COTES DE L'EUROPE
^.v. Caractères généraux des côtes cnropéennes. — La Méditerranée n'est qu'un long couloir intérieur, de forme tourmentée, resserré entre les hauteurs de l'Europe du Sud (Espagne, Italie, péninsule des Balkans), de l'Afrique du Nord et de l'Asie Mineure; les côtes en sont donc presque partout élevées et rocheuses.
L'Océan, au contraire, est une mer largcment ouverte, vers laquelle s'abaisse le versant le plus doucement incliné de l'Europe ; mais les péninsules lapone et Scandinave, les Iles Britanniques, la France du Nord-Ouest (presqu'île de Bretagne) et le plateau espagnol opposent aux vagues de l'Océan, comme autant de bastions, des terres plus ou moins élevées qui protègent les plaines. Celles-ci ne sont réellement baignées par la mer que dans des golfes comme la mer Blanche, la mer Baltique et la mer du Nord. De là deux sortes de côtes atlantiques : les côtes rocheuses des prcsriu iles et des iles, les côtes basses des plaines.
^.-rv Côtes rocheuses de rOcéan.
— Les côtes rocheuses de l'Océan, depuis le cap Nord, en Norvège, jusqu'au cap Finisterre, en Espagne, présentent ce caractère commun, que les fiots de l'Océan, y pénètrent en golfes profonds.
Les hautes falaises et les îles de la côte norvégienne, déchirées par l'action des glaciers anciens, s'ouvrent de toutes parts en d'étroites et longues fentes connues sous le nom de fiords (p.l21).
En Ecosse, la mer a pratiqué entre les chaînons parallèles des (jrampians une série de golfes qui étranglent l'île à plusieurs reprises (p.ltii).
Les côtes irlandaises (p. 113), l'extrémité de la Bretagne française (p. 31) et de la Galice espagnole (p.l37)sont percées aussi de golfes étroits et profonds, dont la forme rappelle celle des lîords Scandinaves.
Le plus profond de tous ces golfes est la Manche, oil l'action des eaux a été si puissante, que le fond même du golfe a cédé et s'est ouvert en un détroit, eu un canal, suivant l'expression anglaise.
■^-^ Côtes liasses de l'Océan.
— Les côtes de la mer Blanche sont bloquées par des glaces une grande partie de l'année : elles ont peu d'importance. Celles de la Baltique et de la mer du Nord ont au contraire une grande part dans le mouvement commercial du monde.
{0 La Baltique (p. 121). — C'est une mer fermée : aussi les marées n'y ont-elles {La suite, p.i06.)
EUROPE
Islande
NOMENCIATURE Principaux caps de l'Europe
Atlmiti(/ue: Cap de glace {Eis Cap), (au N. (le la Nouvelle-Zemble). — G. Nord (au N. «tp, la Norvège). — C. Lindesnœs (au S. de la Norvè/je) — C. Falsterbo (au S. de la Suède].— C. Skagen (au N. du Jutland). — C. Vrath (au N. de l'Ecosse). — C. Land's-End., au S.-O. de l'Angleterre). — C. Clear (au S.-O. de Vf/imde). — Pointe St-Malliieu (à l'O. de la France). — C. Finisterre (au N.-O. de VEsl-agne). — C. St-Vincen L (au ^. 0. du Portugal).
MniliterranÉe : Cap (iibraltnr (au S. de V Espagne). — C. Teulada (au S. de la Sardaigne). — C. Passai'O (au S. de la Sicile). — C. Spartivento (au S. de Vllalie). — C. ftlal.apan (au S. de la Grèce).
Principaux golfes de l'Europe
Mer Blanche: G. d'Arkangel. — lialtiqne: G. fie liolhnic, de Finlande, de Livonio. — Mer du Nord: G. dlMliiiilxiui'g (Eirlli. of Eortii), Zuyd(.'rz(''C. — Maiic/ic : lîaie de Sainl-.Malo. — Alla?di'/i/e : Fiord de Dcontheiui, Kogne-Fiord, llai'daiiKer-Fioril, G. de Galway, canal de Hi istol, nolle de Gascogne.
Méditerranée occidentale : G. du Lion, G. de Gênes. — Mer Tyrrhénienne : G. de Naples. — Mer Ionienne : G. de Tarante, G. de Lépante. — Adriatique : G. de Trieste. — Archipel: G. de Nauplie, G. d'Egine, G. de Salonique.
Principaux détroits de l'Europe
Entre la mer de Kara et Voccan Arctique: D. de Vaigatz.
Entre la mer du Nord et la Baltique : Skagcr-Rack, Cattégat, Sund, grand Belt, petit helt.
Entre la mer du Nord et la Manche : Pas de Calais.
Entre la mer d'Irlande et YAtlantique : Canal du Nord, canal de St-Georges.
Entre VAIlantique et la Méditerranée occidentale : D. de Gibraltar.
