que vous vous exprimez franchement , et je préfère entendre parler. J'entends votre pensée et je ne sais pourquoi... Non, monsieur, je n’ai jamais trempé mes mains dans le sang; jamais Je n'ai assassiné... mi, monsieur, je l'aime encore,
— Comment se Grit-5l que vous entendiez mes pensées ? ,
— je crois que c'est par la physique que j'entends parler. Quand même il ny a personne , j'entends parler. |
— Ne vous dit-on jamais que des choses tristes ? |
— Jamais je n'enteuds de choses agrésbles… Vous verrez si ma conduite ne sera pas toujours la même,
— Depuis quand êtes-vous mariée?
— Je ne pourrais pas vous Le dire au juste. | |
— Vous rappelez-vous le mois, le jour; si c'était en hiver ou en été?
— Non, monsieur ; j'ai oublié cela par le travail 2 l'on à fait sur moi, par les brins et le jeûne. Je crois être enceinte. J'ai peut-être des serpens ; mais men mari n'est pas un serpent, Je me suis sentie enlevée, Le roi de France est venu. J'ai fait une couronne et j'ai dit : Sa j'ai mérité ane couronne d'épines, je veux bien la porter. Je ne sais comment je suis revenue sur terre : il me semblait que dessous moi tout s'enfunçait.
Nons en étions là, lorsqu'une autre malade viot interrompre notre entreten.
Il y a dans les discours de Clémence bien des choses, et dignes de la plus grande attention. Clénence est folle, sans contredit, mais comment est-elle folle ? .
Ses idées ont peu de suite, sa mémoire est affaiblie, son attention est viciée : délire de l'intelligence. Une frayeur eontinuelle la possède : délire de la volonté. Elle entend mes pensées et j'entends les siennes. Ne disons pas : elle sc figure 2 entend, ce serait parler moins pe reusement qu'elle ne parle elle-même. Si je veux me figurer un objet, comme un arbre , une maison , je cherche dans ma mémoire l'ima d'un arbre ou d'une maison que j'aurai vus autrefois. Cette action de chercher est proprement ce qu'on appelle se figurer. Mais de même que ma volonté a réuni les objets Ggurés à ma pensée , de mème elle
veut les détruire en ne laissant eu moi que le souvenir d'une image. t si quelqu'un venait ie dire : ces objets vous ne les avez pas vus , assurément , lui répliquerais-je, et je ne me ferais pas emprisonner ou
oo rm sruène pour résultat wo cabanon à Bicétre où un Bt de pierre à la Morgue. Le Pa-|!maticien , profond anatomiste et physiologiste , il a fait une étude toute particuet d'air, de soleil et de || lière de l'action musculaire, et il en a tiré des conséquences qu la
risien autochtone, qui en général aa jamais ane large | lumière, est celui qui éprouve le plus souvent la délétère influence de cette priration. Aussi est-ce dons la capitale que les établissemens gymnastiques et orthoédiques se sont le plus malugliés, Cependant , par une singularité qui frappe observateur , beaticoup de ces établisseemcns n'ont pas prosgéré : à quoi cela dentsil ? Selon moi, à pluscurs causes diverses. D'abord la mode, ses erprices, son engouement , ses dédains. Vous favorise-t-clle, ke plus petit succès jeté dans La vaste orcille béante d'un certain public, se transforme aussitôt en prodiges, en miracles ; mais le vent de Es mode a-t1l tourné, rien ne peut ramener l'attention publique sur les objets méme les plus importans, Le portc-voix de 1 presse , ordinairement si retentissant, n'y fait pas grand chose. Ajoutons ensuite la concur. rence, la pléthore mdustrieile, cette maladie de notre temps. Où l'un creuse un sillon. d'autres font une ornière , #5 Wrainent et succombent, Puis sont renns ces Lrasseurs d'entreprises qui én font sur Lont et à propos de tout. Condoits par le dieu de l'intérêt , toujours aflublé de son vieux masque de plülanthropie , ils s sont adressés au public aveugle, sot et crédule, i!s l'ont exploité un instant, Mais comme le vrai public, celui qui raisonne, examine et juge , cs resté sourd à leurs avances, beaucoup d'établisiemens érthopédiques montés à grands frais n'ont pu se sootenir, Les seuls qui sient prospéré, comme on devait s'y attendre, sont ceux qui, partant de principes rs, prisés tout à la fois clans les lois de la mécanique et de l'écononiis, ont obtena de bons et incontestables résultats. Paru ces derniers il faut aworémcot compter celui qu'a fondé le docteur Pravar, établissement consacré aux jeunes demoiselles, M, Praver est un de ces bommes qui ont la science, la puissance et la patience des investigations, Bon mathé.
