‹ Gazette médicale de ParisChapitre 97 sur 394 · SUR LA STATISTIQUE DES OPÉRÉS PAR LA LITHOTOMIE DANS · texte numérisé non relu

SUR LA STATISTIQUE DES OPÉRÉS PAR LA LITHOTOMIE DANS

L'HÔPITAL DES INCURABLES, A NAPLES; réponse aux observatigns de M. Civiale , par M. Sauvarons pe Rexz. :

Naples , G mars 1884, Monsieur et très-honoré confrère,

Dans le n° G de la Gazkrre mépicace (8 février 1834), j'ai lu une lettre que M. Civiale vous a adressée, et dans laquelle 1} regarde les

(1) A cûté de ce fait et de l'empoisonnement par La pommaie stib'ée , rapporté dans votre numéro 76, se joint un + mer irès-grave sarrenu denirement jà l'un de mes malades dont je traitais l'érysipéle de ka face par les fictions ever. irurelles , et qui, pour se débarræser plus site da mal comme du milesin , se barhou:lls toute le figure avec l'onguent oapolita'n que j+ lui avais conte:

|. di 1

1° M, Civiale dit que je ne parle pas des maladies conséeutrves à la aves que les souffrances de la pierre ; mais ces suites ficheuses dont il parle sont à Naples tellement rares qu'elles ne valaïent pas la peine d'en parler. Je lui donerai des Ù ur les trois ans derniers, en lui assurant qu'on n'a é que trois cas de suites nn peu ficheuses, qui se réduisent 1° à

taille , qui sont quelquefois aussi m

rebseignemens

une incomplète incontinence d'urine chez un garson ,; dont on es

triompher avec le temps. Une maladie semblable a été guérie dans l'espace de huit mois sur le comte de Ventimiglia , qui fut opéré par le chevalier Santoro , à son âge de G4 ans. 2° Un autre regarde un sentiment de douleur et de chaleur à la vessie après l'opération. Le malade se présenta après un anavec pyuric et avec Les symptômes rationaels de la pierre ; mais il ne voulut pas se soumettre à l'exploration, Depuis ce ps-là on n'a pas eu de nouvelles de lui. 3° Le dernier est relatif à un malade attaqué de consomption et réduit aux abois par les souffrances de la pierre. Après la taille, il se développa en lui une fièvre lente, à Ja suite de laquelle il mourut en trois mois. Ces suites par conséquent sont moins fâcheuses que celles de la lithotripsie , puisque la première fois que, dans le mois d'août de l'an dernier , j'ai assisté aux opérations de M, Civiale, il soïgnait un homme dont la vessic était restée

paralysée après le broiement, en y dirigeant un courant d'eau froide.

2° 11 demande si l'on à des cas de récidive de la pierre , et après combien de temps. Sur le nombre de {or opérés, on n'en a en que 10; et je ne puis donner des détails que sur trois seulement. La première eut lien ne 5 ans, une autre aprés a ans, et le troisième snjet fut opéré Is fois dans l'espace de quatre ans et toujours heureusement, Le chevalier Santoro qui, dans l'espace de quarante ans, a opéré plus de vingt malades par an, n'a observé que quatre cas de récidive sur un opération. Mais , d'ailleurs , ces récidives ont quelque chose de commun avec l'opération même : ne : pe même cause qui les a produites pour la première fuis ? Avec la taille latéralisée , il est impossible que des pierres on des fragmens puissent être laissés dans la vessie , comme il arrive quelquet toujours laisser quelque

trois

graad nombre d'individus soumis à |

tiennent-elles pas à

fois dans la lithotripsie, avec laquelle on que qui peut être le noyau d'une nouvelle pierre.

3° La méthode dont on ‘ait usage à Naples pour la taille latéralisée

consiste à couper obliquement du raphéjnsqu'à l'ischion, dans le triangle Grconserit par les muscles bulbo-caverneux , ischio-caverneux et transverse ; on coupe la celluleuse , l'aponévrose et l'autre celluleuse , et avec Île cystotome on découvre le cathéter, qui avait été introduit dans la vessie, dans la partie membraneuse de l'urètre; avec la main fauche on abaisse le pavillon de la sonde, et avec la droite on enfonce le cystotome de bas en haut, et de gauche à droite, le 1 mg de la cannelurede la sonde même, obliquement jusque dans la vessie; et l'on Gari30 l'urètre , «mn peu du col vésieal et la prostate à la gauche. A cette méthode chaque opérateur à porte ses modifications, la plus importante desquelles est celle defaire l'incisionintérieure en tel rapport avec I] extérieure, que leur réumion constitue non pas un canal droit, mais deux angles lus aigus d'un triangle isocèle, qui se réunissent à leur sommet dans la pee membraneuse de l'urètre, Le chevalier Santoro , qui est le plus gé et un des plus heureux de nos opérateurs, en faisant cette opération prendbien garde de faire la taille de la manière indiquée; par ce moyen on laisse intacte une élévation de cellnleuse qui empêche la lésion des vaisseaux, et précisément de l’arière hontense , et qui fait le à la sortie de l'urine par la plaie, ce qui accélère de beaucoup

la Buérison. M. Petrunti suit à peu près la même méthode, L'inéi- #08 intérieure est le coup de maître de l'opération. Le gorgeret latateur n'est adopté que dans les cas de pierres extrémement volnrBmeuses, et le plus souvent ils ont une terminaison heureuse. En vénité, des pierres d’un grand volume , qui furent extraites avec la taille et snivies de guérison, sont conservées dans le cabinet d'anatomie pathologique de M. le chevalier Nanula et dans celui de MM. Sorrentino

et Ramaglia. Ces pierres ont été vues par M. le baron Dupuytren:

€t par M. Esquirol. Dans ce dernier cabinet, on conserve aussi une Pierre du poids de 11 onces et demie, de 1 pouce et demi de diamètre,

extraite pari M. Rispoli avec La taille chez un homme âgé, qui guérit en peu de jours. I] faut aussi faire attention qu’à Naples les opérations de 4 taille sont faites seulement dans le printemps et dans l'automne, et que les malades sont soigneusement préparés d'avance,

Jo Que la guérison des opérés se fasse de dix jours à un mois, c'est un fait qui peut étre constaté autant que W. Civiale persistera à en doutes. M. Graëfe, de Berlin, s'en est assuré lui-même. M, Chevalley de Rivaz, médecin de la Faculté de Paris, s'en est assuré nar ses yeux. MM. le chevalier Santoro , Petrunti, de Horatis, Rispol , Chiari, Castellani , ont obtenu des guérisons en six jours.

5° Pour ce qui regarde les lésions cadavériques , nous pouvons donner des détails pour 13 morts sur 93 opérés. Ils sont classés dans les catégories suivantes. |

a. Cinq présentaient des traces de maladies antérieures, dont le jrremier, d: âge de 13 ans, était dans le degré avancé de la phihisie, produite par la longue permanence de la pierre dans la vessie. I fut opéré avec l'espérance de le guérir en étant la cause de la maladie. Tout promeltait une terminaison heureuse pour ce qui regardait l'affection vésicale ; mais après dix-huit jours le malade snccowba à la fièvre consomptive. Le second ciait un enfant de 5 ans, affecté de rachitisme , avec son abdomen tumélié . des membres grèles, avec exophthalmie et souffrant très-fréquemment des affections convulsives; il suceomba avec desconvulsionscloniques dix-huit henresaprès l'opération. Dansles deux cas ci-dessus cités, les parties opérées ne présentaient rien d'extraordinaire. Le troisième était un vieillard de 86 ans qui , ayant été opéré , fut trouvé porteur d'une pierre réunie à un tubercule adipeux, irrégulier, aussi gros qu'une noix , couvert d'une tunique muqueuse , dont un lambeau couvrait partie de la pierre. 11 mourut après huit jours, et 08 trouva gangréné le fond de la vessie où le tubercule était attaché, Le quatrième était un homme de G1 ans, qui avait souffert des coli. ques néphrétiques et des fièvres irritatives; il fat pris d'apoplexie , à laquelle il succomba trois jours après. Le rein gauche était ramolli et sphacélé, et on trouva un abcès purulent , qui avait une apparence

irement ancienne, dans le côté droit de la vessie, Le cinquième était un garçon qui avait souffert aussi des coliques néphrétiques ; il mourut huit jours après l'opération, et ses reins présentérent des points de suppuration et de ramollissement, avec des traces de substance fibreuse d'ancienne date.

b. Trois succombèrent à des opérations très-longues et pénibles, car les pierres étaient très-grandes et friables ; elles se réduisirent en fragmens et furent extraites par morceaux , de sorte que le malade en fut beaucoup maltraité. Chez tous ces opérés on trouva des signes de suppuration dans les reins , dans le périloine et dans la vessie.

c, Deux moururent parce que les pierres étaient d'un volume extraordinaire, et leur extraction fut pénible. Les malades étaient aussi mal disposés : on trouva des traces d'inflammation,

d. Pour les trois autres , l'autopsie ne fut pas pratiquée,

6° Pour ce que nous avons affirmé relativement à la proportion de la mortalité , c'est un fait qui peut être constaté par tout le monde. M. le baron Dupuytren, M. Chevall de Rivaz, et beaucoup d'autres médecins français s'en sont assurés. Je pourrai aussi présenter des documens authentiques, si on en désire.

7° La dernière observation de M, Civiale est bien loin de la vérité. IL croit que j'ai réglé la proportion de la mortalité sur ceux qui se sont présentés et non sur les opérés. Pour se persuader du contraire , il suflirait de lire le titre de ma note : Statistique des opérés par la lithotomie , etc. Dans les derniers trois ans furent reçus, dans le cabinet et dans La clinique, 104 individus, et 93 furent opérés. Sur ce dernier nombre a été basée la proportion ; car les 8 autres , ou n'avaient pas La pierre, on ne voulnrent pus se soumettre à la taille,

En mème temps, il est très-bien constaté que M. Petrunti, dans sa ratique, a perdu un opérésur 25, et que M. le chevalier Santoro, dans es derniers trois ans , a opéré 56 individus , dont un seul , enfant , est

mort dans un village , à trois lieues de la ville; et cet enfant même ne succomba que parce que le chirurgien du lieu ne s’y trouvait pas pour Jui prêter les secours de l'art. Enfin, si M. Civiale a d'autres ohservations à faire , il peut me faire l'honneur de me les adresser directement par la voie de votre excellent journal , et je lui répondrai avec empressement.

Agréez cependant , monsieur, mes respecls,

Saivaronr De Rewzr, Membre de l'Académie des sciences de Naphs.

Page 1