Entre la mer Tijrrliénienne et la mer Ionienne: D. de Messine.
Entre la mer Ionienne et V Adriatique : Canal d'Otrante.
lùitre V Archipel et la mer de Marmara: l);irdanelles.
Enire la mer de Mar^ninm et la mer Noire: Bosphore.
Entre la mer Noire et la mer d'Azov: D. de Kertch.
Principales îles de l'Europe.
Océan Arctique: Terre de François-Joseph,
— Arch. du Spitzberg, — Arch. de la Nouvelle- Zemble, — lie Kalgouev.
Mer Baltique: lies Danoises, — Bornholm, OEIand, Gotland OEsel, Dago, îles Aland.
Mer du Nord: Le Texel et les iles côtières du Zuyderzée à l'Elbe, — Ilelgoland.
Manche: Wicjht, — Iles Normandes.
Atlantique :lf-\-ànA&, — Iles Lot'oden. — Iles Far-OEr, — Shetland, — Orcades, - Hébrides,
— Iles Britanniques, — Scilly, — Petites îles françaises.
Méditerranée : Baléares, — Corse, — Sarilaigiie, — Sicile, — Archipel dalmate, — lies Ioniennes, — Cérigo, — Candie, — Cyclades,
— Sporades.
S}itli: des colett de l'PJitrope.' que pou frampHLnde, ot, les c/iies y sonlclh-s d'uiie fixité remaninahlc. I.e Inil, soulèvement do ccLLo parlio du oonlinonl. diluiniio peu à peu la profondeur do l;i ou veLto oocupéc pur les eaux. Losdotroil.s ou
MEDITERRANEE
liliTT-ÊRR'ANE'E'
Profondeur des mers.
Bleu clair de^ o à 5oo"^ Bleu moyen d&3oo olîooo^ Bleu foncé au-dessus de'sooo^'.
Relief du sol.
Vert au-dessous de- o 25 . Jaune de. o a. soo"^
Rose de. 300 tooo'^ Violet. coL'dessus de, lûoo '
helt danois sont de véritables déchirures dans la barrière compacte qui fermait autrefois la Baltique.
2» La mer du Nord. — La mer du Nord étant ouverte, les marées s'y font sentir vivement, et l'on y observe une (grande instabi/iïé de la côte, entre la lisière de la basse mer et celle de la haute mer.
Cette instabilité est d'autant plus grande que le continent est plus faiblement incliné : aussi, en Angleterre, en Belgique, en Hollande, en Allemagne et en Danemark, la mer du Nord, qui s'étend en réalité sur la partie la plus basse de la plaine européenne, est-elle bordée par des marécages, des îles détachées, des estuaires agrandis par les marées, et presque partout il a fallu construire des digues pour proléger ces pays bas contre l'invasion des flots ; mais ces digues cèdent parfois, et l'on voit alors se renouveler les cataclysmes comme ceux qui ont formé les golfes du BoUart et du Ziajderzée.
^^/^. Côtes mctSîterraméennes.
— Les côtes de la Méditerranée sont presque généralement rocheuses et pittoresques; mais leur variété même est uniforme, et presque partout, en Espagne, en France, en Italie, dans la Barbarie et le Levant, elles offrent des aspects semblables et une même végétation. Toutefois, la mer ne borde pas toujours directement les montagnes : il y a alors entre cesder nières et la mer une étroite lisière de plaines côtière>, qui ont un caractère del-
taïque très prononcé.
Ce ne sont pas seulement de grands fleuves comme le Rhône, le Pô, le Nil ou le Danube qui ont un delta : les plus petites rivières exécutent un travail semblable, et c'est à elles qu'est due, par exemple, la physionomie du royaume de Valence (pl37\avec ses lacs ou albuferas,seshuertas ou jardins sillonnés de canaux artificiels.
Le Languedoc français (p. 33) offre le môme aspect, ainsi que le Frioul (Italie) (p. 141) au fond de l'Adriatique, et tout le pays voisin de la mer d'Azov. Tantôt les petits fleuves, descendus des Pyrénées, des Cévennes et des Alpes, tantôt les grandes rivières venues de la plaine, ont déposé des alluvions, qui, empiétant sur la mer, ont créé des étangs comme celui de Thau (carte p. 33), et des lagunes comme celles de Venise.
Comme les marées sont très fortes sur Ic^s bords de l'Europe septentrionale, il a été possible do profiter des heures de basse mer pour forlitîer contre elle les plages qu'elle laisse momentanément à découvert. Rien de tel sur les bords de la Méditerranée : le flux et le reflux n'y sont sensibles que sur quelques points; partout ailleurs, et notamment en Languedoc, les oscillations du niveau marin sont plutôt déterminées par les vents qui l'abaissent s'ils soufflent de terre (cers ou mistral), qui l'élèvent s'ils viennent du large (vent marin), vidant et remplissant alternativement les étangs latéraux.