écharper pour sontenir le contraire. Mais il y a des cas où l'on ne se figure pas, où un phénomène distinct de la figuration et de la sensation se passe dans l'esprit, ce sont les cas d’hallucinations. Et vouloir
a'un halluciné se rétracte , l'y contraindre par la force , c'est tenter l'impossible, c'est faire un martyr.
Voyez aussi comme s'exprime Clémence , et avec elle beaucoup d'autres malades : « J'entends votre pensée et je ne sais pas pourquoi : je crois que c'est par la physique que j'entends parler. » La physique , c'est-à-dire quelque chose de merveilleux, d'inconnu ; car ceux qui ne connaissent pas la physique, et Clémence est de ce nombre , lui attribuent facilement une puissance égale à celle que le diable avait chez nos ajeux.
J'ai lu dans la Chronique des frères miseurs, livre 8, chapitre 14, une conversation assez semblable à celle que Clémence a eue avec moi ; la voici copiée littéralement. Les interlocuteurs sont gens de marque , leur manière n’en aura que plus d'intérêt. L'un est frère Gilles , discrple de saint François , l'autre est saint Louis.
Ons, I, — Frère Gilles étant à la porte, le roi et lui s'agerouillérent en terre et s'embrassèrent très-étroitement l'un l'autre, s'entre-donnant de très-dévols et très-saints baisers en La face, Après avoir ainsi demeure quelque temps et s'étant entre-moatrés plusicurs signes de charité, ils se séparèrent en silence sans s'entredire une seule parole. Les religieux se troublèrent fort parce qu'ils avaient ve que frère Gilles n'avnit pas mème dit une parole à un #1 grand roi. À cela frère Gilles leur répoudit : «Mes frères, ne vous meltez point en peine , si vous ne m'avez pas vu parler à ce roi, ni lui à moi; car quand nous pous sommes embrassés, la divine lumière nous a manifesté l'intérieur de nos cœurs, me révélant le secret du sien et à lui celai du mien. Nous avons parké ensemble tant que nous avons voulu, avec une extrême consolation d'esprit, sans aucun bruit paroles , lesquelles nous eussent plus empêché qu'aidé, à cause de la douceur que sentaient nos ames. »
Une épreuve qui n'a pas été faite, ou, si elle a été faite, dont le chroniqueur ne parle pas, c'est l'interrogation séparée de l’un ou de l'autre interlocuteur, au sujet de cet entretien. Il eût été fort curieux de savoir comment ils s'étaient entendus, ce qu'ils s'étaient dit réciproquewent. Je serais disposé à croire qu’il n'y a pas eu une divergence aussi
rande qu'on pourrait le supposer au premier abord, parce que des ms nourris des mêmes croyances, pénctrés des mêmes sentimens , réunis dans un même lieu, placés dans la même posture et s'entre-regardant , doivent avoir des idées très-analogues. Je ne puis cependant partager l'avis du frère Gilles, lorsqu'il assure que les paroles l'eussent ES empèché qu'aidé, et je suis porté à croire qu'il eût trouvé, comme
lémence, qu'avec des pes on s'exprime plus franchement. :
J'ai dit qu'une malade était venue m'interrompre tandis que j'étais occupé à examiner Clémence ; elle Le fit d'une manière qui m'étonna si fort, que je fixai sur elle toute mon attention. Témoin de la pantomime de Clémence , elle me dit : « Je la comprends ; elle cause avec vous. C'est la mème chose pour moi ; mais c'est Dieu qui me parle. » J'attribuais à mon habitude d'observer les aliénés d'avoir reconnu que Clémence conversait avec moi ; une aliénée l'avait tout aussi bien reconnu, peut-être même plus tôt, parce qu'elle voyait ce qui se passait en elle
[se répéter chez une autre. Elle ajouta : « Je suis sûre que c’est Dieu qui me parle ; cette dame se guérira en élevant son ame à Dieu. »
Mes conversations avec cette malade st habile à juger sa compague, m'ont donné l'intelligence de plusieurs phénomènes qu'éprouvent le
nastique et à l'orthopédie, Son établissement mérite donc de fixer l'attention von-seulement des médecins , mais encore de tout homme curieux de savoir jusqu'à quel point il est donné à l'art de diriger ba nature, de la corriger , de la ratwener dans la sphère de ses lois orilinaires.
Cet établissement est situé dans un des quartiers les plus élevés et les plus sains de Paris ; une maison vaste, bieu aérée, un jardia assez spacieux , en font on lieu fort agréable. Quoique ces objets ne constituent pas le fond de la chose , ils ne sont print à dédaigner, car la santé a besoin de tout pour se soutenir et se rétablir. Fa pénétrant plus avant daus le but de l'établissement , mous y trouvons
| deux divisions ps l'une consacrée à la gymnastique , et l'autré à l'orthopédie. Voyons d'abord la première. Au fond du jardin s'élève un vaste pavillon rempli de machines, d'instrumens très-logémiens pour excroer les membres dans tous les sens, dans toutes les directions. On a même pousséla précaution au point 0 le jeu de certaines mochines puisse exvrver les divers muscles selon les régions du corps et d'après certaines hubications.
Il ne faut pas croire néanmoins que ces exercices du corps 3; variés, si actifs
: qu'au les suppose, dépassent certaines limites d'action, Ou ne pourrait adresser sans injustice à M. Pravaz , le reproche fait à un célèbre directeur de 3 Londres, que ses élèves seraient capables de le dispater aux bateleurs les plus exercés. Il ne s'agit pas eo effet dans un pareil établissement , en forçan la nature, de faire le saut de tremplin, la cabriole et le grand écart, ce serait manquer Le bat en l'outrepassant. C'est ce qu'a parfaitement senti le fondateur de cet ciablissement ; aussi se contente t-o0 chez lui de donner aux muscles leur forec,
personves qui se livrent avec ferveur à l'oraison mentale: j'y reviendrai | vant les tribunaux , parce qu'ils ont la connaissance du bien et du mal.
duus un article sur l'ascétisme,
C'est parce qu'ils avaient ectte connaissance, que la fille Corget a été
L'observation suivante est celle d’une hallucinée qui a la conscience récemment condamnée à dix ans de prison ; qu'un homme dont la folie
de sa maladie.
On. HN. — Une fille, jeune alors, était svule dans «a chambre. un jeuce homme de: son voisinage /2e arriver jusqu'a vile d,s voix qui lui dissicut des injures. Elle se fücha, perdit Le sommeil, et pour fure taire son insolent voisin , elle alla porter plainte au procureur du roi. Celui-cs la reçut très bien, lui parla avec bonté, et lui prumit de faire cesser les per-écutions qu'elle éprouvait : il lui conseils en outre d'aller consolter un médecin, parce qu'elle avait le visage on pes animé. Elle suivit ce conseil et s'en trouva bien. Ce voisin qu'elle croyait eoupable protesta de son innocence: elle le crat et, pour quelque temps, se tint teanqu Ue.
Mais, sans qu'elle puisse dire pourquoi , elle rer à s'entcadre injurier, Le verbe lui parla verhalement; elle Bt avec lui de trés longues conversations, saccupant alternativement de choses gaies et de choses tristes, mais ne pouvant jamais, quoi qu'elle ait pu faire, parvenir à voir ce serbe, ni à s:voir comment il s'appelle, Aux raisonnemens qu'on lui fait pour prouver que ce vérhe est une illuson , elle Le pee qu'elle sait assez de mécanique pour reconnaitre qu'on peut lui parler verbslemenut, Elle convient pourtant cu'elle est folle, car elle parle, elle rit seule , elle a dans La tête les idées les plus singulières. Le moment d'après, elle assure avoir Loute #2 raison et elle le prouve eu disant que le procureur du roi à causé avec «lle comme avec ute personné toul-3-fait raisonnable, €€e qu'il n'eût pas fait avec une folle; elle ajoute que les médecins ne ls trouvent pas malade,
wisqu'ils Jui permettent de manger et ne lui donacat aucun remède, Ces raisons ui paraissænt sans réplique, et si on lui oppose sa première opinion, elite dit ne s'avouer folle que parce qu'on la regard- conme telle ; où bicu , flottante entre deux idées dont elle aperçoit la contradiction, elle s'arrête, et voyant antant de raisons pour l'une que pour l'autre , elle ne Fait aucun choix.
Dans sa conversation , il arrive que le vire et les pleurs, La joie et la colère, se sutcedent brusquement, sans que Îcs idés quelle exprime correspondent à res sentrmens,
Un jour elle dit en riant à une voisine qui se plaignait de ses invisibles : «Quand est-ce donc que vous les aurez tués? vous leur donnez souvent des coups de sabot , à fendreles pavés.» Puis, se tournant vers mai : Je les entends aussi, moi, moasivur, je me féche souvent , je donne des coups à la porte, au eur.
— Cependast, lui dis-je, vous savez Lien qu'un homme ne peut pas se cacher dans une porte,
— Certainement, je le sais bien, je ne suis pas folle, je sais bien que si j'eutends quelque chose; c'est un trarail qui se fait dans ma tête, »
Quel sujet de méditation qu'une semblable réponse! « Je sais bien que c'est un travail qui se fait dans ma tête, » et cependant je parle au verbe, je me fâche, je frappe , je fais ce que fait une folle , je me mets dans une position telle qu'il fant me priver de ma liberté ! Où est sci la folie? dans les hallucinations d'abord, puis dans la préoccupation d'esprit et la colère que en sont la suile. Sans les hallucinations , cette personne se serait pas folle et les hallucinations sont un mode de sentir, elles appartiennent à La sensibilité. Voilà done ane folie qui réside esseotiellement dans la sensibilité. Beaucou sonnent juste, mais ils ont de plus que Le autres hommes un mode d'impression qui fournit à leur esprit des passions et des idérs nouvelles. On ne peut donc pas dire que les fous soient des gens qui déraisonnent, où qui ignorent leur manicre d'être. Braucoup sont sliéoés lucides , qu'on me passe l'expression ; ils voient ce qui se passe en eux et jugent leurs actions comme nous les jugeons nous-mêmes.
Oa trouve sonvent dans le monde moins de raison que chez enx. On enferme quelques aliénés. parce qu'un les regarde comme privés de leur libre arbitre, quoiqu'ils aient pour la plupart la connaissance du bieu et du
d'aliénés en sont là ; ils rai- !
était de se croire envoyé de Dicu a été, plus récemment encore , condarané à la même peine. Vous qui prononcez de semblables condamnatons, visitez les maisons d'aliénés; si vous en tirez comime raisonnables ceux qui savent qnand ils font Lien et quand 1is font mal (avec vos principes, vous y êtes obligés pour n'être pas coupables vous-mêmes de détention arbitraire), je vous préviens que ces maisons , maintenant si peuplées , seront bientot désertes.
( Extrait d'un ouvrage inédit sur la psychologie des alienés.)
Levrer.
ae ia entre me +
THÉRAPEUTIQUE
ONSERVATIONS SUR LA CODÉINE CONSIDÉRÉE COMME AGENT TUÉRAPEUTIQUE ; lettre adressée à l'Académie de médecine par M. Baneren, médecin en chef de l'Hôtel- Dieu d'Amiens ; lue en séance le 25 fevrier 41854.
: Monsieur le président,
Je vieus entretenir l'Académie de la nouvelle substance alcaline que M. Robiquet à retirée de l’opium et qu'il a nommée codéine, J'ar voulu constater quel parti la thérapeutique pouvait retiver de cette sul stance. Voici le résultat de mes observations.
Les effets que Ja codéine produit sur l'économie animale établissent pour moi sa spécialité chimique. Ces effets différent évidemment de ceux de la morphine et de l'opium.
J'administre la codéine à la dose d’un et de deux grains. Je Ja donne en sirop , que l'on prépare avec une solution aqueuse de ect alcaloïde. Une cuillerée , où une demi-once de ce sirop, contient un grain de codéine.
Cette substance se on par une action spéciale , qui me parait itresremarquable , sur les nerfs du système ganglionaire. Comme l'o-
|pium et tous les corps médicamenteux qui en proviennent , la codéine à attaque principalement l'appareil de l'innervation ; mais ce qui caracltérise son opération médicinale, c'est qu'elle paraît avoir peu de prise sur les hémisphères cérébraux, qu'elle ne fait aucune impression sur : la morlle épiaière , ét que toute sa force se porte sur les plexus nerveux “du grand sympathique. C'est dans la région épigastrique que la puissance de la codéine se manifeste bien ; c'est sur ce centre du système l des nerfs ganglionaires que l'on peut en suivre le développement , en apprécier l'étendue et la valeur. | | Administrez une, deux cuillerées de srop de codéine , en mettant une où deux heures d'intervalle entre chacune d'elles, à des personnes qui ont la maladie que je vais décrire tout à l'heure , et vous trouverez a ce remède une eflicacité bien digne d'intérèt, nne vertu merveilleuse.
mal ; on en condamne d'autres s'ils ont commis une action justiciable de Ces personnes se plaignent de ressentir dans la région épigastrique ,
a3x mouvemens leur direcuoa naturelle, Rien de factice, rien d'outré; et pour-! marquables, Quand en songe aux étonnans progres qu'a faits l'art orthopédique tast c'est merveille de voir à certaines heures , cet essai de jeunes filles s'élsn- ! depuis quelques années, quand on se rapelle que mademoiselle *** de Montpun« cer dans le gymnase , s'emparer des machines avec délice, courir, monter , des! «ice, je crois, averx contrefaite, se faisait presser entre deux planches garnies d'écendre, bondir, ramper , voltiger , se balancer , avec une agité, une grâce, une | crous, pour diminuer « gibbosité , véritable suyplice de Drocuste , quoique dans souplesse , une rapidité, une justesse de mouvemens quisurpreanent et ravissent. l'un sens inverse; on ne peut qu'applandie aux efforts des hommes qui ont caltsvé Rermarquons toujours qu'il s'agit non-seulement de métire ena:jon tout l'appareil Lecce soin cctte branche de la 4. M. Pravax mérite encore sur ce point une disde la locomotion , mais encore les muscles dk certaines régions , selon la diversité ! tinction particulière, Nous regretions de ne pouvoir entrer dans des détails intédes cas. réssans ; mais outre que l'espace nous manque, mas dirons que quand il s'agit de
Maintenant où ne s'étonnvra plus de voir de pareils exercices, rombinés avec uachines, il faut Ÿ @e el toucher; ane descrigtion c:{ toujours imiparfaite, Ceknun air pur et ua bon régime, produire par la suite des corps sains et des santis l'lant nous ferons rhatquer que les maladies avant leur siége principal , leur point
inattaquables. Si vous voulez: contempler des enfans vigoureux , ayant cette folitre vivacité, eet air de fraicheur , ocîte carnation rose et lactée , signés certains d'un sang pur et de l'expauision rayonnante de La rie, il faut visiter de tels établissemens. Ces tendres et délicates jeunes personnes, maintenant si agilrs, si remuantes, seront un jour des Lemmes fortes, «ar tout bouton améovera sa leur. C'est ainsi en effet que se forment les bonnes mères de famille, vigoureuses et fécondes. Avec des épaules carrées. une ample poitrine, un bassin sole, bien évasé , on peut braver Les Lsbeurs de 13 gestation et L
l'enfantement , les fatigues de l'al-
de départ dans une partie de l'organisme ou dans un ststèmes d'orgeues particu. Liers, M. Pravaz fait allernr avec les exercices généraux, Certains exercices spé ciaux qui portent particulièrement leur action sur ces mêmes organes, C'est ainsi que dons La dysménorrhee et la chlorose , qui en est souvent k suite, il combine avec les excroices de tout he corps, ceux qui tendent à accroître la circulation uterine et à ramener Le sang vers les cxtremités inferieures. .
Voici en outre une idée importantk, qui me semble BA rpm à M. Pravas, sur choque sxstème d'appareils. Ces appareils peuvent remplir deux indications prrine
laitement, on est comblé des dons de l'alwr Ferme Tor Bien différentes de |\cipales : ‘4° ils permettent de localiser l'extension, C'est-à-dire d'appliquer des
es femmes piles, étiolées , sujeltes aux langueurs
reutes, nerveuses , fréles 04 rité jusqu'à Les noornr de leur sein flétri , de leur Lait sans substance.
Si maintenant nous prisons de La gymnastique à l'orthopedie, parties prit.cipales de l'établissement de M. Pravaz , nous y trouvons des combinaisons rès-re-
estomac , aux Bux lucorrhoïques, à 11 dysménorrhée, aux mmétrorrhagies, d’ailleurs hystériques, +ap3- { ordivaires, où le point d'appni se
| Furces extensives sur La portion courbe de l'épine, contrairment aux méthodes nd sur la tête ou le bassin, ce qui fait que bes
poupées qui osent faire des eufans et poussent la témé- ||: (Furts de traction se disbribuent à tout le rachis. Cette localisation de l'extension
eat ffectuée au moven d'un lit à deux compartimens , à deux gr + éparables à volonté. On conche la malade sur ces deux plans contigus, de manière à faire correspondre la courbure principale de l'épise, à la ligne qui sépare les deux por -
souvent sous l'extrémité inférieure du sternum , des douleurs qui s'étendent sur les côtés, qui se propagent jusque dans le dos. A ees douleurs se joignent un sentiment d'ardeur, une angoisse indéfinissable ; il y a un accablement notable, une pâleur, une altération singulière de la figure , des tiraillemens très-pénibles que le malade rapporte tantôt à un point, tantôt à un autre de l'épigastre ; des nuances de syncope, des soupirs fréquens, du découragement, etc. Cette région est plus ou moins sensible à la pression. Les souffrances du malade ne sont
toujours au même point ; elles diminuent et s'exaspèreut par accès. Dans les derniers , il y a des plaintes , des cris ; les yeux deviennent caves ; la figure exprime une profonde anxiété ; il survient des mouvemens de sueurs ; un abattement très-grand, etc. , el. Des palpitations
de cœur, des serremens diapbragmatiques, des oppressions, des efforts
de vomissement , s'ajoutent parfois à ces accidens.
Cette maladie se rencontre assez souvent ; elle est plus fréquente chez À er pe , OU maux
les femmes que chez les hommes. Nommez-la d'estomac, ou gastrite chronique, ou névrose ominale, toujours faudra t-il en placer le siége dans les plexus nerveux , et la rapporter à un état morbide de ces plexus , que je ne chercherai pas à définir.
Le sirop de codéine a sous mes yeux dissipé promptemect ces douleurs et tous les accidens qui les accompagnent. Ces suecès se sont répétés sur plusieurs malades, qui étaient dans l'admiration de l'efficacité de ce remède. Leur satisfaction , leur gaieté , l'aisance avec laquelle ils se remuaient dans leur lit, formaient contrasté avec l'accablement , la tristesse , l'anxiété qui les dominaient depuis bien du temps , des mois ; même, pour une malade , plus d'une année, L'inquiétude de ces personces était qu'elles ne pussent plus obtenir ce sirop ou qu'il cessät de leur procurer le même bien,
J'ai vu le sirop de codéine procurer un soulagement assez prolongé dans des cas où une dégénérescence des tuniques gastriques ne me paraissait nullement douteuse.
Le sommeil est un effet ordinaire de la codéine ; mais ce sommeil a un caracière qui le distingue de celui qui suit l'administration des préparations opiatiques et de la morphine. Le sommeil de la codéine n'est jamais accompagné de pesanteur de tête, d'engourdissement, de gonflement des yeux , d'étonnement ; il ne donne pas lieu à une congestion sanguine dans l'encéphale. Les personnes qui sorteut de dormir, après avoir pris de la codémne , offrent une figure gaie, animée , une disposi-
tion à rire. On serait porté à admettre cette substance une vertu cxhilarante.
Nous avons dit que la codéine ne modifiait pas le centre nerveux que forme la moelle épinière. Il est constant que Fame de cette substance laisse aux douleurs névralgiques leur caractère et leur intensité; elle parait sans pouvoir sur les cordons nerveux qui se rapportent à la partie vertébrale de l'appareil de l'innervation. J'ai sous les yeux, à l'hôtel-dieu d'Amiens, plusieurs femmes qui ont, avec la névrose abdominale dont j'ai parlé plus haut, des douleurs névralgiques autour de la tête, dans les lombes, on dans les cuisses , la codéine ne manque jamais d'enlever les douleurs, les anxiétés épigastriques; mais elle aisse entières les douleurs du crâne , des lombes et des cuisses. J'ai, me disent ces malades , l'épigastre bien dégagé, bien débarrassé ; mais les autres douleurs sont les mêmes. Ce qui m'intéresse le plus dans la codéine , c'est l'influence qu'elle exerce sur les nerfs du centre épigas-
trique ; c'est Le pouvoir qu'elle a de dissiper les malaises , les ansiétés que les malades rapportent à ce centre,
Il est important de dire ici que les malades qui ont obtenu des avantages si marqués de l'usage de la codéine employaient presque tous sans succès Le Loodaun liquide de Sydenbam.
La codéine ne produit pas de changement apparent dans l'exercice de la circulation ni de la respiration; elle ne trouble pas les fonctions des organes digestifs ; elle paraît seulement affaiblir le sentiment de la faim ; elle laisse les selles régulières ; elle ne cause pas de constipation. On sait que l’opium produit des effets qui ne s'accordent pas avec ceux que nous venons d'exposer. On éprouve souvent de la démangeaison à la peau pendant que l'on se sert de la codéine. Il est bien entendu que nous supposons ici que cette substance n’est administrée qu'à des doses médicales. … l codé "
Appliquée sur au, ine n’a pas suscité de phénomènes M à A la dose dde grains sur une plaie récente de vésicatoire, elle à causé des cuissons vives, une ardeur pénible; mais aucun autre effet n’a pu être remarqué sur l'économie animale. Les douleurs nevralgiques, contre lesquelles on avait appliqué ce vésicatoire, n'ont pas été modifiées.
Des recherches auxquelles nous nous sommes livrés sur la codéine, il nous paraît résulter :
1° Que ce principe est distinct de ceux que l'analyse chimique à signalés dans l'opium; |
2° Que la codéine devient une acquisition précieuse pour la thérapeutique ; '
3" Que ce qui distingue surtout celte substance, c'est l'influence qu'elle exerce sur les plexus nerveux des nerfs ganglionaires, principalement sur ceux qui occupent la région épigastrique ;
4° Que la codéine provoque le sommeil d'une manière assez sûre , et que ce sommeil a un carariere qui le distingue de celui de l'opiuin ;
5° Que la codéine est un médicament précieux contre certaines névroses abdominales qui paraissent tenir à un état morbide des plexus nerveux , principalement de ceux de Ja région épigastrique ;
6° Que la codée ne soulage nullement les douleurs de nature névralgi ue ;
7 Que cette substance ne trouble pas l'exercice des fonctions digestives ; qu'elle semble plutôt favoriser les selles que les retarder.
J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très-humble serviteur, Bsnvien.
Nota. Nous lisons dans le dernier numéro du Journal de pharmacie la note suivante sur le même médicament. Cette note est extraite d'une lettre de M. William Gregory à M. Robiquet, et suivie de quelques réflexions de ce dernier chimiste.
« Je viens d'examiner le muriate de morphine préparé, d'après notre procédé, par M. Dancan. Ce sel est d'une blancheur éclatante et ne relient pas la moindre trace de narcotine. J'ai opéré sur 2 kilogrammes en suivant votre procédé pour la codéine, et de cette quantité j'ai retiré a onces de codéine hydratée , parfaitement soluble dans l'éther et dans l'eau. Je lui ai trouvé toutes les propriétés que vons avez si bien développées dans votre dernier travail, Ayant ainsi à ma disposition une quantité considérable de cette substance nouvelle , j'ai eru devoir faire
tons du lit ; 2 ces appareils permettent encore l'emploi simultané de l'extension et de la gymnastique, c'est-à-dire qu'en même temps que les malades sont attachres sur le lit extenseur, elles peuvent exercer les membres supérieurs ét es musches qui s'insérent aux deux côtés du rachis. Ce résultat est précieux, car lexercice corrige les inconvéniens du déculutus prolongé; l'extension réunicà l'exércice rétablit les dispositions normales de l'épine, en méme temps que la gymmastique les consolide. ‘
Farm les exercices spéciaux qui concourent au même but que les appareils extenseurs, l'établissement de M, Pravaz offre un char d'une FES toute nouvelle. Ce char pourrait être appelé ondulatoire , car il se pose d'uo plan ondulé à cogcavilé el à conrexité sncocssives , sur lesquelles les malades sont cogchées de côté, et de manière à faire correspondre la convexité de leur courbure spinale à la convexité de plan, En même temps que cette disporition tend à rétablir la rectitude de l'épine, la msslade exerce les muscles du coûté faible, en faisait sasrcher elle-néme le char, au moyea d'un mécanisme appliqué à son extrémit anléreure. Cet exercice est un nouveau procédé de [k méthode de l'assocuation de la gymnastique et de l'extension simultanée.
Nous ne pousserons pas plus loin l'examen de ces appareils; il suffit de ce que nous avons dit pour en donner une idée générale et surtout pour inspirer le désir de les voir et de lesexaminer, Nous sjouterans seulement les moyens thérawutiques généraux concourent également à rétablir les malsdes, à consolider Le guérron, Que wrviruit, en efft, d'élagoer un jeune arbre, de lui donver un tuteur, comme disent les culiivateurs, si la séve qui le pénètre et le nourrit était altérée. Men est de même dans les cas de déviation, de courbures de l'épine, etc; aussi dans l'établissement dont il s'agit, avous-nous la certitude querien
n'est épargué sous le rapport de la médication. On ne tarde guère à s'en spercevoir, quand les malades ont été soumis quelque temps à l'action des appareils et à l'influence du régime de cet établissement, À ce snjet, M. Pravaz m'a confirmé la remarque faite fsar Delpelch et autres bons orthopédistes : c'est que chez une jeune persoune ea plein traitement orthopédique , les règles cessent souvent de araitre ; mais loin de s'en eflrayer, c'est presque toujours un bon signe. n effet , la matrition des parties étant augmentée , Les chairs deviennent fermes , colorées, le visage animé, le pouls développé; tout annonce enfin une réaction vilale énergique et puissante, 3 En résumé , l'établissement gymnastico-orthopédique du docteur Praraz peut être considéré comme un progrès dans cetle curieuse et importante partie de l'art. Tout y s été préva pour atteindre Le lt et l'atieindre par ane heureuse combi naison des lois de la mécanique ct des lois de la dynamique vitale. Les problèmes et leurs solutions sont aussi clairs que positifs. 1 n'y a rien ici qui ressemble à
ces démonstrations d'une perfection impossible et chimérique , bien moins encore à la jactance de ces assureurs de santé, qui ont des encas de vérité pour tous les faits, pour toutes les difficultés même les plus insurmontables, Avec de bons yeux,
un peu de savoir et d'attention, on pourra acquérir la certitude de la Gdélité de notre exposé sur l'établissement en question ; la vérilé pour convaincre ne se farde pas de paroles.
Reveissé-PanisE.
quelqués iences sur ses propriétés thérapentiques. J'ai donc prése nitrate eristallisé que j'ai pris moi-même et que j'ai fait pren à phisienrs de mes élèves qui ont bien voulu en essayer les elfets ; personne n’a rien ressenti d'une dose de 3 grains et au-dessous; mais une dose plus forte de 4 à G grains a produit des symptômes assez re- . D'abord, accélération de pouls, chalenr dans la tête et
dans la fac; ensuite, excitation remarquable de l'esprit analogue à celle que produisent les liqueurs enivrantes; excitation agréable et qui dure asser longtemps. Elle est accompagnée d'une démangesison des plus margnées qui commence à la tête et qui se répand sur tout lecorps. quelques heures, cet état est suivi d'une dépression désagréa- €, avec nausées et quelquefois vomissemens. Aucun de nous n'a 0bservé la moindre tendance au sommeil, excepté après l'état de dépression. Nous n'avons pas poussé plus loin la dose ; mais il parait que là
codéine un effet stimulant et produil une forte démangenison à la dose de 5 grains. Telle est la marche ordinaire des symptômes u'el mais chez plusiturs individus ses effets, surtout
2 détermine; l'état de dépression , ont été fort désagréables,
» D'après ces expériences, il s’est pas probable, comme vons l'avez soupoonné, que la présence de la codéine soit la cause de la supériorité du inuriate de morphine ordivaire, Comme ce dernier sel agit à la dose d'un quart de grain et ne contient que le trentième de son poids de codéine , dont il fut au moins 3 ou 4 grains pour agir, on ne peut pas en attribuer les qualités à La codéine. Reste à savoir si le muriate dé. er de codéine est moins stimulant pour cela , et s'il ne cause pas
es démangeaisons que j'ai vu assez souvent produites pr le muriate non parilié, et même aussi par l’opium , dans ur bon nombre de cas; c'estun point que je me propose d'examiner prochainement.
» Si vous croyez que CPS remarques puissent intéresser ln Socidté de pharmacie, ayez la bonté de les lus communiquer. Peut-être quelques. uns de mes confrères seront-ils curieux de répéter ces expériences avec la codéine que vous avez préparde, Je dois ajouter que , dans deux où trois cas , 1 codéine a produit un léger effet purgatif , tandis que dans d'autres elle a paru indifférente sons ce rapport. »
J'avais dit aussi Lt 1 morphine était loin de représenter les propriétés essentielles de l'opium , ct que la cudéine viendrait peut-être en offrir le complément. Les observations de M, William Gregory confirment er grande partie mes prévisions; mais il est à remarquer que cet habile chsmiste n'a employé la codéine qu'a l'état de nitrate, et qu'il résulte des expériences de M. Kunkel que la codéine perd beaucoup de soc action sur les organes lorsqu'rile est combinée aux acides. IL est dec à présumer qu'ea employant ce nouvel aleuluïde en simple solu- Lion aqueuse, on obtiendra des effets Leaucoup plus marqués que ceux ols rres par M, Gregory.
Roiquer.